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Branco, les journalistes et la réalité

Posté par calebirri le 14 avril 2019

Cela fait des mois que les gilets jaunes expriment leurs colères, leurs questions, leurs volontés, leurs malheurs. Des mois que les journalistes tentent ou font semblant de tenter de les comprendre.

Alors quand arrive un type qui, au lieu de les prendre pour des cons ou des violents, ce type leur explique comment le système fonctionne, que ce type donne son livre en pdf, défend (gratuitement ?) les leaders du mouvement, cela semble difficile à croire : il ne ferait ça ni pour de l’argent, ni pour le pouvoir, ni pour la notoriété ?

Et oui, il y a encore quelques gars comme ça, ça peut paraître un peu désuet mais que voulez-vous, il a sans doute été nourri au romantisme de la classe à laquelle il appartenait.

Un gars qui au lieu de demander aux gilets jaunes si ils sont violents, antisémites ou complotistes, préfère leur donner une explication rationnelle du monde capitaliste, comme il fonctionne pour de vrai.

Un gars qui dit qu’il n’y a pas besoin de complot ni de juifs ni de reptiliens pour engendrer un monde pourri comme celui dans lequel nous vivons. Que se plaindre ici en France d’un manque de démocratie n’est pas cracher dans la soupe mais constater que si nous pouvons nous permettre de vivre et de gaspiller comme nous le faisons tous les jours c’est PARCE QUE nous en exploitons d’autres… et nous le regrettons. Que si les pauvres en chient à remplir le frigo ce n’est pas parce qu’ils sont des losers ou des mauvais, mais parce que des types comme Bernard Arnault ou je ne sais qui (on s’en fout des noms et des personnes vous ne comprenez toujours pas ?) se fait des millions ou des milliards sur notre dos, ou sur celui de notre voisin -qu’il soit étranger ou non- avec qui on est constamment mis en concurrence.

Vous les journalistes, qui presque tous lui tombez dessus après avoir fait semblant de l’ignorer jusqu’à maintenant, vous ne comprenez manifestement rien à la réalité. Je ne sais pas si c’est parce que vos situations sont vraiment trop éloignées de celles des gilets jaunes, mais il y a un problème : que Juan Branco ne soit pas parfait, qu’il ait fait des erreurs ou qu’il ressente des frustrations, tout le monde s’en contrefout à vrai dire. les gens en ont ras le bol. Ras le bol vous entendez ?

Ils travaillent tous les jours, toute l’année, pour eux, pour leurs enfants, et ils s’épuisent, perdre sa vie à la gagner comme on dit.
Ils vont se battre du début de leur vie pour arracher un apprentissage jusqu’à la fin de leur vie pour se payer un EPHAD insalubre ou crever sans peser sur leurs gosses à qui ils ont durant toute leur vie tout sacrifié pour leur donner l’illusion d’être « comme tout le monde ». Vous ne connaissez pour la plupart ni la peur de la carte qui ne passe pas, ni celle de devoir annoncer aux enfants qu’on ne partira pas en vacances à Pâques, cette fois-ci encore…

Vous n’avez finalement je crois rien compris à ce qui se passe : les gens, eux, finissent par comprendre, grâce à des mecs comme lui, que si le monde est tel qu’il est c’est à cause de quelques types qui s’arrangent entre eux pour amasser toujours plus de pognon et de pouvoir. Que si la démocratie a été confisquée c’est par ces gens-là qui rachètent les journaux pour pouvoir balancer leur propagande et empêcher la réalité d’être exposée. A l’ancienne, mais en plus grand, en plus fort, en plus technologique, avec l’illusion de faire du pluralisme. Et vous ne dites rien. Vous laissez faire.

Vous les journalistes, qui avez cru qu’être journaliste c’était informer, montrer la réalité, qui avez cru que vous étiez de gauche parce que les copains de droite du lycée vous traitait de « coco » -parce que que vous étiez le rebelle de votre famille ?-, vous vous retrouvez à servir la soupe en vous disant que quand même le monde n’est pas si mal… Et puis vous l’avez bien méritée votre place non ? pourquoi ce serait à vous de balancer vos propres lâchetés individualistes à la face d’un monde qui les partage sans le dire non plus ?

Vous vous plaignez que les gens ne lisent plus vos journaux mais lorsqu’ils ne sont pas toujours orientés dans le même sens, les articles sont désormais payants ! Et puis les gens vont sur internet non pas parce qu’ils ne croient plus les journalistes, mais tout simplement parce que les journalistes mentent. ou omettent. On ne vous a pas appris au catéchisme que le mensonge par omission était un péché ?

Vous faites partie des 10%, c’est bien logique que vous pensiez ainsi. Mais vous vous trompez. Vous n’êtes que des cons : vous n’avez jamais rien compris, ni rien fait pour comprendre. Orwell allait habiter avec les mineurs pendant 6 mois. Les gens ne veulent pas brûler ni les flics ni la France. Ils veulent juste vivre bien, comme nous sommes en droit de le réclamer dans un Etat riche et développé. Sans aumône, sans charité, sans mépris.

Vous auriez dû remarquer que les gilets jaunes ne demandent pas du travail mais de la justice fiscale. Ils ne demandent pas qu’on pende les élus mais qu’on instaure le RIC. Ils ne demandent pas qu’on baisse le prix du diesel mais qu’on change de modèle économique pour sauver la planète. Ils ne veulent pas de la charité mais de la dignité.

Juan Branco fait partie de ces gens qui comme Marx ont eu la chance d’appartenir aux deux mondes qui se font face et d’avoir choisi le bon côté. Signifiant ainsi que ceux qui n’ont pas basculé sont du mauvais. Vous le savez au fond de vous, vous qui me lisez, que tout ceci est un scandale monumental.

Personne ne vaut des milliards d’euros, personne ne vaut rien non plus. Il vaut mieux aider les gens qui ont besoin que ceux qui n’ont besoin de rien, mais il vaudrait mieux faire en sorte qu’ils n’aient besoin de rien. Quand ils entendent que des caissières se font renvoyer pour un paquet de gâteaux volés tandis que certains politiques sont encore en poste malgré des malversations avérées. Quand ils voient que la femme du président de groupe LREM à l’assemblée trouve un poste en or par miracle, que la fraude sociale à 5 milliards oblige nos gouvernants à tracer le moindre gars au RSA tandis qu’on continue de ne rien faire contre les près de 100 milliards de fraude fiscale ; que ceux qui manifestent sont accusés d’être à loisir antisémites ou casseurs, populistes ou anarchistes, tandis que ceux qui les provoquent, les humilient, les insultent -à loisir aussi- sont bien au chaud derrière leurs cordons de CRS, pauvres d’eux qui doivent subir le mépris de leur hiérarchie, et la colère des manifestants leurs frères.

Qu’est-ce que vous nous faites chier avec Juan Branco ? Et vous Juan Branco, qu’est-ce que vous nous faites chier avec les médias ? On n’en a plus rien à foutre des médias. Chacun s’informe comme il peut, s’il veut il les aura les infos, regardez ! on s’informe, on apprend, on s’organise, doucement mais sûrement : les assemblées où l’on parle du RIC, de l’Assemblée Constituante, de l’écologie comme moteur d’une nouvelle démocratie, de la lutte inévitable contre le capitalisme… C’est cela la vraie question. On le fera tout seuls notre RIC, elle finira bien par advenir cette Assemblée Constituante. Il n’y a pas d’alternative, c’est cela la réalité.

Après, que les journalistes s’occupent comme ils peuvent, par exemple en nous expliquant sérieusement en quoi monsieur Bernard Arnault mérite-t-il de posséder une telle fortune, comment il l’a construite (sur le dos de qui ?), et surtout ce qu’il fait de tout cet argent. D’où vient tout cet argent, et où va-t-il ? C’est pas une enquête à faire ça ? Combien de personnes vivent avec ces 80 miliards, et combien pourraient vivre si on lui prenait tout ? C’est pas une bonne question ça ?

Le mérite, c’est un bon début pour la réflexion : celui qui travaille 40 heures par semaine dans des conditions pénibles pour un salaire de misère mérite-t-il moins que celui qui fait fructifier son argent même en dormant ? Le fait d’avoir une idée géniale ou un bon coup de pied est-il plus méritant que le fait d’être né dans une famille pauvre ou avec des capacités intellectuelles ou physiques diminuées ?

Croyez-vous sincèrement que Bernard Arnault est un génie, un être exceptionnel qui mérite d’être aussi riche ? Mais s’il est un être aussi exceptionnel, pourquoi ne partage-t-il pas sa fortune avec les plus démunis ? Il y en a suffisamment pour devenir pauvre à son tour !

Aidez-nous à montrer la vérité au lieu de vouloir attaquer les seuls qui osent faire.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Macron et la renaissance de l’Europe : explication de texte

Posté par calebirri le 10 mars 2019

LA TRIBUNE D’EMMANUEL MACRON

Je viens de lire le texte écrit par Emmanuel Macron aux Citoyens d’Europe, et voudrais ici proposer ma manière d’interpréter ses propos.

Dans un souci de clarté, j’ai pris la liberté (!) de numéroter les paragraphes de ce texte, en 4 parties (A, B, C, D).
Je tiens d’ailleurs ici à faire remarquer que la partie « défendre notre liberté » ne contient qu’un seul paragraphe.

A
§1 Introduction poussive, avec ces satanées « valeurs qui nous rassemblent », alors que précisémment c’est plutôt leur absence qui pose problème. Il n’adresse pas d’ailleurs son texte aux « citoyens européens » mais aux « citoyens d’Europe ». Il parle également de l’avenir du « continent », pas de la communauté européenne.

§2 Evocation de la seconde guerre mondiale, qui tend à faire penser que si l’Europe ne subsiste pas, une troisième aura bien lieu… inversant complètement le processus historique suivant : c’est parce qu’il y aura la guerre que l’Europe va exploser, et pas parce qu’Elle explosera qu’il y aura la guerre.

§3 Ici on rentre dans le dur (enfin façon de parler car ce texte est en réalité très pauvre d’un point de vue cohérence des idées). A travers le Brexit (dont personne ne pourrait véritablement dire de quoi il est le symbole étant donnée la situation actuelle), Macron avance ses pions : le « besoin de protection des peuples », « le mensonge et l’irresponsabilité », « le repli nationaliste », « les exploiteurs de colère », « les fausses informations ».

Prenons dans l’ordre :

-de quels besoins de protection, de quels grands chocs il parle, on ne le saura pas. L’immigration, le choc des civilisations ? ou le besoin de justice sociale, le choc du déréglement climatique ? Chacun voit midi à sa porte n’est-ce pas ?
-En gros, ce sont les fake-news (russes j’imagine) qui ont fait voter le Brexit. Mais pourquoi nos médias habituels, institutionnels même, n’ont-ils pas révélé aux Britanniques, -qui sont un peu stupides du coup de n’avoir pas compris- qu’ils allaient perdre l’accès au marché européen en punition ? Qu’il y allait avoir la guerre en Irlande ?
-Le repli nationaliste, c’est bien ce qui consiste à faire passer les intérêts de son pays avant celui des autres, ce qui veut empêcher les étrangers de venir s’installer dans le pays, ce qui veut croire et faire croire que les « valeurs » de son pays sont à sauvegarder.
-Il est lui-même un exploiteur de colère, et il est aussi soutenu par des fausses informations ; il promet également tout et son contraire (en même temps quoi de plus étonnant ?)

§4 Projet inédit de paix, de prospérité et de liberté, j’ai déjà entendu ça quelque part ! Les stratégies agressives des grandes puissances : EU, Russie, Chine ? Agressives comment ? Commercialement, militairement ? Ils attaquent qui ? L’Europe, la France ? tout ceci est très flou. Chacun semble pouvoir y entendre ce qu’il veut…

Etre souverain sur le numérique, sans rire! les Russes et les Chinois oui mais pas l’Europe, car nous avons un retard considérable.

Et puis l’Europe n’a pas empêché la crise, le capitalisme ne peut pas être autrement que financier. L’Europe aurait pu sauver la Grèce, elle a préféré sauver les banques.

Les milliers de projets dont il parle c’est le lycée rénové en partenariat public/privé, la route financée par les impôts puis revendue à Vinci ou un autre pour nous la rendre payante une deuxième fois, c’est l’accès à internet qui arrive… quand il veut bien, et qu’on paye déjà avec nos divers abonnements. C’est oublier les autres milliers de projets comme le TAFTA ou le quantitative easing, l’octroi de nos données personnelles à google ou facebook…

Lorsqu’il parle de modèle, parle-t-il de l’Europe ou de la France ?

Où est la défense européenne ? Quelle protection des droits sociaux ?

§5 Faire plus, plus vite. Sans déconner. En même temps. Bouger sans bouger. Le projet c’est les frontières qui protègent et les valeurs qui unissent ? C’est donc un Nationalisme Européen qu’entend défendre Macron ? La civilisation européenne. Merde les phrases suivantes n’ont aucun sens. Des mots posés là : collectivement, transforme, moment décisif, protège, réinventer… Jusqu’à la « Renaissance européenne ». Ce terme pourrait faire penser à une période des lumières mais signifie en réalité le début d’un projet qu’on percevait pointer au loin depuis quelques temps : la Nation fédérale européenne, soit une « nouvelle Europe », à deux vitesses, avec l’Allemagne et la France à sa tête (Macron espérant bien entendu prendre l’ascendant).

B
§1 « Notre liberté première » est celle de choisir nos gouvernants ? Quand il s’agit de n’avoir le choix qu’entre Macron et Le Pen on doit se dire qu’on est libre, ou on se dit que les « puissances étrangères » ont bien fait leur boulot ? J’aimerais bien savoir quelles seront les caractéristiques de cette Agence européenne de protection des démocraties : un Decodex géant doublé d’un super bouclier anti-cyberattaques ? Il nous parle de protection et finit avec l’indépendance. Les puissances étrangères peuvent financer les partis européens ? super idée…

Le respect de l’individu, mais pas de ses opinions. Sur internet aussi on veut décider de ce qu’on peut ou ne peut pas dire, et comment. Je me demande comment, à un niveau européen, on va réussir à se mettre d’accord sur ce que sont les discours de haine et de violence. Ceux des néo-nazis à l’encontre des juifs, ou des musulmans ? Ceux des partis « modérés » qui laissent de côté les juifs mais attaquent gentiment sur les musulmans ? Les Roumains contre les Roms, les Italiens contre les migrants, les blancs contre les noirs… ça va pas être facile, sans compter les problèmes de traduction. A moins que chacun organise sa petite censure nationale suivant sa propre interprétation de ce qu’il considère comme discours violent (à bas le capitalisme ?, battez-vous pour la planète ?)

C’est assez étonnant de regarder de plus près un texte comme celui-ci. Sa construction est étrange. Il y a une ligne directrice, on voit où il veut en venir ; mais la manière qu’il a d’y conduire n’est pas cohérente, pas franche. J’imagine que c’est un texte retapé mille fois, mais par exemple la dernière phrase est une banalité derrière une syntaxe approximative : « nous devrons bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, CAR LE RESPECT DE L’INDIVIDU EST LE FONDEMENT DE NOTRE CIVILISATION DE DIGNITE » ??? Ah bon ? Comment, pourquoi ? Et au fait, peut-on avoir la haine de la haine, et est-ce condamnable ?

C
§1 La frontière, c’est la liberté en sécurité. Qu’est-ce que ça veut dire ? La plupart des philosophes n’ont-ils pas plutôt dit que la liberté est le contraire de la sécurité ? Il ne peut y avoir de la liberté ET de la sécurité. Le « en même temps » ne peut pas fonctionner pour tout. Ce que nous propose ici le président, c’est rien de moins que de refonder l’Europe sur de nouvelles bases : ceux qui se soumettront aux règles édictées par les Français et les Allemands devront appliquer une politique migratoire commune. Ceux qui refusent verront-elles leurs frontières Schengen modifiées ?
En tous les cas, il semble probable que bientôt la France cesse enfin d’usurper le titre de « pays des droits de l’Homme ». Il faudra peut-être aussi, en même temps que de redéfinir les frontières, revoir également ce qui concerne les valeurs.

§2 La défense et l’augmentation des dépenses militaires : rien que de plus normal lors de la création d’un régime autoritaire… Après les frontières, l’armée, qu’il veut européenne et coordonnée, avec le Royaume-Uni.

§3 La concurrence bien sûr, le marché. La guerre économique que déplorent les autres pays que la Chine et les Etats-Unis, et bien l’Europe va la mener elle aussi. Les frontières, l’armée, le protectionnisme économique.

D
§1 On avance dans le projet d’une « Nation » européenne : convergence des normes sociales, salariales, fin du travail détaché. Si le salaire minimum européen est adopté, je doute que ce soit sur celui de la France qu’on se base mais bien sur celui de la Pologne. Pareil pour les droits sociaux. Bien sûr on dira au début que c’est le minimum européen, mais qu’en France on garde le nôtre (lisez bien : « adapté à chaque pays »). Et puis on le baissera doucement dans les années qui suivront (puisque c’est discuté chaque année collectivement, les gars en France vous payez trop vos gars c’est pas possible,Etc)

§2 « toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat ». Et il parle de banque, d’investissement, de contrôle, d’évaluation scientifique… Et bah pour l’urgence on repassera ! on sait déjà plutôt bien ce qui ne va pas, ce qui pollue et ce qui tue. De manière déjà indépendante, et ce malgré le travail scandaleux des lobbies. Qui influencent la Commission européenne, le budget européen et toutes les décisions qui sont prises par nos gouvernants.

§3 Encore du contrôle, sur internet cette fois, à un niveau européen coordonné. J’aimerais bien savoir qui supervisera Amazon et Facebook ou Google ! L’intelligence Artificielle développée en Europe, avec un budget grand comme celui des EU ? En nationalisant les GAFAM ? ou avec leur « taxe GAFAM » ?!!

§4 Continuer de piller l’Afrique, mais cette fois-ci ses cerveaux ?

§5 et suivants Il veut lutter contre les nationalismes en créant une grande Nation Européenne qui serait elle-même nationaliste !
La conférence à laquelle il appelle est destinée à entériner la création d’une nouvelle Europe. Pas celle dont rêvent tous les européens de gauche, humaniste et ouverte, mais celle de la fermeture et du protectionnisme, de la défense.

A la suite de cette conférence le destin de l’Europe sera suspendu. Fin de l’Europe, nouvelle Europe autoritaire ou Europe démocratique.

Aurons-nous vraiment le choix ?

Caleb Irri

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Europe, écologie : il faut repartir du bon pied

Posté par calebirri le 2 septembre 2018

« Ils ne seront conscients qu’après s’être révoltés, mais ils ne se révolteront qu’une fois conscients »

Voici ce qu’écrit Winston Smith à propos des prolétaires, dans le fameux « 1984″ de George Orwell.

Cette phrase exprime à la perfection la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui encore, 70 ans après sa publication.

Il faut que les « prolétaires » (c’est-à-dire les individus qui ne font pas partie du « Parti » -la majorité des citoyens en réalité) se révoltent contre le système établi, alors qu’en réalité ils n’ont pas conscience qu’il faudrait qu’ils le fassent.

Pourtant, il existe de nombreux faits qui devraient faire réagir le peuple dans le sens de la révolte. Mais comme la propagande tourne à plein régime, divisant et opposant ses victimes au gré de ses volontés, les réformes s’enchaînent les unes derrière les autres sans qu’on puisse espérer même les ralentir.

Il existe certains sujets sur lesquels il s’agirait de s’opposer sérieusement, si seulement certaines informations « alternatives » parvenaient à traverser les fourches codines pour parvenir aux oreilles des citoyens. Car il faut, avant toute transformation potentielle du mode de fonctionnement de notre société, que certaines deviennent évidentes pour tous les citoyens :

Au sujet de l’Europe tout d’abord : le problème de l’Europe n’est pas l’immigration, mais de savoir comment on La veut (l’Europe !), et avec qui on veut La faire. Et puis surtout pour en faire quoi. Le « problème » des migrants devrait être un sujet clos depuis longtemps : toutes les études montrent le peu d’impact économique et social des migrations ; d’autant que lorsqu’on considère les 500 millions d’habitants de l’Europe, 5 millions d’immigrés ne font toujours qu’un pourcent de la population totale… autant dire que le « grand remplacement » n’est pas pour demain !

En réalité le problème de l’immigration est un faux problème destiné à servir de leurre pour permettre le retour aux frontières nationales pour les néo-fascistes, et de repoussoir aux pays riches pour que les citoyens acceptent sans broncher l’abaissement de leurs libertés et les réformes décidées- au nom de la sauvegarde de l’Europe justement.

Les deux options qui nous sont offertes actuellement sont d’un côté une Europe impérialiste de droite « néo-libérale » dans laquelle l’Allemagne et la France dominent les autres pays ;que ce soit de manière élargie ou à quelques pays autour desquels gravitent des sattellites vassaux. Et puis d’un autre côté il y a l’Europe éclatée, l’Europe des Nations, ouvertement raciste et nationaliste, dans laquelle chacun fait sa loi contre les autres, jusqu’à la mort de l’Europe.

Il manque ici l’existence d’une troisième voie représentant la gauche (la seule, la vraie), qui n’est ni raciste, ni nationaliste, ni capitaliste. La vraie gauche a besoin d’une alternative désirable pour obtenir l’écoute et l’adhésion de tous les citoyens qui croient encore aux valeurs de la démocratie et de l’internationalisme, du socialisme. Entre la fin de l’Europe et l’absence totale de démocratie en Europe nous avons besoin de propositions pour une Europe véritablement de gauche

Le dérèglement climatique maintenant.
Le sujet du climat est sans doute la clé de voûte de toute alternative à gauche, pour peu qu’on veuille bien prendre les choses par le bon bout.

Car malheureusement les alternatives qui apparaissent actuellement ne sont que des luttes perdues d’avance. Les objectifs poursuivis ne tendent pas à un futur désirable mais à éviter l’effondrement total de la biodiversité. A la décroissance subie ils préfèrent la décroissance choisie, faisant sans le vouloir le jeu des deux options de droite et d’extrême-droite précédemment évoquées.

Le fait est que cette option écologiste ne prend pas en compte « le reste du monde » et se retrouve confronté à des choix qui tendent à se tromper de cible : en réalité, si ces derniers ne se trompent pas sur les conséquences du déréglement, ils font erreur sur ses causes. Ce ne sont pas les Hommes qui sont responsables du déréglement mais leurs comportements. Ils ne sont le fruit ni d’un péché originel ni d’une méchanceté intrisèque de l’Homme mais tout simplement la conséquence logique du foctionnement du capitalisme. Et cet élément est décisif. Sans cela on ne peut qu’arriver à la -mauvaise- conclusion que l’Homme est le problème (avec comme corollaires qui sont les gentils, qui sont les méchants, qui a le droit de se reproduire ou de posséder, selon quels critères…). Comme la maltraitance animale (ou même humaine dans les Hepad), on ne peut accuser les Hommes de vouloir faire le mal, il faut accuser plutôt le système qui engendre de tels comportements.

Il faut comprendre une fois pour toutes que la seule et unique chance de sauver la planète (et nous avec) n’est pas de rendre l’écologie rentable -c’est impossible car contradictoire aux intérêts capitalistes qui ne se calculent qu’à court terme (comme l’a « avoué » Nicolas Hulot l’autre jour; tandis que ceux de la nature comme de l’Humanité fonctionnent sur le long terme.

Le capitalisme s’oppose à la fois à la démocratie, et à la Nature.

Tant que les écologistes ne se seront pas rendus à cette évidence (depuis 1988 100 entreprises -multinationales- sont responsables de 71% des émissions de gaz à effet de serre de la planète), nous serons condamnés à nous lamenter sur les chiffres effrayants qui alimentent les rapports successifs.

On le voit bien d’ailleurs, de nombreux spécialistes qui croyaient, les décennies précédentes, pouvoir influer « de l’intérieur » s’y sont cassés les dents. La plupart ont soit abandonné la partie (du genre c’est mieux que rien), tandis que les autres se sont résolus à combattre le capitalisme au nom de l’écologie.

Pour sauver les animaux il faut combattre le capitalisme, pour vivre en démocratie il faut se battre contre le capitalisme, pour éviter que des enfants meurent de faim ou de guerre il faut lutter contre le capitalisme. Rien ne sert de vendre aux peuples la « frugalité heureuse » ou la décroissance raisonnée : ceux qui les subissent au quotidien un peu partout dans le monde ne peuvent pas l’entendre. Il ne faut pas baisser notre consommation de pétrole pour sauver la planète, il faut utiliser une autre technologie. Il ne suffit pas de voter tous les 5 ans pour un président qui ne pense qu’à sa future réelection mais réformer les institutions pour permettre de véritables changements comme celui qui concerne le pétrole. On a beau dire et savoir que les méthodes de permaculture sont plus productives que les méthodes intensives, mais remettre en cause tout le fonctionnement de l’agriculture subventionnée ne serait-ce qu’en Europe est impossible sans remettre en cause de manière globale le fonctionnement de ce système ; avec ses lobbies si puissants.

Pour chaque problématique, les blocages sont liés à des considérations financières qui empêchent d’accéder aux technologies propres, gratuites et illimités. Nous savons faire mais nous n’avons pas les moyens. Pourquoi ? Parce que les quelques pourcents les plus riches de la population refusent de rendre aux peuples l’argent qu’il leur vole tout au long de l’année, et possède de ce fait les moyens de rendre légal le vol qu’ils accomplissent quotidiennement sur le travail des citoyens.

Maintenant il ne faut pas se tromper de combat, ni évincer les défis qui sont les nôtres : partir de la crise écologique comme point de départ est à mon avis une erreur majeure à ne pas commettre. Se battre pour l’écologie sans remettre le capitalisme en cause est comme vouloir la démocratie. Dans mes premières réflexions sur ce blog j’avais posé la question de savoir si le capitalisme était un « genre » ou « une espèce ». Il apparaît aujourd’hui clairement qu’il est au dessus de la démocratie comme de l’écologie.

Il faut faire cesser cela.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le Blitzkrieg de Macron

Posté par calebirri le 12 mai 2018

« On n’établit pas une dictature pour sauver la révolution, on fait une révolution pour établir une dictature ».

Voilà une phrase qui devrait éclairer d’un jour nouveau la politique de « Blitzkrieg » mise en place par le gouvernement Macron.

Car il faut être honnête, et regarder les choses en face : soit Macron ne comprend pas qu’il est en train de favoriser à la fois la convergence des luttes et la montée de la colère dans la population toute entière -et il faudrait le remercier pour ça car il accélère ainsi la prise de conscience de milliers de citoyens qui n’avaient pas encore compris qu’ils ne faisaient pas partie de l’ascension cordée-, soit Macron est un homme intelligent qui a bien compris que pour continuer à gouverner les riches ne pourront pas faire l’économie d’une dictature fondée sur le contrôle total des masses. C’est pour eux le seul moyen de sauver le capitalisme (et leurs fesses avec) dans un monde qu’on ne sait plus comment diriger autrement tant les défis pour sauver notre planète sont incommensurables.

Ne pouvant pas se permettre de mettre en place une dictature à partir d’un illégitime coup d’Etat, ils tentent de créer une contestation suffisamment grande et violente pour justifier la mise en place d’une dictature -en réponse à cette violence qu’il aura créée.

En réalité ce qui se passe en France est dans la continuation de ce qui se passe partout dans le « monde occidental » : les riches ayant refusé le « retournement du capitalisme » au profit des pays émergents, ils doivent s’attaquer désormais à « l’ennemi intérieur » que représente l’extrême-gauche, en utilisant les outils de contrôle et de répression permis par les lois anti-terroristes antérieurement adoptées.

Le vrai ennemi des riches n’est pas le terroriste mais le pauvre ; surtout lorsqu’il est encore conscient que sa situation n’est pas une fatalité mais le résultat logique d’une volonté politique qui refuse d’adopter des alternatives pourtant vitales à l’Humanité, mais qui sont susceptibles de mettre fin à la domination des riches sur la planète.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : laisser penser aux peuples qu’il n’y a pas d’alternative, et que le pouvoir des riches est la condition de survie des pauvres ; et qu’il ne pourrait en être autrement.

Les riches ont compris le danger que représentent des gars comme Friot, comme Lordon et quelques autres, et veulent tuer dans l’oeuf l’idée même du salaire à la qualification personnelle en détruisant tout ce qui pourrait permettre de l’envisager. Ils veulent tuer jusqu’au concept d’une véritable alternative au capitalisme en faisant l’amalgame entre revenu de base et salaire à vie : une fois la sécu détruite, le statut des fonctionnaires ou des cheminots désagrégé, le CDI enterré et la retraite anéantie, les gens n’auront même plus de référence sur lesquelles s’appuyer pour ne serait-ce que penser une alternative.

L’objectif des riches est de remettre sous servitude toute la population qui se fait petit à petit rejeter du monde du travail, en attendant que les robots les rendent totalement obsolètes -ou « de trop » ?
Ils prometteront aux pauvres des pays riches l’esclavage des populations conquises des pays pauvres en échange de leurs libertés, qu’ils seront contraints de laisser derrière eux au profit d’une dépendance qui s’apparente à une mise sous tutelle globale de 90 pourcents de la population. Si vous êtes trop pauvre dans le monde qui vient, vous serez nourri et logé mais vous serez contrôlé dans vos moindres faits et gestes. vous n’aurez le droit de faire des enfants qu’à certaines conditions, et vous ne pourrez plus effectuer librement les arbitrages qui concernent votre vie privée (dépenses/loisirs/travail).

Il faut se rendre compte que Macron sera gagnant sur tous les plans : soit la contestation sera si forte qu’il sera « contraint » d’utiliser la force pour « rétablir le droit », soit la contestation sera faible et le gouvernement aura bouleversé le cadre institutionnel d’une telle manière que la peur de la répression suffira à faire taire la contestation pour longtemps. Après la saturation engendrée par l’ampleur des attaques de ce Blitzkrieg, les citoyens Français s’apercevront bientôt qu’ils ont abandonné ce qui faisait de la France un modèle pour tous les peuples oppressés du monde, en marche vers le néo-féodalisme que j’évoquais il y a peu. On aura beau jeu alors de dire qu’on avait rien vu venir ; il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le néo-féodalisme… en marche ?!

Posté par calebirri le 11 avril 2018

S’il y a bien une chose qu’il faut retenir de ces 15 ou 20 dernières années (les historiens prendront sûrement comme référence le 11/09), c’est que les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ne laisseront pas faire le retournement du capitalisme. Partout dans le monde les conflits qui font tant et tant de morts, tant de déplacés, tant de misère sont tous à un moment ou à un autre liés à l’action de ceux qu’on avait l’habitude de nommer les « pays développés ».

Aujourd’hui en Europe s’est développée une peur qui se transforme en haine de l’étranger. Pourtant, si on y regarde de plus près, tous ces étrangers qui viennent trouver refuge en Europe ne sont pas partis de nulle part : ils proviennent tous des pays dans lesquels nos « forces de paix » sont intervenues. Nous les faisons fuir de chez eux par nos actions extérieures et nous plaignons ensuite qu’ils veuillent se réfugier ici ?

Des groupes d’extrême-droite néo-nazis sont acceptés au Parlement européen, et partout ils font des scores qui entrainent les autres partis à se positionner à leur remorque. C’est que l’Europe se trouve confrontée à un choix décisif pour son avenir : soit elle s’effondre derrière les nationalismes de chaque Nation, soit elle devient une force fédérale dont la « civilisation » judeo-chrétienne sera le ciment, contre les étrangers en général, et contre les musulmans en particulier.

Les discours du ministre de l’intérieur Gérard Collomb sont scandaleux et inadmissibles. Alors que notre gouvernement se targue d’humanité, il prévoit sérieusement (après avoir sous-traité la retenue des migrants en Turquie dans des conditions inhumaines avec un dictateur islamiste) de créer des camps de concentration sur le sol Français, avec une retenue arbitraire d’êtres humains pendant plus de 3 mois ! C’est à se demander parfois si des animaux ne seraient pas mieux traités.

Sur le plan social, le gouvernement se prépare à lutter très fort contre les idées de la gauche en supprimant les unes après les autres toutes les aides qui faisaient de la France un modèle et un exemple pour tous les autres pays du monde. Supprimer la sécu, supprimer le chômage, augmenter l’âge de départ à la retraite, supprimer les fonctionnaires, privatiser le service public, effacer les droits des travailleurs, supprimer les CDI…

En gros, toutes les avancées sociales qui ont été -durement- gagnées durant le siècle dernier sont en train d’être remises en cause au nom d’un libéralisme qui n’est en réalité que le retour à une sorte de féodalisme moderne. Les serfs sont des auto-entrepreneurs complètement soumis aux grands patrons qui leur font la charité- chrétienne.

Tout ce que Bernard Friot défend et voudrait généraliser avec son « salaire à la qualification personnelle » et la propriété d’usage des moyens de production est en train de disparaître dans l’indifférence quasi générale. Il faudra des années pour tout reconstruire, car avec cette destruction sociale c’est jusqu’à l’idée de socialisme qu’on veut détruire. Pour le remplacer par une sorte d’empire capitaliste refermé sur ses frontières et dirigé par un tandem France/Allemagne autoritaire et chrétien.

Aujourd’hui la laïcité, qu’on défend lorsqu’il s’agit des musulmans, est écrasée par les propos d’un président qui commence sérieusement à ressembler à un monarque qui reçoit tantôt à Versailles et tantôt au Louvre, qui décide seul et pour tout le monde, avec une chambre d’enregistrement que l’on nomme Parlement. Manquerait plus qu’il guérisse des écrouelles.

La liberté de la presse est également mise à mal, que ce soit par la volonté de créer un ministère de la Vérité, par la propriété des médias concentrée entre les mains de quelques milliardaires ou l’interdiction des journalistes de filmer ou d’assister à certaines actions publiques. Ces milliardaires qui viennent pleurer pour qu’on baisse les salaires afin d’être compétitifs, qui ne pensent qu’à la rentabilité et au profit, et qui viennent acheter pour des millions des médias qui sont tous déficitaires. Structurellement déficitaires. A votre avis c’est par charité là-aussi ?

La surveillance des contestataires sous couvert de lutte contre le terrorisme, la protection du secret des affaires pour criminaliser les lanceurs d’alertes, la possibilité pour l’Etat de supprimer la liberté d’expression sans l’accord d’un juge, tout cela se généralise en Europe et préfigure le monde dans lequel nos descendants vont devoir vivre : une dictature oligarchique dont l’idéologie est une sorte de néo-féodalisme chrétien, qui je n’en doute pas voudra bientôt, au nom de la « civilisation », expliquer à coups de triques à ceux qui ne sont pas d’accord qu’ils ont tort de penser comme ils pensent. A moins que ce ne soit déjà le cas ?

Il n’y aura pas de résistance sans qu’un nombre suffisant de citoyens prennent conscience des mensonges proférés par nos gouvernants, ainsi que des dangers que cette politique représente pour 90 pourcents de la population. Passez-vous le message, renseignez-vous, lisez, écoutez, et regroupez-vous. Il faut que tout le monde sache que la dictature qui vient ne sera bénéfique que pour les 10% « d’en haut », ces fameux « premiers de cordée ». Pour tous les autres, ceux « qui ne sont rien », ce sera très dur…. Et il y a plus de chances que vous ne fassiez pas partiede ces 10% que le contraire !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Complotiste ?

Posté par calebirri le 25 février 2018

Ca commence à bien faire. En quelques années le terme « complotiste » est devenu une manière aisée de décrédibiliser son interlocuteur, voire carrément une insulte. Personne n’ose plus évoquer le mot « complot » de peur de passer pour un de ces misérables -et dangereux- individus qui osent encore se poser des questions. La double-pensée est désormais utilisée très clairement, à savoir que, tout en accordant qu’effectivement des complots ont eu lieu et ont lieu encore aujourd’hui, il est impossible de remettre en questions les versions officielles sous ce motif. Deux injonctions contraires acceptées toutes les deux en même temps tout en refusant de l’admettre. Voilà qui est fort.

A longueur de dessins animés, de séries, de livres, de films, de jeux vidéos, on se coltine des complots à tout va, mais croire qu’il puisse en exister « pour de vrai » est devenu interdit.

Alors qu’on nous parle sans arrêt de prendre du recul sur les informations qu’on nous fournit, de développer son esprit critique et de se méfier des « fake-news », il semble que nous n’avons pas le droit de remettre en questions les informations qui nous sont fournies par les organes validés par l’Etat. Mais tout le loisir pour le faire lorsque ceux-ci ne le sont pas. Toujours la double-pensée…

Pourtant, n’est-il pas sain de se poser des questions, de s’interroger sur les infos qu’on nous impose comme vraies ? Les antécédents ne sont-ils pas suffisamment nombreux pour qu’on soutienne les jeunes qui se disent que peut-être là aussi on leur ment, ou qu’on ne leur dit pas tout ?

Quand ils voient le monde tel qu’il est et le monde tel qu’on leur vend, comment ne pourraient-ils pas s’interroger sur ce qui permet à moins de 100 personnes de posséder autant que 3,5 milliards d’autres personnes ?

A vrai dire, comment expliquer cela autrement que par le complot ? C’est la solution de facilité. Aller plus loin dans la recherche c’est quand on est toujours pas satisfait par les réponses obtenues. Ceux qui trouvent que les illuminatis contrôlant le monde est une théorie qui se tient s’arrêtent là. Les autres continueront à chercher, et finiront par se rendre compte que le capitalisme explique bien mieux par son fonctionnement cet état de fait que le complot des extra-terrestres juifs d’extrême droite stalinienne.

Sous-entendre qu’on est complotiste induit en réalité qu’on n’a pas le droit non pas de croire ce qu’on veut mais tout simplement qu’on ne doit pas se poser de questions du tout… Le problème en réalité n’est pas le complot (il y en a eu, il y en a et il y en aura), mais le fait de ne pas pouvoir s’interroger sans paraître suspect aux yeux « de ceux qui savent » (qu’on serait presque tenté de nommer les « initiés » du coup !)

Si on sonsidère qu’interroger l’Histoire c’est la faire vivre (les Historiens ne cessent de « refaire l’Histoire au fur et à mesure des découvertes), cesser de le faire est mettre un coup d’arrêt à cette Histoire. Cela est très dangereux. Après l’utilisation de la double-pensée, la surveillance par télécran (pardon internet), la dénonciation avec les hachstags, nous voilà désormais confrontés à la mutabilité de l’Histoire.

Se poser la question de la possibilité du complot est pourtant un comportement sain qui devrait être encouragé. Et dont on ne devrait pas avoir honte. Ce questionnement est tout simplement la première étape d’une réflexion qui doit surtout se poursuivre pour aller plus loin dans la compréhension du monde.

Car des complots existent et sont à l’oeuvre actuellement -et c’est bien logique : les guerres ne se préparent pas devant tout le monde, car les raisons de ces guerres doivent rester cachées (prendre des ressources pour s’enrichir). Par contre il faut laisser tomber les extra-terrestres, les juifs ou les francs-maçons : finalement le véritable complot n’en est pas un, c’est seulement la continuation d’une lutte des riches contre les pauvres. Plus que visible dès qu’on s’y intéresse un peu. Il n’est pas le fait d’un petit groupe conscient mais le résultat du fonctionnement millénaire d’un système qui s’entretient de lui-même par des forces qui dépassent de beaucoup les volontés individuelles : l’Histoire, dans laquelle le capitalisme tient une place prépondérante.

Quand Monsanto paye des études disant que ses produits sont bons, et que les députés de tous les pays acceptent sans sourciller ses conclusions, est-ce un complot, de l’incompétence ou un simple mensonge ? Monsanto organise-t-il un complot destiné à empoisonner la population ou essaie-t-il tout simplement de continuer à vendre ses produits qui lui font gagner des milliards ?

Le fait de rédiger les traités en cachette du peuple peut-il se définir comme un complot ou est-ce simplement le fonctionnement logique d’un système qui préfère prendre le risque d’une polémique plutôt que de s’asseoir sur les retombées financières de telle ou telle loi ?

Les exemples sont nombreux, et je doute qu’avec une loi sur les fake news les complotistes cesseront de se poser des questions… mais c’est peut-être tant mieux !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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