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Non, la Grèce ne fera pas défaut !

Posté par calebirri le 17 juin 2015

Nos bons dirigeants s’amusent à se faire peur, et nos médias font tout pour que celle-ci nous submerge, avec les menaces d’un chaos sans précédent : la Grèce va-t-elle faire défaut ? Va-t-elle sortir de l’Europe ? Derrière ces questions se cache un chantage que l’on peut résumer en trois propositions :

(1)-Soit l’Allemagne accepte les propositions grecques et l’Europe renfloue ses caisses en évitant l’effondrement total du pays. Cela demandera de grands efforts aux citoyens européens qui n’auront qu’à se faire voir « chez les Grecs », les responsables désignés de tous nos maux économiques.
(2)-Soit elle ne les accepte pas et pousse ainsi la Grèce au défaut de paiement, avec les conséquences qui vont avec : perte de 160 milliards d’euros, risque d’effondrement des banques et d’éclatement de l’Euro, puis de l’Europe.
(3)-Soit l’Allemagne se désolidarise de tout ça et c’est elle qui sort de l’Europe, peut-être pour former un groupe avec les Etats les plus riches ?

Une fois que l’Allemagne se sera positionnée, la Grèce devra elle-aussi prendre ses responsabilités : si la proposition (1) est acceptée, alors on attendra le risque de défaut suivant ; si la proposition (2) est retenue la Grèce peut alors décider de sortir avec pertes et fracas… ou de rester ! Si elle sort le « danger » pour l’Europe est qu’elle réussisse mieux « dehors » que « dedans » (avec les conséquences que cela implique pour les autres pays en difficulté), et si elle reste elle emmerdera bien tout le monde aussi : je ne paye pas mais je reste, comme un signal envoyé aux autres « mauvais payeurs » ; la proposition (3) pouvant être corrélée à la deuxième, suivant ce que déciderait la Grèce… Car alors à partir d’un certain seuil il vaudrait peut-être mieux pour l’Allemagne sortir plutôt que de payer à chaque fois pour maintenir une apparence de solidité au sein d’une Europe noyée sous les dettes.

C’est dans ces conditions que le sort de la France se trouverait ensuite engagé : suivrait-elle l’Allemagne ou choisirait-elle une autre voie ? Comme le pays est à la croisée des chemins, le débat serait délicat, bien qu’a priori la précipitation du gouvernement français à faire passer les lois Macron, ou celles sur le renseignement, le terrorisme, etc… montre à quel point il se prépare aux ennuis, et ce indépendamment de l’option choisie.

Quoiqu’il en soit, je doute que les citoyens apprécient l’une ou l’autre de ces solutions, car il apparaît que dans tous les cas il faudra, d’une manière ou d’une autre, rembourser ces milliards perdus (je sais c’est injuste mais ils nous referont le coup du « too big too fail »), ou bien renforcer l’austérité si l’on doit encore mettre la main au portefeuille pour continuer de maintenir la Grèce dans l’Europe… pour peut-être in fine voir notre monnaie s’effondrer brutalement pour compenser ou une sortie d’un autre pays, ou même une sortie de l’Allemagne (avec ou sans nous d’ailleurs) ?

Mais tout cela n’est pas sérieux : il y aura un accord (de dernière minute bien sûr), et un délai, puis un accord, encore un délai… car si on y réfléchit bien, il n’y a pas trente-six solutions : à part la Grèce qui rechigne elle-même à le faire, personne ne serait assez stupide pour prendre le risque d’un éclatement de l’Europe. Le FMI le signale clairement d’ailleurs : il faut trouver une solution. Car pour éviter une bipolarisation extrême des propositions politiques lors des prochaines élections (avec un avantage certain pour l’extrême-droite dont les idées et les objectifs sont clairs et simples, tandis qu’en face l’extrême-gauche peine à trouver une idéologie susceptible d’être comprise et acceptée par les citoyens) et conserver le pouvoir sur l’Europe, L’Allemagne ne peut pas se permettre d’apparaître en position de faiblesse.

On peut également penser qu’avec le climat géopolitique tendu (avec d’un côté les rivalités russo-américaines et de l’autre le terrorisme islamiste) les États-Unis voient eux-aussi d’un très mauvais œil une sortie de la Grèce car quoiqu’on en dise un allié stable est toujours plus fort qu’un allié qui se fragmente par petits bouts. Et si on veut croire en la « raison » toute capitaliste de nos dirigeants, il apparaît assez vraisemblable que la Grèce ne sortira ni ne fera défaut, et que, avec le FMI en tête, on allongera encore les délais de remboursement grecs pour permettre aux États-Unis de conserver leur influence globale sur l’Europe, ainsi que les perspectives économiques dont le TAFTA et compagnie qui les font tant rêver. Le tout n’est donc pas de savoir si l’Europe s’effondrera car elle ne s’effondrera pas. C’est l’Euro qui s’effondrera ; mais il ne s’effondrera que lorsque ce qui le remplacera sera prêt à être mis en place, ce qui n’est pas encore le cas.

Ensuite, et face au mécontentement populaire qui se fera sentir toujours un peu plus fort, les lois liberticides partout mises en place serviront d’outils pour continuer à mettre en place et faire accepter, en Europe et sous l’égide de l’Allemagne, une Europe fédérale et harmonisée qui finira par confondre ses intérêts avec ceux des États-Unis, contre « l’Est et l’Asie ». Les formidables ressources africaines qui sont convoitées de partout ne seront accessibles que par une alliance Europe/Etats-Unis permettant de lutter contre les géants asiatiques et russes ; enfin contre les BRICS.

Ce n’est qu’une fois l’Europe « harmonisée » et sous le joug d’une « démocrature » encadrée légalement que pourront se régler les problèmes monétaires tels que la dette et le chômage, et l’euro se laisser remplacer par « autre chose ». Il suffira de les rayer d’un trait de plume pour instaurer soit une nouvelle monnaie, soit l’esclavage pur et simple avec puces RFID et surveillance de masse.

En attendant, la pression qui s’exerce actuellement sur la Grèce est destinée à ne lui accorder que le minimum, afin de ne pas donner de signal trop complaisant, et les menaces de Grexit ne sont en réalité que du bluff. Le fait est qu’un esclave qui s’enfuit n’est peut-être pas sorti d’affaire mais qu’il est libre. Et un Empire a besoin de vassaux, pas d’ennemis potentiels. L’Allemagne et la France ont besoin de plus petits Etats sur lesquels exercer leur hégémonie, et les Etats-Unis d’une Europe puissante pour contrer les « concurrents » de l’Est.

Il suffirait pourtant de peu de choses pour faire cesser cette mascarade : car la Grèce a aujourd’hui le pouvoir de « tout faire péter », en refusant de payer tout en restant dans l’Europe. Mais qui aurait le courage de lui emboîter le pas ? Et puis surtout pour faire quoi, puisque personne ne semble vouloir réfléchir sérieusement à ce qui pourrait advenir de bon, après le chaos ? Parfois, j’en viendrais presque à souhaiter que la Grèce réalise l’impensable et refuse et de payer, et de sortir : cela signifierait qu’un peuple a encore le pouvoir de changer le cours de l’Histoire. Ce ne serait pas rien !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Pour une résistance numérique !

Posté par calebirri le 2 juin 2015

Il est encore difficile de savoir quand aura lieu l’effondrement de l’Euro : peut-être bien la semaine prochaine, peut-être pas… Mais ce qui est certain, c’est qu’il aura lieu. La Grèce fera défaut sur sa dette ; et si ce n’est pas la Grèce ça en sera un autre.

Les conséquences de cet effondrement seront terribles, mais ne soyons pas naïfs : la frénésie législative avec laquelle le gouvernement s’acharne à supprimer toutes les possibilités légale de contester est loin d’être fortuite. Quand l’effondrement se produira, nous serons à même de connaître le même destin que ces Grecs que nous n’avons pas voulu soutenir. Et quand nous voudrons manifester notre mécontentement, nous comprendrons alors à quoi les récentes lois étaient réellement destinées : protéger l’État contre le mécontentement populaire, et surveiller de près les opposants un peu trop virulents.

Mais tout cela nous le savons depuis longtemps. Et puis il est trop tard pour revenir en arrière. Il nous faut cesser d’espérer pouvoir encore empêcher le chaos qui vient. Il se rapproche.
Maintenant il nous faut intégrer ce fait et passer à une autre étape de mobilisation : la résistance. Et comme celle-ci passera inévitablement par internet, il s’agit ici de lancer un appel à la « Résistance numérique ». Comme la radio fût en même temps un moyen de propagande et de résistance, internet sera à la fois le média qui permet à la fois de tous nous surveiller et celui qui possède les capacités de lutter contre cette surveillance.

Dans tous les « fablabs » de France et d’ailleurs, sur les forums, partout où cela est possible, il faut que les développeurs conscients des dangers qu’un gouvernement autoritaire maîtrisant internet porte en lui, quasi invincible, se mettent dès à présent au travail : il nous faut des possibilités de communiquer sans risque d’être surveillés, dans le « software » comme pour le « hardware ». Il faudra aux résistants de demain une sorte d’internet « parallèle » qui fonctionne de manière à ce que lorsqu’un maillon de la chaîne tombe, les autres puissent continuer de se connecter au réseau. Une espèce de « contre-réseau » accessible avec un mobile, totalement sécurisé, avec un logiciel libre et inviolable, capable de « sauter » de mobile en mobile sans devoir passer par un opérateur. Il faudrait également une carte SIM « universelle », capable de se brancher anonymement sur n’importe quel antenne relai. Tout cela est-il si compliqué à mettre en place ? Ne suffit-il pas de pouvoir envoyer des ondes, et de les recevoir (je taquine, bien sûr) ?

J’ai déjà entendu ici ou là que de tels projets étaient dans les cartons, mais il ne s’agit pas d’en laisser l’usage à quelques hackers surdoués : il faut que tous ceux qui se sentent concernés par la défense de la vie privée (et au delà de la liberté de pensée, par dessus même la « simple » liberté d’expression) se mobilisent pour réunir en un même lieu -accessible à tous- toutes les techniques pour accéder dans un premier temps à une sorte « d’indépendance » matérielle et logicielle (avec des tutoriels pourquoi pas ?), ainsi qu’une sorte de « manuel de survie numérique » destiné à expliquer comment se connecter à un réseau sécurisé avec un vieux portable et une cuiller, ou se fabriquer une antenne relai à l’aide d’un balai et d’un parapluie. Il faut que des gens comme Jérémie Zimmermann de « La Quadrature du Net » , avec d’autres associations du même type, mettent en place un tel lieu, afin que tous les citoyens désireux de résister aient les moyens théoriques et techniques de le faire.

Il faudrait aussi être en capacité de lutter contre la surveillance des « boîtes noires » en désactivant les brouilleurs, ou mieux de pouvoir être en mesure d’espionner les espions. Que ne ferions-nous pas comme découvertes si ces « boîtes noires » étaient dissimulées dans les lieux de pouvoir et de décision ?

En attendant le Sénat votera bientôt la future loi sur le renseignement, et ce malgré toute les oppositions que l’on voudra bien leur servir. Il nous faut désormais du concret, et des outils simples, économiques, libres, pour pouvoir un jour être en mesure de rassembler nos forces contre les dictatures qui ne manqueront pas d’user de leur pouvoir pour nous asservir.

Nous aurons besoin, en matière numérique, de reprendre le pouvoir sur ceux qui contrôlent internet, car ceux qui le contrôlent peuvent diriger le monde : et au lieu d’utiliser les formidables potentialités du net pour éveiller les consciences à la démocratie directe et universelle, ils préfèreront toujours l’utiliser pour faire monter les cours de la bourse, tracer les employés ou dérégler des centrifugeuses nucléaires… paraît que c’est plus rentable !

Nous devons nous y mettre le plus vite possible, car le temps presse : quand la dictature sera installée, il sera extrêmement difficile de développer de tels outils, et quasiment impossible de les diffuser.
Nous sommes les responsables de ce qui viendra.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Et si on les mettait dans des camps ?

Posté par calebirri le 17 mai 2015

2015-05-12 23.35.52L’Europe est confrontée à un grave problème : pas la crise économique, pas la crise sociale ni l’environnementale non, c’est bien plus grave que cela ! Tous nos dirigeants en conviennent désormais, le plus grand problème de l’Europe est l’invasion de nos si belles contrées par des gens pauvres et sales, pour la plupart noirs ou arabes, et qui plus est souvent musulmans.

On parle de quotas, de camps de rétention, de barbelés aux frontières, de miradors et de bateaux de guerre pour empêcher l’invasion de ces nouveaux barbares. Par milliers (et bientôt des centaines de milliers si l’on en croit certaines sources) des hommes, des femmes et même des enfants meurent en tentant de traverser les mers pour trouver une vie meilleure… ou parce qu’ils désirent tout simplement nous imposer leurs modes de vie radicaux et extrémistes -puisque bien entendu dans le fond des cales de ces bateaux qui viennent d’Afrique ou d’ailleurs se trouvent sans doute des djihadistes armés jusqu’aux dents et haineux envers la Sainte Europe -enfin s’ils ne meurent pas noyés en route. Inutile de s’interroger sur la contradiction qui fait que tant de musulmans fuient des pays dans lesquels les islamistes prennent le pouvoir (puisque les musulmans sont eux-mêmes des islamistes en puissance), cela doit forcément être pour nous envahir, n’est-ce-pas ?

Enfin, j’imagine que cette contradiction ne vaut rien face à l’évidence des faits : sans doute les migrants font semblant de fuir Daesh ou Al-Qaïda pour mieux venir nous attaquer, pour ceux qui arrivent à passer les bienveillants barbelés et autres barrières mises en travers de leur passage ; une façon de sélectionner les plus motivés non ?

Toujours est-il que malgré le nombre incroyablement élevé de morts qui gisent au fond de la mer, il semble qu’encore plus nombreux sont ceux qui arrivent à passer pour venir s’installer sur nos côtes accueillantes… alors que faire ?

On ne peut tout de même pas tous les accueillir à bras ouverts. Ni les éliminer froidement sous l’œil parfois un peu trop conservateur d’un journaliste rétrograde ou pire un humaniste. Et encore moins faire en sorte que cette main d’œuvre docile et bon marché ne soit plus tentée de fuir les démocraties qui correspondent pourtant si bien au caractère de ces immigrants non-civilisés. Nos bons gouvernants, avec tout le cœur dont ils disposent et le pragmatisme qu’on leur connaît, commencent enfin à s’apercevoir du danger qui nous menace et semblent disposés à prendre les mesures qui s’imposent : des quotas d’immigrés, plus de militaires, plus de camps de rétention, moins de titres de séjour délivrés pour les plus pauvres et les plus faibles.

Toujours désireux d’aider mon pays et de concourir à l’expression d’une volonté quelque peu atténuée par une délicatesse qui leur fait honneur, je propose donc à nos chers gouvernants de cesser de rechercher à parvenir à un consensus « mou » pour prendre une bonne fois pour toutes « le taureau par les cornes » : créons des camps ! Tous les étrangers qui parviennent à passer les frontières y seront internés, et puisqu’on ne peut pas les renvoyer tous (ça coûte bien trop cher !), on les fera travailler, et on les guérira de leurs idées obscurantistes. Il pourrait être autorisé (en dernier recours) de couler les bateaux si les camps sont pleins, car j’ai pensé que nous pourrions nous servir de ces camps pour y installer aussi les musulmans, les opposants politiques et pourquoi pas quelques roms qui sont toujours là, même s’ils paraissent avoir disparu de la circulation (et oui puisque les médias n’en parlent plus !)
On pourrait aussi envisager de « pucer » toutes les populations « à risque », après les avoir recensées… j’avais pensé à un croissant rouge apposé sur leurs vêtements pour les distinguer des gens « normaux », mais je ne suis pas sûr que cela soit bien pris par l’opinion public -encore qu’on y viendra sans doute- Nous pourrions aussi envahir directement les pays ennemis de la liberté et de la démocratie, cela donnerait du travail à de nombreux Européens, en plus des formidables ressources qui nous reviennent de droit, d’un certain point de vue historique : ces gens étaient bien plus civilisés lorsqu’ils étaient encore sous notre protection directe !

En leur donnant du travail pour nos entreprises directement « là-bas », nous réglerions à la fois le problème de l’immigration, la crise économique, sociale, environnementale ! Les déchets seront triés, recyclés ou stockés dans leurs pays (comme ces gens sont sales), nous leur apprendrions la religion laïque du capitalisme en formant leurs élites, et grâce à nos entreprises, notre technologie, notre charité sociale, nous leur offrirons la possibilité, par « ruissellement », d’acheter nos produits à forte valeur ajoutée, grâce à l’exploitation de leurs -enfin de nos- ressources.

Bien sûr cela nécessitera quelques changements institutionnels chez nous : notre sécurité vaut bien un peu de nos libertés. Comme notre mission civilisatrice ne sera sans doute pas acceptée sans mal par nos ennemis obscurantistes, il ne fait aucun doute qu’ils tenteront (les fourbes) d’attaquer les fondements de nos belles démocraties : il faudra une surveillance sans relâche de la part de nos services, et de gros efforts seront demandés à nos peuples. Nous seront intraitables avec les ennemis de la liberté et de la démocratie, mais le jeu en vaut la chandelle : un jour nous libérerons les barbares du joug de leur oppresseur, pour le bien de l’humanité toute entière…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

PS : bien entendu, et pour les « excités » qui auraient pris ce texte un peu trop au sérieux, je précise qu’il se veut ironique en représentant ouvertement ce que certains pensent sans l’avouer ; ce qui devrait je l’espère inquiéter ceux (les autres) qui croient que les précédents n’y pensent pas pour de vrai, car nous y allons tout doucement

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Monsieur Valls, c’est vous l’imposteur !

Posté par calebirri le 9 mai 2015

Tribune en réponse à celle de monsieur Valls le 07/05/2015 sur « Lemonde.fr », intitulée « Non, la France du 11 janvier n’est pas une imposture ».

Monsieur Valls, je viens de lire votre tribune sur « lemonde.fr ». Je vais leur envoyer la mienne, mais j’ai bien peur qu’elle n’arrive pas jusqu’à vous. Tout d’abord je voudrais établir directement que je n’ai pas lu le livre de monsieur Todd (et oui c’est comme pour « Le monde », je n’ai pas le privilège de lire les livres avant leur sortie…), que je n’apprécie pas tout chez monsieur Todd -loin de là- et que sa manière de s’exprimer a le don de m’irriter.

En fait je n’écris pas pour le défendre, mais plutôt pour vous attaquer. Puisque vous dites que les citoyens peuvent s’emparer du débat… Allons donc au fait, et prenons votre tribune par le début :

« un gigantesque élan de fraternité » : quand on sait que le nombre d’inscrits sur les listes électorales dépasse les quarante millions, je me dis que moins d’un citoyen sur dix s’est déplacé : cela ne me paraît pas si énorme, même si je concède que c’est déjà un record… et c’est peut-être cela le plus inquiétant !

Ensuite, au niveau du « mouvement spontané », « populaire », « venu des citoyens eux-mêmes », je crois que vous n’avez pas dû voir les mêmes images que moi : les déplacements de toutes les personnalités présentes n’a sans doute pas été improvisé, et encore moins été « spontané ». Populaire non plus, comme vous l’avouez vous-même un peu plus loin : « De nombreux Français, notamment dans les quartiers populaires, délibérément, n’y ont pas pris part ». Et pour ce qui est de la volonté des citoyens, les médias ont suffisamment insisté pour que nous soyons tous « Charlie » que cela est devenu comme une sorte « d’injonction inconsciente ».

Maintenant, et si je vous accorde le droit de vous interroger sur le fait que « des citoyens aient volontairement fait le choix de se tenir à l’écart », rien ne vous impose non plus le devoir « d’agir ». Est-ce le fait que des citoyens choisissent librement (volontairement) de se soumettre ou non à cette « injonction inconsciente » qui vous ennuie ?

Enfin, pour ce qui est du « déclin, de la « dépression », vous et vos pairs (de droite comme de gauche), en sont pleinement responsables. Comment s’en étonner ?

Le refus des amalgames maintenant

Première imposture :

La manifestation du 11 janvier était une manifestation contre le terrorisme. Pas contre la religion ni pour la tolérance. Et encore moins pour la laïcité (qui n’est pas une condition de la tolérance mais plutôt une conséquence). C’est vous qui faites des amalgames en estimant que cette manifestation était aussi « un cri lancé contre le djihadisme qui, au nom de la foi, [il y a ici une virgule étonnante] d’un islam dévoyé, s’en prend à l’Etat de droit, aux valeurs démocratiques, tue des juifs, des musulmans, des chrétiens », car vous soulignez ainsi le caractère religieux de l’attaque. Mais cela est faux : des terroristes ne peuvent pas avoir de religion, quand bien même ils s’en revendiqueraient. « Islam dévoyé »… Non, pas Islam dévoyé. Pas Islam du tout ! Je ne connais pas le Coran mais j’imagine mal comment il pourrait indiquer à ses adeptes de tuer des innocents, et de tuer tout court. Dieu n’est-il pas Amour et Pardon, quelle que soit la manière d’y croire ?

Et puis la Marseillaise, franchement, ce chant guerrier qui désire « qu’un sang impur abreuve nos sillons »… Ça ne transpire pas la fraternité.

Deuxième imposture :

la liberté d’expression ! vous n’avez pas honte. Alors que les dernières lois sur le renseignement, ou l’apologie du terrorisme, que vous avez portées, instaurent une censure potentielle de toute contestation politique, et cela au nom de la liberté et de la lutte contre le terrorisme, c’est comme insulter la mémoire des malheureuses victimes de ces misérables meurtriers. Et comme vous tentez de retourner le problème des « faibles » et des « discriminés » : dois-je vous rappeler d’où viennent les terroristes, et de quelle origine sociale ils sont issus ? la plupart sont des convertis, abandonnés dans des cités misérables jusqu’à ce que des fondamentalistes profitent de leur faiblesse en instrumentalisant les caricatures et le climat de méfiance à l’égard des musulmans. Ce ne sont pas les caricatures qui les libèrent mais leur utilisation par des extrémistes qui les enferme. En réalité ces jeunes qui se radicalisent sont à la fois des bourreaux, et des victimes.

Troisième imposture :

Ici, je dois vous avouer que le concept de « néo-République » m’échappe. Mais ce qui est certain, c’est que la République est entre les mains de ceux qui la dirigent : ceux qui font les lois, et ceux qui les font appliquer. Et il est clair que leurs intérêts ne sont pas les mêmes que ceux du peuple qu’ils dirigent : il n’y a pour s’en convaincre qu’à regarder la composition « sociale » de notre Parlement.
En réalité c’est bien cette divergence d’intérêts le problème. Trop soucieux de vos carrières et des avantages qui vont avec, vous finissez par renoncer à tous vos idéaux pour ne pas partir, et vous vous enfermez dans vos certitudes pour échapper à votre conscience. A droite comme à gauche. Et on arrive à la suite…

Quatrième imposture :

La définition de la gauche. Mais vous n’êtes pas de gauche ! Emmanuel Todd n’est pas de gauche ! La gauche lutte contre le capitalisme. Pas contre l’Europe ou l’UMP, mais contre un système injuste qui permet que certains agissent au détriment des autres. Et à force de vouloir cacher au peuple cet état de fait, au lieu d’avouer que les politiques ont permis aux riches de s’enrichir contre le plus grand nombre, vous préférez aujourd’hui établir avec vos lois les conditions d’une dictature pour le jour où, quand l’économie s’effondrera, le peuple ne soit pas en mesure de venir vous réclamer des comptes.

Il y a donc toutes les raisons d’être inquiets et pessimistes : vous et vos semblables n’avez pas d’autre idée que celle qui conduit au pire. La lucidité aujourd’hui, c’est de constater que vous êtes un homme dangereux. Intelligent, habile, et certainement très sympathique. Mais dangereux. Ce que vous portez sur vos épaules est dangereux. Mais vous n’êtes pas le seul. C’est toute la classe politique qui représente désormais un danger pour le peuple. Avide de pouvoir et d’argent, elle finit toujours par se laisser corrompre jusqu’à y perdre son âme. L’avez-vous perdue, ou est-elle simplement égarée ?

Je n’attends évidemment pas que vous vous abaissiez à répondre à un citoyen en colère, et elle ne montera sans doute pas non plus jusqu’à vous. Mais sachez quand même que vos impostures seront des poids que vous porterez toute votre existence…

Caleb Irri
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La mort annoncée des politiques

Posté par calebirri le 7 mars 2015

Mon message ne leur parviendra sûrement pas, mais à vrai dire cela n’est pas si important : ils savent déjà ce que je m’apprête à dire. C’est aux citoyens que je m’adresse, car il faut qu’ils sachent eux-aussi : leurs jours sont comptés. Quoiqu’il arrive maintenant, nos hommes politiques sont coincés : d’un côté le peuple, de l’autre les financiers. Ils peuvent le constater comme nous, leur pouvoir est désormais réduit à presque rien, comme monsieur Juncker l’a signifié clairement il y a peu, et publiquement encore. Ils ne sont en réalité que les exécutants d’une idéologie à laquelle leur corruption chronique (comme le prouvent toutes ces « affaires », en passant du luxleaks au Brésil en passant par Guéant ou Cahuzac) les à contraint d’adhérer, l’objectif étant de gagner quelques sous, d’éviter la prison ou le déshonneur pour les moins bons, et pour les meilleurs de réussir à planquer discrètement dans des comptes offshore le petit pactole volé sur le travail du peuple ; c’est ce qui causera leur perte.

Mais pendant ce temps-là, la Troïka décide pour eux. Et pour nous aussi.

Il y a peu ils auraient encore pu faire quelque chose pour éviter cela, mais ils sont eux-mêmes pris dans un jeu malsain auquel ils ne peuvent plus échapper : pris dans une course infernale pour la conservation du pouvoir et l’immunité qu’il permet, ils préfèrent encore courir le risque du chaos que d’assumer leurs mensonges et leurs erreurs, et ils nous entraînent, même « malgré eux », dans une dictature qui fait le jeu de nos ennemis communs en leur préparant le terrain pour ce qui adviendra ensuite.

Car le mouvement est en marche. On peut parler de complot si l’on veut, mais cela est sans doute plus « logique » que volontaire ; peu importe à vrai dire.

Cela faisait longtemps que je me demandais ce qui sous-tendait les événements récents : les guerres, la crise, la corruption… La corruption des politiques par les financiers est le point central de cette situation, et les institutions sont le cadre qui autorisent la corruption. Seulement il me manquait la logique, l’objectif, le but de tout cela : il m’est apparu en regardant cet excellent reportage intitulé « puissante et incontrôlée : la Troïka ». On y apprend clairement que ce n’est pas par incompétence que les décisions sont prises mais bien volontairement, et que, en dehors de toute légalité (en plus du manque flagrant de légitimité), la Troïka a sciemment fait couler la Grèce pour « sauver » les banques françaises et allemandes, ainsi que quelques autres intérêts privés. La Troïka a délibérément refusé, au nom de règles qu’elle s’accorde le droit de ne pas suivre pour elle-même, d’empêcher les intérêts de quelques riches financiers de s’exprimer, et plongé la Grèce, le Portugal, Chypre, dans une telle situation que ces pays se sont vus contraints de vendre à bas coût leurs meilleures entreprises, leurs terres, leurs services publics, leurs banques, à des compagnies privées qui se sont engraissées sur le dos des peuples. Au mépris de toute légalité, mais aussi au mépris de la plus basique des solidarités. Le tout sans qu’on puisse se retourner pour demander des comptes à un organe international au-dessus des lois (et oui, contre qui porter plainte ?).

Avec le TAFTA, la Troïka, le lobbying, la corruption, on s’aperçoit qu’en définitive les plus grandes compagnies privées se hissent peu à peu à la hauteur de la puissance des Etats, et se trouvent aujourd’hui en capacité d’acheter des Etats pour, qui sait, y imposer leurs propres règles ? Aujourd’hui certaines compagnies discutent d’égal à égal avec les Etats, comme on l’a vu récemment entre Obama et Apple ou Google. La Troïka n’est elle-même qu’une émanation de ce que le lobbying des grandes firmes est capable d’obtenir : une sorte d’autorité supra-nationale non élue et non contrôlable par qui que ce soit. C’est que les Etats, mêmes libéraux, sont une contrainte pour ces compagnies. D’ailleurs elles ont bien senti bien que le retournement est en cours. Il leur faut plus de profit, plus de « compétitivité », et donc… moins d’Etat. Les multinationales sont en train de devenir les concurrents des Etats. Cela explique aussi pourquoi les guerres sont de plus en plus nombreuses : les Etats en faillite veulent récupérer de l’argent mais le monde financier ne veut pas en donner. Ils vont donc chercher l’argent et les ressources là où ils sont pour « nourrir la bête », en se battant par ennemis interposés pour le contrôle des ressources, avec les armes et les technologies des multinationales… ressources qui sont ensuite rachetées par les financiers. En laissant quelques miettes aux politiques.

Mais bientôt les véritables dirigeants que sont les grandes multinationales n’auront plus besoin des politiques. On dit que la Californie veut faire sécession, que Google veut créer des plateformes offshore dans les eaux internationales : pour ne pas payer d’impôts ni dépendre de quiconque. Pas de contrainte étatique. Pas de droit du travail ni de protection sociale. Pas de règles à respecter. Ce n’est pas pour rien qu’ils rachètent robots, technologies de surveillance et de contrôle, possèdent les médias et la fabrication des armes. Désormais Apple, comme Google, sont les juges du cryptage -ou non- de leurs produits, possèdent toutes les informations qui transitent « par eux », et peuvent même empêcher les Etats d’accéder à des informations de la plus haute importance pour la sécurité : quelle puissance incroyable laissée à des acteurs privés !

Une fois leurs pions mis en place et dans un cadre institutionnel « acceptable » (et surtout accepté), ils dirigeront les Etats comme des entreprises, comme des particuliers : celui qui est endetté devient un esclave. L’esclavage, c’est la « compétitivité » poussée à l’extrême. L’employé ultime, le top du travailleur, c’est le travailleur gratuit ! C’est bien cet objectif qui est visé. Pour lutter contre la Chine il faut utiliser les mêmes armes : le salaire. Et qui peut faire mieux que gratuit ??

Quand les conditions seront remplies, les politiques seront alors jetés dehors comme de vulgaires consommateurs. Les quelques monopoles qui dominent le monde pourront enfin supprimer l’Etat pour imposer la loi du marché ( enfin la loi de LEUR marché).

Ils devraient y réfléchir. La raison du plus fort est toujours la meilleure !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Les terroristes gagnent du terrain : causes et conséquences

Posté par calebirri le 16 janvier 2015

De quelque côté qu’on prenne le problème, une chose est évidente (y compris pour notre président !) : même si les victimes d’aujourd’hui sont nombreuses et innocentes, je crois que nous pouvons dire tous ensemble que les « prochaines victimes » (pas forcément que « physiquement ») seront à coup sur les musulmans dans leur ensemble … car comme je le disais dans mon précédent article in fine ce sont eux qui paieront les soupçons continus, le racisme, les amalgames, et jusqu’à la violence…

Maintenant que les assassins ont été mis « hors d’état de nuire » et que la marche du 11 janvier a été -quoi qu’on en pense par ailleurs- un véritable succès (pas de débordements, des témoignages d’ouverture sincères, un record d’affluence…), nous pouvons commencer à analyser plus « froidement » ce qui a pu pousser ces jeunes à l’impensable. Et à émettre des hypothèses quant aux causes de leurs parcours.

Car il y a quand même quelque chose de commun entre toutes les attaques qui ont lieu ces dernières années : tout d’abord les terroristes qui sévissent en Europe sont pour la plupart de récents convertis : qu’ils soient issus d’une famille « d’origine musulmane » (comme de nombreux Français sont issus d’une famille « d’origine catholique ») ou non , on s’aperçoit qu’ils sont souvent laissés « livrés à eux-mêmes » dans des cités en difficulté, (on s’est même aperçu qu’un des tueurs avait, en 2009, été « reçu » par Nicolas Sarkozy lors d’une conférence sur l’emploi), et commencent par la petite délinquance avant d’aller plus loin. Des gars apparemment pas encore radicalisés, mais à la recherche d’un emploi dans une zone défavorisée. Malheureusement comme en Afghanistan ou en Syrie, là où l’Etat ne fait pas son travail, comme avec la mafia en Italie ou dans les favelas du Brésil, des hommes sans scrupule « offrent une chance » (disent-ils) à ces jeunes de s’en sortir… Ensuite, c’est souvent en prison que ces jeunes rencontrent la radicalisation. Abandonnés dans un univers sans repère ils sont souvent fragiles et influençables, et se trouvent être la proie d’individus plus solides qui leur donnent l’impression qu’ils peuvent être quelqu’un, « un martyr », « un héros »… Ce que ces jeunes n’ont jamais entendu à leur sujet : on leur a toujours dit qu’ils ne valaient rien et qu’ils ne vaudraient jamais rien (il n’y a qu’à voir dans quelles conditions vivait un des terroristes durant son incarcération. Ces hommes, qui se sont toujours demandé pourquoi le monde entier leur en voulait, ont trouvé avec leur radicalisation une raison qui donne un sens à leur misérable existence sans avenir : le combat du bien contre le mal. En se radicalisant ils ont pu s’identifier aux victimes que leurs mentors leur désignaient comme tels, et haïr ceux qu’on leur a désigné comme coupables. Et comme ils ont cru les premiers, ils finissent par croire les seconds. Car il ne faut pas oublier une chose : l’âge de ces futurs monstres qui finissent par nier la vie -la leur et celle des autres. Ils sont tous pour la plupart assez jeunes, entre 25 et 35 ans il me semble. Cela signifie que ce sont tous des « enfants » du 11 septembre : en 2001 ils avaient entre 10 et 20 ans, et ont été nourris d’une part sur le net à la théorie du complot concernant ces attentats, et d’une autre part se sont assimilés (à travers leur radicalisation) en tant que victimes de la propagande et des amalgames dirigés contre les musulmans. De l’incompréhension ils ont basculé dans « le mysticisme » et la barbarie : ces esprits fragiles se sont laissés entrainer dans la violence par des « idéologues » très politiques dont l’objectif n’est sans doute ni le salut de ses disciples, ni le « retour en grâce » des musulmans auprès des « Occidentaux »…

Alors maintenant on voudrait nous faire croire que c’est l’Islam qui est pourri… Mais n’est-ce pas plutôt l’état dans lequel on a laissé notre jeunesse qui laisse à désirer ? Ces jeunes qui ne comprennent rien au conflit israélo-palestinien (et comment le pourraient-ils d’ailleurs tellement la situation est compliquée ?), qui regardent des séries violentes ou jouent à s’entretuer sans aucun recul sur la distinction nécessaire à faire entre réalité et virtualité ? Ils sont nés avec internet, avec le 11 septembre, avec la propagande islamophobe, avec la guerre, la violence et la misère partout ; ils en sont arrivés à croire qu’en tuant des gens en France ils allaient « défendre leurs frères musulmans persécutés dans le monde » ? Il ne faut pourtant quand même pas réfléchir beaucoup pour comprendre que le résultat en sera bien sûr inverse. De quel aveuglement ont-ils pu être victimes pour en venir à ces actes odieux en plus d’être stupides ? En Irak ou en Afghanistan, des enfants naissent et vivent dans des conditions infiniment plus terribles que celles de ces pourtant déjà bannis de la prospérité, et subissent la peur de mourir tous les jours en se rendant au marché, souffrent de la faim, de maladies, du manque d’électricité, de tout. Comment pourraient-ils être flattés que dans nos pays de riches, en démocratie , des jeunes délinquants en viennent à cracher dans une soupe à laquelle, eux, voudraient bien goûter ?

Il n’est d’égal à cette stupidité que celle de ceux qui dans un aveuglement comparable subissent la haine qui vient parfois après la peur, quand elle n’est pas canalisée. Ceux qui vont tirer sur des mosquées, ou réclamer la peine de mort, le renvoi des musulmans d’Europe. La haine d’un côté, la haine de l’autre. C’est tout bénéfice pour les pouvoirs en place, ici comme ailleurs : tant que les peuples se battent entre eux, ils ne pensent pas à regarder ceux qui piquent dans la caisse ou leurs vendent les armes avec lesquelles ils s’entretuent.

Mais les musulmans ne seront pas les seules victimes du terrorisme : imaginez donc qu’au nom de « la liberté » on va nous sortir -encore- une loi liberticide ! Un comble… On ne va pas se laisser faire par les terroristes car nous n’avons pas peur ? Mais celui qui se protège n’est-il pas celui qui a peur ? On nous parle de Patriot Act, de libertés non-indispensables, et nous allons devoir nous habituer à voir des hommes armés jusqu’aux dents devant nos écoles ou nos parcs ? Quand la démocratie se défend par les armes, quand la police peut vous faire enfermer sans aucune justification, quand l’Etat peut vous faire surveiller sans raison, vous juger sans avocat ou vous enfermer sans jugement, c’est que ce n’est déjà plus tout-à-fait une démocratie (même au sens où l’entendent la plupart des gens aujourd’hui). Et quand en plus on veut vous obliger à adhérer à la pensée dominante au risque que passer pour un « apologiste » du terrorisme, (plus de 54 procédures ouvertes contre des individus dont Dieudonné (il faudra un jour qu’on m’explique comment il peut à la fois soutenir les terroristes et se trouver proche du FN qui veut le retour de la peine de mort pour ces mêmes individus), ou refaire « l’école pour les parents » (comme le préconise Luc Ferry sur France-info), j’imagine pour expliquer à ces derniers ce qu’ils ont droit de penser…

Et maintenant, entend-on sur toutes les bouches, et maintenant ?

Et maintenant on pourrait croire que tout ira comme sur des roulettes : plus il y aura de policiers ou de militaires pour nous fouiller à l’entrée de chaque lieu public, moins il y aura de terroristes non ? Ou alors on peut se dire que le gouvernement, comme tous ceux qui profitent de ce drame pour continuer d’établir « l’état permanent d’exception »(on les a vu à la télé dimanche -sauf les Etats-Unis qui y sont déjà entrés depuis 2001), vont bientôt pouvoir lâcher les rênes d’une économie qu’ils retiennent en vie artificiellement depuis trop longtemps pour passer à l’étape suivante : l’autoritarisme « éclairé » par son combat mondial contre le terrorisme mondial. Et là nous pourrons tous enfin dire « les terroristes ont gagné », puisqu’aucun des objectifs de la lutte contre le terrorisme n’aura été atteint ; à moins que de considérer le monde entier comme rempli de terroristes potentiels

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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