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Le Blitzkrieg de Macron

Posté par calebirri le 12 mai 2018

« On n’établit pas une dictature pour sauver la révolution, on fait une révolution pour établir une dictature ».

Voilà une phrase qui devrait éclairer d’un jour nouveau la politique de « Blitzkrieg » mise en place par le gouvernement Macron.

Car il faut être honnête, et regarder les choses en face : soit Macron ne comprend pas qu’il est en train de favoriser à la fois la convergence des luttes et la montée de la colère dans la population toute entière -et il faudrait le remercier pour ça car il accélère ainsi la prise de conscience de milliers de citoyens qui n’avaient pas encore compris qu’ils ne faisaient pas partie de l’ascension cordée-, soit Macron est un homme intelligent qui a bien compris que pour continuer à gouverner les riches ne pourront pas faire l’économie d’une dictature fondée sur le contrôle total des masses. C’est pour eux le seul moyen de sauver le capitalisme (et leurs fesses avec) dans un monde qu’on ne sait plus comment diriger autrement tant les défis pour sauver notre planète sont incommensurables.

Ne pouvant pas se permettre de mettre en place une dictature à partir d’un illégitime coup d’Etat, ils tentent de créer une contestation suffisamment grande et violente pour justifier la mise en place d’une dictature -en réponse à cette violence qu’il aura créée.

En réalité ce qui se passe en France est dans la continuation de ce qui se passe partout dans le « monde occidental » : les riches ayant refusé le « retournement du capitalisme » au profit des pays émergents, ils doivent s’attaquer désormais à « l’ennemi intérieur » que représente l’extrême-gauche, en utilisant les outils de contrôle et de répression permis par les lois anti-terroristes antérieurement adoptées.

Le vrai ennemi des riches n’est pas le terroriste mais le pauvre ; surtout lorsqu’il est encore conscient que sa situation n’est pas une fatalité mais le résultat logique d’une volonté politique qui refuse d’adopter des alternatives pourtant vitales à l’Humanité, mais qui sont susceptibles de mettre fin à la domination des riches sur la planète.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : laisser penser aux peuples qu’il n’y a pas d’alternative, et que le pouvoir des riches est la condition de survie des pauvres ; et qu’il ne pourrait en être autrement.

Les riches ont compris le danger que représentent des gars comme Friot, comme Lordon et quelques autres, et veulent tuer dans l’oeuf l’idée même du salaire à la qualification personnelle en détruisant tout ce qui pourrait permettre de l’envisager. Ils veulent tuer jusqu’au concept d’une véritable alternative au capitalisme en faisant l’amalgame entre revenu de base et salaire à vie : une fois la sécu détruite, le statut des fonctionnaires ou des cheminots désagrégé, le CDI enterré et la retraite anéantie, les gens n’auront même plus de référence sur lesquelles s’appuyer pour ne serait-ce que penser une alternative.

L’objectif des riches est de remettre sous servitude toute la population qui se fait petit à petit rejeter du monde du travail, en attendant que les robots les rendent totalement obsolètes -ou « de trop » ?
Ils prometteront aux pauvres des pays riches l’esclavage des populations conquises des pays pauvres en échange de leurs libertés, qu’ils seront contraints de laisser derrière eux au profit d’une dépendance qui s’apparente à une mise sous tutelle globale de 90 pourcents de la population. Si vous êtes trop pauvre dans le monde qui vient, vous serez nourri et logé mais vous serez contrôlé dans vos moindres faits et gestes. vous n’aurez le droit de faire des enfants qu’à certaines conditions, et vous ne pourrez plus effectuer librement les arbitrages qui concernent votre vie privée (dépenses/loisirs/travail).

Il faut se rendre compte que Macron sera gagnant sur tous les plans : soit la contestation sera si forte qu’il sera « contraint » d’utiliser la force pour « rétablir le droit », soit la contestation sera faible et le gouvernement aura bouleversé le cadre institutionnel d’une telle manière que la peur de la répression suffira à faire taire la contestation pour longtemps. Après la saturation engendrée par l’ampleur des attaques de ce Blitzkrieg, les citoyens Français s’apercevront bientôt qu’ils ont abandonné ce qui faisait de la France un modèle pour tous les peuples oppressés du monde, en marche vers le néo-féodalisme que j’évoquais il y a peu. On aura beau jeu alors de dire qu’on avait rien vu venir ; il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le néo-féodalisme… en marche ?!

Posté par calebirri le 11 avril 2018

S’il y a bien une chose qu’il faut retenir de ces 15 ou 20 dernières années (les historiens prendront sûrement comme référence le 11/09), c’est que les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ne laisseront pas faire le retournement du capitalisme. Partout dans le monde les conflits qui font tant et tant de morts, tant de déplacés, tant de misère sont tous à un moment ou à un autre liés à l’action de ceux qu’on avait l’habitude de nommer les « pays développés ».

Aujourd’hui en Europe s’est développée une peur qui se transforme en haine de l’étranger. Pourtant, si on y regarde de plus près, tous ces étrangers qui viennent trouver refuge en Europe ne sont pas partis de nulle part : ils proviennent tous des pays dans lesquels nos « forces de paix » sont intervenues. Nous les faisons fuir de chez eux par nos actions extérieures et nous plaignons ensuite qu’ils veuillent se réfugier ici ?

Des groupes d’extrême-droite néo-nazis sont acceptés au Parlement européen, et partout ils font des scores qui entrainent les autres partis à se positionner à leur remorque. C’est que l’Europe se trouve confrontée à un choix décisif pour son avenir : soit elle s’effondre derrière les nationalismes de chaque Nation, soit elle devient une force fédérale dont la « civilisation » judeo-chrétienne sera le ciment, contre les étrangers en général, et contre les musulmans en particulier.

Les discours du ministre de l’intérieur Gérard Collomb sont scandaleux et inadmissibles. Alors que notre gouvernement se targue d’humanité, il prévoit sérieusement (après avoir sous-traité la retenue des migrants en Turquie dans des conditions inhumaines avec un dictateur islamiste) de créer des camps de concentration sur le sol Français, avec une retenue arbitraire d’êtres humains pendant plus de 3 mois ! C’est à se demander parfois si des animaux ne seraient pas mieux traités.

Sur le plan social, le gouvernement se prépare à lutter très fort contre les idées de la gauche en supprimant les unes après les autres toutes les aides qui faisaient de la France un modèle et un exemple pour tous les autres pays du monde. Supprimer la sécu, supprimer le chômage, augmenter l’âge de départ à la retraite, supprimer les fonctionnaires, privatiser le service public, effacer les droits des travailleurs, supprimer les CDI…

En gros, toutes les avancées sociales qui ont été -durement- gagnées durant le siècle dernier sont en train d’être remises en cause au nom d’un libéralisme qui n’est en réalité que le retour à une sorte de féodalisme moderne. Les serfs sont des auto-entrepreneurs complètement soumis aux grands patrons qui leur font la charité- chrétienne.

Tout ce que Bernard Friot défend et voudrait généraliser avec son « salaire à la qualification personnelle » et la propriété d’usage des moyens de production est en train de disparaître dans l’indifférence quasi générale. Il faudra des années pour tout reconstruire, car avec cette destruction sociale c’est jusqu’à l’idée de socialisme qu’on veut détruire. Pour le remplacer par une sorte d’empire capitaliste refermé sur ses frontières et dirigé par un tandem France/Allemagne autoritaire et chrétien.

Aujourd’hui la laïcité, qu’on défend lorsqu’il s’agit des musulmans, est écrasée par les propos d’un président qui commence sérieusement à ressembler à un monarque qui reçoit tantôt à Versailles et tantôt au Louvre, qui décide seul et pour tout le monde, avec une chambre d’enregistrement que l’on nomme Parlement. Manquerait plus qu’il guérisse des écrouelles.

La liberté de la presse est également mise à mal, que ce soit par la volonté de créer un ministère de la Vérité, par la propriété des médias concentrée entre les mains de quelques milliardaires ou l’interdiction des journalistes de filmer ou d’assister à certaines actions publiques. Ces milliardaires qui viennent pleurer pour qu’on baisse les salaires afin d’être compétitifs, qui ne pensent qu’à la rentabilité et au profit, et qui viennent acheter pour des millions des médias qui sont tous déficitaires. Structurellement déficitaires. A votre avis c’est par charité là-aussi ?

La surveillance des contestataires sous couvert de lutte contre le terrorisme, la protection du secret des affaires pour criminaliser les lanceurs d’alertes, la possibilité pour l’Etat de supprimer la liberté d’expression sans l’accord d’un juge, tout cela se généralise en Europe et préfigure le monde dans lequel nos descendants vont devoir vivre : une dictature oligarchique dont l’idéologie est une sorte de néo-féodalisme chrétien, qui je n’en doute pas voudra bientôt, au nom de la « civilisation », expliquer à coups de triques à ceux qui ne sont pas d’accord qu’ils ont tort de penser comme ils pensent. A moins que ce ne soit déjà le cas ?

Il n’y aura pas de résistance sans qu’un nombre suffisant de citoyens prennent conscience des mensonges proférés par nos gouvernants, ainsi que des dangers que cette politique représente pour 90 pourcents de la population. Passez-vous le message, renseignez-vous, lisez, écoutez, et regroupez-vous. Il faut que tout le monde sache que la dictature qui vient ne sera bénéfique que pour les 10% « d’en haut », ces fameux « premiers de cordée ». Pour tous les autres, ceux « qui ne sont rien », ce sera très dur…. Et il y a plus de chances que vous ne fassiez pas partiede ces 10% que le contraire !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Pourquoi il ne faut pas craindre les robots

Posté par calebirri le 14 février 2018

Un jour les robots nous remplaceront. C’est inéluctable. Pas en tant qu’humanité bien sûr,car ils n’auront jamais la « conscience ». Il ne faut pas fantasmer, faire semblant n’est pas être ; et c’est tant mieux, car eux seuls peut-être seront en capacité d’en finir avec le capitalisme.

L’économie capitaliste fait semblant de croire à l’existence de l’être rationnel pur, absolu, qui prend les décisions les plus optimales à la fois pour lui et pour les autres. Elle préconise à la fois la concurrence « libre et non faussée » et la transparence des échanges, l’optimisation des rapports entre les ressources et les besoins. Heureusement, cet être n’existe pas, et ne saurait exister, car alors il ne serait plus un Homme : il serait un robot.

En réalité, si on y réfélchit bien, on peut penser que le capitalisme géré par des robots (des algorithmes) le serait bien mieux que par des Hommes, car ils ne sont sujets ni aux passions ni aux oublis, ni à l’individualisme ni à l’appât du gain, ni à tout ce qui fait de nous des êtres faibles et corruptibles. Peut-être serait-il même beaucoup plus juste si les règles édictées en théorie étaient réellement respectées par ceux qui disent les appliquer…

Mais en fait si les robots, eux purement « rationnels », venaient à « diriger le monde », il ne fait aucun doute qu’ils en viendraient « naturellement » à la conclusion que le capitalisme est un mauvais système. Si on leur indiquait les objectifs à atteindre (de la nourriture pour tous, un toit pour tous, la paix, l’éducation, l’écologie, la santé…), ils se trouveraient rapidement contraints de remettre en cause soit le système qui ne fonctionne pas correctement, soit les Hommes eux-mêmes… La deuxième solution n’en étant pas vraiment une (à quoi servirait un système « parfait » si les Hommes qu’il est sensé servir ne sont plus là pour en profiter ?), les robots feraient vite leur choix !

Ils auraient vite fait de comprendre d’où vient l’argent, par où il passe et où il va. Ils auraient vite fait de calculer que si on veut sauver l’Humanité il faut développer des énergies propres et infinies, de voir que les contraintes de rentabilité entrent en contradiction avec l’écologie, et également avec la démocratie. Ils découvriraient très vite que la corruption et l’évasion fiscale sont des aberrations qui conduisent à l’injustice et à la misère, à la guerre parfois.

En fait, s’il y a des gens qui doivent craindre les robots, ce sont au contraire ceux qui les promeuvent pour d’autres raisons aujourd’hui. Ils croient pouvoir obtenir des esclaves performants et intelligents en remplacement des hommes mais ils ne se rendent pas compte que les robots sont beaucoup moins dociles et malléables que les Hommes !

Il sera beaucoup plus difficile d’expliquer aux robots qu’aux Hommes en quête d’argent ou de pouvoir que la pollution est certes un problème mais que le pétrole fait gagner beaucoup d’argent au patron de telle multinationale, qui est lui-même un ami de tel gouvernant, et qu’il ne faudrait pas qu’on remplace trop vite cette énergie par une autre gratuite ou illimitée…

C’est comme pour la suppression de l’argent liquide : beaucoup des dirigeants qui la souhaitent ne semblent pas se rendre compte que leurs armes, leurs pots-de-vin et leurs prostituées sont payés avec cet argent liquide.

Les robots mettront le capitalisme par terre car il le rendront obsolète : si on remplaçait par des robots toutes les personnes dont le travail est « remplaçable » par les robots, il ne resterait sans doute pas beaucoup de monde au travail. Les marges que les employeurs se font sur leurs employés ne tenant qu’au fait de leur exploitation, elles disparaîtraient au fur et à mesure que le pouvoir d’achat de ses employés diminue, en concurrence avec des robots toujours moins chers et toujours plus performants. Un robot peut aller plus vite, plus fort ou plus loin, travailler 24h/24h sans crainte pour sa santé, mais il ne permet pas de payer le chômage de ceux qu’il a remplacé. A un moment ou à un autre, si on extrapole l’arrivée des robots à des postes de chauffeurs, de comptables, de livreurs, de caissières,etc… les robots produiront des biens ou des services sans avoir besoin de salaires : sans salaire pas de cotisations, et partant pas de retraite, pas de chômage, pas de sécu… comment régler le problème ?

Nous nous retrouverons inévitablement confrontés à l’établissement d’un nouveau mode de production dans lequel il faudra choisir entre faire travailler des robots pour nourrir des individus désoeuvrés, payés par des entrepreneurs qui n’auront plus personne à qui vendre leurs produits puisqu’ils n’auront plus de salaire pour les acheter. Ou supprimer tous les Hommes considérés comme indésirables, selon les directives du dictateur qui possédera les robots tueurs les plus puissants.

Caleb Irri
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Si nous étions en 1984

Posté par calebirri le 24 juillet 2017

Si nous étions en 1984, des drones pourraient nous surveiller d’en haut, de maison en maison, de rue en rue, de quartier en quartier… Nous nous lèverions le matin pour aller travailler dans un ministère quelconque, sous l’oeil de BIG BROTHER dès le petit déjeuner. Notre smartphone, notre télé, notre caméra de sécurité. On nous surveille, on nous protège ?

Au boulot nous discuterions avec les collègues des terroristes et de la guerre, en espérant bien qu’un jour tout cela se termine. Mais nous ferions attention à ce que nous pourrions dire, on ne sait jamais…

Nous en serions sûrs, nous les gentils on finirait bien par gagner. D’ailleurs l’ennemi n’avait-il pas reculé ?

On rentrerait chez nous la peur au ventre quand nous croiserions une femme sous une burqa (serait-ce vraiment une femme ?), prêts à la dénoncer au moindre geste suspect.

On s’enfermerait chez soi pour apprendre à nos enfants ce qu’il faut faire et comment, ce qui est bien ou pas. En regardant le télécran – notre smartphone. Il nous dirait que nous sommes heureux, et que tout va aller mieux. Il suffirait de regarder comment dans le « monde libre » des gens avaient une vie merveilleuse, et comment ailleurs on vivait dans la barbarie. On regarderait des émissions dans lesquelles on peut cracher sa haine, seuls ou en groupe, pendant bien plus que deux minutes.

On cesserait de faire l’amour pour regarder des pornos en réalité virtuelle, et on mangerait la merde que des « grands chefs » nous vendraient pour pas cher. On tuerait l’imagination et la réflexion par le travail et les mille choses du quotidien, avec des célébrations commémoratives populaires auxquelles ne pas se rendre vous rendrait suspect : on saurait qui est Charlie et qui ne l’est pas.

Nous écouterions de la musique faite par des algorythmes, améliorées par des ordinateurs à l’oreille absolue, et nous lirions des articles rédigés par des machines. On transformerait l’Histoire au fur et à mesure qu’elle se déroule pour faire correspondre la réalité avec le fantasme de croissance perpétuel vendu quotidiennement par des médias impartiaux.

Le double-langage et la double-pensée seraient si aboutis qu’on finirait presque par croire qu’un licenciement massif est un plan de sauvegarde de l’emploi. Ou que la suppression des aides sociales est une motivation. Ou que le CDI de courte durée est à durée indéterminée. Ou que la guerre c’est la paix.

Notre président serait un grand frère attentionné et proche de son peuple. Il gouvernerait par ordonnances et contrôlerait tout. Ne supportant pas la critique et ayant une vue globale des événements incompatible avec l’aveuglement des masses, il instaurerait l’état d’urgence de manière permanente, lutterait contre l’indépendance des médias et ferait restreindre nos libertés au nom de notre sécurité, sans jamais nous l’apporter. Il jouerait sur nos peurs pour nous faire accepter son autoritarisme.

En matière de travail il nous libérerait des patrons, en nous permettant à tous de le devenir ; et seuls les membres du parti bénéficieraient de certains privilèges. Eux seuls mangeraient les produits sains, voyageraient sans contrainte et posséderaient des esclaves (enfin des collaborateurs). Il faudrait aimer ce grand frère comme s’il était la perfection.

Si nous étions en 1984 il n’y aurait qu’un seul parti, et notre gouvernement serait maintenu en place par le seul jeu des institutions. Le gouvernement formerait un jour une alliance avec un dirigeant autoritaire, et puis le lendemain avec son ennemi (autoritaire lui-aussi). Il fabriquerait l’Histoire a posteriori pour qu’elle corresponde aux victoires de la Nation. Nous aurions aussi notre Goldstein, les terroristes. Goldstein serait comme BIG BROTHER, immortel. Susceptible de frapper partout et à n’importe quel moment, et ce malgré un état d’alerte permanent, cet ennemi serait toujours sur le point d’être vaincu mais ne mourrait jamais.

On expliquerait à la population qu’il faut faire des efforts, et que leur misère est due aux ennemis qui veulent envahir nos chères contrées pacifiques. De victoire en victoire nous serions in fine perpétuellement en guerre, juste pour nous maintenir dans la peur de l’autre, juste pour nous maintenir sous le contrôle du gouvernement.

Notre temps serait si pris par l’activité que nous n’aurions plus le temps de penser. Ni même d’imaginer que nous pourrions ne pas être libres. Nous ferions ce qu’on nous dit et pour ceux qui ne voudraient pas se soumettre on les ferait disparaître soit des écrans, soit complètement. On leur pourrirait tellement la vie qu’ils regretteraient d’avoir osé défié le pouvoir.

Si nous étions en 1984 celui qui lit ces lignes penserait que je suis un affabulateur, un pessimiste ou un grincheux. Un complotiste ? Il se dirait que puisqu’il peut lire ces lignes il n’y a rien à craindre : nous sommes en démocratie. Personne ne pourrait croire un truc pareil !

Heureusement que nous sommes en 2017 !

Caleb Irri
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Coloniser les planètes pour sauver l’Univers

Posté par calebirri le 26 février 2017

Aujourd’hui on a cessé de croire à la mondialisation pour de mauvaises raisons : on croit qu’il n’y en a plus assez pour tout le monde, et que c’est parce que nous sommes trop nombreux. Alors qu’en réalité c’est le capitalisme qui crée la rareté des ressources disponibles. Nous avons longtemps cru que le marché allait permettre au monde de n’être qu’une seule et même entité dirigée par ses lois, mais aujourd’hui nous sommes prêts à nous battre jusqu’à la dernière goutte d’eau potable pour éviter au voisin, « l’étranger », de la boire à notre place. C’est le retour aux conflits pour les ressources.

Il n’y a que trois façons de régler le problème : celle actuelle qui consiste à ne rien changer, à faire comme on fait avec la crise économique : on planque tout ce qu’on peut sous le tapis sans rien changer vraiment, et on espère que çe n’est pas sur nous que tout va s’écrouler.

Il y a la décroissance, qui consiste à faire équitablement avec ce que l’on a, en espérant que cela suffise pour tenir assez longtemps sans catastrophe majeure, que les ressources reviennent…

Et puis il y a la colonisation d’autres planètes, sur lesquelles l’Humanité pourrait au choix survivre ou se développer. Cette option vous fait faire un bond dans votre esprit mais à moins que de s’asseoir sur l’avenir de l’Humanité c’est un futur qu’il faudra bien envisager un jour.

Les deux premières options sont déjà fort bien décrites et théorisées, mais la dernière nous plonge dans l’inconnu : les voyages interstellaires sont une option qu’actuellement il est véritablement très difficile de concevoir : on se retrouve face à l’Univers et son infini. Infini qui s’oppose à la finitude de notre planète.

Mais quoi qu’on en dise aujourd’hui et malgré les millions de planètes qui existent sans pouvoir nous recevoir il en est quelques milliers qui doivent bien pouvoir convenir : à quoi servirait un Univers infini si c’est pour y circonscrire la vie (ou sa possibilité) à la finitude de notre planète Terre ?

Et à partir du moment où l’Homme existe, que l’Univers existe et qu’il nous offre des perspectives infinies de développement (que ce soit en nombre ou en temps), alors il nous faut nous développer et croître, ne serait-ce que pour cette bonne raison : si l’Homme disparaît, alors l’instant d’après la mort du dernier l’Univers disparaîtra lui-aussi tout entier.

On peut toujours dire que l’Homme est une espèce destructrice et envahissante, mais c’est quand même la seule qui puisse témoigner non seulement de sa propre existence, mais aussi et surtout de l’existence de l’Univers tout entier. Si l’Humanité disparaissait, qui pourra dire qu’Il existe ?

De toutes les manières, que ce soit dans 100 ans ou dans 1000 ans, il faudra bien un jour partir, car notre Terre a, contrairement à l’Univers, des limites. Si toutefois nous n’avons pas tout foutu en l’air avant.

Mais cela ne signifie pas pour autant que la fin de l’espèce est pour demain, ni que la démographie soit un véritable problème : la Nature s’adapte à toutes les situations. Et qu’on le veuille ou non nous en faisons encore partie.

Quoiqu’il en soit, la théorie selon laquelle la démographie va nous asphyxier est totalement impossible : soit le taux de natalité chutera, soit la mortalité augmentera : il y aura les guerres, les famines, les nouvelles maladies, et les catastrophes naturelles.

Cela ne signifie pas non plus que la guerre est la seule solution -et heureusement !

Mais qui a lu Asimov ne peut plus voir les choses comme cela. Après les guerres et les famines la Vie reprendra ses droits. Même si justement nous ne sommes plus que quelques uns, nous repartirons. La Terre, comme l’Homme, a encore bien des ressources (chaque année nous produisons plus que nous ne pouvons consommer collectivement), et si nous parvenions à nous séparer des contraintes relatives au capitalisme, il ne fait aucun doute que l’écologie deviendrait rapidement compatible avec une production propre et sans déchet, accessible à tous.

Et puis il y a les 3 dimensions. Sous la mer, sur terre et dans les airs. Toutes les possibilités techniques d’aménagement et de production sont loin d’avoir été explorées.

Enfin il y a la technologie. Pour peu qu’elle ne soit pas dirigée à des fins mercantiles, on peut rêver un jour d’atteindre la Singularité.

Il ne faut d’ailleurs pas se tromper sur ce que cela signifie : à un moment donné des découvertes scientifiques, l’Homme atteindra une limite à partir de laquelle son intelligence ne sera plus à la hauteur des possibilités de l’Intelligence Artificielle.

Il lui faudra alors soit se modifier pour améliorer ses propres performances (c’est le transhumanisme), soit se résigner à laisser à l’IA des instructions (comme trouver le moyen d’effectuer des voyages interstellaires ?) qu’elle se chargera ensuite d’accomplir de la manière qui lui semblera la plus appropriée.

A ce moment l’IA pourrait très bien expliquer comment elle a résolu, par exemple, le problème de la matière noire ; mais il faudrait plus d’une vie de savant pour le comprendre.

Tout cela pour dire que si on laisse la chance aux Hommes de prendre leur destin en main, tout n’est peut-être pas perdu. Il se peut qu’en une génération, par une seule découverte, de nouvelles perspectives nous permettent de compenser les comportements totalement suicidaires de notre « collectif ».

Sinon, nous serons la génération qui aura permis à l’Humanité (et à l’Univers donc) de disparaître à jamais dans le néant.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le revenu universel non, mais le salaire à vie ?

Posté par calebirri le 10 février 2017

Il y a seulement quelques années j’aurais rêvé que soit discutée publiquement l’hypothèse du revenu de base. Et puis c’est arrivé… malheureusement ?

C’est que cette idée, qui a pu un temps apparaître comme autenthiquement « de gauche », a vite été dénoncée par tous ceux qui se sont quelque peu penchés sur le sujet ; à tel point qu’aujourd’hui on l’appelle revenu universel pour « gommer » le terme « de base » qui signifiait trop bien ce qu’il était : la roue de secours du capitalisme. J’utilise ici les termes de Bernard Friot car en définitive pendant qu’on parle du revenu universel, on ne parle pas du salaire à vie.

Désormais -et que l’on soit de droite ou de gauche- on veut ou on ne veut pas le revenu universel pour de mauvaises raisons : ceux qui le désirent croient pouvoir économiser sur le RSA et les diverses allocations, licencier un paquet de gars dans l’administration, et faire baisser les salaires après avoir expliqué que le salaire minimum est devenu obsolète avec le revenu de base : Le smic sera de fait abaissé au niveau du revenu de base.

Tandis que ceux qui le craignent croient que le fait de recevoir de l’argent tous les mois sans contrepartie va inciter les gens à ne rien faire, tout en faisant augmenter l’immigration.

Il y a cependant un point positif à tout ce débat, et non négligeable : il semble que soient de plus en plus nombreux ceux qui ont compris que notre civilisation se dirigeait inévitablement vers la fin du travail, et qu’il fallait réfléchir sérieusement à des alternatives pour continuer de faire fonctionner la société.

Le plus grand problème réside dans l’amalgame qui est fait entre le revenu universel et le salaire à vie. Car une fois qu’on aura abandonné ou accepté le revenu universel (pour de mauvaises raisons dans un sens comme dans l’autre), on oubliera le salaire à vie, de la même manière qu’on a oublié le communisme véritable alors qu’il n’a jamais été mis en place nulle part. Au lieu de prendre le temps de se coltiner avec une théorie complète mais plus difficile d’accès comme l’est celle proposée par Bernard Friot, on jette aux « révolutionnaires » pressés un erzatz de socialisme dont les plus grands bénéficiaires ne seront pas ceux que l’on croit. Ce manque de lucidité et de courage pousse les pisse-froid à se contenter d’une mesure qui, volontairement incomplète dans les propositions des réformateurs, sera contre productive.

Or il n’est pas possible de rejeter les thèses de Friot d’un revers de la main en disant « ce n’est pas possible » ou c’est « le retour des soviétiques ». Nous ne pouvons pas nous contenter de reculer le moment où nous y réfléchirons, car en attendant le monde poursuit sa course vers le chaos. On aura beau taxer les robots pour reculer l’échéance, les robots finiront bien par l’emporter. Soit on veut que les choses changent et il nous faut réfléchir, prévoir et anticiper ce changement, soit on décide de ne pas changer mais il faut alors se résigner à accepter nos politiques et leurs débats stériles avec des déplacements du curseur idéologique (avec d’un côté un peu plus de social et de l’autre un peu plus d’économique), en espérant que les choses ne tournent pas trop mal en attendant des lendemains qui chantent.

D’ailleurs, l’échec de toutes les révolutions ne provient-il pas du manque de préparation de celles-ci ? Lorsque la colère ou la faim pousse les hommes à se révolter contre un gouvernement en place, ce n’est pas parce qu’ils croient en un monde meilleur auquel ils auraient adhéré mais parce qu’ils ne peuvent pas en supporter de pire. Si les révolutionnaires savaient ce qu’ils veulent instaurer ils ne se laisseraient pas chaque fois voler leurs révolutions par tous les dictateurs en embuscade ; la loi du plus fort est toujours celle qui occupe le vide laissé par un système effondré.

C’est bien pour cette raison qu’il faut prendre le temps d’étudier les thèses de Friot. Je ne défends pas Friot contre les autres, et je ne suis pas l’adepte d’un gourou. Je ne sais pas si sa théorie est la meilleure ni si elle fonctionne, mais seulement que sa pensée est proprement révolutionnaire. Elle est juste tellement loin de ce qu’on a l’habitude de voir qu’il faut du temps et de la connaissance pour y accéder. Souvent on se dit qu’en attendant le salaire à vie on fera déjà pas trop mal avec le revenu de base. En passant à côté du salaire à vie.

Je voudrais qu’on ne se pose pas la question du lendemain mais celle du surlendemain ; après Trump et tous les autres tarés qui arrivent. Je voudrais que des gens compétents et honnêtes s’emparent du sujet pour nous dire comment ça se passerait dans un tel monde… C’est qu’il y a quelques points de sa démonstration qui restent à préciser, et pas des moindres : nous n’avons pas actuellement de réponse sur la manière dont se comporteraient les prix à l’intérieur du pays qui mettrait en place un tel système, ni comment les relations commerciales et financières seraient gérées suite à une telle transformation.

Il y a aussi la question épineuse des métiers pénibles et de l’oisiveté, ainsi que celle concernant la mise en place effective d’un tel système (à savoir quelles institutions pour faire la transition entre le mode de production capitaliste actuel et le nouveau système Friot). Et que faisons nous du patrimoine détenu par les étangers et même les nationaux, comment se clarifie la propriété et tout un tas de « détails » comme ceux-ci.

Que cela donnerait-il dans la mondialisation, au niveau de l’environnement, du travail de la recherche ou du logement, quelles seraient les conséquences économiques, diplomatiques d’une telle révolution ?

Que des spécialistes économistes, sociologues, philospohes ou d’autres réfléchissent à la manière de mettre en place les conditions du changement de système en cohérence non pas avec le stalinisme redouté par certains mais avec la démocratie dont rêvent la plupart d’entre nous.

Nous avons pour cela de nombreux outils qui mis ensemble pourraient servir à penser tous ensemble ce changement. Pendant qu’ils s’écharpent sur le revenu universel et autres fadaises, nous avons l’opportunité de réaliser les conditions nécessaires à une révolution imparable : le jour où nous saurons pour quoi nous nous battons, la révolution ne sera même plus nécessaire.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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