immigration2

Posté par calebirri le 22 avril 2008

Ils me font bien rire avec leur immigration et leur identité nationale !

 

La France est un pays d’immigrés depuis la création du monde. Les celtes, les gaulois, les francs, les romains, les italiens, les espagnols, les allemands, tous ont traversé la France et y ont laissé un peu de leur semence. Nous sommes des bâtards de bâtards de bâtards et parlons d’identité nationale ! il y a les bretons, les corses, les lorrains, les savoyards, les parisiens, les basques et d’autres encore, qui se méprisent tous les uns les autres, sans qu’ils ne voient la moindre contradiction avec une identité nationale…

 

Quand toutes les entreprises auront délocalisé leur production, nous ferons moins les malins pour trouver du travail ! qui sera alors l’immigré, quand nous frapperons à la porte du Maroc ou de la Roumanie pour un poste d’éboueur ? et qui sera l’éboueur chez nous ?

Il paraît que les étrangers ne veulent pas travailler mais toucher le RMI. Mais je croyais que le problème était qu’ils nous piquaient le travail justement ! Pourtant les français qui se plaignent qu’on leur pique leur job savent qu’il y a du travail dans les boucheries, le bâtiment et bien d’autres métiers pénibles. Ceux qui critiquent la culture intensive sont les mêmes que ceux qui ne veulent pas aller travailler dans les champs. Ceux qui critiquent les lenteurs du service public et réclament un service minimum sont ceux qui veulent supprimer de ces postes. Ceux qui veulent supprimer des postes dans la fonction publique sont les mêmes que ceux qui veulent un policier dans chaque classe, dans chaque tribunal, derrière chaque personne. Tout ça a-t-il un sens ?

 

D’autant que c’est en faisant venir les étrangers que les entreprises réussissent à faire baisser le coup de la main d’œuvre.

 

Les nombreux messages racistes sont proférés par des individus niant catégoriquement de l’être, et se feraient couper les deux mains pour prouver leur bonne fois. Je me demande si la loi contre le racisme ne fait pas finalement plus de mal que de bien, car du fait de ne pouvoir dire les mots « race », ou « arabe » sans être suspecté de racisme, le terme « étranger » ne contient aucune connotation répréhensible. Alors on dit, « décomplexé », « les étrangers n’aiment pas la France », « les étrangers sont violents », sans jamais attaquer personne directement- mais tout le monde à la fois.

Seuls les arabes et les noirs prononcent aujourd’hui le mot « arabe » ou « noir », car les blancs n’osent plus prononcer autre chose que « personne de couleur », toujours d’un air gêné, et en baissant les yeux. Ces mots, à force d’être évités (car personne en réalité ne sait quels termes sont condamnables), sont devenus tabous, voire dangereux.

 

A force d’amalgames (sans doute effrontément volontaires) sur les arabes, les musulmans, les islamiques, les islamistes et les terroristes, les français ont réussi à faire passer tout Mohammed pour un terroriste. Le Proche-Orient ? des terroristes ! le Moyen-Orient ? des terroristes ! des Arabes ? des terroristes ! que des arabes musulmans se battent contre des chrétiens ou contre des juifs leur importe peu : tous des terroristes.

 

le terrorisme et la violence en général sont toujours en relation avec la peur, sans que les gens ne se posent jamais la question de la cause et de l’effet. Quand j’entends une personne dire qu’elle ne comprend pas comment des hommes peuvent se faire exploser, je les approuve bien volontiers.

Un individu terrorisé par la vue des chiens est presque certain de se faire mordre dès qu’il tendra la main. Même si le chien est d’ordinaire doux et affectueux, il mordra. Beaucoup témoigneront que ce chien n’était pas agressif pourtant. Qu’a-t-il bien pu se passer ? c’est alors que quelqu’un soumettra l’idée suivante : « le chien a du sentir la peur d’Untel, c’est ça qui lui a fait peur ». comme les chiens nous réagissons aussi, et quand quelqu’un a peur de nous, ou ne nous aime pas, on lui rend généralement assez bien. Et de fait, une fois qu’il a été déterminé que des islamistes avaient fait des attentats au nom de l’Islam, tous les Musulmans, et par extension tous les arabes sont devenus dans l’imagerie populaire des terroristes potentiels. Nous avons pris peur, et nous avons mordu. Au travail il n’est pas rare de voir se faire appeler « l’islamiste », ou « le barbu », pour peu qu’on ait le teint mat et qu’on soit mal rasé. Tout ça pour rire, pour montrer que justement on n’est pas raciste puisqu’on en blague.

 

Après des années de racisme, de négationnisme colonial (et oui ce négationnisme là n’est pas condamné) , des français n’imaginent pas que les immigrés, que l’on accuse de tous les maux depuis toujours tout en disant les avoir généreusement accueilli, puissent ne pas nous aimer !

Je me demande comment quelqu’un à qui on dit tout le temps qu’il est méchant et violent peut ne pas le devenir. Et de fait un jour il est possible que, à la manière dont les terroristes se forment et s’organisent contre un même ennemi, ces immigrés que l’on provoque depuis trop longtemps ne se révoltent.

 

caleb irri

 

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le plan

Posté par calebirri le 22 avril 2008

Imposer la liberté est un non-sens auquel le Plan a donné vie. Théoriquement, la liberté est un concept absolu ne souffrant aucune restriction. Mais pratiquement, il est évident aujourd’hui que la liberté conceptuelle ne peut s’appliquer, et ce dès le moment où des hommes vivent en société ; ils font société dès qu’ils ne sont pas seul. Pour la définition, être libre c’est avoir le droit de faire ce que l’on veut. Tout ce que l’on veut. On imagine bien à quel point ceci est ridicule : l’anarchie est au bout du chemin.

 

Le Plan, qui a commencé en réalité dès les premiers âges, a bien compris l’irrationalité de ce concept, et a heureusement rétablit le bon sens en définissant ainsi la liberté : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Ce puissant adage est le fondement du libéralisme, car il pose les base d’une liberté limitée par des règles destinées à encadrer le bien commun. L’homme avait des droits, on lui précisa qu’il avait aussi des devoirs. La liberté n’était plus un cadeau, c’était un échange.

 

-Démocratie

 

« Démocratie » se définit étymologiquement par deux mots joints ensemble : demos le peuple et cratie pouvoir. Dès l’origine une ambiguïté sémantique nous confond sur le sens réel de ce mot : est-ce le pouvoir PAR le peuple ou POUR le peuple ? La plupart disent que la démocratie est le pouvoir exercé par le peuple et pour le peuple.

En réalité la démocratie n’existe pas. Et même si elle avait été créée, il est certain qu’elle se serait transformée en « autre chose », ce qu’avait déjà décrit Aristote dans « les politiques » : la démocratie est une constitution « déviée » qui conduit à une oligarchie. Il faut dire que Nous avons gardé le terme car ce qu’il sous-entend est bien utile à Notre cause.

 

D’une part le pouvoir exercé PAR le peuple ne saurait en aucun cas être bénéfique au peuple lui-même, car il n’est pas capable de savoir seul où se trouve son intérêt, à moyen comme à long terme.

D’autre part le pouvoir exercé POUR le peuple est une stupidité, car alors le pouvoir n’aurait plus aucune utilité.

 

Il est tout de même intéressant d’en conserver l’idée, car elle permet au peuple de croire qu’à travers le suffrage universel il détient encore le pouvoir. Le bon déroulement du Plan dépendait jusqu’à maintenant de cet effet psychologique, car il Lui permettait ainsi de confondre l’intérêt national et l’intérêt du peuple sans que personne n’y voit de contradiction.

 

-Les idéalistes sont obsolètes

 

Il est puéril de croire qu’un monde parfait soit une perspective pour les peuples : en réalité il n’est ni possible, ni même souhaitable. Le Plan croit au contraire à la stabilisation éternelle d’un monde imparfait, car l’être humain est lui-même imparfait.

Un monde parfait serait le pire des mondes, car il n’y aurait plus d’idéal à rêver, tandis que la croyance en un monde meilleur est bénéfique à l’homme… tant qu’il n’existe pas.

Un monde parfait serait un monde sans bien ni mal. Or le bien a besoin du mal pour exister. C’est ainsi que l’on avance, comme cela que l’homme est Homme. Le mal ne doit jamais disparaître pour que le bien continue d’être recherché.

 

Un monde parfait serait un monde sans riches ni pauvres, ou tous riches ou tous pauvres. Et ce monde ne peut exister ; autrement le pouvoir cesserait son activité, faute d’individus sur lesquels l’exercer. Les meilleurs ne sauraient être sélectionnés, il n’y aurait plus de meilleurs. Le monde parfait est une sorte de communisme immobile, ou tous seraient semblables à tous, comme des robots fabriqués en série par d’autres robots de série. L’Homme disparaîtrait dans sons essence même, ravalé à son niveau le plus animal.

 

Mais le Plan ne veut pas de la disparition de l’Homme, et ne veut pas d’un monde parfait. Ce que le Plan souhaite, c’est la perfection d’un monde imparfait, où les meilleurs commandent aux moins bons. Pour cela il faut des meilleurs, il faut des moins bons. Nous les éduquons, et les mettons en compétition. La survie de l’Homme est une lutte pour la vie. C’est ainsi qu’il en doit être.

 

-bien entendu tout cela doit s’effectuer en secret, car l’élément psychologique est essentiel à la cause du Plan, et pour le bien de la communauté dans son ensemble. Si tous savaient personne ne voudrait. Et pour laisser l’homme dans l’ignorance sans lui tuer l’espoir, il lui faut ne pas penser, pour ne pas voir. L’homme doit croire en un monde sinon parfait, du moins meilleur, sans se soucier de la réalité. Lui dire que « tout est mieux qu’avant incite à penser que demain sera moins pire qu’aujourd’hui. Il y a toujours un demain. Et au fur et à mesure que demain empire, il est de moins en moins difficile de croire que demain sera meilleur.

 

-La technologie et l’éducation permettent l’appauvrissement intellectuel et physique de l’homme, qui créent les conditions de sa dépendance envers le Plan.

Sans le Plan pour l’orienter, l’homme est perdu dans un monde trop compliqué, trop spécialisé pour lui. Le Plan l’aide en lui indiquant une tâche précise qui occupera tout son temps. Il n’aura pas le temps de trop réfléchir mais voudra quand même le faire, et considérera son vote comme un engagement suffisant, sans se rendre compte qu’il dépose ainsi sa vie en offrande aux pieds du Plan. Qu’il vote pour ou contre, il sert l’intérêt du Plan, car il vote- et se décharge ainsi de son seul engagement.

 

- Aristote a dit que la guerre n’était pas indispensable si la constitution était la même pour tous. Et il avait raison. C’est pour cela qu’il ne faut pas établir cette constitution idéale : la guerre est indispensable à l’être humain

Elle est indispensable et nécessaire pour de nombreuses raisons.

 

D’abord d’un point de vue malthusien, car la guerre permet d’éviter une surpopulation, générale qui ne manquerait pas de détruire le peu de ressources qu’il nous reste.

Ensuite économiquement, la guerre permet une émulation du facteur « travail » bonne pour l’ensemble des populations : de temps à autre elle rétablit la production, la croissance et l’emploi.

Enfin scientifiquement, car les avancées technologiques créées pour l’occasion engendrent des applications civiles bénéfiques à tous.

De plus, elle autorise un renforcement du pouvoir exerçable sur le peuple, et par la même un contrôle accru des consciences et des corps.

 

-Maintenir les consciences et les corps dans la dépendance, tel est le secret d’une bonne gouvernance, bien qu’il soit contraire aux principes de liberté et d’égalité. C’est pour ça que c’est un secret.

 

-Pour que la guerre soit inévitable, il faut qu’elle soit acceptable… comme inévitable. Pas par référendum, mais par la volonté réelle et inconsciente du peuple.

 

Et quand bien même il n’approuverait pas la guerre, sa contestation serait rendue obsolète, car le Plan s’est protégé de boucliers puissants appelés démocratie, liberté et libre expression. Que le peuple se croit libre est essentiel à sa satisfaction. Il n’ira pas chercher plus loin

 

Caleb irri

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les grands hommes

Posté par calebirri le 21 avril 2008

Un homme qui pense mourir jeune se met dans l’optique de profiter un maximum de la vie ; à l’article de la mort il dira, sur le ton fier du prophète incompris : « je vous l’avais bien dit pourtant, je le savais ! ». en réalité il sera mort d’avoir brûlé sa vie.

On a toujours tendance à croire que les hommes qui nous dirigent ont quelque chose de supérieur qui justifie leur position. Cela est faux : c’est leur position qui nous pousse à cette croyance stupide. Eux-mêmes sont souvent victimes de cette inversion, et ne voient pas qu’en réalité leur importance n’est due qu’à leur position.

De cette première erreur découlent malheureusement toutes les autres, car l’importance indûment conférée à nos hommes politiques nous pousse d’une part à nous dévaloriser face à la politique (il faut des professionnels), et d’une autre à leur accorder une confiance qui dépasse leur capacité (ils savent ce qu’ils font). Cette importance démesurée comme toute chose est à double tranchant, car en même temps qu’elle leur donne la supériorité elle ne leur autorise pas l’échec (puisque ce sont des surhommes).

en définitive notre président a presque raison lorsqu’il évoque sa situation banale d’être humain, car il est effectivement (comme les autres hommes politiques) un homme comme les autres : avec ses erreurs, ses souffrances et son passé. Malheureusement pour eux (les hommes politiques), et victimes qu’ils sont de leur supériorité indue, ils sont acculés à assumer leur charge et assurer le gouvernement.

De fait ils sont obligés de prendre des mesures qui améliorent le sort de leur peuple, toute en se trouvant dans l’ignorance absolue quant aux conséquences de ces mesures. Ils sont perdus face à un avenir qu’ils imaginent, et qu’on leur demande de savoir pour le réaliser. Pour ne pas décevoir le peuple (et donc rester en place) ils font semblant de le connaître, pour tenter ensuite de justifier leurs échecs par des faits extérieurs à leur volonté ; comme n’importe qui le premier jour de travail, on essaie d’avoir l’air au courant, histoire de passer la période d’essai…

C’est pour cela que la rapidité des réformes est une erreur grave. Afin d’être en mesure de réaliser son programme, le président fonce tête baissée à travers tous les obstacles. Il veut des résultats et en aura. Mais on connaît le vieil adage « ne pas confondre vitesse et précipitation » et à coup sûr nous sommes dans la précipitation. Que ce soit le rapport Attali ou n’importe quel autre projet, ce sont presque tous les corps de métiers qui descendent dans la rue les uns après les autres. Parfois le gouvernement s’aperçoit vite des conséquences désastreuses de telle ou telle réforme et revient vite en arrière. Mais la plupart du temps tout est fait tellement vite qu’on n’arrive pas à suivre. Je défie quiconque (et le président lui-même) de réussir à lire tous les textes de loi qui sortent. Alors comment voulez-vous que les principaux intéressés (les citoyens) aient d’une part le temps, et de l’autre la capacité de lire ces textes (qui ne sont que des « petits caractères »).

 

Il ne faut pas croire que tout cela soit sans conséquences. Car si l’avenir est incalculable, la volonté des dirigeants est une donnée non négligeable : la politique de libéralisation outrancière (et sécuritaire) voulue par le président aura des conséquences, et sans doute pas celles qu’il attend. Ou alors… Bref, le président fonce droit dans le mur. Comment espérer faire vivre mieux le peuple en l’obligeant tous les jours un peu plus ? pour le consommateur l’argent sort toujours plus vite qu’il ne rentre. Avec quoi va-t-il payer ses impôts ?

Le gouvernement voudrait diviser le peuple et pousser tous les uns contre les autres qu’il ne s’y prendrait pas autrement. De la même manière que les Etats-Unis combattant le terrorisme ont créé plus de terroristes, le gouvernement voulant combattre la pauvreté créera plus de pauvres.

 

caleb irri

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La peur, la mort et la foi

Posté par calebirri le 21 avril 2008

 

La peur engendre le mal

La peur de la mort entraine la mort

La foi vainc la peur

 

La philosophie conduit à la foi

 

Le but de la foi est d’ôter à l’homme ses peurs, qui engendrent les maux comme la mort. Un croyant convaincu n’a pas peur de la mort, et peut donc l’éviter. Le message divin est celui-ci : « celui qui croit aura la vie éternelle ». de fait un véritable croyant accueille la mort avec cette perspective, qui lui ôte la frayeur commune à tous les êtres humains : ainsi la mort n’est plus la fin mais le début.

 

Vu sous cet angle les paroles sacrées prennent tout leur sens, et seule la philosophie peut conduire à cette interprétation.

Car en réalité la foi n’est pas un sentiment inné inscrit dans nos gênes mais l’aboutissement d’un long processus psychologique conduisant pour ainsi dire naturellement à cette prescience.

 

J’ai toujours cru jusqu’à il y a peu que le retour à la foi des personnes en fin de vie était une sorte d’hypocrisie due à leur frayeur grandissante face à une mort certaine. En réalité il doit en exister beaucoup de cette engeance, mais pas seulement. D’autres doivent être conduits à la foi par le processus ci-dessus mentionné, que seul le temps permet d’accomplir.

 

Le temps est peut-être la donnée fondamentale qui différencie l’homme de l’animal, car la conscience de son existence n’est réservée qu’à notre espèce.

 

caleb irri

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L’UMP finira-t-il à gauche ou à l’extrême droite ?

Posté par calebirri le 20 avril 2008

La question peut se poser, car l’époque est aux extrêmes.

Si on devait refaire les cartes, c’est la classe politique toute entière qui se trouverait chamboulée.

A gauche d’abord, on peut constater un regain d’activité à travers la LCR, qui a remplacé le PC dans les débats télévisés. Et avec ce groupe l’anarchique armada composée de tous les « antis ». il y a l’antimondialisation, l’anti-OGM, l’anti-croissance, l’anti-nucléaire…

Il faut y ajouter les syndicalistes, qui sont à la veille d’un grand chisme entre les vieux à la dérive droitière et les jeunes révoltés.

Tous ces corpuscules se radicalisent sans toutefois se rassembler, encore que de nombreuses participations évènementielles se fassent en commun. Ils y viendront sans doute.

 

A gauche, le PS n’est plus que l’ombre de lui-même.

La politique d’ouverture de Sarkozy a mis à mal la fragile hypocrisie qui masquait la réalité : le socialisme est clairement capitaliste. Du coup il y à ceux qui assument le fait de se trouver à droite, ceux qui se radicalisent à gauche et qui rejoindront le premier groupe, et ceux qui sont décidés à continuer la mascarade. Ces derniers, à mon avis, ne feront pas long feu.

 

A droite maintenant, on sent ces derniers temps quelques tensions. D’une part l’ouverture a laissé moins de place à certaines espérances carriéristes, et ensuite la politique du gouvernement se radicalise à droite. De même que pour la gauche il va falloir choisir son camp, car le masque tombera bientôt. Ceux qui se désolidarisent seront punis, peut-être pourront-ils rejoindre un Modem ou un PS (je pencherai plutôt pour le premier). Les autres seront embarqués dans un processus politique toujours plus à droite, qui sera obligé de rattraper ainsi les erreurs qui se succéderont rapidement.

 

Pour le Modem, tout dépendra de son orientation. Il a sa chance quand on y pense, car il pourra rassembler, après l’heure du choix, tous les frisquets de droite et de gauche, et tout ça sans offenser les deux ennemis d’hier. Bayrou aura alors eu à ce moment raison de ne pas s’engager durant la présidentielle.

 

Et pour le choix, chacun y verra midi à quatorze heures.

 

caleb irri

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le bilan à six mois

Posté par calebirri le 20 avril 2008

Cela fait déjà six mois que notre président se bat sur tous les fronts. Chaque jour un nouveau fait d’armes, comme s’il voulait assommer l’ennemi (la pauvreté) à coups de béliers répétés et massifs. Les réformes pleuvent comme des balles et c’est avec peine que les médias suivent le rythme. Pas le temps d’expliquer, pas le temps de discuter ; le lendemain il y a toujours une autre bataille, une autre réforme. Du coup on ne s’attarde pas, car tous les chantiers sont menés tambour battant. L’ennemi (les pauvres) n’a pas le temps de se rassembler, il est attaqué de toutes parts.

 

Nous pourrions demander grâce, ou bien un peu de répit, mais pas le temps. La guerre du président doit se jouer vite, avant que l’ennemi puisse reprendre ses esprits. Cinq ans c’est trop long, la résistance pourrait se former. Tandis que là les attaques portent vite et fort, et dans très peu de temps toutes ces batailles seront inscrites de manière irréversible dans les livres d’histoire : l’ennemi (le peuple) aura capitulé.

 

Très habile ce président. Les lois (ou « réformes ») imposées aujourd’hui seront gravées dans le marbre dès demain, et il sera alors trop tard pour se révolter. Derrière la volonté affichée de régler les problèmes au plus vite les régressions se succèdent trop vite et en trop grand nombre pour pouvoir être étudiées sérieusement. On arrive de fait à cette situation dangereuse de confondre vitesse et précipitation. Comme pour la réforme des régimes spéciaux de retraites, où peu à peu on s’est rendus compte (ces régimes spéciaux sont encore syndiqués) que cette mesure allait en réalité faire travailler plus pour gagner moins. Cette grève, qui a touché de plein fouet les citoyens, a duré suffisamment longtemps pour intéresser les médias, qui ont fini par se pencher sur le problème.

 

Les avocats ne font pas assez de bruit, les étudiants non plus. La sécu, les internes et l’énergie encore moins. Les mesures se succèdent à intervalles suffisants pour que l’effet suivant les annonces s’amenuise puis s’abîme dans la réaction à la mesure suivante.

 

Car c’est à y perdre la raison : c’est tout le programme du candidat Sarkozy qui a été réalisé en six mois. Régime spéciaux, immigration, chômage, franchise médicale, internes, étudiants, service public, pouvoir d’achat, environnement, impôts, justice, Europe, tout y est passé. Avec en ce moment du commerce et de la diplomatie, accessoirement du service minimum dans les écoles et de la rémunération de dénonciation.

 

En six mois le bilan est très lourd, et c’est brièvement que je vais le retracer :

 

 

-régimes spéciaux : grève dans les transports durant neuf jours et pour l’instant pas de solution. Seuls l’armée et les sénateurs gardent tout.

 

-immigration : quotas (ou « objectifs quantitatifs »), regroupement familial plus difficile, rétention plus longue, quelques suicides.

 

-chômage : baisse des chiffres et augmentation des radiations, anpe-unédic-assédics en grève. Traque des abus et surveillance accrue. RMI supprimé en cas de refus d’offre d’emploi.

 

-franchise médicale : taxe sur les pauvres et les malades.

 

-sécurité : gendarmerie et police ensemble en grève, plus de violence, moins de liberté, plus de caméras, plus de surveillance. Rémunération de la délation. Violences urbaines toujours présentes.

 

- sécurité sociale : baisse des remboursements, vers une sécurité sociale privée.

 

-sécurité routière : augmentation massive des amendes, des retraits de permis et baisse insensible de la mortalité sur les routes.

 

-emploi : baisse d’effectifs des fonctionnaires et des dépenses publiques. Ventes d’armes, d’avions et de nucléaire, entreprises qui délocalisent. Baisse des charges sociales.

 

-pouvoir d’achat : en baisse, augmentation des prix, prévision de croissance en baisse, inflation, crise financière. Salaire présidentiel presque triplé. Suppression discrète des 35heures, heures supplémentaires et travail le dimanche.

 

-diplomatie : alignement sur les Etats-Unis, contrats avec la Chine, l’Algérie et la Libye, contacts avec les Farqs. Vente d’armes. Abandon des français de l’arche de zoé, coupables ou non

 

-éducation : service minimum envisagé, baisse des effectifs, privatisation des universités, retour à l’autorité.

 

-environnement : grenelle inutile, OGM toujours pas interdits, taxes supplémentaires créées.

-impôts : baisse pour les riches (paquet fiscal), droits de successions baissées, redevance pour les pauvres aussi.

-justice : nouvelle carte judiciaire provoque des grèves de la faim, des affrontements avec la police. Les avocats seront obligés de dénoncer les soupçons de blanchiment d’argent.

 

-Europe : traité simplifié signé en cachette et sans aucune explication.

 

-vie personnelle du président : affaire du patrimoine étouffée, censure, salaire, divorce, Clearstream, nomination de proches à des postes clefs dans l’industrie et les médias, copinages douteux et assumés avec de grands patrons… un modèle de transparence.

 

-réforme du code du travail : ultra libéralisation de l’Etat

 

Tout ceci est très succinct et malheureusement pas exhaustif j’en conviens, mais cette petite énumération a au moins le mérite de prouver une chose : le candidat Nicolas Sarkozy n’a pas respecté toutes ses promesses de campagne, et malheureusement pourrait bien en réaliser quelques unes.

 

Très rapidement là aussi je voudrais vous montrer, à la lumière du programme officiel de l’ancien candidat, comme la différence entre les mots et les actes peut être édifiante. Tous les articles sont construits de la même manière : d’abord un vague bilan critique des prédécesseurs, puis de belles promesses. Ensuite les mesures proposées, qui en apparence semblent correspondre à ces promesses. Mais qui en réalité vont provoquer le contraire de ce qu’elles annonçaient.

Ce programme est découpé en quinze points, que je ne pourrais évidemment pas détailler, mais je crois utile d’en souligner quelques phrases.

 

Article 1

-« je vous associerai au choix des réformes » et « je m’appuierai fortement sur le dialogue social » : comme le prouvent les nombreuses grèves et le tout récent désaccord au sujet du divorce à l’amiable, la concertation tant vantée n’est visiblement pas au rendez-vous.

 

-« vous ne supportez plus la concentration des pouvoirs entre les mains d’une petite élite » et « je renforcerai les pouvoirs de celui-ci [le parlement], notamment de l’opposition » : est-ce là le super-président omnipotent qui a conduit l’amusante ouverture ?

 

-« je crois résolument dans le service public » et « en échange des efforts que je leur demanderai, nos fonctionnaires seront plus considérés, mieux payés et leurs carrières plus valorisantes »: c’est pour cela qu’il supprime des postes.

 

Article 2

-« je rendrai compte régulièrement de mon action devant les Français et devant le parlement » : l’opposition est divisée et affaiblie par l’ouverture, les comptes-rendus sont les chiffres du chômage réduits par des statistiques trompeuses et des radiations massives, et la baisse des prévisions de croissance qui sont passées de presque 3 à presque 2 en tout juste six mois.

 

Article 3

-« je veux d’abord vous convaincre que partager le travail n’a jamais été une solution contre le chômage » : apparemment travailler 60 heures par semaine réglerait ce problème en même temps qu’elle trancherait la question du « travailler pour vivre ou vivre pour travailler ».

 

Article 3-4

-« grâce à ces mesures, en cinq ans, nous pouvons atteindre le plein emploi, c’est-à-dire un chômage inférieur à 5 pourcents et un emploi stable et à temps complet pour tous » : l’article numéro 4 le permettrait sans doute en recourant aux travaux forcés. « Je ferai en sorte que les revenus du travail soient supérieurs aux aides sociales et que les titulaires d’un minimum social aient une activité d’intérêt général, afin d’inciter chacun à prendre un emploi plutôt qu’à vivre de l’assistanat »

Beaucoup de choses dans cette phrase effrayante. Pour que les revenus du travail soient supérieurs aux aides sociales il suffit de baisser ces aides. Mais que les titulaires d’un minimum social aient une activité d’intérêt général sonne comme une condamnation : il est déjà étonnant que le travail d’intérêt général soit une sanction juridique, mais que les titulaires d’un RMI soient considérés en général et à priori comme des criminels est une nouveauté. La fin de la phrase (« afin d’inciter chacun … ») sous-entend clairement que ces « titulaires » n’ont pas la volonté de travailler, et qu’ensuite ils profitent de ces aides sociales (qui deviennent « assistanat »). Cela signifie que le choix du travail ne doit pas se faire librement, et qu’il faudra accepter n’importe quel emploi, pour sortir à tout prix du système de protection sociale.

Avec la future privatisation de la sécurité sociale et des retraites, la réforme du code du travail, l’abolition des 35heures, la fin des régimes spéciaux et le travail le dimanche, l’Etat se désengage ainsi totalement du travail. Seuls les chiffres comptent, et la devise de la France est enfin assumée comme obsolète. Désormais celle du président fera l’affaire : autorité, respect et mérite.

 

Article 5

-« je n’augmenterai pas les impôts, mais au contraire je ferai tout pour les baisser » : les taxes nouvelles sur les voitures, l’augmentation des contraventions, la redevance élargie, la franchise médicale, le déremboursement de certains médicaments, tout cela n’est pas de l’impôt. Le paquet fiscal a effectivement été une baisse d’impôts, mais il faut voir pour qui.

 

Article 6

-« [l’Europe] doit agir dans le monde pour que les valeurs de la civilisation ne cèdent pas sous la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers » : les valeurs de cette prétendue civilisation sont les intérêts commerciaux et financiers. L’Europe a été créée dans ce but. Avec la suite de cet article 6 du programme, « […] le droit pour l’Europe, lorsque c’est son intérêt, notamment à l’OMC, de préférer et donc de protéger ses produits, ses entreprises, ses marchés », on retombe dans cette contradiction : les intérêts économiques se confondent avec les valeurs de l’Europe.

 

Article 8

-« je veux que le droit au logement soit opposable devant les tribunaux » : on était au courant, mais où en sommes-nous aujourd’hui ?

 

Article 9

-« je suis pour que les élèves se lèvent quand les professeurs entrent dans les classes » : c’est à se demander en quoi consiste le respect. Il se mérite mais ne s’impose jamais ; sinon on confond avec la crainte.

 

-« [je] créerai un service civique obligatoire de six mois » : y apprendrons-nous à nous servir d’une arme ou à glorifier le chef du pays ?

 

Article 10

- au sujet des professeurs, « je souhaite que leur autorité et leur liberté pédagogique soient respectées » : la lettre à Guy Moquet est le symbole de cette liberté pédagogique, bafouée au nom du sacrifice des enfants pour la patrie.

 

Article 11

-« chaque bachelier aura une place à l’université, mais le nombre d’étudiants dans les différentes filières dépendra du marché du travail » : là aussi l’élève aura le choix de rentrer à l’université, mais n’aura pas celui de choisir le diplôme. « Un service public de l’orientation permettra aux élèves de choisir la voie qui leur correspond le mieux ». Toujours le choix dans un premier temps, réduit aussitôt par une condition restrictive : l’élève aura le choix si cela correspond à des critères restant à définir.

 

Article 12

-face au problème des banlieues, « il faut ensuite maîtriser l’immigration » : le lien est clairement établi.

 

Article 13

-« La laïcité, l’égalité entre la femme et l’homme, la liberté de conscience sont des principes avec lesquels je ne transigerai jamais » : comme si les deux premiers principes étaient dangereusement attaqués ! Pour le troisième principe en revanche…

 

-« enfin, j’ai proposé la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, car l’intégration passe par le partage de notre culture autant que par son enrichissement » : en réalité c’est notre culture qui est le fruit de l’intégration, depuis les premiers nomades celtes jusqu’aux africains, en passant par les romains et les allemands.

 

Article 14

-« je veux que nous préservions l’excellence de notre système de santé, qui est l’un des meilleurs au monde » : c’est pour cette raison qu’il est un gouffre financier. Le social n’a jamais été rentable, et on ne peut que choisir entre l’un et l’autre.

 

-« j’améliorerai les conditions de travail des professionnels de santé, […], et libérerai l’hôpital de la contrainte des 35heures » : comme si les conditions de travail étaient meilleures à 40 heures qu’à 35.

 

Article 15

-« je maintiendrai notre effort de défense au moins à son niveau actuel » : cela signifie que les dépenses vont augmenter. Il y a toujours de l’argent pour la guerre.

 

-« je ne transigerai pas avec les valeurs de notre pays, son indépendance et ses alliances » : tout ça en même temps, sans imaginer qu’il puisse y avoir contradiction entre « alliances » et « indépendance ». Et puis « je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d’aider les gouvernements corrompus ». Et enfin « je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques » : l’actualité est pleine d’exemples frappants de cette force morale…

 

caleb irri

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