Ces salauds qui nous gouvernent

Posté par calebirri le 18 août 2015

Avant de commencer cette petite réflexion sur ces salauds qui nous gouvernent, je dois avouer que mon optimisme sur la nature humaine prend des coups répétés et profonds ; mais je refuse encore de céder face à cette adversité qui voudrait nous faire croire le contraire.

Il faut donc qu’il y ait quelque chose de « cassé » chez ces gens pour qu’ils puissent faire preuve de tant de cynisme, de tant de méchanceté, de tant de cruauté…

La question que je me pose en fait c’est comment ces hommes, qui sont pour moi des êtres comme les autres, doués de sentiments, de rêves, de déceptions et d’amour, ont pu ainsi basculer dans un univers mental qui puisse justifier d’envoyer des hommes se battre dans tel ou tel endroit de la planète, pour telle ou telle raison. De persister avec autant d’aplomb dans leurs mensonges, leurs « petits arrangements », leurs lourds secrets… Je voudrais savoir ce qui s’est passé dans leur enfance, ou dans leur vie, pour qu’un jour ils soient capables d’imaginer qu’en appauvrissant les peuples, qu’en les méprisant, qu’en les effrayant, ils puissent faire « quelque chose de bien » pour le futur des sociétés humaines…

Croient-ils réellement que leurs actions seront suivies de bienfaits pour le plus grand nombre ? Ont-ils à ce point perdu le sens des responsabilités, de la réalité, pour ne penser qu’à leur propre pomme et uniquement aux élections suivantes ? Ou ont-ils tout simplement adhéré à une idéologie qui considère la vie des hommes comme peu de choses, qu’il est indifférent que des enfants meurent de faim dans tel ou tel pays si la bourse continue de monter ? Considèrent-ils que « foutus pour foutus », il vaut mieux se servir avant que tout ne s’effondre ?

Tout cela est tellement absurde que je n’arrive pas à comprendre. Nos hommes politiques ne sont pas des idiots, et ils connaissent la situation bien mieux que nous-mêmes : ils ont accès à des informations de première main, ils ne sont pas censés prévoir la veille pour le lendemain : quand on voit avec quelle avance sont préparés les JO ou les « gros chantiers », on peut imaginer que le reste suit, non ?

Alors voilà : je veux bien comprendre que tous ceux-ci soient « pris dans un engrenage », ou tout ce qu’on voudra, mais ils le savaient avant. Je ne peux pas non plus accepter la théorie selon laquelle l’intérêt général est satisfait si l’on sacrifie dix hommes pour en sauver cent ; à ce compte la morale est respectée jusqu’au sacrifice de 49 !

Et puis je suis tombé l’autre soir sur une émission, « les routes de l’impossible », en Guinée Conakri : la misère y est intolérable. Pas d’électricité ou presque, pas de médecine ou presque, pas d’éducation ou presque. Un pays verdoyant au sous-sol gorgé de richesses, mais où des enfants de 5 ans passent 12 heures par jour à poncer du bois. Où des femmes perdent leur bébé à l’accouchement faute de moyens de communications, d’ambulances, d’outils adaptés. Où des enfants de deux ans et demi pèsent à peine plus de 6 kilos. Plus d’un enfant sur dix meurt avant 5 ans, disait la voix off. Une espérance de vie à 50 ans.

A cela il y a de nombreuses raisons, et toutes ne sont pas aisément contournables ; mais il en est une qui nous ramène directement à notre sujet (ainsi qu’à celui de l’émission) : les infrastructures. L’absence de route (la vétusté est un terme qui signifierait qu’il reste quelque chose) empêche tout développement économique, tout commerce, tout progrès. Les bandits profitent du chaos, il faut des heures pour faire 50 kilomètres, risquer sa vie pour aller quelque part, exploiter ou « louer » des enfants pour faire vivre sa famille… Les vaccins arrivent périmés dans les pharmacies, les ambulances aux couleurs de l’UNICEF d’il y a 15 ans arrivent toujours en retard, si elles arrivent…

Pendant ce temps là nos dirigeants pavoisent sur leurs projets et leurs réalisations, incapables de donner les quelques millions que demanderait la construction de routes dignes de ce nom. Je ne suis pas un connaisseur de l’Afrique et des liens qu’un pays comme la Guinée Conakri entretient avec la France, mais je crois savoir qu’ils existent encore tout de même un peu… Comment peut-on être à la tête d’un Etat comme la France et ne pas agir avant toute autre chose pour tenter de régler ce gravissime problème ?

Non, sans doute cet autre petit reportage que j’ai regardé le lendemain fera bien plus parler de lui : des millions de poussins broyés ou étouffés car non rentables pour l’industrie. Des parlementaires et des associations se sont emparés de ce scandale (je ne nie absolument pas la monstruosité de ces pratiques : la vidéo qui est liée à l’article ne précise pas pour rien que certaines images peuvent choquer), et on peut être à peu près certains que les choses vont bientôt (et fort heureusement) changer dans les « poussinnières » françaises.

Mais où sont donc les parlementaires qui s’insurgent contre les ignobles conditions faites aux petits Guinéens ? où sont les associations qui s’insurgent contre l’inaction du gouvernement en la matière, et surtout avec quel résultat ?
Faut-il y voir la conséquence de la théorie du « mort-kilomètre » (plus les morts sont éloignés de nous, moins nous sommes touchés par elles) ou le fait que nos élus, même s’ils compatissent au sort des Africains, calculent qu’il est plus judicieux pour leur carrière de défendre des poussins que des noirs ? Où bien en sont-ils arrivés à croire que les noirs sont pauvres parce qu’ils le veulent bien, tandis que les poussins n’ont rien demandé ? Mais si ce qui est écrit ici est vrai, nous avons peut-être alors un début de réponse : nous ne sommes riches que parce qu’ils sont pauvres. Et nous ne faisons rien pour que cela change.

Cela me dégoute profondément. Comment pourrais-je voter encore ? Il faudrait mettre ces salauds qui nous gouvernent en prison, les nôtres et ceux des autres pays, au lieu de voter pour eux.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Adresse au lecteur : UNE NOUVELLE PAR CHAPITRE

Posté par calebirri le 7 août 2015

Bonjour lecteur,

j’ai écris une petite nouvelle il y a quelque temps. Elle n’est sans doute pas parfaite, mais j’espère qu’elle vous distraira tout de même, si vous la prenez pour ce qu’elle est : une simple manière de rendre moins désagréable la réflexion sur « le monde qui vient ». C’est une nouvelle « d’anticipation » comme on dit, et je me propose de vous en offrir un chapitre par semaine. Elle fait 12 chapitres, assez courts, sachant qu’entière la nouvelle se lit en une demi-heure environ. Elle s’intitule « La liberté contre la paix ».

Si vous le désirez vous pouvez y apporter des commentaires, des critiques, des questions, enfin ce que vous voulez. Si cela vous plaît, je tenterai peut-être ensuite une méthode un peu différente, à savoir la rédaction « en direct » d’une autre nouvelle dont j’ai commencé la rédaction mais que je continuerai à écrire semaine après semaine, chapitre après chapitre.

Cela ne m’empêchera pas de continuer à écrire des articles « normaux », on verra bien ce que cela donne.

Je vous souhaite une bonne lecture !

Tous les chapitres seront visibles du premier au dernier dans la catégorie « Nouvelle : LA LIBERTE CONTRE LA PAIX« , pour ceux qui ne me suivent pas régulièrement !

Caleb Irri

PS : pour des raisons techniques dont j’ignore la cause il m’est impossible à la fois de caler « en une » le nouveau chapitre et de le mettre en même temps « à la suite » dans la catégorie « Nouvelle : LA LIBERTE CONTRE LA PAIX », je me suis décidé à laisser chaque « nouveau chapitre » en une un ou deux jours avant de « l’antidater » pour qu’ils apparaissent les uns à la suite des autres dans la catégorie dédiée… Si vous avez une solution n’hésitez pas !

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Derrière la Grèce, l’empire.

Posté par calebirri le 5 août 2015

En tapant le mot « Grèce » dans la barre de recherche de mon blog, je suis retombé sur le premier billet que j’ai rédigé sur la Grèce : « La Grèce… et après ?« . Je dois dire que je fus quelque peu surpris d’y trouver, à peu de choses près, la situation d’aujourd’hui, et surtout la confirmation des deux alternatives proposées alors : la guerre ou la fin du capitalisme (en tout cas sous sa forme actuelle).

En 5 ans à peine la situation mondiale s’est considérablement dégradée, jusqu’à nous permettre de constater à quel point ces deux alternatives sont toujours aujourd’hui les deux seules valables. Il y a la Chine d’un côté, et les Etats-Unis de l’autre. En réalité cette situation correspond au refus de « l’occident » d’accepter et de laisser faire le « retournement du capitalisme »

Mais les positions se sont renforcées depuis 2010 : d’abord nous avons vécu des moments critiques avec « l’affaire ukrainienne » qui nous a rapproché de la guerre, pour ensuite risquer le chaos économique avec la Grèce qui nous a montré que la démocratie est désormais considérée en Europe comme un « frein », un « obstacle » à la bonne marche du capitalisme. Et ne pouvant se résoudre (pour le moment du moins), à la guerre ou à la fin du capitalisme, nos gouvernants travaillent désormais à la fin de la démocratie ; ainsi ils pourront combattre la Chine avec les mêmes armes qu’eux, à savoir la contrainte autoritaire.

Pour parvenir à transformer (voire à supprimer) le capitalisme et imposer de nouvelles règles, il est nécessaire de supprimer la démocratie. Pour se faire deux leviers : la peur des terroristes (avec tous les amalgames et la propagande qu’on connait), et la peur de la misère. Ces deux leviers sont nécessaires pour faire accepter par la population les différents « sacrifices » qu’on exige d’eux : la baisse de leur niveau de vie, ainsi que la suppression continue de leurs libertés.

La troisième voie, celle qui consistait à faire advenir une « véritable démocratie », est toujours aussi faiblement soutenue et relayée, et on peut voir à quel point toutes les initiatives citoyennes se sont ou ont été sabordées toutes, une à une, jusqu’à ruiner tous les espoirs de ceux qui les défendaient : il est trop tard maintenant.

Nous arrivons donc à une deuxième phase, qui correspond en réalité à une logique bien établie : si nos stratèges refusent de voir le système s’écrouler sans contrôle, dans un grand fracas qui emporterait tout le système « occidental » (et eux avec) vers une faillite totale, ils se préparent à combattre leurs « ennemis » (leurs véritables ennemis sont économiques, pas religieux) sur leur propre terrain, dictature contre dictature. L’objectif des Etats-Unis est de créer une alliance objective avec l’Europe, dont les frontières avec la Russie et les « ennemis » asiatiques constituent un rempart à leur expansion « naturelle ».

Pour sauver l’Europe il ne s’agit donc pas de laisser « sortir » qui que ce soit, et surtout pas la Grèce. Et le fait qu’aussitôt après l’humiliation totale du gouvernement grec les principaux acteurs de celle-ci s’interrogent publiquement sur la possibilité d’un allègement de la dette - »qui n’en serait pas un mais quand même » oblige à penser qu’en réalité monsieur Tsipras a peut-être réussi son pari : celui de faire baisser le montant de la dette pour son peuple. Il ne pouvait pas aller beaucoup plus loin, même si de toutes les manières personne ne l’aurait contraint à sortir – car sortir signifie la fin de l’Euro, de l’Europe, et sans doute aussi la catastrophe dans le monde entier ; et on ne peut lui en vouloir de n’avoir pas voulu ça.

Car l’objectif de l’Eurogroupe n’est pas de casser l’Europe ni l’euro mais de casser la démocratie. Tandis que nos analystes redécouvrent les vertus de la dictature en matière économique, nos politiques rêvent désormais presque tout haut d’une gouvernance fédérale et d’une Europe autoritaire.
Pour obtenir cette gouvernance il leur faut soumettre tous les pays en les endettant non pas auprès de créanciers privés mais du « gouvernement européen », à travers la BCE qui rachète toutes les dettes et obtient ainsi de mettre des Etats entiers sous sa dépendance, comme un drogué vis à vis de son dealer.

Une fois les Etats suffisamment endettés, il devient alors facile d’exiger d’eux de renier la démocratie pour imposer les diktats franco-allemands qui ont depuis longtemps compris leur intérêt à s’allier aux Etats-unis puisqu ils sont tous dans le même bateau : si le dollar s’effondre l’Allemagne suivra, en emportant les autres avec elle.

Et la démocratie n’est pas compatible avec le capitalisme.

On « aidera » donc les Grecs à s’endetter encore, et puis on installera à sa tête des hommes de main (les récentes déclarations de Varoufakis laissent à penser que c’est déjà plus ou moins le cas), tout en poussant à l’adoption de nouvelles règles pour l’Europe : « on va faire une autre Europe », qu’ils nous crieront dans toutes les langues ! « Ne partez-pas, les anglais, ne partez pas ! Bien sûr qu’on va vous accorder une place de choix ». Ainsi qu’à la France, et sans doute sous domination allemande.
Ceux qui voudront sortir seront des fascistes inconscients, et ceux qui voudront faire une autre « autre » Europe de doux rêveurs pas bien dangereux !
Les nouveaux traités seront ratifiés, et quand l’Europe sera unie dans une sorte « d’empire » autoritaire, on passera alors à la phase trois : le remplacement du système financier actuel par un autre (si il y en a encore besoin), laissant pour compte les Chinois qui se désengagent tant qu’ils peuvent du dollar mais pas aussi vite qu’ils le voudraient.

Il y a aussi la possibilité des « deux Europe », ou d’une « Europe à deux vitesses », mais je vois mal comment les plus riches feront sans la main d’oeuvre des plus pauvres, et comment les plus pauvres feront sans les subsides des plus riches. C’est toute l’Europe de l’est qui se mettrait alors sous la coupe de la Russie

De son côté, la Chine se trouve « malgré elle » embarquée dans des ennuis financiers qu’elle règle, dit-on, d’une manière radicale, et se met peu à peu en position de leader « du camp d’en face », avec les BRICS d’abord, mais aussi avec les nouvelles institutions destinées à s’opposer aux actuels FMI, Banque Mondiale et autres organes dirigés par les Etats-Unis.

En définitive le monde est tel qu’il a toujours été. Rien ne change, de grands empires se forment peu à peu puis s’affrontent régulièrement, et avec les restes on recommence à former de nouveaux empires autour des enjeux du moment, jusqu’au moment où les tensions entre les deux plus gros deviennent si fortes qu’elles finissent par éclater à nouveau. Le « problème européen » n’est en réalité qu’une « donnée » géostratégique parmi d’autres et nous croire le centre du monde est une grossière erreur.
Le fait n’est donc pas de savoir si nous nous relèverons mais plutôt dans quel état nous nous relèverons. De quelque côté qu’on se tourne le pire nous regarde, et il est impossible qu’il n’arrive pas.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Grèce : a y est, les salauds ont gagné (mais pour combien de temps ?)

Posté par calebirri le 15 juillet 2015

Cela a pris un peu plus de temps que prévu mais nous y sommes arrivés : malgré le formidable espoir suscité par le résultat du référendum en Grèce, Tsipras a dû céder aux salauds… comme on pouvait s’en douter,les menaces d’une asphyxie d’un peuple tout entier a eu raison du gouvernement grec.

En étant optimiste on pouvait croire à quelques adoucissements de la position de l’Allemagne, mais en laissant les gouvernants à la manoeuvre il fallait se résigner à faire en sorte que la raison politique prenne le pas sur la raison sociale : les Grecs vont devoir trinquer encore, contre la démocratie. Les Européens vont eux aussi prendre leur part, alors qu’ils croient aujourd’hui avoir « gagné » quelque chose. Même les politiques qui se croient vainqueurs seront malheureusement (pour nous) les perdants de l’Histoire : ils sont ceux qui auront entraîné les peuples de l’Europe dans la misère et peut-être même la guerre… pour garder leurs places, pour ne pas prendre le risque d’un chaos total, pour ne pas assumer la vérité de la situation économique réelle, pour ne pas rester comme le responsable qui a fait sauter l’Europe.

Je dois avouer que même en n’y croyant pas je l’aurais presque souhaitée cette « expulsion » de l’euro. on aurait vu alors comment la Grèce s’en serait sortie après, et surtout ce que les autres pays auraient alors fait.

Moi qui croyais que Varoufakis avait démissionné pour de bonnes raisons, je pense aujourd’hui qu’il a surtout été évincé pour laisser la place à quelqu’un de moins intransigeant que lui.

Les créanciers vont ainsi se réjouir de la défaite grecque, les Grecs vont se tourner vers les extrêmes désireux de sortir (mais pour de mauvaises raisons), et les Européens vont comprendre dans quelques semaines ou quelques mois que leurs propres problèmes seront tôt ou tard réglés « à la manière grecque », c’est-à-dire avec une mise sous tutelle du pays. Le fédéralisme voulu par l’Allemagne et accepté par la France verra le jour lorsque tous les pays en difficulté, un à un, se verront contraints de suivre les recommandations allemandes sous peine de se voir asphyxiés financièrement par les « créanciers » de tous bords.

De l’unité et de la solidarité européennes il ne restera bientôt plus rien. Maintenant il ne reste plus que la France qui puisse un jour sortir l’Europe de cette alliance imposée par l’Allemagne à toute l’Europe, avec les Etats-Unis. Il ne faut bien sûr pas compter sur le gouvernement actuel, ni sur le suivant qui ne sera qu’un gouvernement de remplacement -à moins que le FN réussisse à accéder au pouvoir ; et même dans ce cas il ne paraît pas évident que celui-ci une fois en place se lance dans une sortie de l’Europe.

Pourtant (bon d’accord c’est plus facile à dire quand on n’y est pas) je suis convaincu que la Grèce, après le référendum, avait gagné une manche. Pour quelle raison Tsipras et son équipe n’ont-ils pas tout simplement dit « stop, on ne vous remboursera que ce que l’on peut et les créanciers n’ont qu’à prendre leurs pertes ; de toutes les manières vous ne pouvez pas nous foutre dehors car alors vous ne récupérerez rien du tout » ? Qu’est-ce que les gouvernants européens ont dit ou fait, ou menacer de dire ou faire, pour que l’accord rejeté majoritairement par un peuple (et il fallait le faire quand même !) soit accepté quasiment inchangé quelques jours après ?

Il est probable aussi que Tsipras ait eu peur d’être le responsable historique d’une catastrophe économique et sociale (si on s’apercevait par exemple alors que les banques sont beaucoup plus fragiles qu’elles ne veulent bien l’avouer, et qu’en réalité la croissance ne revient pas ; et surtout qu’il suffirait d’un petit grain de sable dans la machine pour tout faire exploser…), mais alors il n’y a plus rien d’autre à attendre que le choix entre une explosion -avec fracas- de l’Europe le jour où les peuples s’apercevront que le roi est nu, et une Europe autoritaire sous le joug de l’Allemagne, en alliance avec les Etats-Unis.

Le problème est que nos gouvernants savent bien qu’ils vont dans le mur (en nous entraînant avec eux), mais il ne semble pas encore né celui qui aura le courage de dire qu’il faut tout recommencer. Que l’Europe est une belle idée mais qu’elle ne peut pas continuer d’exister ainsi. Personne n’osera dire qu’ils se sont fait attraper dans un engrenage infernal qui les oblige à continuer de mentir pour ne pas effrayer les populations qui, si elles savaient à quel point le niveau des dettes est colossal -et surtout qu’il n’y pas que la Grèce qui est menacée de faillite mais l’Europe toute entière, les Etats-Unis avec- se révolteraient demain. Et qu’à terme personne ne remboursera personne !

Il y a désormais deux choses que les peuples de l’Europe doivent faire : changer de gouvernants par une modification du système électoral ( ce qui nécessite la mise en place d’Assemblées Constituantes), et puis refuser de payer les dettes… sans sortir de l’Europe. Renégocier les traités entre eux et imposer à l’Allemagne soit une sortie soit une soumission. Il faut inverser le rapport de force en Europe. Nous avons besoin de l’Europe cela ne fait aucun doute (enfin pour moi), mais pas à n’importe quelle condition. Quittes à en refaire une, ou pourquoi pas deux Europe, pour faire correctement les choses. Il faut que les peuples se prononcent sur ce qu’ils veulent comme Europe, et aussi avec qui ils veulent la faire.

Maintenant il faudrait que quelques parlements (à défaut des peuples, ce qui aurait été bien sûr la seule « bonne » solution) refusent le nouvel accord ; au moins la Grèce. Si monsieur Tsipras ne veut pas être reconnu responsable de ce qui devra nécessairement arriver, il pourrait devenir le coupable qui a hésité à crever l’abcès avant le chaos dû au gonflement puis à l’éclatement de ce dernier, on ne sait pas quand, le plus tard possible…

En attendant se préparent les fascismes de toutes espèces qui contribueront à putréfier les parties encore saines d’un corps déjà moribond.

Derrière la défaite de la Grèce c’est la situation géopolitique du monde entier qui se trouve ainsi engagée dans une voie qu’il sera difficile de dévier tant les gigantesques forces qui les sous-tendent sont puissantes et aveugles. Nos gouvernants sont certes des salauds, mais également des lâches et des inconscients : ils précipitent le monde dans le chaos, sans que personne ne semble rien pouvoir y changer.

Caleb Irri
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Grèce : NON au Diktat, OUI à l’Europe (mais une autre !)

Posté par calebirri le 6 juillet 2015

Nous avons été nombreux à rêver cet instant : et plus nombreux encore à le craindre… Maintenant nous pouvons dire que nous entrons dans l’inconnu. Bien sûr il y a ceux qui voudront nous faire croire que le résultat du référendum signifie la sortie de la Grèce de l’Europe, mais ils mentent : le peuple grec n’a pas voté pour sortir de l’Euro mais bien pour refuser le diktat de la Troïka. Cela signifie que désormais une « autre Europe » est possible. Lorsque chaque pays de l’Europe mettra à sa tête un homme et une équipe de la trempe de celle de Syriza, alors les peuples pourront enfin exprimer leur véritable volonté : oui nous sommes européens, oui nous voulons l’Europe, mais non nous ne voulons pas celle que nos gouvernants actuels voudraient nous imposer.

J’ai attendu avant d’écrire ce billet, histoire de voir si mon précédent (voir « Non, la Grèce ne fera pas défaut« ) tenait le coup. Et il s’avère qu’en un sens il le tient. Car d’un point de vue strictement légal, il faut attendre encore un peu avant de déclarer que la Grèce est officiellement en défaut de paiement : pour le moment elle n’a seulement pas honoré une échéance, un point c’est tout.

Et avec ce qui vient de se passer aujourd’hui, il apparaît qu’il va devenir difficile pour les « Institutions » de ne pas permettre une négociation plus souple vis à vis d’une Grèce en position de force ; à moins que de prendre clairement le parti de la négation de tous les principes démocratiques. Et il leur sera aussi difficile de nous faire avaler que puisque la Grèce refuse les conditions imposées elle doit sortir. Je crois qu’il est bon de rappeler sans cesse que la sortie imposée de l’Europe n’est pas prévue dans les traités, et que par conséquent il est possible à la fois de dire non à l’austérité tout en restant dans l’Europe.

Ce référendum crée un précédent historique car un gouvernement résolument de gauche (enfin par rapport aux autres qui s’en revendiquent) s’empare enfin de la démocratie pour établir à la face du monde sa souveraineté. Bravo les Grecs, bravo Tsipras ! Et bravo Varoufakis…

Aujourd’hui nous apprenons que le premier ministre des finances grec (Varoufakis donc) annonce sa démission, non pas pour un désaccord avec « son camp » mais pour ne pas « nuire » aux nouvelles négociations qui vont s’ouvrir mardi. Ce sens du sacrifice est tout à son honneur et prouve à quel point un homme politique peut être à la fois un négociateur avisé et un citoyen raisonnable.

Enfin maintenant il va falloir que l’Europe négocie. On parle beaucoup du rôle de la BCE pour décider de la sortie ou non de l’Euro, mais ses décisions, même arbitraires, ne peuvent échapper à ce dilemme : tenter de pourrir la situation en assiégeant la Grèce pour la contraindre à la sortie (avec pertes et fracas pour les banques et autres créanciers), mais alors il faudra assumer ce geste. Ou alors négocier pour ne pas que la Grèce sorte ; et c’est se préparer à voir tous les autres pays européens en difficulté « menacer » d’un référendum à plus ou moins brève échéance.

Comme de toutes les manières l’Europe n’a pas vraiment d’autre choix que de continuer à faire « tourner la machine » (ce que la BCE confirme aujourd’hui), et à moins que de créer un autre « précédent historique » en « foutant dehors » la Grèce et tous ses citoyens (ou éventuellement de fomenter un coup d’état en Grèce), nous pouvons raisonnablement espérer qu’in fine un accord tout aussi raisonnable soit trouvé.

Je ne sais pas si cela se trouvera être une solution pérenne ni une « bonne » solution du point de vue des citoyens qui se verront ainsi les récipiendaires des pertes que les banques ne manqueront pas de faire lors de la petite « ristourne » sur la dette grecque, mais il est possible qu’en définitive la Troïka joue maintenant le jeu du « regardez à cause des Grecs la croissance qui redémarrait enfin s’arrête, et on va devoir vous demander quelques sacrifices supplémentaires »…

Quoi qu’il en soit, cela prouve encore une fois que quand la démocratie est respectée, alors le peuple sait très bien exprimer sa volonté.

Il faut désormais que les Grecs poussent leur avantage et que les autres peuples leur emboîtent le pas. Ce n’est pas d’une ristourne que les Grecs ont besoin, mais d’une annulation pure et simple de leurs dettes. Il faut que les banques prennent leurs pertes et que les autres peuples refusent de payer la facture pour les banques.

Et surtout il nous faut transformer l’Europe de fond en comble. Renvoyer tous ces petits dictateurs en herbe qui se croient nos maîtres alors qu’ils ne sont là que par la force de leurs trahisons (ou soumissions) successives.

Faire en sorte que comme en Espagne ou en Grèce de nouvelles forces politiques, plus démocratiques, fassent leur apparition. Faire en sorte que l’Europe redevienne unie et démocratique. Pour montrer qu’il est possible de faire autrement.

Les deux seules solutions qui restent encore aux capitalistes pour empêcher l’effondrement du château de cartes qu’ils ont mis en place est donc soit de faire payer les peuples européens pour renflouer les caisses en risquant d’augmenter encore dette et chômage, ou bien de se rendre à la raison et d’imposer aux banques d’assumer leurs erreurs, à savoir de prêter à des acteurs insolvables en espérant continuellement jouer sur le « too big too fail » pour se faire renflouer « gratos » sous ce prétexte.

Si le référendum grec n’est qu’une manche dans une guerre des peuples contre les banquiers, alors on peut dire que la Grèce a remporté cette manche. Empêchons maintenant la Grèce de sortir et soutenons le peuple grec pour qu’il soit notre point d’horizon à tous. Et que nos dirigeants comprennent enfin que ce n’est pas au peuple de payer pour les erreurs commises par les riches.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Non, la Grèce ne fera pas défaut !

Posté par calebirri le 17 juin 2015

Nos bons dirigeants s’amusent à se faire peur, et nos médias font tout pour que celle-ci nous submerge, avec les menaces d’un chaos sans précédent : la Grèce va-t-elle faire défaut ? Va-t-elle sortir de l’Europe ? Derrière ces questions se cache un chantage que l’on peut résumer en trois propositions :

(1)-Soit l’Allemagne accepte les propositions grecques et l’Europe renfloue ses caisses en évitant l’effondrement total du pays. Cela demandera de grands efforts aux citoyens européens qui n’auront qu’à se faire voir « chez les Grecs », les responsables désignés de tous nos maux économiques.
(2)-Soit elle ne les accepte pas et pousse ainsi la Grèce au défaut de paiement, avec les conséquences qui vont avec : perte de 160 milliards d’euros, risque d’effondrement des banques et d’éclatement de l’Euro, puis de l’Europe.
(3)-Soit l’Allemagne se désolidarise de tout ça et c’est elle qui sort de l’Europe, peut-être pour former un groupe avec les Etats les plus riches ?

Une fois que l’Allemagne se sera positionnée, la Grèce devra elle-aussi prendre ses responsabilités : si la proposition (1) est acceptée, alors on attendra le risque de défaut suivant ; si la proposition (2) est retenue la Grèce peut alors décider de sortir avec pertes et fracas… ou de rester ! Si elle sort le « danger » pour l’Europe est qu’elle réussisse mieux « dehors » que « dedans » (avec les conséquences que cela implique pour les autres pays en difficulté), et si elle reste elle emmerdera bien tout le monde aussi : je ne paye pas mais je reste, comme un signal envoyé aux autres « mauvais payeurs » ; la proposition (3) pouvant être corrélée à la deuxième, suivant ce que déciderait la Grèce… Car alors à partir d’un certain seuil il vaudrait peut-être mieux pour l’Allemagne sortir plutôt que de payer à chaque fois pour maintenir une apparence de solidité au sein d’une Europe noyée sous les dettes.

C’est dans ces conditions que le sort de la France se trouverait ensuite engagé : suivrait-elle l’Allemagne ou choisirait-elle une autre voie ? Comme le pays est à la croisée des chemins, le débat serait délicat, bien qu’a priori la précipitation du gouvernement français à faire passer les lois Macron, ou celles sur le renseignement, le terrorisme, etc… montre à quel point il se prépare aux ennuis, et ce indépendamment de l’option choisie.

Quoiqu’il en soit, je doute que les citoyens apprécient l’une ou l’autre de ces solutions, car il apparaît que dans tous les cas il faudra, d’une manière ou d’une autre, rembourser ces milliards perdus (je sais c’est injuste mais ils nous referont le coup du « too big too fail »), ou bien renforcer l’austérité si l’on doit encore mettre la main au portefeuille pour continuer de maintenir la Grèce dans l’Europe… pour peut-être in fine voir notre monnaie s’effondrer brutalement pour compenser ou une sortie d’un autre pays, ou même une sortie de l’Allemagne (avec ou sans nous d’ailleurs) ?

Mais tout cela n’est pas sérieux : il y aura un accord (de dernière minute bien sûr), et un délai, puis un accord, encore un délai… car si on y réfléchit bien, il n’y a pas trente-six solutions : à part la Grèce qui rechigne elle-même à le faire, personne ne serait assez stupide pour prendre le risque d’un éclatement de l’Europe. Le FMI le signale clairement d’ailleurs : il faut trouver une solution. Car pour éviter une bipolarisation extrême des propositions politiques lors des prochaines élections (avec un avantage certain pour l’extrême-droite dont les idées et les objectifs sont clairs et simples, tandis qu’en face l’extrême-gauche peine à trouver une idéologie susceptible d’être comprise et acceptée par les citoyens) et conserver le pouvoir sur l’Europe, L’Allemagne ne peut pas se permettre d’apparaître en position de faiblesse.

On peut également penser qu’avec le climat géopolitique tendu (avec d’un côté les rivalités russo-américaines et de l’autre le terrorisme islamiste) les États-Unis voient eux-aussi d’un très mauvais œil une sortie de la Grèce car quoiqu’on en dise un allié stable est toujours plus fort qu’un allié qui se fragmente par petits bouts. Et si on veut croire en la « raison » toute capitaliste de nos dirigeants, il apparaît assez vraisemblable que la Grèce ne sortira ni ne fera défaut, et que, avec le FMI en tête, on allongera encore les délais de remboursement grecs pour permettre aux États-Unis de conserver leur influence globale sur l’Europe, ainsi que les perspectives économiques dont le TAFTA et compagnie qui les font tant rêver. Le tout n’est donc pas de savoir si l’Europe s’effondrera car elle ne s’effondrera pas. C’est l’Euro qui s’effondrera ; mais il ne s’effondrera que lorsque ce qui le remplacera sera prêt à être mis en place, ce qui n’est pas encore le cas.

Ensuite, et face au mécontentement populaire qui se fera sentir toujours un peu plus fort, les lois liberticides partout mises en place serviront d’outils pour continuer à mettre en place et faire accepter, en Europe et sous l’égide de l’Allemagne, une Europe fédérale et harmonisée qui finira par confondre ses intérêts avec ceux des États-Unis, contre « l’Est et l’Asie ». Les formidables ressources africaines qui sont convoitées de partout ne seront accessibles que par une alliance Europe/Etats-Unis permettant de lutter contre les géants asiatiques et russes ; enfin contre les BRICS.

Ce n’est qu’une fois l’Europe « harmonisée » et sous le joug d’une « démocrature » encadrée légalement que pourront se régler les problèmes monétaires tels que la dette et le chômage, et l’euro se laisser remplacer par « autre chose ». Il suffira de les rayer d’un trait de plume pour instaurer soit une nouvelle monnaie, soit l’esclavage pur et simple avec puces RFID et surveillance de masse.

En attendant, la pression qui s’exerce actuellement sur la Grèce est destinée à ne lui accorder que le minimum, afin de ne pas donner de signal trop complaisant, et les menaces de Grexit ne sont en réalité que du bluff. Le fait est qu’un esclave qui s’enfuit n’est peut-être pas sorti d’affaire mais qu’il est libre. Et un Empire a besoin de vassaux, pas d’ennemis potentiels. L’Allemagne et la France ont besoin de plus petits Etats sur lesquels exercer leur hégémonie, et les Etats-Unis d’une Europe puissante pour contrer les « concurrents » de l’Est.

Il suffirait pourtant de peu de choses pour faire cesser cette mascarade : car la Grèce a aujourd’hui le pouvoir de « tout faire péter », en refusant de payer tout en restant dans l’Europe. Mais qui aurait le courage de lui emboîter le pas ? Et puis surtout pour faire quoi, puisque personne ne semble vouloir réfléchir sérieusement à ce qui pourrait advenir de bon, après le chaos ? Parfois, j’en viendrais presque à souhaiter que la Grèce réalise l’impensable et refuse et de payer, et de sortir : cela signifierait qu’un peuple a encore le pouvoir de changer le cours de l’Histoire. Ce ne serait pas rien !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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