Pour que les révolutions ne meurent pas, ajoutons la réflexion à l’action !

Posté par calebirri le 26 mai 2011

On le voit bien ces derniers temps, la déception laisse place, peu à peu et à mesure que les sacrifices demandés aux peuples augmentent, à la colère. Cette colère qui monte sourdement, tranquillement, en chacun de nous et chacun dans son coin, un peu comme ça vient. Les « indignés », de quelque nationalité qu’ils soient, comprennent que quelque chose ne va pas, et sentent plus ou moins consciemment qu’un unique ennemi les réunit, sans vraiment savoir comment le combattre.

Cet ennemi commun, c’est un système injuste au service des plus riches, et au détriment de la démocratie, c’est à dire du peuple. Face à la conjonction du retournement capitaliste et de la destruction de l’environnement, l’humanité est entraînée dans une spirale accélératrice qui la conduira inévitablement à faire des choix quant à son avenir. Car le véritable ennemi de la démocratie, c’est le capitalisme : un capitalisme autodestructeur, qui ne remplit pas les exigences démocratiques, qui tue, asservit, déshumanise. On ne peut soumettre le capitalisme à la démocratie, car l’existence de l’un exclut celle de l’autre. Soumettre le capitalisme à la démocratie, cela signifierait en réalité supprimer le capitalisme. Ce qui pourrait bien arriver…

Tant que ce système nous favorisait encore, nous les pays « riches », il n’était pas difficile de croire à l’illusion de bonheur que ce système procurait. Mais aujourd’hui nous sommes confrontés à la possibilité de voir nos « acquis » (faits sur le dos des pays « pauvres ») disparaître au profit de ces mêmes pays que l’on appelle désormais « émergents ». Car le capitalisme est un système qui ne peut satisfaire au bonheur de tous : il conditionne le bonheur de certains aux malheurs d’autres

L’agitation qui règne actuellement dans les hautes sphères politiques est la preuve la plus évidente de l’intérêt qu’elles portent à cette question du « retournement » du capitalisme, ou de sa fin. Car si nous laissons les lois du capitalisme régler la crise économique et financière, alors il faut que tous les pays dits « développés » aujourd’hui se préparent aux plus grands sacrifices, à savoir se séparer de certaines libertés, de protection sociale, de la démocratie enfin. Nous devrions peut-être même alors nous préparer à devenir les futurs « immigrés » de Chine, du Brésil ou de l’Inde… Ce que nos gouvernants, et même la plupart d’entre nous, ne veulent même pas imaginer.

Pour sortir de cette spirale et éviter la perte de leur pouvoir, les Etats « développés » n’ont donc pas d’autre choix que de pousser, à terme, à la fin du capitalisme au travers ou du bancor, ou de la guerre. Car les pays émergents, qui veulent aujourd’hui profiter enfin des fruits de leurs sacrifices passés,  ne se laisseront sans doute pas si facilement berner.

Mais attention, la fin du capitalisme ne signifie pas pour autant la mise en place de la démocratie : seulement sa possibilité. Prenons garde que les révolutions qui couvent ici ou là ne tombent pas sous le coup de la sentence de George Orwell « on n’établit pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature » et qu’elles ne conduisent pas à pire encore que ce à quoi les peuples ont échappé.

Le soutien de ces mouvements par les pays dits « démocratiques » est plus que suspect (aux vues des liens troubles qu’ils entretiennent) car il rentre en contradiction totale avec le refus d’accepter les émigrés des pays concernés. En soutenant d’une part ces évènements d’un point de vue moral et en refusant ses conséquences économiques d’une autre, les gouvernements montrent ainsi au grand jour les contradictions, l’injustice et la corruption du système : les plans de sauvetage, les bisbilles autour du FMI, le contrôle d’internet et le racisme éclairent d’une lumière crue leurs véritables volontés, car ils ont eux bien compris que si la démocratie doit se soumettre au capitalisme, ce capitalisme ne les favorisera plus pour longtemps… D’où l’idée de supprimer à la fois le capitalisme et ce qui nous reste de démocratie.

Car en s’appuyant sur les révolutions pour mettre à bas le capitalisme, ils évitent ainsi le combat avec les plus forts (les « émergents »), pour porter leur attention sur d’autres cibles (les Musulmans et les « assistés »). S’explique ainsi toute la politique actuelle, qui pousse peu à peu les peuples à accepter, de gré ou de force et à travers le bancor, la guerre ou les deux, un nouvel ordre économique mondial qui n’aura plus rien ni de capitaliste, ni de démocratique : et tout cela,  officiellement bien sûr, pour « sauver » les révolutions que nous aurons conduites pour eux.

C’est donc pour éviter d’avoir à choisir entre « 1984 » ou « le meilleur des mondes » qu’il ne s’agit pas seulement de manifester, de se battre ou de supprimer le capitalisme ; et cela, c’est faire encore la moitié du travail pour ceux qui nous exploitent. La révolution est certes nécessaire, mais à condition qu’elle s’appuie sur une réflexion globale, un espoir, un avenir sur lequel travailler, et surtout nous unir.

Car il faudra bien nous unir, et canaliser  les indignations au travers de projets constructifs ou en construction (http://laconstituante.forumgratuit.fr/) nous permettant d’établir un autre système capable d’échapper aux alternatives qu’on voudra nous imposer. Les jeunesses de tous les pays ont ce pouvoir, car pour l’instant encore ils maitrisent mieux ce formidable outil « internet » que la génération précédente. Nous pouvons, et devons le faire, car viendra bientôt le temps du choix : soit nous prendrons ce qu’il veulent bien nous donner, soit nous créerons nous-mêmes notre propre voie. Mais les choses ne pourront pas durer ainsi très longtemps.

Après l’indignation il y a l’action mais pas seulement : il faut y ajouter la réflexion.

 

Caleb Irri

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Et si nous admettions nous être trompés ?

Posté par calebirri le 16 mai 2011

Le capitalisme me fascine : le pouvoir de l’argent est tel qu’il fait perdre la raison à tous, que vous soyez pauvres ou riches, de gauche ou de droite, blanc ou noir, juif ou musulman. Vous en avez envie, et si vous n’en avez pas envie vous en avez besoin. Impossible de s’en passer, impossible d’y résister, il vous en faut, ne serait-ce que pour survivre. Plus on s’en approche, plus on en devient dépendant. D’ailleurs, les analogies avec la drogue sont nombreuses, et il est bien certain que le problème avec l’argent n’est pas d’en obtenir, mais bien plutôt de savoir s’en passer.

 

C’est le monde entier qui fonctionne désormais ainsi, car le système capitaliste a profondément marqué votre esprit, et même votre inconscient. Il a réussi à remplacer chez vous les notions de don, de partage et de fraternité par celles de l’échange, de l’individualisme et de la concurrence. A l’intérieur de vous-même, que vous le vouliez ou pas, vous êtes contraints de réfléchir en ces termes, car le capitalisme fonctionne ainsi : c’est vous ou « eux », et il vaut mieux que ce soit VOUS.

 

La valeur de l’être humain en a elle-même été modifiée, car elle n’est aujourd’hui jugée que selon des critères « calculables », financiers donc. Ce qui compte aujourd’hui n’est plus ce que vous êtes, mais ce que vous faites. Toutes vos actions ne sont plus dirigées que par un critère ultime, qui détermine votre place au sein de la société : votre compte en banque. Si ce que vous faites rapporte de l’argent, alors vous êtes « un type bien », tandis que si vous n’êtes que « un type bien » sans argent, vous ne valez rien. Non seulement aux yeux des autres, mais même à vos propres yeux.

 

Mais si nous nous étions trompés ? Si, au lieu de nous avoir été profitable, le système capitaliste nuisait en définitive au bon fonctionnement de la société, de l’humanité ?

Même de bonne foi, imaginez qu’Adam Smith se soit trompé, et que toute son histoire de « main invisible » soit une erreur… Ce n’est pas si compliqué, il n’y a qu’à regarder autour de soi pour le comprendre : les promesses du système capitaliste n’ont pas été tenues, et il semblerait que la tournure que prennent les évènements nous démontre qu’à terme nous allions droit dans le mur : les valeurs sur lesquelles reposent le capitalisme sont, d’un point de vue global (mondialisé) incompatibles avec la satisfaction de l’intérêt général.

Cette hypothèse retenue, que fait-on après ? On continue à foncer droit dans le mur en fermant les yeux ou on essaie de freiner avant l’impact ?

Mais il n’est pas si facile d’admettre que l’on s’est trompé. C’est qu’à force de se considérer selon la valeur de son compte en banque, il serait une humiliation insupportable que de reconnaître qu’à part ce dernier, nous n’avons pas forcément grand chose à exhiber pour nous rassurer. Bien que le simple fait de le reconnaître soit une preuve suffisamment grande de notre « substrat » d’humanité, pour certains cela signifierait de remettre toute leur vie en cause, et d’y rechercher un sens qu’ils n’y trouveraient plus : le vide absolu, le néant, une vie « pour rien ». Les plus investis seraient sans doute les plus retors, mais pourquoi continuer à persister dans l’erreur ?

Et pire encore, que penser d’une humanité qui dans son ensemble se serait ou trompée, ou laissée berner par un système qui ne tient pas, et ne pouvait pas tenir ses promesses ? En s’apercevant, en reconnaissant que le capitalisme n’est pas le système qu’on croyait capable d’apporter le bonheur à tous, alors nous devrions remettre en cause des milliers d’années de civilisation, de progrès technique et social, de guerres inutiles et de famines inacceptables. Sans compter notre lâcheté collective : plutôt que d’admettre au plus tôt que nous n’étions pas sur la bonne voie, nous avons préféré nous mentir à nous-mêmes en tentant d’inverser la courbe sans jamais remettre en cause l’erreur primordiale sur laquelle repose toutes les autres : l’argent qui de moyen est devenu fin, comme il était inscrit dans ses « gênes » (et contre lequel on a mis en garde il y a plus de 2000 ans). Perdus face à une réalité infiniment complexe, nous avons préféré continuer dans cette voie plutôt que d’en chercher une meilleure, parce qu’il était beaucoup plus facile de mentir et de tromper que de rechercher d’autres modes de fonctionnement. La guerre est plus facile à faire que la paix.

Mais nous aurons bon chercher tous les « autres » coupables du monde, stigmatiser certaines minorités ou faire toutes les guerres pour y trouver le responsable, nous n’en deviendrons pas meilleurs, ni même plus avancés. Car le véritable problème est l’argent. L’argent qui nous a été utile un temps, mais qui nous est devenu indispensable : les hommes sont trop faibles pour lui résister. Quand nous accédons à l’argent, nous perdons nos repères et la notion des valeurs qui vont avec. Nous adoptons tacitement les règles du « jeu » capitaliste, et les faisons nôtres. Nous nous « déshumanisons » à mesure que nous intégrons les modes de pensée qui permettent d’accéder à la « réussite », celle que le capitalisme considère comme telle en tous cas, la réussite financière, au mépris de toute autre considération. L’argent est une substance nocive qui corrompt les coeurs et les esprits. Il nous faudra bien apprendre à nous en séparer, au moins pour ne pas tout détruire. Toutes les injustices, toutes les guerres et toutes les famines, tous les maux humains ne proviennent, au bout du compte, que de l’argent qui, de main en main, de lieu en lieu, corrompt tout ce qui le touche.

Si nous remettions tout cela en question, sans doute alors nous serions tous considérés comme responsables du plus grand crime qui soit, c’est à dire de nous savoir coupables sans réussir à changer notre comportement criminel (y compris vis à vis du climat et de la planète, et de nos descendants…).

Mais changer nos comportements implique la reconnaissance de notre erreur, et de celle de tous, et de tous ceux qui nous ont précédé. Cela implique une remise en question totale de toute l’histoire humaine, de toutes nos valeurs et de tous nos désirs. Cela implique d’assumer un passé fait de misères et de guerres inutiles, de massacres honteux ou de calculs stériles, mais c’est seulement en agissant ainsi que nous pourrions avancer : nous serions alors déjà un peu plus humains.

 

Caleb Irri

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Le monde est en danger : mais qui sont les coupables ?

Posté par calebirri le 16 mars 2011

En écoutant les informations, je me surprends à aujourd’hui à dépasser la compassion, pour rentrer dans la colère. Le monde ne tourne pas rond, et cela ne date pourtant pas d’hier. Cependant, de nombreux hommes ont, et cela depuis son commencement, émis des critiques et des propositions, pour tenter de nous faire comprendre que l’Humanité ne suivait pas la bonne voie : ils ont été au mieux martyrisés, et au pire oubliés. Et si la mémoire de quelques uns nous est encore conservée aujourd’hui, ce n’est que pour mieux trahir leurs pensées, pervertir leurs messages ou instrumentaliser leurs combats.

 

Que reste-t-il aujourd’hui ? un monde où l’on affame des populations entières à grands coups de spéculation, où l’on tue ceux qui manifestent pour un peu plus de liberté, où la rentabilité prime sur toutes les autres considérations. Aujourd’hui ce monde est en péril, et personne ne semble plus en mesure de contrôler quoi que ce soit. Je posais l’autre jour la question de savoir si à la décadence de notre civilisation allait s’ajouter sa destruction, mais aujourd’hui je voudrais évoquer la question des responsables, et des coupables. Car il est maintenant certain que les choses ne changeront pas, et ce malgré le cataclysme sans précédent qui est en train de se produire au Japon ; cataclysme qui aura sans aucun doute des répercussions sur le monde tout entier, pour demain et pour toujours.

 

Alors puisque nous en sommes là, posons la question franchement : qui sont les responsables de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’humanité ?

Et bien il y en a de deux types :

les premiers responsables sont les gouvernants eux-mêmes, qui nous mentent et nous trompent depuis si longtemps qu’ils se trouvent eux-mêmes empêtrés dans leurs mensonges et leurs tromperies.

Les seconds sont les peuples, nous, qui nous laissons depuis trop longtemps abrutir par une propagande savamment orchestrée, une éducation qui s’apparente à du conditionnement, une soumission totale à un système qui certes nous contraint, mais que nous continuons à promouvoir malgré tout.

 

Pour être plus précis, nous sommes responsables de croire aux mensonges qu’on nous sert, et nos gouvernants sont responsables de nous conditionner à les croire. Nous sommes coupables de ne rien faire pour en sortir, et nos gouvernants sont coupables de nous empêcher de le faire.

 

Au delà de ce constat, vient ensuite la question du système qui nous pousse à ces comportements, le Capitalisme. Nous savons tous comment le capitalisme fonctionne, et nous savons tous qu’il est un système dangereux pour les hommes. Certains se cachent encore derrière de belles paroles pour expliquer qu’il est le moins pire, ou que nous n’avons rien à proposer pour mettre autre chose à sa place… Mais s’il était le pire ?

 

Un système fondé sur l’inégalité et l’individualisme, la recherche de l’intérêt privé, la cupidité, l’injustice, la concurrence, la corruption, la spéculation, comment pourrait-il être bon ? Un système qui enrichit un petit nombre au détriment d’un grand, qui pervertit toutes les valeurs d’amitié, de fraternité, d’entraide et d’amour, qui permet d’affamer un milliard d’êtres humains, qui engendre misères, maladies, guerres, violences et catastrophes sanitaires dans le seul but de faire grimper les cours de la bourse, comment pourrait-il être bon ?

 

C’est par trop absurde ! Mais nous, que faisons-nous d’autre que de laisser aller, luttant les uns contre les autres pour un appartement plus grand, moins cher, un travail plus facile, mieux payé, ou un travail tout court ? que faisons-nous d’autre que de rechercher le bonheur dans les lignes obscures d’une courbe de croissance, que d’accepter de nous faire diriger par des types dont la place, pour la plupart, devrait être dans une cellule de prison, mais qui y échappent toujours ?

Nous calculons, voilà ce que nous faisons! Nous calculons notre temps, nous calculons notre argent, la courbe du soleil et le nombre de nos amis sur facebook. Et puis nous cherchons des formules, pour gagner plus, à coups de sondages obscurs, de statistiques indéchiffrables, de probabilités inconcevables, de rapports bénéfice-risque incalculables. Des OGM incontrôlables envahissent la planète, des médicaments s’avèrent être des poisons, nos objets sont constitués de matières détruisant l’environnement, nos loisirs entrainent l’exploitation d’hommes, de femmes et même d’enfants à des milliers de kilomètres de chez nous, et nos énergies sont ingérables.

 

Mais qu’attendons-nous ? Est-il si difficile de comprendre, alors que nous sommes, nous les peuples, les premières victimes de notre lâcheté, qu’il faut cesser de croire que les choses ont une chance de s’arranger en continuant de servir un système qui n’a fait que de nous conduire là où nous en sommes aujourd’hui ? Arrêtons de rêver, de regarder, de calculer, de perdre notre temps. Ne nous laissons pas abattre par un fatalisme qui n’est qu’une lâcheté de plus pour ne rien faire. Le monde ne deviendra que ce que nous en faisons. Si le capitalisme est un mauvais système, que ne le remplaçons-nous pas ? Au lieu de perdre notre temps et notre énergie à tenter de le rendre acceptable, ne serait-il pas plus simple, en définitive, d’en changer ? Même si la tâche est ardue, est-il vraiment plus facile de vouloir « moraliser » un système dont le principe fondateur est, justement, l’absence de morale ?

 

Combien de temps encore la Terre pourra-t-elle supporter les coups qu’on lui porte sans nous les rendre, et combien de temps faudra-t-il encore supporter ce système qui nous conduit à notre perte ? Nous sentons tous, et plus particulièrement ces derniers temps, que des changements sont inévitables. Nos dirigeants le sentent aussi, mais sont, eux, beaucoup trop engagés pour faire marche arrière : ils finiront par nous entraîner dans la dictature, seul moyen pour eux d’obliger les peuples à effectuer des changements radicaux de comportements, pour sauver à la fois leur pouvoir et la planète. Et si nous voulons éviter cela, c’est maintenant qu’il faut réagir. Le capitalisme, de toutes les manières, est condamné, juste en sursis. Mais nous avons encore le choix…au moins pour le moment. Prenons-nous en mains, et réfléchissons ensemble aux moyens d’établir d’autres alternatives : http://laconstituante.forumgratuit.fr/

Caleb Irri

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Entre décadence et destruction, notre civilisation va devoir choisir

Posté par calebirri le 13 mars 2011

La plus grande erreur des civilisations qui nous ont précédé fut de se croire, à l’apogée de chacune d’elles, au sommet de la perfection, persuadées qu’elles étaient de leur infaillibilité. C’est pourtant cette période que l’Histoire considèrera toujours (a posteriori) comme le début de leur décadence ; période dans laquelle il semblerait que notre civilisation soit rentrée.

 

A l’instant où j’écris ces lignes, les images d’une explosion dans une centrale nucléaire au Japon illustrent parfaitement l’état de ce monde incapable, malgré toutes les technologies disponibles et les sécurités exigées, de faire face à la puissance de la Nature, cette même Nature qu’il se glorifie pourtant de savoir maîtriser. Nous fabriquons des OGM, nous travaillons à la fusion nucléaire, nous étudions l’ADN et produisons des coeurs artificiels, et nous marcherons bientôt sur Mars, c’est certain ; mais nous sommes toujours incapables de donner à manger à tous les êtres humains qui peuplent cette planète.

 

Bien sûr nous ne sommes pas en mesure de contrôler le climat, et aucune civilisation ne peut empêcher les catastrophes naturelles, nous rétorquera-t-on. Mais dans ce cas, ne peut-on, ne doit-on pas faire oeuvre d’humilité, et éviter que ne soient rendues possibles les terribles conséquences de ces catastrophes ?

 

Car si nous ne sommes pas encore capables d’éviter les catastrophes naturelles, nous sommes bien capables de les empirer, et il serait bon de se demander quelle force nous pousse à nous croire supérieurs aux forces qui nous dépassent en définitive. Et surtout comment nous rendons nous-mêmes possibles les conséquences de ces catastrophes, en construisant près des côtes, en utilisant une énergie que nous maîtrisons mal, en préférant cacher la réalité des dégâts plutôt que de les assumer. Comment accepter de prendre le risque d’une catastrophe nucléaire sans savoir comment s’en protéger ? Un territoire comme le Japon, soumis à une activité sismique continuelle, doit-il se résoudre à continuer d’utiliser cette énergie, alors même qu’en cas de catastrophe c’est le Japon tout entier, et même au-delà la planète elle-même, qui se trouvent menacés ?

 

Aujourd’hui il faut se rendre à l’évidence, jouer à l’apprenti sorcier est une erreur qui peut être lourde de conséquences : au delà des inévitables victimes liées au Tsunami, le bilan de cette catastrophe pourrait bien se voir démultiplié par l’effet de notre propre prétention, celle de croire que nous pouvons maîtriser nos propres réalisations. Le bilan humain aurait-il été le même sans les constructions solides de Tokyo, ou sans la relative fragilité d’une centrale nucléaire ? Et en Haïti, le bilan aurait-il été si lourd si des précautions avaient été prises il y a déjà bien longtemps, alors qu’on savait déjà les risques que cette partie du monde comportait ?

 

Non, cela va plus loin que la simple « fatalité ». C’est le fonctionnement d’un système tout entier qui se trouve remis en cause par notre inconscience collective, comme dans la légende pourtant évocatrice et prédictive du mythe de l’Atlantide : en se croyant supérieur à la nature, en se proclamant démiurge omnipotent, l’Homme a abandonné depuis trop longtemps l’humilité à laquelle aurait dû le contraindre l’Histoire des civilisations passées. Et tout cela au nom de quoi ?

 

Au nom de la rentabilité à tout prix, de l’individualisme forcené, du « veau d’or » que nous adorons depuis trop longtemps et qui nous pousse à vendre des médicaments dangereux, à utiliser une énergie qui nous dépasse, à concevoir un monde rentable avant d’être humaniste, ou juste viable. Nous sommes actuellement parvenus à un point de civilisation où tout est rendu possible : le meilleur comme le pire. Nous avons le choix entre continuer à nous autodétruire, ou bien de conserver ce qui est bon , et de retirer ce qui ne l’est pas . Ce choix doit être conscient et universel, et nous l’avons encore.  Faut-il donc continuer à utiliser l’énergie nucléaire partout, et surtout faut-il aller plus loin, vers cette « fusion » dont on ne connaît même pas la puissance ? Faut-il continuer à produire des OGM dont les conséquences sont indéchiffrables ? Faut-il encore considérer le pétrole comme une énergie « positive » ? Et cela même si c’est rentable ? Il nous faut cesser de croire que nous sommes arrivés au faîte de la civilisation, car désormais la puissance technologique à laquelle nous sommes parvenus ne s’accompagne pas de sa maîtrise, et nous sommes capables de détruire nous-mêmes l’espèce humaine, ce qui est bien plus grave que de conduire à la simple décadence d’une civilisation.

 

Nous sommes arrivés aujourd’hui à un point de civilisation auquel il faut s’arrêter et réfléchir, afin de prendre en compte la réalité, à savoir que le monde tel qu’il fonctionne n’est ni abouti, ni immuable. Peut-être faut-il aujourd’hui cesser de croire que le capitalisme et la démocratie se développent conjointement, et regarder enfin le monde non pas seulement tel qu’il est, mais tel qu’il pourrait être. Et pour ce faire, il faudra bien un jour imaginer se séparer du capitalisme, ce qui nécessite de se détacher des croyances qu’une propagande bien menée a établi pour nous empêcher de constater nos faiblesses. Pour revenir à la démocratie, la vraie, celle qui ne se laisse pas déborder par la corruption, la vénalité ou la recherche du pouvoir.

 

Et si le choc des civilisations est le seul moyen « capitaliste » de parvenir à rétablir l’illusion du progrès, c’est pour mieux cacher la chute qui suit. En réalité seule l’union des civilisations nous permettra de rétablir la démocratie. C’est à nous de nous prendre en main, car demain nous n’aurons peut-être plus la possibilité de revenir sur nos erreurs.

Nous qui croyons, comme nos ainés avant nous, que le monde ne peut plus être modifié, qu’il ne peut plus être autrement qu’il est, un tel événement devrait nous rendre la raison : le monde a déjà basculé de nombreuses fois avant nous, et nous avons du à de nombreuses reprises recommencer tout de zéro, ou presque. Sommes-nous donc obligés de recommencer toujours les mêmes erreurs ?

 

Engageons-nous pour que la décadence de notre civilisation ne se transforme pas en destruction, et arrêtons-nous un moment pour réfléchir aux possibilités qui nous sont pourtant offertes, ensemble, pour nous-mêmes mais aussi pour les autres, ceux qui nous suivront sur cette Terre. Les solutions existent : à nous de les rendre réelles.

 

Caleb Irri

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Pour lutter contre le nouvel ordre mondial, organisons un complot !

Posté par calebirri le 27 février 2011

En quelques semaines seulement, le peuple arabe semble avoir pris conscience du véritable visage de ses dirigeants, ainsi que de sa force lorsque ses actes sont guidés par la légitimité du nombre. On pourrait s’étonner de cette « peur » des régimes en place subitement dépassée, ou s’interroger sur le fait qu’après avoir tant critiqué les Musulmans, ce soit d’eux que provienne l’exemple d’une révolution populaire réussie ; mais ces considérations positives ne peuvent pas cacher le flou entretenu sur l’avenir de ces révolutions. J’ai déjà évoqué ailleurs les soupçons qui naissent à ce sujet, que confirment malheureusement les réactions de « l’Occident » face à ces évènements qui devraient pourtant susciter de sa part un soutien total et sans réserves.

Mais regardons les choses en face : les peuples se révoltent en ce moment, pour réclamer la démocratie, et surtout la fin de dictatures vieilles, pour certaines, de plus de quarante ans. On s’aperçoit à cette occasion du nombre de pays qui, depuis des décennies, souffrent de régimes souvent instaurés, et protégés par nos soi-disant « démocraties », sans que ni l’ONU, ni nos « valeurs humanistes » n’aient aidé le moins du monde ces peuples à se libérer du joug de leurs tortionnaires.

 

Cette incompréhensible passivité se montre au grand jour actuellement, et met à mal tout le système mondialisé sur lequel repose la puissance de nos propres « démocraties », c’est à dire une hypocrisie visible désormais par tous : nos richesses proviennent de l’exploitation de peuples soumis à l’autorité d’individus souvent enrichis et soutenus, voire formés par les pays occidentaux, qui ont engraissé les dictateurs de ces pays par leurs politiques commerciales agressives et une corruption structurelle les incitant à appauvrir leurs propres populations au profit de leurs seules personnes, mais aussi au prix d’une stabilité imposée de fait par ceux-là mêmes qui les critiquent aujourd’hui, (alors qu’elle leur a jusque là surtout profité). Les armes qui tirent sur les peuples désirant la liberté ont été vendues par les pays riches, les ressources pillées au peuples ont été vendues aux pays riches. L’illusion de l’enrichissement de ces pays a été entretenue par la corruption de nos propres gouvernants, corruption qui participe par ailleurs au haut niveau de vie dont nous jouissons grâce à ces mêmes injustices.

 

Pas étonnant donc qu’aujourd’hui la politique diplomatique occidentale semble dépassée, débordée par les évènements, ni que ces derniers mettent mal à l’aise nos dirigeants : laisser s’effondrer les dictatures sur lesquelles reposent la plupart des bénéfices de nos Etats, c’est ouvrir la voie à une liberté démocratique susceptible de remettre en cause leur propre domination sur leurs propres peuples. En permettant au monde entier de constater que la seule force du nombre est capable de renverser ses dirigeants les plus autoritaires, les « démocraties » occidentales craignent à présent que cette « tempête » ne devienne tsunami, emportant avec ses eaux sales les vernis crasseux qui nous empêchent de voir notre propre servitude. Car qu’on le veuille ou non, le pouvoir d’un petit nombre sur un plus grand implique de fait une notion de « secret » qui, une fois mis à jour, montrerait toute l’injustice du système dans lequel nous vivons, auquel nous participons de fait, et dont nous bénéficions implicitement.

Lorsqu’on nous évoque « un nouvel ordre mondial », il ne s’agit pas d’autre chose que cette concentration des pouvoirs en un nombre encore plus petit de mains, et c’est là que se trouve le complot. Ce complot doit s’appuyer sur une idéologie, car « ils » ne peuvent pas dire « nous agissons pour perpétuer l’injustice », mais doivent au contraire affirmer « nous nous battons pour votre liberté, pour votre sécurité ». Leur discours doit être cohérent, et le meilleur moyen pour cela est de créer le monstre qu’ils redoutent, afin de pouvoir justifier ensuite de le combattre. Ce monstre c’est l’islamisme, que l’on crée depuis le 11 septembre, et qui est le résultat d’une théorie d’opposition appelée « choc des civilisations ». Cette opposition leur est nécessaire, car le système capitaliste se doit d’entretenir une misère et une oppression sur les peuples par ses dirigeants pour maintenir la concurrence nécessaire au maintien (voire à la baisse) du niveau des salaires et des prestations sociales chez eux.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit : officiellement, l’incurie de nos hommes politiques, leur passivité face à des dictatures répressives est justifiée par ce « péril islamiste », en soutenant que ces dernières constituaient un rempart contre l’Islam. Les peuples en lutte se défendent évidemment d’en souhaiter la mise en place (de ces régimes islamistes), mais il se trouve pourtant être le prétexte évoqué par les occidentaux pour reprendre la main sur ces pays (et leurs ressources) – si toutefois ces révolutions n’ont pas été menées en sous main justement à cet effet, afin de justifier les tensions nécessaires à la reprise en main d’un continent qui est en train de leur échapper, soit en s’émancipant de leur pouvoir, soit en tombant dans d’autres mains que les leurs.

 

On le voit en France, les débats actuels sur l’Islam et la laïcité sont relancés, et la peur du FN réveillée par l’UMP justifient l’extrémisme de l’un pour lutter contre celui de l’autre. Car le « danger » islamiste est le seul moyen de créer les conditions d’une opposition entre deux mondes, opposition seule capable de monter les uns contre les autres, et de justifier les politiques sécuritaires mettant nos propres populations sous surveillance, afin de maintenir l’injustice économique et sociale que les pauvres subissent toujours plus face aux riches d’une part, et surtout conserver la nécessité d’un pouvoir autoritaire qui tomberait de lui-même si leurs esclaves s’apercevaient qu’ils peuvent très bien fonctionner sans leurs maitres d’autre part.

 

L’idéologie du « choc des civilisations » est donc indispensable pour justifier les invasions irakiennes, le soutien d’Israël, les tensions face à l’Iran, les coupes budgétaires et la remise en cause des droits à la sécurité sociale ou au travail. Cette idéologie est nécessaire à l’ingérence des pays riches qui peuvent ainsi s’immiscer dans la vie politique locale des pays pauvres et influencer directement les échanges en pesant de toute leur influence militaire, financière et politique. Elle permet de s’accaparer les ressources de ces pays, et d’en contrôler tous les rouages en imposant les mesures qui les enrichit eux, au mépris de la protection sociale et du développement des peuples.

 

C’est ce « choc des civilisations » qui crée les conditions d’une crise dont les fautes seront rejetées in fine sur « l’ennemi musulman », bouc-émissaire servant de paravent aux véritables instigateurs de la misère des peuples, nos propres dirigeants élus « démocratiquement »… selon les désidératas de quelques riches financiers prêts à tout pour ne pas qu’on s’aperçoive de leurs méfaits, de leurs traitrises… et de leur enrichissement. Que le complot pour un nouvel ordre mondial soit volontaire ou pas importe peu, car il est indispensable qu’il existe : ce n’est pas la vérité qui fait la réalité, mais la croyance en la réalité qui devient vérité. A force de mentir à leurs peuples, les gouvernants préfèrent cacher leurs mensonges derrière d’autres mensonges, et détourner l’attention des peuples qui souffrent vers un autre responsable qu’eux-mêmes, qui cachent et détruisent tous leurs méfaits dans des chambres de compensation, qu’on appelle à juste titre « les trous noirs de la finance« .

Ce n’est donc pas seulement contre les dictateurs actuels qu’il s’agit de lutter, mais bien contre ce « nouvel ordre mondial » qu’on nous prépare à accepter, pour contrebalancer le « retournement capitaliste » que j’ai déjà décris ailleurs et qui menace la position dominante des pays riches. Et pour ce faire, quoi de mieux que d’organiser nous-mêmes un « contre-complot », à rebours de ce que nous connaissions jusqu’ici ?

Un complot destiné à lutter non pas contre les pauvres, mais cette fois-ci contre ce petit nombre qui tire sa force d’une puissance économique construite sur l’exploitation du plus grand nombre, et dans un secret qui, une fois « éventé », ne permettrait plus de protéger leurs vils desseins, leurs viles actions ? La légitimité des peuples n’est fondée que par le nombre, et ce n’est qu’en nous unissant que nous serons capables d’exiger les changements auxquels nous avons droit. Il faut nous organiser pour dénoncer partout les mensonges, utiliser les outils dont nous disposons pour les diffuser, les dénoncer, et les rendre visibles par tous. Nous devons être capables de créer un complot au grand jour, afin que les secrets disparaissent. Un complot qui ne cacherait ni ses volontés ni ses actions, un complot qui ne pourrait pas s’éteindre une fois deux ou trois têtes « coupées » car légitimé par des millions de sites « miroir » (l’esprit de tous les citoyens désireux de changements), trop nombreux pour être anéantis. N’ayons plus peur de dire ce que nous voulons, car les peuples sont souverains et légitimes, au nom des droits de l’homme, et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce complot existe déjà, et il se nomme « Assemblée Constituante ». Il n’a besoin ni du gouvernement ni de son argent pour fonctionner, et constitue le seul rempart contre le vol des révolutions par d’autres que le peuple. Il doit s’accomplir au grand jour, car plus il sera visible, et moins il sera attaquable, jusqu’à devenir indispensable. Je vous invite donc une nouvelle fois à venir rejoindre ce complot, le seul qui permette à tous de devenir conspirateur, et surtout le principal bénéficiaire de sa réussite…

Caleb Irri

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Les solutions existent : elles passent par la création d’une Assemblée Constituante

Posté par calebirri le 23 février 2011

Nul n’en doute plus à présent, les évènements que vivent actuellement les populations de certains pays sont historiques, et c’est avec l’espoir de grands changements que les opposants à l’autoritarisme se rendent en masse réclamer leurs droits, le plus souvent au péril de leurs vies. Mais derrière l’espoir suscité par cet hypothétique renouveau, les soulèvements populaires qui parcourent notre planète vont devoir se confronter au plus grand défi qui soit : celui de refonder les bases d’une alternative crédible, et ce avant la reprise du pouvoir par l’une des « élites » habituelles, toujours en embuscade.

C’est qu’il n’est pas simple de changer de régime en un instant. Et d’ailleurs, c’est sans doute l’une des premières raisons expliquant la plupart des échecs des révolutions précédentes. Car pour qu’une révolution ait une chance d’aboutir à l’objectif qu’elle s’est fixée, elle doit avoir déjà préparé ce qui suivra, et être capable de le rendre effectif le plus rapidement possible. Que ce soit dans le sens d’une nouvelle dictature ou dans celui d’une démocratie, les institutions nouvelles doivent être prêtes à fonctionner, ce qui implique un grand travail de réflexion préalable. Pour l’instauration d’une véritable démocratie, il ne suffit pas d’un complot réunissant quelques « initiés » dans un endroit glauque, mais plutôt d’une visibilité extrême rassemblant au grand jour un maximum de conspirateurs. Cette réunion, on la nomme « Assemblée Constituante », car elle est destinée à écrire une nouvelle Constitution, Constitution qui établira les règles de fonctionnement du nouveau régime.

Avant d’en arriver là, la future Assemblée Constituante devra donc être formée, ce qui nécessite une réflexion approfondie sur son mode de fonctionnement, ainsi qu’une légitimité populaire assez large pour rassembler les idées, débattre, s’organiser de la manière la plus démocratique possible. Pour se faire, des nombreuses initiatives existent et ne demandent qu’à se développer, et il suffirait seulement qu’on y croit pour qu’elles se mettent à se concrétiser.

Au départ il y donc un questionnaire. Pour ceux qui n’ont pas suivi cette initiative, vous en trouverez l’explication ici. Ce questionnaire est important, car il représente la première étape du processus constituant. Une fois le nombre de réponses requis atteint, il sera alors possible de dégager de ces réponses (ou parfois des questions, ou propositions) quelques grandes lignes directrices, en même temps que quelques sujets de débats et de réflexions sur certains points qui ne font pas consensus. De ces interprétations et discussions devrait ressortir un texte, sorte de « charte » à respecter par les futurs candidats au poste de « Constituant ».

C’est ici qu’intervient une autre initiative, qui complète et prend le relais du questionnaire, afin de rassembler en un même lieu tous les participants à ce processus : un forum, intitulé « groupe de travail sur une Assemblée Constituante« . Sur ce forum peuvent déjà être débattus les problèmes posés par le questionnaire, débats qui pourraient donc aboutir à la rédaction de la « charte » évoquée plus haut. Un consensus obtenu (à une date fixée, car il faut bien avancer), il serait alors possible de lancer une consultation validant ce texte, pour lancer ensuite un appel à candidatures.

Une fois cet appel à candidatures lancé et une date de clôture définie (une date ou un nombre donc, suivant les réponses au questionnaire), il s’agira alors d’organiser les élections (on verra donc sous quelle forme), et de choisir une date pour le début des travaux de l’Assemblée (une grande réunion par exemple). Je rappelle à cette occasion que la rédaction d’une Constitution n’est pas une mince affaire, car elle déterminera l’équilibre des pouvoirs à venir, les liens entre un éventuel parlement et le gouvernement, les prérogatives de la justice, les modalités d’élections, etc, le tout sans autoriser les faiblesses qui ont permis les abus que nous connaissons aujourd’hui.

Mais si l’écriture d’une nouvelle Constitution doit servir de base au futur régime qui nous gouvernera, il ne faut pas négliger la réflexion sur les principes qu’elle doit incarner, c’est à dire la reprise (ou la refonte) d’une « nouvelle » déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, capable d’intégrer les véritables enjeux et problématiques de notre temps. J’avais déjà tenté d’imaginer à quoi elle pourrait ressembler (ici), mais la création d’une sorte de « wikio » sur le sujet pourrait permettre d’engager une réflexion plus globale, plus universelle, plus participative sur les valeurs que la future Constitution devra défendre. Il ne faut pas oublier que les lois seront votées selon les règles définies par la Constitution, et les principes selon lesquels elle a été rédigée en sont donc l’essence même. Cette réflexion peut s’engager dès maintenant et devra être soumise à l’attention de l’Assemblée Constituante, parallèlement, conjointement et en accord avec ses travaux.

 

Lorsque les travaux de l’Assemblée seront engagés, il serait bon également d’étudier les « modèles » de Constitution dont nous disposons, ainsi que les travaux en cours actuellement, comme ceux du PlanC  de monsieur Chouard, avec sa « wikiconstitution » et son forum spécialement dédiés

Il faudra aussi trouver le moyen de faire la « navette » entre les citoyens et l’assemblée, afin que les deux parties soient informées des actions des uns et des autres, ce qui peut s’exercer au moyen des cahiers de doléances faisant remonter les revendications « locales », et d’une sorte de « bulletin d’information » sur les travaux en cours, participatifs, et consultables par tous.

Lorsque l’Assemblée sera élue et les débats engagés, il ne nous restera plus qu’à mettre en place les votations (toujours sur internet ?), et choisir une date pour le référendum qui clôturera les travaux de l’Assemblée Constituante.

Après cela, nous pourrons enfin, avec calme mais avec la force d’une légitimité accordée par un peuple souverain, exiger le départ de ceux qui l’ont usurpé pendant tant d’années… et commencer à rêver- pourquoi pas ?- d’offrir aux peuples une nouvelle voie, celles qu’ils décident de tracer les uns avec les autres, et plus les uns contre les autres.

Mais en attendant, il faut nous engager, et cela commence peut-être par un simple questionnaire, comme creusant le premier sillon d’un champ immense dont la qualité de la récolte dépendra :les solutions existent, il ne nous reste plus qu’à les réaliser.

 

Caleb Irri

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