des règles dans quel but ?

Posté par calebirri le 22 novembre 2009

Des deux articles précédents  (de la nécessité et de l’application des règles) je ne veux garder que le système éducatif pour esquisser ce à quoi pourraient ressembler les règles à adopter sans tomber dans l’un des deux autres systèmes décrits précédemment (le capitalisme et l’autoritarisme).

Tout d’abord il faut tenir compte de la double nature de ces règles, l’une ayant trait aux besoins matériels des hommes, et l’autre à ses aspirations spirituelles.

Au niveau des besoins matériels, un système qui fonctionne devrait, avant toute autre chose, être en mesure de nourrir et de loger toute la population peuplant cette planète, sans exception. La tâche n’est bien sûr pas évidente, et les contraintes sont nombreuses : la planète n’étant pas extensible et la population allant toujours grandissant, il est fort possible que même en imaginant un système parfait rien ne puisse apparemment régler ce dilemme. D’autant que l’état de la planète et la fin programmée du soleil n’y arrangent rien.

Mais nous n’en sommes heureusement pas encore là, et force est de constater que notre terre, pour peu qu’on sache bien la traiter, doit bien pouvoir être encore capable de nous supporter quelques siècles encore, et même avec quelques milliards d’êtres de plus.

Pour que la satisfaction de ces besoins matériels soit envisageable dans un tel système, il faut évidemment créer les conditions nécessaires à la réalisation de celle-ci (ce sur quoi nous reviendrons). Mais avant tout il y faut l’essentiel, c’est à dire la volonté générale. Tous les êtres doivent être au préalable d’accord avec ce principe, ce qui sous-entend que la satisfaction de ses besoins propres ne doit pas se faire au détriment de la satisfaction des besoins des « autres », plus ou moins proches de son coeur.

Et c’est à cet instant que rentrent en jeu les aspirations spirituelles : car elles seules sont en mesure de faire jaillir la volonté générale ayant pour but de satisfaire ces conditions matérielles pour tous. En créant une sorte d’objectif capable de porter l’humanité dans son ensemble (sans pour cela nuire aux croyances religieuses ou philosophiques individuelles), l’éducation trouverait la justification de son existence. En se donnant comme but la perpétuation de l’espèce humaine (et celle de sa propre individualité) l’humanité se doterait de la volonté de satisfaire aux besoins « vitaux » de tous les êtres humains, et se verrait pour cela dans l’obligation de prendre en compte la sauvegarde de notre planète, sans laquelle cet objectif n’est pas réalisable.

Si on transforme le système dans cet objectif, les conflits d’intérêts de classe peuvent facilement être remplacés par l’intérêt général, ce qui ôterait de fait au capitalisme (et à sa morale) sa capacité de nuisance. En considérant un objectif commun de cette nature, l’humanité serait ainsi capable de faire se réconcilier les besoins spirituels et « temporels » de tous, à travers un objectif moral et juste incontestable : permettre à tous les hommes de prétendre au bonheur par l’intermédiaire de la seule possibilité qui lui soit offerte, à savoir vivre dans des conditions acceptables pour enfin pouvoir se projeter dans cette recherche du bonheur, qui est le but de toute vie humaine sur cette terre.

On peut alors tout à fait imaginer un monde mû par la volonté supérieure de régler les problèmes complexes liés à la vie de l’homme sur terre, tout en conservant une émulation non conflictuelle, non plus à travers les intérêts individuels mais plutôt soucieux de l’avenir de l’humanité, et donc de notre descendance.
Cette transformation par l’éducation ne remettrait en cause ni la technologie, ni la science, ni les compétences et les formations dispensées dans le monde d’aujourd’hui, seulement elle en modifierait l’objectif. il faudra toujours construire, créer, échanger, discuter, calculer, mais dans le but premier de satisfaire aux besoins de tous malgré les contraintes de l’espace et du nombre (un défi formidable à relever), et dans le but second de préparer, à long terme, un projet non moins formidable : celui de concevoir les moyens techniques, physiques, de conserver notre planète viable assez longtemps pour être en mesure, le jour venu, d’aller installer l’humanité ailleurs, pour continuer cette aventure fantastique qu’est l’être humain.

caleb irri

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de l’application des règles

Posté par calebirri le 16 novembre 2009

Une fois la nécessité de posséder des règles étant établie, il nous faut étudier les moyens de les faire appliquer. Pour commencer il est utile de distinguer la nature de ces règles, qui sont de deux sortes : elles se doivent d’une part de permettre la vie en société dans son fonctionnement quotidien, mais d’une autre aussi de proposer une sorte d’objectif spirituel pour chaque homme et pour la société dans son ensemble, c’est à dire de proposer une vision du bonheur à atteindre.

Ces moyens d’application sont au nombre de trois, et proposent tous une vision à la fois concrète (avec le système de sanction/récompense) et spirituelle (les règles d’accession au bonheur) :

tout d’abord, il faut considérer le capitalisme non comme une sorte de « sous-système » capable d’âtre adapté à un régime politique, mais comme un « supra-système » ayant une existence par delà les régimes mis en place.(voir article). Il possède une sorte de balance jugeant les actions, et une morale propre (ce qui rapporte est bien), avec un objectif spirituel simple : la richesse est synonyme de bonheur.

le deuxième fonctionne sur la peur, qu’elle soit physique ou mentale. Un système tyrannique instaure des règles arbitraires qu’il fait respecter d’abord par la propagande, la philosophie ou la religion, et au besoin par la terreur physique. L’argent n’est pas utile si le système tient bien, et le bonheur se trouve en suivant à la lettre les règles imposées : la récompense est la montée hiérarchique, et la sanction peut aller jusqu’à la mort. Il se peut aussi que, grâce à la propagande, la peur de l’enfer ou l’espoir du paradis suffisent à servir de jugement, ce qui permet ainsi au pouvoir en place de ne pas avoir à promettre de récompense, ni d’avoir trop besoin de recourir à la sanction créatrice de désordre.

Le troisième moyen se trouve être le consentement général, et est sans doute le plus difficile à mettre en place. Il signifie le consentement éclairé de la totalité des êtres humains, avec comme objectif spirituel de rechercher le bonheur pour tous et pour chacun, avec comme seul juge la réussite ou l’échec de cette quête. Les moyens de coercition physique et mentaux ne dépendent que de la bonne volonté de chacun, et les sanctions peuvent se limiter à l’opprobre jeté par la majorité sur l’individu, voire à un ostracisme « formateur ». les récompenses sont le regard des autres et la satisfaction personnelle.

Si on comprend aisément comment fonctionnent les deux premiers moyens d’application, il faut avouer que le troisième est sans doute le meilleur, mais aussi presque impossible à réaliser ; d’autant que les deux premiers se targuent toujours officiellement d’être le fruit de ce consentement général.

Cela est explicable lorsqu’on regarde comment se fabrique ce consensus : par l’éducation, et uniquement par ce biais. Et c’est là tout le danger. Car la différence qui existe entre l’éducation et la propagande est en réalité une différence de point de vue : la propagande est l’apprentissage des comportements qu’il faut tenir pour faire tourner le monde tel que le voient quelques uns, alors que l’éducation est l’ouverture à la compréhension du monde, pour ensuite y adapter les comportements qui conviennent, et ce différemment pour chacun.

Pour comprendre cette différence de point de vue sur le rôle de l’éducation, il suffit de considérer les objectifs (sur lesquels nous reviendrons ailleurs) que se fixent chacun de ces moyens d’action :
Dans le premier cas (capitalisme), c’est l’individu qui prime au détriment de la communauté
Dans le deuxième (autoritarisme), c’est la communauté qui prime sur l’individu
Dans le troisième (consentement général), les deux sont une priorité.

Le capitalisme et l’autoritarisme se servent donc de l’éducation pour diffuser leur propagande, qui finit par provoquer la peur (physique ou mentale) et la soumission. Le consentement général se sert lui aussi de l’éducation, et c’est là toute la difficulté, mais dans un but opposé : celui d’ôter la peur pour la remplacer par la confiance.

L’éducation est donc bien cette fabrique du consentement, et celui (groupe ou individu) qui possède le pouvoir de faire l’éducation détient celui de faire le monde. Alors que le monde se devrait d’être expliqué pour être compris, par l’éducation.

 

 

caleb irri

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de la nécessité d’avoir des règles

Posté par calebirri le 15 novembre 2009

Une fois posé le problème du fonctionnement du capitalisme, après avoir réfléchi à ce que veulent les hommes et constaté la difficulté de remplacer le système qui nous oppresse, on ne peut qu’essayer d’imaginer à quoi pourrait ressembler un autre système.

Pour commencer sur ce sujet, la question primordiale réside dans le rapport de l’homme avec la liberté, qui semble être à la fois son bien le plus précieux et un danger essentiel pour la vie en société.

Prenons l’exemple des sociétés primitives. certaines tribus ancestrales vivaient de peu de travail et de beaucoup de loisirs. Bien loin de nos huit heures quotidiennes de labeur, certaines sociétés avaient trouvé la possibilité de s’arroger une part non négligeable de leur temps pour les loisirs.
Mais que se passe-t-il (et c’est là toute la question) lorsqu’un petit malin survient dans cette société pour tuer le chasseur revenant chargé de nourriture, et lui spolier le fruit de son labeur ?

Il n’y a alors que trois solutions possibles pour cette société : soit elle laisse faire, et la loi du plus fort prend le dessus. Soit elle punit, et cela signifie des règles. La troisième possibilité c’est l’éducation, pour faire en sorte que ce tueur ne désire pas accaparer le fruit du travail du chasseur.

La première de ces solutions ne peut convenir à une société développée, car elle n’est en réalité que l’expression de l’animalité qui sommeille en chacun de nous, et conduit inévitablement à l’instauration d’une tyrannie à plus ou moins long terme. De plus, cette façon de voir les choses va à l’encontre d’un concept essentiel à la vie en société, celui de la justice. Et pour qu’une société soit juste, il est communément admis que les plus faibles soient protégés des plus forts, pour établir une sorte d’équilibre, ou d’harmonie entre tous les membres de la communauté. Cela revient inévitablement à remettre en cause le principe absolu de liberté auquel l’homme serait en droit de prétendre, et à instaurer une sorte de limite consensuelle à cette liberté, dans le but de satisfaire au « vivre ensemble ».

La deuxième solution prend en compte cette nécessité du vivre ensemble, et considère justement que des limites doivent être imposées pour permettre à une société dite « civilisée » d’exister. Sans la mise en place d’un système de sanctions et de récompenses l’homme serait sans volonté mais plein de désirs, et personne ne serait en mesure d’assumer les tâches essentielles au bon fonctionnement d’une société. La vie est ainsi faite que l’homme ne peut pas vivre sans souffrance, mais ne la désire jamais. Et si on le laissait faire, il ne travaillerait pas, voudrait tout et, de plus, s’ennuierait sans doute.

Partant de ce principe, et s’il faut se résigner à fixer des limites aux individus, il faut d’abord expliquer de quelle manière on peut procéder pour les établir, et aussi les faire accepter.

Mais dans un premier temps, il faut parler de la nature de ces règles, de ces limites : elles sont l’expression de la conception du Bien et du Mal dans une société (qu’elles soit choisie ou imposée), à travers un système de balancier graduant les sanctions. Cela implique l’élaboration d’une justice et la création d’une police, en même temps que l’établissement de récompenses destinées  à motiver les actions des hommes. Et tout cela sous le contrôle d’un organisme « supérieur » détenant le pouvoir d’organisation du système dans son ensemble.

Ensuite, et pour évoquer les différentes manières d’établir des règles, il est important de parler de la représentativité, à savoir de qui décide des règles à adopter : un petit groupe (sélectionné selon quels critères ?) pour le bien de tous, ou tous ensemble pour le bien de chacun (sans sélection) ?Il est difficile de se prononcer car dans le premier cas, il est fort possible que le petit groupe soit tenté de chercher, naturellement, son propre intérêt. Et dans le deuxième, il se peut également que personne, naturellement aussi, ne soit d’accord avec son voisin.

 

Cependant, il est tout à fait imaginable que l’éducation soit la solution à ce dilemme, car si personne n’est capable de rechercher l’intérêt de son prochain avant le sien propre, nous savons que notre individualisme n’est que le fruit de notre éducation. Et qu’il est donc possible d’inculquer à nos enfants une autre manière de voir le monde que celle que nous avons reçu. Cela constitue la troisième possibilité au bon fonctionnement d’une société.

 

caleb irri

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peut-on supprimer l’argent ?

Posté par calebirri le 27 mai 2009

Aristote dénonçait en son temps (vers 384-322 avant J.C.) ce qu’il appelait « la chrématistique ». ce terme n’est pas très courant, et il « décrit la pratique visant à l’accumulation de moyens d’acquisition en général, plus particulièrement de celui qui accumule la monnaie pour elle-même et non en vue d’une fin autre que son plaisir personnel » (Wikipedia).

 

Cette notion s’oppose pour Aristote à l’économie (étymologiquement la règle qui régit la maison, la communauté), indispensable pour réaliser les échanges nécessaires à la vie en société. L’activité qui consiste à accumuler de l’argent pour lui-même est considérée comme déshumanisante, en ce sens qu’ elle nuit à la vie en communauté des animaux politiques que nous sommes.

On voit bien à quel point le problème n’est pas nouveau. Il semble bien que le capitalisme existât (sous une autre appellation) dès l’apparition de la monnaie. Ce qu’il faut  également souligner, c’est le caractère nuisible de la pratique chrématistique déjà entrevu par Aristote. L’homme fait pour vivre en société ne participe pas au bien commun lorsque ses pratiques sont égoïstes.

Si cela peut sembler logique à première vue, il faut  tout de même rappeler sur quel paradigme est fondée notre économie : l’intérêt de chacun profitant à tous, la « main invisible ». on serait en droit de s’interroger sur la crédibilité d’une théorie se basant sur l’invisibilité de son mécanisme, mais les subtilités de cette théorie ne s’arrêtent pas là. Le terme « économie », qui selon Aristote est l’utilisation « positive » de l’argent (puisqu’elle profite au bien-être de la communauté) devient lorsqu’on change le paradigme fondamental le contraire de « l’économie » d’Aristote (puisque ce paradigme préconise l’accumulation de richesses pour sa satisfaction personnelle). Mais si l’on considère que cette même théorie soutient que la somme des intérêts individuels concoure au bénéfice de tous, alors ce terme « économie » devient acceptable.

C’est sur ce renversement de paradigme que s’établit le capitalisme dans son acception d’aujourd’hui. par une subtile transformation des idées que représentent un mot, l’économie communautaire d’Aristote est devenue l’économie individualiste.

 

Faut-il donc pour  se débarrasser de la chrématistique éduquer les populations au bien commun, en espérant que les dérives individualistes se résorbent, ou supprimer l’argent pour pratiquer les échanges autrement ?

je vois déjà les réponses arriver en masse, les uns arguant que le capitalisme est le moins pire des systèmes, les autres qu’on a bien vu ce que donnait le communisme. sans compter d’autres encore qui se tiennent les côtes en évoquant le troc.C’est généralement à ce niveau de pensée que s’arrête le débat sur la monnaie.

Pourtant, les solutions pour parvenir à un monde « meilleur » (c’est à dire un monde où la chrématistique n’existe pas) existent sans doute, pour peu qu’on débride son imagination et qu’on aille un peu plus loin dans la réflexion.

 

L’une de ces solutions consiste à établir une gouvernance internationale autoritaire qui réalise au niveau mondial un collectivisme d’Etat, avec contrôle total des agissements des populations, ce qui rendrait rapidement obsolète l’utilisation de la monnaie. Chacun pourrait, suivant sa condition sociale, accéder ou pas à certains lieux, certains produits, certains services.

Une autre possibilité serait de parvenir à un conditionnement éducatif et social si abouti que le luxe et l’excès seraient considérés comme moralement inconcevables. Cette humanité parfaite n’existe évidemment pas, mais si elle était créée il ne fait aucun doute que le capitalisme s’effondrerait de lui-même, pour laisser place à une sorte d’  « autogestion » éclairée et stagnante, comme un retour au paradis originel. Le conditionnement philosophique de ce monde idéal serait proche des sociétés primitives, où une vie dans laquelle on serait vêtu d’un pagne en cultivant une petite parcelle suffirait à chacun… on peut toujours rêver.

La dernière hypothèse serait la suppression de la monnaie au profit du « don gratuit », une pratique qui rappelle la religion mais qui n’est en réalité que l’aspiration profonde des êtres humains. Le don gratuit est un acte généreux qui se différencie de l’échange par son absence d’obligation de retour.  Il implique la mise en place d’un système différent basé sur l’opulence et non plus sur la rareté. L’avantage d’un tel système est grand, car il permettrait à la fois de satisfaire aux besoins essentiels de tous, et cela sans nuire à autrui.

Les suppressions des emplois liés à l’argent pourraient libérer l’homme de la contrainte du temps de travail, en lui en accordant plus pour la recherche de nouvelles méthodes, de nouvelles techniques favorisant l’amélioration des conditions de vie. Car ce système ne remet pas en cause le progrès technique : les défis qui attendent l’humanité sont gigantesques, et l’abondance en est un qui réclame beaucoup d’intelligences et de savoirs-faire.

 

Seulement voilà : il semblerait bien que la première hypothèse soit celle retenue. Face à l’immensité des dégâts engendrés par des siècles d’individualisme centré sur les valeurs de concurrence et de rareté, la tâche consistant à envisager le partage et l’opulence peut paraître irréalisable. Alors, au lieu de s’acharner à comprendre pourquoi le capitalisme  fabrique de la misère, l’homme fait semblant de croire que c’est le capitalisme qui la supprimera. Ainsi il peut continuer ses agissements égoïstes, sans avoir à se retourner sur ses propres erreurs. ni entrevoir les conséquences de celles-ci.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

voir http://calebirri.unblog.fr/2010/04/25/lexperience-de-la-gratuite/

et http://calebirri.unblog.fr/2010/03/18/et-si-la-gratuite-cetait-possible/

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