De l’Assemblée Constituante à la gratuité… en passant par le salaire à vie ?

Posté par calebirri le 9 avril 2014

Puisque le chaos viendra, un nouvel équilibre naîtra de ce chaos. Et il n’y a pas trente-six solutions, mais seulement trois : la première c’est « 1984″ de George Orwell, la deuxième « le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley (voir ici), la troisième se nomme… démocratie.

La première ne nécessite pas d’utilisation de la monnaie ; la deuxième s’en satisfait ; la troisième se doit de ne pas l’utiliser. C’est devenu pour moi une évidence : la démocratie ne peut être que gratuité.

Car s’il y a bien une chose que les événements actuels nous apprend, c’est que la démocratie est tout simplement incompatible avec le capitalisme -et cela quelle que soit la définition qu’on donne du capitalisme : à partir du moment où le capitalisme nécessite l’utilisation de la monnaie, celle-ci est condamnée à devenir le référent universel de tous les échanges, avec les conséquences que cela implique politiquement, socialement, etc,… ce qui me fait dire qu’un système réellement démocratique doit nécessairement savoir s’en passer. Et c’est ainsi qu’intervient le « gros mot » de la « gratuité ». Car si le capitalisme est bien le problème, la suppression pure et simple de la monnaie doit en être la solution.

En considérant que le capitalisme montre aujourd’hui clairement ses limites en tant que mode de gouvernement servant l’intérêt général, il faut bien soit accepter les injustices qui le caractérisent et tenter d’y trouver son profit, soit le remplacer par un autre que nous n’avons encore jamais tenté. Qu’on ne me parle ni de Thomas more ni des phalanstères du 19ème siècle -ces utopies sont totalement déconnectées du monde présent ; et encore moins du communisme russe ou chinois qui ne sont que des dictatures capitalistes (puisqu’elles utilisent la monnaie).

ET c’est bien là que commencent les ennuis : car à bien y réfléchir, aucun système prenant en compte les données « actuelles » du monde d’aujourd’hui n’a été théorisé à travers le concept « ultime » de gratuité (ni donc de réelle démocratie) en opposition à celui du capitalisme.

C’est que la tâche n’est pas aisée. Car même en admettant qu’une telle théorie existe (après tout, il n’est sans doute pas plus aisé de théoriser un capitalisme moral qu’une démocratie gratuite), il ne fait aucun doute qu’elle n’a dans le système actuel à peu près aucune chance d’être popularisée massivement : le monde entier vit et pense selon les règles imposées par le système dominant.

J’ai déjà à de nombreuses reprises évoqué mon désir de voir s’entamer une réflexion sérieuse et collective sur le « post-capitalisme », et le chaos qui vient aura certainement lieu avant que nous ayons eu le temps de nous y atteler ; mais cela ne doit pas nous empêcher de vouloir dès maintenant envisager le processus qui pourrait conduire une telle transition systémique (plutôt que de s’échiner à « calculer » le prix de la sortie de l’euro), processus qui peut tout-à-fait s’enclencher parallèlement à la mise en place de cette réflexion (j’ai un projet pour cela !)

Et cette transition, je crois l’avoir peut-être trouvée : c’est le « salaire à vie » défendu par Bernard Friot, qui est un concept quelque peu différent de celui du « revenu de base » ou « revenu universel » soutenus par d’autres (pour en savoir plus regarder la vidéo). Le salaire à vie se différencie du revenu de base non pas tant dans son fonctionnement que par la philosophie qui l’anime : il nécessite un changement de paradigme dont les problématiques sont assez proches de celles posées par la mise en place de la gratuité, à savoir qu’il renverse complètement la manière de concevoir la société. A travers la redéfinition de l’emploi et du travail, du salaire et du revenu, de la croissance ou de la propriété des entreprises, ainsi que les conséquences de cette redéfinition sur l’obsolescence programmée, la production, l’écologie,l’industrie du luxe, l’utilité, le désir, le besoin… Il faut voir que, comme le dit si bien monsieur Friot, ce n’est pas monsieur Mittal qui fait vivre 20 000 personnes, ce sont 20 000 personnes qui font vivre monsieur Mittal. Voilà qui résume bien la nécessité de la lutte contre le capitalisme.

Mais l’instauration d’un « salaire à vie » nécessite -comme pour la gratuité- la résolution préalable d’un certain nombre de questions comme le rôle de l’Etat, la motivation des individus, les relations internationales, questions qui retournent à la définition institutionnelle des concepts évoqués plus haut. C’est-à-dire à la redéfinition de la Constitution, afin qu’elle permette l’instauration dans les textes institutionnels des conditions de réalisation du salaire à vie.

Et ce n’est donc qu’à travers la mise en place d’une Assemblée Constituante que sera rendue possible la révolution qui conduira au salaire à vie, sans rupture et sans violence, pour dans un second temps aboutir à la gratuité.

Car le salaire à vie, s’il venait à se généraliser, conduirait rapidement à l’obsolescence de l’argent. Il n’est pas une fin en soi mais le début d’une évolution vers la gratuité. Il ne doit pas se concevoir comme un encadrement du capitalisme mais comme un étape vers la destruction du capitalisme.

Et je crois que c’est dans cette direction qu’il faut creuser : il n’y aura pas de démocratie tant que le capitalisme perdure.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
Pour aller plus loin, voir aussi : Le salaire à vie contre le revenu de base

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Pourquoi la vraie gauche n’existe pas (et ne saurait exister)

Posté par calebirri le 28 décembre 2013

La politique fonctionne depuis toujours sur une opposition binaire entre deux camps principaux qui se disputent le pouvoir tour à tour, et qui sont censés offrir aux peuples une « alternative » entre deux positionnements idéologiques que l’on a l’habitude de considérer comme opposés. Il s’ensuivit la mise en place d’une sorte de ligne centrale verticale autour de laquelle s’installèrent peu à peu les différents partis politiques, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite en passant par le centre. Aujourd’hui il y a ceux qui sont à droite, et ceux qui sont à gauche de la ligne. Cela signifie qu’il n’y a donc ni droite absolue ni gauche absolue mais des droites et des gauches relatives. D’ailleurs pour expliquer la différence entre Démocrates et Républicains aux Etats-Unis par rapport à la droite et la gauche françaises, il suffit de déplacer le curseur central quelque peu sur la droite et le tour est joué.

Car quand il s’agit de définir la véritable différence entre la droite et la gauche institutionnelles, il apparaît rapidement qu’il n’y en a d’un point de vue politique aucune, ou si peu… Car que défend aujourd’hui « la gauche » par rapport à « la droite », si ce n’est un léger déplacement du curseur vertical quelques centimètres sur la gauche d’un curseur déjà bien à droite ?

Ces deux grandes forces politiques s’affrontent bien dans un cadre capitaliste que je sache, tandis qu’une « vraie » gauche devrait nécessairement se positionner sur une idéologie « socialiste » qui lutterait de fait CONTRE le capitalisme, et POUR la démocratie . Or ce n’est pas le cas. Cette gauche n’existe pas.

Ce qu’on peut dire maintenant, c’est que si la gauche en tant que force politique n’existe pas, il existe cependant bel et bien des gens qui se revendiquent « de gauche ». C’est ce que j’appellerais la gauche « réelle », ou la « quasi gauche », voire la « gauche complexée » en référence au PS que monsieur Lordon appelle « la droite complexée », c’est-à-dire la gauche qui milite pour lutter contre les excès du capitalisme.

Alors qu’à droite on croit aux vertus du capitalisme et qu’on s’imagine que la rationalité des individus conduit à la pérennité de la civilisation, cette gauche « réelle » croit au contraire que l’homme est suffisamment solidaire et altruiste pour s’opposer -et lutter- efficacement contre les « excès » du capitalisme.

Mais si tous deux sont de bonne foi, il apparaît qu’ils sont tous deux également dans l’erreur, car leur idéologie est exclusivement fondée sur une confusion majeure , à savoir que l’homme peut être ou parfaitement rationnel ou parfaitement irrationnel, ou tout bon ou tout mauvais, ou généreux ou égoïste, alors qu’en réalité il n’est rien de tout cela et tout cela en même temps. L’homme est, comme le disait déjà Spinoza, fait de passions et de raison, et il n’existe (et ne peut exister) aucun curseur capable de séparer l’âme humaine en deux.

Le capitalisme d’Ayn Rand (voir « là-bas si j’y suis ») serait sans doute « plus juste » qu’il ne l’est si les hommes étaient réellement des « agents rationnels », mais c’est sans compter sur la véritable nature de l’homme qui est tout simplement faible et malléable, ce qui entraîne nécessairement : d’une part la corruption qui s’appuie sur l’appât du gain et du pouvoir, et d’autre part la solidarité qui autorise des avancées démocratiques et sociales. Faiblesses humaines qui conduisent in fine à la destruction de la concurrence libre et non faussée (les fameuses « distorsions de concurrence »), à la dette, aux monopoles et à l’oligarchie. Les hommes finissent toujours par transgresser les règles.

Le capitalisme pourrait sans doute être également « moins injuste » si les hommes étaient simplement « socialistes » ou « communistes », mais c’est sans compter l’amour qu’on porte à ses proches plus qu’aux inconnus, la peur des étrangers, la faim ou la violence qui empêchent le « bien » de progresser : l’homme est faible et il ne pourra jamais lutter « à l’intérieur du cadre » sans se soumettre ni se laisser corrompre par ce cadre. Il protège d’abord – et « naturellement »- les siens avant de s’occuper du bien d’autrui.

C’est tout cela qui me fait dire que la « vraie » gauche (celle qu’aucun homme véritablement « de gauche » ne nommerait ainsi) non seulement n’existe pas, mais ne saurait tout simplement pas exister : car si les hommes pensaient d’abord aux autres avant de penser à eux-mêmes, ils supprimeraient le capitalisme pour le remplacer par le monde des fourmis ou des termites dans lequel le collectif prime sur l’individu qui ne vaut rien.

En réalité, il n’y a pas d’issue idéologique dans cette distinction « droite/gauche » : d’un côté il y a l’individu qui prime sur le collectif, et de l’autre le collectif qui s’impose à l’individu. Tout cela dans un cadre strictement capitaliste. Mais la démocratie ne peut souffrir le capitalisme, car le capitalisme conduit toujours à la dictature (qu’elle soit individuelle ou collective). Pour sortir de cette impasse il faut sortir du cadre de pensée qui nous est imposé par le capitalisme et de cette distinction stérile qui conduit à la perpétuation de nos misères collectives : l’homme doit passer par le collectif pour se libérer des contraintes individuelles et passer par l’individu pour se libérer du collectif. L’individu seul peut moins qu’allié avec les autres, mais ne doit pas tomber dans l’excès du collectif niant l’individu. Et puis surtout, on ne peut pas changer l’homme.

On ne peut pas changer l’homme, mais on peut changer le système. Surtout s’il n’est pas bon pour l’homme.

Maintenant, on me rétorquera peut-être que ceux qui veulent changer radicalement les choses s’illusionnent en s’imaginant être libres (de le faire) alors qu’ils ne le sont pas (le capitalisme est le seul système viable), mais je leur répondrai que là-aussi ils font erreur, et que ce sont eux-mêmes qui sont victimes de l’illusion contraire : celle de croire que nous ne sommes pas libres, alors qu’en réalité nous le sommes encore ; et nous le serons toujours.

Cette prise de conscience est le nécessaire point de départ pour toute évolution vers une véritable démocratie.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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En France, nous n’avons plus de Constitution

Posté par calebirri le 19 mai 2013

Le Parlement (Assemblée Nationale plus Sénateurs) est une émanation de la démocratie censée représenter la souveraineté du peule, en même temps qu’il est un contre-pouvoir capable de lutter contre le pouvoir exécutif. Il détient le pouvoir législatif (celui de voter les lois) et doit fonctionner de manière indépendante : ce qui signifie qu’il doit se mettre au service du peuple au lieu d’être au service de l’Etat (qui est n’est autre que le pouvoir exécutif, le gouvernement). Or depuis la modification constitutionnelle qui a permis le passage du septennat au quinquennat, le Parlement se transforme peu à peu en une simple « chambre d’enregistrement » du pouvoir exécutif : la majorité à l’Assemblée Nationale est de fait acquise au président élu, et permet en pratique à celui-ci de contraindre le parlement à voter les lois proposées non pas en conscience mais suivant les directives imposées d’en haut, au nom de la majorité.

Sauf qu’en théorie le Parlement doit pouvoir s’opposer au gouvernement : sinon quel intérêt y a-t-il à élire nos députés ?

Forts de ce constat, nous pouvons donc affirmer que la République actuelle n’a pas de Constitution, comme le précise l’article 16 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen qui sert de fondement à nos institutions : »Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » En l’absence de cette séparation -et en la présence d’un défaut de garantie des droits (la propriété des fonds d’épargne sont de par la politique économique menée menacés par la faiblesse des fonds propres autorisés par le gouvernement aux établissements bancaires), il nous faut admettre l’évidence : nous ne respectons plus nos textes fondateurs.

Le Parlement pourrait (et devrait) donc s’opposer à cette mort de la démocratie, et demander la destitution du président (il faut une majorité de deux tiers de l’Assemblée Nationale puis des deux tiers du Sénat pour réunir la Haute Cour autorisée à statuer)
: car il est clair désormais que le chef de l’Etat manque à ses devoirs et se trouve manifestement en contradiction avec son mandat (il applique le programme de Sarkozy !)

Pour comprendre l’immobilisme du Parlement, je rappelle à titre informatif que les députés, comme les sénateurs, gagnent plus de 13 000 euros chacun (en tout, sénateurs plus députés réunis, cela revient à 150 millions d’euros par an, le tout sans compter la réserve parlementaire ni les retraités), ce qui pourrait constituer un début d’explication, mais pas une excuse… A ce prix là, les parlementaires devraient au moins faire leur boulot correctement (certains diraient même que c’est leur devoir !).

Mais comment dans de telles conditions financières ne pas abandonner le service du peuple au profit de celui de l’Etat (lui-même au service de l’ennemi du peuple, la finance) ?

Au lieu d’être un contre-pouvoir, on s’aperçoit qu’en réalité le pouvoir législatif que représente le parlement est devenu l’esclave du pouvoir exécutif, et que cela implique sinon la fin de la République, au moins son agonie.

Que cela signifie-t-il ?

Et bien tout simplement que si le gouvernement français ne respecte plus la Constitution, et que le parlement est soumis au gouvernement, le pouvoir Français devient illégitime, même au regard de la Loi. Et puis surtout, que nous ne sommes plus tenus de respecter un gouvernement qui lui-même ne respecte pas ses propres principes.

Pourtant, si les parlementaires étaient moins lâches et moins cupides, ils auraient le pouvoir de s’y opposer. Malheureusement ils ne le font pas : ils préfèrent voter des lois dites « d’habilitation » pour se défaire de leur pouvoir législatif (d’une durée qui va sans cesse croissant) au profit de ces « ordonnances » quasi « royales » (elles-aussi en constante augmentation).

Mais que nos corrompus de tous bords ne se réjouissent pas trop vite : vu le prix qu’ils coûtent et au regard du travail qu’ils fournissent, il se peut qu’ils fassent bientôt partie des prochains cortèges luttant contre les licenciements économiques !

Que faire maintenant ?

Et bien la solution est simple : puisque notre société n’a pas de Constitution, il nous en faudra bien en rédiger une ! et comme ni le gouvernement ni le parlement ne veulent écouter la voix du peuple, le peuple doit se choisir une autre voie ! Il faut refaire une nouvelle Constitution nous-mêmes, et cesser de nous occuper de ces « bons-à-rien ». Se regrouper, se rassembler, et réfléchir ensemble au meilleur moyen d’éviter que nos futures institutions permettent ce genre de dérives…

Cela va prendre du temps, mais cela est indispensable. Autant nous y mettre maintenant, non ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Assemblée Constituante : peut-on mettre tout le monde d’accord ?

Posté par calebirri le 22 avril 2013

La marche du 5 mai pour la Constituante approche, mais les réponses elles n’arrivent toujours pas : malgré tous mes efforts pour en obtenir, personne ne semble en mesure de dire aujourd’hui comment cette Assemblée Constituante fonctionnera, ni qui la formera.

Comment rassembler le peuple dans ces conditions ?

Les seuls points abordés par le programme du Front de Gauche sont l’élection de l’Assemblée Constituante à la proportionnelle intégrale sans seuil (et avec parité), mais sans savoir ni combien de personnes seront élues, par liste ou par nom, et autres questions du même genre qui restent sans réponse ; ainsi que la validation de la nouvelle Constitution au terme des travaux de cette dernière par référendum (mais dans quelles conditions, là aussi silence total). Presque comme en Tunisie, dont on connaît aujourd’hui l’échec. Pour le reste, c’est déjà anticiper sur ce qui devra se trouver dans la future Constitution ; et ça ce n’est pas le boulot des politiques ni des organisateurs de l’Assemblée Constituante mais bien celui des Constituants eux-mêmes : il serait malsain d’interférer sur leurs travaux.

Cela étant dit, il n’y a pas que le Front de Gauche qui milite pour la création d’une Assemblée Constituante. De nombreuses initiatives existent aujourd’hui ici et là, mais force est de constater que le rassemblement entre toutes celles-ci ne se fait pas : soit elles ne se connaissent pas, soit elles ne désirent pas travailler ensemble.

Pourquoi ?

C’est que le sujet de l’Assemblée Constituante suscite immédiatement ‘une polémique qui semble insoluble, sur la méthode à employer pour la mettre en place : il y a d’une part les partisans de l’élection des membres de l’Assemblée Constituante (http://www.pouruneconstituante.fr/), et d’une autre ceux du tirage au sort de ses membres (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/). Et entre ces deux visions aucun accord possible car cette question est essentielle au bon fonctionnement de la future Assemblée. De plus, cette question focalise toutes les attentions et ne permet pas d’avancer sur les autres questions, qui appellent pourtant elles-aussi des réponses claires.

Avec le forum « http://pouruneconstituante.forumgratuit.fr » et son questionnaire, j’ai voulu laisser le soin aux citoyens d’en décider, pour peu qu’ils prennent en main cette question : puisque les soutiens de l’une ou de l’autre de ces deux options ne parviennent pas à s’entendre, le peuple peut les aider à en décider pour eux. Car je crois que ce n’est qu’une fois cette question résolue que l’union pourra se faire et que nous pourrons enfin aborder les autres questions, plus sereinement… Et pourquoi pas par l’intermédiaire d’un référendum d’initiative citoyenne).

Mais à bien y réfléchir (et puisqu’on ne se précipite pas sur le forum !) il y aurait bien une autre solution pour trancher et trouver -pourquoi pas- un consensus, que je vous expose ici : admettons une Assemblée Constituante composée de 100 personnes (le chiffre c’est pour faire simple) : 50 sont élues (il faudra tout de même déterminer comment et par qui), et les autres 50 sont tirées au sort (il faudra tout de même déterminer comment et par qui). Ainsi, ceux qui ont peur de « l’amateurisme » des tirés au sort sont rassurés par le « professionnalisme » des élus, et réciproquement. Si les différents partisans de l’une ou de l’autre solution parvenaient à se mettre d’accord sur ce principe, alors nous pourrions enfin avancer ensemble sur le sujet, et passer à la suite.
Cette option pourrait être considérée comme une troisième voie acceptable, et peut-être permettre de « renvoyer » chacun à préparer des propositions concrètes sur « ses » 50%. Ensuite, nous pourrions alors tous marcher ensemble le 5 mai, que ce soit au nom de tel ou tel autre « parti », « mouvement » ou « association », tous sous la même bannière constituante. Et passer enfin au concret.

Car pour que l’idée même d’Assemblée Constituante se popularise et prenne de la consistance, il faut réunir ses partisans au delà de la seule question du tirage au sort ou de l’élection. Nous devons travailler ensemble pour offrir les meilleurs conditions possibles de sa mise en place, et nous mettre enfin au travail.

Je propose donc ici d’organiser, avec tous ceux qui militent pour la mise en place d’une Assemblée Constituante, une sorte de « réunion », de « conférence » ou de « table ronde », peu importe comme on voudra l’appeler, pour se mettre enfin d’accord non pas sur tout, mais au moins sur les moyens de régler les désaccords existants, en travaillant sur la méthode avant que de parler de la Constitution elle-même ce qui- je le répète- est de la compétence des Constituants.

J’invite également tous les internautes qui le souhaitent à me faire parvenir le nom et le lien des sites qui font la promotion de l’Assemblée Constituante afin de faire un état des lieux de la popularité de cette grande idée, en m’envoyant un mail à l’adresse calebirri[at]hotmail.fr, et en précisant si possible si ces derniers sont « pour l’élection » ou « pour le tirage au sort » des membres de l’Assemblée Constituante.

Enfin je lance sur mon blog un (nième) sondage afin de « tester » l’hypothèse d’une Assemblée Constituante à la fois élue et tirée au sort. N’hésitez pas…

Si nous voulons que les choses bougent, bougeons !

Caleb Irri
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L’économie des besoins contre le besoin d’économie

Posté par calebirri le 1 avril 2013

Il y a deux manières de voir le monde : l’une est fondée sur la rationalisation des moyens, l’autre sur la satisfaction des besoins.

La première correspond à celle que nous connaissons depuis des décennies : c’est la théorie selon laquelle le capitalisme forme un gâteau dont la taille est censée grossir indéfiniment pour pouvoir partager ce dernier en un nombre de parts de plus en plus important. La règle impose une concurrence théoriquement libre et non faussée (chacun pour soi fait avec ce qu’il peut contre tous les autres), mais la réalité conduit par l’accumulation à la création de monopoles qui faussent la règle, ou qui permettent même dans certains cas de la modifier à leur avantage (ils sont devenus les « plus forts » -puisque plus riches). Il apparaît donc que les plus forts, même s’ils sont les moins nombreux, prennent les plus grosses parts, pendant qu’ils laissent les pauvres (les plus nombreux) se battre entre eux pour obtenir les restes.

Cette situation engendre deux conséquences : le gâteau peut bien grossir en valeur ou en volume (artificiellement ou pas), mais le partage de ce surplus est toujours inéquitable puisque si, pour une croissance de 10%, le pourcent le plus riche en prend 9 pour n’en laisser qu’un aux 99% restants, la différence ne sera pas énorme pour les pauvres. On organise ainsi une sorte de « rareté » structurelle, sur laquelle repose l’injustice la plus flagrante de ce système.

Une fois cette rareté constatée, on imagine bien la deuxième conséquence : des conflits, à plus ou moins grande échelle, entre tous ceux qui doivent se battre pour survivre à l’intérieur de ce système.

Cette injustice est idéologique et part du principe selon lequel nous ne serions (par déformation eugéniste de la théorie darwinienne) pas plus que des animaux, contraints et soumis aux mêmes contraintes évolutionnistes d’adaptation au milieu (financier en l’occurrence) : on s’adapte aux conditions d’un marché pour conformer la satisfaction de nos besoins à la valeur de notre porte-monnaie. Ces conditions étant de fait inégalitaires et injustes, il se trouve que les plus nombreux doivent s’adapter à une vie misérable et s’en satisfaire pour décider « rationnellement » s’il vaut mieux choisir entre fromage ou dessert.

Mais nous devrions déjà nous estimer heureux : les riches pourraient tout nous prendre, comme ils l’ont signifié durant la crise chypriote, et ils nous laissent pourtant leurs restes… Pourquoi selon vous : parce que vous leur faites pitié ? Non bien sûr, mais parce que sans votre travail ils ne feraient pas de profit. C’est la contrepartie de la démocratie, ou plutôt de ce qu’elle était. En dictature, vous auriez encore moins. Et c’est bien pour ça qu’ils voudraient bien nous forcer à l’accepter.

La seconde est celle que nous pourrions avoir si nous fondions notre système non pas sur les richesses présentes pour combler les besoins, mais si nous partions de nos besoins pour trouver les moyens de les satisfaire. Cette manière de voir peut paraître évidente mais c’est en réalité une véritable révolution idéologique. Si on regarde la situation actuelle, on s’aperçoit que le système fondé sur le besoin d’économie fonctionne de manière incohérente : les besoins n’ont jamais été si grands (dans presque tous les domaines), et l’absence de moyens contraint pourtant au chômage et à la guerre. Comment avons nous pu laisser faire cela ? Alors que nous gâchons près de la moitié de ce que nous produisons, alors que les technologies à obsolescence programmée ne permettent pas la baisse des prix pour les anciennes versions retirées du marché, alors que le chômage est si grand et qu’on manque de tant de logements, d’hôpitaux, de professeurs ou de bouchers, on continue de licencier et de polluer, de laisser faire des métiers pénibles ou dangereux…

Mais que se passerait-il si on inversait les choses en passant du besoin d’économie à l’économie des besoins, c’est-à-dire de faire passer la raison économique après la satisfaction de ces besoins ?

Nous avons besoin de plus d’infirmières ? Formons-les, payons-les, elles dépenseront leur salaire, auront besoin d’un logement, fonderont une famille (et oui pour régler le problème des retraites quoi de mieux que de faire des enfants ?). Nous voulons cesser de polluer la planète ? Développons les énergies propres, gratuites et infinies, trouvons d’abord les moyens de satisfaire les besoins et regardons seulement ensuite combien cela coûte et combien cela rapporte. Qu’on ne vienne pas me parler de la finitude des ressources ou de l’espace de cette planète, j’ai déjà répondu à cet argument ailleurs : le gâteau est potentiellement infini (comme l’univers lui-même), et il ne tient qu’à nous de suivre la bonne recette.

Je ne sais pas si cette manière de voir serait rentable d’un point de vue capitaliste (je suis sûr qu’avec de savants calculs on pourrait prouver que oui et non- allez-y n’hésitez pas à vous lancer !), mais je suis certain que d’un point de vue sociétal personne n’y perdrait. Et puis si ce sont les calculs qui dérangent, n’en faisons pas : la société toute entière ne s’en portera pas plus mal.

Caleb Irri
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Unifier la contestation

Posté par calebirri le 13 mars 2013

Il faut se rendre à l’évidence : le monde est en train de vivre une de ces périodes « charnières » dont ressortira inévitablement « quelque chose » comme ce « nouvel ordre mondial » dont j’ai déjà évoqué l’hypothèse il y a peu. Contrairement à ce qu’on serait tenté d’imaginer à la vue des événements calamiteux qui se produisent un peu partout dans ce monde, il faut se préparer non pas à des conflits majeurs entre deux civilisations (qui ne sont en réalité qu’une seule et même civilisation, celle des humains), mais bien plutôt entre deux classes sociales : les riches contre les pauvres (la « classe moyenne » étant la victime « consentante » qui se croit dans le camp des riches mais qui appartient à celui des -futurs- pauvres).

Face à ce constat, une contestation se met peu à peu en place qui trouble le jeu politique, en même temps qu’elle est elle-même troublée par ce jeu : il y a ceux qui veulent « sauver le système », et ceux qui en veulent un autre. Il y a ceux qui veulent sortir de l’Europe et ceux qui veulent y rester, ceux qui veulent prendre aux riches et ceux qui ne veulent pas, ceux qui veulent plus de protectionnisme et ceux qui veulent plus de mondialisation, plus d’Etat ou plus de dérégulation, la décroissance ou l’économie verte… Comment les citoyens pourraient-ils s’y retrouver ? Les contestataires peuvent être un peu de tout cela à la fois, et il existe presque autant de combinaisons qu’il existe de citoyens… Enfin presque. Car au delà de ces considérations, il y a une chose qui relie toutes les contestations : cette sorte « d’indignation » dont parlait Stéphane Hessel, comme un sentiment confus que les choses ne tournent pas comme elles le devraient, et qu’on pourrait certainement faire « autrement » pour améliorer le sort de nos frères humains… pour peu qu’on se rassemble.

Et c’est bien là que se situe le véritable problème : la contestation existe donc bel et bien, sauf qu’elle est à la fois si diffuse et si confuse qu’il est impossible de s’y retrouver. Nulle part n’existe un lieu capable de canaliser, de rapprocher, de présenter ou même de recenser les alternatives qui nous permettraient de lutter efficacement contre la politique menée actuellement ; laissant la place à une propagande grossière mais efficace qui sature les esprits par son unicité et sa force de frappe (ce qu’on appelle communément « la pensée unique »), et dont le but est de nous faire se tromper d’ennemi.

Pourtant nous avons tout ce qu’il nous faut : nous sommes les plus nombreux, nous avons tous les outils nécessaires , nous avons encore la liberté de le faire (pour l’instant !), et le cerveau collectif existe déjà virtuellement, car toutes les composantes de sa réalisation sont là, disséminées ici et ailleurs par delà les religions, les pays, la couleur de peau ou la culture.

Il ne nous manque donc qu’une seule chose, nous rassembler. Communiquer, partager nos volontés, débattre de nos idées, nous connaître, confronter nos projets, apprendre à nous faire confiance, enfin dépasser les barrières et les obstacles qu’on nous oppose pour avancer ensemble, enfin unis vers un même objectif…

Se rassembler, c’est bien, diront les habitués de ce genre d’appels, mais comment, et pour quoi faire ? Tous les outils sont là, mais ils sont limités et ne parviennent pas à établir la « plateforme de convergence » des luttes en un même lieu, ou pas suffisamment en tous cas : car si de nombreux « petits » groupes existent bien sur la toile, que des rapprochements sont parfois constatés, cette immense toile qu’est internet forme un réseau inextricable où l’on trouve tout ce que l’on veut…. une fois seulement qu’on sait ce que l’on cherche.

Mais qui peut se targuer de connaître l’éventail des initiatives et des projets qui fleurissent pourtant par milliers ? Qui peut faire le tri entre une « bonne » et une « mauvaise initiative, laquelle lui correspond et où les trouver, et comment les chercher ? N’y a-t-il pas des rapprochements, des « alliances » qui puissent se faire entre certains de ceux-ci ?

Il nous manque un « annuaire », une sorte de « botin » dans lequel on pourrait chercher, et trouver, les autres sites en rapport avec ceux qu’on aime déjà… mais qui fonctionne « à côté » des réseaux sociaux habituels : pas d’instantanéité ni d’éphémère, mais des éléments de réflexion permettant d’associer tous les projets entre eux, de visualiser toutes les initiatives en cours, afin de rassembler et de canaliser les énergies et connaître enfin l’état des forces de la contestation.

Avec quelques amis nous sommes actuellement en train de mettre en place un site qui permettra de faire tout cela (et même un peu plus), mais comme à chaque fois dans ce cas il faut que la participation des citoyens soit au rendez-vous : je vous propose donc de me faire parvenir, à travers le « formulaire » suivant (https://docs.google.com/forms/d/17874Z2sO9fUvGDQyDVw-jAjJoAnCxLOIfmNrqxBb1bQ/viewform?pli=1), les initiatives que vous proposez ou soutenez, afin que le site démarre avec suffisamment de matière pour être attractif.

Car le moment est venu de s’atteler à prendre en main ce que nous avons trop longtemps laissé à des incapables ou à des menteurs, et de commencer enfin à poser les bases de ce que pourrait être cette « démocratie mondiale » que ses partisans devront tôt ou tard opposer à la « dictature mondiale » imposée par les puissants de ce monde.

Caleb Irri
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Publié dans crise, medias, politique?, révolution?, un nouveau système | 4 Commentaires »

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