Pour quoi veulent-ils supprimer les paradis fiscaux ?

Posté par calebirri le 3 février 2009

Moraliser le capitalisme. Au delà du non-sens que constitue cette acception (le capitalisme n’est pas immoral mais amoral), il est évident que le fait de vouloir rendre le capitalisme plus « moral » (sans compter que la morale est un concept relatif) doit passer par la transparence au niveau des paradis fiscaux, ceux-ci même que notre bon président presque socialiste prétend vouloir réformer, voire supprimer.

 

Ceci est pour ainsi dire impossible, au moins d’un point de vue capitaliste : car ces « paradis » fiscaux sont une pierre angulaire de ce même capitalisme. Sans eux, et surtout sans les possibilités qu’ils offrent, c’est tout le système qui serait mis à mal par cette réforme.

 

Si les transactions traversant ces paradis obscurs étaient connues, il serait alors possible de déterminer précisément d’où vient l’argent de la drogue, du terrorisme, des pots de vin, de la corruption, en clair de toutes les magouilles exercées par tous ceux qu’on appellera gentiment des voyous de la finance- hommes politiques et gros bonnets compris-.

 

Dans un monde où les politiques sont largement soutenus par les grands financiers (et vice et versa), laisser éclater au grand jour ce qui constitue une partie non négligeable de leurs ressources semblerait pire que de se tirer une balle dans le pied : non seulement on y verrait les malversations dont ils profitent, et en plus ils y perdraient nécessairement une partie de leurs avantages, qui sont loin d’être minimes.

 

Mais tout cela n’est sans doute pas le pire : au delà des paradis fiscaux et leurs taux d’imposition généreux, ce sont les paradis bancaires qui plaisent le plus à tout ce petit monde. Supprimer le secret bancaire permettrait sans doute de couper court au blanchiment d’argent sale, mais mettrait également en lumière les liens douteux qu’il existe entre cet argent sale et certains hauts-placés de certains gouvernements.

 

Et si ces paradis bancaires (il en existe un peu plus d’une dizaine en Europe) sont le trou noir de la finance, Clearstream en est un gigantesque. Le brave Denis Robert, qui avait tenté en son temps de s’y opposer, avait vu juste : il suffirait de lever ce secret bancaire pour y trouver de nombreuses explications, que ce soit au sujet de l’affaire Madoff, mais également pour bien d’autres…

 

De plus, une telle mesure ferait éclater en miettes quelques Etats (Suisse, Luxembourg, Liechtenstein…), Etats qui doivent l’essentiel de leur fortune à leur politique fiscale. Sans compter Monaco, dont les pratiques sont autorisées par l’Etat français.

 

Alors quelle raison peut bien pousser les gouvernements à critiquer aujourd’hui ouvertement ces « trous noirs » dont ils peuvent tant profiter ?

 

J’ai là-dessus une idée bien sûr, mais il faut dire qu’elle m’a été soufflée : monsieur Fillon a dit : « Des trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister, et leur disparition doit préluder à une refondation du système financier international ». C’est pour refonder le système financier international.  Lorsque les transactions seront si fichées que pas un centime ne circulera sans  laisser de trace, il faudra bien payer ses impôts, et signer l’arrêt de mort du travail au noir, de la prostitution, de la drogue, des jeux d’argent, et même des vide-greniers, des ventes sur internet, et de certains achats ou activités que l’on voudrait cacher. Peut-être le « nouveau système financier international » ressemblera à ça, et peut-être même ceux qui le désirent aujourd’hui pourraient le regretter demain…

 

caleb irri

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la réforme du crédit

Posté par calebirri le 12 décembre 2008

A l’écoute des nouvelles propositions du gouvernement sur le crédit à la consommation, je me surprends une fois de plus à m’interroger.

 

On pourra me toujours me taxer de suspicion abusive, mais lorsque j’entends les termes d’une mesure de gauche dans la bouche des représentants du gouvernement mon esprit cherche toujours ce qui peut bien les pousser à accomplir de telles réformes…

Quoi une réforme du crédit, n’est-ce pas le système bancaire qui en profite ? je croyais qu’il fallait avant tout aider les banques pour qu’elles continuent de prêter ?

A moins que les surendettements ne coûtent en définitive plus cher pour l’Etat que ce que ne gagnent les banques. Car les banques sont garanties par l’Etat.

Et la commission de surendettement doit payer les dettes, sans compter le coût administratif.

 

Tout s’explique quand même mieux ainsi, n’est-ce pas ?

 

Mais ce n’est pas fini :

Sous couvert d’une gestion « raisonnable » en matière d’attribution de ces crédits, l’Etat va enfin pouvoir s’arroger un droit de regard sur les comptes bancaires de tous les citoyens, et ainsi s’affranchir du secret bancaire (secret qui sans être absolu, empêche tout de même les banques de se renseigner sur les autres crédits contractés chez la concurrence).

Car comment savoir si un postulant à un crédit à la consommation est en position de surendettement sans lever ce secret bancaire ?

 

 

Ainsi on comprend mieux ce que cache cette soudaine vague de solidarité, une entourloupe bien supérieure à celle dénoncée par Martin Hirsch…

 

caleb irri

Publié dans double coup, politique? mensonges, surveillance | Pas de Commentaire »

en prison à trois ans ?

Posté par calebirri le 1 décembre 2008

Je ne sais même plus quels termes employer pour exprimer ma colère face aux paroles de Fréderic Lefebvre rapportés par le nouvelobs.com.

A peine quelques jours après l’annonce de la possibilité d’envoyer les enfants en prison dès douze ans, ce sont les troubles du comportement à trois ans qui sont visés.

Des troubles du comportement à trois ans oui, et alors ? c’est le contraire qui serait étonnant !

 

A un âge où l’enfant est en pleine construction, qu’il sait à peine parler et ne comprend que peu le monde qui l’entoure, la violence est un des moyens les plus « logiques » de défense et d’expression dont il dispose.

Ces mêmes enfants, qui selon le ministre de l’éducation font encore parfois dans leur couche, et à qui l’on veut supprimer des enseignants, vont-ils devoir être les jours de grève surveillés par la police ?

 

Comment expliquer à un enfant, et cela avant même qu’il ne soit abreuvé par les images du monde ultra-violent des adultes, que lorsqu’un autre enfant ne veut pas lui prêter un jouet l n’est pas nécessaire de taper ? la seule possibilité réside dans l’accompagnement par les parents d’une part, mais également par des professeurs plus nombreux et mieux formés… est-ce cela que prévoit un gouvernement qui  supprime des postes, qui envoie la police armée de chiens dans les collèges, qui fait garder les enfants par des agents municipaux ?

 

C’est un véritable scandale que de supposer la violence « innée » d’un enfant à peine capable d’exprimer correctement ses désirs, ses peurs et ses frustrations.  Cela implique une prédisposition qui, si elle venait à être prouvée, referait surgir des spectres eugénistes autrement plus dangereux que les tapes de petites mains de trois ans… et si elle est acquise, alors les parents d’enfants violents devront-ils subir eux aussi la prison ?

 

Quelles sanctions prévoit-on d’infliger à ces enfants qui n’ont que les pleurs et les coups pour se faire comprendre ? le lavage de cerveau, la surveillance totale ou le taser ?

 

C’est à croire que ce gouvernement ne se rend pas compte de ce qu’il dit, ou alors qu’aucun de ces théoriciens fabuleux n’a d’enfants… les leurs ne sont-ils jamais portés à la violence à l’école ? se laissent-ils battre par leurs camarades sans répondre ? et ne vont-ils pas ensuite se réfugier dans les jupes de leur maman, à grands renforts de bisous et de câlins ?

 

Ce gouvernement qui glorifie le sacrifice des Moquet de seize ans ne peut-il pas comprendre que la violence chez les enfants est justement le fait de l’enfance ? l’éducation ne doit-elle pas servir à canaliser cette violence par la création ou le sport plutôt que de la stigmatiser ?

 

Le jour où les enfants seront mis de côté en raison de cette violence, ne risque-t-on pas d’arriver d’une part à trouver de la violence chez tous nos petits, et d’une autre de créer des troubles mentaux consécutifs à cet « ostracisme » plus importants que le mal initial ?

 

Je n’espère que deux choses maintenant :

L’une est que tous les parents, les sociologues, les pédiatres, les professeurs, les psychanalystes, tous ceux qui savent l’innocence des enfants se révoltent clairement contre de tels propos, qu’ils soient retirés et que cet incapable soit sévèrement réprimandé. Car ses propos sont dangereux, ils sont eux-mêmes vecteurs de violence, et sont à l’origine de phénomènes si graves que l’Histoire Elle-même n’a pas encore réussi à l’oublier.

 

 

La deuxième, c’est que cette personne passe un moment dans la cage aux lions avec quelques uns de ces petits monstres assoiffés de sang et qu’on voit s’il finit la journée vivant ; à moins que la pureté du rire des enfants l’ai rendu plus humain, cette pureté qui même dans la violence est toujours innocente, contrairement aux paroles fielleuses d’un habile sophiste…

 

caleb irri

Publié dans sarko, surveillance | Pas de Commentaire »

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