organiser la dépendance

Posté par calebirri le 30 septembre 2010

il n’y a pas à dire, les choses bougent vite au royaume de France. Les députés ont du travail, et on ne peut plus dire qu’ils ne méritent pas leurs émoluments ! Bon, il est vrai qu’une petite moitié ne sert à rien d’autre que de paravent démocratique, mais le reste fait du beau boulot : ils votent tout ce que leur demande le roi.

 

Mais trêve de plaisanterie, nous avons quand même changé de régime sans nous en apercevoir !

 

Et ce régime, comme tout régime autoritaire qui se respecte, doit se voir affublé d’une cour servile, du pouvoir sur la justice, sur les médias, sur l’économie, et surtout sur son peuple. Avoir le pouvoir, cela signifie avoir le contrôle sur la masse des individus, une sorte de lien invisible qu’il conviendrait d’appeler « dépendance ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit : à travers la paupérisation et le conditionnement (physique et psychologique) continus de la population, le gouvernement entraîne petit à petit ce dernier sur la voie de sa dépendance envers l’Etat, et ce par l’intermédiaire des moyens qui vont suivre.

 

Parmi les techniques employées par les têtes pensantes de notre belle monarchie, il y a bien sûr l’alliance sans cesse plus solide entre le public et le privé, c’est à dire entre l’Etat et les grands patrons. Cette alliance, appelée « partenariat économique », permet à l’Etat de se séparer tout doucement du contrôle des services publics à travers la privatisation de certaines entreprises, engrangeant ainsi monnaies sonnantes et trébuchantes, tout en gardant sur ces dernières une participation suffisante au maintien de son poids décisionnaire, et par cet intermédiaire également le contrôle et la surveillance des individus. En échange, les entreprises privées concernées par le rachat de ces services se mettent en situation quasi monopolistique, ou au moins oligopolistique. La concurrence faussée qui résulte de leur position dominante et aidés par une législation qui arrange aussi bien les intérêts de l’Etat que les ceux des autres actionnaires, cette alliance les satisfait tous deux pleinement.

Même avec les allocations familiales qui vont baisser, les remboursements de la sécurité sociale qui seront peu à peu remplacés par la hausse des assurances privées, l’allongement de la retraite qui va faire augmenter les tarifs des assurances-vie, la montée du chômage qui va faire baisser les indemnisations… l’Etat continuera de ficher, classer, radier, contraindre son peuple en l’obligeant à toujours plus de démarches administratives, toujours plus de justifications, toujours plus de surveillance.

 

De plus, par son action en faveur des puissants, le gouvernement entraîne peu à peu la population vers la misère, ce qui la pousse à rechercher le soutien et la protection de l’Etat, qui en retour en profitera pour étendre son pouvoir. L’idéal d’un régime autoritaire étant un peuple juste assez misérable pour être dépendant, et pas assez pour se révolter, il est fort probable que la crise actuelle ne soit que le moyen le plus sûr d’étendre la dépendance du peuple envers le pouvoir. Que ce soit par l’intermédiaire de la santé, des aides sociales ou des transports publics, le fait de devoir payer plus cher un service tout en devant se satisfaire d’un dégrèvement social (même faible) incitera donc les pauvres à s’appauvrir tout en réclament l’aide de l’Etat, et les riches à s’en passer.

 

Mais ce ne sont pas les riches qui font peur à l’Etat, car seuls les pauvres, mécontents de leur sort, sont susceptibles de se révolter. Par conséquent, ils ne doivent pas être libres. D’ailleurs, les exemples sont légion pour corroborer cette affirmation : alors que la loi Hadopi (aux dires mêmes de certains « hauts placés ») va « sensibiliser la population » au crime qu’elle est en train de commettre, les riches et les véritables délinquants ne paieront rien ou si peu. Alors que la justice est aussi lente pour défendre le peuple qu’à attaquer les « grands », les petits délinquants passent en comparution immédiate, et les grands payent des amendes moins grandes que les gains permis par leurs délits.

 

Et en parallèle on apprend que désormais, le préfet pourra garder enfermée une personne que les médecins considèrent guérie, et que les « français précaires » pourront perdre leur nationalité (et leurs droits!) si, par exemple, ils se battent contre la police lors des manifestations…

 

les riches amis du roi achètent des journaux, l’AFP arrive sous contrôle de l’Etat, et le service public audiovisuel a déjà été purgé. La démonétisation permet le traçage de toutes les transactions, les lois permettent toutes les écoutes, la technologie la surveillance de tous les instants, en attendant la puce RFID…tout cela sans compter l’éducation qui refait l’histoire, la philosophie qui disparaît. Et pire encore, les OGM qui vont bientôt abolir l’agriculture traditionnelle, et internet qui deviendra notre seul lien vers l’extérieur, ouvert sur les seules images que voudront bien nous laisser voir nos dirigeants, réelles ou pas….

 

Nos enfants vont devenir des idiots incapables de réfléchir, de se nourrir sans semences transgéniques et de se loger, comme les gros chats domestiques que l’on voit aujourd’hui, incapables d’un quelconque retour à leur état sauvage. Dépendants. Comme aux produits qu’on nous vend pour dormir, maigrir, avoir l’air beau ou heureux. Et tout cela s’organise là-haut, presque en plein jour… sommes-nous déjà les esclaves que nous redoutons de devenir, pour que nous ne soyons pas capables de nous prendre en main ?

 

Mais si nous sommes trop lâches pour le faire pour notre propre bien, aurions-nous le droit de l’être aussi pour nos enfants ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans double coup, misère, mondialisation, politique? mensonges, progrès technique, surveillance | 1 Commentaire »

À votre avis, ils vont servir à quoi tous ces fichiers ?

Posté par calebirri le 13 septembre 2010

Le fichage biométrique s’accélère : que ce soit dans les pays dits « développés » ou non, il se pourrait bien que d’ici à quelques années tous les êtres vivants soient marqués « du sceau  de la Bête », comme l’avait prédit l’Apocalypse… ce n’est pas que je sois particulièrement porté sur le mysticisme, mais à vrai dire l’idée que nous soyons tous affublés d’un numéro de matricule ne correspond pas exactement à ma conception du « Bien » ; de plus, « une étoile jaune » virtuelle ne m’enchante guère, et je dois admettre que l’hypothèse de me faire « scanner » en plus de mon numéro de sécu m’effraie assez. Surtout qu’il n’est sans doute que le prélude à pire encore, avec le fichage ADN qui prend de l’ampleur, et tout cela sans compter le futur qui nous attend: rien de moins que le « puçage », c’est à dire le numéro inscrit sous la peau. Car à quoi serviraient ces fichiers s’ils n’étaient pas, à terme, couplés au moyen d’identification suprême, la puce RFID ?

 

Bien sûr, pour justifier ce fichage généralisé, mondial même, on nous vend de la sécurité, du confort, des possibilités alléchantes, mais qu’en est-il vraiment ?

 

Tous ces fichiers constitués, vont-ils pouvoir faire cesser un terrorisme qui tue moins que la route chaque année, comme veulent le faire croire les Etats-unis qui ont fiché des millions d’Irakiens, et quelques centaines de milliers d’Afghans ? Vont-ils servir à l’accès des misérables à une vie meilleure, comme le disent les Indiens ? Honnêtement, on est en droit d’en douter, car quel bénéfice peuvent-ils en tirer ? Le droit d’obtenir un passeport qu’ils n’auront jamais les moyens d’utiliser ?

 

Ou bien vont-ils servir à autre chose, et qui correspondrait plus au tour que sont en train de prendre les évènements?

 

Car il ne faut pas être dupes : les fichiers créés vont finir par recenser toutes les personnes « normales », à l’exception bien sûr des marginaux, c’est à dire tous ceux qui lutteront soit idéologiquement contre le nouveau système se mettant peu à peu en place, soit physiquement. Ils permettront de mettre au pas tous les individus, en permettant une identification immédiate, un suivi de tous les instants, et peut-être même bien pire…

Et puisque ces puces électroniques sont capables d’être activées ou désactivées à distance, elles permettront sans doute de maintenir les individus dans les limites fixées par cette administration, sans possibilité d’échapper au regard d’un Big Brother omniscient (qui aura accès à toutes vos données personnelles telles que compte en banque, dossier médical, vie privée….), et qui vous indiquera dans un premier temps ce que vous n’avez pas le droit de faire, pour dans un second vous indiquer ce qu’il faut que vous fassiez. On peut très bien imaginer l’autorisation de procréer rendue conditionnée aux revenus, l’emploi décidé par l’administration, et bien d’autres choses encore…

 

On peut même très bien penser qu’à terme on vous empêche de sortir de chez vous (comme une prison), ou même qu’on puisse vous tuer à distance… le jour où tous nous serons fichés, l’imagination de tous les dictateurs n’aura plus de limites : nous serons à la merci de celui ou de ceux qui contrôlent ces fichiers, et nous aurons alors beau jeu de parler retraites, ou développement durable… nous serons tous des esclaves potentiels, qui ne tiendront à la vie (physique ou spirituelle) que grâce à notre soumission à leur bon vouloir.

 

Vous pouvez bien me considérer paranoïaque, ou ce que vous voulez, mais il ne fait pour moi aucun doute que le but de ces fichiers n’est autre que celui-ci. D’ailleurs, c’est l’histoire entière qui me soutient : quand on voit toutes les atrocités qu’ont été capables d’engendrer tous les gouvernants de cette planète au cours du temps, on ne peut que s’interroger sur leurs volontés aujourd’hui, disposant en plus de technologies susceptibles de ranger la science-fiction dans les rayons « histoire » de nos futures bibliothèques, pour peu qu’il y en ait encore.

 

Que croyez-vous donc ? Que ces fichiers vont nous aider à résoudre une crise qui n’est destinée qu’à nous affaiblir pour que nous acceptions toutes les dérives actuelles , qu’ils vont permettre de résoudre une insécurité fictive provoquée artificiellement par la mainmise du pouvoir sur les médias ? Il ne s’agit plus aujourd’hui d’être de droite ou de gauche, car demain c’est ensemble que nous serons véritablement égaux, esclaves d’une minorité qui possèdera le contrôle sur nos vies… pire que ce que tous les dictateurs ont toujours rêvé.

 

D’ailleurs, il faudra y repenser le jour où nous nous révolterons. Si nous n’avons rien alors à proposer, il se pourrait bien que la révolution tant désirée signe l’arrêt de mort de la liberté : car s’il est bien une chose à la quelle un fichier peut servir, c’est à la suppression de celle-ci. Et tout ce qui conduit à la mise en place de fichiers est une aubaine pour tout régime autoritaire qui désire le pouvoir. La violence serait pour eux un cadeau inestimable.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans la démocratie, misère, mondialisation, progrès technique, surveillance | 4 Commentaires »

guerre internet

Posté par calebirri le 21 août 2010

il y a eu Hadopi, et il y aura ACTA. Mais la guerre pour le contrôle d’internet ne fait que commencer. Cela fait plusieurs semaines que de petites informations, assez anodines au premier abord, s’accumulent dans mon esprit pour parvenir à cette évidence. Cela pourrait paraître sonner pour beaucoup comme une mauvaise nouvelle, mais mon optimisme inébranlable me fait trouver cette évidence assez positive…Moi qui croyait que la bataille était déjà perdue, je m’aperçois qu’elle ne fait que débuter, et qu’il est donc possible de se battre encore.

 

Regardez les formidables mobilisations qui se sont faites au grand jour pour lutter contre Hadopi, contre ACTA, et imaginez toutes celles qui se font discrètement, et dont on n’entend que quelques échos résonnant ici où là : d’un côté la censure avance, mais de l’autre les résistants inventent, imaginent, conçoivent peu à peu tous les maillons d’une chaîne capable, si elle aboutissait, de se passer à terme des circuits financiers (qui rendent dépendants), circuits qui sont utilisés par les gouvernements pour contrôler toutes les communications. Car s’il est un dernier bastion à conquérir pour toute dictature désirant s’installer, internet est le dernier où se trouve encore autorisée la libre expression. Les gouvernements de tous bords l’ont bien compris, et ce n’est pas pour rien que les meilleurs techniciens sont employés à la traque sur internet, et que l’on emploie des Hackers à grands renforts de gros salaires pour se les mettre de leur côté.

 

Cette guerre de l’information, dont le but est de rendre internet semblable à une avenue remplie de caméras et de mouchards, montre bien la confiance que les Etats entretiennent entre eux, à tel point que les opérateurs nationaux espèrent pouvoir fermer leurs réseaux sur l’international sous des prétextes de sécurité fallacieux. En même temps que les Etats se referment sur eux-mêmes en fermant leurs frontières, ils tentent évidemment aussi de refermer les frontières virtuelles, qui sont susceptibles de nuire au nationalisme qui se met en place dans de nombreux pays.

 

À partir du moment ou un gouvernement désire changer de régime, il doit pouvoir fermer son territoire pour éviter les témoignages désobligeants, pour empêcher les rassemblements solidaires, pour stopper l’arrivée d’idées libertaires, bloquer les communications, contrôler l’information. Il veut avoir la possibilité de surveiller, de contrôler, d’interdire l’utilisation de ces nouvelles technologies, comme en profitant par exemple des failles de sécurité trouvées sur les appareils (comme sur le iphone).

 

C’est dans le but de fermer ces frontières que les législations les plus contraignantes vont être votées, car les technologies sont sans cesse améliorées, et des failles toujours trouvées. Alors que des petits malins trouvent le moyen de transformer leur ipod en iphone, d’autres aujourd’hui parviennent à se débarrasser des traceurs géographiques que sont aussi les serveurs, puisque basés sur un territoire. C’est un espoir inestimable que ces gens devraient susciter, et nous devrions les soutenir avec beaucoup plus de force. Car s’ils arrivent à se libérer des contraintes législatives et techniques, s’ils arrivent à se libérer de l’argent (open source), alors il seront en mesure de laisser une fenêtre entrouverte sur le monde, même dans les moments les plus sombres et les plus lourds qui nous attendent. S’il devenait possible à tout un chacun de se libérer des fournisseurs d’accès (en créant leurs propres réseaux, leurs propres relais), de leur opérateur et de l’hégémonie des grandes firmes, alors les dictateurs de tous poils auraient du soucis à se faire.

 

C’est pour cela qu’il faut que les internautes souhaitant rester libres se rassemblent au sein d’une sorte « d’internationale du web », afin de protéger tous ensemble le seul lieu de liberté d’expression qui nous reste. Sauvegardons notre histoire sur nos propres archives, créons les possibilités de pouvoir résister, communiquer, imaginons ce qu’il nous reste comme chemin à parcourir, et allons-y : internautes de tous les pays, unissez-vous!

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans medias, Non classé, relations internationales, surveillance | 15 Commentaires »

les bourses remontent… et ça vous rassure ?

Posté par calebirri le 10 mai 2010

Aujourd’hui, toutes les bourses ont fait un bon exceptionnel en une seule séance, suite au plan de sauvegarde engagé par les Européens. Tout le monde s’en félicite, et il n’est pas un homme (même de gauche) pour entamer cet optimisme : il fallait le faire. Tout au plus entendons-nous quelques voix pour critiquer le retard de cette mise en oeuvre, qui coûtera quelques centaines de milliards tout au plus… une paille donc, surtout quand ce sont les contribuables (et leurs enfants) qui paieront la facture !

Alors donc, comme cela, en deux temps trois mouvements,  et pendant que les citoyens inquiets oubliaient l’Europe et son anniversaire, les acteurs économiques et politiques étaient, eux, tout à cet accord « historique » marquant le renouveau de l’Europe politique sur la scène internationale… et surtout au retour de la confiance sur les marchés boursiers. Tout semble s’être arrangé d’un coup de baguette magique, les dettes ont pour ainsi dire disparu. Puisqu’on vous dit que la bourse remonte. Ouf ! se disent ce lundi les citoyens tous ensemble, sûrs d’être protégés dorénavant : l’Europe est sauvée, et nous avec !

En un week-end donc, nos gouvernants viennent de signer l’arrêt de mort de toutes les avancées sociales obtenues (souvent dans le sang) par nos aînés, et ont réussi ce tour de force incroyable, en plus, de se faire applaudir par les peuples que l’on a sacrifié à cette occasion.  Plus de 700 milliards d’aides promises aux Etats en faillite, ce n’est pas une petite somme pourtant. Cela signifie que si ces sommes venaient à être débloquées (ce qui bien sûr arrivera), nous pouvons dire adieu à nos misérables retraites, à l’emploi, aux salaires. Rassurez-vous, les gros salaires et les émoluments de nos dirigeants ne seront pas (ou très peu) impactés par ces mesures, et en quelques jours d’euphorie les banques et autres organismes financiers auront le temps de faire (encore) une belle culbute. Sur notre dos bien sûr.

Car il faut bien regarder à qui profite ce regain de confiance engendré par ce plan d’aide (qui suffirait à peine à couvrir les dettes de l’Espagne si elle venait à ne plus pouvoir rembourser) : aux banques essentiellement, celles-là mêmes qui sont responsables de la crise, que l’on a sauvé une fois, qui se sont tout de même octroyé des beaux bonus malgré la crise, et qui s’en remettent un petit coup aujourd’hui, à l’occasion de la remontée boursière.
Mais il ne faut quand même pas oublier que quand les bourses montent, ce ne sont ni des emplois créés, ni l’effacement des dettes en souffrance, et encore moins une bonne nouvelle pour le peuple. C’est tout simplement le signe que les spéculateurs et autres intervenants sur les marchés (ceux qui exploitent le peuple) gagnent de l’argent : pas de quoi se réjouir pour le commun des mortels. Comme lorsqu’une entreprise licencie ou fait un plan social, il n’est pas rare de voir son cours de bourse augmenter : cela signifie que cette entreprise « dégraisse », et promet donc un taux de rentabilité plus élevé.

Si l’on suit le raisonnement que j’évoquais dans un précédent article, on peut très bien imaginer ce qui va suivre : quelques jours d’euphorie, puis une stabilisation des marchés, histoire de se remplir les poches bien comme il faut, suivi d’une stabilisation et d’une descente en pente douce d’abord, pour ensuite un défaut de paiement généralisé. Le G20 approchant et la France étant à ce moment aux commandes, le plan d’aide déjà rentré en jeu ou menaçant de le faire permettra aux gouvernants européens de faire subir aux peuples une cure drastique de leur niveau de vie… tous unis contre la crise! Mais les conditions de déblocage de ce prêt sont particulièrement difficiles, et ne concernent pas que les retraites. En réalité c’est une véritable mise sous tutelle des populations concernées que prévoit ce plan. Que l’argent soit emprunté ou non, il faut quand même bien se rendre compte qu’il va bien falloir le trouver. Comme avec un ménage surendetté, les sanctions qui conditionnent l’octroi de « facilités de trésorerie » sont rudes : l’organisme prêteur impose des taux d’intérêt exorbitants, une mainmise sur la gestion des affaires courantes du ménage, l’obligation de rendre des comptes réguliers… avec comme objectif dernier de laisser végéter ainsi pour qu’il continue à payer, rien que les intérêts… Et face à la débandade générale qui attend l’Europe, ses peuples ainsi dépouillés n’auront pour seul recours que de supplier une aide de la part de leurs dirigeants, qui trouveront par miracle une solution adéquate : une monnaie unique internationale commune permettant de se libérer ainsi de toutes les dettes… ils nous en feront la promesse.

Les peuples applaudiront de nouveau, les bourses remonteront une nouvelle fois, et notre sort sera bel et bien scellé : appauvris, sans recours et sans aide, nous tomberont définitivement sous dépendance, la condition pour fermer les yeux sur les dettes. Comme pour un ménage : s’il ne peut vraiment plus rembourser, on finit par le laisser tranquillement sous surveillance, après avoir détruit sa vie. Ceux qui voudront se révolter favoriseront la répression qui justifiera la mise en place non seulement de mesures coercitives renforcées, mais aussi (et en plus du nouvel ordre économique mondial) un nouvel ordre mondial tout court.

Ainsi, pris entre le marteau et l’enclume, il ne nous restera plus qu’à nous soumettre aux volontés supérieures nous imposant de nous serrer la ceinture, et à nous taire… pour notre propre bien ! Car le fait est que nous comprendrons alors bien mieux ces réformes dont l’objectif échappait à beaucoup, et aussi pourquoi elles étaient si concentrées en nombre et en temps : c’est qu’il y avait beaucoup de travail à faire pour nous concocter ce petit bijou de révolution. Et avant qu’elle ne se réalise, il fallait que tous les moyens de contestation soient bien verrouillés par la Loi.

 

Après cela, nous pourront toujours pleurer, ou dire que nous ne savions pas. Pour ma part, je pleure déjà : les bourses qui remontent, ça ne me rassure vraiment pas !

 

Caleb Irri

http://www.calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, la démocratie, misère, révolution?, surveillance | 6 Commentaires »

un numéro pour sortir de l’anonymat

Posté par calebirri le 3 mai 2010

L’Histoire est la mémoire commune des hommes. Qu’elle soit vraie ou fausse, elle est certes le résultat des actions d’hommes et de femmes illustres, mais avant tout le fruit de celles des masses anonymes qui l’ont construite jour après jour, vie après vie. Qu’elle soit utilisée, déformée, inventée ou occultée, elle continue de s’écrire, et ceux qui la font ne sont pas toujours ceux que l’on retient. Mais on en retient toujours. Avoir son nom inscrit dans l’Histoire est pour certains un honneur, pour d’autres une gloire, et pour d’autres encore un objectif à atteindre. Certains même sont prêts à tout pour y inscrire leur nom, pendant que d’autres y entrent pour ainsi dire « malgré eux ». Et les uns comme les autres deviennent peu à peu des héros, puis des saints, puis des icônes, et enfin des mythes… avant d’être défaits. C’est là le lot commun à tous. Mais cette vérité là ne fait plus peur aujourd’hui. Ce qui fait peur, c’est de rester anonyme. A l’heure de l’individualisme, de l’hyper-communication, de la perte des espérances, chacun cherche à « empreinter » le cours de l’Histoire, afin de s’assurer la seule éternité à laquelle il croit désormais : le présent. Pour un quart d’heure de gloire à la télévision, les hommes sont aujourd’hui prêts à perdre jusqu’à leur identité, car ils ont peur d’être oubliés. De plus en plus paniqués à l’idée d’être anéantis par le temps qui passe, ils n’ont plus d’autre espoir que celui d’être « reconnu » au présent ; à défaut de rentrer dans l’histoire, ou de prétendre à un paradis ultérieur.

Face à la perte des espérances divines, provoquée par le progrès de la science et la montée d’une autre forme de religion (le capitalisme est une religion qui promet le paradis terrestre), il a été très difficile pour nos dirigeants de continuer à faire accepter l’exploitation de ses « ouailles », en échange d’un paradis de plus en plus hypothétique.  Et puisque ce paradis cessait peu à peu d’exister, on l’a remplacé par cette nouvelle religion, l’argent, qui promet aux « élus » d’être récompensés de leurs efforts dans cette vie-ci.
Mais ce paradis-là possède l’inconvénient majeur d’être visible de tous, et il est donc possible pour les peuples de voir comment les efforts ne sont pas toujours récompensés ici-bas. Car cela ne suffit pas : pour être riche aujourd’hui, il faut certes travailler, mais aussi et surtout « avoir des réseaux ». Ce sont, contre toute attente, les relations humaines qui font la différence. Et sans ces relations, même le plus méritant n’atteindra pas ce paradis terrestre ; il aura, aux yeux du monde et aux siens propres, « raté sa vie ». Le voilà le point central du changement de paradigme qui nous accable : la peur. Là où autrefois l’espoir menait les hommes, ici et aujourd’hui c’est la peur qui les dirige. Cette peur de ne rien valoir, de n’être qu’un numéro parmi tant d’autres.

Mais l’homme ne se satisfait pas d’être un numéro : il veut avoir, en plus, un nom.
Ici il ne faut pas se laisser tromper par le double-langage tenu par nos élites qui, sous couvert de nous offrir la sortie de l’anonymat,  cherchent en réalité à nous imposer le « numérotage », qui est bien différent du premier terme : alors qu’avoir un nom c’est devenir un être humain différencié, obtenir un numéro consiste à perdre ce caractère humain, pour se transformer en unité de mesure. Et malheureusement, c’est bien de cela qu’il s’agit : seuls les « grands » de ce monde on un nom. Les autres ne valent rien de plus qu’une unité. Or il n’y a aujourd’hui que très peu de « noms », et une immensité d’anonymes. Comme une sorte d’aristocratie dont le cercle est minuscule mais l’ouverture possible, les « grands noms » de ce monde font croire à tous qu’il est possible de les rejoindre, alors qu’en réalité la plupart de ces « initiés » ne sont que des jouets destinés à satisfaire leurs volontés. Mais leurs prétentions ne s’arrêtent pas là : ces « grands noms » ont désormais le désir supérieur de sortir du « nominatif » pour rentrer dans le mythe de l’Histoire, et se servent d’une crise qu’ils ont eux-mêmes provoqué (volontairement ou pas) pour réaliser leur volonté ultime : le pouvoir absolu de quelques uns sur une immensité d’hommes indifférenciés.

En leur promettant de sortir de l’anonymat, les dirigeants demandent en réalité aux anonymes de leur offrir leur véritable identité, en échange de cette illusion qu’avait entrevue Andy Wharol : un quart d’heure de gloire pour chacun…. pour une vie d’anonyme. En participant aux réseaux sociaux, en suivant la mode, en se jetant sur les « télés-réalités », tous ceux-là montrent non pas leur singularité, mais plutôt leur capacité à s’indifférencier. Sans se rendre compte qu’à force de se vouloir tous différents pour ressembler à leurs maîtres ou leurs idoles, ils ont fini par être tous semblables dans cette volonté de différence. Pour ne pas se laisser engloutir par l’inutilité, la vanité de leur existence sans espoir et sans attrait, ils s’accrochent avec désespoir à l’hameçon tendu par ceux qui ont un nom, et s’oublient dans une illusion de singularité qui les berce sans les éveiller.

Et c’est justement cette illusion qui servira ensuite nos dirigeants. En perdant leur identité, ils leurs offrent ainsi l’occasion de leur attribuer un numéro. Et en fonction du groupe social auquel ils appartiennent de part leur identification particulière (le modèle qu’ils suivent), ils sont ainsi rangés, catégorisés, catalogués, comptabilisés dans un classement numérique, un fichier informatique.

Aidés par la technologie et soutenus par les médias, il est désormais envisageable pour le pouvoir de jouer sur le changement de paradigme évoqué plus haut : la peur. Peur de la mort, de l’oubli, du néant, de l’échec, de la misère, de la solitude, de l’inconnu, de l’autre, de la maladie… peu importe la peur. Ce qui importe, ce sont ses effets, bien plus puissants que l’espoir. Par l’intermédiaire d’une crise qui remet en cause le système actuel, ils ont subtilement transformé le paradigme de l’individualisme capitaliste « positif » (celui qui se singularise réussira) en une sorte de protectionnisme nationaliste « négatif »(nous sommes tous unis dans la défense de notre singularité, la nation), fondé sur la peur.

Que ce soit dans le domaine de la santé ( le dossier médical, une épidémie, le préventif…) avec le fameux « principe de précaution », ou le « traçage » de tous les produits manufacturés (les contrôles d’hygiène, de conformité,…), la peur est la cause de l’acceptation d’un contrôle permanent, un « scientifiquement prouvé » qui l’apaise en retour. En quelque sorte, on lui dit qu’il est malade, pour lui vendre un médicament inutile, puis on lui dit qu’il est guéri. tout le monde croit avoir gagné, sauf qu’il y en a un qui s’est fait avoir… par sa propre peur.

Ce mouvement, soutenu par l’informatisation (c’est à dire la mise en fiches) contribue également à la perte d’identités des anonymes, qui d’un côté espèrent en sortir, et d’un autre plongent volontairement dans cette « numérotation ». Car les fiches, ce sont des numéros. Que ce soit par l’intermédiaire de la sécurité sociale, de l’école, du permis de conduire ou des papiers d’identité, ou par celui de la carte bancaire, ou de fidélité, les numéros d’abonné ou celui d’immatriculation, ou encore de l’adresse IP ou de celui du téléphone portable, tous nos faits et gestes sont peu à peu numérotés, fichés, contrôlés. Sous prétexte d’une insécurité qu’on nous fait craindre, on nous vend le médicament du fichage, un numéro.

Et bientôt, grâce à ces peurs qu’engendrent les faits divers déformés par les médias et repris par les politiques, nous irons tous en masse nous faire vacciner, réclamer plus de caméras, et le fichage ADN, et la puce RFID. Pour lutter contre l’insécurité, les trafics, la contrefaçon, le travail au noir, nous irons même jusqu’à accepter tous les contrôles, la disparition de l’argent liquide, et l’abandon du pseudonyme sur internet; sans compter les cagoules, les burqas et autres éléments distinctifs.

Comme ça, à force de vouloir ne ressembler à personne nous aurons fini par tous nous ressembler, et surtout par avoir peur de l’autre, de tous les autres, ceux qui justement se distinguent, qui sont différents. On leur donnera un nom, et peut-être même certains rentreront-ils dans l’Histoire. Mais pour les autres, ceux qui ont pourtant le pouvoir de faire l’Histoire, ils auront tout perdu : en cherchant à sortir de l’anonymat, ils auront trouvé un numéro.

 

Caleb Irri

http://www.calebirri.unblog.fr

Publié dans double coup, la pensée du jour, Non classé, politique? mensonges, surveillance | Pas de Commentaire »

plutôt que de combattre ACTA, rendons-le inutile !

Posté par calebirri le 31 janvier 2010

Le traité ACTA (Anti-Couterfeiting Trade Agreement), en préparation discrète mais néanmoins officielle, semble être la réalisation du pire cauchemar que le monde libre d’internet (mais pas que lui) redoutait : le contrôle total et sans contrepartie juridique du pouvoir des Etats sur le contenu d’internet.

On ne pouvait évidemment que s’y attendre, étant donné qu’internet est aujourd’hui le seul média resté libre et gratuit, et que son pouvoir fait d’une part perdre de l’argent à de nombreux intervenants (même s’il en fait gagner beaucoup à certains autres), et d’une autre qu’il est un contre-pouvoir gigantesque qui fait peur aux gouvernants de tous les pays (se disant démocratiques ou non)

Ce traité, à côté desquels Hadopi et Loppsi ne sont que de faibles instruments, va permettre, au nom de la protection du copyright (droits d’auteur), de surveiller le contenu (ainsi que la vie personnelle) de chaque individu internaute, et tout ceci sans passer par le contrôle judiciaire qui, on le voit ces derniers temps, essaye lui-aussi tant bien que mal de résister à la perte progressive de toute son indépendance et de tout son pouvoir.

En prétextant la défense de ces fameux droits d’auteurs « bafoués » sur internet, les gouvernements s’apprêtent à faire sauter l’anonymat, la liberté d’expression, la vie privée de chaque individu susceptible de contester, en prenant pour intermédiaire les FAI qui seront les policiers (les milices ?) chargés de faire tampon entre les gouvernements et les citoyens.

Une fois ce traité mis en oeuvre, les gouvernements espèrent bien être en capacité de faire cesser toute contestation, en s’assurant la promotion des informations selon un critère qui deviendra nécessairement financier, car l’accession aux possibilités offertes par internet seront réservées aux seuls riches, capables de payer les droits d’auteurs ainsi protégés. Les plateformes traditionnelles ne prendront plus le risque de publier ni les écrits ni les créations d’auteurs non « rentables », car bien que ceux-ci soient largement diffusés sur le web, ils ne sont pas susceptibles d’être « achetés » pas les grands médias généralistes financés par la publicité. Tout ce qui ne correspondra pas au « politiquement correct » sera amené à disparaître des écrans, victimes de leurs droits d’auteurs que personne ne voudra ni vérifier ni transmettre, car leur contenu ne saurait être rentable, et souvent sera même suspect : car plutôt que d’enquêter sur la source du droit d’auteur d’un anonyme, les FAI comme les plateformes préfèreront s’en passer.

A n’en pas douter également, le traité ACTA fera en sorte de supprimer peu à peu les pseudonymes d’internet, comme l’a souhaité il y a peu le ministre de la culture, oublieux du fait que ceux qui ont fait la culture et les lumières d’hier ont pour une large part été « contraints » de se couvrir de pseudos pour pouvoir s’exprimer. Car quel copyright un anonyme peut-il apposer ? qui prendra le risque de publier quelque chose dont on ne connaît pas l’auteur, et comment lui faire « parvenir ses droits » si on ne le connaît pas ? comme avec la burqua, il faudra sur internet montrer son « vrai visage », sous peine d’être soit évincé, soit suspecté. En faisant miroiter au « créateur » une protection juridique ainsi qu’un revenu, les Etats seront en mesure de détenir un contrôle et sur les contenus, et sur les personnes, au travers de la traçabilité qu’exige cette protection.

Mais derrière cette scandaleuse idée se cache peut-être une chance pour tous ceux qui désirent la liberté pour leurs opinions, et la diffusion de celles-ci. En constatant que le copyright est le biais par lequel la liberté d’expression est attaquée, on peut imaginer que tous les libertaires qui abandonnent leurs droits d’auteur, qui laissent leurs opinions et leurs écrits « libres de droit », devraient se trouver  certains qu’aucune poursuite ne puisse être engagée ni à leur encontre, ni par leur intermédiaire. Pas de copyright, pas de sanction. Mais également pas d’argent.  Mais ne nous leurrons pas : s’il est évidemment honorable de vouloir récolter les fruits financiers de son travail, il est impossible de se vouloir totalement indépendant à partir du moment où l’argent entre en jeu. Et pour tous ceux qui sont visés par la censure prochaine de leur liberté d’expression, c’est bien parce qu’ils ont quelque chose sinon contre le capitalisme, au moins contre ses effets.

Alors pourquoi ne pas réfléchir à poser dès maintenant les bases d’un autre système fonctionnant sur la gratuité ? Si cela pose un problème dans le cas du cinéma ou de la musique, et même si on ne peut considérer l’écriture comme un média nécessitant beaucoup d’autres investissements que du temps, « tout a un prix », et il est possible qu’à terme de nombreux « créateurs » soient démotivés, ou rentrent dans le rang. Mais pour les autres, la gratuité devrait être prise comme la véritable garantie de leur indépendance. Cette indépendance réelle que constitue internet, et qui parle tant à tant d’individus qu’elle pourrait presque devenir « rentable » !

Les générations nouvelles, rompues aux techniques informatiques et largement habituées à la gratuité du net, ont la volonté de conserver l’immensité des possibilités du web sans payer pour en profiter. Ce sont eux les futurs créateurs. Ils savent qu’aujourd’hui il est possible de mutualiser, de partager, d’organiser à peu de frais. La mutualisation de matériels propres à la création, le sacrifice de temps pour cette création, l’aide de certaines compétences attirées par des projets alternatifs, une plateforme pour organiser tout cela bénévolement ou pour peu de frais, de nombreux moyens peuvent rendre possible la gratuité. La déception, voire la suspicion des masses vis à vis de leurs gouvernants promet de très nombreux visiteurs, participants, adhérents à un tel projet. Tous les désireux de voir se perpétuer la liberté, s’ils la considèrent comme étant véritablement essentielle, devraient être prêts à faire le sacrifice de quelques devises pour préserver leur indépendance.

Si nous ne commençons pas maintenant, alors c’est que nous préférons notre soumission. Si nous voulons changer, changeons. Donnons ce que nous avons à donner, avec les moyens que nous possédons. Préférons le sens à l’esthétique, car le sens est une esthétique. La musique gratuite n’est pas d’aussi bonne qualité sur internet que sur CD ? oui, mais si elle est meilleure ? l’image est moins bonne sur un téléphone que sur un Blue-Ray ? mais si le film est meilleur ? l’information n’est pas aussi agréable que dans le journal télévisé ? mais si elle est plus vraie ?

Posons-nous la question de ce que nous voulons, et agissons ; car après, il faudra bien assumer.

 

Caleb Irri
 

Publié dans argent, la démocratie, medias, politique? mensonges, surveillance | 2 Commentaires »

123456
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...