qui cache qui ?

Posté par calebirri le 1 septembre 2010

L’affaire Woerth-Bettencourt, me disais-je l’autre fois, a été vraiment bien étouffée durant les vacances, et la diversion sécuritaire a fait son petit effet… les lois désirées sont loin d’être applicables et appliquées, et j’imagine que la déchéance de la nationalité ne va pas faire baisser le nombre d’habitants de sitôt : et pendant ce temps-là, » l’ a-justice » fait son travail.

En même temps, c’est que depuis la rentrée politique l’affaire Woerth refait surface, et sa position est tellement intenable que l’on commence à en rire doucement… et oui, il y a quelqu’un ici qui cherche à faire tomber ce pauvre homme…à moins que ce ne soit pour mieux cacher autre chose : alors peut-être la réforme des retraites ? Il est vrai que le jour approche, et que cette réforme n’a pas vraiment, on peut le dire, bénéficié d’une campagne d’information et d’explication (enfin de propagande) à la hauteur de ce qu’on peut voir habituellement. On n’entend absolument rien concernant cette réforme, et j’imagine qu’on va bien vite oublier cette histoire d’insécurité -à moins qu’on en ait encore besoin d’ici-là !

 

Bon, mais la réforme arrive le 7 au parlement, et elle ne sera pas votée (c’est étrange cette démocratie où l’on connaît d’avance le résultat des votes) avant plusieurs semaines. En attendant il y aura une grande manifestation à cette date, et qui devra donner au gouvernement la température du climat social. Et puis entre temps l’Iran remplit son combustible, les troupes américaines se déplacent d’Irak vers on ne sait où, les « négociations » entre Israël et Palestine doivent reprendre à Washington….

 

Il y a tellement d’évènements importants qui se cachent mutuellement dans la sombre mélasse médiatique qu’il est impossible de s’y retrouver et surtout de lutter sur tous les fronts… qui cache qui ? la bourse prend presque quatre pourcents, le prix de l’or atteint des sommets, le Pakistan est inondé et il y a des soupçons qui naissent quand à la réalité du bouchage du puits de BP dans le Golfe du Mexique.

 

Parallèlement, on apprend que les entreprises du CAC40 ont vu leurs profits augmentés de 85%, que les prix des céréales et de la viande vont augmenter, qu’une femme va être lapidée en Iran, que le PIB des palestiniens a chuté de 30% par rapport à l’année 2000, et que Laurent Fignon est mort…

 

que faut-il retenir de tout cela ? Comment relier toutes ces informations entre elles, leur donner un sens?

 

En quelques mois, la machine mondiale semble être devenue folle, et nous ne savons plus où nous situer dans ce labyrinthe : certains perdent pied, et se dirigent peu à peu vers des tensions extrêmes… les uns veulent « faire la guerre » contre les délinquants (enfin aux étrangers surtout), et les autres veulent faire la guerre contre ceux qui veulent la faire (la guerre)… tout le monde veut sortir de ce labyrinthe, et n’y parvient pas. Enfin quand je dis tout le monde, je parle des pays « du nord », ceux qui sont en train de tout tenter pour ne pas voir leur pouvoir remis en cause ; car ailleurs, dans les pays « du sud », la crise est au mieux une aubaine, au pire une petite déprime. et le fait qu’ils aient compris (ou pas) ce qui se trame ne change rien au fait qu’ils préfèrent accumuler aujourd’hui ce qu’ils peuvent sans penser à demain.

 

penser à demain, et savoir ce qui va se passer, c’est pourtant ça le boulot de nos chers dirigeants. un monde meilleur est tout de même difficile à envisager, et on hésite plutôt entre le meilleur des mondes ou 1984… « on n’établit pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour installer une dictature », disait Orwell. comment ne pas y penser ? comment ne pas voir quels changements sont en train de se mettre en place ?

il semble que nos gouvernants y pensent, eux, mais et nous ?

 

Caleb Irri

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La concurrence est une (double) illusion

Posté par calebirri le 31 août 2010

le système capitaliste fonctionne selon des lois, appelées « lois du marché ». Elles régissent les échanges en fonction de l’offre et de la demande, et sont censées assurer la « libre concurrence », c’est à dire de permettre à tous les acteurs économiques de se présenter sur un marché sans entraves, et d’avoir la possibilité de développer son activité sans souffrir de la puissance des acteurs déjà présents sur ce marché.

Il est intéressant pour commencer de s’interroger sur la contradiction évidente qu’annoncent deux termes qui s’opposent en tout (mais qui n’ont pourtant pas l’air de choquer outre mesure), à savoir « LIBRE-concurrence » et « LOIS du marché ». Cette contradiction sonne comme un aveu de la pente naturelle que porte en lui le capitalisme, à savoir la concentration des richesses en un petit nombre de mains, et cela signifie que sans lois préalables, le système ne peut pas par lui-même permettre les conditions de cette « concurrence libre et non faussée ». La satisfaction de l’intérêt individuel se traduisant par la nécessité de l’accumulation, les rapports des différents acteurs sont conditionnés par leur position lors de l’échange, c’est à dire par leur force respective, déterminée par le niveau d’accumulation de chacune des parties : le plus riche se trouve alors toujours en position dominante, et possède plus de chances de remporter la partie (c’est à dire le profit, la plus-value réalisée lors de la transaction, de l’échange). La concurrence ne pouvant absolument pas être « libre » librement, c’est donc dans le soucis idéologique de satisfaire au fumeux concept de « main invisible » (comme une sorte de morale sauvée) que des lois ont été adoptées pour « réguler » le marché, un peu à la manière dont les lois du droit commun sont faites pour équilibrer le désir de liberté des hommes avec la nécessité pour eux de vivre en société.

C’est ce rôle d’équilibriste si délicat qu’ont joué durant des décennies nos politiques de tous bords, oscillant entre plus de liberté ou plus de contraintes, tentant de préserver sur le fil ce qu’on appelle le « pacte social » (qui détermine en gros une sorte de limite à partir de laquelle le peuple peut se révolter). Bien sûr, la concurrence « pure et parfaite » ne pouvait être qu’un objectif théorique, et les principes de régulation étant largement contournables (et contournés) par tout un arsenal d’exceptions, cette première illusion permit aux grandes entreprises des pays dits développés d’augmenter leurs parts sur tous les marchés internationaux, à travers une mondialisation des échanges dans laquelle elles ont acquis une position dominante. Et c’est seulement une fois cette position acquise que les monopoles ou oligopoles se sont pris à redouter ce libre échange qui les a jusque-là avantagé, car il peut menacer leur pouvoir. Car à force de dérégulations, de mondialisation, les rapports de force se sont transformés, et les Etats les plus riches se trouvent aujourd’hui en proie à des dettes colossales, à un climat social tendu, et surtout à une perte d’influence inévitable (voir retournement du capitalisme) : les pays émergents veulent aujourd’hui profiter eux-aussi du système de libre-échange, et leurs ressources en matières premières, en forces de travail, sont encore largement exploitables… ils deviennent des concurrents sérieux (on a bien vu le nombre d’entreprises rachetées par de nouveaux groupes étrangers).

Cette nouvelle situation fait peur au pouvoir politique comme au pouvoir économique, et c’est tout naturellement que leurs liens se sont à cette occasion resserrés. Cette alliance est ce qu’on appelle une relation « gagnant-gagnant », car d’un côté les grosses firmes font élire le pouvoir politique, et de l’autre l’Etat s’engage à subventionner, protéger et servir les intérêts financiers de ces gros groupes. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir le nombre d’individus travaillant successivement dans l’une ou l’autre de ces branches pour imaginer le nombre de conflits d’intérêts possibles. Et lorsque le président se déplace à l’étranger avec les grandes entreprises, il assume ainsi deux casquettes : à son poste officiel de représentant du peuple s’ajoute le rôle du VRP, car d’une part il touche une inévitable commission (peu importe sa nature), et d’une autre des contrats qui remplissent les poches de l’Etat.

Désormais, les puissances financières doivent arrêter de se cacher derrière leur petit doigt, et sortir de cette notion contraignante de concurrence libre-et non faussée : là où autrefois la corruption et les failles juridiques devaient permettre l’accumulation malgré les lois en vigueur, on doit se préparer aujourd’hui à réformer la justice, modifier le code du travail, redéfinir l’aide sociale, contrôler l’immigration, afin d’assumer pleinement l’injustice du système capitaliste, et surtout de conserver une position dominante, conjointement avec l’Etat qui prépare les règles et le positionnement futur sur de nouveaux marchés (comme la guerre). D’ailleurs, il serait intéressant de jeter un coup d’oeil sur les actions détenues ensemble par ces deux pouvoirs (politique et financier), car on y trouverait sans doute un intérêt particulier porté sur les technologies utilisables en matière de renseignement, de transport ou d’armement…

Cette volonté de supprimer la notion de « libre concurrence » a d’ailleurs été appliquée au traité européen, dans lequel elle ne figure plus comme objectif (voir article). Jouant sur la contradiction originelle de cette notion, c’est jusqu’aux opposants des capitalistes qui se sont faits berner, et même quelques grands chefs d’entreprise… mais il ne faut pas s’y tromper, les lobbies industriels et financiers sont bien trop puissants pour ne pas avoir eux-mêmes exigé cette disparition du texte, qui leur sert plus qu’elle ne leur nuit.

Car en réalité, et même si la « libre » concurrence n’a jamais véritablement existé, en supprimant la notion de «concurrence  libre et non faussée », on permet ainsi aux entreprises déjà très puissantes de se protéger derrière les règles d’une concurrence qui se trouve par définition être « non-libre et faussée » (c’est à dire clairement déloyale). Après s’être rassasié de profits durant toute leur croissance, les entreprises parvenues au stade quasi monopolistique veulent pouvoir pleinement profiter des règles d’un capitalisme non libre, c’est à dire en réalité plus pur, moins moral et moins juste. A la mondialisation ils préfèrent désormais le protectionnisme, des droits de douane ou une politique monétaire avantageuse. Au lieu de profiter des paradis fiscaux pour se protéger des impôts, ils préfèrent le bouclier fiscal. Ils voudraient voir les rétro-commissions illégales devenir légales, l’abus de position dominante financé par le contribuable, les « fusions-acquisitions » décidées et institutionnalisées par l’Etat, l’entente sur les prix déterminée par la rentabilité, les brevets protégés par le secret-défense…en bref éteindre tous les contre-feux qu’ils avaient eux-mêmes allumés pour nuire au développement de leurs concurrents, désirant aujourd’hui pérenniser à tout prix leur domination, c’est à dire leurs profits mis en péril par l’émergence d’entreprises étrangères.

En définitive, nous allons passer d’une libre concurrence déjà biaisée (il n’y a qu’à voir comment les brevets sont utilisés pour s’accorder un monopole à court ou moyen terme – et ce même au détriment de millions de médicaments génériques capables de soigner des millions de malades), à une concurrence « faussée », qui sera encore plus injuste mais plus assumée.

Mais en même temps que faire d’autre, puisqu’ici tout le monde a l’air de croire qu’il faut des lois contraignantes pour garantir la liberté !….

 

Caleb Irri

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du négativisme à la dictature

Posté par calebirri le 15 août 2010

Sur internet, le syndrome du négativisme est une maladie qui ronge les auteurs et épuise les lecteurs. Pourtant, de grands projets porteurs d’espoir ont été lancé ces dernières années, participatifs, gratuits ou payants, professionnels ou amateurs, qui ont permis de proposer une alternative à l’information, à l’analyse, et qui semble malgré cela ne pas effrayer le pouvoir ; du moins en général. Le nombre de connections de certains sites est loin d’être négligeable, et les additionner ferait une somme imposante, mais chacun de leur côté il me donne le sentiment de devoir toujours s’amenuiser avec le temps, comme si les auteurs n’arrivaient plus à satisfaire l’appétit de leurs lecteurs.

 

Et pour cause, je suis moi-même en tant que lecteur, à terme, un peu déçu par ce que je lis, presque autant que par ce que j’écris : je voudrais y trouver de l’espoir, une voie à suivre, un idéal à supporter… mais rien, ou presque. Les analyses sont pourtant justes, les enquêtes bien menées, les critiques nécessaires… et puis après ? Nous sommes aujourd’hui suffisamment nombreux à critiquer les mesures prises par ce gouvernement, nous avons largement assez de doutes sur sa probité, nous avons assez de recul pour concevoir les objectifs du président, pour qu’il soit certain qu’une élection ayant lieu aujourd’hui ne permette pas à ce gouvernement de rester au pouvoir.

 

Mais aujourd’hui cela ne suffit plus. Face à des attaques graves contre les libertés, que tous ressentons malgré nos différences idéologiques, il faut aller plus loin que la simple critique. Et retrouver l’espoir. Les citoyens n’ont plus seulement besoin d’un espace destiné à la critique, mais aussi et surtout d’une solution capable de les sortir du « négativisme » dont ils sont victimes malgré eux. Cette solution tient dans la réponse à une question simple en apparence, mais devant laquelle les âmes les plus fortes s’effondrent et se soumettent : « faire la révolution c’est bien, mais et après ? »

 

C’est cette absence de réponse qui nous rend malades, et qui nous empêche de prendre les décisions qui s’imposent pourtant. Le gouvernement, dont l’intérêt est d’éluder cette question (puisque c’est à lui que profite la situation), pousse donc les relations sociales déjà tendues vers un point de rupture qui énerve les volontés les plus stables et occupent le terrain médiatique, afin que les forces employées à la dénonciation de ces tensions ne le soient pas à la proposition ou à la création d’alternatives crédibles. Des citoyens se font condamner pour avoir évoqué un des côtés sombres de l’histoire française, tandis que des voix s’élèvent justement pour émettre la seule vérité acceptable : l’intégration est la seule alternative. Mais l’explication de cette vérité, même si elle est nécessaire, profite au pouvoir dont l’objectif est d’occuper les esprits par plus de polémiques, engagé qu’il se trouve dans un cercle vicieux ou chaque polémique est lancée pour apaiser la précédente, et qui nuit gravement à la stabilité nécessaire à la raison : celle qui voudrait qu’on cesse de s’évertuer à combattre les mesures outrancières annoncées à tours de bras, et qu’à la place on propose une autre politique valable, humainement acceptable, en accord avec les principes qui régissent une société démocratique.

 

Orwell, dont l’oeuvre est désormais habilement rangée dans les rayons de la science-fiction, disait « on n’établit pas une dictature pour sauver une révolution, mais on fait une révolution pour installer une dictature ». Il avait tout compris. Parfois, lorsque je compare les actions du gouvernement avec les méthodes dénoncées dans 1984, j’en viens même à me demander si ce livre ne leur sert pas de base pour établir leur domination… je suis navré d’avoir à faire la comparaison interdite par le « politiquement correct » (enfin la censure), mais des résistants existaient déjà avant la prise du pouvoir par le régime nazi, et ils furent vaincus eux aussi par le négativisme ambiant. À force de se battre contre la montée des idées extrêmes au lieu d’en proposer d’autres plus acceptables, les oppositions en étaient là-aussi réduites à accuser un coup de retard par rapport à la majorité en place, et au lieu de regarder devant, ne faisaient que défendre ce qu’ils pouvaient. C’est ce retard sur les évènements qui participe à l’ambiance morose et au désespoir des peuples qui se lassent d’attendre des changements véritables.

 

Combien de temps continuerons-nous à suivre les évènements sans oser les créer ? Faudra-t-il encore attendre l’irréparable pour reprendre notre destin en main? Le peuple est prêt à suivre ceux qui lui montreront la voie, et ne se mettra pas en marche sans l’apparition d’un mouvement intellectuel unifié et rassembleur : il faut avoir quelque chose à lui proposer de plus fort que la taxation des bonus ou la suppression du bouclier fiscal. D’ailleurs, la révolution que nombreux attendent ne viendra pas sans un nouvel idéal à réaliser, car les peuples ne se révoltent jamais sans idéal. Les lumières ont été un idéal, alors qu’avant la deuxième guerre mondiale l’Europe de l’ouest n’avait rien à opposer au nazisme ou au fascisme : personne ne s’est révolté.

Et aujourd’hui, cet idéal, s’il existe, est savamment camouflé derrière les incessantes polémiques, entretenues sciemment par le pouvoir, et qui nous empêchent de le développer, de le transmettre dans l’opinion publique. C’est le rôle que doivent jouer les véritables penseurs d’aujourd’hui. Transmettre plus que de l’information, produire plus que de la critique. Il leur faut aller plus loin, et devenir force de proposition, et force tout court. On doit les entendre et les voir s’unir, afin de devenir des porte-paroles d’espoirs. Quitter leur négativisme pour éviter la dictature, à l’aide d’un idéal portant l’opinion.

 

Car pour l’instant, le pouvoir ne semble guère effrayé par ses opposants, car ils n’ont rien à offrir : et pour cause, tant que l’opposition se limite à la critique sans proposition, tant que la mainmise du gouvernement sur les médias continuera à détourner l’attention, les lecteurs se lasseront, et les citoyens sombreront du négativisme dans le fatalisme, comme un renoncement général à toute contestation… et aussi comme une complicité tacite, car la neutralité est la pire des attitudes lorsque l’on s’en prend aux intérêts des autres.

 

Caleb Irri

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Quand la politique du gouvernement prend (enfin) tout son sens

Posté par calebirri le 8 août 2010

Les dernières statistiques concernant l’emploi sont tombées : les chiffres, de quelque côté qu’on les prennent, doivent être vraiment très mauvais, car même l’INSEE n’a pas réussi à en faire une interprétation positive. Bien sûr le gouvernement argue sur le fait que la baisse est moins forte en France qu’ailleurs (ce qui est à relativiser) et se fait presque une victoire de la montée de l’intérim par rapport à toutes les autres catégories.

 

Mais derrière cette façade, c’est toute la politique du gouvernement qui prend ainsi son sens : la création du chaos social, afin de justifier l’établissement d’un pouvoir fort et autoritaire, basé sur la répression et l’injustice sociale.

 

Les deux facteurs principaux sur lesquels est basée la politique actuelle sont la sécurité d’une part, et l’appauvrissement des plus faibles d’une autre. Si on regarde bien les réformes engagées depuis l’élection présidentielle, on s’aperçoit que les riches ont bénéficié d’une politique très avantageuse (crédits d’impôts, bouclier fiscal, défiscalisation des heures supplémentaires, casse du droit du travail, réforme des retraites…), tandis que les pauvres ont vu leurs maigres avantages fondre à vue d’oeil (précarisation des emplois, recul du crédit, hausse des tarifs du gaz et de l’électricité, licenciements massifs, suppression ou conditionnement des aides sociales…)

 

ce constat est sans doute bien éloigné des discours de façade et des promesses sociales de notre président, mais les chiffres sont cependant en totale corrélation avec la réalité des mesures entreprises par le gouvernement : bénéfices des banques en hausse, bonus et dividendes versés comme il se doit, niches fiscales et paradis fiscaux toujours en service, remboursements et dégrèvements de taxes diverses… le petit monde des riches ne se plaint pas. Tandis que les pauvres trinquent, de plus en plus précarisés : baisse de la consommation, de la confiance, augmentation des conflits sociaux, et… augmentation de la violence ??

 

Là aussi, les chiffres nous montrent, même trafiqués, qu’en réalité la violence n’augmente pas, et pour faire simple qu’elle est plutôt stable. S’il serait bon à cet instant de s’interroger sur le double langage tenu par le gouvernement qui nous annonce à la fois ses réussites en matière de sécurité et la guerre contre la délinquance (qui est paraît-il le problème prioritaire de tous les Français…), il ne faudrait pas s’arrêter là, mais regarder les faits. Puisque la violence n’augmente pas mais qu’on veut la combattre, puisqu’on fait tout pour résoudre la crise mais qu’on n’y arrive pas, c’est qu’en réalité on veut la violence et on soutient la crise.  Et à ceux qui se demandent quel peut être l’intérêt, pour un gouvernement, d’inciter à la violence et à la crise économique, on peut répondre par l’Histoire toute entière, qui a été façonnée par les guerres et les crises, et qui seules permettent aux gouvernants de continuer à exercer leur pouvoir tout en imposant des restrictions aux peuples qui ne les acceptent que contraints et forcés.

 

En effet, l’élection d’un pouvoir faible qui n’engendre ni conflits ni de bouleversements économiques est un pouvoir qui ne se perpétue pas, tandis qu’un gouvernement jouant sur les peurs et sur les faiblesses humaines a toutes les chances d’engendrer la réalisation de ces peurs et de se positionner comme seul capable de les faire disparaître… et d’être plébiscité par la suite pour résoudre ces problèmes.

Et puisque ce gouvernement s’est positionné presque exclusivement sur les politiques économiques et sécuritaires, il lui faut pour être crédible engendrer violence et crise économique. Ainsi il sera en mesure d’établir un gouvernement fort et autoritaire, pour lutter contre « les monstres » qu’il a lui-même créé. Au lieu de se faire juger sur son incompétence à régler les vrais problèmes (le changement climatique, la mondialisation, la misère et la corruption généralisée), il se met en position de n’être jugé que sur la gestion d’une situation de crise qu’il aura lui-même précipité, en se servant de celle-ci pour augmenter son pouvoir et restreindre celui du peuple. De la même manière qu’un dirigeant élu pour faire cesser le terrorisme a tout intérêt à provoquer lui-même le terrorisme qui le maintiendra en place tant qu’il sera contrôlé par ses services, le gouvernement a lui-aussi tout intérêt à provoquer les crises qu’il veut combattre pour rester en place. D’autant que les mesures destinées à apaiser le climat social sont toutes aussi connues que celles pour enrayer le terrorisme : être juste, et ne pas faire de provocations haineuses envers ceux qu’on est en devoir  d’apaiser ; c’est à dire pour la France supprimer le bouclier fiscal, remettre en route la police de proximité, relancer l’investissement en taxant les banques, relancer la production en facilitant le crédit, c’est à dire en obligeant les grandes firmes à rogner sur leurs marges….

 

À l’aune de cette explication, les réformes engagées précédemment comme la modification constitutionnelle protégeant le chef de l’Etat, la suppression du juge d’instruction, la réforme du code du travail, celle des retraites ou la discrimination des minorités, se comprennent mieux. Se comprennent mieux aussi l’échec de Copenhague, celui des G20 successifs nous promettant la fin des paradis fiscaux ou des parachutes dorés… le but n’est pas de sortir les peuples de la crise, mais de les y enfoncer tellement profond qu’ils n’aient pas d’autres solutions que de faire confiance à leurs dirigeants, qui les entrainent peu à peu dans la misère et l’injustice, et les prépare à subir les prochaines étapes de cette politique sans se révolter contre « leurs protecteurs », mais plutôt contre ceux qu’on a désigné au préalable comme responsables de tous leurs maux : les étrangers, les Musulmans, les minorités, les pauvres.

 

Ensuite ils seront aptes à accepter les pires extrémités, c’est à dire de rogner sur leur chère liberté, et aussi leurs si chers « droits de l’homme ». Et c’est à cela que servent les sondages comme celui réalisé sur un échantillon de 1000 personnes, pendant les vacances, et après la médiatisation sans précédent de faits divers évocateurs de la propagande mise en place : nous faire croire que nous sommes tous d’accord pour dire que le problème ce n’est pas nos dirigeants, mais « l’autre ». Comme ça, quand nos « alliés » auront lancé les conquêtes qu’ils préparent depuis presque dix ans contre un ennemi qu’ils ont créé de toute pièce, la France s’en ira à ses côtés comme un seul homme, et l’Histoire ajoutera une autre page à la gloire de la guerre et de l’horreur…

 

Il n’est pas besoin d’avoir un penchant pour le « conspirationnisme »  pour s’apercevoir de cette réalité, mais simplement de regarder la vérité en face, car les choses sont claires dès qu’on veut bien s’y arrêter : la politique actuelle menée par le gouvernement s’explique beaucoup mieux de ce point de vue que de tous les autres. Et pour ceux qui n’en sont toujours pas convaincus, l’Histoire est là pour les éclairer : elle a toujours été un éternel recommencement, et il n’y a que peu de raisons pour que cela change.

 

Mais malheureusement pour nous, Elle nous a toujours montré aussi que la force de la propagande est plus grande que la vérité, et ce pour une raison bien simple : les médias ne sont pas libres lorsqu’ils sont à la solde du pouvoir… une autre des réalisations politique de notre gouvernement, qui décidément n’a rien laissé au hasard !

 

Dormez tranquilles et continuez à voter, le gouvernement s’occupe de nous…ou réveillez-vous et regardez les choses en face, elles vous sauteront alors aux yeux.

 

Caleb Irri

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la rage

Posté par calebirri le 31 juillet 2010

Ca commence à devenir vraiment malsain. Je viens de regarder la vidéo sur l’expulsion de pauvres femmes par la police, avec les enfants dans le tas… révoltant. Je viens aussi de voir apparaître, sur le site du monde, un panneau indiquant que Sarkozy veut retirer la nationalité française à ceux qui « touchent » à la police. Et puis il y a les commentaires, sur le post, concernant la vidéo : un ramassis de stupidités publiées sans vergogne. Il commence à y avoir véritablement un problème dans ce pays, et cela fait monter la rage. De n’importe quel côté que l’on se place, la rage augmente, et elle est organisée par le gouvernement.

Cette technique est un appel à la guerre civile, au conflit et une atteinte sérieuse à l’ordre public. Le président et sa clique devraient être condamnés pour cela, car ils nuisent à la paix sociale. Par leurs agissements, par leurs paroles, ils devraient tomber sous le coup de la loi, celle qui interdit la provocation à la haine, celle qui défend la dignité humaine, celle qui condamne les insultes racistes.

 

Peu à peu, nous tombons dans un régime autoritaire dirigé par un pouvoir policier et hors-la-loi, qui énerve les liens sociaux et culturels, comme cela s’est déjà produit dans l’histoire de France.

 

Cela n’a que trop duré. Même si toutes les communautés défavorisées sont stigmatisées une à une, même si le gouvernement cherche à diviser pour mieux régner, il nous faut nous rassembler, tous ceux qui ne veulent pas aller plus loin, et réclamer la démission de ce gouvernement. Il nous faut nous révolter avant qu’il ne soit trop tard, et créer le « contre-complot » pour lutter contre la fascisation du régime. Officiellement, ouvertement, pour que tous ensemble nous soyons trop nombreux pour qu’on nous mette tous en prison. Il faut que nous utilisions tous les moyens légaux dont nous disposons pour lutter, et que toutes les victimes de cette attaque contre la démocratie se rassemblent enfin pour la défendre. Il faut que nous profitions de tous les outils dont nous possédons encore le contrôle pour appeler à la résistance.

 

Le 7 septembre, il y aura une grande grève contre la réforme des retraites, il faut qu’elle soit remplacée par une manifestation géante réclamant la démission du président. Que tous soient armés de leurs téléphones portables, de leurs caméras, et qu’ils filment toutes les exactions de la police. Il faut que tous les policiers, tous ceux qui croient encore que leur métier est la défense du peuple et non son asservissement, se lient à nous, et refusent de participer à ces exactions. Que les journalistes retransmettent leurs vidéos et commentaires sans l’autorisation des rédactions s’il en est besoin, que les médecins dénoncent les blessures faites aux citoyens lors des manifestations, et que les avocats s’engagent à défendre bec et ongles tous les prisonniers qui seront faits.

 

Tout ceci est inacceptable et révoltant. Et cela doit cesser. Notre peuple, dont l’histoire a permis de faire croire aux autres peuples que la liberté pouvait s’exiger, doit se souvenir de ce dont elle a été capable pour de nouveau redevenir un exemple. Pas celui des camps ni de la collaboration, mais celui de la révolution issue des lumières.

 

Ne nous laissons pas faire sans rien dire, sans réagir. Nous ne savons tous que trop bien comment les choses se passent, car elles se sont déjà produites. Réparons les erreurs commises dans l’histoire, que la mémoire nous serve à ne plus les commettre. Au début il y a eu les juifs, puis les tziganes, et puis les noirs, les musulmans, les homosexuels, et enfin les résistants, que le pouvoir d’alors nommait « terroristes ». et personne n’a rien fait pour l’empêcher, comme dans la chanson.

Le monde ne se relèvera pas indemne d’un nouveau conflit comme celui qu’on nous prépare, il faut l’éviter à tout prix.

 

Reprenez vos esprits, cessez de croire les mensonges qu’on vous raconte, arrêtez d’avaler la propagande, refusez le conditionnement, rebellez-vous. Le recul de la retraite est une chose importante, mais la sauvegarde de ce qu’il nous reste de liberté est vital.

 

Le 7 septembre, rendez-vous aux frontons de vos mairies, et réclamez que soit appliquée la devise sur laquelle nous sommes assis depuis trop longtemps. Allez voir vos élus, et exigez de leur part d’agir pour faire tomber ce régime tant qu’il est encore possible de le faire. Cessez le travail pour montrer à ce gouvernement que c’est le peuple qui fait fonctionner ce pays. Faites lui comprendre que c’est le peuple qui l’a rendu légitime, et qu’il a aussi le droit de le démettre.

 

Calmement, sereinement, nous avons le droit, et le devoir de réclamer notre dû, celui de choisir nos gouvernants. Et lorsqu’ils sont mauvais, il faut les remplacer.

 

 

Caleb Irri

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racisme et amalgames : allons encore plus loin !

Posté par calebirri le 28 juillet 2010

Après avoir copieusement stigmatisé les Musulmans, après avoir insulté les banlieues, après avoir amalgamé les Arabes et les terroristes, exclus les vieux et désespéré les jeunes, le gouvernement s’attaque aujourd’hui aux « gens du voyage »… parvenus au faîte de leur impopularité, il semblerait que nos joyeux lurons « d’en haut » soient prêts à tout pour faire de l’insécurité et du désordre social une priorité.


En effet, la politique du fait divers tourne à plein régime, et il suffit d’un drame impliquant la présence d’une minorité pour que le gouvernement tente de tourner les regards médiatiques vers des sommets philosophiques et sociologiques douteux, à l’aide de sophismes scabreux et scandaleux : une personne de la communauté « du voyage » se fait tuer par la police, des violences s’en suivent. Donc toute la communauté est potentiellement dangereuse.

 

Bien sûr, de tels agissements de la part du gouvernement sont criminels, car ils poussent à la montée de la violence, un peu à la manière dont la présidence de Bush, après le 11 septembre, a conduit par sa « lutte contre le terrorisme » à faire grandir le terrorisme partout dans le monde. Ceci se justifie bien sûr tout à fait d’un point de vue politique, car en énervant ainsi les minorités, en créant les conditions de la haine, de l’injustice et de la rancune, les gouvernements en péril se donnent la possibilité d’engendrer la violence qui justifiera la répression, à moindre frais, et en occultant ainsi le regard des peuples des véritables problèmes…


car les véritables problèmes ne sont bien sûr pas dans l’identité nationale, à laquelle, si l’on retirait tout ce qui aux yeux du gouvernement ne la constitue pas, se retrouverait amputée de plus de la moitié de ses habitants… mais en agissant ainsi, même la presse, prompte à dénoncer la poudre aux yeux jetée sur elle par ce genre de provocations nuisibles et volontaires, se voit dans l’obligation de réagir face à ce scandale, ce qui a le don de créer la polémique, et surtout de monopoliser du temps de parole, au détriment évident de certains autres agissements bien plus importants mais peut-être moins urgents.


Ainsi, et depuis quelques jours, l’affaire Woerth est en train de s’estomper au profit de cette sombre affaire de l »insécurité », qui ne va pas manquer d’être montée en épingle durant les prochains jours…certains vont donc crier au retour du fascisme, d’autres vont défendre les « droits de l’homme » que la France se doit de protéger, dénoncer les amalgames, insulter, taper du poing sur la table, tout cela sans que personne ne puisse faire autrement que de donner son avis…

Mais puisque c’est ainsi, je vais donner aussi le mien, appuyé par un sophisme tout aussi accablant : puisque l’on considère les sophismes établis par le gouvernement comme valables, alors celui que je propose l’est tout autant, puisqu’il repose sur le même type d’amalgames. Comme monsieur Woerth est suspecté de financement illégal et de conflits d’intérêt, et qu’il appartient au gouvernement, j’affirme que toute la classe politique est corrompue, et que l’on devrait enfermer dans des camps tous les hommes et femmes politiques, afin qu’ils cessent de dégrader l’image de notre identité nationale, identité qui repose si j’ai bien compris sur l’égalité, la fraternité et la liberté. Cela peut vous sembler contradictoire, mais la patrie des droits de l’homme n’en a que faire : on peut s’asseoir allègrement sur ces derniers de la même manière pour les politiques que pour les immigrés, c’est bien ça la fraternité, non ?


Et puisque les capitalistes nous « volent » depuis des générations, et que nous sommes tous des capitalistes, alors je propose d’aller encore plus loin, et de supprimer tous les voleurs que nous sommes, afin de régler définitivement le problème de la morale, de l’insécurité et de l’injustice pour tous, en nous battant à mort jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de survivants, ou que nous ayons définitivement saboté l’environnement : ainsi nous pourrons établir le meilleur type de société qui existe, pour le bien de chacun et pour le bien de tous, c’est à dire la disparition définitive du genre humain. Le monde sera alors parfait, non ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

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