tentative de coup d’état contre l’Europe

Posté par calebirri le 30 octobre 2010

La réforme des retraites à peine votée, voilà que la crise ressurgit, que l’affaire Bettencourt fait à nouveau parler d’elle, que Ben Laden se manifeste à nouveau… de quoi satisfaire l’appétit des médias jusqu’à noël, pour la trêve de l’amour et du partage hypocrites.

 

On oubliera alors le conflit d’intérêt majeur entre les deux frères Sarkozy à propos de la privatisation de la retraite, on aura nettoyé les soupçons (et les ordinateurs) des quelques « résistants-fouineurs » indésirables dans les médias, on préparera des mesures sécuritaires contre les méchants terroristes (et en même temps contre les vilains manifestants trop engagés), et ainsi on ne verra peut-être pas passer le coup d’état qui se prépare en Europe, c’est à dire la réforme arbitraire de la Constitution européenne, chapeautée par les quelques puissances nationales encore debout.

Finalement, elle n’a que des bons côtés cette fameuse crise, capable de faire gober les pires injustices jusqu’aux confins de l’Europe ! rendez-vous compte, avec ce « petit amendement » que veulent faire passer ceux dont les finances pourraient être à terme englouties par la « solidarité » européenne, il se pourrait bien qu’en réalité l’Allemagne et la France soient en mesure de prendre le contrôle explicite de l’Europe : n’est-il pas proposé en effet de supprimer le droit de vote aux pays qui ne respectent pas la stabilité de leurs finances ?

 

Regardez bien, et réfléchissez : la France, l’Allemagne, et tous les autres à leur suite, tentent désespérément d’assainir leurs finances, et cela au prix de mesures draconiennes imposées aux peuples, pour ne pas avoir à payer les pots cassés une fois l’effondrement de l’économie engagé. Ainsi, lorsque logiquement les plus faibles plongeront avant les plus forts, les Etats dont les finances tiennent encore debout seront capables d’imposer à leurs désormais « vassaux » à peu près n’importe quoi, sans avoir en retour à leur apporter une quelconque aide de quelque ordre que ce soit. Non seulement les plus endettés devraient payer des amendes (mais ça on est habitués, c’est pareil à la banque), mais en plus, en leur supprimant le droit de vote, ils se verraient supprimer le seul droit qu’ils n’aient jamais possédé, celui de s’opposer aux grandes campagnes de lobbying financées par les grands argentiers de la planète.

 

Cela n’annonce rien qui vaille en matière économique, et prouve encore, s’il en était besoin, que la crise est loin d’être terminée. Mais cela prouve aussi que cette crise ne déplaît pas à certains, qui pensent qu’une fois ces « petites modifications apportées », l’Europe sera (enfin) capable de porter d’une seule voix, notamment lors du prochain G20 présidé par la France, un pays qui, concernant la liberté de la presse, se situe derrière la Papouasie-Nouvelle Guinée.

 

Même si, à l »heure où j’écris ces lignes, le danger semble être momentanément éloigné, le fait d’avoir mis cette proposition sur la table va pousser à de âpres discussions, car les plus rapides à sacrifier leurs services publics voudront se garder une place « au chaud », et surtout ne pas avoir à payer pour les plus mauvais élèves. Les tractations qui en résulteront pourraient très vite anéantir l’illusion d’union des 27 membre, et déboucher sur une crise politique dont les conséquences seraient décisives : en effet, derrière cette mise au pas de l’Europe derrière les quelques « puissances » responsables de ce »coup d’état » se profile un problème plus vaste, plus profond, à savoir la réforme du système monétaire international, un des points les plus importants à l’ordre du jour du prochain G20.

 

A cette occasion il sera sans doute question de l’impossible équation sino-américaine à propos du dollar, et donc de la dette publique. Et par extension de la place que l’Europe veut tenir dans cette partie. En contrôlant l’Europe, les quelques pays qui dirigeront cette entité se mettent de facto dans le camp des Etats-Unis, avec pour soutien implicite la Russie, sans doute plus à même de s’allier avec l’Occident qu’avec les Chinois. on nous reparlera du « bancor« , sans savoir vraiment à qui il profite, mais certains que ce ne sera pas à nous…

 

Peu à peu, le jeu se dévoile aux yeux de tous, mais personne ne semble vouloir regarder les choses en face : l’avenir du monde se joue en ce moment, et il se joue contre le peuple. Combien de temps faudra-t-il attendre encore ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

 

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Après la répétition générale, préparons le Grand Soir

Posté par calebirri le 23 octobre 2010

Comme nous le pressentions tous, le formidable mouvement de « convergence des luttes » qui s’est effectué presque spontanément durant ces dernières semaines arrive probablement à sa fin. Le gouvernement aura réussi son coup, et fait passer sa réforme aux forceps, en négligeant totalement la voix de son peuple. Nombreux sont ceux qui y verront un échec, et se désespéreront qu’une mobilisation d’une telle ampleur finisse ainsi : des jours de salaire perdus, des espoirs déçus, et puis aussi le symbole de la toute puissance du pouvoir, qui semble désormais invincible.

 

Mais ne nous laissons pas abuser : le gouvernement n’a pas gagné, car il a aujourd’hui ôté son masque, et découvert ses véritables intentions. Même si la bataille des retraites est perdue, celle pour la liberté n’est pas encore terminée. Et d’ailleurs, c’est aussi la victoire du peuple.

Car le peuple ne s’est pas laissé embarquer dans la violence désirée par le pouvoir, et n’a pas cédé aux provocations de ce dernier. Il est resté digne tout au long de ce mouvement, et pour tout dire bien plus uni qu’on ne l’aurait pu prédire. il a su déjouer les attaques d’un gouvernement presque débordé, en se défendant sur la légalité de ses actions, en dénonçant les provocations policières et les supercheries concernant les casseurs, en sachant éviter le bain de sang, en soutenant majoritairement ce mouvement jusque dans les sondages et le ravitaillement, en informant sur les possibilités d’actions possibles de part et d’autre du mouvement.

 

Bien sûr tout ceci n’est pas suffisant, et pour le moment c’est bien le gouvernement qui mène la danse. mais pour le moment seulement. Car ce mouvement n’est pas une lutte contre la réforme des retraites, et va bien au delà de cette simple revendication. C’est le gouvernement dans son ensemble qui se trouve actuellement remis en cause, et particulièrement le premier cercle formé autour du président. Face à l’injustice flagrante de ses réformes, face à son mépris incessant vis à vis du peuple, tous savons aujourd’hui qu’il ne reculera devant aucun moyen pour parvenir à ses fins, c’est à dire la mise en place d’un régime autoritaire n’ayant plus de « démocratique » que le nom. Et cela, c’est déjà prendre un coup d’avance. Nous savons désormais que, de gré ou de force, par le fonctionnement de la machine institutionnelle ou par le conditionnement à la révolte civile, le gouvernement en place souhaite remettre en cause toutes les avancées sociales chèrement acquises.

 

Il nous faut donc maintenant prendre ces éléments en compte, et comprendre que les divisions qui ont opposé les partisans et les détracteurs de la grève ne sont pas dues à une grande différence de vues (regardez les sondages), mais bien plutôt à la « bonne gestion » de la crise par l’Etat prompt à diviser le peuple sur cette question. Au lieu d’écouter le discours simpliste établissant l’injustice des revendications de certaines catégories de grévistes considérés comme privilégiés, demandons-nous plutôt pourquoi nos revendications ne seraient-elles pas justement d’accéder aux mêmes ? que croyez-vous ? c’est justement parce que les métiers du transport commercial ont un rôle économique si déterminant que leurs syndicats ont réussi à arracher les avancées sociales qu’ils possèdent encore aujourd’hui ! Le gouvernement sait bien que quand les raffineries, ou les ports, ou les transporteurs (de biens de consommation ou d’énergie) se mettent en grève, ce sont des millions qui s’envolent. Ils ont préféré accorder plus à ces catégories pour qu’ils ne se mettent pas en grève, tout simplement.

 

Alors la prochaine fois, il faudra être prêts. Nous sommes suffisamment nombreux pour faire respecter la volonté du peuple et rétablir la démocratie. La voix du peuple doit être entendue, quand bien même elle serait dans son tort.  Hier nous avons eu tort d’élire ce président, et aujourd’hui nous aurions tort de le laisser faire. nous en avons (pour l’instant) encore les moyens.
Il nous faut préparer notre « Grand Soir » sans tarder, et ne pas céder à la tentation de la violence, qui serait leur plus grande victoire, car ainsi ils trouveraient la légitimité qu’il leur manque pour établir leur dictature. Cela demande du temps, et de la réflexion… mais aussi de l’action. Il nous faut désormais convaincre les autres, et pour cela leur proposer une alternative qui leur convient. Et quand nous serons unis, police, justice, privé et public, misérables et nantis, comme un seul homme nous iront réclamer nos droits sans crainte, et sans nécessité de recourir à la violence.

 

Caleb Irri

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Du bon usage du remaniement ministériel

Posté par calebirri le 28 septembre 2010

j’imagine que vous vous souvenez tous de l’annonce faite il y a quelque temps par le président, au sujet du remaniement ministériel : c’était il y a six mois à peine  !

 

Depuis cette date, de nombreux commentateurs y sont allés de leurs pronostics, de nombreuses rumeurs ont gonflé puis dégonflé, et pour tout dire nous ne sommes aujourd’hui pas vraiment plus avancés. Certains diront que toute cette mascarade reflète le trouble, ou même la faiblesse du gouvernement, et d’autres qu’au contraire elle est le signe d’une continuité dans les réformes, une sorte de stabilité nécessaire.

 

Pourtant certains, notamment à « l’ouverture », sont plus que menacés. Monsieur Woerth, avec les affaires dont il est le centre, ne fera certainement pas partie du prochain remaniement, pas plus, si l’on en croit les analystes, que monsieur Fillon. Il est d’ailleurs assez amusant, à cette occasion, de voir en quoi consiste aujourd’hui le métier d’analyste politique, à savoir de faire des pronostics aussi savants que ceux des courses de chevaux (qui paraît-il d’ailleurs sont souvent truquées…).

Mais là n’est pas la question. Car la politique n’implique pas seulement les joueurs ou les jockeys, mais pèse même sur ceux qui ne jouent pas (ou plus). Et un remaniement prévu six mois à l’avance, cela peut vouloir en dire long sur ce qui se trame « là-haut ».

En effet, on peut constater que monsieur Woerth aura été installé juste à temps pour la réforme des retraites, et qu’il disparaîtra juste après celle-ci. qu’entre temps l’affaire qui le concerne aura occulté tout le débat, et qu’après avoir fait « le job » il s’en retournera dans l’ombre, bien protégé par une justice à la solde du pouvoir.

On peut aussi éclairer cette soi-disant erreur de politique par les différentes polémiques qui ont parcouru l’actualité ces derniers temps, et comprendre ainsi que le remaniement a délibérément été reculé à dessein, c’est à dire dans le but de faire taire tous les contradicteurs potentiels de sa majorité soit en leur faisant miroiter une place, soit en les menaçant de la leur faire quitter.  Si on regarde bien comment les choses se sont passées, on voit bien que rares sont ceux qui, malgré leur désaccord, se sont laissés aller à réagir trop violemment… pris entre le marteau et l’enclume, la carotte et le bâton.

 

Et voilà maintenant que monsieur Fillon, l’ombre du président, entame doucement son recul stratégique, pour mieux préparer son avenir politique. On pourrait contester sa prétendue loyauté au président en lui opposant sa fébrilité à le défendre dans ces moments difficiles, mais la plupart des Français n’y verront goutte : pour l’essentiel, ils retiendront un premier ministre fidèle et taciturne, mais ce n’est pas l’essentiel.

 

L’essentiel est, pour le gouvernement, d’avoir réussi le formidable tour de force de parvenir à conserver l’unité (au moins en façade) de la majorité, et ce malgré tous les dérapages précédents, une côte de popularité déplorable, et des affaires plus que scabreuses.  Et à mon avis, ce retard délibéré de timing dans cet attendu remaniement en est la cause principale. mais si le coup est bien joué de la part du chef de l’Etat, il traduit une fois de plus (comme s’il en était encore besoin) le glissement progressif de notre démocratie vers un autoritarisme oligarchique, avec comme corollaires les lamentables prétentions de certains hommes politiques, prêts à toutes les soumissions pour conserver le peu de pouvoir qu’ils possèdent.  Qu’ils soient d’accord ou non avec les réformes qu’ils défendent importe peu, ce n’est que leur propre position qui les intéresse. Affamés de puissance, ils sont prêts à collaborer au pire, en se réfugiant derrière une loyauté qu’ils renieront dès que le vent tournera.

 

Une chose est cependant certaine, c’est qu’à l’occasion de ce remaniement, quelques masques vont tomber : cette « course à l’échalote » va finir par en agacer certains, et les déçus d’avoir couru pour rien le supporteront difficilement. Les fidèles du président seront vite reconnus, et il se peut fort bien que l’équipe gouvernementale se rassemble autour du noyau dur de la présidence. Les autres, ceux qui cherchent le pouvoir, feront comme monsieur Fillon, et vont tenter de profiter de la faiblesse du président pour tenter de tirer leur épingle du jeu. on pourra alors savoir si l’usage du remaniement aura été bénéfique au pouvoir… ou pas. En tout cas, il se pourrait bien que le gros des réformes liberticides (les plus dures) ait profité de ce long suspens pour passer en douce. Mais si le peuple n’a pas bronché jusque là, il n’y a aucune raison qu’il le fasse maintenant.

Nous nous souviendrons peut-être, plus tard, de ce moment d’histoire que nous vivons. Et nous nous rappellerons alors de ce remaniement si laborieux, qui nous a tant coûté. Et nous regretterons alors de n’avoir rien vu venir. Dommage.

Caleb Irri

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qu’a-t-on fait de la démocratie ?

Posté par calebirri le 15 septembre 2010

En 2007, monsieur Sarkozy a été élu à la majorité, au deuxième tour d’une élection qu’on a appelé démocratique. En réalité, il n’a été élu que par 53% des votants, ce qui pose déjà la question de la représentativité, mais admettons ce calcul : cela ne fait guère qu’un vote sur deux, ce qui n’est pas non plus un plébiscite.

 

Il faut ajouter à cela que le chef de l’Etat a été élu selon un programme injuste et trompeur, usant dans celui-ci de toutes les subtilités offertes par le double langage et la double-pensée, et qu’il s’apprête malgré tout à réaliser : les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres.

 

Il serait sain de s’interroger sur la validité d’une telle élection qui, à en croire les faits qui ont suivi, est loin de satisfaire une population qui ne le soutient plus, pour autant qu’on puisse appeler le résultat d’un conditionnement outrancier un soutien. Et si on ajoute à cela les soupçons actuels quant au financement de la propagande (pardon, de la campagne), on serait en droit de réclamer quelques éclaircissements.

 

Car une fois au pouvoir, le président et son équipe se sont acharnés à retirer au peuple son pain, à la justice son indépendance, aux médias leurs libertés, aux étrangers leurs droits… en moins de trois ans, le gouvernement a réussi le formidable tour de force de saboter toutes les valeurs qui ont forgé la France, et ce en utilisant jusqu’à leurs noms! Malgré une côte de popularité qui devrait pousser le premier individu ainsi désavoué à la démission, le gouvernement persiste dans son entêtement, sans doute poussé par une vision à plus long terme de la politique qu’il mène.

 

En « renforçant les pouvoirs » d’un parlement déjà affaibli, il en a fait une chambre d’enregistrement de ses volontés, à tel point que chaque proposition de Loi est d’avance adoptée, et cela malgré les grèves, les manifestations, l’opposition syndicale et politique, associative, et bien d’autres preuves du mécontentement du peuple (suicides, désintérêt pour la politique…).

 

En « améliorant » la Constitution, il s’est ainsi protégé de toute attaque judiciaire, et de toute destitution éventuelle. D’ailleurs, il est difficile de ne pas voir dans l’application de cette modification la prescience de ses actions futures et des « affaires » qui l’entourent, à savoir l’affaire Bettencourt, Karachi, Clearstream et j’en passe…

 

En supprimant les juges d’instruction, il met la justice sous sa dépendance, et en votant le bouclier fiscal il favorise les riches. En sauvant les banques il endette l’Etat (et donc le peuple),  et en stigmatisant les étrangers il défie l’Histoire ; en jetant l’anathème sur certaines religions il méprise la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

 

Même à droite certains ne sont pas d’accord, et même à gauche on commence à trouver que cela fait beaucoup.

 

Mais que nous faut-il de plus ? Pourquoi personne ne demande-t-il, n’exige-t-il pas la démission de ce gouvernement?

 

Ne sommes-nous déjà plus en démocratie, puisque la parole du peuple ne vaut plus rien ? Le pouvoir ne l’écoute plus, et ne veut même plus l’entendre. Aujourd’hui, tous les pouvoirs (et contre-pouvoirs) tombent un à un dans la même escarcelle. Il faut bien se rendre compte que si demain le président voulait se faire voter les pleins pouvoirs, le parlement démocrate et représentant le peuple ne s’y opposerait pas, car les « règles démocratiques » seraient respectées, comme elles le sont pour le vote de l’assemblée sur les retraites : biaisées par le mode de scrutin d’un côté, et par le contrôle strict de la majorité sur ses membres de l’autre.

 

Mais est-il besoin d’aller jusque-là, quand on s’arrête un instant sur les pouvoirs dont dispose déjà ce gouvernement, qui agit en toute impunité ?

Quand on pense qu’il défie les règlements européens (qui ne sont pourtant pas les plus humanistes) au sujet des roms, qu’il bafoue les lois sur la protection des sources, qu’il entrave les enquêtes le mettant en cause, qu’il refuse les votes qui ne lui conviennent pas, qu’il musèle les détracteurs de son propre camp, qu’il fait fi des mouvements populaires, qu’il ment sur les chiffres du chômage, qu’il couvre les bavures et incite à la haine raciale ou qu’il fait licencier ses opposants, on ne peut qu’être révolté à l’idée qu’un tel gouvernement soit toujours en place.

 

il faut se réveiller maintenant, et regarder les choses objectivement. il faut passer au dessus des clivages gauche/droite, car les mécontents sont plus nombreux que les satisfaits. et la démocratie, c’est ça : lorsque le pouvoir va trop loin, le peuple possède le droit de le démettre. Et lorsque ce droit n’est pas respecté, il a le devoir de prendre les mesures qui s’imposent, c’est à dire de faire entendre sa voix, ainsi que d’exiger du pouvoir sa soumission à la volonté du peuple.

Exigeons donc, ou organisons  nous-mêmes un référendum sur la volonté qu’a le peuple français de voir rester ce gouvernement au pouvoir, et attendons le résultat, comme lors du référendum sur la privatisation de la Poste. Faisons vérifier les votes par des juristes ou huissiers, et attendons…

Nous saurons bien, alors, ce qu’on a fait de la démocratie.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

 

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Merci, monsieur Sarkozy : avec vous je comprends tout

Posté par calebirri le 9 septembre 2010

Il arrive que de temps en temps, je me prenne à remercier, en mon for intérieur, le chef de l’Etat, pour tout ce qu’il m’a apporté. À moi et aussi à beaucoup d’autres. En à peine quelques années, cet homme formidable est parvenu à cristalliser sur sa personne tant de critiques, tant d’énervements, tant de blagues et tant de sentiments divers que l’on finit parfois par être injuste envers lui…  alors qu’il est devenu malgré lui, en peu de temps, le symbole, le révélateur du monde actuel.

 

À ceux qui me suspecteraient de faire de l’ironie, je répondrai sans hésiter qu’il n’ont qu’à regarder le nombre de pages consacrées à sa personne, et ils comprendront sur le champ à quel point il les a fait réfléchir, sentir, parler, écrire, enfin vivre. Et puis surtout que c’est un peu grâce à lui aussi que les consciences, peu à peu s’éveillent à la réalité, réalité préexistante mais bien mise en lumière par notre président, à travers l’assumation de son système idéologique.

 

Les nombreuses affaires qui parcourent son mandat (qui n’est même pas encore terminé !) sont le reflet du fonctionnement politique tel qu’il a toujours été, mais en quelque sorte « sublimé » par la gouvernance sarkozyste…

 

En effet, grâce à monsieur Sarkozy, nous avons désormais tous l’occasion, et même l’opportunité, de mieux comprendre le fonctionnement de nos chères institutions ; et notamment le financement des partis, pierre angulaire de la prise du pouvoir et de la gouvernance. Bien sûr l’argent se trouve au coeur de ce système, et il est établi que celui qui en possède le plus lors de sa campagne à le plus de chances de l’emporter. Cette manière de faire n’est évidemment pas neuve, ni spécifique à la droite, mais le fait d’obtenir des subsides pour une campagne est l’élément essentiel à la bonne conduite de celle-ci. Et quand la loi ne suffit plus à garantir les sommes récoltées (voir arnaque constitutionnelle), il existe toujours quelques moyens de s’arranger : les riches financent et soutiennent un candidat qui, une fois élu, « renvoie l’ascenseur ». Et puisqu’ensuite la majorité fait les lois sans se préoccuper d’une opposition de façade, se trouvent ainsi votés le bouclier fiscal, le démontage des retraites et du code du travail, la défiscalisation des heures supplémentaires ou l’abaissement des charges patronales. Le repas au Fouquet’s, le soir de l’élection présidentielle, est le symbole de cette alliance tacite, et illustre bien les liens qui unissent les riches avec le pouvoir.

 

Ensuite, et avec l’affaire « Woerth-Bettencourt », on comprend le mécanisme de financement des partis, occulte cette-fois-ci : à travers des micros-partis, des dons en liquide versés de la main à la main, des petits arrangements entre amis, on observe la discrète compensation qui s’établit entre d’une part l’argent versé par les « donateurs », et d’autre part les retours en légions d’honneur, ou en privilèges fiscaux. Ainsi on imagine mieux pourquoi personne (dans le monde politico-financier) n’a intérêt à supprimer chambres de compensations et paradis fiscaux, si utiles pour faire transiter argent sale et corruption… et d’ailleurs, ce n’est pas pour rien si ces organes si décriés hier ont encore de beaux jours devant eux!

 

Mais ce n’est pas tout. Avec cette affaire, on peut se retourner sur le passé récent de nos deux éclaireurs, qui font revenir sur le financement occulte du RPR, dont le « fusible » officiel n’est en réalité que l’ancienne adjointe de monsieur Woerth…  condamnée depuis. Ce même monsieur Woerth directeur financier de la campagne de monsieur Chirac,  impliqué lui-même dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et qui, aujourd’hui, par un retournement de situation tout à fait providentiel, se voit proposé le retrait de la plainte déposée par la mairie, en échange de quelques deux millions d’euros, dont les trois quarts seront versés par l’UMP, geste Ô combien étrange pour l’oeil profane…

 

et qui s’explique très bien si l’on considère les liens qui attachent cette affaire aux autres : en offrant à monsieur Chirac d’éviter un procès qui pourrait mettre en lumière les financements du parti dont il était le président, on lui offre également l’occasion de se taire, pour ne pas compromettre le système tout entier. D’ailleurs, la réaction de la mairie de Paris, comme le silence de la gauche en général, prouve bien aussi à quel point eux-mêmes ne préfèrent pas que l’on commence à y regarder de trop près… c’est que la justice pourrait bien faire son travail, et remonter plus loin..

 

Comme l’affaire Karachi par exemple, dans laquelle sont plus ou moins impliqués Sarkozy, Balladur et Chirac, qui si l’on en croit l’empressement qu’ils mettent à enfouir l’affaire, a du leur rapporter (à eux ou à leur parti), une coquette petite somme… et si on ajoute à cela l’histoire des frégates, les morts injustes et toutes les autres affaires qu’on ne connaît même pas, on est en droit de regarder les choses en face : les rétro-commissions sont monnaie courante et se font blanchir ailleurs, à condition toutefois que la justice indépendante n’aille pas trop loin… d’où la réforme de la justice, et la suppression du juge d’instruction…

 

Et au final, c’est peut-être jusqu’à l’affaire Clearstream qui peut être élucidée : cette histoire de chambres de compensation, qui a si bien été camouflée par le jeu de dupes auquel le président a finement joué, est la clef de ce système malsain pourrissant la démocratie. En ouvrant les listings de ce genre d’organismes, c’est l’historique complet de toutes les rétro-commissions occultes, des corruptions, des financements illégaux, des évasions fiscales, des sociétés écrans, des trafics qui s’y trouve gravé dans le marbre électronique… cela expliquerait peut-être même jusqu’au onze septembre, jour où le monde a basculé… et la boucle est bouclée.

 

Tout s’explique tellement mieux depuis que monsieur Sarkozy est au pouvoir… merci !

 

Caleb Irri

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ce n’est pas contre les retraites qu’il faut manifester

Posté par calebirri le 5 septembre 2010

Le 7, c’est demain. Grèves et manifestations au programme. Du monde en perspective, du moins si l’on en croit les projections. En face, le gouvernement reste sur ses positions, et ce bien qu’il fasse croire à des arrangements possibles. Monsieur Woerth plie mais ne rompt pas, et il aurait bien tort de s’en priver… c’est à ça qu’il sert.

 

Les syndicats vont se tailler la part médiatique la plus importante, et les partis de gauche vont tenter de tirer la couverture vers eux. La droite va minimiser les chiffres, et y opposer ceux de la police. Tout le monde en définitive sera satisfait, car pour tous la démocratie aura joué son rôle, et marqué la bonne tenue de nos institutions.

 

Pour ma part, j’espère vraiment que la mobilisation sera la plus forte possible, mais à vrai dire je sais très bien qu’elle ne servira à rien. D’ailleurs tout le monde sait qu’au fond tout cela ne servira à rien. La seule chose qui compte pour tous, c’est l’apparence de la victoire, et les retombées médiatiques qui permettent de ratisser des électeurs. Pour tous la démocratie se trouvera validée par la seule rébellion qui soit autorisée, et chacun rentrera alors chez lui fier et content, ayant la sensation du devoir accompli, et puis retournera travailler le lendemain, avec la déception à digérer…. quelle arnaque !

 

Rendez-vous compte, qu’il y ait 2 ou 4 millions de manifestants ne prouvera pas que le gouvernement fait fausse route, ni ne fera changer les choses d’un iota. La seule information qui ressort de ces manifestations concerne le nombre de personnes qui croient encore à la valeur de celles-ci. Car la manifestation n’est en réalité que l’expression de la soumission des citoyens au système qu’ils sont censés contester, et celle de l’illusion démocratique qu’elle permet de créer. Quand on y songe, on sait bien à quel point toutes ces actions sont vaines, et pourtant elles sont quasiment les seules possibles : les pétitions, les rassemblements festifs, les journaux, les tracts et la grève sont presque aussi inutiles que s’ils n’existaient pas, au moins d’un point de vue pragmatique.

 

Mais il ne faut pas être pessimiste, et certaines actions sont tout de même susceptibles de porter leurs fruits. Le seul problème étant la réaction du gouvernement, qui dans son arsenal démocratique possède presque toutes les armes juridiques (et autres) pour les empêcher. La grève générale par exemple, serait une méthode valable, pour peu qu’elle soit bien organisée, et dure assez longtemps pour effrayer nos gouvernants, sans pour autant qu’elle tourne à l’affrontement. Mais il faudrait qu’à cette occasion les grévistes se montrent unis et solidaires.

Il faudrait aussi des rassemblements massifs comme il s’en est déjà produit dans de nombreux pays, répétés et solides, réclamant le retour sur les mesures prises, et imposant les mesures justes.

Il faudrait également des médias libres et indépendants répercutant les mots d’ordre, éveillant les consciences aux autres possibilités qui existent.
Bien entendu, certaines actions seraient vite considérées par les dirigeants comme illicites ou illégales, mais il faut bien comprendre qu’à ce moment, et c’est tout l’enjeu du rapport de forces qu’il faut créer, nous ne serons déjà plus dans un cadre démocratique : si le gouvernement refuse d’entendre la voix du peuple, c’est lui qui devient illégitime, et les méthodes répressives qu’il emploie illégales.

Mais pour en arriver là, il faut un idéal, car les masses ne se regroupent pas si facilement. Et même si nombreux sont ceux qui rêvent de ce « grand soir », du changement qui redonnerait l’espoir à tous, et la volonté de tourner la page…il faudra bien avoir quelque chose d’autre à proposer. Car même en imaginant le recul du gouvernement sur les sujets les plus importants, même en rêvant sa déchéance face à la détermination du peuple, nous ne serions pas beaucoup plus avancés. Il nous faudrait revoter pour les mêmes incompétents assoiffées de pouvoir et d’argent, qui nous promettront les mêmes résultats illusoires, et qui finiront eux aussi par nous conduire dans la rue… retour à la case départ.

 

C’est pour cela que ce n’est pas la réforme des retraites qu’il faudrait dénoncer ce 7 septembre, ni même le départ du gouvernement qu’il faudrait réclamer, mais bien plutôt la mise en place de nouveaux principes, de nouveaux droits, une nouvelle constitution. Avec pour soutien l’ensemble des populations exploitées par un système injuste dont on connaît déjà la finalité : quelques centaines de maîtres pour quelques milliards d’esclaves. Il ne faut pas demander le recul sur telle ou telle mesure, mais exiger la fondation d’une nouvelle démocratie, non plus basée sur l’intérêt individuel, mais sur l’intérêt général.

Manifestons pour un autre monde, pas contre celui-ci. Il faut d’abord réfléchir, préparer ce nouveau monde, et les manifestations ne doivent venir qu’après, comme le moyen démocratique ultime, un vote réel et sans tricherie possible, avec une majorité incontestable. Quand les 90 % d’exploités seront prêts, ensemble, à venir réclamer leur dû aux 10 % d’exploiteurs, alors nous pourrons aller manifester tranquillement, et rien ne nous sera refusé : le peuple s’installera à la place qu’il doit tenir naturellement, et les justes mesures voulues par tous suivront alors.

 

Caleb Irri

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