Cantonales/présidentielles : les masques tombent

Posté par calebirri le 23 mars 2011

Comme prévu par les analystes de tous bords, l’abstention est, une fois de plus, la grande gagnante des élections (cantonales) du week-end dernier. Ce qui l’était moins en revanche, ce sont les scores du FN, ainsi que ceux du Parti de Gauche. Bien sûr, certains s’effraient déjà face à ces deux « outsiders », et d’autres remettent sur le tapis le problème épineux de l’abstention, c’est à dire celui de la valeur du vote blanc.

Et bien pour ma part, je me félicite de ces résultats qui, bien qu’arrivés un peu tôt sur le calendrier présidentiel, ont le mérite de conforter, une fois de plus, la sagesse populaire. En effet, il est bon de voir que le peuple n’attend pas les présidentielles pour exprimer son mécontentement. Tous ceux qui, comme moi, faisaient le procès des sondages sont remis à leur place, et c’est bien fait pour nous ! Bien entendu cela ne remet pas en cause les critiques (fondées) sur le sujet, mais bien plutôt la valeur qu’on leur accorde : qu’ils soient le miroir des opinions ou qu’ils la forment, le résultat est là : eux ne s’étaient pas trompés !

 

Quand je dis que je me félicite de ces résultats, vous aurez compris j’espère, que l’ironie n’est pas loin du désespoir… Mais comme toujours « à quelque chose malheur est bon », et il me fallait bien trouver une raison suffisante pour ne pas porter ombrage à ma bonne humeur légendaire! Alors voilà : bien que savamment orchestrée, cette montée du FN ne devait pas intervenir sitôt dans le calendrier, et on ne l’attendait pas aux cantonales. Mais « les urnes ont parlé », et les protagonistes de la montée du Front National doivent donc se découvrir un peu avant l’heure… Ce qui nous laisse le temps de compter les moutons, et surtout de nous préparer à faire « front »… lors des présidentielles.

 

Car c’est à partir de maintenant que les masques tombent, et la configuration inédite qui s’est réalisée lors du premier tour de ces cantonales ne laisse plus le choix à l’UMP, qui a semble-t-il commis une erreur stratégique majeure, celle de son positionnement « concret » vis à vis du Front National, arrivé dans les débats un peu trop tôt pour l’effet souhaité.

Alors que la gauche a rapidement pris son parti, le parti présidentiel s’est à cette occasion largement fourvoyé, en préconisant pour certains le « ni FN, ni PS », pour d’autres le vote blanc ou l’abstention, et pour d’autres encore le « front républicain ». Le débat fait donc rage au sein de la majorité, et il n’y a qu’à regarder qui fait quoi pour obtenir une idée assez précise des véritables orientations de chacun.

 

Il ne faut pas se leurrer, la politique menée par la majorité actuelle, clairement positionnée à droite, se trouve contrainte pour continuer d’exister d’aller toujours plus à droite, jusqu’à adopter certaines postures qui la rapprochent du FN, avec lequel elle sera sans doute forcée de composer une fois la présidentielle engagée. On peut toujours estimer les deux partis comme indépendants l’un de l’autre, mais les thèmes de campagne choisis par le gouvernement pour éviter la débâcle seront inévitablement débordés sur leur droite, à laquelle ils devront s’allier pour espérer gagner.

Mais à l’UMP, tous ne semblent pas se rassembler autour de cette possibilité, et l’équipe resserrée du président devra sans doute aussi faire les comptes : tous ne le suivront pas dans la radicalisation qui se prépare.

Enfin ! Le plus réjouissant dans tout ça, c’est sans doute la valeur du débat politique actuel, qui montre au grand jour à quel point nos hommes politiques se préoccupent du sort du peuple. D’un point de vue idéologique, la droite comme la gauche fuient désormais la bataille, et préfèrent la stratégie aux idées. C’est qu’il devient de plus en plus délicat de parler de politique sans qu’il soit possible de faire le rapprochement entre les idées du PS et celles de l’UMP d’une part, et celui entre les idées de l’UMP et de celles du FN de l’autre… d’autant qu’ils n’ont d’autre choix, car leurs explications, à l’aune des évènements actuels, ne tiennent plus que par un fil de plus en plus ténu : celui de notre prétendue naïveté.

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré », disait Einstein.

Et bien changeons, et agissons, car les solutions existent : elles passent par la création d’une Assemblée Constituante

 

Caleb Irri

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Tunisie, Egypte : la diplomatie française expliquée en l’air

Posté par calebirri le 9 février 2011

J’aime quand les choses se déroulent ainsi, et que tout devient plus clair.

Au début il y eut la révolte des Tunisiens. Un silence gêné suivit les premières manifestations et les premiers morts, et puis il eut la fameuse « bourde » de madame Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères, qui proposa l’aide sécuritaire de la France au régime de Ben Ali. On arrêta in extremis des cargaisons de grenades lacrymogènes à destination de la Tunisie, et on avoua la faute à demi-mot : le gouvernement n’avait pas pris la mesure de la situation des Tunisiens. Il s’avérait qu’en effet (après vérification ?) le régime de Ben Ali était bel et bien une dictature, dont les membres ont volé et affamé leur peuple depuis plus de vingt ans…

Et bien aujourd’hui, ceux qui se demandaient comment un tel aveuglement était possible ont leur réponse : vue à travers les hublots d’un jet, on voit beaucoup moins bien.

Plus sérieusement, la polémique enfle depuis quelques jours à propos des voyages de la ministre, effectués à bord d’un jet privé appartenant à un homme qui, s’il n’était pas proche de monsieur Ben Ali, ne devait pas se trouver non plus bien proche des préoccupations populaires des Tunisiens. Malgré les ratés de la communication gouvernementale à ce sujet et les nombreux appels à la démission de la ministre, cette dernière reçut pourtant le soutien du président et du premier ministre, et jura qu’on ne l’y prendrait plus.

 

De nombreux analystes jugèrent que la faute méritait tout de même démission, et qu’en d’autres Etats elle serait déjà effective. Mais qu’à cela ne tienne : le pays des droits de l’homme n’a pas de leçons à recevoir de quiconque, et madame Alliot-Marie restera en place, en dépit de l’incompréhension générale.

 

Or aujourd’hui nous apprenons les véritables raisons du maintien de la ministre à son poste, et surtout celles du soutien  que lui a apporté le gouvernement : monsieur Fillon, le premier ministre, a lui-même bénéficié durant les vacances de noël des largesses du gouvernement égyptien, en passant ses vacances aux frais du régime si contesté aujourd’hui, celui-là même qui tente encore d’étouffer la contestation populaire par tous les moyens possibles.

 

Imaginez-donc la situation ! Que se passerait-il si madame Alliot-Marie avait du démissioner ? Monsieur Fillon devrait-il en faire de même ? Cela deviendrait bien vite une affaire d’Etat!

 

Car avec ce nouvel élément mis en lumière, c’est tout le tableau qui s’éclaire, et on comprend mieux la frilosité du gouvernement Français à réclamer le départ du « président » Egyptien… ainsi que son volontaire soutien apporté à la ministre française. Des vacances tous frais payés à un premier ministre par le dirigeant d’un pays qui, ces dernières semaines, a démontré à la face du monde toute sa monstruosité, cela fait mauvais genre pour notre belle démocratie. D’autant que, dans le cas de madame Alliot-Marie comme dans celui du premier ministre, cela signifie que leurs petits écarts ont en réalité été financés par… l’argent volé respectivement aux peuples Tunisien et Egyptien !

Nous avons ici réunis tous les éléments expliquant la réaction française face aux évènements historiques qui se déroulent en Tunisie et en Egypte, éléments et réaction qui devraient nous faire réfléchir à l’état de notre propre démocratie. Se trouve aujourd’hui établie une connivence certaine doublée d’une hypocrisie totale, car tous savons que le gouvernement ne pouvait ignorer la corruption de ces deux régimes (rien que le fait d’être élu plus de vingt ans de suite aurait du leur sembler louche…. ), et qu’il continuait malgré cela à profiter des largesses de ces deux régimes autoritaires.

 

Pour conclure sur la conduite à tenir maintenant, je voudrais reprendre les paroles du premier ministre lui-même qui hier, dans un beau discours (du 7 février 2011) à l’adresse de la justice (oui, de la justice, quelle ironie!), parlait de fautes et de responsabilité : je le lui retourne donc à son adresse, en n’y apportant que quelques corrections minimes, effectuées entre [ ]

 

« Les magistrats [ministres] jugent [agissent] au nom du peuple français. L’autorité judiciaire [le gouvernement] tire sa légitimité de ce principe.
Et bien, c’est au nom de ce principe que tous les acteurs de la chaîne pénale [gouvernementale] doivent la transparence à la société toute entière ! C’est au nom de ce principe que l’exécutif se doit de respecter et de garantir le fonctionnement de la Justice ! C’est aussi et enfin au nom de ce principe que nous devons collectivement refuser l’idée de la fatalité !
La fatalité ne peut être une excuse collective. Nous tous, nous devons rendre des comptes aux Français.
Quand un drame horrible survient [comme la répression vilolente de l'expression démocratique], rien n’est pire qu’un système qui se referme sur ses certitudes.

Si des fautes sont relevées par ces inspections, dont nous connaîtrons bientôt les conclusions, elles seront sanctionnées. C’est légitime.

Chacun doit assumer la responsabilité des conséquences des décisions qu’il prend.
Ce devoir de responsabilité est la contrepartie des hautes missions dévolues aux magistrats [ministres], aux personnels de l’administration pénitentiaire, aux personnels de la police et de la gendarmerie [à l'administration française]. Dois-je préciser que leur statut prévoit des procédures et des garanties s’ils sont mis en cause dans l’exercice de leurs fonctions. La Constitution elle-même prévoit que le Conseil supérieur de la magistrature puisse être saisi par les citoyens qui reprochent une faute aux magistrats [en fait pour les minsitres il me semble que seule une cour spéciale puisse le faire].

Si les inspections en cours révélaient des dysfonctionnements collectifs ou des insuffisances dans l’organisation de la chaîne pénale [gouvernementale], nous avons le devoir de prendre des mesures de correction, pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. »

 

Maintenant, il faut le prendre au mot.

Caleb Irri

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Si j’étais Nicolas Sarkozy

Posté par calebirri le 10 janvier 2011

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je dormirais mal. Je me lèverais très tôt, et toute la journée je me verrais obligé de sourire à des gens qui m’énervent, ou pire à des gens qui m’indiffèrent. J’aurais un tas de rendez-vous plus ou moins importants auxquels je serais obligé d’aller, je serais contraint de prendre des décisions engageant des millions de personnes autour de moi. Le soir, je serais épuisé, et cela me rendrait sans doute agressif ou impatient.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je me sentirais mal dans ma peau. Après avoir été porté aux nues par un peuple infidèle et volatile, je me saurais détesté par plus de 70 % de la population française, et tout cela sans compter les étrangers. Je me verrais critiqué dans tous les journaux, attaqué sur toutes les radios, moqué dans tous les bars de France. Tous mes travers, tous mes tics, toutes mes faiblesses seraient montrées au grand jour, et cela me ferait devenir froid et renfermé.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je me croirais dupé. Elu pour être le premier citoyen de France, on me dirait sali dans des combines scabreuses pour gagner moins qu’un patron du CAC40, alors que mon honneur et ma dignité seraient trainés dans la boue. J’aurais pris des décisions difficiles influant sur le cours de l’Histoire, et l’Histoire ne retiendrait de moi que quelques invectives lancées à des individus inexistants. Je deviendrais aigri et prétentieux.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, j’aurais l’impression de me promener toujours tout nu. Mes amours, mes joggings, mes vacances, mes sms, tout le monde ne parlerait que de cela. Que cela soit vrai ou faux importerait peu, mais nuirait considérablement à ma vie personnelle… devenue quasi-inexistante. Je ne pourrais rien faire comme tout le monde, et tout le monde me le reprocherait. Je m’endurcirais, et me contiendrais.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, j’aurais peur tout le temps. Peur de me promener dehors, de prendre l’avion régulièrement, de me retrouver au milieu d’individus hostiles et incontrôlables. Je finirais par croire aux rumeurs que j’entretiendrais pourtant moi-même, et craindrais l’attentat terroriste par dessus tout. Je ferais attention à tous ceux qui m’entourent, et ne me confierais à personne. Je deviendrais tyrannique et terrorisé.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, j’aurais une vie trépidante qui ne me donnerait que des soucis, et dont les avantages évidents ne suffiraient pas à m’offrir le semblant d’un début de bonheur personnel. Les conséquences de mes actes quotidiens, loin d’être inutiles, auraient même le pouvoir d’être nuisibles à une majorité d’individus, sans que j’en puisse reprendre le contrôle.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, en 2012, je ne me représenterais pas.

 

Caleb Irri

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La présidence au coeur du système

Posté par calebirri le 21 novembre 2010

Affaire Clearstream, affaire Karachi, affaire Woerth, affaire de l’Epad, les retraites, le juge d’instruction, les vols d’ordinateurs, le bouclier fiscal, l’immigration, le traité européen, la nomination des chefs du service public, la DCRI, l’identité nationale.. les casseroles qui trainent derrière le gouvernement tintent toutes dans la même gamme, celle du mensonge et de l’injustice. Et conduisent toutes, par un fil d’Ariane de plus en plus gros, vers une seule et même personne au centre de tout : le président de la république. Peu à peu se dessine en trame de fond une formidable machine qui fonctionne dans l’ombre depuis longtemps déjà, à laquelle participent de nombreuses personnalités politiques de premier plan, et que l’on retrouve aujourd’hui encore à des postes importants.

 

Bien sûr, pour l’instant toutes ces affaires ne sont qu’à l’état de suppositions, mais leur nombre et leurs liens sont déjà suffisants pour constituer une sorte de « faisceau de présomptions ». De plus, à voir de quelle manière les enquêtes sont entravées, empêchées, dénoncées par ceux-là même qu’elles visent ajoutent à la suspicion : on voudrait cacher quelque chose qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Que nous faut-il de plus pour réclamer la vérité sur un système qui se protège lui-même des reproches qu’on lui adresse ?

 

En effet, si l’on tire un peu sur le fil, ce n’est pas seulement la présidence qui est attaquée, mais belle et bien la classe politique dans son ensemble, et depuis un bon nombre d’années déjà . Si on poussait les investigations jusqu’à leur terme, les Français s’apercevraient certainement que les hommes pour qui ils votent sont des « vendus », et que c’est le système démocratique dans son ensemble qui se trouve corrompu.

 

Mais comment faire, puisqu’apparemment la séparation des pouvoirs, une des bases qui fondent une démocratie saine, a disparu ou est sur le point de le faire ? les enquêtes n’iront pas plus loin que ce que le gouvernement l’autorise, surtout si les « collaborateurs » du président sont aussi inattaquables que le président lui-même.

 

Heureusement il y a les journalistes. Quelques journalistes en fait, avec l’aide de quelques magistrats dont l’habit évoque encore quelques valeurs, mais qui sont les cibles permanentes des ennemis de la vérité. Mais comment peuvent-ils faire éclater la vérité s’ils sont censurés, volés, interdits de faire leur métier d’investigation, en n’ayant pas accès aux documents qu’ils demandent, en se voyant retirer une partie d’une affaire, ou ostracisés quand ils font leur travail ?

 

Vous rendez-vous compte de ce que ces affaires pourraient signifier ? Un président élu par le financement d’un campagne illégale, qui a participé à financer celle de monsieur Balladur à travers des versements illicites de rétro-commissions sur des ventes d’armes à un pays que tous considèrent comme un berceau du terrorisme, le Pakistan. Avec ce genre de personnages à la tête de l’Etat, on comprendrait mieux les invectives qui ont couru lors de l’affaire Clearstraem à l’époque, et on pourrait rapidement soupçonner les quelques noms affichés sur les listings d’avoir été réels, pour servir de manière occulte les campagnes qu’ils finançaient, à travers des comptes dans des paradis fiscaux, à l’abri de tout enquêteur un peu trop soupçonneux.

 

On comprendrait mieux aussi l’acharnement de la présidence à défaire les juges d’instruction, à modifier la Constitution, à ne pas fermer la porte aux paradis fiscaux. Voilà la clé de l’alliance entre le politique et le financier : englués dans des manoeuvres obscures pour des contrats juteux, les corrompus sont obligés d’une part de dénoncer les excès d’un système capitaliste auquel ils ont largement participé, et d’une autre d’en profiter encore pour éviter que ne soient rendus publics leurs agissements. Ils sont coincés. Par où croyez-vous que les « rétro-commissions transitaient ? Comme l’avait dit monsieur Denis Robert qui s’est fait « détruire » par le système, tout transite par les chambres de compensation : il suffit d’ouvrir ses lignes de compte pour connaître l’origine de toutes les corruptions, et les rendre impossibles.

 

Mais revoilà aussi la crise, qui y trouve son explication : ne pouvant se permettre de mettre à mal le système qui les a financé de près ou de loin, mais ne pouvant pas non plus continuer de faire comme si ce système n’était pas responsable de la crise économique que nous traversons, les alliés du moment ne peuvent que se mettre d’accord pour la seule alternative qui leur reste : taper sur le peuple socialement, économiquement, légalement. Car ceci ne s’est pas produit qu’en France, ni qu’avec l’équipe en place actuellement : c’est partout sensiblement la même chose, et il suffirait qu’une barrière tombe pour que le château s’écroule.

 

Que faire alors ? réclamer la démission du président français aurait à peu près autant de chance de réussite que de demander celle de Berlusconi en Italie, c’est à dire aucune. Elire une nouvelle classe politique dont on sait les accointances avec le pouvoir actuel (ce sont les mêmes personnes qui se connaissent depuis plus de vingt ou trente ans) ne servirait de rien, sans compter qu’à un niveau ou un autre ils doivent en être aussi.

 

Et puis il y a nous, le peuple : ajouter une crise politique à la crise économique ne réglerait sans doute rien, au contraire… mais ne rien faire serait encore pire. Nous sommes aujourd’hui à un tournant historique. Les dénonciateurs de ce scandale institutionnel seront vite considérés comme des ennemis de la démocratie, et internet est bel et bien le seul danger qui effraie encore les corrompus : comme on le voit avec « wikileaks » actuellement, les « résistants » du net ont du soucis à se faire, et les lois Acta, Hadopi, et autres Loppsi sont destinées à les faire disparaître. Il n’y a pas d’autres alternatives pour le pouvoir.

Face aux géants qui menacent leur domination, le protectionnisme, le nationalisme, l’oppression et la répression seront leurs seules armes, et ce sont les peuples qui en feront les frais. Comme à chaque fois dans l’Histoire des hommes, nous aurons compris trop tard ce qui nous attendait. Nous le regretterons sûrement. Ce n’est pas les hommes qu’il nous faut changer, mais le système qui crée ces hommes.

Caleb Irri

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s’enfoncer dans la crise et être candidat à la présidentielle, un pari risqué ?

Posté par calebirri le 20 novembre 2010

La nouvelle ne fait désormais plus aucun doute : la crise n’est pas terminée, et loin s’en faut. comme on le constate avec le cas de l’Irlande, les ennuis des pays riches vont s’approfondir, jusqu’à ce que leurs dirigeants répondent à l’alternative établie par monsieur Leclerc : choisir entre l’insolvabilité de l’Etat, ou celle des banques. Mais comment choisir, c’est bien là tout le problème, que refuse de voir cet excellent analyste : que l’un ou l’autre plonge revient au même, car l’Etat c’est la banque, et réciproquement.

 

En effet, la banque centrale européenne sera bien, à un moment ou à un autre, victime de la maladie évoquée par son papier : une crise du crédit frappant l’Europe, car pas crédible pour un euro. Les pays les plus forts vont devoir payer pour les plus faibles, et c’est bien éviter cela qu’a été tenté le coup d’Etat que j’évoquais l’autre jour. Car en réalité les choses vont se passer ainsi : l’Irlande sera aidée, ses banques renflouées ou nationalisées, son peuple mis à la diète. L’Euro, et donc l’Europe, va en supporter les conséquences élargies, ce qui prélude à de grandes manoeuvres diplomatiques pour dans un premier temps menacer de faire sortir les mauvais payeurs (les plus faibles économiquement). L’Europe ne peut pas se permettre de plonger, et fera tout pour s’en tirer. Je ne sais pas encore de quelle manière, mais il est certain que dans un deuxième temps, et pour faire cesser l’hémorragie, l’objectif soit de  faire accepter de la part des plus risqués leur mise sous tutelle des plus forts, c’est à dire Allemagne-France-Angleterre, et peut-être Italie. Avec pour corollaire tout un tas de mesures anti-sociales.

 

Pendant que les grandes manoeuvres se préparent, on pourrait légitimement se demander ce qui pousse nos prétendants au trône de France à vouloir se précipiter dans une bataille qui semble perdue d’avance : quel intérêt « politique » peut-il y avoir à se jeter dans une bataille pour un pouvoir qui n’héritera en 2012 que d’un champ de ruines sociales et économiques ? nos candidats potentiels se croient-ils réellement meilleurs que les autres, ou espèrent-ils seulement se faire une place à l’ombre des avantages que procure la situation ?

 

Quand on y réfléchit, le futur président des Français ne se prépare ni plus ni moins qu’à aller au « casse-pipe ». Comment peuvent-ils être si nombreux à vouloir le poste ?

Et pourtant, depuis le remaniement c’est bien du chacun pour soi! Comme si la place était enviable, c’est jusque dans la majorité présidentielle que les coups bas se trament. Il n’y a qu’à voir comment l’équipe du président s’est resserrée, pour ne garder que le noyau dur de ses partisans. Tout le monde y va de sa petite phrase, de son petit sourire, de sa petite réunion. Le parti socialiste envisage d’avancer les primaires, Strauss-khan et Sarkozy déjeunent ensemble, le Centre se rebiffe, les Verts font alliance, Fillon et Villepin attaquent… N’y voyez-vous pas quelque chose qui cloche ?

 

Mais les choses devraient bien finir par se décanter un peu, car le temps fait son oeuvre. Les différentes affaires, qui mènent toutes au même personnage, arrivent à point pour accélérer le processus. En attaquant le président, les masques vont tomber, ce qui dévoilera un peu mieux le jeu de chacun. Face à la réalité et ses rebondissements, les liens qui unissent les pouvoirs politique et financier vont apparaître, ce qui provoquera des réactions populaires sans doute impulsives : s’apercevant que leurs gouvernants les conduisent dans une impasse, il se peut que le maintien de l’ordre devienne une priorité du futur gouvernement. Pris en tenailles entre la situation économique extérieure et la situation sociale intérieure, il se peut très bien que l’Europe ne devienne qu’une sorte d’Etat Fédéral sous tutelle de quelques uns… bien obligés d’en arriver là : la banque c’est l’Etat, l’Etat c’est la banque !
Et celui qui contrôlera ce gouvernement sera inévitablement, aux vues des évènements qui se profilent, un homme important pour le futur. Le pari est risqué, mais pas si bête… Ceci-pouvant expliquer cela…

 

Caleb Irri

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un président coupable de tout…mais responsable de rien !

Posté par calebirri le 4 novembre 2010

Je viens de lire un article incroyable sur « lemonde.fr« , concernant la vaste fumisterie des sondages. La plainte déposée contre X pour « délit de favoritisme » se trouve classée sans suite, au regard de « l’irresponsabilité pénale dont jouit le président de la République », qui selon l’avis de classement « doit s’étendre aux actes effectués au nom de la présidence de la République par ses collaborateurs ».

 

Bon. Je ne suis pas spécialiste en droit, et j’aimerais bien avoir l’avis de maître Eolas sur le sujet,  mais tout me porte à croire que cet avis est raisonnable, compte tenu du fait qu’il doit être légal. En effet, à l’occasion d’une précédente modification constitutionnelle, le statut pénal du président de la République a bel et bien été modifié, de manière à garantir sa position. Mais la question de la légalité est-elle la seule que l’on doive se poser ?

A cette occasion, il est donc stipulé d’une part que le président de la république jouit d’une « irresponsabilité pénale », mais surtout que ceux de ses collaborateurs qui agissent en son nom doivent également en bénéficier. Je n’imagine pas qu’un tel jugement puisse être considéré comme valable dans la réalité, mais cela indique quand même dans quel état se trouve notre démocratie.

Même lorsque l’on regarde les textes, on s’aperçoit bien vite qu’en réalité le président est intouchable, que ce soit pénalement ou même politiquement. La procédure de destitution du président ne peut être engagée qu’à travers une marche à suivre pratiquement impossible à réaliser, particulièrement dans le cadre de ce « régime présidentiel » fondé sur le quinquennat, et avec un parlement soumis à la volonté de ce même président. J’en veux pour preuve que l’unique raison justifiant la saisine de la Haute Cour, à savoir la notion de  « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » est, selon le point de vue où on se place, caractérisé à plus d’une reprise si on se réfère au texte de la constitution dont il est censé être le garant.

 

De plus, on comprend mal comment le président peut être destitué pour des actes dont il ne serait pas responsable… mais peut-être tout cela est-il précisé dans une loi organique dont on ne sait qui peut la consulter, ni à combien de ramifications elle conduit, et ni même si elle est actuellement rédigée…

Ainsi donc, et à travers les failles de la Constitution,  le flou juridique entourant le statut du président s’étend désormais jusqu’à ses collaborateurs. On devrait pouvoir s’étonner d’une telle loi dans une démocratie, ou bien se poser des questions quant à la compétence de ceux qui l’ont votée, ou encore réfléchir à l’incohérence des motifs conduisant au classement de cette affaire… et pourtant c’est à peine si cette information a dépassé le statut de « dépêche AFP ».

Comment se fait-il que personne n’exige une logique, ou au moins une définition de ce que signifie la « responsabilité » ? si le président est responsable de garantir la constitution, mais jugé irresponsable au cas où il ne le fait pas, et que sa responsabilité (donc son irresponsabilité) rejaillit sur ses collaborateurs eux-mêmes responsables de l’irresponsabilité des lois qu’ils font voter, alors il y a quelque chose qui ne tourne pas rond…

Le problème n’est donc même plus de savoir s’ils sont coupables (l’Histoire les jugera pour nous), mais seulement de savoir s’ils sont responsables… ou pas. Dans le premier cas ils sont vraiment très forts, et dans le second ils le sont encore plus : coupable sans être responsable, c’est une magnifique double-pensée, et surtout un formidable concept !

 

Caleb Irri

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