Qui a peur de la faillite ?

Posté par calebirri le 12 novembre 2011

Il n’y a désormais plus aucune hésitation à avoir quant à la politique économique menée par nos dirigeants : elle nous conduit tout droit vers la récession, ou à la faillite ; et le pire est qu’ils le savent !

 

Mais puisque les politiques de rigueur ont toutes été un échec jusqu’à maintenant, et que cette récession pointe son nez jusqu’en France, il convient alors de se demander « pourquoi ? » ils continuent à faire payer le peuple,  surtout contre l’avis du peuple lui-même.

 

A cette question trois réponses sont possibles :

-soit nos gouvernants sont trop stupides pour comprendre la situation, et ils croient réellement que les réformes engagées vont permettre de faire repartir la croissance.

-soit ils ne le sont pas, et c’est plus grave, car cela signifie qu’ils savent pertinemment que la situation va empirer… mais ils ne peuvent pas faire autrement : les marchés sont les plus forts… et ils le regrettent

-Soit ils ont une idée derrière la tête pour reprendre le contrôle des évènements, et il s’agirait de savoir laquelle ; tout en sachant qu’elle passe par une rigueur inévitable qui pèsera d’abord sur les plus fragiles.

 

La première hypothèse est à mon avis exclue, car cela fait des mois que tout le monde sait que les mesures imposées sont injustes et contre-productives, et ne peuvent que conduire soit à la faillite, soit à la révolte.

La deuxième est plus plausible, et revient à admettre la position que je décrivais ailleurs, à savoir la volonté de repartir « à l’intérieur » du système en faisant le dos rond pour trouver une place dans la nouvelle donne géopolitique qui se construit actuellement. En tentant de trouver un équilibre entre baisse des dépenses et la croissance, ils s’acharnent à faire passer la pilule sans trop de dégâts, en espérant que cela suffise à éviter la faillite.

Et la dernière, qui peut s’accorder avec la deuxième si on envisage un alliance tacite entre les pouvoirs politique et financier, implique qu’en frôlant la faillite et en faisant tomber un à un les pays qui ne font pas ce que la nouvelle direction de « l’Empire européen » désire, il sera plus facile de faire accepter aux peuples l’installation d’un « nouvel ordre économique mondial » plus favorable aux puissances « historiques » tout en conservant le pouvoir aux élites en place…

 

Maintenant, il s’agit de comprendre le pourquoi de cette injustice, qui consiste à faire payer les pauvres, alors qu’il serait si facile de faire payer les riches ? Est-il vraiment impossible de faire payer la crise à ceux qui l’ont provoqué ? Il faut envisager là aussi plusieurs hypothèses, car faire un plan de rigueur de cette ampleur à six mois des présidentielles s’apparente à un suicide politique.

-Soit la droite s’imagine revenir au pouvoir en 2012 et il faudra m’expliquer comment.

-Soit la droite imagine que la gauche au pouvoir en 2012 ne fera ni plus ni moins que ce qu’elle fait aujourd’hui, poussée par les mêmes contraintes qu’elle.

-Soit la situation est si désespérée qu’il est impossible d’attendre : l’appétit des financiers se nourrit au quotidien.

 

Quoi qu’il en soit, la faillite guette aujourd’hui la France, et au delà l’Europe toute entière, et c’est bien en jouant sur la peur de cette faillite que nos dirigeants comptent faire passer leurs réformes. Mais faut-il avoir peur de cette faillite, et surtout qui doit avoir peur de celle-ci ?

 

Regardons les choses en face, et mettons-nous à la place du peuple : que lui importe en réalité que la France fasse faillite ou non ? Les pauvres seront toujours aussi pauvres, et les riches toujours aussi riches. Les classes moyennes regretteront, sans doute au début, d’avoir trop longtemps cru se trouver du « bon côté de la barrière », mais ils s’habitueront eux-aussi à leur nouveau statut… Il n’y a que ceux qui ont quelque chose à perdre qui risquent quelque chose en définitive : ils n’avaient qu’à pas élire un gouvernement qui, crise ou pas crise, retire depuis cinq ans tous les acquis obtenus de longtemps pour améliorer le sort des pauvres.

 

Car en réalité le plan de rigueur actuel ne fait que creuser un sillon déjà dessiné par la politique économique récente, et la vie tournera bien comme elle l’a toujours fait : à force de retirer toujours plus à ceux qui n’ont déjà pas grand chose, il arrivera bien une limite infranchissable. Il faudra bien encore des médecins ou des professeurs, des agriculteurs ou des boulangers, des éboueurs ou des maçons, des policiers ou des pompiers, des chanteurs ou des prostituées, des fous ou des fainéants…  et tout ce petit monde finira bien par trouver à manger, même s’il lui faut aller le chercher dans les jardins de l’Elysée…

 

Parce que ce sont nos dirigeants qui ont besoin des pauvres pour fonctionner, et pas l’inverse. Tout leur pouvoir, toutes leurs richesses ne sont que le résultat et de notre exploitation quotidienne, de notre consommation… et  il y a un jour où si les salaires baissent de trop, si les licenciements se font massifs, le gouvernement en place ne sera plus en mesure d’assurer le rôle pour lequel nous l’avons élu : protéger le peuple et ses intérêts.

La faillite ne doit donc pas nous faire peur à nous, mais leur faire peur à eux. Les plus pauvres finiront toujours par se débrouiller, et les plus riches par apprendre à devenir moins riches. Leurs privilèges, leurs bonus, leurs obligations, leurs dividendes et leurs profits n’étant réalisés que sur le dos des salariés, en appauvrissant le peuple ils s’appauvrissent eux-mêmes.

La confusion qui règne actuellement montre bien que même si cette crise leur permet de prendre le contrôle sur l’Europe toute entière, la machine capitaliste s’est emballée sans qu’ils soient en mesure de contrôler ce système qui fonctionne tout seul : la spéculation va trop vite, et les spéculateurs jouent contre eux-mêmes sans qu’ils puissent y échapper. Cela va trop vite, et l’agitation qui règne en haut lieu est le symptôme que la situation les dépasse. C’est bien eux qui doivent donc avoir peur, parce qu’en allant trop loin ils finiront par provoquer ce qu’ils redoutent eux-mêmes pour eux-mêmes : la faillite d’un pays, c’est leur propre faillite, pas celle du peuple.

Car lorsque le peuple a faim, peu lui importe de connaître la note accordée par les agences, son instinct le conduit toujours là où il faut : il n’y a pour cela qu’à se retourner sur le printemps arabe pour savoir comment cela finit…

 

Faillite ou pas faillite, nous n’avons donc plus rien à craindre : comme dit le proverbe, « Si le problème a une solution, ne t’inquiète pas. Mais si le problème n’a pas de solution, alors cela ne sert à rien de t’inquiéter ».

 

La morale vous l’avez : ne pas s’inquiéter. La peur paralyse, tandis que l’espoir motive. Laissons-donc l’inquiétude à nos dirigeants, on les paye bien assez cher pour ça. Le jour où ils comprendront que le peuple finit toujours par se relever, c’est eux qui auront peur.

 

Occupons-nous plutôt de préparer la suite, et prenons-les choses en main, car nous avons du boulot.

 

Caleb Irri

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De la crise de l’Euro à l’Empire Européen

Posté par calebirri le 28 octobre 2011

Ca y est, le coup d’Etat contre l’Europe a réussi. Comme je l’avais soupçonné il y a déjà quelques mois, l’Allemagne et la France sont en passe de prendre le contrôle total de l’Europe toute entière, et cela sans même prendre la peine de consulter le peuple !

 

C’est ahurissant : en l’espace de quelques mois, la crise a permis aux Etats français et allemand de mettre tous les autres Etats européens à genoux, et cela tout en leur imposant une cure d’austérité drastique. Regardez ce qui se profile à l’horizon, il suffisait d’écouter parler le président ce jeudi soir : l’Allemagne et la France vont prendre le contrôle de l’Europe pour continuer à exister sur le plan international, instaurer une « règle d’or » économique si contraignante qu’elle empêchera à l’avenir toute dépense sociale, et « harmoniser » la fiscalité européenne pour enfin gouverner d’une seule voix.

 

Ce n’est donc pas à l’avènement du fédéralisme que nous assistons, mais en réalité à la fondation d’un véritable empire !  Car la gouvernance économique unique signifie bel et bien la fin de l’indépendance des nations européennes au profit de la loi du plus riche : celui qui contrôle l’économie contrôle tout. En maîtrisant ainsi ce qui pourrait devenir la première puissance mondiale, l’Allemagne et la France pourront alors réguler ces frontières qui nuisent aujourd’hui à leurs intérêts, et imposer toutes les mesures « d’économie » qu’ils souhaitent sans passer par d’interminables compromis.

 

 

Le président français l’a bien dit ce soir : décrivant sommairement le « retournement du capitalisme« , il convient que l’appétit et la puissance des émergents menace désormais les « vieilles puissances » incapables d’autant de compétitivité. Face à cette réalité, l’Europe n’avait que le choix de se dissoudre ou de s’unir, et ce n’est qu’en menaçant de laisser tomber les plus fragiles que le couple franco-allemand a réussi la prise de commandement de cette « nouvelle Europe ». La politique économique et sociale de cet Empire sera fondée sur l’austérité, avec montée du protectionnisme aux frontières de l’Europe, baisse générale des salaires et des conditions de travail, augmentation de l’âge de départ en retraites et suppression en masse des services publics. Pour retrouver cette compétitivité chère aux capitalistes, il semblerait qu’une nouvelle fois nos dirigeants politiques se soient en réalité soumis au diktat des marchés, dont on ne sait vraiment s’ils sont leurs alliés ou leurs ennemis.

 

Car il est possible que les financiers se trouvent bien à l’origine de cet accord : au sein d’un gouvernement stable et « épuré » de ses dettes par une bonne cure d’austérité, ils ne renoncent ainsi qu’à une petite partie des sommes prêtées tout en retrouvant de l’intérêt à investir en Europe.En échange de leurs futurs « investissements », ils auraient reçu l’assurance d’être sauvés par l’Empire Européen quoiqu’il advienne. Les banques ne paieront pas.

 

Restent maintenant de nombreuses questions qui ne manqueront pas de revenir sur la table, comme celle des alliances (La Chine hier, la Russie demain, ou peut-être les BRICs) ou celle de la direction du nouveau pouvoir (l’Allemagne conjointement avec la France ou l’Allemagne seule ?), mais aussi celle de savoir si cette stratégie sera payante…et pour qui.
Mais pour ce qui est de la question du nouveau régime qui sera mis en place, nous avons déjà une réponse : celui-ci ne sera pas démocratique.

 

Caleb Irri

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En france, la démocratie n’est pas en péril : elle a déjà disparu !

Posté par calebirri le 10 septembre 2011

En Tunisie comme en Egypte ou en Lybie comme en Syrie, en Iran comme en Chine ou en Espagne comme en Angleterre, les mouvements contestataires qui se développent n’ont qu’une seule et même revendication : la démocratie. Et pour ceux dont le régime est déjà officiellement celui-ci, le peuple réclame alors la démocratie « réelle ».

Par dessus les revendications salariales ou les conditions de travail qui se dégradent, la volonté première des peuples est de pouvoir exercer pleinement (et réellement donc) leur souveraineté.

Que cela signifie-t-il ?

Si on considère la valeur de la démocratie par rapport à la réaction des autorités en place face à une contestation unitaire et rassemblée des citoyens, rien n’indique effectivement que la Tunisie ou la Lybie doivent être considérées comme des Etats démocratiques… ni que la France soit en mesure de revendiquer ce statut. Mais en réalité la situation risque bien de ne  pouvoir se produire, tant la répression face aux moindres actes « rebelles » est dans ce cas efficace et implacable, doublée quasi immédiatement d’un durcissement des lois « sécuritaires » en vigueur. Comme dans les dictatures autrefois « amies » de nos chères démocraties auto-proclamées, les peuples n’osent que rarement s’opposer à un gouvernement qui ne laisse rien passer.  Et il est aujourd’hui clairement établi, comme en Angleterre récemment, que nos gouvernements n’ont nullement l’intention de laisser se développer de tels mouvements (même s’ils s’y préparent avec leurs fichiers pour la surveillance, leurs lois de contrôle et de répression) ; sans compter qu’ils ont en plus les moyens techniques de faire respecter « la loi et l’ordre » chez eux, et cela mieux que n’importe quelle dictature.

 

Pour ne pas se trouver dans une telle situation d’être débordés, les pays « démocratiques » utilisent et appliquent donc la « tolérance zéro » pour juguler toutes les velléités contestataires, car ce sont les gouvernements qui font la loi : et lorsque le peuple s’oppose à son gouvernement, la légalité se trouve être contre le peuple. Les mesures anti-sociales qui s’apprêtent à passer dans toute l’Europe seront votées malgré une opposition populaire forte, mais impuissante : les manifestations, pétitions et autres illusions démocratiques sont des outils inefficaces.

 

Que leur manque-t-il donc pour qu’ils ne se révoltent vraiment ? Et surtout, qu’est-ce qui distingue nos propres gouvernants de ceux des régimes qui sont tombés il y a peu ? En Tunisie aussi il y avait des élections dites « libres » et « démocratiques », en Côte d’Ivoire aussi ! et un parlement, et une presse dite « indépendante », et une justice dite « impartiale », etc…

Tout cela était truqué, me répondrez-vous sans doute, et des élections gagnées avec 80% des voix c’est un score de dictateur… mais rappelez-vous le cas Chirac contre Le Pen il n’y a pas si longtemps: à combien de pourcents a-t-il été élu ?

Et vous les trouvez démocratiques nos élections qui ne comptent pas les votes blancs et qui permettent de telles situations ; et vous la trouvez indépendante la presse qui s’autocensure pour continuer à être financée par les amis du pouvoir, et dont le président de l’audiovisuel public est nommé par le président de la République ; et vous la trouvez impartiale la justice qui condamne les petits délinquants et laisse libres les voleurs puissants ?

Maintenant, tout dépend de la définition que l’on fait de la démocratie : si elle n’est que le respect de la « légalité », exprimée et soutenue par le peuple au suffrage universel direct à l’occasion de l’élection présidentielle tous les cinq ans, alors la Tunisie était bel et bien une démocratie. Mais si on considère à présent la démocratie comme l’expression de la volonté du peuple et du respect de cette volonté, alors la Tunisie ne rentre plus dans les critères de cette définition, pas plus que la France, signant par exemple malgré l’opposition de son peuple le traité de Lisbonne en bafouant ainsi sa volonté. Croyez-vous que la majorité des français, s’ils étaient consultés, soit en faveur des mesures qui sont prises ou à prendre, ou même qui ont été prises à l’occasion de la crise financière, ou de l’engagement en Afghanistan, ou sur le nucléaire, ou dans l’affaire Karachi ou celle de Woerth-Bettencourt, … mais cela change-t-il encore quelque chose ?

Non, car la France n’est déjà plus une démocratie. Le système électoral est corrompu, car les Lois qui régissent nos institutions ne sont plus conformes à l’esprit des droits de l’Homme sur lesquels elles ont été fondées. Et la volonté du peuple n’est plus respectée.
Aujourd’hui les réformes proposées au parlement sont systématiquement validées par une majorité qui fait de plus en plus penser que ce dernier n’est qu’une chambre  d’enregistrement des volontés d’un parti unique. Cet état de fait correspond clairement au passage au « régime présidentiel » validé lors de la modification constitutionnelle établissant le président pour le quinquennat, avec les législatives à suivre. Cette modification entraîne presque mathématiquement une majorité acquise au président, pour cinq ans et sans révocabilité possible, tandis que la réforme des collectivités territoriales risque en plus de supprimer la seule manière pour une opposition politique de se défendre à travers les élections régionales… nous finirons bientôt par n’avoir plus qu’un seul parti en place, celui du président.

L’élection présidentielle ne signifie donc ni plus ni moins que d’élire son dictateur pour cinq ans, si toutefois le régime ne change pas alors définitivement à l’occasion de la prochaine réforme constitutionnelle sur la « règle d’or », règle qui empêchera à l’avenir toute politique de relance par la dépense sociale, c’est-à-dire toute politique « de gauche »…

 

Mais cela n’est pas encore fait, et la règle d’or doit pour être ajoutée à la Constitution recueillir les 3/5 du parlement en congrès, ou bien supporter la tenue d’un référendum national, dont je doute qu’on l’oserait proposer au peuple. Elle sera donc bientôt votée. Si la démocratie était respectée, il ne fait aucun doute que c’est le peuple, et lui seul qui devrait être consulté en ces occasions, car les conséquences de telles modifications le concernent pleinement. En l’absence de cette consultation, peut-on encore parler du respect de la volonté du peuple, ou de démocratie ?

 

En fait, lorsqu’on y réfléchit cinq minutes, tout se passe en France exactement comme en Tunisie, ou en Egypte, à la différence près que notre gouvernement est déjà prêt à livrer bataille pour ne pas laisser des émeutes se propager, et dispose pour cela de moyens techniques, judiciaires et légaux qui empêchent toute contestation sinon de se former, au moins de se développer.

 

Imaginez maintenant que les manifestations de la fin septembre dégénèrent en émeutes, ou que les 8 millions d’individus vivant sous le seuil de pauvreté se révoltent pour réclamer qu’on les aide, que croyez-vous que notre gouvernement ferait de plus ou de moins que le dirigeant Syrien ? Il enverrait bien sûr lui-aussi l’armée, couperait internet, propagerait des rumeurs et mettrait en place un couvre-feu, adopterait des lois punitives et ferait des exemples… Doit-on en arriver là pour se rendre compte de la véritable nature de notre démocratie, pour comprendre enfin qu’elle n’a rien à envier à celle des autres pays ? Doit-on attendre que la misère fasse place à la colère pour accepter que la démocratie n’existe plus ?

 

Mais si la démocratie est une illusion, les vertus de la violence en sont également : Se débarrasser d’une dictature ne signifie pas tomber dans la démocratie, car si la violence est le moyen le plus sûr pour détruire, il n’est d’aucune utilité pour reconstruire. C’est d’ailleurs ce que les acteurs du « printemps arabe » sont en train d’éprouver en ce moment : faute d’avoir envisagé la succession du tyran, il est à craindre qu’ils se fassent voler leur révolution.

Regardons les choses en face, et réagissons : si la démocratie n’existe pas, cela ne signifie pas qu’elle ne peut exister. Tâchons de la créer alors, et la révolution deviendra alors inutile : devenez des engagés !

 

Caleb Irri

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L’affaire DSK, la crise et le bancor

Posté par calebirri le 24 août 2011

Ça y est, Dominique Strauss Kahn est libre : Les charges qui pesaient contre lui ont été levées, en raison de l’insuffisance des preuves apportées contre lui. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’ait rien à se reprocher, ni même que ses ennuis judiciaires soient terminés. Mais cela signifie qu’il a raté l’occasion d’être candidat à la présidence française, tout en perdant celle de rester à la tête du FMI. Quand on y pense, c’est bien l’Histoire avec un grand H qui se trouve modifiée par cette affaire ; car les deux postes qu’il a perdus à cette occasion ont une influence, par répercussions des prises de décisions qu’ils permettent, sur la planète toute entière.

 

Cela n’est quand même pas une toute petite affaire : si j’étais lui, et que je n’avais rien à me reprocher, je demanderai des comptes à ceux qui m’ont accusé pour rien.

 

Mais nous n’en sommes pas là. Le monde a déjà changé : madame Lagarde a pris la tête du FMI, Monsieur Strauss Kahn ne sera pas président de la France (sauf retournement exceptionnel), et la crise financière ne s’est pas arrangée : maintenant il s’agit de comprendre ce qui s’est passé. Pas dans la chambre de l’hôtel non, mais dans cet enchaînement étrange qui a permis au monde de se séparer d’un DSK gênant, au FMI comme en France, au moment même où la crise financière s’accentuait, au moment même où il était en tête dans les sondages, au moment même ou madame Lagarde risquait gros dans « l’affaire Tapie ».

 

Et bien quoi,  me répondra-t-on, encore la théorie du complot ?  et pourquoi pas, à la fin ! Si nous sommes si nombreux à avoir tout de suite eu cette pensée,  si les cerveaux de millions d’individus nourris aux séries télés en sont pleins, que l’Histoire en regorge et que le mien qui échafaude à l’instant le sien sont capables de les inventer, pourquoi d’autres n’auraient-ils pas, en plus, les moyens techniques et financiers de les réaliser « pour de vrai » ?

 

Nous savons tous que Monsieur Strauss Kahn, comme de nombreux autres politiciens avec lui, mériteraient mille fois la prison pour leurs multiples méfaits économiques et sociaux. Mais c’est avec une femme de chambre qu’il tombe, et à un moment crucial pour l’avenir de notre planète. Et personne ne trouve ça étrange ?

Regardons les choses en face : au moment même où DSK se faisait arrêter aux Etats-Unis, la situation calamiteuse de la Grèce mais aussi de l’Irlande et du Portugal faisaient penser que l’aide du FMI ne serait pas si simple à obtenir. On parlait alors de « restructuration de la dette« , ce qui n’arrangeait évidemment pas les banques exposées, c’est-à-dire entre autres les banques françaises : madame Lagarde ne voulant même pas en entendre parler.

Alors que quelques semaines plus tard, avec madame Lagarde aux commandes du FMI, on se rend compte que les choses ont déjà changé : en même temps qu’elle échappe à la justice française juste à temps pour ne pas avoir à démissionner, rattrapée par l’affaire Tapie, elle prend les commandes de l’institution à un moment clé de l’Histoire. Le FMI n’évoque plus alors de restructuration de la dette grecque, mais en enfonçant  le peuple Grec et l’Europe toute entière dans les affres d’une récession qui retombera in fine sur les populations les plus fragiles (voir c’est qui qui va payer ?), il sauve ainsi les banques d’une faillite annoncée, potentiellement salvatrice d’un point de vue économique, et logique aussi.

 

Ainsi, l’affaire DSK permet à la finance internationale d’échapper une fois encore à une juste punition (la faillite des banques trop exposées dans certains pays comme la Grèce) en nommant à la tête du FMI une femme dont le rôle sera certainement bientôt déterminant : lorsque la situation économique de l’Europe sera si dramatique que même les plans « d’austérité » ne suffiront plus à calmer ni les marchés ni la colère des peuples, les Etats-Unis comme l’Europe seront alors en mesure de nous imposer un nouveau « Bretton Woods » qui, nous dira-t-on alors, sauvera « le monde » d’un chaos généralisé, à travers la création d’un nouvel étalon monétaire miraculeux, le bancor. Ce même bancor qui, paraît-il, était déjà dans les cartons de monsieur Strauss Kahn comme dans ceux de madame Lagarde il y a quelque temps, et qui permettrait au FMI de devenir l’unique agent de contrôle de cette nouvelle monnaie de référence mondiale.

Voilà ce qu’il en est pour le FMI.  Reste maintenant la situation française : le « clan Sarkozy », malgré un objectif peut-être commun avec le PS, n’ont tout de même pas les mêmes méthodes : en écartant DSK de la présidence française, il se remet en selle dans la course à l’Elysée, ce qui n’est pas peu. Le « président des riches » est un homme avide de pouvoir , et ne peut décemment pas se faire voler la vedette lorsque le monde effectuera sa mutation. La gauche une fois au pouvoir, si molle qu’elle soit, n’est quand même pas la même chose que la droite : et pour conduire les mesures qui pousseront l’Europe à se soumettre aux décisions du couple franco-allemand, à travers la « nouvelle gouvernance européenne » basée sur cette fameuse « règle d’or » imposée à tous les pays de l’Union, il semble bien que la droite soit désormais la mieux placée.

 

Finalement, l’affaire DSK nous permet de mieux comprendre les évènements qui se profilent à l’horizon 2012 : une fois la soumission de tous les pays de l’Union Européenne scellée dans le marbre à travers cette « nouvelle gouvernance européenne », Les Etats-Unis et l’Europe parleront alors d’une même voix pour imposer au monde leur nouvel ordre économique mondial, seul remède capable à leurs yeux de faire face au retournement du capitalisme qui voit leur pouvoir s’effondrer peu à peu.

 

En faisant le choix de la crise, les gouvernants actuels se mettent en position de réaliser un changement total des règles du jeu de la finance internationale, et il ne fait aucun doute que la bataille pour une place à la tête de ce nouvel « empire » ne fait que commencer. Et l’Histoire que de se répéter…

 

Caleb Irri

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Pour qui roulent les politiques ?

Posté par calebirri le 23 juillet 2011

Cela faisait quelques jours que je voulais écrire un papier sur la crise financière. La tension montait, les bourses chutaient, les résultats des fameux stress-tests allaient tomber, et des réunions importantes allaient se tenir… enfin des réponses, espérai-je secrètement, et après nous serons à quoi nous en tenir… et puis il y a eu le « pré-accord » entre l’Allemagne et la France d’abord, et ensuite la conférence de presse accordée par monsieur Sarkozy : les bourses remontaient, la Grèce allait être sauvée, tout le monde allait mettre la main à la pâte, enfin tout était arrangé.

 

Et puis aujourd’hui les commentaires sont plus mitigés. Quelques uns soupçonnent une entourloupe, d’autres y voient un compromis honorable, et certains le moyen de gagner du temps. Personne cependant ne croit réellement que la situation se soit arrangée outre mesure, car en définitive le problème structurel du système financier n’est pas réglé : l’Europe court droit à la récession généralisée, tandis que les principaux responsables de celle-ci s’en sortent plutôt bien.

Que conclure de tout ceci ?

 

Je ne vais pas commencer à décortiquer les annonces faites ni les chiffres promis, mais juste me contenter de rappeler ce qui ressort clairement de ce « sauvetage »assuré à la dernière minute : les Etats paieront, une fois encore, tandis que les plus grands organismes financiers n’y seront pas contraints. Comme si, une nouvelle fois, on avait sacrifié la justice sociale à la puissance de l’argent, et que le pouvoir politique avait cédé devant le chantage du pouvoir financier.

 

Comment est-ce possible ?

 

Il semblerait que les tergiversations européennes sur la conduite à tenir en cas de déclassement de la dette grecque n’étaient en réalité qu’une sorte de bluff destiné à opposer aux banques (qui ne veulent pas payer) la possibilité d’une explosion de la « zone euro » à travers le « lâchage » de la Grèce. Les bourses ont chuté, les notes de plusieurs pays ont baissé simultanément, et ceux qui ressemblent maintenant à deux camps opposés se sont précipité pour régler l’affaire : les politiques poussés par la réalité économique et sociale de leur Etat ne veulent pas risquer de mécontenter encore un peu plus un peuple déjà largement mis à contribution, tandis que les banques menacent de laisser s’écrouler l’Europe si elle ne leur permet pas d’assurer en son sein les bénéfices qu’elles désirent obtenir.

 

Tout ceci ne s’explique qu’à travers le prisme du « retournement du capitalisme« , retournement dont il faut comprendre les mécanismes pour éclairer les enjeux actuels. Le pouvoir financier a besoin, pour faire fructifier ses avoirs, d’une certaine stabilité économique et sociale, et ne se soucie guère de la manière dont elle est obtenue. Si la Chine ou la Libye veulent faire des affaires, il lui importe peu que leur régime soit démocratique, ou pas.

Or il devient peu à peu plus intéressant pour le monde financier de traiter avec ceux qu’on appelle les pays « émergents » qu’avec  ceux dits « développés », ces derniers voyant leur potentiel de croissance nettement inférieur à celui des premiers…

 

Mais le pouvoir politique a besoin du pouvoir financier pour pouvoir continuer d’une part à se maintenir au sein des « grands » de ce monde, et d’une autre pour faire repartir une croissance que leurs ressources naturelles ne leur permettent pas seules. C’est ce « retournement » qui se trouve en fait être à la base de ce qui se trouve être une crise certes mondiale, mais une crise du monde des « pays riches »: l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique ne semblent pas être si durement touchées (du moins par les problèmes de la dette).

 

Ce retournement est également à l’origine du déséquilibre qui a modifié les rapports entre le pouvoir politique et le pouvoir financier : autrefois interdépendants, ces deux mondes s’écartent peu à peu car leurs intérêts divergent de plus en plus : alors que le pouvoir politique est jugé sur des résultats concrets, visibles, physiques, sanctionné par des élections et dépendant de l’argent pour faire campagne, il doit faire face aux remontrances continuelles d’un peuple qu’on prend de plus en plus ouvertement pour un imbécile. En face, le pouvoir financier préférerait sans doute voir un peuple plus docile sous la coupe d’un pouvoir politique plus ferme, car la stabilité est en économie une source de confiance, de faibles coûts de crédits… et de bonnes notes de la part des agences chargée de les donner.

 

Ce qui place les gouvernants dans une situation plus qu’inconfortable : pris entre deux feux (le peuple qui désire plus de justice sociale et le pouvoir financier qui exige plus de rentabilité), ceux qui dirigent depuis plusieurs siècles la marche du monde ont donc dû faire un choix : celui des financiers, ou bien celui des peuples- et il semblerait que c’est bien le premier qui a été retenu.

 

Les gouvernants feront donc croire aux peuples que les mesures prises sont les seules capables de résoudre la crise, sachant pertinemment qu’elle se creusera encore d’ici à peu… (après les élections de 2012 ?) Cette crise va engendrer la disparition progressive de l’Etat social au profit de l’union proposée à cette occasion, union qui se fera autour du « couple » franco-allemand, et au détriment de la démocratie. En se soumettant aux volontés du pouvoir financier, le pouvoir politique espère ainsi créer les conditions d’une véritable révolution qui sera résolue par la fin de la démocratie. En laissant le champ libre aux banques et en faisant porter tout le poids de la crise aux citoyens, les politiques tentent une dernière fois de « profiter » (enfin comme dirait monsieur Sarkozy de « saisir l’occasion ») de ce qu’il leur reste de puissance pour mettre en place cette « gouvernance économique » dont ils disent aujourd’hui tout haut le nom (dixit Nicolas Sarkozy)… au détriment du peuple.

 

En choisissant de faire porter le poids de la crise aux peuples plutôt qu’aux banques, les gouvernants actuels ont exprimé leur soumission au pouvoir financier plutôt qu’aux désirs des peuples, marquant ainsi le mépris qu’ils entretiennent à leur égard. En préférant satisfaire les intérêts financiers plutôt que ceux du peuple, ils ont fait un choix clair et définitif. Cette gouvernance économique censée protéger l’Europe ne sera en réalité que le moyen de stabiliser la zone euro, pour le plus grand profit de financiers qui, autrement, sont prêts à déserter cette zone pour aller faire de l’argent ailleurs. Même si cette stabilisation se fait au prix de la disparition de la démocratie et de la justice sociale, les gouvernants voudront toujours sauver leur enviable position  au sein du concert des nations, et n’hésiteront sans doute pas à faire appel ensuite au meilleur cocktail qui soit pour faire revenir la croissance et asseoir à nouveau leur domination : la guerre.

 

Caleb Irri

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Après le débat, on leur dit quoi aux Musulmans ?

Posté par calebirri le 3 avril 2011

Il y a ceux qui sont pour, et puis il y a ceux qui sont contre. Et puis il y a le reste, c’est à dire la majorité des citoyens, qui s’en foutent éperdument. Mais le débat sur l’Islam, renommé « débat sur la laïcité », aura bien lieu, et ce malgré tous les « débats » justement lancés sur sa tenue- ou pas. Une chose est sûre cependant, c’est qu’à cette occasion les masques sont tombés, comme je l’avais déjà fait remarquer à l’occasion des cantonales. Au sein de la majorité présidentielle des voix se font discordantes, et c’est tant mieux : le pouvoir du président sur la majorité s’effrite, et on commence enfin à trouver qu’il va trop loin.Car ce débat sur l’Islam, susceptible de remettre en cause la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, fait aujourd’hui peur à ceux-là mêmes qui ont compris où le chef de l’Etat voulait les conduire :  c’est-à-dire la stigmatisation des Musulmans, avec comme objectif la création d’un « bouc-émissaire » économique, à travers l’utilisation des évènements actuels pour détourner l’attention du peuple des véritables responsables de l’état du monde : les gouvernants eux-mêmes.

En mettant en place ce débat, il sera donc question de l’Islam, afin de savoir si cette religion convient ou non à la définition qu’on voudrait faire de la laïcité, et par conséquent si cette religion pose ou non un problème vis à vis des valeurs que prétend défendre la France.

Je ne reviendrai pas ici sur les définitions de la laïcité, ni même sur l’interprétation que l’on peut faire de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, je n’en ai pas les compétences, et d’autres le font bien mieux que moi. Mais je voudrais m’intéresser à ce que ce débat pourrait entraîner comme conséquences : car s’il y a débat, il y a conclusion du débat, et théoriquement réponse à la question : y a-t-il un problème musulman en France ?

Si la réponse est « non », alors nous rentrerons tous chez nous fiers et contents, le score du FN devrait mathématiquement baisser, et tout retournera dans l’ordre rapidement.

Mais si l’on considère, à la fin du débat, qu’il y a bel et bien un « problème musulman » en France, que fait-on ?

On interdit la religion musulmane ? On retire la nationalité aux Musulmans, ou leur colle-t-on un croissant rouge sur le corps ? Est-ce qu’on les torture, est-ce qu’on les réduit en esclavage, ou leur supprime-t-on simplement des droits sociaux ? Doit-on les mettre dans des camps pour les exterminer, ou arrête-t-on juste de commercer avec eux ?  Va-t-on leur déclarer la guerre, les envahir ou seulement les expulser ?

Et puis ensuite, faut-il considérer tous les Arabes comme des Musulmans ? Peut-on les qualifier de « race » au même titre que les Juifs autrefois, ou comme des adeptes d’une religion ? C’est quoi le problème exactement, les étrangers ou leur religion ? Et les enfants de Musulmans seront-ils alors « automatiquement » Musulmans eux-aussi ?

A partir du moment où l’on juge qu’il y a problème, il faudra bien admettre qu’il y faut trouver des solutions… Y êtes-vous prêts ? Est-ce vraiment cela que vous voulez ? Que voulez-vous à la fin ?  que les Musulmans « périssent » par vos mains, ou seulement qu’ils s’intègrent ? Dans le premier cas, imaginez ce que cela signifie. Et dans le second cas, il vous faudra alors regarder en face le véritable responsable des situations qui vous mettent mal à l’aise, le gouvernement lui-même, et nous tous à travers lui. Car quels sont les reproches que l’on entend à propos des Musulmans ?

-Ils prient dans la rue ? offrez leur des lieux de culte, et ils disparaîtront.
-Vous ne voulez plus voir de burqas ? donnez-leur l’exemple, et ôtez-vos propres lunettes « écran-total ». Si ces femmes apprenaient à lire et lisaient le Coran, elles verraient que cette pratique n’est pas obligatoire.
-Vous trouvez qu’ils reçoivent trop d’aides sociales ? donnez leur du travail !
-Des jeunes des cités vendent de la drogue et des armes ? Légalisez le cannabis et offrez-leur d’autres perspectives d’insertion.
-Il y a trop de travail au noir, et vous voulez qu’ils payent des impôts ? Donnez-leur des papiers.
-Vous ne comprenez pas qu’ils se réunissent tous ensemble dans des cités ghettos ? Offrez leurs des logements décents et moins chers, ils ne refuseront pas
-Ils vous regardent de travers ? changez votre propre regard sur eux, et les leurs suivront.
Lorsque vous arrivez dans un lieu que vous ne connaissez pas, vous aimez à ce que ceux qui sont déjà là, et qui se connaissent tous, vous accueillent avec gentillesse pour vous présenter, pour vous apprendre les règles et traditions locales, pour vous intégrer. Si personne ne vous parle et qu’on vous laisse de côté, vous vous renfermerez sur vous, et ne chercherez que la compagnie des autres exclus, qui eux vous comprennent et vous accueillent. En acceptant de croire qu’il existe un « problème musulman », nous rendons nous-mêmes possible l’existence de celui-ci. Nous excluons ceux-là mêmes à qui nous reprochons de ne pas s’intégrer… Que feriez-vous à leur place ?

 

Réfléchissez bien à ce que vous voulez, mais aussi aux conséquences que vos opinions impliquent dans la réalité. Car admettre que les Musulmans sont un problème pour la France conduira à l’adoption de solutions concrètes. Le voulez-vous vraiment ?

Alors soyez sérieux, et stoppez-là la discussion : il n’y a pas d’autre alternative envisageable que l’intégration, un point c’est tout.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, immigration, misère, politique?, relations internationales, sarko | 6 Commentaires »

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