Pour que les révolutions ne meurent pas, ajoutons la réflexion à l’action !

Posté par calebirri le 26 mai 2011

On le voit bien ces derniers temps, la déception laisse place, peu à peu et à mesure que les sacrifices demandés aux peuples augmentent, à la colère. Cette colère qui monte sourdement, tranquillement, en chacun de nous et chacun dans son coin, un peu comme ça vient. Les « indignés », de quelque nationalité qu’ils soient, comprennent que quelque chose ne va pas, et sentent plus ou moins consciemment qu’un unique ennemi les réunit, sans vraiment savoir comment le combattre.

Cet ennemi commun, c’est un système injuste au service des plus riches, et au détriment de la démocratie, c’est à dire du peuple. Face à la conjonction du retournement capitaliste et de la destruction de l’environnement, l’humanité est entraînée dans une spirale accélératrice qui la conduira inévitablement à faire des choix quant à son avenir. Car le véritable ennemi de la démocratie, c’est le capitalisme : un capitalisme autodestructeur, qui ne remplit pas les exigences démocratiques, qui tue, asservit, déshumanise. On ne peut soumettre le capitalisme à la démocratie, car l’existence de l’un exclut celle de l’autre. Soumettre le capitalisme à la démocratie, cela signifierait en réalité supprimer le capitalisme. Ce qui pourrait bien arriver…

Tant que ce système nous favorisait encore, nous les pays « riches », il n’était pas difficile de croire à l’illusion de bonheur que ce système procurait. Mais aujourd’hui nous sommes confrontés à la possibilité de voir nos « acquis » (faits sur le dos des pays « pauvres ») disparaître au profit de ces mêmes pays que l’on appelle désormais « émergents ». Car le capitalisme est un système qui ne peut satisfaire au bonheur de tous : il conditionne le bonheur de certains aux malheurs d’autres

L’agitation qui règne actuellement dans les hautes sphères politiques est la preuve la plus évidente de l’intérêt qu’elles portent à cette question du « retournement » du capitalisme, ou de sa fin. Car si nous laissons les lois du capitalisme régler la crise économique et financière, alors il faut que tous les pays dits « développés » aujourd’hui se préparent aux plus grands sacrifices, à savoir se séparer de certaines libertés, de protection sociale, de la démocratie enfin. Nous devrions peut-être même alors nous préparer à devenir les futurs « immigrés » de Chine, du Brésil ou de l’Inde… Ce que nos gouvernants, et même la plupart d’entre nous, ne veulent même pas imaginer.

Pour sortir de cette spirale et éviter la perte de leur pouvoir, les Etats « développés » n’ont donc pas d’autre choix que de pousser, à terme, à la fin du capitalisme au travers ou du bancor, ou de la guerre. Car les pays émergents, qui veulent aujourd’hui profiter enfin des fruits de leurs sacrifices passés,  ne se laisseront sans doute pas si facilement berner.

Mais attention, la fin du capitalisme ne signifie pas pour autant la mise en place de la démocratie : seulement sa possibilité. Prenons garde que les révolutions qui couvent ici ou là ne tombent pas sous le coup de la sentence de George Orwell « on n’établit pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature » et qu’elles ne conduisent pas à pire encore que ce à quoi les peuples ont échappé.

Le soutien de ces mouvements par les pays dits « démocratiques » est plus que suspect (aux vues des liens troubles qu’ils entretiennent) car il rentre en contradiction totale avec le refus d’accepter les émigrés des pays concernés. En soutenant d’une part ces évènements d’un point de vue moral et en refusant ses conséquences économiques d’une autre, les gouvernements montrent ainsi au grand jour les contradictions, l’injustice et la corruption du système : les plans de sauvetage, les bisbilles autour du FMI, le contrôle d’internet et le racisme éclairent d’une lumière crue leurs véritables volontés, car ils ont eux bien compris que si la démocratie doit se soumettre au capitalisme, ce capitalisme ne les favorisera plus pour longtemps… D’où l’idée de supprimer à la fois le capitalisme et ce qui nous reste de démocratie.

Car en s’appuyant sur les révolutions pour mettre à bas le capitalisme, ils évitent ainsi le combat avec les plus forts (les « émergents »), pour porter leur attention sur d’autres cibles (les Musulmans et les « assistés »). S’explique ainsi toute la politique actuelle, qui pousse peu à peu les peuples à accepter, de gré ou de force et à travers le bancor, la guerre ou les deux, un nouvel ordre économique mondial qui n’aura plus rien ni de capitaliste, ni de démocratique : et tout cela,  officiellement bien sûr, pour « sauver » les révolutions que nous aurons conduites pour eux.

C’est donc pour éviter d’avoir à choisir entre « 1984 » ou « le meilleur des mondes » qu’il ne s’agit pas seulement de manifester, de se battre ou de supprimer le capitalisme ; et cela, c’est faire encore la moitié du travail pour ceux qui nous exploitent. La révolution est certes nécessaire, mais à condition qu’elle s’appuie sur une réflexion globale, un espoir, un avenir sur lequel travailler, et surtout nous unir.

Car il faudra bien nous unir, et canaliser  les indignations au travers de projets constructifs ou en construction (http://laconstituante.forumgratuit.fr/) nous permettant d’établir un autre système capable d’échapper aux alternatives qu’on voudra nous imposer. Les jeunesses de tous les pays ont ce pouvoir, car pour l’instant encore ils maitrisent mieux ce formidable outil « internet » que la génération précédente. Nous pouvons, et devons le faire, car viendra bientôt le temps du choix : soit nous prendrons ce qu’il veulent bien nous donner, soit nous créerons nous-mêmes notre propre voie. Mais les choses ne pourront pas durer ainsi très longtemps.

Après l’indignation il y a l’action mais pas seulement : il faut y ajouter la réflexion.

 

Caleb Irri

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Et si nous admettions nous être trompés ?

Posté par calebirri le 16 mai 2011

Le capitalisme me fascine : le pouvoir de l’argent est tel qu’il fait perdre la raison à tous, que vous soyez pauvres ou riches, de gauche ou de droite, blanc ou noir, juif ou musulman. Vous en avez envie, et si vous n’en avez pas envie vous en avez besoin. Impossible de s’en passer, impossible d’y résister, il vous en faut, ne serait-ce que pour survivre. Plus on s’en approche, plus on en devient dépendant. D’ailleurs, les analogies avec la drogue sont nombreuses, et il est bien certain que le problème avec l’argent n’est pas d’en obtenir, mais bien plutôt de savoir s’en passer.

 

C’est le monde entier qui fonctionne désormais ainsi, car le système capitaliste a profondément marqué votre esprit, et même votre inconscient. Il a réussi à remplacer chez vous les notions de don, de partage et de fraternité par celles de l’échange, de l’individualisme et de la concurrence. A l’intérieur de vous-même, que vous le vouliez ou pas, vous êtes contraints de réfléchir en ces termes, car le capitalisme fonctionne ainsi : c’est vous ou « eux », et il vaut mieux que ce soit VOUS.

 

La valeur de l’être humain en a elle-même été modifiée, car elle n’est aujourd’hui jugée que selon des critères « calculables », financiers donc. Ce qui compte aujourd’hui n’est plus ce que vous êtes, mais ce que vous faites. Toutes vos actions ne sont plus dirigées que par un critère ultime, qui détermine votre place au sein de la société : votre compte en banque. Si ce que vous faites rapporte de l’argent, alors vous êtes « un type bien », tandis que si vous n’êtes que « un type bien » sans argent, vous ne valez rien. Non seulement aux yeux des autres, mais même à vos propres yeux.

 

Mais si nous nous étions trompés ? Si, au lieu de nous avoir été profitable, le système capitaliste nuisait en définitive au bon fonctionnement de la société, de l’humanité ?

Même de bonne foi, imaginez qu’Adam Smith se soit trompé, et que toute son histoire de « main invisible » soit une erreur… Ce n’est pas si compliqué, il n’y a qu’à regarder autour de soi pour le comprendre : les promesses du système capitaliste n’ont pas été tenues, et il semblerait que la tournure que prennent les évènements nous démontre qu’à terme nous allions droit dans le mur : les valeurs sur lesquelles reposent le capitalisme sont, d’un point de vue global (mondialisé) incompatibles avec la satisfaction de l’intérêt général.

Cette hypothèse retenue, que fait-on après ? On continue à foncer droit dans le mur en fermant les yeux ou on essaie de freiner avant l’impact ?

Mais il n’est pas si facile d’admettre que l’on s’est trompé. C’est qu’à force de se considérer selon la valeur de son compte en banque, il serait une humiliation insupportable que de reconnaître qu’à part ce dernier, nous n’avons pas forcément grand chose à exhiber pour nous rassurer. Bien que le simple fait de le reconnaître soit une preuve suffisamment grande de notre « substrat » d’humanité, pour certains cela signifierait de remettre toute leur vie en cause, et d’y rechercher un sens qu’ils n’y trouveraient plus : le vide absolu, le néant, une vie « pour rien ». Les plus investis seraient sans doute les plus retors, mais pourquoi continuer à persister dans l’erreur ?

Et pire encore, que penser d’une humanité qui dans son ensemble se serait ou trompée, ou laissée berner par un système qui ne tient pas, et ne pouvait pas tenir ses promesses ? En s’apercevant, en reconnaissant que le capitalisme n’est pas le système qu’on croyait capable d’apporter le bonheur à tous, alors nous devrions remettre en cause des milliers d’années de civilisation, de progrès technique et social, de guerres inutiles et de famines inacceptables. Sans compter notre lâcheté collective : plutôt que d’admettre au plus tôt que nous n’étions pas sur la bonne voie, nous avons préféré nous mentir à nous-mêmes en tentant d’inverser la courbe sans jamais remettre en cause l’erreur primordiale sur laquelle repose toutes les autres : l’argent qui de moyen est devenu fin, comme il était inscrit dans ses « gênes » (et contre lequel on a mis en garde il y a plus de 2000 ans). Perdus face à une réalité infiniment complexe, nous avons préféré continuer dans cette voie plutôt que d’en chercher une meilleure, parce qu’il était beaucoup plus facile de mentir et de tromper que de rechercher d’autres modes de fonctionnement. La guerre est plus facile à faire que la paix.

Mais nous aurons bon chercher tous les « autres » coupables du monde, stigmatiser certaines minorités ou faire toutes les guerres pour y trouver le responsable, nous n’en deviendrons pas meilleurs, ni même plus avancés. Car le véritable problème est l’argent. L’argent qui nous a été utile un temps, mais qui nous est devenu indispensable : les hommes sont trop faibles pour lui résister. Quand nous accédons à l’argent, nous perdons nos repères et la notion des valeurs qui vont avec. Nous adoptons tacitement les règles du « jeu » capitaliste, et les faisons nôtres. Nous nous « déshumanisons » à mesure que nous intégrons les modes de pensée qui permettent d’accéder à la « réussite », celle que le capitalisme considère comme telle en tous cas, la réussite financière, au mépris de toute autre considération. L’argent est une substance nocive qui corrompt les coeurs et les esprits. Il nous faudra bien apprendre à nous en séparer, au moins pour ne pas tout détruire. Toutes les injustices, toutes les guerres et toutes les famines, tous les maux humains ne proviennent, au bout du compte, que de l’argent qui, de main en main, de lieu en lieu, corrompt tout ce qui le touche.

Si nous remettions tout cela en question, sans doute alors nous serions tous considérés comme responsables du plus grand crime qui soit, c’est à dire de nous savoir coupables sans réussir à changer notre comportement criminel (y compris vis à vis du climat et de la planète, et de nos descendants…).

Mais changer nos comportements implique la reconnaissance de notre erreur, et de celle de tous, et de tous ceux qui nous ont précédé. Cela implique une remise en question totale de toute l’histoire humaine, de toutes nos valeurs et de tous nos désirs. Cela implique d’assumer un passé fait de misères et de guerres inutiles, de massacres honteux ou de calculs stériles, mais c’est seulement en agissant ainsi que nous pourrions avancer : nous serions alors déjà un peu plus humains.

 

Caleb Irri

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l’extra-terrestre, le capitalisme et moi

Posté par calebirri le 29 avril 2011

L’autre jour, alors que j’étais confortablement installé devant mon ordinateur, on sonna à ma porte : un être étrange se trouvait là devant ma porte, ni humain ni animal ; enfin ce qu’on appelle communément un extra-terrestre. Je l’invitais donc à boire un coup avec moi, et nous commençâmes une discussion sur l’état de notre belle Planète, à laquelle mon invité ne comprenait visiblement rien : nous avions développé des technologies intéressantes, disposions de ressources en grande quantité, de formidables capacités d’adaptation à toutes sortes d’environnements et de climats, et il s’avérait qu’après plus de 4000 ans de civilisation nous n’étions toujours pas capables ni de nourrir ni de loger tous les habitants de cette petite planète.

 

« -comment ça, une personne sur six n’a pas de quoi manger à sa faim », me dit-il alors étonné, « avec toute votre science et votre technologie, vous n’êtes toujours pas parvenus à régler ce problème ? »

« - à vrai dire nous en sommes encore loin », lui répondis-je alors. « Imaginez-donc, quelques 10% de la population possèdent aujourd’hui l’équivalent de presque 90% des richesses de cette planète !

- Et cela ne vous révolte pas ?

-si, bien sûr, mais nous n’y pouvons rien…

-Pourquoi, vous n’êtes donc pas libres ?

-Non, enfin si… ça dépend.

- Certains sont donc esclaves alors ?

-Et bien pas exactement. En fait nous sommes en démocratie.

- c’est qu’alors vous choisissez volontairement cette situation ? Vous n’avez donc pas de religion, ou de philosophie pour vous guider vers plus de justice, plus d’entraide et de partage ?

-si bien sûr, et même qu’on fait beaucoup de guerres pour les défendre, et même parfois des guerres « préventives », au nom de la justice et de l’entraide, de la religion aussi.

-Vous adorez donc le Mal alors, et vos religions appellent à la haine, la violence et la mort ?

- Non, toutes nos philosophies, toutes nos religions prônent l’amour de son prochain, la fraternité et la paix entre les hommes… Regardez-donc notre littérature, tous nos grands hommes sont de fervents partisans de l’amour des autres ! Dans mon pays, la devise se trouve justement être fondée sur ces valeurs, que nous défendons partout dans le monde : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.

 

-Vous êtes vraiment étranges… Pourquoi ne vous débarrassez-vous pas de vos dirigeants, puisqu’ils ne respectent visiblement pas leurs engagements ? Ils vous contrôlent par la pensée, ou vous battent ? Comment font-ils pour que vous acceptiez cette situation ?

-Bon, c’est un avis personnel que je vous donne, mais je crois bien que c’est à cause du capitalisme, enfin de l’argent quoi…

-C’est quoi l’argent, c’est quoi le capitalisme ?

- Vous ne connaissez pas l’argent ?!! C’est l’outil qui devait originellement servir à aider les hommes à échanger, à partager les fruits de leur labeur… et le capitalisme, c’est le cadre général qui régit les échanges, fixe les prix, donne à chacun sa valeur et détermine sa place au sein de la société. Cet outil était censé nous procurer à tous du travail, des loisirs et des biens, et surtout nous apporter le bonheur à chacun, mais…

- Mais apparemment cela ne fonctionne pas. Ca fait longtemps qu’on vous promet des améliorations ?

-Au moins 2000 ans, mais sûrement depuis le début en fait…

- Et vous n’avez pas essayé autre chose, un autre système pour fonctionner tous ensemble ?

-Non… Mais à vrai dire ce n’est pas si simple : nous ne savons pas quoi mettre à sa place.

-C’est qu’il vous faudrait au moins contrôler vos dirigeants, et sanctionner leurs excès, leurs mensonges… Vous n’avez pas d’instances susceptibles de le faire ?

- Bien sûr que si, ce n’est pas le problème de la Loi en elle-même, mais bien plutôt de ceux qui les écrivent, en s’arrangeant pour y laisser toujours une faille, dans laquelle s’engouffrent ceux qui ont le plus de pouvoir, c’est à dire celui de se payer les juges qui leurs conviennent, et même de se payer les législateurs qui rédigent ces lois…Nous sommes coincés.

-Et bien dans ce cas supprimez l’argent, et vous supprimerez du même coup tous vos problèmes….

-C’est un excellente idée, mais comment faire ? Comment partager les richesses, comment inciter les gens à travailler, comment vivre alors en société ?

- Mais c’est que si la situation est telle que vous la décrivez, vous n’avez rien à perdre à essayer. Car d’après mes informations (et c’est pour ça que je suis là), votre planète court un grand danger, et met en péril l’équilibre de l’Univers. Et si comme vous le dites les problèmes sont tous liés de près ou de loin à votre « argent » (qui semble être plus qu’une religion), alors il vous faudra bien apprendre à vous en passer. Et le plus tôt sera le mieux.

Rendez-vous compte, il faudra vous ouvrir pour y parvenir, à l’intérieur de vous-même et aux autres aussi. Dépasser votre conditionnement, réapprendre à penser par vous-même, et vous unir aux autres pour y arriver. Ce ne sera sans doute pas facile, mais avez-vous vraiment le choix ? Si les choses sont comme vous le dites, alors vous pourrez tenter toutes les combinaisons possibles, vous pourrez faire tous les calculs imaginables, faire toutes les lois que vous voudrez, rien ne changera cette réalité : le plus riche sera toujours le plus fort.

 

-Impossible voyons, cela remettrait trop de choses en cause : comment ferions-nous pour faire table rase du passé, oublier les avancées de la technologie, le progrès technique ou social ? La solidarité, la fraternité, la liberté, comment faire pour les conserver ? Comment l’homme fera-t-il pour trouver son bonheur, faire société et devenir bon ?

 

- mais qui vous parle de renoncer au progrès ? Sérieusement, regardez où vous en êtes rendus, et cessez de retourner votre vision du point initial de la conversation, à savoir qu’une personne sur six n’est pas en mesure de se nourrir. Voulez-vous continuer ainsi ? Ecoutez-donc ce que je viens de vous dire : le simple fait de supprimer l’argent vous contraindra à rechercher, et obtenir ces solutions que vous recherchez. Car c’est en unissant vos forces, en prenant soin des besoins et des désirs de vos frères humains que vous trouverez le fonctionnement d’un monde sans argent. Vous ne pouvez le faire en présence de l’argent, car c’est lui qui vous en empêche. Réfléchissez bien : si les hommes étaient tels qu’ils correspondent à vos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, alors l’argent deviendrait inutile dans l’instant. »

 

Nous continuâmes à deviser un peu encore, et c’est en partant que je lui ai dis que personne ne croirait à mon histoire… Et vous savez ce qu’il m ‘a répondu  ? « Ca ne m’étonne pas : si vous étiez vraiment malins, vous n’en seriez pas là ! ». Et il s’en est retourné, comme il était venu.

 

Caleb Irri

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La valeur de l’Homme, une erreur de calcul capitaliste

Posté par calebirri le 27 mars 2011

Le capitalisme n’a qu’un seul objet : le profit. Ce profit est le résultat d’une balance entre les recettes et les dépenses liées à une activité, qui doit pour être viable dégager une plus-value, c’est à dire être finalement positive. A la limite de la perte et du profit se trouve un point « zéro », que l’on appelle le seuil de rentabilité.

C’est la recherche de ce seuil de rentabilité qui détermine la viabilité d’un projet, ce qui signifie que le lancement d’une activité dépend d’un calcul établi en amont pour savoir si le rapport entre les investissements effectués et les gains espérés seront globalement positifs ou non. La rentabilité se trouve donc être une projection des profits futurs, une espérance, une probabilité considérée comme suffisante pour atteindre un certain niveau de profit. En d’autres termes, la rentabilité calcule la probabilité d’un profit à venir ; jamais des certitudes.

 

Dans l’élaboration de ce calcul, les dépenses nécessaires à la création de l’activité se nomment investissement, et se trouvent séparées en deux entités distinctes, le facteur capital d’une part, et le facteur travail de l’autre. Le facteur capital est aisément intégrable dans des calculs, et cela malgré de très nombreuses données. Mais c’est pour le facteur travail que les difficultés sont les plus grandes. Car ce facteur travail c’est vous, c’est moi. Les recettes, elles, sont calculées à partir d’un concept également non mathématique, le fameux « consommateur rationnel », destiné à rendre l’homme « calculable », mais qui n’existe (heureusement) pas dans la réalité.

Pour le nucléaire comme pour toute autre activité, il faut donc, avant de se lancer, examiner le seuil de rentabilité d’un tel projet, ce qui signifie intégrer aux calculs de nombreux paramètres, dans lesquels interviennent donc des éléments mathématiques (les capitaux : combien coûte la maçonnerie, le travail, les impôts, les assurances…), mais également des facteurs humains (le risque d’accident, les conséquences sanitaires et environnementales à court, moyen et long terme). En fonction du prix « calculé » (on devrait dire « imaginé » car la somme des paramètres à prendre en compte ne peut être ni exhaustive ni quantifiée), et toujours en rapport avec les hypothèses de comportements des consommateurs (la demande supposée en électricité), le capitaliste déterminera le prix qu’il doit vendre son « produit » pour estimer si l’affaire est rentable ( si le prix qu’il fixe respecte la concurrence), ou quelle rentabilité il désire pour fixer son prix de vente (dans le cas d’un monopole).

L’exemple de Fukushima nous montre bien que tous ces calculs ne servent véritablement à rien, car en réalité les éléments « mathématiques » que représentent les coûts fixes sont erronés, car ils ne prennent pas en considération la véritable mesure ni des choses, ni des êtres. Même les « choses » sont le résultat du travail humain, et la « valeur » de l’homme est une donnée incalculable, car il fait partie d’un tout, l’Humanité. Et quand bien même nous serions capables d’en rendre compte de manière acceptable, jamais de tels projets n’auraient dû voir le jour, au regard de risques encourus. Nous aurons bon nous évertuer à calculer si oui ou non le bilan du nucléaire est, dans son ensemble, positif pour l’Humanité, cela est inutile. Car bien qu’à court terme cette activité semble « rentable » à certains égards (emplois, confort, prix, pollution), sur le long terme rien n’est moins sûr : ce que va coûter la catastrophe va bien au delà de tout ce qu’on peut imaginer en termes de santé, d’environnement, et même de financier. Et tout cela sans tenir compte des incidences de la production d’une centrale nucléaire, qui sont également incalculables dans une économie mondialisée : l’exploitation des ressources pour extraire le combustible, celle des êtres humains mis en servitude et rendus malades, la pollution et les trafics, les guerres engendrés pour son contrôle et son acheminement…

Alors au bout du compte, la rentabilité n’est pas au rendez-vous. Cela devrait nous faire réfléchir sur les dangers de tels calculs, qui intègrent dans leurs critères une sorte de « valeur » attribuée à l’être humain. Et c’est bien là que repose toute l’erreur du capitalisme : en définissant l’homme selon des critères purement financiers, qui plus est à court terme, il omet l’élément essentiel du fonctionnement d’une société, l’être humain dans son individualité, dans sa complexité, dans son humanité, et la pérennité de son existence. En n’estimant pas le facteur humain comme principal objet de ses calculs, en attribuant une valeur  « monétaire » à l’être humain, il inverse les priorités « naturelles » des hommes, et finit par prendre l’homme non plus comme but mais comme moyen, et l’argent comme but alors qu’il ne devrait être qu’un moyen, au service de l’homme.

Ainsi, l’objectif primordial d’une société, à savoir la conservation de l’espèce humaine, rentre en contradiction totale avec l’objectif du capitalisme, qui préfère le profit à l’être humain, et qui permet à de telles catastrophes de se produire.

Les choses étant ainsi posées, et puisque le capitalisme attribue une « valeur » à l’être humain, il s’agit maintenant de savoir comment elle est calculée.

Parmi les dépenses que le capitaliste doit prendre en compte dans ses calculs, certains coûts sont dits « fixes » (bien qu’ils intègrent eux aussi les coûts « variables » -l’homme- dans le cadre de leur activité spécifique), et d’autres « variables », qui correspondent aux coûts du travail en un lieu et en un moment donnés. Le coût du travail en Chine n’est pas le même qu’en France, car la législation du droit du travail, les taxes, les conditions de vie des travailleurs, etc, ne sont pas les mêmes partout et tout le temps. Le coût du travail, c’est donc la valeur que l’on vous attribue, en fonction de votre productivité (ce que vous êtes capable de produire en un temps donné). Le coût du travail est devenu, selon les lois du marché, la seule variable d’ajustement sur laquelle les capitalistes peuvent encore jouer, et qui détermine donc notre valeur, la valeur de l’être humain. Cela peut paraître effarant, mais c’est bien la triste vérité. La valeur de l’homme n’est un facteur au même titre que le kilo de MOX, que l’assurance ou les conditions de travail.

Le principe de la fixation du coût du travail réside dans la conception même de l’être humain, avec comme limite sa capacité à supporter l’exploitation de sa force de travail. En d’autres termes, cela signifie qu’il faut traiter l’être humain le moins bien possible (réduire les coûts), sans toutefois qu’il se révolte. Le travail des économistes (qui se trouve être en réalité un travail de psychologue) se résumant à pousser cette « variable » (vous et moi donc) jusqu’au maximum de ses possibilités de productivité, sans dépasser une limite au delà de laquelle ils n’est plus rentable de la contraindre, car alors la productivité de cette variable baisserait. Il ne faut donc pas croire que les loisirs et autres « conforts » sociaux ne sont seulement que le résultat des luttes sociales, mais plutôt qu’ils sont la nécessaire concession faite par des économistes estimant qu’au dessous d’un certain seuil de confort, notre productivité baisse. La valeur de l’homme n’est donc définie que par le rapport entre ce qu’il est capable de rapporter (sa productivité, l’effort qu’il est capable de fournir), et ce qu’il coûte pour travailler sans se révolter (conditions de travail, salaires…). C’est cela l’optimisation, et c’est cela que vous valez, que nous valons, selon le capitalisme : moins que le profit.

Cette manière de calculer la « valeur » de l’être humain remet donc en question toute la morale humaniste des sociétés, et permet d’annihiler la conception égalitaire de nos sociétés selon laquelle un homme en vaut un autre. En « calculant » la valeur de l’être humain, on s’aperçoit qu’il ne s’agit donc plus de le faire « valoir » plus, mais moins. L’homme se trouve sacrifié au profit de la rentabilité, ce qui finit par nuire à l’Humanité toute entière. Car en « moyenne » la vie d’un Chinois vaut moins que celle d’un Français, et à l’intérieur même de chaque société certains valent plus que d’autres. Les « liquidateurs » sacrifiés pour refroidir les réacteurs japonais valent moins que les dirigeants de Tepco, qui achètent la vie des liquidateurs avec l’argent qu’ils ont gagné sur le dos d’autres misérables travailleurs, au nom d’une rentabilité justifiée par un calcul erroné, une conception du monde injuste et inhumaine.

Selon cette conception, la valeur de l’être humain ne dépend plus de ce qu’il est intrinsèquement (un être humain parmi des milliards d’autres), mais de ce qu’il fait. Cela signifie que tous les calculs économiques déterminant les activités humaines sont basés sur un principe « moral » qui contredit et outrepasse les lois « naturelles » imprescriptibles de l’Homme, celles de l’égalité et de la conservation de l’espèce. Avec la détermination de la valeur de l’homme les inégalités se sont tellement creusées que selon les critères de rentabilité, certains hommes en valent des millions d’autres : cela met en péril l’équilibre de l’Humanité toute entière, et rend évidemment impossible toute démocratie.

Car la démocratie implique la définition d’une majorité, chaque individu ayant le même poids dans les décisions concernant la société. L’objectif d’une société étant la conservation de l’espèce humaine, elle considère qu’en laissant souffrir 10 personnes de la faim pour en nourrir un million, le développement d’une activité est acceptable d’un point de vue global : les 10 misérables ne se révolteront pas, et la majorité se satisfera de ce calcul, acceptant ce principe majoritaire. On peut bien sûr aller plus loin dans les proportions (jusqu’à un maximum de 49, 9% de la population, le raisonnement est « théoriquement » acceptable). Mais d’un point de vue capitaliste, le principe démocratique ne tient plus : puisque quelques hommes en valent des millions d’autres, alors on peut considérer que laisser mourir de faim 90 % des hommes est acceptable, ce qui revient à un suicide programmé de l’espèce humaine.

En considérant l’homme seulement comme une variable d’ajustement mathématique, et non plus comme l’objet de toutes les attentions de la société, le capitalisme a fait une erreur de calcul impardonnable, qui va beaucoup plus loin que la raison humaine, comme on le voit aujourd’hui : car si dans la théorie le nucléaire est rentable, elle devrait servir les intérêts de la majorité de la société humaine (50, 01%). Mais en pratique, le risque incalculable que les capitalistes ont pris en fonction de conditions purement financières met en danger l’ensemble de l’humanité, prouvant ainsi à quel point la notion de profit est supérieure à celle de la valeur de l’être humain, et à quel point le système capitaliste est entré en contradiction avec les objectifs de l’humanité. En donnant une valeur différente à chaque être humain, elle sort l’humanité du principe selon lequel chaque homme en vaut un autre, et que la conservation de l’espèce est l’objectif primordial de toute société. Car aujourd’hui, selon les critères capitalistes, à peine 10% de la population sont susceptibles de laisser mourir de faim le reste des êtres humains pour que le système continue d’être rentable… mais pas viable.

Nous aurions du nous révolter depuis longtemps déjà, car la situation n’est plus supportable depuis un bon moment. L’homme n’est pas calculable, et le capitalisme est en train de tuer l’humanité. Les solutions existent pourtant, et il ne tient qu’à nous de les réaliser. Qu’attendons-nous pour leur montrer ce que nous valons vraiment ?

Caleb Irri

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Cantonales/présidentielles : les masques tombent

Posté par calebirri le 23 mars 2011

Comme prévu par les analystes de tous bords, l’abstention est, une fois de plus, la grande gagnante des élections (cantonales) du week-end dernier. Ce qui l’était moins en revanche, ce sont les scores du FN, ainsi que ceux du Parti de Gauche. Bien sûr, certains s’effraient déjà face à ces deux « outsiders », et d’autres remettent sur le tapis le problème épineux de l’abstention, c’est à dire celui de la valeur du vote blanc.

Et bien pour ma part, je me félicite de ces résultats qui, bien qu’arrivés un peu tôt sur le calendrier présidentiel, ont le mérite de conforter, une fois de plus, la sagesse populaire. En effet, il est bon de voir que le peuple n’attend pas les présidentielles pour exprimer son mécontentement. Tous ceux qui, comme moi, faisaient le procès des sondages sont remis à leur place, et c’est bien fait pour nous ! Bien entendu cela ne remet pas en cause les critiques (fondées) sur le sujet, mais bien plutôt la valeur qu’on leur accorde : qu’ils soient le miroir des opinions ou qu’ils la forment, le résultat est là : eux ne s’étaient pas trompés !

 

Quand je dis que je me félicite de ces résultats, vous aurez compris j’espère, que l’ironie n’est pas loin du désespoir… Mais comme toujours « à quelque chose malheur est bon », et il me fallait bien trouver une raison suffisante pour ne pas porter ombrage à ma bonne humeur légendaire! Alors voilà : bien que savamment orchestrée, cette montée du FN ne devait pas intervenir sitôt dans le calendrier, et on ne l’attendait pas aux cantonales. Mais « les urnes ont parlé », et les protagonistes de la montée du Front National doivent donc se découvrir un peu avant l’heure… Ce qui nous laisse le temps de compter les moutons, et surtout de nous préparer à faire « front »… lors des présidentielles.

 

Car c’est à partir de maintenant que les masques tombent, et la configuration inédite qui s’est réalisée lors du premier tour de ces cantonales ne laisse plus le choix à l’UMP, qui a semble-t-il commis une erreur stratégique majeure, celle de son positionnement « concret » vis à vis du Front National, arrivé dans les débats un peu trop tôt pour l’effet souhaité.

Alors que la gauche a rapidement pris son parti, le parti présidentiel s’est à cette occasion largement fourvoyé, en préconisant pour certains le « ni FN, ni PS », pour d’autres le vote blanc ou l’abstention, et pour d’autres encore le « front républicain ». Le débat fait donc rage au sein de la majorité, et il n’y a qu’à regarder qui fait quoi pour obtenir une idée assez précise des véritables orientations de chacun.

 

Il ne faut pas se leurrer, la politique menée par la majorité actuelle, clairement positionnée à droite, se trouve contrainte pour continuer d’exister d’aller toujours plus à droite, jusqu’à adopter certaines postures qui la rapprochent du FN, avec lequel elle sera sans doute forcée de composer une fois la présidentielle engagée. On peut toujours estimer les deux partis comme indépendants l’un de l’autre, mais les thèmes de campagne choisis par le gouvernement pour éviter la débâcle seront inévitablement débordés sur leur droite, à laquelle ils devront s’allier pour espérer gagner.

Mais à l’UMP, tous ne semblent pas se rassembler autour de cette possibilité, et l’équipe resserrée du président devra sans doute aussi faire les comptes : tous ne le suivront pas dans la radicalisation qui se prépare.

Enfin ! Le plus réjouissant dans tout ça, c’est sans doute la valeur du débat politique actuel, qui montre au grand jour à quel point nos hommes politiques se préoccupent du sort du peuple. D’un point de vue idéologique, la droite comme la gauche fuient désormais la bataille, et préfèrent la stratégie aux idées. C’est qu’il devient de plus en plus délicat de parler de politique sans qu’il soit possible de faire le rapprochement entre les idées du PS et celles de l’UMP d’une part, et celui entre les idées de l’UMP et de celles du FN de l’autre… d’autant qu’ils n’ont d’autre choix, car leurs explications, à l’aune des évènements actuels, ne tiennent plus que par un fil de plus en plus ténu : celui de notre prétendue naïveté.

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré », disait Einstein.

Et bien changeons, et agissons, car les solutions existent : elles passent par la création d’une Assemblée Constituante

 

Caleb Irri

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Le monde est en danger : mais qui sont les coupables ?

Posté par calebirri le 16 mars 2011

En écoutant les informations, je me surprends à aujourd’hui à dépasser la compassion, pour rentrer dans la colère. Le monde ne tourne pas rond, et cela ne date pourtant pas d’hier. Cependant, de nombreux hommes ont, et cela depuis son commencement, émis des critiques et des propositions, pour tenter de nous faire comprendre que l’Humanité ne suivait pas la bonne voie : ils ont été au mieux martyrisés, et au pire oubliés. Et si la mémoire de quelques uns nous est encore conservée aujourd’hui, ce n’est que pour mieux trahir leurs pensées, pervertir leurs messages ou instrumentaliser leurs combats.

 

Que reste-t-il aujourd’hui ? un monde où l’on affame des populations entières à grands coups de spéculation, où l’on tue ceux qui manifestent pour un peu plus de liberté, où la rentabilité prime sur toutes les autres considérations. Aujourd’hui ce monde est en péril, et personne ne semble plus en mesure de contrôler quoi que ce soit. Je posais l’autre jour la question de savoir si à la décadence de notre civilisation allait s’ajouter sa destruction, mais aujourd’hui je voudrais évoquer la question des responsables, et des coupables. Car il est maintenant certain que les choses ne changeront pas, et ce malgré le cataclysme sans précédent qui est en train de se produire au Japon ; cataclysme qui aura sans aucun doute des répercussions sur le monde tout entier, pour demain et pour toujours.

 

Alors puisque nous en sommes là, posons la question franchement : qui sont les responsables de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’humanité ?

Et bien il y en a de deux types :

les premiers responsables sont les gouvernants eux-mêmes, qui nous mentent et nous trompent depuis si longtemps qu’ils se trouvent eux-mêmes empêtrés dans leurs mensonges et leurs tromperies.

Les seconds sont les peuples, nous, qui nous laissons depuis trop longtemps abrutir par une propagande savamment orchestrée, une éducation qui s’apparente à du conditionnement, une soumission totale à un système qui certes nous contraint, mais que nous continuons à promouvoir malgré tout.

 

Pour être plus précis, nous sommes responsables de croire aux mensonges qu’on nous sert, et nos gouvernants sont responsables de nous conditionner à les croire. Nous sommes coupables de ne rien faire pour en sortir, et nos gouvernants sont coupables de nous empêcher de le faire.

 

Au delà de ce constat, vient ensuite la question du système qui nous pousse à ces comportements, le Capitalisme. Nous savons tous comment le capitalisme fonctionne, et nous savons tous qu’il est un système dangereux pour les hommes. Certains se cachent encore derrière de belles paroles pour expliquer qu’il est le moins pire, ou que nous n’avons rien à proposer pour mettre autre chose à sa place… Mais s’il était le pire ?

 

Un système fondé sur l’inégalité et l’individualisme, la recherche de l’intérêt privé, la cupidité, l’injustice, la concurrence, la corruption, la spéculation, comment pourrait-il être bon ? Un système qui enrichit un petit nombre au détriment d’un grand, qui pervertit toutes les valeurs d’amitié, de fraternité, d’entraide et d’amour, qui permet d’affamer un milliard d’êtres humains, qui engendre misères, maladies, guerres, violences et catastrophes sanitaires dans le seul but de faire grimper les cours de la bourse, comment pourrait-il être bon ?

 

C’est par trop absurde ! Mais nous, que faisons-nous d’autre que de laisser aller, luttant les uns contre les autres pour un appartement plus grand, moins cher, un travail plus facile, mieux payé, ou un travail tout court ? que faisons-nous d’autre que de rechercher le bonheur dans les lignes obscures d’une courbe de croissance, que d’accepter de nous faire diriger par des types dont la place, pour la plupart, devrait être dans une cellule de prison, mais qui y échappent toujours ?

Nous calculons, voilà ce que nous faisons! Nous calculons notre temps, nous calculons notre argent, la courbe du soleil et le nombre de nos amis sur facebook. Et puis nous cherchons des formules, pour gagner plus, à coups de sondages obscurs, de statistiques indéchiffrables, de probabilités inconcevables, de rapports bénéfice-risque incalculables. Des OGM incontrôlables envahissent la planète, des médicaments s’avèrent être des poisons, nos objets sont constitués de matières détruisant l’environnement, nos loisirs entrainent l’exploitation d’hommes, de femmes et même d’enfants à des milliers de kilomètres de chez nous, et nos énergies sont ingérables.

 

Mais qu’attendons-nous ? Est-il si difficile de comprendre, alors que nous sommes, nous les peuples, les premières victimes de notre lâcheté, qu’il faut cesser de croire que les choses ont une chance de s’arranger en continuant de servir un système qui n’a fait que de nous conduire là où nous en sommes aujourd’hui ? Arrêtons de rêver, de regarder, de calculer, de perdre notre temps. Ne nous laissons pas abattre par un fatalisme qui n’est qu’une lâcheté de plus pour ne rien faire. Le monde ne deviendra que ce que nous en faisons. Si le capitalisme est un mauvais système, que ne le remplaçons-nous pas ? Au lieu de perdre notre temps et notre énergie à tenter de le rendre acceptable, ne serait-il pas plus simple, en définitive, d’en changer ? Même si la tâche est ardue, est-il vraiment plus facile de vouloir « moraliser » un système dont le principe fondateur est, justement, l’absence de morale ?

 

Combien de temps encore la Terre pourra-t-elle supporter les coups qu’on lui porte sans nous les rendre, et combien de temps faudra-t-il encore supporter ce système qui nous conduit à notre perte ? Nous sentons tous, et plus particulièrement ces derniers temps, que des changements sont inévitables. Nos dirigeants le sentent aussi, mais sont, eux, beaucoup trop engagés pour faire marche arrière : ils finiront par nous entraîner dans la dictature, seul moyen pour eux d’obliger les peuples à effectuer des changements radicaux de comportements, pour sauver à la fois leur pouvoir et la planète. Et si nous voulons éviter cela, c’est maintenant qu’il faut réagir. Le capitalisme, de toutes les manières, est condamné, juste en sursis. Mais nous avons encore le choix…au moins pour le moment. Prenons-nous en mains, et réfléchissons ensemble aux moyens d’établir d’autres alternatives : http://laconstituante.forumgratuit.fr/

Caleb Irri

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