En france, la démocratie n’est pas en péril : elle a déjà disparu !

Posté par calebirri le 10 septembre 2011

En Tunisie comme en Egypte ou en Lybie comme en Syrie, en Iran comme en Chine ou en Espagne comme en Angleterre, les mouvements contestataires qui se développent n’ont qu’une seule et même revendication : la démocratie. Et pour ceux dont le régime est déjà officiellement celui-ci, le peuple réclame alors la démocratie « réelle ».

Par dessus les revendications salariales ou les conditions de travail qui se dégradent, la volonté première des peuples est de pouvoir exercer pleinement (et réellement donc) leur souveraineté.

Que cela signifie-t-il ?

Si on considère la valeur de la démocratie par rapport à la réaction des autorités en place face à une contestation unitaire et rassemblée des citoyens, rien n’indique effectivement que la Tunisie ou la Lybie doivent être considérées comme des Etats démocratiques… ni que la France soit en mesure de revendiquer ce statut. Mais en réalité la situation risque bien de ne  pouvoir se produire, tant la répression face aux moindres actes « rebelles » est dans ce cas efficace et implacable, doublée quasi immédiatement d’un durcissement des lois « sécuritaires » en vigueur. Comme dans les dictatures autrefois « amies » de nos chères démocraties auto-proclamées, les peuples n’osent que rarement s’opposer à un gouvernement qui ne laisse rien passer.  Et il est aujourd’hui clairement établi, comme en Angleterre récemment, que nos gouvernements n’ont nullement l’intention de laisser se développer de tels mouvements (même s’ils s’y préparent avec leurs fichiers pour la surveillance, leurs lois de contrôle et de répression) ; sans compter qu’ils ont en plus les moyens techniques de faire respecter « la loi et l’ordre » chez eux, et cela mieux que n’importe quelle dictature.

 

Pour ne pas se trouver dans une telle situation d’être débordés, les pays « démocratiques » utilisent et appliquent donc la « tolérance zéro » pour juguler toutes les velléités contestataires, car ce sont les gouvernements qui font la loi : et lorsque le peuple s’oppose à son gouvernement, la légalité se trouve être contre le peuple. Les mesures anti-sociales qui s’apprêtent à passer dans toute l’Europe seront votées malgré une opposition populaire forte, mais impuissante : les manifestations, pétitions et autres illusions démocratiques sont des outils inefficaces.

 

Que leur manque-t-il donc pour qu’ils ne se révoltent vraiment ? Et surtout, qu’est-ce qui distingue nos propres gouvernants de ceux des régimes qui sont tombés il y a peu ? En Tunisie aussi il y avait des élections dites « libres » et « démocratiques », en Côte d’Ivoire aussi ! et un parlement, et une presse dite « indépendante », et une justice dite « impartiale », etc…

Tout cela était truqué, me répondrez-vous sans doute, et des élections gagnées avec 80% des voix c’est un score de dictateur… mais rappelez-vous le cas Chirac contre Le Pen il n’y a pas si longtemps: à combien de pourcents a-t-il été élu ?

Et vous les trouvez démocratiques nos élections qui ne comptent pas les votes blancs et qui permettent de telles situations ; et vous la trouvez indépendante la presse qui s’autocensure pour continuer à être financée par les amis du pouvoir, et dont le président de l’audiovisuel public est nommé par le président de la République ; et vous la trouvez impartiale la justice qui condamne les petits délinquants et laisse libres les voleurs puissants ?

Maintenant, tout dépend de la définition que l’on fait de la démocratie : si elle n’est que le respect de la « légalité », exprimée et soutenue par le peuple au suffrage universel direct à l’occasion de l’élection présidentielle tous les cinq ans, alors la Tunisie était bel et bien une démocratie. Mais si on considère à présent la démocratie comme l’expression de la volonté du peuple et du respect de cette volonté, alors la Tunisie ne rentre plus dans les critères de cette définition, pas plus que la France, signant par exemple malgré l’opposition de son peuple le traité de Lisbonne en bafouant ainsi sa volonté. Croyez-vous que la majorité des français, s’ils étaient consultés, soit en faveur des mesures qui sont prises ou à prendre, ou même qui ont été prises à l’occasion de la crise financière, ou de l’engagement en Afghanistan, ou sur le nucléaire, ou dans l’affaire Karachi ou celle de Woerth-Bettencourt, … mais cela change-t-il encore quelque chose ?

Non, car la France n’est déjà plus une démocratie. Le système électoral est corrompu, car les Lois qui régissent nos institutions ne sont plus conformes à l’esprit des droits de l’Homme sur lesquels elles ont été fondées. Et la volonté du peuple n’est plus respectée.
Aujourd’hui les réformes proposées au parlement sont systématiquement validées par une majorité qui fait de plus en plus penser que ce dernier n’est qu’une chambre  d’enregistrement des volontés d’un parti unique. Cet état de fait correspond clairement au passage au « régime présidentiel » validé lors de la modification constitutionnelle établissant le président pour le quinquennat, avec les législatives à suivre. Cette modification entraîne presque mathématiquement une majorité acquise au président, pour cinq ans et sans révocabilité possible, tandis que la réforme des collectivités territoriales risque en plus de supprimer la seule manière pour une opposition politique de se défendre à travers les élections régionales… nous finirons bientôt par n’avoir plus qu’un seul parti en place, celui du président.

L’élection présidentielle ne signifie donc ni plus ni moins que d’élire son dictateur pour cinq ans, si toutefois le régime ne change pas alors définitivement à l’occasion de la prochaine réforme constitutionnelle sur la « règle d’or », règle qui empêchera à l’avenir toute politique de relance par la dépense sociale, c’est-à-dire toute politique « de gauche »…

 

Mais cela n’est pas encore fait, et la règle d’or doit pour être ajoutée à la Constitution recueillir les 3/5 du parlement en congrès, ou bien supporter la tenue d’un référendum national, dont je doute qu’on l’oserait proposer au peuple. Elle sera donc bientôt votée. Si la démocratie était respectée, il ne fait aucun doute que c’est le peuple, et lui seul qui devrait être consulté en ces occasions, car les conséquences de telles modifications le concernent pleinement. En l’absence de cette consultation, peut-on encore parler du respect de la volonté du peuple, ou de démocratie ?

 

En fait, lorsqu’on y réfléchit cinq minutes, tout se passe en France exactement comme en Tunisie, ou en Egypte, à la différence près que notre gouvernement est déjà prêt à livrer bataille pour ne pas laisser des émeutes se propager, et dispose pour cela de moyens techniques, judiciaires et légaux qui empêchent toute contestation sinon de se former, au moins de se développer.

 

Imaginez maintenant que les manifestations de la fin septembre dégénèrent en émeutes, ou que les 8 millions d’individus vivant sous le seuil de pauvreté se révoltent pour réclamer qu’on les aide, que croyez-vous que notre gouvernement ferait de plus ou de moins que le dirigeant Syrien ? Il enverrait bien sûr lui-aussi l’armée, couperait internet, propagerait des rumeurs et mettrait en place un couvre-feu, adopterait des lois punitives et ferait des exemples… Doit-on en arriver là pour se rendre compte de la véritable nature de notre démocratie, pour comprendre enfin qu’elle n’a rien à envier à celle des autres pays ? Doit-on attendre que la misère fasse place à la colère pour accepter que la démocratie n’existe plus ?

 

Mais si la démocratie est une illusion, les vertus de la violence en sont également : Se débarrasser d’une dictature ne signifie pas tomber dans la démocratie, car si la violence est le moyen le plus sûr pour détruire, il n’est d’aucune utilité pour reconstruire. C’est d’ailleurs ce que les acteurs du « printemps arabe » sont en train d’éprouver en ce moment : faute d’avoir envisagé la succession du tyran, il est à craindre qu’ils se fassent voler leur révolution.

Regardons les choses en face, et réagissons : si la démocratie n’existe pas, cela ne signifie pas qu’elle ne peut exister. Tâchons de la créer alors, et la révolution deviendra alors inutile : devenez des engagés !

 

Caleb Irri

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Pour que les indignés deviennent des engagés !

Posté par calebirri le 19 août 2011

S’il y a bien une chose dont nous sommes tous certains,  c’est que le monde ne tourne pas rond : les indignés se font chaque jour un peu plus nombreux, et il apparaît aujourd’hui clairement que les choses ne vont pas en s’arrangeant.

 

Mais s’il ne fait désormais aucun doute que le nombre d’indignés dépasse largement le nombre de « satisfaits », rien n’indique que la force du nombre suffise à inverser la tendance : malgré les nombreuses actions menées ici ou là en Europe, elles ne parviennent toujours pas à dépasser le stade de la contestation, sans jamais parvenir à la proposition ;  et cela malgré de fortes mobilisations. Car la crise que nous traversons n’est pas qu’une crise économique ; c’est surtout une crise idéologique. Et ce qui fait défaut aux indignés, c’est justement cette idéologie.

 

Nous ne sommes bien sûr pas tous d’accord sur ce qu’il convient de faire, car il est difficile d’imaginer un « autre monde » que celui qu’on nous impose depuis si longtemps. Et c’est sans doute une des principales raisons qui empêchent tous les indignés de se rassembler. Car pour se rassembler il faut un objectif commun, quelque chose de plus fort que nos différences et qui anime à la fois notre espérance et notre volonté.

 

Comment faire alors pour se rassembler si nous ne sommes d’accord sur rien ?

 

Et bien tout simplement en nous accordant sur le seul point commun qui lient toutes les indignations, à savoir la nécessité d’un changement des règles qui permettent les injustices qui nous indignent. En admettant nos différences sur les solutions à apporter, nous pouvons nous unir sur la nécessité du changement des règles de la Société. Ces règles, qui se basent aujourd’hui sur l’idéologie capitaliste, peuvent être mises en débat à travers un projet rassemblant toutes les sensibilités, une Assemblée Constituante.

 

En exigeant tous ensemble la mise en place d’une Assemblée Constituante, fruit d’un processus allant de la convocation d’Etats Généraux à la rédaction d’une nouvelle Constitution, les indignés de tous les pays, de toutes les tendances, de tous les partis peuvent alors s’unir sans renier ce qui fait leur spécificité. Cette revendication commune permettrait ainsi de lier les forces contestataires pour former une sorte de coalition plus forte, plus organisée que la somme de toutes les indignations prises une à une.

 

Autour de cette revendication unique, la mise en place d’une Assemblée Constituante, les indignés deviendraient alors plus qu’une force contestataire : ils seraient de fait une force de proposition. Car seul un processus constituant, démocratique et indépendant,  permettrait enfin de dégager cette idéologie qui manque à ceux qui s’opposent à l’actuelle. Unis dans un même soucis de justice et de changement, les indignés doivent s’engager à réfléchir ensemble aux nouvelles règles qui devront, au terme de ce processus, être soumises à la volonté des peuples. Notre objectif ne doit pas être de nous rassembler pour nous opposer, mais de proposer ensemble à la Société une nouvelle manière de fonctionner.

 

Cela ne se fera pas en un jour, les débats seront certainement vifs et nous ferons sans doute des erreurs : mais au moins nous aurons, nous le peuple, décidé nous-mêmes de notre destinée. Cela s’appelle la démocratie.

Indignés de tous les pays, devenez des engagés !

 http://www.convergencedesluttes.fr/petitions/index.php?petition=14

 

Caleb Irri

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Jusqu’où la crise peut-elle bien nous mener ?

Posté par calebirri le 13 août 2011

Malgré les efforts que nos politiques déploient actuellement pour nous amadouer, la réponse qui sera apportée à la question que je me posais il y a peu ne fait aucun doute : les pauvres, une fois encore, devront payer. Malgré quelques annonces concernant de nouveaux impôts pour les riches ou la participation « volontaire » des banques aux frais de « gestion de crise », il apparaît que ce qui nous attend maintenant fera passer le recul de l’âge légale de départ à la retraite pour une broutille : c’est désormais tout le système social français qui se prépare à être démantelé, et avec lui la solidarité envers les plus faibles, les acquis du Conseil National de la Résistance, enfin le contrat social dans son ensemble… En France, mais aussi partout en Europe.

 

Ce qui est étrange dans tout ça, c’est d’une part le silence des peuples, qui espèrent inconsciemment la remontée de la bourse et la perpétuation de ce système, et d’une autre la précision du timing, qui pousserait presque les mauvais esprits à croire que les mesures proposées ces derniers jours étaient déjà dans les cartons, n’attendant plus que les vacances pour apparaître au grand jour, dans le silence résigné des citoyens qui « ne comprennent rien à ces choses là ».

C’est qu’en quelques jours les choses se sont précipitées, et on nous a très vite sorti quelques mesures dont le fichier national des « profiteurs ‘du bas’ », pour traquer les 2 et quelques pourcents de fraudeurs (il faudra payer combien pour mettre ce fichier en place ?), qui plus est accolé à un fichier de fraudes des entreprises (les petites hein, pas les grosses, légalement dans des paradis fiscaux) ; comme si les sacrifices qui seront réclamés au peuple devaient s’arrêter là…

Mais bien sûr tout cela n’est que poudre aux yeux : en réalité, c’est toute la solidarité, celle qui faisait il n’y a pas si longtemps encore la fierté de la France, qui s’apprête à disparaître dans le gouffre de la crise. Si on se penche un peu sur la proposition d’inscrire dans la Constitution la fameuse « règle d’or » économique empêchant les déficits futurs, on s’aperçoit qu’elle n’est rien de moins  que l’arrêt de mort de l’Etat social, remettant en cause toutes les subventions accordées aux plus démunis (associations de bénévoles, réinsertion, prévention, aides sociales…) de manière définitive. Et si on ajoute à cela les dispositions imposées par la BCE à l’Espagne et l’Italie, on comprendra aisément que le pouvoir politique (ceux qu’on a élu !) ne contrôle plus grand chose…

 

Si on s’appuie sur ces éléments pour tenter d’appréhender les conséquences de la crise sur les populations, il apparait alors que les réformes en projet les toucheront directement dans leur vie quotidienne, et contribueront à l’énervement des liens sociaux, déjà fragilisés par une situation difficile : le climat social, en France comme ailleurs, risque alors de se tendre encore, et on ne saurait exclure totalement la possibilité d’une montée de la colère de la part des plus démunis.

 

Les  « émeutes » en Angleterre ne seraient-elles pas d’ailleurs le symptôme d’une maladie pourtant bien connue, la misère ? La misère qui engendre la colère et la violence, comme on l’a vu déjà en Tunisie, en Egypte ou ailleurs, et qui parfois dégénère même en mouvement de révolte contre un gouvernement trop injuste… et souvent trop prompt à la répression.

 

C’est là qu’il s’agit de remettre les choses en perspective : car si les réformes prochaines exigées par le pouvoir financier sont effectivement mises en place par le pouvoir politique, alors il faudra s’attendre à la multiplication des violences comme à celle des « réactions » à ces violences, du fait même de la misère « logiquement » engendrée par ces réformes. C’est même à cette éventualité que nos gouvernants semblent aujourd’hui se préparer, comme on l’a vu ces derniers jours en Angleterre, et comme le prouve l’incroyable hypocrisie autour des réseaux sociaux dont « lemonde.fr » nous fait écho à travers deux articles publiés à trois jours d’intervalle (voir « ici«   et « ici«   ) : échaudés par les « révolutions  arabes », internet (le seul média fédérateur susceptible de conduire à l’organisation unie d’un mouvement contestataire de grande ampleur) est la principale cible à laquelle s’attaqueront les gouvernants pour empêcher les révoltes de se transformer en révolution.

Cet exemple est également à mettre en relation avec les pourparlers actuels sur la « gouvernance européenne », car les tensions sociales qui s’ajouteront aux tensions économiques rendront certainement cette option inévitable : le « coup d’Etat » pour la prise de pouvoir de l’ensemble de l’Union européenne par le couple franco-allemand sera alors pleinement justifié, comme la fameuse « lettre ouverte » du président nous y préparait déjà il y a quelques semaines, réclamant dans celle-ci une sorte « d’union sacrée » destinée à mettre en place cette nouvelle gouvernance.

Peu à peu, on le voit bien, se dessinent les contours de cette nouvelle gouvernance (dont la crise se trouve finalement être l’élément « déclencheur »), qui fondée sur de telles bases ne laisse présager rien de bon. Car une fois cette nouvelle gouvernance engagée, il deviendra alors difficile de se séparer du joug qu’on nous aura imposé.

Si on imagine maintenant que ces mesures drastiques ne suffisent pas , on pourrait même envisager (pour les plus pessimistes) l’instauration d’une sorte « d’état d’urgence » destinée à « lutter contre les violences » qui ne manqueraient pas de se produire alors, ce qui nous conduirait à subir un régime qui n’aurait désormais plus rien à envier à ceux qui étaient encore il n’y a pas si longtemps (avant de devenir des tyrans sanguinaires) des amis fidèles…

Mais dans ce cas-là, qui les empêcheraient alors de réprimer leurs opposants ?

 

Caleb Irri

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Et c’est qui qui va payer ?

Posté par calebirri le 6 août 2011

Cela faisait bien longtemps que tout le monde savait comment les choses allaient tourner : à force de vivre au dessus de ses moyens, l’Europe et les Etats-Unis sont passés du stade de débiteurs à celui de surendettés.

S’il s’agissait d’un simple particulier ou même d’une entreprise, la situation se réglerait rapidement par un dépôt de bilan, avec saisie des biens du responsable et mise sous tutelle de ses revenus, voire une procédure judiciaire au cas où le (ou les) responsable (s) auraient commis des erreurs de gestion. Les salariés seraient licenciés, et en cas d’insolvabilité du débiteur les créanciers se retourneraient alors soit vers les assurances, soit vers l’Etat.

 

Mais dans le cas d’un Etat surendetté, la situation est plus compliquée : on ne peut décemment pas considérer un territoire, ni sa population, comme une simple entreprise dont les responsables seraient les propriétaires, et les citoyens des salariés. Les choses sont bien plus complexes, car elles touchent à l’essence même des sociétés, la vie des êtres qui la composent et leur relative liberté d’être humain : on ne peut théoriquement ni vendre ni acheter un Etat, et encore moins les membres qui le composent.

 

Les agences de notation, dont le métier est le calcul de risques, n’expriment quant à elles que des probabilités de défaut de paiement, ne considérant comme facteurs objectifs que le ratio entre les recettes et les dépenses quel que soit l’acteur, banque, assurance ou Etat… Il apparaît donc clairement, pour ces agences, qu’il devient désormais inconscient de continuer à prêter de l’argent à un Etat dont on est sûr qu’il ne pourra pas rembourser.

 

Mais les banques ont déjà beaucoup prêté à certains des Etats aujourd’hui en difficulté, et cela bien au delà des limites du raisonnable : là où un particulier ne peut espérer s’endetter à plus de 33% de ce qu’il gagne (pour le protéger du surendettement), certains Etats le sont à plus de 100%. Cela signifie donc que les banques ont continué de prêter, contre toute « rationalité économique », à des acteurs qu’elles savaient fragiles. Cette situation n’a été rendue possible que par l’illusion de la transparence, clef de voûte de la puissance économique trompeuse des pays riches, à travers des liens étroits qui unissaient hier les pouvoirs politique et financier, liens qui se détendent à l’heure du bilan : les banques n’ont pas respecté les règles qu’elles auraient pourtant du se fixer, et  leurs accointances coupables avec la sphère politique ont corrompu le système : l’humain est venu interférer avec l’argent, ce qui est interdit par le capitalisme.

 

Les agences de notation, elles, ne s’y sont pas trompées. Ne considérant que la perspective de profit comme règle supérieure, elles préfèrent la stabilité d’une dictature à la gestion scabreuse d’une démocratie corrompue, et menacent désormais d’abaisser également la note des banques les plus exposées dans les pays les plus endettés, tandis que les banques, elles, cherchent à se sortir de ce pétrin à moindres frais…

 

Ce qui va se passer maintenant sera déterminant : car il faudra bien que quelqu’un paye !

Si les banques refusent de mettre la main au portefeuille en prêtant toujours plus aux Etats, alors certains se retrouveront définitivement dans l’incapacité de rembourser leur dette, et sortiront de l’Europe pour dévaluer leur monnaie. La situation économique et sociale deviendra alors désastreuse pour de nombreuses années, et les peuples seront (comme toujours) largement mis à contribution. Les épargnants se précipiteront chercher ce qui leur reste d’épargne, et la contagion risquerait de faire s’effondrer une bonne fois pour toute le système bancaire.

Tandis qu’en continuant à prêter, elles prennent le risque de voir leur note baisser encore, et de ne jamais récupérer leur argent. Il leur faut donc de solides garanties, à savoir d’une part la mise de l’Europe sous tutelle franco-allemande, et d’une autre le recul très net des dépenses (l’allongement de la durée du travail, la dégradation des conditions de travail, la baisse des salaires, les licenciements et la hausse des impôts…) . Et si on pouvait ajouter à ce chantage  une « règle d’or » économique dans la Constitution, on se trouverait alors à l’abri de bien des dérapages dans l’avenir. Reste à savoir maintenant si les banques ont de quoi prêter, mais aux vues des bénéfices engendrées l’année passée, il semble que la chose soit possible.

 

 

 

Mais si nous refusions de payer encore une fois ? Vous avez l’impression de vivre au dessus de vos moyens, vous ? Vous vous sentez responsables des malversations qui sont faites en votre nom ? Et pourquoi toujours vous ? Pour avoir fait l’erreur de croire aux mensonges de nos hommes politiques ? Pour avoir pensé qu’il était possible de vivre décemment de son travail ?

 

Pourquoi ne pas faire payer les riches ? Pourquoi ne pas supprimer les paradis fiscaux, interdire la spéculation et taxer les revenus du capital, rendre transparentes les chambres de compensation, interdire les liens incestueux entre le pouvoir politique et le pouvoir financier… ? Arrêtons-là, puisque nous n’allons pas dans la bonne direction, et puisqu’il faudra bien en changer de toutes façons. Refusons de payer encore, car nous sommes, nous le peuple, les seuls véritables propriétaires de notre Etat. Et nous ne sommes pas à vendre.

 

Caleb Irri

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Et si la guerre avait déjà commencé ?

Posté par calebirri le 13 juin 2011

Pour qu’une guerre ait lieu, il faut qu’il y ait deux camps opposés. Il faut également des tiers impliqués, des combats, des victimes, et deux idéologies qui s’affrontent.

Depuis le 11 septembre 2001, tous ces éléments sont réunis, et l’invasion de l’Afghanistan puis de l’Irak se trouvent être « de facto » le début de l’invasion du « Monde Arabe », invasion qui n’a jamais cessé depuis. Si vous regardez les cartes du Maghreb et du Moyen-Orient d’aujourd’hui, vous constaterez par vous-même que tout gravite autour d’un seul et même point central, Israël. Il n’est pas anodin qu’au moment même où le capitalisme se retourne, où les Palestiniens obtiennent le soutien de nombreux Etats émergents (émergés ?) et où les pouvoirs de l’Europe et des Etats-Unis déclinent avec la crise, des révolutions éclatent tout autour de ce point central, et permettent à ces pays (UE et EU) qui n’ont plus les moyens de leurs ambitions (le pouvoir et l’argent) de reconquérir ceux-ci au moyen de la guerre, la force pure, la seule possibilité qu’il leur reste.

Car Peu à peu les choses s’éclaircissent, et les camps se forment : parallèlement à la mobilisation grandissante des peuples oppressés par leurs gouvernants se mettent en place les rouages d’une grosse machinerie qui nous conduit peu à peu vers une confrontation majeure, avec le monde Arabe. Cette confrontation est sans doute le seul moyen qu’ont trouvé nos gouvernants (bien peu imaginatifs somme toute) pour faire repartir une économie en panne et conserver leur pouvoir sur des milliards d’êtres humains. Que cette confrontation soit le fruit d’un préparation minutieuse ou d’un enchainement malheureux importe finalement peu car la situation est déjà bien engagée. il suffit pour s’en convaincre de regarder les faits, car ils expliquent d’eux-mêmes pourquoi le monde arabe est la cible choisie : c’est le bloc économique le plus faible du grand échiquier géostratégique.
Face à ce grand « Monopoly » qui se joue loin des caméras et aux ambitions chinoises qui achètent des terres partout, face aux ambitions de l’Amérique latine dont les ressources sont gigantesques ou celles de la Russie qui veut encore elle aussi jouer son coup, les Etats-Unis et l’Europe n’ont d’autre choix que de se soumettre ou de se défendre… en attaquant plus faible qu’eux. Protégés jusqu’à ce jour par leurs ressources et leurs régimes politiques, protégés jusqu’à ce jour par la corruption et les subsides européens et étasuniens, le Maghreb et le Moyen-Orient sont le seul « ennemi » encore à la portée des Etats-Unis et de l’Europe : une bonne petite guerre officiellement déclarée ne nuirait sans doute pas à leurs affaires.

L’islamophobie grandissante à l’intérieur de ces deux imposants candidats est le vecteur « psychologique » choisi pour distinguer les « gentils » des « méchants ». Ajoutez à cela la crise économique qui a permis la révolte des peuples oppressés là-bas avec l’aide de l’Europe et des Etats-Unis, révoltes dont ces mêmes Etats veulent aujourd’hui profiter pour se poser en défenseurs de la démocratie, et vous aurez tous les ingrédients pour fabriquer une grosse bombe dont l’étincelle s’enflammerait… à Jérusalem ?.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, et alors que la crise touchait durement les économies les plus fragiles, la Tunisie, l’Egypte, la Syrie, la Lybie étaient des alliés proches des gouvernements européens (ce qui devrait nous interroger sur l’acuité de ces derniers en matière de politique étrangère ?). Les dictateurs étaient de très bons hôtes, et personne n’y trouvait rien à redire. Nous leur vendions des armes, y installions nos usines, et y faisions commerce constructif.
C’est que les entreprises européennes y étaient très bien traitées, et les dictatures copieusement arrosées par nos soins. Mais avec la crise et le ralentissement de l’économie mondiale, ce sont comme toujours « les sous-traitants » qui trinquent en premier : les « colonies financières » dont les dirigeants sont des pantins déguisés en vice-rois, ont du rogner encore un peu plus sur les droits et salaires déjà limites de leurs populations, entrainant ainsi « émeutes de la faim » et révoltes violentes.

 

Ces mouvements de contestation auraient très bien pu être réprimés dans le sang sans n’intéresser personne, si internet et le formidable appétit de liberté de ses utilisateurs n’avaient pas étalé au grand jour les massacres perpétrés par les désormais dictateurs.

Après avoir proposé leur aide à ces dictateurs « amis », ils on voulu faire mine de ne pas comprendre, mais après les nombreuses « bourdes » ( ou scandales si vous préférez) fortement médiatisées (qui ont peut-être au passage empêché de plus grands massacres avec l’envoi des forces de « sécurisation »), les gouvernants européens ont décidé de « soutenir » les partisans de la révolution. Mais pas n’importe comment : en soutenant les manifestants, les gouvernements réclameront bien sûr des compensations : les millions d’euros dépensés pour la « reconstruction », pour les interventions de « sécurisation » ou de « protection des civils » ne seront certainement pas versés en vain. D’une manière ou d’une autre, ils seront récupérés.

 

Et puis pourquoi ne pas profiter de ces évènements pour aller plus loin ? Partant du principe que les dictateurs sont à mettre dehors, alors pourquoi ne pas aider « tous » leurs peuples à se libérer ? Ce serait là l’aboutissement du très fumeux concept de « guerre préventive » : en s’accordant sur le fait que tous les dirigeants arabes sont susceptibles de massacrer leurs populations si elles se révoltent, alors pourquoi ne pas les faire « dégager » dès maintenant ?

 

Car en protégeant ainsi les révolutionnaires, les Etats-Unis et l’Europe s’accordent un futur droit de regard sur l’installation des nouveaux dirigeants. Et cela même si les révolutions sont justes et légitimes, et partent d’une véritable prise de conscience démocratique de la part des peuples opprimés : elles sont organisées et développées par des Etats qui ne mènent en réalité rien d’autre qu’une guerre d’invasion du Monde Arabe, en attendant la déclaration de guerre officielle.

 

Si on rapproche maintenant cette situation du problème israélo-palestinien, on voit bien à quel point la nouvelle politique des Palestiniens pousse les Etats-Unis et leurs alliés à des prises de position radicales : l’aveu public d’un soutien sans faille à Israël face aux revendications indépendantistes des Palestiniens à l’ONU signifierait pour le Monde Arabe une déclaration d’hostilité considérée comme injustifiée, et même injuste. De quoi mettre le feu aux poudres.
La guerre a donc sans doute déjà commencé, mais comme nous sommes les envahisseurs, nous n’en subissons pas encore les effets. Mais les pays envahis le savent eux, il n’y a qu’à regarder les effets des « libérations » Irakienne ou Afghane : Des malformations anormalement élevées chez les enfants nés après la « libération », en Afrique des maladies liées aux récoltes de minerais dans des conditions quasi esclavagistes…

 

La guerre a commencé, et personne ne veut encore nous la montrer : on se bat en sous-main pour la direction du FMI, on achète le maximum de terres en Afrique ou ailleurs, on se bat pour l’eau et le pétrole, on envahit peu à peu tous les espaces possibles pour préparer à la « grande confrontation ultime », celle que tous  attendent en la redoutant, celle qu’ils préparent pour l’éviter tout en la provoquant.

 

En accueillant pas les immigrés qu’on dit par ailleurs défendre, en stigmatisant les Arabes et tous les Musulmans depuis le 11 septembre, tous les pays du monde se sont engagés dans une guerre qui ne dit pas son nom. Les nouvelles technologies de l’information sont en passe de devenir un enjeu majeur pour la liberté, et la vérité. Seuls relais des horreurs réelles et véritables d’une guerre qui a déjà fait des dizaines de milliers de victimes, internet et ses réseaux ne doivent pas tomber sous le contrôle des futurs tyrans. Une fois transformés en « télécrans », nous deviendrons alors incapables de distinguer le vrai du faux : la guerre continuelle tant redoutée par Orwell sera alors possible.

 

Caleb Irri

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Dénonciation de crime

Posté par calebirri le 4 juin 2011

J’ai entendu dire que « ne pas dénoncer un crime est un délit ».

 

Partant de ce principe, je me dois alors de raconter ce que j’ai vu et entendu, car le crime est grave et les victimes fort nombreuses. Et le pire est que le (ou les) coupable (s) courent toujours, protégés par une sorte de Loi du silence qui nuit à l’éclatement de la vérité… et qui laisse entrevoir que le pire est à venir.

 

Cela remonte à longtemps déjà, et nous sommes pourtant nombreux à pouvoir témoigner : les preuves sont accablantes et incontestables, et visibles par tout un chacun. Mais c’est que les personnes engagées sont des personnages de la plus haute importance, et qu’en faire tomber un, cela signifierait en faire tomber plusieurs… enfin je pense.

 

Car si les crimes sont évidents, et les coupables clairement identifiables, les commanditaires sont plus difficiles à atteindre. Il apparaît dans ce dossier que de nombreuses plaintes ont déjà été déposées, mais apparemment aucune d’entre elles n’a abouti, ni même été suivie d’effets.

 

Cette affaire, si elle venait à apparaître au grand jour, serait sans doute susceptible de choquer durablement toute la population, et remettrait peut-être en cause toutes les valeurs sur lequel notre pauvre monde s’est fondé (ou assis, le mot est juste aussi). Enfin en théorie. Car les criminels en question, de nombreuses victimes les connaissent sans le savoir. Mais il apparaît qu’aucun des responsables n’a jamais été clairement dénoncé, et qu’aucun membre de cette sombre affaire n’ai jamais été ni inquiété, ni même jugé ; et que malheureusement, il y ait peu de chances pour qu’il en soit ainsi.

 

Avant d’aller plus loin dans mes accusations, je voudrais dire combien ma démarche est dangereuse et peut conduire à faire éclater une vérité qui rangerait le formidable « débat de fond » amorcé pour la présidentielle à l’état d’anecdote. Mais puisque la Loi me l’impose, alors il faudra bien m’y soumettre.

 

Cette affaire concerne donc des actes hautement répréhensibles par cette même Loi, et engage la vie et la mort de milliers, voire de millions de personnes sur cette planète. et je connais le coupable. Et son nom, je vais vous le dire, car ni Monsieur Ferry ni personne n’osera sans doute aller si loin…

Alors je me lance, à mes risques et périls  :  j’accuse l’Argent (est-ce un pseudonyme, un acronyme ?) d’être le plus grand criminel que la terre ait jamais porté, et je prétends pouvoir en apporter la preuve à qui me le demandera .

 

Derrière ce nom « Argent »se cachent les pires exactions que les hommes ont fait subir, depuis des siècles, à d’autres hommes censés être leurs frères. Derrière ce nom se cache  un système mafieux dont les ramifications parcourent toute la planète, et dont le réseau peut atteindre des milliers de gens en un instant : guerres, famines, climat, meurtres, vols, licenciements, exploitation, destruction, l’Argent est le plus grand criminel que notre Terre ait jamais eu, car il est devenu le Dictateur Universel. Il impose aux hommes de se battre entre eux (on appelle ça la concurrence) pour parvenir à intégrer une sorte de « secte » obscure appelée « les riches », mais il n’y a pas de place pour tout le monde. Ceux qui ne se soumettent pas à Sa loi son condamnés à rester dans la misère, car la secte des « riches » est toute puissante. Insaisissables, protégés par des lois qu’Il achète, ses Ministres les Gouvernants sont Ses hommes de mains, et sont coupables de s’être soumis à la volonté d’un pouvoir qui n’a comme seul objectif que de s’auto-entretenir en provoquant partout où il passe la misère, la peur, la haine et la mort.

 

Mais « la loi des riches » entre en contradiction totale avec LA Loi, celle qui se doit de respecter l’esprit de la « Déclaration Universelle des droits de l’Homme et du Citoyen » dans laquelle on considère que les hommes naissent libres et égaux en droit, ou que chacun a droit à la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. Outrepasser ces droits est un crime car il pousse, directement ou indirectement, aux pires extrémités citées plus haut, et que tout le monde peut en constater les effets sur les Hommes.

Il fallait bien le dénoncer, car il faudra bien un jour que ces criminels soient jugés, et condamnés.  Mais qui voudra bien recevoir la plainte ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

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