Crise de la dette : le roi est nu

Posté par calebirri le 4 septembre 2012

Lorsqu’on envisage la situation actuelle à travers l’hypothèse d’une gigantesque mystification concernant l’illusion monétaire, la compréhension des événements devient alors subitement plus aisée, d’un point de vue économique et social comme d’un point de vue géopolitique ; en même temps que les conséquences dune telle découverte ouvrent des perspectives qui effraient jusqu’à l’imagination.

Car s’il s’avère que le tas d’or sur lequel les Occidentaux sont assis depuis des décennies n’est que virtuel, alors c’est tout le passé récent de la domination occidentale qui se trouve ainsi remis en cause, en même temps que tout le discours idéologique qui l’accompagne.

Et c’est peut-être bien cela que ceux qui détiennent actuellement le pouvoir ne veulent pas que nous découvrions : ce n’est pas le système capitaliste qui ne fonctionne plus, mais bien la corruption généralisée qui a jusqu’à maintenant empêché son inévitable retournement – ce qu’auraient peut-être du mal à avaler les peuples qui en ont été victimes jusqu’ici.

Car puisque les dettes ne valent que le prix qu’on veut bien leur accorder (ce qui peut être « rien »), et que les Etats ne peuvent pas faire faillite, alors c’est comme si l’argent n’existait tout simplement pas. Et en réalité ce n’est donc qu’artificiellement que la domination occidentale a pu s’exercer sur les autres pays, une domination fondée sur ce « rien ». Une domination que les populations les plus fragiles auraient donc souffert injustement, contrairement à la « logique » du système qui veut que les plus grands pays (a fortiori les moins démocratiques) prennent le dessus, au moins d’un point de vue économique.

En admettant l’hypothèse de la mystification monétaire, il devient clair que si nous sommes parvenus à maintenir jusqu’à maintenant le niveau de vie des Occidentaux à un niveau supérieur à celui des autres grandes puissances, ce n’est dû qu’aux subventions et à la toute puissance diplomatique (ou peut-être faudrait-il dire la toute puissance puissance militaire) des Etats Occidentaux.
Sauf qu’aujourd’hui, avec la crise, ce sont toutes les coutures du manteau européen qui craquent une à une, si bien qu’on commence à voir à travers : la puissance des occidentaux n’est qu’une illusion, et seule la corruption du système a permis que nous nous maintenions à ce niveau aussi longtemps.

Il ne s’agit donc pas d’un problème national ni même européen, mais d’un problème mondial. Car ni les marchés ni les gouvernements ne peuvent se permettre d’attendre que le monde entier découvre l’incroyable réalité, à savoir que « le roi est nu », et que la puissance passée des Occidentaux n’est fondée que sur du vent. Ce serait alors comme reconnaître la responsabilité des « élites » de ce monde dans la misère structurelle des autres populations, en même temps qu’un aveu de culpabilité historique sur plusieurs décennies. Cela démontrerait aussi que le « retard » des pays émergents n’est dû qu’aux mensonges des Occidentaux, et que leur pouvoir n’est que le résultat de notre exploitation commune, qui elle-même ne tient qu’à notre crédulité.

Comment pourraient-ils donc aujourd’hui laisser faire ce retournement, avec les conséquences que l’on vient d’évoquer, et qui les condamnerait à abandonner leur pouvoir et leur puissance ?

Et en même temps, comment pourraient-ils faire payer des riches qui s’apercevraient alors assez rapidement qu’ils n’ont déjà plus rien ?

Ils sont coincés. Et le résultat de tout ça, c’est qu’ils préfèrent faire le pari qu’en menaçant l’Europe d’une explosion ils réussissent à imposer l’Empire Européen et son austérité perpétuelle (la règle d’or budgétaire) sans provoquer la révolution. Mais si les citoyens prenaient conscience que les Etats ne peuvent faire faillite et que les dettes ne valent que le prix qu’on leur accorde, alors leur pari sera perdu… à moins que d’envisager la guerre ; mais dans ce domaine, les Occidentaux sont sans doute encore les plus forts.

Mais nous, les peuples, que voulons-nous ?

-conserver notre niveau de vie intact à tout prix, c’est-à-dire au détriment de celui des peuples des autres pays ?
-accepter la baisse de notre niveau de vie pour permettre aux peuples des autres pays d’améliorer le leur ?
-ou bien prendre enfin nos responsabilités pour refuser et l’un et l’autre, et inventer ensemble une troisième voie qui ne nuise à personne ?

Nous avons peu de temps devant nous, car les événements se précipitent – et nous savons désormais clairement que les élections ne sont pas le moyen approprié pour faire entendre la voix du peuple.

Il nous faut donc nous préparer à un changement de paradigme majeur, historique, tout en résistant à celui qu’on veut nous imposer. Et puis il faut attaquer le système par là où il pèche : l’argent. Car le seul argent qui existe réellement est celui que nous gagnons par notre labeur. Nous en sommes propriétaires. Nous avons le droit de le reprendre, il est à nous.

J’ai parlé il y a quelque temps de « faire chanter les marchés » . Et c’est bien de cela qu’il s’agit.

-Dans un premier temps il faut informer les peuples des heures sombres qui les attendent si nous ne faisons rien pour l’empêcher .
-ensuite, il faut convenir de la nécessité de nous réunir, de nous rassembler pour réfléchir ensemble à cette troisième voie
-organiser , préparer la sédition
-menacer d’un « bankrun » pour obtenir le Référendum d’Initiative Citoyenne, l’audit citoyen de la dette et la mise en place d’une Assemblée Constituante.
-il faut une date appropriée pour interpeller le maximum de citoyens
-un lieu de rencontre virtuel et réel (internet est le média idéal )
-les « indignés » peuvent être la base de réflexion mondiale qui fasse le lien entre toutes les contestations.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Les Grecs ont perdu… mais les marchés n’ont pas encore gagné

Posté par calebirri le 20 juin 2012

Ce qui devait avoir lieu s’est produit : la Grèce a capitulé. Pas complètement encore, mais presque. Le pays qui se trouvait être le dernier rempart contre l’austérité (on devrait dire contre la baisse de nos conditions de vie) s’est laissé prendre par la peur d’une sortie de l’Euro ( que Syriza ne souhaitait d’ailleurs pas), et son peuple s’est couché face à la propagande éhontée des partisans de la rigueur. A peu de choses près paraît-il, mais qui pourra vérifier de toutes façons ?

Toujours est-il que comme en France, les Grecs ont préféré se soumettre que de se révolter, que de rentrer dans l’inconnu.

Mais aujourd’hui déjà nous savons tous que ce n’est pas suffisant puisque les bourses ne semblent pas totalement rassurées. L’Espagne inquiète, et très rapidement le « cas Grec » risque de s’effacer derrière celui-ci….

C’est que la partie n’est pas terminée : ces derniers jours des voix se font entendre de plus en plus fort pour réclamer le « fédéralisme européen », ou la « gouvernance européenne », ou « l’harmonisation fiscale, économique et politique »… Car le but des marchés n’est pas simplement de faire élire des dirigeants soumis à leurs volontés, mais bien de « légaliser » l’Empire européen que l’Allemagne appelle de ses voeux. Un empire capable d’imposer une politique économique compétitive susceptible de rivaliser avec les grandes puissances économiques mondiales. Et ce n’est que lorsque tous les dirigeants européens engageront leurs signatures au bas d’un texte juridique commun qu’ils seront définitivement rassurés.

En attendant, il faut pour eux continuer d’effrayer les peuples européens, afin que ces derniers permettent par leur adhésion volontaire au projet proposé de se défaire volontairement des régimes démocratiques en place, et puis surtout convaincre les dirigeants en place de se séparer de leurs prérogatives institutionnelles sur le plan national.

C’est la deuxième partie qui commence. Après avoir convaincu les peuples, les marchés doivent désormais convaincre leurs dirigeants, qui eux-mêmes sont poussés par de lourds appareils politiques incontrôlables et sujets aux revirements. Et devenir de simples « vice-rois » ne doit guère les enchanter.

C’est sans doute la raison pour laquelle les tensions sur les emprunts d’Etats se font si fortes actuellement en Espagne, qui ces derniers jours ne semble pas prête à coopérer totalement. Car il faut dire qu’en prêtant à des taux si élevés, les banques menacent directement les dirigeants qui n’ont d’autre choix que de s’exécuter : à partir de maintenant celui qui n’exécutera pas le programme défini par le pouvoir financier se trouvera immédiatement sanctionné.

Le rôle dévolu aux gouvernants nationaux se limitera donc à servir de fusible entre les marchés et le peuple, pour lui imposer de payer sans lui laisser la possibilité de contester.

Et c’est donc avec certitude qu’on peut envisager pour l’Europe, à la suite du traité sur la « règle d’or » qui sera bientôt ratifié, une proposition prochaine, émanant des marchés et défendue par l’Allemagne, d’un texte contraignant juridiquement les Etats à soumettre directement leur souveraineté aux exigences non pas du peuple mais des acteurs de la finance, et auquel certains chefs d’Etats puissants comme monsieur Hollande et sa « croissance » (qui n’est qu’un mot qu’on peut qualifier négativement si on le désire) ne sont pas forcément opposés, mais pressés par leurs peuples de le refuser.

Qui pourra maintenant l’empêcher ? Alors qu’on redoute en France « l’hégémonie » rendue possible par la prise en main de tous les pouvoirs par le PS, c’est en réalité ce dimanche l’hégémonie des marchés sur l’Europe toute entière qui a été hier validée par le peuple Grec ! Et alors que certains « fins analystes » criaient victoire des dimanche, les peuples d’Europe ont perdu avec les Grecs tout espoir d’empêcher ce qui va suivre. Comme nous l’avons fait au soir du 10 juin en France. Que nous reste-t-il à présent ?

La certitude que le changement ne viendra pas des urnes, ce qui retire une option pour l’avenir. Ce sera donc soit la guerre, soit la dictature, soit la révolte populaire.

Malheureusement la violence est inscrite dans chacune de ces options, car en procédant ainsi les marchés entrainent une rancoeur de la part des citoyens envers leurs dirigeants, tandis que les dirigeants sont eux-mêmes contraints par les marchés d’imposer aux peuples des sacrifices qui acculent les citoyens à la misère. Quand quelqu’un vient vous prendre ce que vous avez alors que vous n’êtes pas d’accord, les réactions possibles face à cette agression sont soit de recourir à la justice, soit de se soumettre, soit la violence.

Mais si l’empire est légalisé et le traité signé, ne resteront que la soumission ou la violence. Sauf que ce que les marchés oublient, et c’est là le point crucial qui fonde l’erreur du capitalisme, c’est le facteur « humain », qui n’est pas rationnel dans ses comportements : car à moins qu’il ne se décide volontairement, pour redevenir compétitif, de voir ses conditions de vie se dégrader jusqu’à atteindre celles des « canons » de la concurrence des pays émergents, l’homme poussé à bout finira toujours par se révolter : c’est qu’il est beaucoup plus difficile de renoncer à ce que l’on a acquis que d’acquérir ce qu’on ne possédait pas. Et perdre la liberté après l’avoir connue, cela est difficile à supporter…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Grèce : le coup de poker des marchés

Posté par calebirri le 25 mai 2012

La partie qui se joue actuellement en Europe est digne de figurer dans les annales du poker, et le coup de la Grèce semble être la carte-maîtresse qui donnera au « vainqueur » d’après ce grand coup de bluff un sérieux avantage pour la suite du jeu. En effet avec la rumeur concernant les travaux de l’Eurogroupe sur une sortie possible de la Grèce de la Zone Euro et la tenue d’une réunion « informelle » des dirigeants européens, les marchés espèrent à travers ce « coup de poker » faire « se coucher » son adversaire, la démocratie.

Car il ne s’agit pas seulement de la Grèce. Après ce coup, s’ils le gagnent, ils montreront clairement au reste de l’Europe (ainsi qu’à leurs dirigeants) que le choix des urnes n’a de valeur que s’il correspond à leurs attentes, et que par conséquent il est possible de contraindre un pays soi-disant souverain à accepter des directives que le peuple refuse pourtant. Et les marchés ont tout misé sur la Grèce, « tapis ».

Cela signifie aussi qu’ils risquent gros. En exigeant de la part du peuple grec des sacrifices qui, s’il les refuse, est menacé de se faire « sortir de l’Euro » (alors qu’aucune loi ne le contraint, il faut que cela se sache !), les marchés parient en réalité sur les résultats des législatives grecques ; en espérant que cette menace suffise à dissuader les citoyens grecs de se choisir des dirigeants rétifs.

Mais pour le moment rien n’est certain. Sauf que si les Grecs se couchent, alors il est fort possible que tous les autres se couchent à sa suite. Et les marchés comptent bien jouer sur la peur du chaos qu’engendrerait une Grèce qui refuserait et de payer et de sortir pour lui faire perdre l’envie de se choisir une « autre » Europe.

Pourtant, s’ils veulent éviter de laisser les banquiers trop exposés dans l’embarras, les marchés se doivent de conserver l’Europe unie. S’ils veulent imposer à ses peuples une cure d’austérité drastique et supprimer les élections libres pour les remplacer par un gouvernement économique autoritaire directement choisi par le monde de la finance, ils n’ont aucun intérêt à laisser sortir leurs débiteurs hors des frontières qu’ils contrôlent. Ils ne le feront donc pas…

Et si du coup les Grecs ne se couchaient pas ? Et si les élections législatives en Grèce étaient l’occasion de montrer à tous que l’austérité n’est pas une fatalité, que aux marchés qu’ils ne peuvent pas tout ? Et si en France nous soutenions également (et le même jour !) cette idée non pas de la fin de l’Europe mais d’une autre Europe ?

La plupart des Européens se sentent européens, et ne veulent tout simplement ni austérité ni ingérence extérieure, ni fermeture ni compromission, ni injustice ni corruption. Cette dette n’est pas la notre. Que les véritables responsables se ruinent s’ils le doivent mais nous ne paierons pas pour eux. Ils ont plus à perdre que nous d’ailleurs. Austérité et dictature ou effondrement de la bourse et liberté, qu’avons-nous peur de voir les financiers ruinés ? Il faudra bien un jour prendre le risque de détruire ce monde de la finance si l’on veut en construire un moins injuste… Pourquoi ne pas le faire maintenant, alors qu’il est encore temps ?

Que les Grecs et les Français refusent un peu de se soumettre à ce bluff grossier, et alors nous pourrons enfin retourner les autres cartes, voir le jeu de chacun. Que l’on voit un peu qui, de la finance ou du peuple, à le plus besoin de l’autre pour prospérer…

Le moment est historique, et les élections qui arrivent sont cruciales : nous avons le devoir de montrer aux autres peuples, aux Espagnols, aux Italiens, aux Portugais et à tous les autres, qu’une autre voie est possible. Et alors nous pourrons peut-être enfin rebattre les cartes. Ensemble. En Europe. Sans la dictature des marchés financiers. Tapis.

Caleb Irri
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Assemblée Constituante : nous avons déjà tout (ou presque)

Posté par calebirri le 20 mai 2012

Voilà. Les présidentielles sont passées, les législatives arrivent… et la crise est toujours là. Elle sera encore là quelque soient les résultats du prochain scrutin d’ailleurs, en Grèce et en France, en Espagne ou en Italie. Qu’en conclure : que la partie est définitivement perdue, qu’il faut abandonner tout espoir de changement de notre condition tout en laissant, durant encore les cinq années qui viennent, nos gouvernants se moquer de nous ?

Non.

Car au delà des élections -qu’elles soient présidentielles ou législatives et qu’elles se passent en France ou ailleurs- il y a le peuple qui, même contraint par l’illusion démocratique, est le souverain qui seul décidera de la voie qu’il veut suivre. Et toute cette mascarade des élections une fois terminée s’ouvrira une fenêtre médiatique plus que favorable à l’émergence de nouvelles initiatives, en réaction justement à la déception qui suivra le dépouillement des bulletins de vote. Inévitablement la mise en place de l’Assemblée Constituante s’imposera alors dans les esprits comme le seul et unique moyen pacifique de parvenir au changement que les urnes n’ont pas permis d’obtenir.

Car comme je l’ai dit ailleurs, la révolution ne doit pas attendre qu’on l’autorise pour se réaliser : elle doit se préparer « en dehors » du cadre institutionnel « dévié » et créer sa propre légitimité, par un soutien massif du peuple qui refuse les sacrifices que le pouvoir veut lui imposer. C’est un non-sens que de vouloir attendre de la part d’un pouvoir qu’il nous autorise à le détruire. Si les citoyens veulent une Assemblée Constituante, ils doivent la créer sans ceux qui y sont naturellement opposés.

Cette idée d’Assemblée Constituante est l’objectif autour duquel il s’agit maintenant de fédérer toutes les forces qui luttent à la fois contre la « droite » et la « gauche », et pour ce faire il n’y a pas besoin du soutien des politiques.

Beaucoup objecteront que c’est une utopie, un rêve inaccessible, mais pourtant nous avons déjà tous les outils nécessaires à sa réalisation effective… Hors mis peut-être celui que je vous propose aujourd’hui de construire avec moi :

-La juste colère du peuple avec les indignés qui se rassemblent peu à peu, au fur et à mesure de l’injustice des mesures prises pour « sortir » de la crise. Même l’exercice de la démocratie ne suffit plus.

-des « têtes d’affiche » capables de soutenir, de relayer et de développer cette idée, car désormais elle n’est plus considérée comme inutile.

-de nombreux sites traitant du sujet et défendant la mise en place de cette Assemblée.

-la possibilité concrète de la réaliser à travers la légitimité que lui procurerait le RIC (Référendum d’initiative citoyenne).

-des outils d’explication de l’illégitimité de la dette ainsi que des solutions qui peuvent être envisagées (audit citoyen, MIRAC).

-des « centres de réflexion » comme ceux d’Etienne Chouard ou le forum du « groupe de travail pour une Assemblée Constituante ».

-des relais locaux physiques (les repaires de « Là-bas si j’y suis », les comités locaux de l’audit citoyen, ceux des indignés), des relais « virtuels » sur internet.

 

Le seul outil qui manque à cette toile qui se tisse peu à peu se trouvant être la diffusion et le rassemblement qui seuls permettront la légitimité, je propose ici de nous unir tous derrière un même projet, « Pour une Constituante » ; à nous ensuite de construire ensemble la représentativité. Car vouloir une Assemblée Constituante n’est pas rédiger la Constitution ; elle doit être le fruit des travaux de l’Assemblée Constituante, et ici nous ne parlerons pas de ce qui doit se trouver dedans. La première étape consiste à établir les conditions de fonctionnement de cette Assemblée, conditions qui soient susceptibles de permettre à la représentativité des idées du peuple. C’est pourquoi je propose à tous les sites, mouvements, associations, initiatives concernés par ce projet ou qui y adhèrent de venir se signaler sur un nouveau site créé à cet effet, et dont le fonctionnement vous sera expliqué à l’adresse suivante : http://constituante.unblog.fr. L’idée d’une Assemblée Constituante doit faire son chemin parmi le peuple, et devenir une force capable de réaliser par elle-même les changements qu’elle désire. Afin de les obtenir, le peuple doit comprendre que ce n’est pas sur les ruines de notre démocratie que se construit l’avenir du pays mais sur de nouveaux projets, de nouvelles idées. Nous devons y réfléchir ensemble, et être volontaires pour ça.

 

Nous ne viendrons pas vous chercher par la main, c’est à vous de diffuser cette initiative pour qu’elle se développe. Venez vous associer au grand rassemblement pour une Assemblée Constituante, car c’est ici que se construira la révolution citoyenne que nous attendons depuis si longtemps.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Aux révolutionnaires qui se préparent à voter Hollande

Posté par calebirri le 26 avril 2012

Dans mon dernier billet, et sous le coup de l’émotion des résultats du premier tour, j’ai appelé à ne pas voter au second tour de la présidentielle, au risque selon certains de « faire gagner la droite ». Cet appel a suscité de nombreuses réactions hostiles, sans doute plus de la part des déçus du score de l’extrême gauche en général et du Front de Gauche en particulier que de la droite, car à ce qu’il paraît l’abstention favoriserait la réélection de monsieur Sarkozy lors du second tour.

 

Mais il semblerait depuis que les événements me donnent raison : car non contents de recueillir presque « automatiquement » les voix de l’extrême gauche à laquelle ils ne feront donc aucune concession, monsieur Hollande et son équipe courtisent aujourd’hui ouvertement les électeurs du Front National pour gonfler le score du PS, sans paraître se préoccuper véritablement ni du centre ni des abstentionnistes. Cela signifie une chose : que ce soit Sarkozy ou Hollande qui passe, nous aurons à nous confronter à une « droitisation » de la politique menée. Ce qui, si on se réfère aux idées développées lors de la primaire socialiste, correspond bien à la volonté du PS aujourd’hui.  Car si on y réfléchit, cette « droitisation » sert justement les objectifs communs de l’UMP et du PS : virer à droite avec le soutien de la gauche, afin qu’elle ne puisse pas contester plus tard ce qui se prépare aujourd’hui en Europe. Ensuite, que madame Le Pen appelle ou non à voter Sarkozy n’aura que peu d’influence sur les électeurs effrayés par « le droit de vote aux étrangers » promis par Hollande : ils voteront à droite quoiqu’il leur en coûte. Le seul objectif pour le FN étant de se positionner aux législatives avec le soutien de l’UMP (qui aura sans doute bien du mal à refuser les alliances), et ce qu’il soit d’ailleurs élu ou pas au second tour ; ce qui en définitive arrange peut-être tout le monde, et surtout les marchés financiers : un régime stable et sécuritaire est pour eux le meilleur des alliés.

 

A gauche maintenant, ceux qui auront aidé à élire Hollande se retrouveront eux-aussi face à cette droitisation qui ne doit pourtant guère les enchanter. Comment ne peuvent-ils pas comprendre qu’ils tombent dans un piège ? En votant, ils adhèrent de facto à l’arrivée au pouvoir de l’un ou de l’autre de deux candidats qui expriment ouvertement leur volonté de plaire à l’extrême droite ! et c’est moi qui ferait fausse route ?

 

Même l’UMP doit se gausser : des révolutionnaires prêts à pendre les banquiers qui votent Hollande pour éviter Sarkozy, quelle farce ! Ceux qui souhaitaient hier la « révolution citoyenne », faire la nique au G20, installer une 6ème République, « very dangerous » et tout et tout, sont en réalité de bien piètres révoltés s’ils sont incapables de remettre en cause dans la pratique un système qu’ils disent pourtant vouloir changer de fond en combles.

Comment peut-on se dire à la fois révolutionnaire et accepter de se soumettre à cette mascarade ?

 

On me dit que c’est un renoncement de ne pas voter. Mais c’est juste un autre renoncement de voter dans ces conditions : dans le premier cas un renoncement à l’illusion démocratique, dans le second à la révolution.

 

Car en vérité ce n’est pas des urnes que le changement viendra, mais bien de la rue. Il sera le fruit d’une réelle prise de conscience populaire qui finira bien par comprendre que les institutions sont obsolètes, et qu’il faudra bien un jour se résoudre à les reconstruire… Et cela passera inévitablement par la remise en cause du vote tel qu’on le pratique aujourd’hui, à travers la mise en place d’une Assemblée Constituante.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

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Mondialisation contre mondialisation : et pourquoi pas une « Internationale des indignés » ?

Posté par calebirri le 5 décembre 2011

Il y a quelques jours, une nouvelle initiative a été lancée sur le blog de Paul Jorion, intitulée « l’utopie réaliste« . En moins de 1500 mots et jusqu’au 31 décembre 2011, toutes les contributions qui imagineront les bases d’une nouvelle société seront récoltées, et j’imagine sélectionnées ultérieurement (je ne sais sous quelle forme).

 

Bien tenté d’apporter ma petite pierre à l’édifice, je me préparai donc à engager ma contribution, et commençai à faire la liste des mesures me semblant essentielles :

 

- transparence absolue des comptes de l’Etat et de ses représentants, avec  abrogation du « secret-défense » et du secret d’Etat, fin de l’immunité présidentielle et interdiction des conflits d’intérêts.

-fin des paradis fiscaux et contrôle strict des chambres de compensation.

- programmes de recherche pour éradiquer la pollution, favoriser l’émergence des énergies réellement renouvelables (c’est-à-dire inépuisables), re-localisation de la production agricole.

-programmes de relance pour plus d’éducation, plus de santé, plus d’emplois, plus de social : chaque besoin devant trouver une solution.

- réforme fiscale plafonnant les revenus, taxant les riches et aidant les pauvres, interdiction des paris sur les fluctuations des prix et de la spéculation sur les matière premières, fermeture de la bourse.

- etc…

 

Cela avait de quoi faire rêver n’est-ce pas  ? Pour ce qui est de l’utopie nous y sommes… Mais cette utopie est tout bonnement non pas irréalisable mais irréaliste.
Car en s’opposant à la logique de marché imposée par le capitalisme, une nation qui s’engagerait dans la voie de la justice sociale se retrouverait rapidement isolée sur le plan international, puis exclue de cette « mondialisation » qui effraie tant aujourd’hui, et à laquelle il n’est pourtant plus aujourd’hui possible d’échapper. Les taux d’emprunts de la France flamberaient, empêchant toute dépense et asphyxiant aussitôt l’économie : un Etat seul ne peut pas s’opposer aux règles qui régissent les échanges mondiaux, et encore moins les changer.

 

Cela prouve une fois de plus que la démocratie au niveau « national » n’a désormais plus aucun sens. Et cela signifie aussi que dans la mondialisation, il faut que tous soient d’accord pour changer les règles, ou au moins que les plus forts parviennent à l’imposer aux plus faibles. Aujourd’hui la démocratie doit être mondiale, ou ne pas être. Mais « mondialement ».

 

Et c’est bien de cela dont nos dirigeants ont déjà pris conscience : les règles du capitalisme international ne leur permettant pas, à terme, de perpétuer leur domination sur le reste du monde, ils tentent actuellement d’imposer aux peuples la mise en place d’une « Alliance » assez forte pour transformer radicalement les règles de fonctionnement de nos sociétés. En quelque sorte, ils font le même travail que celui proposé par monsieur Leclerc chez monsieur Jorion, mais à l’envers ; sauf qu’ils ont un coup d’avance.

 

Pourtant, il suffirait de presque rien pour que les peuples dépassent le mur de la mondialisation financière : il leur faudrait juste, en retour, créer une « mondialisation de la contestation » pour résister à celle de la finance. Une sorte « d’Internationale des Indignés », capable de se rassembler et d’agir partout en même temps, sous un mot d’ordre commun, avec un discours unique, à travers une nécessaire organisation de leurs structures locales. Car ce n’est qu’en unissant, en agrégeant, en organisant, en unifiant tous ces petits mouvements indépendants, encore « purs » de « science politique », que les peuples trouveront l’espoir d’une « autre » société. En s’appuyant sur les outils dont nous disposons aujourd’hui, nous avons l’opportunité de fédérer, et aussi d’internationaliser un vaste mouvement démocratique.

 

Car il faut se rappeler que l’internet est encore libre : que ce soit par l’intermédiaire des réseaux sociaux, des forums, des blogs, des pétitions ou de la vidéo en ligne, les peuples indignés ont le pouvoir de se rassembler, de communiquer, d’échanger et de débattre d’un bout à l’autre de la planète. Les peuples ont aujourd’hui plus que jamais la possibilité (et le devoir ?) de mettre en place, au niveau international, toute l’infrastructure nécessaire à cette « Internationale des Indignés », seule capable de répondre aux enjeux de la mondialisation financière. Ils peuvent engager eux-mêmes les consultations, les débats et les réflexions sur ce que pourrait être une nouvelle société. Ils peuvent organiser eux-mêmes le fonctionnement de leurs futures Assemblées Constituantes, partager leurs réussites et leurs échecs locaux, échanger leurs méthodes. Ils peuvent coordonner leurs actions, leurs mouvements de grèves ou leurs manifestations. Ils peuvent établir eux-mêmes les règles auxquelles ils désirent se soumettre, car ils seront alors, véritablement, les 99%

Car la révolution ne se décrète pas : elle se prépare. Comme le disait déjà Marx en son temps la révolution, pour fonctionner, doit être mondiale. Elle doit se produire partout en même temps, pour ne pas se trouver enfermée ni contrainte par le reste du monde.  Pour qu’elle se réalise, il faut qu’elle soit considérée comme juste par tous, et que toutes les règles de fonctionnement du nouveau régime mis en place soient définies et acceptées en amont.

 

Imaginez après que la révolution se produise partout et en même temps, de manière coordonnée et réfléchie, pacifique car soutenue par tous les 99% ; et alors tout devient enfin à la fois réalisable… et réaliste.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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