C’est tant pis pour nous, mais c’est bien fait pour vous !

Posté par calebirri le 3 mars 2013

A ceux qui se plaignent qu’on leur refourgue du cheval à la place du boeuf ou qu’on se livre à des « cochoncetés » pour vendre des livres comme à ceux qui refusent qu’on ferme leurs usines ou que l’on délocalise je voudrais dire une chose : c’est bien fait pour vous !

Qu’espériez-vous à la fin ?

A partir du moment où la rentabilité et le profit sont devenues les valeurs primordiales pour l’ensemble de la planète (pour les riches comme pour les pauvres), il faut bien comprendre que toutes les autres valeurs deviennent alors aussitôt secondaires : que ce soit l’alimentaire, la santé, le travail, l’écologie ou même l’amour et l’éducation, tous nos actes se conforment de fait à cette seule priorité.

Pas de morale dans tout cela, ni de social : la seule chose qui compte est bel et bien de « faire du fric ». Comment laisserions-nous mourir de faim, autrement, tant et tant d’hommes, de femmes et d’enfants, alors même qu’au niveau mondial nous gâchons plus de la moitié de ce que nous produisons ?

Car ce monde nous ne l’avons pas forcément choisi, mais nous l’avons accepté : pourquoi ensuite se plaindre des conséquences qu’il engendre si c’est pour ne rien y changer ?

On peut faire autant de lois, de révolutions ou de guerres que l’on veut, rien ne changera si les lois, les révolutions ou les guerres sont en réalité contraintes par la seule rentabilité économique. Vous pourrez remplacer tous les hommes politiques par d’autres hommes, tous les grands patrons par d’autres patrons, et même tous les pauvres par d’autres pauvres, mais en faisant cela vous ne changerez rien du tout. Tout le monde le sait au fond de soi, car l’Histoire est un perpétuel recommencement : nous avons changé les hommes (par renouvellement « naturel » ou non), nous avons changé les lois, fait des guerres et des révolutions, sans jamais changer de système de valeurs… Et qu’est-ce qui a changé en définitive ? rien !

Pourtant, vous ne voulez plus être contraint à perdre votre vie à la gagner ? Vous ne voulez plus de l’obsolescence programmée, ni de la compétitivité ? Vous voulez que tout le monde mange à sa faim quelque soit sa religion ou sa couleur de peau ? Vous voulez pouvoir manger sain, habiter un logement salubre et confortable, vous déplacer en toute sécurité et profiter de votre temps libre comme bon vous semble, changer de métier s’il vous lasse ou arrêter de travailler quand vous êtes fatigué ? Mais ce monde n’est pas fait pour vous alors ! Pourquoi ne changez-vous donc pas les règles de ce jeu puisqu’il ne vous convient pas ? Qui vous en empêche ? N’êtes-vous pas les plus nombreux ?

Si vous parvenez à m’apporter une réponse acceptable je veux bien manger mon chapeau, avec tout ce qu’il vous plaira de me faire subir, mais si non je répète encore une fois ce que j’ai dis plus haut : c’est bien fait pour vous !

Même si c’est tant pis pour nous…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, misère, politique? mensonges, révolution? | 11 Commentaires »

Détruire le capitalisme, ou le moraliser ?

Posté par calebirri le 3 novembre 2012

En Grèce, un journaliste a divulgué une liste de quelques 2 000 citoyens Grecs soupçonnés d’évasion fiscale, liste dont font apparemment partie certains ministres : il est actuellement recherché par la police. Voilà l’exemple même de la manière dont fonctionne le système, qui au lieu de féliciter ce journaliste et de punir les coupables, veut punir le journaliste pour sauver les coupables.

Voilà une affaire qui montre au grand jour les incohérences de notre système « démocratique » et qui explique pourquoi la « moralisation » du capitalisme semble impossible : la corruption du politique faisant partie intégrante de ce système, il est désormais devenu quasiment impossible de la faire disparaître sans détruire en même temps le système auquel elle est si étroitement liée.

C’est ce dernier point qu’ont toujours l’air de ne pas comprendre nos bons économistes, incapables de prendre conscience que les problèmes sociaux ne peuvent être résolus par l’économie : ils sont incompatibles. Terrifiés sans doute à l’idée qu’ils puissent s’être si longtemps « faits avoir » par un système qu’ils croyaient de bonne foi créateur de progrès (et qui l’était sans doute d’un certain point de vue), ils n’envisagent pas que l’économie puisse être la responsable des problèmes qu’elle est censée combattre. Que c’est elle qui fait les injustices, et qu’il ne faut pas compter sur elle pour les faire cesser.

Car en économie, le principe qui s’applique en théorie est la concurrence libre et non faussée. Pour vendre des produits ou des services, il faut donc être plus compétitif que son concurrent, c’est-à-dire avoir la capacité de vendre moins cher pour la même chose.

Cette compétitivité s’obtient soit en réduisant les coûts de production, soit la marge bénéficiaire (la plus-value).

Il apparaît qu’à l’heure de la mondialisation, un problème de taille a changé tous les rapports commerciaux entre les Etats : car si tous les actionnaires refusent également de voir baisser leurs marges, les coûts de production en Chine ou en France ne sont pas les mêmes : une dictature sans protection sociale ou si peu, sans retraite décente, sans avantage aucun, dispose évidemment d’une longueur d’avance pour atteindre une meilleure compétitivité.

Et puis les entrepreneurs ont déjà rogné sur tous les coûts de production, justement pour conserver leurs marges, et refusent d’aller plus loin : la seule variable d’ajustement se trouve donc être les salaires et autres charges servant la protection des plus faibles, ce qu’on appelle l’Etat social, censé contrebalancer les effets injustes du système capitaliste.

Le choc de compétitivité ne se fera donc pas sur les marges mais sur les salaires, le temps de travail ou l’âge de départ à la retraite…

Pourtant on pourrait penser qu’en taxant plus fortement les revenus du capital (en abaissant la marge donc), la compétitivité pourrait également faire un bond en avant. Mais le problème est qu’il existe les paradis fiscaux, et que ceux qui possèdent le capital menacent d’aller s’y expatrier pour préserver leur fortune. Ces « patriotes » (qui souvent sont les mêmes que ceux qui craignent que l’étranger vienne « prendre le pain des Français ») sont en réalité prêts à abandonner jusqu’à leur « chère » patrie pour qu’on ne touche pas à leurs profits.

Il faut donc supprimer les paradis fiscaux, diront les économistes les plus indépendants : que les politiques se saisissent de ce problème et agissent en conséquence pour l’intérêt général, celui du peuple qui les a élus.

Mais cela est impossible, répondront les constitutionnalistes, car chacun fait ce qu’il veut dans son pays. Et il y aura toujours un pays qui fera payer moins d’impôts que les autres.

Et puis désormais les hommes politiques ne sont plus tout à fait des citoyens comme les autres : leur propre intérêt se confond plus avec celui des riches plus qu’avec celui du peuple : plus de 13 000 euros par mois pour les députés français, plus de 10 000 euros pour les députés européens, 25 000 pour les commissaires européens, et même plus de 30 000 euros pour le président de la commission européenne… Comment voulez-vous qu’ils votent des lois à l’encontre de ce que le système capitaliste préconise en matière de rationalité, c’est-à-dire leur propre intérêt individuel ?

Il ne fait aucun doute que la corruption des politiques, leur proximité coupable avec les grands acteurs du « privé » et leurs constants allers et retours de l’un à l’autre, font qu’il y a de fortes chances qu’on retrouve dans certains paradis fiscaux les noms de certains hommes politiques forts connus et forts influents, ce qui aurait forcément mauvaise presse, et qui expliquerait pourquoi on préfère arrêter des journalistes faisant acte de salubrité publique.

Il faut donc maintenant que tout le monde se rende compte d’une chose : aujourd’hui nous ne pouvons plus continuer à tergiverser. Soit nous ne faisons rien et il faut nous préparer voir nos conditions de vie se détériorer sérieusement, soit nous décidons d’agir et nous acceptons de rentrer dans l’inconnu. Au bout du premier chemin (celui que nous prenons actuellement) il y a ce que nous avons toujours connu (la dictature ou la guerre pour imposer les nouvelles règles à respecter), au bout du second une page blanche à remplir.

Faut-il à tout prix tenter de moraliser un système qui ne l’est pas, ou vaut-il mieux le détruire pour inventer autre chose ? Ne vaudrait-il mieux pas cesser de penser le monde et les hommes en termes économiques? La tâche est certes ardue, voire impossible peut-être, mais celle de rendre juste un système fondé sur l’injustice ne l’est-elle pas tout autant ?

Il faut tout changer, il faut repartir de zéro, il n’y a pas d’autre alternative. Il nous faut nous mettre à réfléchir d’urgence, monter un collectif de résistance et de réflexion dignes du CNR, absolument et immédiatement. Bougez vous, vous les économistes « dissidents », les analystes, philosophes, syndicalistes, sociologues, indignés, avocats, et tous ceux qui ont encore conservé leur esprit critique, il faut vous regrouper et lutter, appeler à rejoindre la lutte et entamer une réflexion globale avec tous vos semblables des autres pays, car désormais les constatations doivent laisser la place aux propositions.

Voilà les miennes : http://calebirri.unblog.fr/2012/10/06/dabord-la-constituante-et-apres-la-revolution/. Quelles sont les vôtres ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, Assemblée Constituante, crise, politique? mensonges, révolution?, un nouveau système | 21 Commentaires »

AC, il nous faut du changement !

Posté par calebirri le 20 octobre 2012

Lorsque l’on évoque le sujet de la révolution, l’image mentale qui lui correspond généralement est celle de 1789, qui fut un bouleversement violent et non préparé, presque spontané, irréfléchi.

A cette révolution je lui préfère la sédition, qui permet d’établir un processus dans lequel la révolution n’est que l’aboutissement logique de sa préparation : pour moi il faut réfléchir « avant » à ce qui sera mis en place « après ». C’est donc presque « naturellement » que j’intitulais mon papier faisant la promotion de l’Assemblée Constituante « D’ABORD la Constituante, et APRÈS la révolution« … Mais cette évidence est apparemment loin d’en être une pour tout le monde.

Pourtant, que ce soit pour 1789 ou la révolution tunisienne de 2010, l’Assemblée Constituante n’a pas répondu à toutes les espérances, et loin s’en faut- on verra bientôt ce que cela donne en Islande. Et si justement ces échecs étaient en réalité dus à l’inversion du processus ?

Car il faut bien parler d’échecs. La crise que nous traversons en est une preuve flagrante, puisque malgré les apparences la démocratie n’existe plus : les politiques ne travaillent pas « pour » le peuple mais pour eux-mêmes… Ce qui en l’occurrence signifie « contre » le peuple ; il n’y a qu’à voir l’injustice des politiques d’austérité, et surtout le résultat de celles-ci : les riches sont de plus en plus riches, quand les pauvres sont de plus en plus pauvres.

On serait tentés d’en accuser les financiers qui, par un lobbying actif et une corruption latente, influent sur les décisions de nos politiques ; mais en définitive ce sont bien les politiques qui prennent les décisions ! Cela signifie que même aux ordres des financiers, les politiques sont les véritables coupables, car ils s’y soumettent plutôt que de se soumettre à la volonté du peuple qui les a élu. Les financiers, eux, sont au moins dans leur rôle : il est « logique » (mais logique ne veut pas dire normal) que les financiers s’occupent de leurs propres intérêts, c’est la règle actuelle. Ce qui ne l’est pas, c’est le non-respect de la volonté du peuple, qui quoiqu’on en dise ne peut désirer son propre appauvrissement. Les politiques devraient être exclusivement au service du peuple, et ce n’est malheureusement pas le cas.

C’est la question des institutions qui se pose alors à nous : comment la Constitution peut-elle être bonne si elle permet de faire le contraire de ce pour quoi elle a été construite ? Et comment est-il possible que le peuple ne puisse pas faire élire un gouvernement qui le serve si la Constitution n’avait pas déjà « dévié » de son objectif principal (le gouvernement du peuple « par » le peuple et POUR le peuple) ?

A partir du moment où les Lois sont faites par des hommes dont l’intérêt premier n’est pas le service du peuple mais celui de ses ennemis, il ne peut en résulter que les incohérences auxquelles nous sommes soumis depuis trop longtemps : cumul des mandats, faiblesse scandaleuse des peines encourues en cas de corruption (quand on pense que la peine maximum pour certains délits est inférieure aux gains réalisés par cette corruption…), conflits d’intérêts latents entre le « privé » et le « public », accointances avec les médias, lenteur coupable de la justice dans les « affaires », niches fiscales, paradis fiscaux…

Que le peuple se révolte est donc juste et nécessaire mais pas suffisant : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » (article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/1789.asp). Il lui faut une Constitution, pour qu’il soit d’une part associé pleinement à sa création, et qu’il sache d’autre part pour quoi il se révolte. Il faut D’ABORD préparer les institutions dont nous avons besoin, et ENSUITE, une fois que nous saurons ce que nous voulons, nous pourrons alors faire la révolution.

C’est pour cette raison que l’Assemblée Constituante doit être un préalable (incontournable) à la révolution : si nous voulons qu’un gouvernement puisse un jour dire « Assez, cela suffit ! Le peuple ne paiera pas la dette car elle est illégitime », il faut bien qu’il puisse arriver au pouvoir. Et pour qu’il ait cette chance il faut que les lois qui organisent les élections soient d’abord modifiées pour permettre aux citoyens de voter ou de désigner ses représentants « POUR » et non pas « CONTRE ». Il faut aussi que le peuple puisse être certain qu’une fois élus, il n’aient aucun intérêt à tromper le peuple qui leur a donné sa confiance, et que les sanctions prévues soient exemplaires. Il faut encore que le peuple puisse lui même prendre les décisions qui le concernent directement.

Et c’est bien le rôle d’une Assemblée Constituante que de déterminer tout cela. Comme dirait « l’autre », « il n’y a pas d’alternative » ! Si nous voulons un jour que les choses changent, il faudra bien en passer par là : réfléchir ensemble à quoi ressembleront nos institutions une fois que la révolution aura mis dehors tous les corrompus qui se partagent depuis trop longtemps les bancs de notre parlement.

Pourquoi ne pas nous y mettre dès maintenant ? Une fois que nous saurons ce que nous voulons, la révolution ne sera plus qu’une formalité !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
Forum
Questionnaire en ligne

Publié dans Assemblée Constituante, crise, la démocratie, La voie des peuples, politique? mensonges, Questionnaire en ligne et forum pour une Constituante, révolution?, un nouveau système | 4 Commentaires »

D’abord la Constituante, et après la révolution !

Posté par calebirri le 6 octobre 2012

Cela fait maintenant plus de quatre ans qu’à intervalles plus ou moins réguliers, j’ai commis quelques billets cherchant à éclairer différemment les événements, mes sujets me choisissant plus que je ne les choisissais moi-même.

En quelques années, j’ai donc rédigé plus de 350 articles qui se recoupent tous plus ou moins, et que je voudrais désormais formaliser en un seul bloc cohérent, et que je proposerai sans doute par la suite pour donner un aperçu global de la vision que j’ai du monde et de ses « petits tracas »…

Car je peux dire aujourd’hui que j’en ai fait le tour, ou tout du moins un tour, le mien. Je n’ai plus à rechercher d’autres explications, car à vrai dire j’ai trouvé MA vérité : la Constituante d’abord, et après, la révolution !

Dorénavant, je suis plus convaincu que jamais que la réflexion a assez duré : nous avons, nous citoyens, tous les éléments nécessaires à la compréhension des événements, en de multiples exemplaires et sur de nombreux supports différents, accessibles et disponibles à tout moment, en un « clic ».
Nous n’avons plus d’excuses, nous savons ce qui se passe, ce qui se prépare, et nous nous devons de le refuser.

Refuser la dette et combattre le capitalisme pour sauver la planète, et ce qu’il nous reste de liberté. Pour cela il faut nous rassembler, et préparer des aujourd’hui ce qui viendra demain. Réfléchir ensemble aux défis qui nous attendent, et nous unir pour agir lorsque nous serons prêts.

Il ne s’agit pas de sauver le capitalisme ni de même de le réguler mais de le détruire, et de le remplacer par « quelque chose » qui n’est pas la dictature qu’on veut nous imposer, mais la réelle démocratie. C’est à une sédition que je vous convie ici, et c’est pour mettre en place les conditions d’une véritable révolution pacifique et citoyenne que j’ai décidé de tenter l’expérience d’une sorte de « plateforme » de réflexion et d’action, plateforme dont l’ambition est de rassembler toutes les bonnes volontés, toutes les indignations qui gravitent un peu partout et chacune de leur côté.

Constituée pour le moment d’un forum « Pour une Constituante » et d’un nouveau « questionnaire en ligne » lui-correspondant, cette plateforme citoyenne doit à terme s’étoffer pour devenir LE LIEU de rassemblement de toutes les contestations en faveur de la démocratie.

De nombreux projets pourraient s’agréger autour de celle-ci, comme par exemple l’organisation et la promotion d’actions nationales, européennes ou même mondiales, les comités d’audit citoyen de la dette, les initiatives défendant le RIC, un site traitant des alternatives philosophiques au capitalisme, la création de groupes sur facebook, twitter et google plus, des traductions dans les autres langues, ou même la possibilité pour les sites « amis » de déclarer leur soutien à cette réflexion générale…

Enfin nous avons tout à construire, tout à réfléchir… Mais nous avons besoin de chacun, qui peuvent par leurs compétences et leur volonté aider à faire en sorte de résister aux forces qui veulent nous asservir.

Si un tel projet vous intéresse et que vous avez des propositions, des suggestions, n’hésitez pas à me contacter, sur mon blog ou sur le forum.

D’abord la Constituante, et après la révolution !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

FORUM : http://pouruneconstituante.forumsgratuits.fr/
QUESTIONNAIRE EN LIGNE : https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dDdVQXBVR1J2N2lkVjVkcmZPTmN4a3c6MQ
PLATEFORME : http://pouruneconstituante.forumsgratuits.fr/portal

Publié dans Assemblée Constituante, révolution?, un nouveau système | 11 Commentaires »

Et vous, qu’attendez-vous pour vous engager ?

Posté par calebirri le 17 septembre 2012

Lorsque je demande autour de moi ce qui serait susceptible de les faire « bouger », la plupart de mes interlocuteurs me répondent qu’ils en ont déjà assez, mais qu’ils iront « quand les autres y seront allés ». Et c’est tandis que j’interrogeais un ami qui passait par là qu’il me répondit tout de go par cette variante : « j’irai quand tu y seras allé ».

Me voilà donc coincé : cela fait maintenant plus de quatre ans que je pratique le blog de façon plus ou moins intensive, lançant par-ci par-là quelques perches, à vrai dire sans grand espoir de réussite. Mais cela ne m’engage jamais à rien, et me rapporte seulement une sorte de « bonne conscience » à peu de frais . « J’ai fais ce que j’avais à faire », me dis-je plein de compassion pour moi-même, et puis « si rien ne bouge après ça ce ne sera pas de ma faute »… Je lis Paul Jorion, Olivier Berruyer, Frédéric Lordon, Georges Ugeux et plein d’autres encore ; je m’informe dans plein de journaux, j’écoute la radio, tous les jours sans faute. J’envoie parfois des commentaires indignés, souvent des liens vers mes propres articles, espérant désespérément déclencher chez mes lecteurs « l’étincelle » qui emballerait tout… Et à part ça ?

Et c’est sans surprise que certains de mes commentateurs me raillent justement sur ma naïveté. Car ce n’est pas comme ça que les choses se passent.

« Se reposer ou être libre, il faut choisir » disait Thucydide. Et bouger, c’est risquer quelque chose, lui ajouterai-je sans vergogne du haut de mon impudence ; c’est se mettre en danger, son petit confort et ses petites habitudes, ses convictions peut-être…

Alors on préfère aller manifester, en s’achetant pour pas cher une tranquillité qui confine à la lâcheté : cela n’engage à rien – et c’est justement ça le problème. Car si nous ne sommes peut-être pas responsables des événements qui nous oppressent, nous sommes coupables de ne rien faire pour l’empêcher.

Parlons du Bankrun par exemple. Pour ma part je n’irai pas si je suis le seul à le faire ; je sais que tout le monde pense comme moi, et c’est pour cela qu’il ne se passera rien. Je ne peux tout de même pas prendre le risque de me nuire à moi-même !
Tandis que si j’étais certain des autres, j’irai tout aussi certainement qu’eux. J’en conclue donc qu’en réalité ce n’est pas simplement « quand les autres y seront allés » que j’irais, mais quand je serai sûr que les autres iront aussi. Et cela change tout.

Cela implique la confiance en « l’autre », ce qui sous-entend déjà une certaine forme de « lâcher-prise » de notre part, un engagement moral envers les autres qui eux-aussi vous font confiance. Car si nous savons qu’il suffirait que nous nous rassemblions tous derrière une action unique et coordonnée pour qu’elle fonctionne, nous sommes pour le moment incapables de croire sérieusement que cela arrive. Et pourtant « nous sommes les 99% », comment pourrions-nous donc ne pas réussir ?

Avant toute chose c’est donc la confiance qu’il nous faut retrouver. La confiance est le préalable à l’engagement, plus fort que l’indignation. L’engagement est un risque, une mise en danger, mais en même temps le chemin du retour à la liberté. C’est presque une révolution intérieure qui transpirerait à l’extérieur, une remise en cause empirique des lois du capitalisme : faire confiance aux autres, dans ce monde où l’intérêt individuel prime sur toutes les autres considérations, imaginez le renversement de paradigme !

Avec les conséquences que cela implique. Car si nous parvenions à rassembler réellement tous les mécontents que compte le monde capitaliste, c’est le système tout entier qui se retrouverait obsolète en un instant… Avec les incertitudes que cela comporte, avec la frayeur que procure toujours l’inconnu, mais aussi avec l’espoir qu’il suscite. C’est cela s’engager. C’est répondre à la question initiale par « je ne sais pas ce qui va se passer, mais je suis sûr de ne pas vouloir ce qu’on m’impose aujourd’hui ».

Maintenant, comment faire pour retrouver la confiance, et comment rassembler les millions, les dizaines ou les centaines de millions de mécontents autour de cet objet qui nous est commun à tous, le refus de voir nos conditions de vie se dégrader, pour nous et pour nos descendants ?

Et bien pourquoi ne pas juste commencer par faire le premier pas ? Juste un petit pas, celui qui dirait à tous « moi aussi, j’en suis ». Un premier pas qui permettrait à tous de « se compter », pour que le jour où il faudra agir vraiment, pour un bankrun ou pour une autre action qu’il plaira au peuple de mener, nous sachions tous que nous pouvons compter les uns sur les autres pour y participer vraiment.

Ensuite, il faut un média capable de rassembler plusieurs millions de citoyens derrière une seule et même volonté, mais qui le possède ? Personne ?

Et bien si, tout le monde ou presque ! Facebook , twitter, google+ et les autres, le « bouches-à-oreilles », le mailing, les blogs et sites, nous avons LE média qui convient (encore pour le moment à notre disposition) capable de réunir et rassembler les hommes et d’instaurer cette confiance qui nous manque tant. Il nous faut aussi un site, un vrai, sans parti ni idéologie, juste un site de recensement des « bonnes volontés », réunies autour d’une seule chose : la volonté de faire bouger les choses, la volonté d’en finir avec ce système injuste qui veut nous asservir chaque jour un peu plus. Et une fois que nous serons suffisamment nombreux pour dépasser le seuil de basculement qui permet d’obtenir « la force du nombre », rien ne nous sera impossible.

Que ceux qui ont les capacité techniques de mettre un tel site en marche me contactent, et que tous ceux qui « veulent faire quelque chose » -mais qui attendent les autres- fassent un premier pas qui ne coûte rien, celui de diffuser cette information : « nous avons confiance en nos concitoyens, et s’ils s’engagent sur le site pour participer à un grand mouvement contestataire , nous irons avec eux ». Ce premier pas une fois réalisé, il ne fait aucun doute que les autres suivront aisément : car alors la peur qui nous terrorisait et nous empêchait d’agir disparaitront : nous saurons que nous ne sommes pas seuls… Et nous pourrons enfin avancer.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans révolution? | 17 Commentaires »

Bankrun du 21/12/2012 : serez-vous présent pour le nouveau monde ?

Posté par calebirri le 11 septembre 2012

Bankrun du 21/12/2012 : serez-vous présent pour le nouveau monde ? dans La voie des peuples bank-run-300x266Le 30 septembre, le gouvernement « socialiste » français va entériner l’entrée effective de la France dans le nouvel empire européen. Tout le monde se réjouira bien sûr de cette belle victoire contre la démocratie, et l’austérité deviendra alors la seule politique économique possible. Confrontés à la mainmise du pouvoir financier sur le pouvoir politique, il apparaît désormais clairement que ce qui est dénoncé dans le documentaire sur Goldman Sachs (Goldman Sachs : la banque qui dirige le monde) n’est pas le fruit d’un complot organisé mais bien plutôt le résultat d’un système qui échappe complètement à ceux qui sont censés le dominer. Et c’est donc « naturellement » que gouvernants et financiers travaillent main dans la main, au détriment des millions d’êtres humains qui doivent se préparer à des sacrifices jamais vus, au nom de la sauvegarde du système qui nous oppresse depuis si longtemps.

Face à cette perspective, la nécessité d’une réaction des peuples se fait sentir, plus fort que jamais, et il ne fait pas de doute qu’aucune manifestation, de quelque importance qu’elle soit, n’est susceptible de faire changer d’avis nos bons gouvernants qui nous veulent tant de bien (même contre notre gré) ; mais qui sont pieds et poings liés avec ceux qui nous veulent tant de mal (si les banques font faillite les Etats s’écroulent -enfin leurs gouvernants pas le pays, et si les Etats cessent d’aider les banques ce sont elles qui font faillite). Si à la fin « Goldman Sachs gagne toujours », le peuple lui perd à chaque fois. Et cela est injuste, et dangereux. Les peuples ont donc le devoir d’organiser la sédition pour réclamer que soient entendues -et écoutées -leurs revendications.

Parmi les actions de résistance possibles (et que j’avais énumérées ici) aucune ne semble satisfaisante, à part une seule : le bankrun.

Cette option est sans doute la plus radicale mais aussi la plus efficace : elle créerait un chaos financier sans précédent, et aurait bien sûr des conséquences mondiales. Mais à force de ne pas agir, nous devenons aussi coupables que les dirigeants que nous critiquons par ailleurs : nous sommes de plus en plus nombreux à « savoir » ce qui se passe et nous ne faisons rien. Alors qu’en touchant à l’argent, celui qui existe et que nous transpirons chaque jour au travail, nous avons l’occasion (il est à nous !), à chaque instant, de reprendre la main face aux gouvernants et aux financiers, car ils ont beaucoup plus à perdre que nous. Et pas besoin de fédérer tous les pays en même temps : un seul pays comme la France est en capacité de montrer au monde entier à quel point le système est scandaleusement fragile.

Et puis il y a autre chose aussi : avec un bankrun, ceux qui le peuvent retirent leur argent, et tous les petits porteurs sont garantis par l’Etat en cas de faillite des banques. Pour ceux qui n’ont pas d’argent, ou qui n’ont que des dettes envers leurs banquier, ou qui sont en rouge tout le temps, ils n’ont pas non plus à s’inquiéter de la faillite des banques : soit ils ne devraient alors plus rien, soit leurs dettes seront revendues à l’Etat après nationalisation des banques en faillite. Les seuls qui perdront tout seront les financiers, et ceux qui vivent sur notre dos.

En plus, une telle action peut très bien ne pas se produire, sachant qu’il suffirait que la rumeur du bankrun s’étende suffisamment loin et soit suffisamment crédible pour faire plier tous les banquiers et les gouvernants du monde, car leur plus grande peur est qu’on s’aperçoive que « le roi est nu », et que tout leur argent n’existe pas. Il suffirait que seuls les pauvres, même ceux qui sont toujours dans le rouge, menacent de retirer tout ce qui se trouve sur leur compte pour que les moins riches y aillent aussi. C’est quasiment imparable.

La seule chose que nous ne savons pas, c’est ce qui se passera si les banques et les gouvernements n’écoutent pas le peuple. Mais cela n’arrivera pas, si toutefois nous sommes assez nombreux et motivés pour diffuser ce message, le relayer, et participer à faire grossir la rumeur… De toutes les manières nous n’avons plus le choix, car vous devez savoir que des projets concernant le plafond des retraits d’argent sont à l’étude en ce moment, justement pour éviter cela.

Pourtant, nos exigences sont on ne peut plus démocratiques, car elles consistent à demander la mise en place effective du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) pourtant prévu par la LOI, sur deux points essentiels : un audit citoyen de la dette pour refuser l’austérité, ainsi qu’un référendum sur la mise en place d’une assemblée constituante pour refonder nos institutions.

Pour la date, il faut en choisir une qui fasse sens, pas trop éloignée dans le temps et symboliquement forte. Je vous propose donc le 21 décembre 2012 : puisqu’il y aura de toutes les manières tout un « tintamarre » médiatique en ce jour de « fin du monde », pourquoi ne pas profiter pour faire également de ce jour le début d’un autre monde, celui ou le peuple cesserait de se faire berner et asservir sans réagir ?

Je vous propose donc une nouvelle tentative de lancement de cette initiative en répondant massivement au sondage suivant : « Bankrun du 21/12/2012 : serez-vous présent pour le nouveau monde ? », que vous trouverez à l’adresse suivante : http://calebirri.unblog.fr

Ne laissez-pas ce qui pourrait être notre dernière chance s’envoler, et préparez-vous à agir : nous en avons le devoir impérieux.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans La voie des peuples, révolution?, un nouveau système | 4 Commentaires »

12345...18
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...