Le revenu universel non, mais le salaire à vie ?

Posté par calebirri le 10 février 2017

Il y a seulement quelques années j’aurais rêvé que soit discutée publiquement l’hypothèse du revenu de base. Et puis c’est arrivé… malheureusement ?

C’est que cette idée, qui a pu un temps apparaître comme autenthiquement « de gauche », a vite été dénoncée par tous ceux qui se sont quelque peu penchés sur le sujet ; à tel point qu’aujourd’hui on l’appelle revenu universel pour « gommer » le terme « de base » qui signifiait trop bien ce qu’il était : la roue de secours du capitalisme. J’utilise ici les termes de Bernard Friot car en définitive pendant qu’on parle du revenu universel, on ne parle pas du salaire à vie.

Désormais -et que l’on soit de droite ou de gauche- on veut ou on ne veut pas le revenu universel pour de mauvaises raisons : ceux qui le désirent croient pouvoir économiser sur le RSA et les diverses allocations, licencier un paquet de gars dans l’administration, et faire baisser les salaires après avoir expliqué que le salaire minimum est devenu obsolète avec le revenu de base : Le smic sera de fait abaissé au niveau du revenu de base.

Tandis que ceux qui le craignent croient que le fait de recevoir de l’argent tous les mois sans contrepartie va inciter les gens à ne rien faire, tout en faisant augmenter l’immigration.

Il y a cependant un point positif à tout ce débat, et non négligeable : il semble que soient de plus en plus nombreux ceux qui ont compris que notre civilisation se dirigeait inévitablement vers la fin du travail, et qu’il fallait réfléchir sérieusement à des alternatives pour continuer de faire fonctionner la société.

Le plus grand problème réside dans l’amalgame qui est fait entre le revenu universel et le salaire à vie. Car une fois qu’on aura abandonné ou accepté le revenu universel (pour de mauvaises raisons dans un sens comme dans l’autre), on oubliera le salaire à vie, de la même manière qu’on a oublié le communisme véritable alors qu’il n’a jamais été mis en place nulle part. Au lieu de prendre le temps de se coltiner avec une théorie complète mais plus difficile d’accès comme l’est celle proposée par Bernard Friot, on jette aux « révolutionnaires » pressés un erzatz de socialisme dont les plus grands bénéficiaires ne seront pas ceux que l’on croit. Ce manque de lucidité et de courage pousse les pisse-froid à se contenter d’une mesure qui, volontairement incomplète dans les propositions des réformateurs, sera contre productive.

Or il n’est pas possible de rejeter les thèses de Friot d’un revers de la main en disant « ce n’est pas possible » ou c’est « le retour des soviétiques ». Nous ne pouvons pas nous contenter de reculer le moment où nous y réfléchirons, car en attendant le monde poursuit sa course vers le chaos. On aura beau taxer les robots pour reculer l’échéance, les robots finiront bien par l’emporter. Soit on veut que les choses changent et il nous faut réfléchir, prévoir et anticiper ce changement, soit on décide de ne pas changer mais il faut alors se résigner à accepter nos politiques et leurs débats stériles avec des déplacements du curseur idéologique (avec d’un côté un peu plus de social et de l’autre un peu plus d’économique), en espérant que les choses ne tournent pas trop mal en attendant des lendemains qui chantent.

D’ailleurs, l’échec de toutes les révolutions ne provient-il pas du manque de préparation de celles-ci ? Lorsque la colère ou la faim pousse les hommes à se révolter contre un gouvernement en place, ce n’est pas parce qu’ils croient en un monde meilleur auquel ils auraient adhéré mais parce qu’ils ne peuvent pas en supporter de pire. Si les révolutionnaires savaient ce qu’ils veulent instaurer ils ne se laisseraient pas chaque fois voler leurs révolutions par tous les dictateurs en embuscade ; la loi du plus fort est toujours celle qui occupe le vide laissé par un système effondré.

C’est bien pour cette raison qu’il faut prendre le temps d’étudier les thèses de Friot. Je ne défends pas Friot contre les autres, et je ne suis pas l’adepte d’un gourou. Je ne sais pas si sa théorie est la meilleure ni si elle fonctionne, mais seulement que sa pensée est proprement révolutionnaire. Elle est juste tellement loin de ce qu’on a l’habitude de voir qu’il faut du temps et de la connaissance pour y accéder. Souvent on se dit qu’en attendant le salaire à vie on fera déjà pas trop mal avec le revenu de base. En passant à côté du salaire à vie.

Je voudrais qu’on ne se pose pas la question du lendemain mais celle du surlendemain ; après Trump et tous les autres tarés qui arrivent. Je voudrais que des gens compétents et honnêtes s’emparent du sujet pour nous dire comment ça se passerait dans un tel monde… C’est qu’il y a quelques points de sa démonstration qui restent à préciser, et pas des moindres : nous n’avons pas actuellement de réponse sur la manière dont se comporteraient les prix à l’intérieur du pays qui mettrait en place un tel système, ni comment les relations commerciales et financières seraient gérées suite à une telle transformation.

Il y a aussi la question épineuse des métiers pénibles et de l’oisiveté, ainsi que celle concernant la mise en place effective d’un tel système (à savoir quelles institutions pour faire la transition entre le mode de production capitaliste actuel et le nouveau système Friot). Et que faisons nous du patrimoine détenu par les étangers et même les nationaux, comment se clarifie la propriété et tout un tas de « détails » comme ceux-ci.

Que cela donnerait-il dans la mondialisation, au niveau de l’environnement, du travail de la recherche ou du logement, quelles seraient les conséquences économiques, diplomatiques d’une telle révolution ?

Que des spécialistes économistes, sociologues, philospohes ou d’autres réfléchissent à la manière de mettre en place les conditions du changement de système en cohérence non pas avec le stalinisme redouté par certains mais avec la démocratie dont rêvent la plupart d’entre nous.

Nous avons pour cela de nombreux outils qui mis ensemble pourraient servir à penser tous ensemble ce changement. Pendant qu’ils s’écharpent sur le revenu universel et autres fadaises, nous avons l’opportunité de réaliser les conditions nécessaires à une révolution imparable : le jour où nous saurons pour quoi nous nous battons, la révolution ne sera même plus nécessaire.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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De l’Assemblée Constituante à la gratuité… en passant par le salaire à vie ?

Posté par calebirri le 9 avril 2014

Puisque le chaos viendra, un nouvel équilibre naîtra de ce chaos. Et il n’y a pas trente-six solutions, mais seulement trois : la première c’est « 1984″ de George Orwell, la deuxième « le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley (voir ici), la troisième se nomme… démocratie.

La première ne nécessite pas d’utilisation de la monnaie ; la deuxième s’en satisfait ; la troisième se doit de ne pas l’utiliser. C’est devenu pour moi une évidence : la démocratie ne peut être que gratuité.

Car s’il y a bien une chose que les événements actuels nous apprend, c’est que la démocratie est tout simplement incompatible avec le capitalisme -et cela quelle que soit la définition qu’on donne du capitalisme : à partir du moment où le capitalisme nécessite l’utilisation de la monnaie, celle-ci est condamnée à devenir le référent universel de tous les échanges, avec les conséquences que cela implique politiquement, socialement, etc,… ce qui me fait dire qu’un système réellement démocratique doit nécessairement savoir s’en passer. Et c’est ainsi qu’intervient le « gros mot » de la « gratuité ». Car si le capitalisme est bien le problème, la suppression pure et simple de la monnaie doit en être la solution.

En considérant que le capitalisme montre aujourd’hui clairement ses limites en tant que mode de gouvernement servant l’intérêt général, il faut bien soit accepter les injustices qui le caractérisent et tenter d’y trouver son profit, soit le remplacer par un autre que nous n’avons encore jamais tenté. Qu’on ne me parle ni de Thomas more ni des phalanstères du 19ème siècle -ces utopies sont totalement déconnectées du monde présent ; et encore moins du communisme russe ou chinois qui ne sont que des dictatures capitalistes (puisqu’elles utilisent la monnaie).

ET c’est bien là que commencent les ennuis : car à bien y réfléchir, aucun système prenant en compte les données « actuelles » du monde d’aujourd’hui n’a été théorisé à travers le concept « ultime » de gratuité (ni donc de réelle démocratie) en opposition à celui du capitalisme.

C’est que la tâche n’est pas aisée. Car même en admettant qu’une telle théorie existe (après tout, il n’est sans doute pas plus aisé de théoriser un capitalisme moral qu’une démocratie gratuite), il ne fait aucun doute qu’elle n’a dans le système actuel à peu près aucune chance d’être popularisée massivement : le monde entier vit et pense selon les règles imposées par le système dominant.

J’ai déjà à de nombreuses reprises évoqué mon désir de voir s’entamer une réflexion sérieuse et collective sur le « post-capitalisme », et le chaos qui vient aura certainement lieu avant que nous ayons eu le temps de nous y atteler ; mais cela ne doit pas nous empêcher de vouloir dès maintenant envisager le processus qui pourrait conduire une telle transition systémique (plutôt que de s’échiner à « calculer » le prix de la sortie de l’euro), processus qui peut tout-à-fait s’enclencher parallèlement à la mise en place de cette réflexion (j’ai un projet pour cela !)

Et cette transition, je crois l’avoir peut-être trouvée : c’est le « salaire à vie » défendu par Bernard Friot, qui est un concept quelque peu différent de celui du « revenu de base » ou « revenu universel » soutenus par d’autres (pour en savoir plus regarder la vidéo). Le salaire à vie se différencie du revenu de base non pas tant dans son fonctionnement que par la philosophie qui l’anime : il nécessite un changement de paradigme dont les problématiques sont assez proches de celles posées par la mise en place de la gratuité, à savoir qu’il renverse complètement la manière de concevoir la société. A travers la redéfinition de l’emploi et du travail, du salaire et du revenu, de la croissance ou de la propriété des entreprises, ainsi que les conséquences de cette redéfinition sur l’obsolescence programmée, la production, l’écologie,l’industrie du luxe, l’utilité, le désir, le besoin… Il faut voir que, comme le dit si bien monsieur Friot, ce n’est pas monsieur Mittal qui fait vivre 20 000 personnes, ce sont 20 000 personnes qui font vivre monsieur Mittal. Voilà qui résume bien la nécessité de la lutte contre le capitalisme.

Mais l’instauration d’un « salaire à vie » nécessite -comme pour la gratuité- la résolution préalable d’un certain nombre de questions comme le rôle de l’Etat, la motivation des individus, les relations internationales, questions qui retournent à la définition institutionnelle des concepts évoqués plus haut. C’est-à-dire à la redéfinition de la Constitution, afin qu’elle permette l’instauration dans les textes institutionnels des conditions de réalisation du salaire à vie.

Et ce n’est donc qu’à travers la mise en place d’une Assemblée Constituante que sera rendue possible la révolution qui conduira au salaire à vie, sans rupture et sans violence, pour dans un second temps aboutir à la gratuité.

Car le salaire à vie, s’il venait à se généraliser, conduirait rapidement à l’obsolescence de l’argent. Il n’est pas une fin en soi mais le début d’une évolution vers la gratuité. Il ne doit pas se concevoir comme un encadrement du capitalisme mais comme un étape vers la destruction du capitalisme.

Et je crois que c’est dans cette direction qu’il faut creuser : il n’y aura pas de démocratie tant que le capitalisme perdure.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
Pour aller plus loin, voir aussi : Le salaire à vie contre le revenu de base

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Ils sont où les indignés ?

Posté par calebirri le 15 mai 2013

En Espagne, les « indignados » se sont réunis il y a peu pour « fêter » (ou commémorer c’est selon) les 2 ans de ce mouvement ; avec paraît-il quelque peine à rassembler : c’est que ce mouvement semble s’être dissout dans la crise, et avec lui l’espoir qu’il portait.

Les indignés comme en Grèce, en France ou ailleurs nous disent avoir fait évoluer le mouvement de manière plus locale, plus concrète ou que sais-je encore, comme pour s’excuser de ne plus rassembler les foules. Mais la réalité est sans doute bien plus dure : les indignés sont tous simplement rentrés chez eux.

C’est que la loi capitaliste s’applique même en temps de crise : tant qu’on peut donner on donne, et quand on ne peut plus cela devient chacun pour soi. Pris que nous sommes dans le tourbillon de cette crise qui s’aggrave de jour en jour, les hommes ont tendance à se diviser en petits groupes, puis à s’isoler dans une sorte de repli sur soi et les siens, comme s’ils étaient ainsi mieux protégés des « dangers » extérieurs.

Diviser pour mieux régner, voilà une règle qu’ont appris sur le tard ces indignés incapables de se donner des objectifs communs et une ligne directrice… une règle que connaissent bien nos gouvernants : opposer le public et le privé, les jeunes et les vieux, les étrangers et les nationaux, c’est énerver les liens sociaux et diviser le peuple, lui retirer l’espoir et le contraindre à l’abandon de la lutte. Et en voulant éviter la « politisation » de leur mouvement, en refusant de se choisir des « chefs » ou même de rechercher une méthode de construction d’un discours commun, le caractère hautement démocratique de ce mouvement s’est englué dans ce qui se trouve être le principal défaut de la « vraie » démocratie : l’immobilisme, l’absence de cap, le manque de cohésion, et à terme la division, le foutoir, la débandade ; ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle ne soit pas à rechercher…

Deux ans ! Il s’est passé deux ans pour qu’un mouvement qui frôlait l’internationalisme s’effrite et périclite partout dans le monde. Sans doute un peu faute d’expérience face aux experts de la manipulation des esprits qui nous gouvernent et qui ont poussé au « pourrissement » du mouvement, mais aussi et surtout faute d’avoir su donner corps à sa réflexion. Pourtant, c’est un espoir formidable qu’avaient entretenu ces mouvements, du printemps arabe jusqu’au printemps érable, et des millions de citoyens croyaient alors qu’il allait enfin « se passer quelque chose », que les indignés allaient « changer les monde »… Et puis le temps a passé, le travail de sape des forces de l’ordre, la lassitude des indignés comme celle des téléspectateurs avides de nouveauté, tant et si bien que chacun est rentré chez soi pour tenter de continuer à vivre plus ou moins correctement.

Depuis le mouvement continue ici ou là, avec quelques réflexions intéressantes, quelques alliances plus ou moins politisées, et surtout beaucoup d’initiatives locales plus pragmatiques mais bien éloignées de la révolution des esprits tant attendue… et puis la crise continue : il faut bien vivre ! Le capitalisme est le plus fort, il détruit jusqu’à la solidarité.

Et on le sent partout, jusque sur internet. Les sites « alternatifs » ferment les uns après les autres, « l’aquoibonnite » (à quoi bon continuer) étant sans doute la première cause de ces « décès ». Face à la vanité des actions et réflexions menées pour « éclairer » ou rassembler sans même l’espoir d’aboutir à un début de commencement de solution (nous savons tous pourquoi ça va mal mais personne ne sait comment faire pour que ça aille mieux), nombreux sont ceux qui jettent l’éponge…

la solidarité, et même l’espoir, s’effacent devant la réalité… on en vient à croire aux vertus de la décroissance en prévoyant de saboter nous-mêmes les conditions de confort dont nos fameux gouvernants veulent déjà nous priver…comment faire pour les réanimer ? Comment non pas faire comprendre mais faire « sentir » à tous les indignés qui s’ignorent qu’au lieu de nous renfermer pour se protéger nous devrions nous ouvrir pour résister ensemble ? Et surtout ne rien lâcher sur nos conditions de vie : le véritable socialiste n’est pas le misérabiliste qui souhaite la fin des « ferrari » mais bien celui qui veut le meilleur pour tous. Ce ne sont pas les conditions de vie des « riches » qui doivent s’abaisser au niveau de celles des « pauvres » mais celles des pauvres qui doivent s’élever au niveau de celles des riches. Il ne doit pas y avoir que le capitalisme qui désire le progrès (car ce n’est que lorsque nous pourrons « tout » avoir que nous n’en aurons plus besoin).

Que nous manque-t-il pour alors pour reprendre courage ?

Je vous soumets ici une proposition de méthode qui vaut ce qu’elle vaut :

-Tout d’abord il faut un site commun, et internationaliste
-ensuite et par l’intermédiaire de ce site (avec twitter et page facebook), organiser une grande manifestation internationale dans les capitales concernées, à l’issue de laquelle seront tirées au sort -et parmi les volontaires – deux portes-parole pour chaque ville (un délégué et un suppléant), censés servir de lien entre tous les pays.
-sera alors organisée une « rencontre » entre tous ces « portes-parole » (internet le permet aisément) afin d’y discuter des statuts (comment il fonctionne, avec une sorte de « charte » à la clé), statuts qui seront portés aux votes de ceux qui le désirent (toujours via le site internet)
-il faudra aussi déterminer des objectifs communs après un travail de réflexion et de débats, puis les faire voter au plus grand nombre, qui pourront alors être considérés comme « militants »
-et enfin créer des antennes locales susceptibles de devenir des relais d’action et de réflexion en même temps que d’émettre des propositions ou des projets.

A vos agendas donc, il ne reste qu’à poser les dates (ou presque !)…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Assemblée Constituante : peut-on mettre tout le monde d’accord ?

Posté par calebirri le 22 avril 2013

La marche du 5 mai pour la Constituante approche, mais les réponses elles n’arrivent toujours pas : malgré tous mes efforts pour en obtenir, personne ne semble en mesure de dire aujourd’hui comment cette Assemblée Constituante fonctionnera, ni qui la formera.

Comment rassembler le peuple dans ces conditions ?

Les seuls points abordés par le programme du Front de Gauche sont l’élection de l’Assemblée Constituante à la proportionnelle intégrale sans seuil (et avec parité), mais sans savoir ni combien de personnes seront élues, par liste ou par nom, et autres questions du même genre qui restent sans réponse ; ainsi que la validation de la nouvelle Constitution au terme des travaux de cette dernière par référendum (mais dans quelles conditions, là aussi silence total). Presque comme en Tunisie, dont on connaît aujourd’hui l’échec. Pour le reste, c’est déjà anticiper sur ce qui devra se trouver dans la future Constitution ; et ça ce n’est pas le boulot des politiques ni des organisateurs de l’Assemblée Constituante mais bien celui des Constituants eux-mêmes : il serait malsain d’interférer sur leurs travaux.

Cela étant dit, il n’y a pas que le Front de Gauche qui milite pour la création d’une Assemblée Constituante. De nombreuses initiatives existent aujourd’hui ici et là, mais force est de constater que le rassemblement entre toutes celles-ci ne se fait pas : soit elles ne se connaissent pas, soit elles ne désirent pas travailler ensemble.

Pourquoi ?

C’est que le sujet de l’Assemblée Constituante suscite immédiatement ‘une polémique qui semble insoluble, sur la méthode à employer pour la mettre en place : il y a d’une part les partisans de l’élection des membres de l’Assemblée Constituante (http://www.pouruneconstituante.fr/), et d’une autre ceux du tirage au sort de ses membres (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/). Et entre ces deux visions aucun accord possible car cette question est essentielle au bon fonctionnement de la future Assemblée. De plus, cette question focalise toutes les attentions et ne permet pas d’avancer sur les autres questions, qui appellent pourtant elles-aussi des réponses claires.

Avec le forum « http://pouruneconstituante.forumgratuit.fr » et son questionnaire, j’ai voulu laisser le soin aux citoyens d’en décider, pour peu qu’ils prennent en main cette question : puisque les soutiens de l’une ou de l’autre de ces deux options ne parviennent pas à s’entendre, le peuple peut les aider à en décider pour eux. Car je crois que ce n’est qu’une fois cette question résolue que l’union pourra se faire et que nous pourrons enfin aborder les autres questions, plus sereinement… Et pourquoi pas par l’intermédiaire d’un référendum d’initiative citoyenne).

Mais à bien y réfléchir (et puisqu’on ne se précipite pas sur le forum !) il y aurait bien une autre solution pour trancher et trouver -pourquoi pas- un consensus, que je vous expose ici : admettons une Assemblée Constituante composée de 100 personnes (le chiffre c’est pour faire simple) : 50 sont élues (il faudra tout de même déterminer comment et par qui), et les autres 50 sont tirées au sort (il faudra tout de même déterminer comment et par qui). Ainsi, ceux qui ont peur de « l’amateurisme » des tirés au sort sont rassurés par le « professionnalisme » des élus, et réciproquement. Si les différents partisans de l’une ou de l’autre solution parvenaient à se mettre d’accord sur ce principe, alors nous pourrions enfin avancer ensemble sur le sujet, et passer à la suite.
Cette option pourrait être considérée comme une troisième voie acceptable, et peut-être permettre de « renvoyer » chacun à préparer des propositions concrètes sur « ses » 50%. Ensuite, nous pourrions alors tous marcher ensemble le 5 mai, que ce soit au nom de tel ou tel autre « parti », « mouvement » ou « association », tous sous la même bannière constituante. Et passer enfin au concret.

Car pour que l’idée même d’Assemblée Constituante se popularise et prenne de la consistance, il faut réunir ses partisans au delà de la seule question du tirage au sort ou de l’élection. Nous devons travailler ensemble pour offrir les meilleurs conditions possibles de sa mise en place, et nous mettre enfin au travail.

Je propose donc ici d’organiser, avec tous ceux qui militent pour la mise en place d’une Assemblée Constituante, une sorte de « réunion », de « conférence » ou de « table ronde », peu importe comme on voudra l’appeler, pour se mettre enfin d’accord non pas sur tout, mais au moins sur les moyens de régler les désaccords existants, en travaillant sur la méthode avant que de parler de la Constitution elle-même ce qui- je le répète- est de la compétence des Constituants.

J’invite également tous les internautes qui le souhaitent à me faire parvenir le nom et le lien des sites qui font la promotion de l’Assemblée Constituante afin de faire un état des lieux de la popularité de cette grande idée, en m’envoyant un mail à l’adresse calebirri[at]hotmail.fr, et en précisant si possible si ces derniers sont « pour l’élection » ou « pour le tirage au sort » des membres de l’Assemblée Constituante.

Enfin je lance sur mon blog un (nième) sondage afin de « tester » l’hypothèse d’une Assemblée Constituante à la fois élue et tirée au sort. N’hésitez pas…

Si nous voulons que les choses bougent, bougeons !

Caleb Irri
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A qui appartient votre argent ?

Posté par calebirri le 22 mars 2013

A Chypre, le peuple s’est sans doute réjoui un peu trop vite du refus de son parlement d’accepter la taxe sur les dépôts bancaires pourtant exigée par la Troïka. Car en définitive le capitalisme impose qu‘il faudra bien un jour que quelqu’un paye, et les riches en sont bien incapables

Les récents développements du « cas chypriote », avec la renégociation de l’accord qu’on croyait scellé, tendent à montrer que la situation est plus complexe qu’il n’y paraît : coincé entre les apparences de la démocratie qu’il faut respecter et les exigences capitalistes (qui il faut sans cesse le répéter sont incompatibles), faire tomber le « tabou » de la garantie bancaire est un risque difficile à maîtriser.

C’est que le coup n’est pas si aisé, car le nombre des options s’amenuise à mesure que la situation empire : que peuvent faire nos bons gouvernants pour éviter, ou même seulement retarder, un crash du système capitaliste tout entier (qui sera précédé d’un krach, pour les pointilleux d’orthographe) ?

-S’ils laissent tomber les banques cypriotes, Chypre court à la faillite et l’Europe risque l’effondrement en cascade, sans compter les délicates explications avec la Russie et l’Allemagne.

-S’ils sauvent les banques ils ruinent les peuples (ce qui ne leur pose aucun problème moral), avec le risque d’une crise sociale majeure pouvant déboucher sur une panique généralisée, un bankrun qui mettrait tout l’échafaudage financier par terre, briserait le capitalisme dans le monde entier.

-S’ils sortent Chypre de l’Europe alors l’Europe aura signé son arrêt de mort, en même temps que la fin de sa relative bonne santé économique et sociale (et oui, qui remboursera les dettes des pays qui quitteront l’Europe ?) ; chaque pays prendra alors la véritable place qui lui est due selon sa « valeur » dans le monde, et le niveau de vie qui va avec.

De tous côtés donc le danger guette, et depuis maintenant plus d’une semaine le gouvernement chypriote joue la montre avec la Troïka, un peu à la manière dont la Grèce avait promis le référendum (voir poker)… Laissant le temps aux riches d’organiser le transfert de leurs avoirs dans des contrées moins hostiles pour le jour où les banques rouvriront (ce qui a déjà commencé selon certains), tandis que les pauvres sont quant à eux contraints de se battre aux guichets pour récupérer les quelques malheureux billets qui voudront bien sortir encore de leurs distributeurs.

Et c’est bien cela qui est le plus scandaleux : que les dépôts bancaires soient taxés ou pas, à vrai dire cela ne change pas grand chose car in fine ce sont toujours les pauvres qui trinquent… Mais qu’on empêche concrètement les gens de retirer librement l’argent qui est censé leur appartenir, c’est là une étape sans précédent qui vient d’être franchie. En faisant tomber le « tabou » sur la garantie des dépôts bancaires, la Troïka montre au monde et aux peuples que non seulement tout l’argent qui se trouve dans les banques ne leur appartient pas, mais surtout que tout est déjà prêt pour éviter la seule réponse possible à la séquestration de son argent : le bankrun. Ne pouvant se permettre de réaliser les deux autres solutions citées plus haut, on s’aperçoit que seule la taxation de l’épargne populaire serait pour les dirigeants européens un moyen efficace d’éviter la faillite généralisée ; tandis qu’un bankrun (lui aussi généralisé) serait pour le peuple un moyen d’éviter l’appauvrissement (toujours) généralisé.

En même temps, il faut comprendre nos dirigeants : de quoi auraient-ils l’air s’ils avouaient que tout l’argent qui circule sur cette planète n’existait tout simplement pas ? Car c’est bien à cela que sert un bankrun : il ne satisfait personne, car tous s’aperçoivent en même temps que tout l’argent qu’ils croyaient posséder n’existe pas dans la réalité

C’est donc bien que l’Europe est à bout de souffle, et que les vrais ennuis vont bientôt commencer : en se préparant à spolier les citoyens à la source -leur épargne- l’Europe s’apprête à montrer son vrai visage. Et le bankrun ne se produira pas, car l’accès aux comptes et aux retraits d’argent liquide seront limités, suspendus ou interdits, privant ainsi les citoyens non seulement des besoins de la vie quotidienne, mais également d’un moyen de pression bien plus efficace que leur malheureux bulletin de vote : l’argent. Mais si cet argent qu’on nous oblige à gagner pour survivre ne nous appartient pas, les denrées ou objets qu’il nous permettent d’acquérir nous appartiennent-ils vraiment ?

Et surtout, que nous restera-t-il alors ?

Caleb Irri
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Unifier la contestation

Posté par calebirri le 13 mars 2013

Il faut se rendre à l’évidence : le monde est en train de vivre une de ces périodes « charnières » dont ressortira inévitablement « quelque chose » comme ce « nouvel ordre mondial » dont j’ai déjà évoqué l’hypothèse il y a peu. Contrairement à ce qu’on serait tenté d’imaginer à la vue des événements calamiteux qui se produisent un peu partout dans ce monde, il faut se préparer non pas à des conflits majeurs entre deux civilisations (qui ne sont en réalité qu’une seule et même civilisation, celle des humains), mais bien plutôt entre deux classes sociales : les riches contre les pauvres (la « classe moyenne » étant la victime « consentante » qui se croit dans le camp des riches mais qui appartient à celui des -futurs- pauvres).

Face à ce constat, une contestation se met peu à peu en place qui trouble le jeu politique, en même temps qu’elle est elle-même troublée par ce jeu : il y a ceux qui veulent « sauver le système », et ceux qui en veulent un autre. Il y a ceux qui veulent sortir de l’Europe et ceux qui veulent y rester, ceux qui veulent prendre aux riches et ceux qui ne veulent pas, ceux qui veulent plus de protectionnisme et ceux qui veulent plus de mondialisation, plus d’Etat ou plus de dérégulation, la décroissance ou l’économie verte… Comment les citoyens pourraient-ils s’y retrouver ? Les contestataires peuvent être un peu de tout cela à la fois, et il existe presque autant de combinaisons qu’il existe de citoyens… Enfin presque. Car au delà de ces considérations, il y a une chose qui relie toutes les contestations : cette sorte « d’indignation » dont parlait Stéphane Hessel, comme un sentiment confus que les choses ne tournent pas comme elles le devraient, et qu’on pourrait certainement faire « autrement » pour améliorer le sort de nos frères humains… pour peu qu’on se rassemble.

Et c’est bien là que se situe le véritable problème : la contestation existe donc bel et bien, sauf qu’elle est à la fois si diffuse et si confuse qu’il est impossible de s’y retrouver. Nulle part n’existe un lieu capable de canaliser, de rapprocher, de présenter ou même de recenser les alternatives qui nous permettraient de lutter efficacement contre la politique menée actuellement ; laissant la place à une propagande grossière mais efficace qui sature les esprits par son unicité et sa force de frappe (ce qu’on appelle communément « la pensée unique »), et dont le but est de nous faire se tromper d’ennemi.

Pourtant nous avons tout ce qu’il nous faut : nous sommes les plus nombreux, nous avons tous les outils nécessaires , nous avons encore la liberté de le faire (pour l’instant !), et le cerveau collectif existe déjà virtuellement, car toutes les composantes de sa réalisation sont là, disséminées ici et ailleurs par delà les religions, les pays, la couleur de peau ou la culture.

Il ne nous manque donc qu’une seule chose, nous rassembler. Communiquer, partager nos volontés, débattre de nos idées, nous connaître, confronter nos projets, apprendre à nous faire confiance, enfin dépasser les barrières et les obstacles qu’on nous oppose pour avancer ensemble, enfin unis vers un même objectif…

Se rassembler, c’est bien, diront les habitués de ce genre d’appels, mais comment, et pour quoi faire ? Tous les outils sont là, mais ils sont limités et ne parviennent pas à établir la « plateforme de convergence » des luttes en un même lieu, ou pas suffisamment en tous cas : car si de nombreux « petits » groupes existent bien sur la toile, que des rapprochements sont parfois constatés, cette immense toile qu’est internet forme un réseau inextricable où l’on trouve tout ce que l’on veut…. une fois seulement qu’on sait ce que l’on cherche.

Mais qui peut se targuer de connaître l’éventail des initiatives et des projets qui fleurissent pourtant par milliers ? Qui peut faire le tri entre une « bonne » et une « mauvaise initiative, laquelle lui correspond et où les trouver, et comment les chercher ? N’y a-t-il pas des rapprochements, des « alliances » qui puissent se faire entre certains de ceux-ci ?

Il nous manque un « annuaire », une sorte de « botin » dans lequel on pourrait chercher, et trouver, les autres sites en rapport avec ceux qu’on aime déjà… mais qui fonctionne « à côté » des réseaux sociaux habituels : pas d’instantanéité ni d’éphémère, mais des éléments de réflexion permettant d’associer tous les projets entre eux, de visualiser toutes les initiatives en cours, afin de rassembler et de canaliser les énergies et connaître enfin l’état des forces de la contestation.

Avec quelques amis nous sommes actuellement en train de mettre en place un site qui permettra de faire tout cela (et même un peu plus), mais comme à chaque fois dans ce cas il faut que la participation des citoyens soit au rendez-vous : je vous propose donc de me faire parvenir, à travers le « formulaire » suivant (https://docs.google.com/forms/d/17874Z2sO9fUvGDQyDVw-jAjJoAnCxLOIfmNrqxBb1bQ/viewform?pli=1), les initiatives que vous proposez ou soutenez, afin que le site démarre avec suffisamment de matière pour être attractif.

Car le moment est venu de s’atteler à prendre en main ce que nous avons trop longtemps laissé à des incapables ou à des menteurs, et de commencer enfin à poser les bases de ce que pourrait être cette « démocratie mondiale » que ses partisans devront tôt ou tard opposer à la « dictature mondiale » imposée par les puissants de ce monde.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, medias, politique?, révolution?, un nouveau système | 4 Commentaires »

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