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Peuples du monde, relevez-vous !

Posté par calebirri le 23 septembre 2011

Nous vivons vraiment une époque incroyable : non contents d’avoir réussi à faire s’effondrer un système qui ne tenait plus qu’à un fil, nos gouvernants tentent aujourd’hui d’en reconstruire un autre encore plus injuste, et cela sous le regard ébahi de tous les peuples du monde, trop abasourdis par les catastrophes qui se déversent en cascades sur toutes nos certitudes conditionnées pour savoir comment réagir.

 

On le voit bien, on le sent bien, le monde que nous avons connu est en train de se transformer à une vitesse incroyable, et les décisions qui seront prises à l’occasion des évènements que nous traversons actuellement détermineront pour longtemps les conditions d’existence des futures générations. Car à travers cette crise c’est bien plus que l’avenir des banques ou celui des Etats qui sont en jeu, et même bien plus que les intérêts des seuls pays riches : c’est le système tout entier qui se trouve remis en cause, l’Histoire de l’humanité toute entière qui sera bouleversée ; c’est-à-dire toutes nos certitudes, tous nos espoirs, toute notre histoire, personnelle et collective qu’il nous faudra remettre en question. Comme je l’évoquais il y a peu, nous sommes en train de nous apercevoir non seulement que nous avons fait fausse route jusqu’à maintenant, mais qu’en plus on nous a délibérément trompés, et que nous avons été les victimes consentantes d’une sorte de mystification collective

 

Tous ceux qui ont bien appris leur leçon, bien écouté ce que les aînés racontaient, qui ont suivi les règles, accepté les limites, tous ceux qui se sont soumis à un système qu’ils croyaient juste et à une idéologie qu’ils croyaient sans faille sont en train de se rendre compte qu’en réalité ils ont été les dindons de la farce : on leur avait promis qu’ils trouveraient du travail, que leurs sacrifices pour acquérir une maison, suivre leurs études, enfin pour « réussir » leur vie « honnêtement » et par leur travail, mais on leur apporte la crise : une crise qui met en lumière les horreurs d’une mondialisation injuste et mortifère à laquelle ils participaient jusqu’à maintenant « sans le savoir », et qu’on voudrait bien les voir maintenant assumer « en le sachant ». Une crise arrivée comme par hasard, imprévue et soi-disant imprévisible, alors même que tous les opposants critiqués, moqués et ridiculisés pour leur pessimisme persistant la redoutaient bien avant qu’elle ne survienne.

 

Nous nous sommes  faits rouler dans la farine, et nous restons là plantés comme pétrifiés, tels des chats domestiques engraissés par des maîtres inconscients, incapables une fois asservis de se nourrir ou de se défendre seuls. Hébétés devant notre télévision, nous attendons encore qu’on vienne nous vendre une solution « clés en main ». Nous attendons bien sagement de savoir ce que nos dirigeants décideront pour nous, tandis que nos dirigeants réfléchissent, eux, à la meilleure manière de conserver le « statut international » de la nation dont ils ont la charge sans perdre leur pouvoir.

 

Car s’il est bien une certitude dans toute cette histoire, c’est que dans les deux options envisagées pour résoudre la crise, le coût du sauvetage des banques comme de celui des Etats sera pour l’essentiel supporté par le peuple. Il apparaît tout de même assez clairement, aux vues des évènements récents, que ni les riches ni les puissants ne songent à faire d’autres sacrifices que symboliques, et que ces deux forces se sont mises d’accord au moins sur une chose, c’est que le peuple paiera.  Peu importe que l’on sauve les banques pour sauver les Etats ou que l’on sauve les Etats sans sauver les banques, à la fin la facture retombera toujours sur les pauvres.

 

Et si le peuple paiera, c’est parce qu’il n’est pas une force assez puissante pour être considérée comme un acteur de poids dans la négociation. Le peuple n’est qu’un facteur à « maîtriser », et non pas le souverain qui règne. Ceux qui règnent, ce sont ceux qui imposent leurs choix. Et les preuves de ce mépris vis à vis du peuple, de ce manque de considération de la part des dirigeants, nous les trouvons tous les jours dans les journaux : quand on voit avec quel cynisme on laisse crever les Africains, avec quelle insouciance on laisse les pauvres d’Europe sans soutien, avec quelle force on défait la justice, avec quelle confiance on nous annonce le recul prochain de  l’âge de départ en retraite, avec quelle hypocrisie on refuse de considérer le peuple palestinien, avec quelles méthodes on dirige nos pays, on ne peut que s’inquiéter des choix qui seront pris en notre nom…

 

Rendez-vous compte, on nous annonce désormais la fin de l’euro ou la modification de la Constitution sans éprouver un quelconque besoin d’en référer au peuple, pourtant le premier (et le seul) concerné par les réformes que le gouvernement prend (en théorie) en son nom, et personne ne s’en émeut ? Cela fait maintenant plusieurs mois que tous les signaux sont au rouge, et personne ne s’étonne qu’on ne nous consulte pas, nous le peuple ? Cela fait des semaines qu’on glorifie le « printemps arabe », et nous sommes encore si peu dans la rue ?

Qu’attendons-nous pour réagir, et refuser ce qui nous attend ? Si le peuple a été si longtemps méprisé, c’est tout simplement parce qu’il n’est pas assez uni, et ne peut être sans cela considéré comme une force. Et pourtant nous sommes une force ! Nous le peuple, nous constituons le seul rempart capable de lutter à la fois contre la finance et la politique. Nous devons être capables d’ouvrir les yeux pour comprendre et refuser d’accepter le monde injuste dans lequel nous vivons, et auquel nous participons de gré ou de force. Nous devons nous rassembler pour dire ensemble et d’une même voix que nous ne voulons plus d’eux, et que nous sommes le peuple souverain. Ce sont « eux » qui ont besoin de nous. Nous, nous n’avons pas besoin d’eux.

 

Nous n’avons plus le droit de nous cacher la réalité objective que met en lumière cette crise, à savoir que dans le capitalisme si le malheur des uns fait le bonheur des autres, le bonheur des uns fait aussi le malheur des autres. Même si nous nous relevons de cette crise dans le cadre du capitalisme, d’autres trinqueront à notre place. La vraie leçon, c’est que les peuples de tous les pays sont victimes du même ennemi, le capitalisme, et de ses deux agents la politique et la finance. Unissons-nous contre eux, et rendons-les inutiles : attaquons les partout où ils sont le plus vulnérables, et mettons-en place les conditions d’un monde meilleur . Autour de cette seule et même revendication, pour tous et partout dans le monde, exigeons la fin de la dictature du capitalisme et la convocation des Etats Généraux pour la création d’une Assemblée Constituante.  Cessez donc vos manifestations corporatistes à des jours différents et pour des motifs de castes pour vous unir derrière un même espoir, arrêtez de signer des dizaines de pétitions pour n’en signer qu’une seule, réclamez à vos élus un référendum d’initiative citoyenne pour appuyer la mise en place de cette Assemblée Constituante, arrêtez de voter pour des corrompus de droite et de gauche pour vous concentrer sur l’avenir et le fonctionnement de l’Assemblée Constituante, n’acceptez d’eux que ce dont vous ne pouvez vous passer, et engagez-vous !

 

Cette mascarade a assez duré, levons-nous, unissons-nous et agissons, pour ne pas que l’Histoire se répète. Nous en avons encore les moyens, alors profitons de cette fenêtre ouverte par la crise pour construire ensemble un autre futur… car à défaut d’être nos juges, nos enfants pourraient bien être nos victimes.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Assemblée Constituante, crise, la démocratie, La voie des peuples, politique? mensonges, révolution?, relations internationales, un nouveau système | 10 Commentaires »

Subir le capitalisme ou en sortir, that is the question

Posté par calebirri le 15 septembre 2011

Quand on évoque la crise financière actuelle, on ne voit en réalité la crise que du point de vue de ceux qui la subissent, à savoir les pays dits « développés », en oubliant ainsi la majeure partie des habitants de cette planète, à savoir les « BRICS » d’une part, et « tous les autres » d’autre part. Car pour eux, la situation n’a strictement rien de comparable avec celle que nous traversons : si les perspectives européennes les inquiètent réellement, elles n’empêchent pour autant ni la croissance ni le business, et constituent même pour certains l’occasion de faire de bonnes affaires…

 

Car ce qu’on oublie trop souvent dans cette histoire, c’est que le monde ne se résume ni à l’Europe ni même aux Etats-Unis, et que le capitalisme fonctionne tout à fait « normalement » d’un point de vue global : la croissance mondiale est plutôt bonne, l’argent circule et les mauvais gestionnaires se trouvent logiquement contraints, un jour, de payer leurs dettes… Et c’est bien là que nous en sommes arrivés.  La crise était inévitable car les pays riches ont refusé de voir que la roue du capitalisme était en train de tourner, et ils ont tout fait pour y échapper. Mais même en trichant, la réalité démographique a pris le dessus sur la théorie économique : l’Europe et les Etats-Unis, avec à peu près un milliard d’habitants, ne sont que peu de chose comparés aux près de 6 milliards des autres habitants de la planète. Même les plus conservateurs ne pouvaient donc pas décemment espérer que la domination d’un petit milliard d’êtres humains puisse éternellement s’exercer sur six autres milliards… et c’est donc face à cette réalité qu’il faut regarder cette crise, qui n’est pas une punition divine mais simplement la conséquence logique de l’Histoire de l’Humanité.

 

A l’occasion de cette crise se pose maintenant la question de savoir ce que vont faire les pays riches, qui n’ont le choix qu’entre deux alternatives : soit ils acceptent le retournement qui s’effectue, et doivent se préparer à voir leur niveau de vie baisser, soit ils le refusent et doivent alors changer les règles du jeu capitaliste, de gré ou de force.

La première hypothèse pourrait sembler la plus plausible aux vues des mesures d’austérité qui se profilent en Europe et aux Etats-Unis, mais c’est sans compter qu’il est plus difficile de se séparer du confort que de s’y habituer, et que peu sont prêts à consentir ce genre de sacrifices : on peut même penser raisonnablement que les plus riches seraient les plus difficiles à convaincre… et les plus riches, ce sont justement ceux qui gouvernent, de près ou de loin, les Etats aujourd’hui en difficulté. Dans cette hypothèse, ce ne sont donc pas les riches qui devraient faire des sacrifices, mais bien les pauvres qui y seront contraints : et je doute qu’ils ne s’y soumettent sans rechigner non plus.
La seconde hypothèse, bien qu’elle soit considérée comme farfelue par beaucoup, est cependant tout à fait envisageable, car elle correspond exactement à la direction que prend le cours des choses : pour revenir à l’équilibre, les sacrifices exigés du peuple seront tellement importants que les dirigeants des Etats en difficulté risquent de se voir contestés fortement, et les grands financiers prêteurs de se détourner vers des profits plus intéressants…ailleurs. Changer les règles du jeu devient alors une hypothèse alléchante, car elle permettrait aux gouvernants d’échapper à la sanction des échéances électorales ainsi qu’à la perte de puissance de leurs Etats (des places de choix au G8, G20, FMI, OMC, Banque Mondiale, ONU, OTAN….) au sein du concert des nations. Et en emportant avec ce programme l’adhésion des peuples concernés, consentants plus facilement à des sacrifices en échange d’un avenir meilleur que celui de la première hypothèse.

 

Cette hypothèse correspondrait alors à une véritable reprise en main du politique sur le financier, comme les évènements actuels peuvent le laisser penser : en effet, toute cette agitation autour de la faiblesse des banques et de leur besoin de recapitalisation semble un coup de poker menteur joué par une Christine Lagarde qui savait très bien où ses « petites phrases » conduiraient. Alors qu’il est certain que les banques européennes, même fortement impactées par un défaut de la Grèce ou de l’Italie, s’en sortiraient malgré tout (elles font de l’argent partout ailleurs dans le monde, et spéculent à la hausse comme à la baisse), la rumeur de leur fragilité a permis aux politiques de faire avancer leurs pions d’une case de plus sur l’échiquier qui oppose désormais les pouvoirs politique et financier : en faisant croire que les banques ne seraient pas capables de faire face à une mise en faillite de certains Etats, ce sont les banques elles-mêmes qu’on met « pour de vrai »en péril, en jouant sur la peur de « petits épargnants » prêts à retirer leurs économies à la première occasion, bien mieux qu’un « bankrun ». Car s’il est une chose qui doit être bien certaine pour tous, c’est qu’un Etat ne peut pas faire faillite ! Il ne peut être ni vendu ni dissous, et cela malgré la faillite de toutes les banques du monde ! Il faudra toujours et des champs et des routes, et des maisons et des usines, et des écoles et de hôpitaux, et des voitures et des télés…à manger, à boire, de quoi se loger et se déplacer, que ce soit avec un euro fort ou un euro faible, et même avec pas d’euro du tout !

Par contre, il se peut qu’en émettant les rumeurs d’une faillite des banques, elles risquent de se produire vraiment, par « auto-réalisation« . La nationalisation serait alors une option  nettement plus probable que la restructuration (autrefois envisagée par le FMI de DSK), suivant la volonté non plus des marchés, mais des politiques. Ce qui constituerait un changement décisif du rapport des forces ; ainsi que la possibilité de modifier totalement les règles du jeu économique à travers un changement de régime total, c’est à dire une sortie pure et simple du capitalisme.

Car nationaliser des banques mondialisées, cela signifie modifier le système monétaire international de manière radicale : la plupart des grandes banques mondiales sont européennes ou étasuniennes, et nationaliser les plus grandes à l’intérieur d’un Empire « du nord » (Europe/Etats-Unis) permettrait à ce « consortium » d’imposer au reste du monde une refonte totale du système monétaire international, un nouveau Bretton Woods avec le bancor à la clef ; et d’échapper ainsi à l’inévitable retournement imposé par les règles du capitalisme d’aujourd’hui.
On comprendrait mieux alors à la fois l’insondable incompétence des économistes qui plongent les Etats « du nord » chaque jour un peu plus dans la récession, et la volonté des « BRICS » de rassurer les marchés pour en retirer les fruits capitalistes : se profilent derrière ces deux options les véritables alliances dont j’évoquais il y a quelque temps la mise en place, avec l’Europe et les Etats-Unis d’une part, partisans de la fin du capitalisme pour échapper à la dégradation, et les BRICS d’une autre, pris entre le désir de perpétuer un système qui leur devient enfin favorable et celui de faire allégeance au projet de refonte du système pour en bénéficier le jour venu.

La bataille se trouve donc être double, car elle se joue à la fois entre « le nord » et « le sud », et entre le pouvoir politique et le pouvoir financier. Mais elle ne fait que commencer, et il est encore trop tôt pour engager un pronostic : car même dans le cas où le pouvoir politique l’emporterait sur le financier, cela ne signifie pas pour autant que la bataille pour imposer aux pays « du sud » les nouvelles règles « du nord » sera victorieuse… Il suffit pour s’en convaincre de constater que les guerres pour l’énergie et les territoires fertiles s’étendent partout à travers le monde (sur le dos des plus faibles bien entendu), comme si l’on se préparait déjà, des deux côtés, à assumer par la force le refus des uns de se soumettre aux autres.

Le capitalisme pourrait donc bien un jour se terminer : mais ce par quoi il sera remplacé risque bien d’être encore pire !

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Huxley, Orwell et la fin du capitalisme

Posté par calebirri le 30 août 2011

Dans les premières pages de son livre « retour au meilleur des mondes », Aldous Huxley dresse en 1958 un bilan des anticipations qu’il avait dégagées en 1930, comparées d’une part à la situation telle qu’elle lui semblait évoluer à l’époque, et d’une autre aux anticipations d’une oeuvre non moins importante : « 1984″, de George Orwell. Prenant acte du fait que le monde avançait « beaucoup plus vite » que prévu, il constatait que le monde avait plus de chances de ressembler à son meilleur de mondes qu’à celui de 1984  car, disait-il, « il est devenu évident que le contrôle par répression des attitudes non-conformes est moins efficace, au bout du compte, que le contrôle par renforcement des attitudes satisfaisantes au moyen de récompenses et que, dans l’ensemble, la terreur en tant que procédé de gouvernement rend moins bien que la manipulation non violente du milieu, des pensées et des sentiments de l’individu ».

Autrement dit, un gouvernement obtiendrait plus de la part de son peuple avec une carotte qu’avec un bâton. La carotte représentant la démocratie, avec une société validant le contrôle permanent des esprits dans « l’intérêt général », et le bâton la dictature, dans le même objectif mais au moyen de la répression.

Ces deux moyens d’arriver au même but posent la question de ce but : la satisfaction de l’intérêt général est elle possible dans le cadre du capitalisme, ou faut-il sortir du capitalisme pour y accéder ? Avant de déterminer lequel des procédés de gouvernement évoqués par ces deux visionnaires est le plus susceptible de fonctionner, il faut connaître le contexte dans lequel se déroulent ces deux anticipations. Et force est de constater qu’à l’intérieur du cadre capitaliste, aucune des deux hypothèses ne fonctionne complètement. L’erreur qui a été faite dans l’interprétation des ouvrages de monsieur Huxley et de monsieur Orwell a été de croire leurs anticipations absolutistes compatibles avec le capitalisme, sans voir qu’elles décrivent en réalité des mondes dans lesquels le capitalisme a déjà disparu : à la monnaie s’est déjà substitué un autre mode de fonctionnement supérieur, le contrôle total des corps et des esprits. Par contrainte ou par conditionnement. Officiellement dans l’intérêt général, mais en l’absence totale de liberté.

Car le capitalisme est en réalité incompatible avec l’absolutisme évoqué par ces deux auteurs : l’illusion de l’intérêt général doit être trouvé par la somme des intérêts privés, cette fameuse « main invisible », à travers des lois de marché qui instaurent en théorie une concurrence libre et non faussée. Mais cela signifie que lorsque les uns bénéficient des fruits de la croissance, les autres subissent les affres de la misère: il ne peut alors exister d’intérêt général. La démocratie se développe alors pour les uns (avec comme procédé de gouvernement « plutôt » la carotte), tandis que pour les autres c’est la dictature, avec comme corollaire « plutôt » le bâton).

 

C’est ce « plutôt » qui entraîne l’impossibilité de ces deux absolutismes (la dictature totale ou la démocratie totale), qui n’auraient sans doute jamais pu se réaliser si le capitalisme avait toujours continué à fonctionner sans entraves : le capitalisme possède en lui même une sorte de « justice » en vases communicants, où les pauvres d’aujourd’hui doivent logiquement devenir les riches de demain, et inversement. Mais les choses se sont déroulées bien différemment. Après la prise effective du pouvoir par les Etats-Unis et quelques autres vainqueurs au sortir de la guerre, certains Etats ont profité d’une puissance fondée sur la force brute pour transformer à leur goût les règles du jeu capitaliste , notamment à travers Bretton Woods, à l’issue duquel le dollar est devenu la monnaie de référence. En voulant conserver par la ruse un pouvoir qu’ils ont obtenu par la force (les exemples historiques sont nombreux), ils ont ainsi transgressé les règles du capitalisme, « leurs » propres règles : en refusant de constater l’inévitable retournement futur du capitalisme, ils se sont perdus dans la spirale infernale de la triche et du mensonge.

 

Pour transgresser les règles du capitalisme, les Etats riches ont mis en place de nombreux outils tels que les paradis fiscaux, les chambres de compensation, des subventions agricoles, des bulles spéculatives…. qui ont permis un temps non seulement de cacher le montant réel de leur dette, mais aussi de financer l’existence de la démocratie, à travers « l’Etat social » (sans doute en contrepartie d’ailleurs de la misère et de régimes dictatoriaux dans d’autres Etats). Mais même ces outils ne suffisent plus aujourd’hui : les émergents ont fini par émerger, et eux-aussi ont soif de démocratie, et eux-aussi veulent profiter de la carotte plutôt que de subir le bâton. Les agences de notation, qui sont elles de « purs » capitalistes, ne s’y trompent pas, et ne peuvent plus faire comme si de rien n’était : il est devenu trop risqué de prêter à des Etats trop endettés, les garanties en retour n’étant plus suffisantes. On court au déclassement, et donc à la restructuration : le fameux retournement. Les puissances actuelles doivent redevenir « rentables » pour conserver la confiance des marchés, seuls capables de maintenir à la fois le niveau de vie auxquels ses citoyens se sont habitués, et surtout pour continuer à exercer la domination qu’ils font peser sur le monde.

Mais pour redevenir « rentables », elles se doivent de rogner soit sur les acquis économiques et sociaux liés à leur position dominante (qu’ils fassent payer les riches ou les pauvres ; mais bien sûr ce sera les pauvres), soit se décider à se séparer du capitalisme en le remplaçant par un autre régime ; et c’est là que nous retrouvons nos deux auteurs.  là où le capitalisme permettait de ne pas avoir à choisir entre le meilleur des mondes ou 1984, le régime qui lui succédera permettra alors de décider laquelle de ces deux visions s’imposera.

 

Selon la réaction des « émergents/émergés » face au nouveau Bretton Woods qui nous sera bientôt proposé comme seule alternative à la mort du capitalisme, le monde aura alors la responsabilité d’un choix difficile : en se soumettant à cette idée de bancor, il se peut qu’on sauve l’apparence du capitalisme, en même temps qu’on modifie considérablement les règles déjà injustes de ce monde. Cette soumission signifierait pour les pays riches la perpétuation de leur domination, avec une sorte de « meilleur des mondes ». Mais si les pays émergents la refusent alors, la force brute nous conduira à 1984. Et dans les deux cas, nous aurons tous perdus.

 

Caleb Irri

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L’affaire DSK, la crise et le bancor

Posté par calebirri le 24 août 2011

Ça y est, Dominique Strauss Kahn est libre : Les charges qui pesaient contre lui ont été levées, en raison de l’insuffisance des preuves apportées contre lui. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’ait rien à se reprocher, ni même que ses ennuis judiciaires soient terminés. Mais cela signifie qu’il a raté l’occasion d’être candidat à la présidence française, tout en perdant celle de rester à la tête du FMI. Quand on y pense, c’est bien l’Histoire avec un grand H qui se trouve modifiée par cette affaire ; car les deux postes qu’il a perdus à cette occasion ont une influence, par répercussions des prises de décisions qu’ils permettent, sur la planète toute entière.

 

Cela n’est quand même pas une toute petite affaire : si j’étais lui, et que je n’avais rien à me reprocher, je demanderai des comptes à ceux qui m’ont accusé pour rien.

 

Mais nous n’en sommes pas là. Le monde a déjà changé : madame Lagarde a pris la tête du FMI, Monsieur Strauss Kahn ne sera pas président de la France (sauf retournement exceptionnel), et la crise financière ne s’est pas arrangée : maintenant il s’agit de comprendre ce qui s’est passé. Pas dans la chambre de l’hôtel non, mais dans cet enchaînement étrange qui a permis au monde de se séparer d’un DSK gênant, au FMI comme en France, au moment même où la crise financière s’accentuait, au moment même où il était en tête dans les sondages, au moment même ou madame Lagarde risquait gros dans « l’affaire Tapie ».

 

Et bien quoi,  me répondra-t-on, encore la théorie du complot ?  et pourquoi pas, à la fin ! Si nous sommes si nombreux à avoir tout de suite eu cette pensée,  si les cerveaux de millions d’individus nourris aux séries télés en sont pleins, que l’Histoire en regorge et que le mien qui échafaude à l’instant le sien sont capables de les inventer, pourquoi d’autres n’auraient-ils pas, en plus, les moyens techniques et financiers de les réaliser « pour de vrai » ?

 

Nous savons tous que Monsieur Strauss Kahn, comme de nombreux autres politiciens avec lui, mériteraient mille fois la prison pour leurs multiples méfaits économiques et sociaux. Mais c’est avec une femme de chambre qu’il tombe, et à un moment crucial pour l’avenir de notre planète. Et personne ne trouve ça étrange ?

Regardons les choses en face : au moment même où DSK se faisait arrêter aux Etats-Unis, la situation calamiteuse de la Grèce mais aussi de l’Irlande et du Portugal faisaient penser que l’aide du FMI ne serait pas si simple à obtenir. On parlait alors de « restructuration de la dette« , ce qui n’arrangeait évidemment pas les banques exposées, c’est-à-dire entre autres les banques françaises : madame Lagarde ne voulant même pas en entendre parler.

Alors que quelques semaines plus tard, avec madame Lagarde aux commandes du FMI, on se rend compte que les choses ont déjà changé : en même temps qu’elle échappe à la justice française juste à temps pour ne pas avoir à démissionner, rattrapée par l’affaire Tapie, elle prend les commandes de l’institution à un moment clé de l’Histoire. Le FMI n’évoque plus alors de restructuration de la dette grecque, mais en enfonçant  le peuple Grec et l’Europe toute entière dans les affres d’une récession qui retombera in fine sur les populations les plus fragiles (voir c’est qui qui va payer ?), il sauve ainsi les banques d’une faillite annoncée, potentiellement salvatrice d’un point de vue économique, et logique aussi.

 

Ainsi, l’affaire DSK permet à la finance internationale d’échapper une fois encore à une juste punition (la faillite des banques trop exposées dans certains pays comme la Grèce) en nommant à la tête du FMI une femme dont le rôle sera certainement bientôt déterminant : lorsque la situation économique de l’Europe sera si dramatique que même les plans « d’austérité » ne suffiront plus à calmer ni les marchés ni la colère des peuples, les Etats-Unis comme l’Europe seront alors en mesure de nous imposer un nouveau « Bretton Woods » qui, nous dira-t-on alors, sauvera « le monde » d’un chaos généralisé, à travers la création d’un nouvel étalon monétaire miraculeux, le bancor. Ce même bancor qui, paraît-il, était déjà dans les cartons de monsieur Strauss Kahn comme dans ceux de madame Lagarde il y a quelque temps, et qui permettrait au FMI de devenir l’unique agent de contrôle de cette nouvelle monnaie de référence mondiale.

Voilà ce qu’il en est pour le FMI.  Reste maintenant la situation française : le « clan Sarkozy », malgré un objectif peut-être commun avec le PS, n’ont tout de même pas les mêmes méthodes : en écartant DSK de la présidence française, il se remet en selle dans la course à l’Elysée, ce qui n’est pas peu. Le « président des riches » est un homme avide de pouvoir , et ne peut décemment pas se faire voler la vedette lorsque le monde effectuera sa mutation. La gauche une fois au pouvoir, si molle qu’elle soit, n’est quand même pas la même chose que la droite : et pour conduire les mesures qui pousseront l’Europe à se soumettre aux décisions du couple franco-allemand, à travers la « nouvelle gouvernance européenne » basée sur cette fameuse « règle d’or » imposée à tous les pays de l’Union, il semble bien que la droite soit désormais la mieux placée.

 

Finalement, l’affaire DSK nous permet de mieux comprendre les évènements qui se profilent à l’horizon 2012 : une fois la soumission de tous les pays de l’Union Européenne scellée dans le marbre à travers cette « nouvelle gouvernance européenne », Les Etats-Unis et l’Europe parleront alors d’une même voix pour imposer au monde leur nouvel ordre économique mondial, seul remède capable à leurs yeux de faire face au retournement du capitalisme qui voit leur pouvoir s’effondrer peu à peu.

 

En faisant le choix de la crise, les gouvernants actuels se mettent en position de réaliser un changement total des règles du jeu de la finance internationale, et il ne fait aucun doute que la bataille pour une place à la tête de ce nouvel « empire » ne fait que commencer. Et l’Histoire que de se répéter…

 

Caleb Irri

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Jusqu’où la crise peut-elle bien nous mener ?

Posté par calebirri le 13 août 2011

Malgré les efforts que nos politiques déploient actuellement pour nous amadouer, la réponse qui sera apportée à la question que je me posais il y a peu ne fait aucun doute : les pauvres, une fois encore, devront payer. Malgré quelques annonces concernant de nouveaux impôts pour les riches ou la participation « volontaire » des banques aux frais de « gestion de crise », il apparaît que ce qui nous attend maintenant fera passer le recul de l’âge légale de départ à la retraite pour une broutille : c’est désormais tout le système social français qui se prépare à être démantelé, et avec lui la solidarité envers les plus faibles, les acquis du Conseil National de la Résistance, enfin le contrat social dans son ensemble… En France, mais aussi partout en Europe.

 

Ce qui est étrange dans tout ça, c’est d’une part le silence des peuples, qui espèrent inconsciemment la remontée de la bourse et la perpétuation de ce système, et d’une autre la précision du timing, qui pousserait presque les mauvais esprits à croire que les mesures proposées ces derniers jours étaient déjà dans les cartons, n’attendant plus que les vacances pour apparaître au grand jour, dans le silence résigné des citoyens qui « ne comprennent rien à ces choses là ».

C’est qu’en quelques jours les choses se sont précipitées, et on nous a très vite sorti quelques mesures dont le fichier national des « profiteurs ‘du bas’ », pour traquer les 2 et quelques pourcents de fraudeurs (il faudra payer combien pour mettre ce fichier en place ?), qui plus est accolé à un fichier de fraudes des entreprises (les petites hein, pas les grosses, légalement dans des paradis fiscaux) ; comme si les sacrifices qui seront réclamés au peuple devaient s’arrêter là…

Mais bien sûr tout cela n’est que poudre aux yeux : en réalité, c’est toute la solidarité, celle qui faisait il n’y a pas si longtemps encore la fierté de la France, qui s’apprête à disparaître dans le gouffre de la crise. Si on se penche un peu sur la proposition d’inscrire dans la Constitution la fameuse « règle d’or » économique empêchant les déficits futurs, on s’aperçoit qu’elle n’est rien de moins  que l’arrêt de mort de l’Etat social, remettant en cause toutes les subventions accordées aux plus démunis (associations de bénévoles, réinsertion, prévention, aides sociales…) de manière définitive. Et si on ajoute à cela les dispositions imposées par la BCE à l’Espagne et l’Italie, on comprendra aisément que le pouvoir politique (ceux qu’on a élu !) ne contrôle plus grand chose…

 

Si on s’appuie sur ces éléments pour tenter d’appréhender les conséquences de la crise sur les populations, il apparait alors que les réformes en projet les toucheront directement dans leur vie quotidienne, et contribueront à l’énervement des liens sociaux, déjà fragilisés par une situation difficile : le climat social, en France comme ailleurs, risque alors de se tendre encore, et on ne saurait exclure totalement la possibilité d’une montée de la colère de la part des plus démunis.

 

Les  « émeutes » en Angleterre ne seraient-elles pas d’ailleurs le symptôme d’une maladie pourtant bien connue, la misère ? La misère qui engendre la colère et la violence, comme on l’a vu déjà en Tunisie, en Egypte ou ailleurs, et qui parfois dégénère même en mouvement de révolte contre un gouvernement trop injuste… et souvent trop prompt à la répression.

 

C’est là qu’il s’agit de remettre les choses en perspective : car si les réformes prochaines exigées par le pouvoir financier sont effectivement mises en place par le pouvoir politique, alors il faudra s’attendre à la multiplication des violences comme à celle des « réactions » à ces violences, du fait même de la misère « logiquement » engendrée par ces réformes. C’est même à cette éventualité que nos gouvernants semblent aujourd’hui se préparer, comme on l’a vu ces derniers jours en Angleterre, et comme le prouve l’incroyable hypocrisie autour des réseaux sociaux dont « lemonde.fr » nous fait écho à travers deux articles publiés à trois jours d’intervalle (voir « ici«   et « ici«   ) : échaudés par les « révolutions  arabes », internet (le seul média fédérateur susceptible de conduire à l’organisation unie d’un mouvement contestataire de grande ampleur) est la principale cible à laquelle s’attaqueront les gouvernants pour empêcher les révoltes de se transformer en révolution.

Cet exemple est également à mettre en relation avec les pourparlers actuels sur la « gouvernance européenne », car les tensions sociales qui s’ajouteront aux tensions économiques rendront certainement cette option inévitable : le « coup d’Etat » pour la prise de pouvoir de l’ensemble de l’Union européenne par le couple franco-allemand sera alors pleinement justifié, comme la fameuse « lettre ouverte » du président nous y préparait déjà il y a quelques semaines, réclamant dans celle-ci une sorte « d’union sacrée » destinée à mettre en place cette nouvelle gouvernance.

Peu à peu, on le voit bien, se dessinent les contours de cette nouvelle gouvernance (dont la crise se trouve finalement être l’élément « déclencheur »), qui fondée sur de telles bases ne laisse présager rien de bon. Car une fois cette nouvelle gouvernance engagée, il deviendra alors difficile de se séparer du joug qu’on nous aura imposé.

Si on imagine maintenant que ces mesures drastiques ne suffisent pas , on pourrait même envisager (pour les plus pessimistes) l’instauration d’une sorte « d’état d’urgence » destinée à « lutter contre les violences » qui ne manqueraient pas de se produire alors, ce qui nous conduirait à subir un régime qui n’aurait désormais plus rien à envier à ceux qui étaient encore il n’y a pas si longtemps (avant de devenir des tyrans sanguinaires) des amis fidèles…

Mais dans ce cas-là, qui les empêcheraient alors de réprimer leurs opposants ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, la démocratie, misère, politique? mensonges, révolution?, relations internationales, surveillance | 2 Commentaires »

Et c’est qui qui va payer ?

Posté par calebirri le 6 août 2011

Cela faisait bien longtemps que tout le monde savait comment les choses allaient tourner : à force de vivre au dessus de ses moyens, l’Europe et les Etats-Unis sont passés du stade de débiteurs à celui de surendettés.

S’il s’agissait d’un simple particulier ou même d’une entreprise, la situation se réglerait rapidement par un dépôt de bilan, avec saisie des biens du responsable et mise sous tutelle de ses revenus, voire une procédure judiciaire au cas où le (ou les) responsable (s) auraient commis des erreurs de gestion. Les salariés seraient licenciés, et en cas d’insolvabilité du débiteur les créanciers se retourneraient alors soit vers les assurances, soit vers l’Etat.

 

Mais dans le cas d’un Etat surendetté, la situation est plus compliquée : on ne peut décemment pas considérer un territoire, ni sa population, comme une simple entreprise dont les responsables seraient les propriétaires, et les citoyens des salariés. Les choses sont bien plus complexes, car elles touchent à l’essence même des sociétés, la vie des êtres qui la composent et leur relative liberté d’être humain : on ne peut théoriquement ni vendre ni acheter un Etat, et encore moins les membres qui le composent.

 

Les agences de notation, dont le métier est le calcul de risques, n’expriment quant à elles que des probabilités de défaut de paiement, ne considérant comme facteurs objectifs que le ratio entre les recettes et les dépenses quel que soit l’acteur, banque, assurance ou Etat… Il apparaît donc clairement, pour ces agences, qu’il devient désormais inconscient de continuer à prêter de l’argent à un Etat dont on est sûr qu’il ne pourra pas rembourser.

 

Mais les banques ont déjà beaucoup prêté à certains des Etats aujourd’hui en difficulté, et cela bien au delà des limites du raisonnable : là où un particulier ne peut espérer s’endetter à plus de 33% de ce qu’il gagne (pour le protéger du surendettement), certains Etats le sont à plus de 100%. Cela signifie donc que les banques ont continué de prêter, contre toute « rationalité économique », à des acteurs qu’elles savaient fragiles. Cette situation n’a été rendue possible que par l’illusion de la transparence, clef de voûte de la puissance économique trompeuse des pays riches, à travers des liens étroits qui unissaient hier les pouvoirs politique et financier, liens qui se détendent à l’heure du bilan : les banques n’ont pas respecté les règles qu’elles auraient pourtant du se fixer, et  leurs accointances coupables avec la sphère politique ont corrompu le système : l’humain est venu interférer avec l’argent, ce qui est interdit par le capitalisme.

 

Les agences de notation, elles, ne s’y sont pas trompées. Ne considérant que la perspective de profit comme règle supérieure, elles préfèrent la stabilité d’une dictature à la gestion scabreuse d’une démocratie corrompue, et menacent désormais d’abaisser également la note des banques les plus exposées dans les pays les plus endettés, tandis que les banques, elles, cherchent à se sortir de ce pétrin à moindres frais…

 

Ce qui va se passer maintenant sera déterminant : car il faudra bien que quelqu’un paye !

Si les banques refusent de mettre la main au portefeuille en prêtant toujours plus aux Etats, alors certains se retrouveront définitivement dans l’incapacité de rembourser leur dette, et sortiront de l’Europe pour dévaluer leur monnaie. La situation économique et sociale deviendra alors désastreuse pour de nombreuses années, et les peuples seront (comme toujours) largement mis à contribution. Les épargnants se précipiteront chercher ce qui leur reste d’épargne, et la contagion risquerait de faire s’effondrer une bonne fois pour toute le système bancaire.

Tandis qu’en continuant à prêter, elles prennent le risque de voir leur note baisser encore, et de ne jamais récupérer leur argent. Il leur faut donc de solides garanties, à savoir d’une part la mise de l’Europe sous tutelle franco-allemande, et d’une autre le recul très net des dépenses (l’allongement de la durée du travail, la dégradation des conditions de travail, la baisse des salaires, les licenciements et la hausse des impôts…) . Et si on pouvait ajouter à ce chantage  une « règle d’or » économique dans la Constitution, on se trouverait alors à l’abri de bien des dérapages dans l’avenir. Reste à savoir maintenant si les banques ont de quoi prêter, mais aux vues des bénéfices engendrées l’année passée, il semble que la chose soit possible.

 

 

 

Mais si nous refusions de payer encore une fois ? Vous avez l’impression de vivre au dessus de vos moyens, vous ? Vous vous sentez responsables des malversations qui sont faites en votre nom ? Et pourquoi toujours vous ? Pour avoir fait l’erreur de croire aux mensonges de nos hommes politiques ? Pour avoir pensé qu’il était possible de vivre décemment de son travail ?

 

Pourquoi ne pas faire payer les riches ? Pourquoi ne pas supprimer les paradis fiscaux, interdire la spéculation et taxer les revenus du capital, rendre transparentes les chambres de compensation, interdire les liens incestueux entre le pouvoir politique et le pouvoir financier… ? Arrêtons-là, puisque nous n’allons pas dans la bonne direction, et puisqu’il faudra bien en changer de toutes façons. Refusons de payer encore, car nous sommes, nous le peuple, les seuls véritables propriétaires de notre Etat. Et nous ne sommes pas à vendre.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

Publié dans argent, crise, misère, mondialisation, politique? mensonges, révolution?, relations internationales | 15 Commentaires »

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