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Il y aura bien un Nouvel Ordre Mondial, puisque le capitalisme ne survivra pas

Posté par calebirri le 23 février 2013

Quelle ironie ! A l’heure d’un retournement capitaliste que personne ne nie plus, la Chine se retrouve aujourd’hui en tête dans un sondage plébiscitant l’économie de marché et le capitalisme, tandis que la France et les Etats-Unis semblent s’en méfier de plus en plus. Seulement tout n’est pas si simple : car si ce sondage montre bien à quel point le monde évolue, il montre aussi que même en considérant que le capitalisme n’est pas un bon système, la majorité de nos congénères ne semble pas prête à en changer, faute de mieux apparemment…

Ceci étant dit, je doute que les « occidentaux » laissent les « émergents » (qui ont pour le coup émergé) leur faire les poches sans réagir. Et c’est bien cela qui me fait dire qu’on ne sauvera sans doute pas le capitalisme : les intérêts sont trop importants et contradictoires pour permettre un accord susceptible de convenir à la fois aux émergents et aux anciens riches.

Et c’est justement en voulant sauver le capitalisme que nos bons gouvernants préparent, peut-être même sans le vouloir, la venue du Nouvel Ordre Mondial… Je m’explique :

alors qu’on pourrait croire que la crise ne concerne que les pays dits « développés », on constate qu’en réalité le sauvetage du capitalisme est également une nécessité pour les émergés qui désirent eux-aussi profiter des « bienfaits » du système. Et à moins que d’avoir autre chose de « mieux » à proposer (ce qui n’est actuellement pas le cas), il vaudrait mieux pour tous que soit trouvé un accord qui satisfasse toutes les parties… Sauf que le système capitaliste interdit « par essence » la satisfaction de tous les intérêts : les « anciens » riches ne veulent pas voir leur niveau de vie baisser, et les « anciens » pauvres veulent à tout prix voir le leur augmenter.

Du coup, il apparaît qu’à moins d’un accord qui ne peut arriver, les deux « blocs » sont confrontés à une situation insolvable : les liens entre eux sont si étroits, si obscurs et si solides qu’ils ont dépassé un point de « non-retour » qui les empêche à la fois d’avancer et de reculer. Ce qui explique la discrète (de moins en moins d’ailleurs) guerre des monnaies que se livrent actuellement les pays du monde entier. Incapables de s’entendre au sein des entités qu’ils constituent (le capitalisme c’est « chacun pour soi »), comment le pourraient-ils à l’échelle de tous les pays ?

Ce n’est sans doute pas qu’ils ne le désirent pas, mais tout simplement que le système l’interdit : la rationalité des acteurs économiques, la concurrence libre et non faussée, tout cela ne fonctionne qu’à partir du moment où les hommes suivent la théorie , ce qui n’est pas le cas, et qui fonde l’erreur primordiale de l’économie capitaliste . Les hommes ne sont pas rationnels et n’agissent donc pas selon les règles transparentes qui seules autorisent la confiance nécessaire à son bon fonctionnement. Comme si le capitalisme portait en lui le défaut de sa qualité : théoriquement sans doute acceptable, il ne peut dans la réalité que conduire à la corruption et à la guerre. Car une fois la corruption ayant engendré les catastrophes sociales comme celle que nous connaissons aujourd’hui, faire quelque chose comme ne rien faire c’est tout pareil. L’effondrement d’un seul peut rapidement conduire à l’effondrement général : si la Chine cesse d’acheter de la dette américaine les Américains cesseront d’acheter les produits Chinois, avec des répercussions en cascade sur tous les autres Etats du monde ; c’est cela la mondialisation.

En attendant ce chaos qui ne manquera pas d’arriver, nos chers gouvernants fourbissent leurs armes, et font comme les enfants qui font la course sans se le dire vraiment : on marche tranquille à côté du copain, et puis on l’observe du coin de l’oeil, l’air de ne pas y toucher… et puis l’un deux accélère insensiblement la cadence, suivi de près par le collègue qui en remet un coup, puis très vite on se met à courir à fond, sans plus penser à regarder où en est son adversaire… Alors qu’il suffirait de se mettre d’accord pour marcher jusqu’au bout ou même pourquoi pas partager la victoire, nul ne lâchera rien jusqu’à la course finale.

Que vient donc faire alors le Nouvel Ordre Mondial dans tout ça, me direz-vous ? Puisque vous semblez dire qu’il est incompatible avec le capitalisme pour cause de concurrence et que personne ne veut « lâcher le morceau », comment pourrait-il advenir ?

Et bien c’est justement là que se situe le paradoxe de la situation : tant que le capitalisme existe et que les concurrents s’affrontent pour le pouvoir que permet l’argent (et aussi l’argent que permet d’obtenir le pouvoir), le Nouvel Ordre Mondial ne peut exister. Mais comme c’est précisément cette concurrence (faussée donc par la corruption générale) qui sera à terme fatale au capitalisme, viendra inévitablement la réflexion sur ce qui suivra l’effondrement général- qu’il soit précédé, suivi ou non de conflits armés qui ne feront que déterminer la place du vainqueur : le « post-capitalisme ». Un nouveau capitalisme ne pourra pas surgir des cendres de l’ancien sans accord général préalable, « mondial ». Ce qui nous ramène à l’inéluctabilité de la réalisation d’un nouvel ordre mondial.

Mais que les plus sensibles se rassurent, car ce Nouvel Ordre Mondial peut revêtir une forme bien différente de celui qu’on nous agite généralement comme épouvantail : il y a certes l’option de la dictature à échelle mondiale, mais il y a aussi celle de la démocratie -à échelle mondiale également.

Bien sûr la première option est certainement la plus facile à concevoir compte-tenu de nos antécédents historiques ; sauf qu’aujourd’hui les nouvelles technologies permettent sans doute de faire passer notre science-fiction pour du romantisme. Une société fonctionnant sans argent mais par la contrainte, soutenue par une technologie de contrôle permanent généralisable à l’ensemble de la planète. Nos aînés l’ont rêvée tant de fois qu’elle nous est plus familière, mais elle ne doit pas occulter la deuxième option.

La démocratie mondiale, qui étonnamment dirais-je, semble beaucoup plus difficile à mettre en place. Elle n’a jamais été instaurée nulle part, car elle sous-entend l’absence de capitalisme avec lequel elle est incompatible (contrairement à la dictature, qui est disons « moins exigeante » sur les prestations à offrir pour conserver le pouvoir) : et c’est sans doute cela la plus grande leçon du 20ème siècle !

En définitive, le choix qui nous est fait n’est pas de sauver ou non le capitalisme mais de savoir quel monde nous voulons demain pour nos enfants. La « fenêtre temporelle » qui s’ouvrira après la chute du capitalisme nous autorisera à faire ce choix, pour peu que nous ayons quelque chose à opposer à la facilité d’un Nouvel Ordre Mondial autoritaire.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le choc des civilisations n’existe pas

Posté par calebirri le 22 janvier 2013

La mondialisation est un phénomène irrépressible, indestructible, irréversible. Elle conduit à transformer les relations entre les Etats pour en nouer de nouvelles totalement différentes de ce qu’elles ont toujours été. Et c’est bien cette mondialisation, créée par les « occidentaux » pour continuer à faire du profit -suivant ainsi la loi « des marchés », qui est responsable de la crise actuelle : car à force de dérégulations, de modifications du droit et de la complexification de la production, les pays riches ont voulu profiter (une fois encore) des pays pauvres pour forcer leur prospérité déclinante à l’intérieur de leurs frontières -sans penser que le développement induit presque « malgré eux » à l’étranger allait finir par se retourner contre eux.

Et ce qui devait arriver arriva : c’est le retournement du capitalisme au profit des « anciens » pays pauvres contre celui des « anciens » pays riches. Les « BRIC » font aujourd’hui presque jeu égal avec les occidentaux, et même si pour les autres pays le chemin est encore long les choses bougent aussi : les révolutions arabes, les mouvements en Amérique Latine, et même le retour de la droite extrême à l’est de l’Europe sont des symptômes de cette volonté populaire d’accéder eux-aussi aux « bienfaits » de ce capitalisme.

Il apparaît donc que face à ce retournement, les pays occidentaux sont pris à leur propre piège : enfermés dans le libéralisme, ils leur est difficile de retrouver la sacro-sainte « compétitivité » en retirant plus à ceux qui n’ont déjà presque rien, le tout sans prendre trop à des riches qui ne le sont que fictivement. Il leur faut donc trouver de nouveaux marchés pour faire repartir la croissance, ce qui implique la mise en place d’une politique expansionniste ; en concurrence désormais avec ceux qu’on appelle maintenant les « émergés ».

Pour ce faire, nos gouvernants ont besoin d’une terre à conquérir, ainsi qu’un ennemi à attaquer, si possible correspondants l’un à l’autre : et nous voilà plongés dans le fameux « choc des civilisations ». Car cette terre c’est l’Afrique et ses formidables ressources, et cet ennemi c’est l’Islam. Et comme il fallait donc trouver un exutoire au peuple pour qu’il accepte les visées expansionnistes de son « camp » (l’Europe avec les USA et quelques autres), nous voilà aujourd’hui face à la réalité : le Mali, la prise d’otages en Algérie sur une plateforme gazière, le terrorisme international ; l’uranium, Areva et les Chinois…

Englués dans cette crise qui conduit peu à peu la majorité d’entre nous à la misère, les gouvernants occidentaux, mais aussi ceux des pays émergents, se disputent donc aujourd’hui les ressources formidables détenues par l’Afrique (qui elle aussi voudrait sa part du «gâteau», mais qui s’en soucie ?) pour retrouver enfin le chemin de la croissance. Devenue le seul continent « prenable » pour les deux camps qui se disputent en réalité le pouvoir et l’argent, l’Afrique est devenue le centre d’intérêt de toutes les convoitises.

Et comme il faut toujours une excuse pour s’emparer légalement du bien d’autrui – et que la colonisation n’a plus très bonne presse- nos gouvernants lui ont préféré la vieille technique de la croisade… contre le « terrorisme international islamiste » qui paraît-il frappe aux portes de l’Europe. L’islamisation de l’Afrique, dont les récentes révolutions arabes ne voulaient pas mais qui, avec le concours (involontaire ?) des occidentaux a tout de même percé, semble une aubaine pour qui recherchait un ennemi à combattre, et cela même sans être un fondu d’analyse géostratégique, non ?

Sauf que cette histoire ne tient pas debout. Ce ne sont pas les quelques 1500 djihadistes (on apprend à cette occasion que le « péril musulman » n’est pas si massif que l’on croyait !) qui vont envahir l’Europe mais bien les entreprises européennes ou chinoises (on verra qui l’emportera) qui vont envahir l’Afrique. Le « choc des civilisations », en tant qu’opposition de valeurs religieuses (Islam contre judéo-christiannisme) ou politiques (la « civilisation » occidentale contre la « civilisation » orientale) ne tient pas,il n’existe pas. En réalité c’est juste un affrontement pour le pouvoir et la richesse, comme tous les affrontements précédents. Il n’y a pas plus de « péril musulman » qu’il n’y a de « péril jaune », car ce n’est pas ainsi que se définit la lutte.

La véritable lutte, la véritable opposition, le choc qui se fait entre tous est celui des pauvres contre les riches. Il est là le choc. Tous les riches de tous les pays exploitent les pauvres de tous les pays, quelle que soit leur religion, leur couleur de peau ou leur orientation sexuelle. c’est le choc de LA civilisation capitaliste en décadence contre la montée du désir démocratique des peuples. Et c’est de ce choc que devra sortir quelque chose de nouveau, d’inconnu : soit les pauvres se rassembleront et lutteront, ensemble pour une démocratie mondiale, soit ils ne réussiront pas à vaincre et ce sera alors l’avènement d’une dictature, elle-aussi mondiale, pour le contrôle total des populations. Nous en reparlerons bientôt.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Israel/palestine : l’inévitable pardon

Posté par calebirri le 27 novembre 2012

J’ai écris un article sur le conflit israélo-palestinien. Comme une bouteille à la mer, quelque chose qui se voulait présomptueusement « au dessus de la mêlée » et qui pour moi paraissait naïvement logique tant ce conflit m’apparaît aberrant. J’ai beaucoup hésité avant de le publier, et je croyais avoir suffisamment fait attention à ce que mes mots ne fâchent personne, pour ne pas créer de malentendu, afin que l’esprit du lecteur puisse se concentrer sur « l’après », et pas sur la comptabilité du nombre de morts ou d’horreurs subies par des êtres humains, dont les vies sont toutes également précieuses.

Mais force est de constater que je n’ai pas réussi à faire passer mon message. Il apparaît, au nombre de critiques reçues à cet égard (et auxquelles je n’ai pas pu répondre individuellement, je leur prie de bien vouloir m’en excuser), que je suis moi-même tombé dans ce qu’un de mes plus virulents critiques appelle « le syndrome de Tom et Jerry, c’est-à-dire une sorte de « non-engagement » intellectuel qui est passé pour de la lâcheté : à trop vouloir ne blesser personne, je n’ai pas pris le soin de confirmer ce que j’avais déjà dit sur le sujet , et que je croyais stupidement acquis, au moins pour mes lecteurs « habituels » : la politique menée par le gouvernement israélien est ignoble et inhumaine, et je ne désire ni minimiser l’horreur de cette politique, ni mettre sur le même plan les souffrances subies par les Palestiniens dans leur ensemble et… je m’aperçois que je cherche le terme à employer pour parler sans choquer quiconque- le défi est rude à relever sur le sujet- de ce que « subissent » (mais « subissent » est-il approprié ?) les Israéliens : sont-ce des souffrances, ou des vexations, et peut-on dire que la peur est une souffrance ?
Car même si les rapports meurtriers sont impossibles à faire- question d’échelle (sur environ 10 000 morts depuis plus de 20 ans, on compte à peu près 8 500 morts Palestiniens- voir chiffres en 2009, contre 1 500 morts Israéliens- le tout sans compter les morts de faim, de maladies, les réfugiés, ceux qu’on ne compte pas, etc…), les Israéliens reçoivent tout de même quelques roquettes, qui tuent parfois ; et pour les familles de ces victimes on doit bien pouvoir parler de souffrances… Mais plus de 1 000 morts, peut-on parler de « quelques » souffrances, ou doit-on parler de « souffrances » en général ? La souffrance d’une famille israélienne vaut-elle plus, ou moins, ou autant que celle d’une famille palestinienne ?

Enfin toujours est-il que s’il faut parler au niveau des « Etats » (mais là aussi le terme est ambigüe), ou au niveau « global », « démographique », bien entendu la victime est palestinienne, et le bourreau est bel et bien israélien.

Cela étant dit et précisé clairement, je ne renie donc pas cet article car une fois cette constatation établie, le problème reste le même : que peut-on faire, imaginer, proposer pour que ce conflit s’arrête ?

Faut-il appeler à la vengeance éternelle et impossible des Palestiniens et rayer Israël de la carte ? Faut-il leur fournir des roquettes supplémentaires, ou continuer de se satisfaire d’être « du côté des gentils » pour continuer à croire qu’un jour les Etats-Unis oublient de mettre leur veto à une résolution véritablement contraignante de la part de la communauté internationale ? Ou que les dirigeants israéliens se réveillent un matin en se disant « cela a assez duré, nous allons faire la paix » ?

Voilà le véritable sujet de l’article. Pour moi, il s’agit non pas d’oublier ni de faire comme si les horreurs n’avaient pas existé, mais de passer au dessus – même si cela paraît impossible- et de se pardonner pour pouvoir offrir aux générations suivantes un autre avenir que la certitude de la misère et l’oppression, pour toute leur vie, avec comme seule perspective d’atteindre un jour quelques civils, là-bas de l’autre côté, juste pour « se venger ». C’est inévitable. Et il ne s’agit pas non plus de confondre un gouvernement avec son peuple (dans aucun pays au monde d’ailleurs). Car je reste persuadé que si on interrogeait les acteurs et les victimes de ce conflit, la majorité des Israéliens comme des Palestiniens seraient pour la paix.

Seulement comment faire la paix si personne n’est d’accord sur les frontières, sur les « dédommagements », comment faire si les roquettes continuent de tomber pour faire cesser le blocus et que le blocus continue d’être appliqué pour éviter aux roquettes d’être acheminées ? Sans doute si j’étais Palestinien je voudrais moi-aussi lancer des roquettes. Mais sans doute aussi si j’étais Israélien je voudrais moi-aussi la mort des lanceurs de roquettes.

Les dirigeants de ces deux « pays », de ces deux « entités », ont un intérêt bien compris à se poser en garants qui de sa sécurité, qui de son combat pour l’indépendance. Mais ce sont eux les principaux responsables de cette situation qu’ils perpétuent. Ils n’accepteront jamais aucune solution qui menace leur pouvoir ou leur autorité, et ils considéreront toujours un compromis comme un recul ou un échec. C’est pour cela que seuls les peuples concernés sont en mesure de faire la paix. Car eux-seuls sont capables de pardonner. Non pas par lâcheté ni par trahison pour leur cause, mais pour leurs enfants, et tous ceux qui viendront après eux. Et même si ce n’était pas pour cela, ils doivent le faire pour le reste du monde.

Il ne suffit plus de dire « les Palestiniens sont traités comme des sous-hommes, il faut punir les Israéliens pour leurs crimes » ; il faut que les peuples se lèvent ensemble pour dire « nous ne voulons plus de cette situation, arrêtons le massacre ». C’est sans doute un voeu pieu, et je serais ravi qu’on ricane à mon propos. Mais qu’on me dise alors ce qu’il faut faire, et si ce qu’on fait actuellement est suffisant.
Et qu’on ne vienne plus me dire que je soutiens la politique israélienne : je suis pour la paix, et la paix ne peut exister sans le pardon.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Israël/Palestine : si vis pacem, fais-la !

Posté par calebirri le 22 novembre 2012

Il est toujours difficile d’aborder la question du conflit israélo-palestinien : accusés de soutenir soit des terroristes soit des colonisateurs, les commentateurs même les plus compétents semblent toujours embarrassés lorsqu’ils décrivent cette situation inextricable.

Car en définitive il est avéré que chaque camp se trouve à la fois responsable et coupable de la situation actuelle, à tel point qu’il est devenu aujourd’hui impossible de déterminer les torts de chacune des partie sans se perdre dans des considérations historiques qui n’ont même plus lieu d’être : depuis plus de soixante ans les choses ont bien changé dans la région, et il apparaît qu’un jugement des responsabilités, comme un retour aux frontières de telle ou telle date sont une aberration pratique. Aujourd’hui nul n’est plus en mesure de revendiquer un territoire clairement défini ; la solution à deux Etats semble plus qu’impossible à réaliser. Tandis que faire les comptes ne ramènera pas les milliers de morts inutilement sacrifiés.

J’ai toujours été frappé par l’absence de solution contenue dans un conflit armé : des troupes sont envoyées se battre contre d’autres troupes pour « sauver » chacun sa patrie, sans que jamais l’un des deux combattants n’extermine définitivement la population ennemie. Ceux qui disent vouloir la fin d’Israël veulent-ils la fin de tous les Israéliens ? Et ceux qui veulent se débarrasser des terroristes palestiniens veulent-ils exterminer tous les Palestiniens ? Car quittes à vouloir la guerre, pourquoi ne pas aller au bout de la logique ? Israël rayé de la carte, ou les Palestiniens définitivement massacrés, est-ce bien cette solution que veulent voir se réaliser les acteurs de ce drame qui dure depuis tant d’années ?

J’ai du mal à croire en cette volonté ; et quand bien même cela serait l’objectif affiché, il faut admettre que si d’un point de vue « pratique » Israël a les moyens pour détruire toute vie palestinienne, les terroristes Palestiniens ne font par leurs actions qu’empirer le sort de leur propre population. Mais qu’est-ce qui empêche donc les Israéliens de supprimer définitivement le « problème palestinien » si ce n’est « la morale » internationale, ou la peur de représailles extérieures ? Et qu’est-ce qui pousse les palestiniens à continuer leurs attaques si ce n’est justement la volonté de pousser Israël à se lancer dans une réaction qui ne serait que l’étincelle permettant des représailles espérées ?

Car si nous pouvons oser ici un peu de « tactique » politique, les Israéliens au pouvoir ont en réalité tout intérêt à ce que des roquettes tombent régulièrement sur leur pays, car ils continuent ainsi de susciter la pitié (et les subventions) d’autres pays comme les non-négligeables Etats-Unis, tandis que les Palestiniens ont eux tout intérêt à voir Israël envahir leur territoire pour susciter la réaction de leurs voisins déjà échaudés.

Mais que les hommes (les peuples, pas leurs dirigeants corrompus) réfléchissent une minute à la réalité objective de leurs comportements : les Israéliens désirent-ils VRAIMENT la mort de tous les Palestiniens, et sont-ils prêts à pratiquer un génocide ouvert sur cette population qu’ils considèrent comme dangereuse, et considèrent-ils que leurs vies valent moins que les leurs propres ?
Les palestiniens désirent-ils VRAIMENT que le conflit dégénère jusqu’à provoquer un chaos dont les victimes se compteront par milliers ?

Seulement si ce n’est pas le cas, alors il apparaît qu’en l’absence d’une telle volonté la guerre est tout simplement inutile ! Et si ce n’est que la peur des représailles qui les en empêche, alors ils n’iront jamais jusqu’au bout non plus. Car en définitive personne n’a plus aucun intérêt à continuer ce conflit ; seuls les dirigeants qui nous poussent à le croire ont un intérêt à cette perpétuation, qui ne fait qu’éloigner les peuples de leur humanité, et qui constitue peut-être pour les hommes de pouvoir le seul recours pour continuer à les exploiter, et pour le monde capitaliste le moyen de purger son système de la crise.

En réalité le seul moyen de trouver une solution qui satisfasse tout le monde n’est pas de préparer la guerre mais de faire la paix, avec un seul et même Etat ouvert dans lequel Israéliens et Palestiniens se mélangeraient jusqu’à oublier qui est qui. Et cette solution, les peuples ne doivent pas attendre qu’elle leur soit proposée par les dirigeants, il faut qu’ils la mettent en place eux-mêmes, maintenant.

Les peuples doivent se réveiller et dire non à leurs dirigeants. Non aux dirigeants palestiniens, non aux dirigeants israéliens. Ce qu’il faudrait leur montrer, ce qu’ils doivent montrer au monde, c’est combien de Palestiniens et d’Israéliens seraient capables de se retrouver, chacun de son côté du mur, pour défiler ensemble pour la paix, et exiger la destruction de ce mur, le faire tomber comme d’autres peuples ont fait tomber le leur avant eux. Car ce n’est qu’ainsi que la paix pourra se faire. En refusant une guerre qui n’est profitable qu’à leurs dirigeants meurtriers, et en faisant la paix par eux-mêmes et pour eux-mêmes.

La seule question qui resterait alors serait de savoir si une telle manifestation serait acceptée et autorisée par ces gouvernants, et si cette manifestation serait relayée par les médias. Pour le reste, il suffirait de faire confiance aux hommes, seuls capables de faire une paix qui ne soit pas une illusion.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Prospectives sur l’avenir : ce qui suivra le TSCG

Posté par calebirri le 3 octobre 2012

Aujourd’hui, à l’heure des cours de la bourse, un journaliste constatait une baisse des cours et analysait celle-ci comme la conséquence de l’absence de demande d’aide officielle de la part de l’Espagne. Les investisseurs seraient « déçus ». Réfléchissons un instant sur ce que cela signifie d’un point de vue économique (pour que la bourse remonte il faudrait donc que l’Espagne s’enfonce un peu plus encore dans la crise!), et regardons ensuite comment ce point de vue éclaire d’un jour nouveau le tableau européen qu’on veut nous imposer : ce n’est pas à la fin de la crise que travaille en réalité l’Europe mais à la formation d’un véritable Empire Européen -comme je l’avais déjà décrit ailleurs.

En réalité la construction européenne n’a jamais été destinée à rassembler les peuples autour d’un projet commun de société, mais simplement à maintenir l’illusion de sa puissance économique auprès des autres grandes puissances de ce monde. Cela fait déjà plusieurs décennies que le retournement du capitalisme a commencé, et ce n’est que par la corruption généralisée des élites qui gouvernent l’Europe qu’Elle a pu se maintenir au niveau des « véritables » grandes puissances. Ce n’est que par la dette, une dette illégitime qu’il lui est désormais impossible de rembourser qu’elle a pu se payer le niveau de vie que nous avons réussi à conserver jusqu’à maintenant.

Aujourd’hui on nous parle du « TSCG », du « MES », de solidarité européenne et de sacrifices inévitables pour retrouver la « compétitivité » (qui nous alignerait sur les niveaux de salaire et de protection sociale des Chinois). Mais l’austérité n’est pas l’objectif visé, en fait elle n’est que le moyen pour parvenir à cet objectif, qui est d’obtenir « légalement » de la part du peuple la formation de facto d’un Empire européen capable de rivaliser à forces égales avec les autres grandes nations du monde, celles qu’on devrait déjà appeler les « émergés » ; tout en dépossédant le peuple de la démocratie comme mode de gouvernance.

Ainsi, ceux qui nous gouvernent aujourd’hui « au nom du peuple » nous imposent par ce traité la création d’un régime non-démocratique au nom de la sauvegarde d’un système qui nous appauvrit, sans que la population ne puisse réagir autrement que par la violence (puisque les solutions « démocratiques » comme le référendum, les grèves et les manifestations n’ont plus de poids). Et ce n’est que « justifié » par cette violence délibérément organisée qu’un pouvoir autoritaire pourra ensuite se mettre légitimement en place et la répression se légaliser.

Car le traité ne réglera pas le problème de la dette, pas plus qu’il ne réduira les profits du monde de la finance. L’essentiel de ce traité n’est pas « l’austérité perpétuelle » (de fait déjà imposée par les marchés), mais bien plutôt la création de facto d’une entité de gouvernance économique européenne non-élue et non-indépendante, qui se sert de la crise pour asservir les peuples sans avoir à leur rendre des comptes une fois tous les quatre ou cinq ans : la stabilité donne confiance aux investisseurs, car les marchés aiment la stabilité politique.

Ce n’est qu’une fois les traités signés et la démocratie enterrée que l’Empire Européen entrera vraiment en action, ce qui lui permettra de discuter à armes égales du sujet qui deviendra alors brûlant dans le monde entier : celui de la monnaie. On nous reparlera alors de la paix, de la solidarité, de la croissance et du bonheur, et surtout du bancor. Ce Bancor que ceux qui se croient de gauche considèrent comme LA solution (car le bancor permettrait actuellement aux pays endettés d’annuler dans les changes une bonne partie de cet « argent qui n’existe pas » ; solution dont les « émergents/émergés » ne veulent pour le moment pas entendre parler), alors qu’il n’est en réalité qu’un autre moyen d’oppression des peuples.

En attendant, la crise entretenue par nos austères dirigeants affaiblira peu à peu les pays émergents qui eux-mêmes seront alors contraints de se résigner (par la force s’il le faut) à accepter cette nouvelle monnaie qui signifiera la fin d’un monde et le commencement d’un autre dans lequel ce ne sont plus les « pays du nord » qui s’affronteront avec « les pays du sud », mais l’application mondialisée d’un régime dans lequel les riches commandent aux pauvres, les forts imposent aux faibles, les maîtres disposent des esclaves.

Le seul point positif dans tout cela, c’est qu’à force de pousser chaque jour un peu plus les peuples à cette révolte qui signera la fin officielle de la démocratie s’ouvrira une sorte de « fenêtre temporelle », à travers laquelle pourront s’engouffrer d’autres courants que celui de la dictature et de l’oppression, comme celui de la révolution citoyenne et de la prise de conscience populaire. Il faudra alors être là, et il faudra être prêts.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Les Grecs ont perdu… mais les marchés n’ont pas encore gagné

Posté par calebirri le 20 juin 2012

Ce qui devait avoir lieu s’est produit : la Grèce a capitulé. Pas complètement encore, mais presque. Le pays qui se trouvait être le dernier rempart contre l’austérité (on devrait dire contre la baisse de nos conditions de vie) s’est laissé prendre par la peur d’une sortie de l’Euro ( que Syriza ne souhaitait d’ailleurs pas), et son peuple s’est couché face à la propagande éhontée des partisans de la rigueur. A peu de choses près paraît-il, mais qui pourra vérifier de toutes façons ?

Toujours est-il que comme en France, les Grecs ont préféré se soumettre que de se révolter, que de rentrer dans l’inconnu.

Mais aujourd’hui déjà nous savons tous que ce n’est pas suffisant puisque les bourses ne semblent pas totalement rassurées. L’Espagne inquiète, et très rapidement le « cas Grec » risque de s’effacer derrière celui-ci….

C’est que la partie n’est pas terminée : ces derniers jours des voix se font entendre de plus en plus fort pour réclamer le « fédéralisme européen », ou la « gouvernance européenne », ou « l’harmonisation fiscale, économique et politique »… Car le but des marchés n’est pas simplement de faire élire des dirigeants soumis à leurs volontés, mais bien de « légaliser » l’Empire européen que l’Allemagne appelle de ses voeux. Un empire capable d’imposer une politique économique compétitive susceptible de rivaliser avec les grandes puissances économiques mondiales. Et ce n’est que lorsque tous les dirigeants européens engageront leurs signatures au bas d’un texte juridique commun qu’ils seront définitivement rassurés.

En attendant, il faut pour eux continuer d’effrayer les peuples européens, afin que ces derniers permettent par leur adhésion volontaire au projet proposé de se défaire volontairement des régimes démocratiques en place, et puis surtout convaincre les dirigeants en place de se séparer de leurs prérogatives institutionnelles sur le plan national.

C’est la deuxième partie qui commence. Après avoir convaincu les peuples, les marchés doivent désormais convaincre leurs dirigeants, qui eux-mêmes sont poussés par de lourds appareils politiques incontrôlables et sujets aux revirements. Et devenir de simples « vice-rois » ne doit guère les enchanter.

C’est sans doute la raison pour laquelle les tensions sur les emprunts d’Etats se font si fortes actuellement en Espagne, qui ces derniers jours ne semble pas prête à coopérer totalement. Car il faut dire qu’en prêtant à des taux si élevés, les banques menacent directement les dirigeants qui n’ont d’autre choix que de s’exécuter : à partir de maintenant celui qui n’exécutera pas le programme défini par le pouvoir financier se trouvera immédiatement sanctionné.

Le rôle dévolu aux gouvernants nationaux se limitera donc à servir de fusible entre les marchés et le peuple, pour lui imposer de payer sans lui laisser la possibilité de contester.

Et c’est donc avec certitude qu’on peut envisager pour l’Europe, à la suite du traité sur la « règle d’or » qui sera bientôt ratifié, une proposition prochaine, émanant des marchés et défendue par l’Allemagne, d’un texte contraignant juridiquement les Etats à soumettre directement leur souveraineté aux exigences non pas du peuple mais des acteurs de la finance, et auquel certains chefs d’Etats puissants comme monsieur Hollande et sa « croissance » (qui n’est qu’un mot qu’on peut qualifier négativement si on le désire) ne sont pas forcément opposés, mais pressés par leurs peuples de le refuser.

Qui pourra maintenant l’empêcher ? Alors qu’on redoute en France « l’hégémonie » rendue possible par la prise en main de tous les pouvoirs par le PS, c’est en réalité ce dimanche l’hégémonie des marchés sur l’Europe toute entière qui a été hier validée par le peuple Grec ! Et alors que certains « fins analystes » criaient victoire des dimanche, les peuples d’Europe ont perdu avec les Grecs tout espoir d’empêcher ce qui va suivre. Comme nous l’avons fait au soir du 10 juin en France. Que nous reste-t-il à présent ?

La certitude que le changement ne viendra pas des urnes, ce qui retire une option pour l’avenir. Ce sera donc soit la guerre, soit la dictature, soit la révolte populaire.

Malheureusement la violence est inscrite dans chacune de ces options, car en procédant ainsi les marchés entrainent une rancoeur de la part des citoyens envers leurs dirigeants, tandis que les dirigeants sont eux-mêmes contraints par les marchés d’imposer aux peuples des sacrifices qui acculent les citoyens à la misère. Quand quelqu’un vient vous prendre ce que vous avez alors que vous n’êtes pas d’accord, les réactions possibles face à cette agression sont soit de recourir à la justice, soit de se soumettre, soit la violence.

Mais si l’empire est légalisé et le traité signé, ne resteront que la soumission ou la violence. Sauf que ce que les marchés oublient, et c’est là le point crucial qui fonde l’erreur du capitalisme, c’est le facteur « humain », qui n’est pas rationnel dans ses comportements : car à moins qu’il ne se décide volontairement, pour redevenir compétitif, de voir ses conditions de vie se dégrader jusqu’à atteindre celles des « canons » de la concurrence des pays émergents, l’homme poussé à bout finira toujours par se révolter : c’est qu’il est beaucoup plus difficile de renoncer à ce que l’on a acquis que d’acquérir ce qu’on ne possédait pas. Et perdre la liberté après l’avoir connue, cela est difficile à supporter…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, la démocratie, misère, mondialisation, révolution?, relations internationales | 8 Commentaires »

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