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Choisir son camp [réponse à Paul Jorion]

Posté par calebirri le 27 juillet 2014

Que ce soient droite ou gauche, Palestiniens et Israéliens, Russes ou Américains, capitalistes ou anti-capitalistes, libéraux ou conservateurs, musulmans, chrétiens ou juifs, gentils ou méchants… il apparaît qu’en toutes les matières il faille choisir son camp ; et qu’en général on a tendance à choisir celui qui nous paraît être celui des gentils. C’est en fonction des informations que nous recevons que le citoyen est amené à se faire une opinion ; à travers donc ce que nous transmettent les médias… dont les propriétaires sont bien entendu indépendants et objectifs.

Ensuite, et pour savoir si la personne avec qui l’on communique, ou qu’on entend s’exprimer est « de notre camp » ou pas (il ne faudrait pas parler à un « méchant » quand même, surtout si ce qu’il dit nous paraît cohérent), pour savoir s’il ne nous abuse pas par ces paroles, comme si ce qu’il était (ou l’endroit d’où il parle) était plus important que ce qu’il disait. On veut savoir d’où il parle pour pouvoir dire « je pense comme lui » ou « il pense comme moi », pour adhérer au message reçu (cela ne nécessite donc pas de se faire une opinion personnelle mais juste l’effet d’un panurgisme beaucoup moins fatigant).

Monsieur Jorion semble pris à parti pour son « manque d’engagement » dans l’un ou l’autre de ces camps, mais à vrai dire cela est plus compliqué qu’il n’y paraît : car il se trouve que monsieur Jorion n’appartient sans doute à aucun camp, même si chacun voudrait bien se l’approprier (même les décroissants !).

Mais quelle est cette manie de vouloir séparer le monde en deux camps ? la propagande de nos gouvernements a-t-elle vraiment sur nos esprits le pouvoir de nous faire devenir de parfaits abrutis ?
Qu’est-ce que ça veut dire un camp ? N’est-ce pas une communauté fermée ? Et puis que signifie « appartenir à un camp » ? à l’heure où l’on condamne le communautarisme il faudrait qu’on en choisisse un ? Mais ce n’est pas si simple, même pour les adeptes binaires du « pour » ou « contre » : les partisans d’un camp sur un sujet peuvent se trouver en même temps d’un « autre camp » sur un autre sujet qui entre en contradiction avec le sujet précédent et ainsi de suite… Et puis il y a ceux qui comme Paul Jorion ne sont dans « aucun camp » : entre la peste et le choléra, il ne veut pas choisir. Mais ceux-là on n’en veut pas, ou on refuse de les entendre. Il faut choisir un camp, on vous dit !

Pourtant le « camp » de ceux qui ne choisissent pas est sans doute le plus nombreux : on peut être à la fois contre la politique israélienne et contre le Hamas, contre celle des Etats-Unis tout autant que contre celle de la Russie, et n’être ni de droite ni de gauche… Et c’est même beaucoup plus sain : au lieu d’entretenir la haine des uns par celle des autres dans un cercle vicieux macabre, il existe un endroit « en dehors » de ces débats qui se terminent en comptes d’apothicaires sur le nombre de morts. Il se situe en réalité dans une opinion mesurée et raisonnable que tous les dictateurs en herbe détestent qu’on choisisse, car elle signifie une hauteur de vue qui nuit à la soumission générale de l’opinion publique vis à vis de la propagande médiatique.

La théorie – enfin les théories – du complot sont en effet bien utiles aux gouvernements qui tentent de nous faire croire que le monde est divisé en deux camps dont l’un est le camp des gentils et l’autre celui des méchants. Pourquoi faudrait-il se ranger à l’une ou à l’autre de ces opinions extrêmes ? Nos gouvernants extrémisent volontairement les opinions pour créer les dissensions et envoient ainsi des leurres qui empêchent aux peuples de voir que la bataille n’est pas économique mais idéologique. Alors qu’en réalité les riches sont en train de se battre contre les pauvres, et les riches sont en train de gagner cette guerre, comme l’a très bien dit Warren Buffet.

On voudrait que Paul Jorion soutienne celui-ci ou celui-là, ainsi on pourrait l’étiqueter franchement, par amalgame, à tel ou à tel « camp ». C’est d’ailleurs à cela que servent les trolls, à vous « étiqueter » : si vous êtes contre le massacre des Palestiniens vous êtes pour le Hamas et ses roquettes, si vous défendez le droit aux Israéliens de vivre sans la peur des roquettes vous êtes un néo-conservateur à la solde des Etats-Unis. On en arrive ainsi à des aberrations : vous pouvez tout à la fois être par amalgames un « fasciste de gauche » ou un « rouge-brun », et même pourquoi pas un « juif-antisémite » !

Mais il ne faut pas choisir un camp. Je suis personnellement contre la mort des enfants palestiniens ET contre celle des enfants de tous les autres pays, Israël compris. Je suis contre le complot russe ET contre le complot américain. Et je me fiche de tous ceux qui me traiteront de lâche ou de tout ce dont on voudra bien me qualifier. Je souhaiterais plutôt qu’on enferme entre quatre murs tous ces messieurs corrompus qui s’appuient sur la haine et la violence pour conserver leur pouvoir, afin qu’ils ne puissent plus jamais décider d’envoyer des êtres humains se battre contre d’autres êtres humains.

Rendez-vous compte : le jour où les hommes décideront de ne plus choisir de camp ils ne voteront plus ni à gauche ni à droite, ils ne manifesteront plus ni pour la Palestine ni pour Israël mais tous ensemble pour la paix, et alors nous pourrons avancer : il n’y aura alors plus qu’un seul camp !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans relations internationales | 38 Commentaires »

Il ne s’agit pas de valeurs ni de complot mais bien de calcul

Posté par calebirri le 13 mars 2014

Les événements actuels ne laissent pas beaucoup de place au doute : pour de plus en plus de gens, le monde est dirigé par un petit groupe d’individus mûs par une idéologie fondée sur des valeurs qu’ils veulent de gré ou de force imposer aux plus grand nombre pour leur propre satisfaction, à travers un « grand complot mondial ».

Pourtant, il se dégage plusieurs éléments qui entrent en contradiction avec cette vision, pour attrayante qu’elle soit : car il n’y a pas UN complot mais cent, mille ; sauf que l’accumulation de « petits » complots n’en fait pas pour autant un « gros ». Et l’instauration progressive de deux grands « blocs » opposés « idéologiquement » prouve qu’il en existe au moins deux.

Mais si on parle d’idéologie on se doit de parler de « valeurs », et force est de constater que de valeur il n’y a point ; car en réalité les prétendues valeurs auxquelles se réfèrent les « complotistes » de tous bords (puis qu’apparemment il faut choisir) ne sont que de la poudre aux yeux. Il n’y a plus de valeurs car il n’y a plus de morale, plus de « bien » ni de « mal ». La seule valeur qui vaille est la soif du profit, car dans le cadre du système capitaliste ce ne sont pas les hommes qui ont de la valeur mais les objets. L’individualisme n’est en lui-même pas une valeur mais un calcul. Et tous les complots qui visent à la satisfaction de cet individualisme ne sont en réalité que des calculs faits en dehors de toute morale, suivant les principes d’un système auxquels nous sommes tous soumis malgré nous : le capitalisme – qui est je le rappelle amoral, et non pas immoral.

Et de fait, il n’y a qu’à se pencher un peu sur les événements qui font « l’actualité » pour se rendre à l’évidence : Le cas ukrainien en est un symbole évident, pour peu qu’on veuille bien s’attarder un peu sur les motivations de chaque camp en présence : s’il y a d’un côté le complot russe (ou russo-chinois ?), et d’un autre le complot américain (ou américano-européen, symbolisé par le « Grand Marché Transatlantique »), quels sont les objectifs de chacun si ce n’est celui d’obtenir de cette confrontation le maximum de retombées financières ? On voudrait nous faire croire qu’il faut « choisir son camp », mais en réalité derrière l’apparence d’idéologies contraires (j’aimerais bien savoir lesquelles) se cache tout simplement la défense des intérêts financiers, et rien de plus.

Et si le complot explique le moyen utilisé par tel ou tel camp pour dominer l’autre, la finalité n’est pas l’instauration d’une dictature mondiale ou la défense du bien contre le mal mais tout simplement le résultat d’un calcul d’intérêts bien compris de part et d’autre de ce qu’ils doivent faire pour continuer d’engranger des profits.

IL n’y a qu’à voir comment nos politiques provoquent l’islamophobie tout en commerçant avec des régimes islamiques, comment ils défendent officiellement la démocratie tout en préparant secrètement la pire des dictatures : ce n’est pas un complot mais un calcul. En trompant le peuple sur leurs véritables motivations (le profit donc), ils se servent de leurs prétendues valeurs pour se faire élire puis se pressent de les abandonner pour commercer. Mais ne peut-on pas être à la fois contre le gouvernement européen sans refuser l’Europe, contre le gouvernement israélien sans dénigrer les juifs, contre la Russie sans préférer les Etats-Unis, ou contre les Etas Unis sans soutenir la Russie – moi qui croyais qu’être contre la fin d’une dictature ne signifiait pas pour autant le soutien à une nouvelle (et réciproquement) !

Et quand Goldman Sachs triche ou ment pour gagner plus d’argent, il n’y a pas complot mais bien calcul : si l’amende qu’il paiera une fois découvert est moins grande que ce qu’elle a gagné avec des méthodes illégales, ce n’est ni bien ni mal mais simplement rentable. Un point c’est tout. Et même si des gens au bout de la chaîne se retrouvent mourir de faim par milliers. Juste un calcul.
Et c’est ainsi qu’il faut comprendre aussi les manipulations du Libor ou d’autres arnaques du même style : c’est un calcul, pas un complot !

On veut surveiller et contrôler internet plutôt que de le laisser libre car il est plus rentable de tricher secrètement que de prendre le risque de voir les « petits » arrangements étalés au grand jour sur la toile par des Snowden ou des Assange ? Mais s’il fallait un jour se résigner à supprimer internet plutôt que de gagner des milliards avec le « big-data » ils n’hésiteraient pas. Chacun y voit son propre intérêt, ou celui de sa caste, et puis c’est tout.

Après viennent toute une batterie d’économistes plus ou moins éclairés mais qui tous font l’erreur majeure de croire eux-aussi au calcul : il est plus rentable de sortir de l’Euro que d’y rester, il est plus rentable de tuer les vieux que de les soigner, il est plus rentable de spéculer que de financer l’économie… Alors même que l’Histoire toute entière n’est qu’une succession d’erreurs de calculs ! C’est que depuis si longtemps on a oublié que derrière les chiffres il y a des hommes qu’on ne se rend même plus compte de la vanité, voire de la stupidité qu’il y a à vouloir calculer le taux d’intérêt payé pour un crédit automobile dans 15 ans selon que l’on sera sorti ou non de l’Euro ! Alors on préfère la certitude d’un calcul faux à l’incertitude d’un monde incalculable : cette vérité est si difficile à entendre et à envisager qu’on préfère fermer les yeux et nous soumettre à un système inhumain.

Mais si les choses s’expliquent plutôt bien avec le complot, elles s’expliquent simplement mieux (et totalement) par le calcul : il était inévitable que nous en arrivions là, car c’est l’erreur même de ce système. Le système fonctionne de lui-même et entraîne à sa suite tous les drames qui sont la somme des comportements individuels induits par une théorie erronée, absolument amorale et inadaptée à l’être humain. A force de calculer, les hommes qui ont perdu le contact avec la réalité, et oublié que la valeur d’un homme est incalculable, se perdent dans leurs calculs jusqu’à en oublier qu’ils sont des hommes. Fukushima n’est que le résultat d’un calcul, la misère et la guerre aussi. La dictature en est un autre : comme disait Asimov dans « Fondation », « la violence est le dernier refuge de l’incompétence ».

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, politique? mensonges, relations internationales | 6 Commentaires »

Le chaos qui vient

Posté par calebirri le 9 décembre 2013

J’ai évoqué récemment à quoi pouvait servir le QE (Quantitative Easing), en émettant l’hypothèse d’un chaos lorsque celui-ci cessera d’être massivement utilisé.
Il semble aujourd’hui qu’on puisse faire quelques remarques prospectives à propos des conséquences géopolitiques de la fin de cette « politique » de dévaluation déguisée de la monnaie : avec plus de 1300 milliards de dollars de bons du Trésor américains, les Chinois (comme tant d’autres) sont liés à la valeur de cette monnaie. Cela signifie que si le dollar perdait soudainement de sa valeur, la valeur des bons détenus par la Chine en dollar baisserait d’autant. Sur 1300 milliards, une perte de 10 % signifie 130 milliards de perte. Il n’est qu’à imaginer les répercussions d’un crack boursier sur tous les pays qui possèdent du dollar en grandes quantités pour se faire une idée du chaos qui suivrait.

Mais si la catastrophe financière peut se produire en quelques heures à peine (encore que j’imagine que les bourses seront rapidement fermées au moindre signe de panique qui suivra l’annonce d’un assouplissement trop rapide du QE- et aussi pour éviter le bankrun – tout cela avant de ponctionner directement l’épargne des ménages), il faut comprendre que d’un point de vue géopolitique, les grandes puissances concernées préparent depuis quelques années déjà les réponses stratégiques à apporter lorsque tout s’effondrera. Nous croyons toujours qu’ils ont « un coup de retard », alors qu’en réalité ils ont un coup d’avance.

Et c’est ainsi qu’il faut comprendre les événements qui se jouent aujourd’hui :

-désir de protectionnisme et de nationalisme (montée de l’extrême-droite, sortie de l’Euro; ou de l’Europe)
-montée des tensions religieuses pour faire naître la peur et la méfiance entre les communautés ; et préparer l’opinion publique à de futurs conflits internationaux qui se feront sous prétexte religieux.
-montée des politiques sécuritaires et de surveillance généralisée des populations au nom de la sécurité d’un monde qu’ils contribuent à rendre dangereux (comme avec les drones)
-entraves à la liberté d’expression par le contrôle des médias (surtout internet et sa liberté) et la censure pour éviter les futures révoltes populaires.
-aggravation des politiques de rigueur qui énervent les liens sociaux en permettant une tension extrême dans le monde financier, et qui autorisent les riches à se mettre à l’abri (baisse des prestations sociales, augmentation des bénéfices des grandes entreprises, mise en confrontation et en opposition des différents « régimes » sociaux ou « communautaires »).
-pénalisation des citoyens « alternatifs » et contestataires (Snowden, Manning, Assange, des gars comme le maire de Marinaleda).
-réformes législatives qui visent à légaliser les futurs « sacrifices » qui seront imposés aux citoyens (retraites qui passent à 69 ans en Angleterre !, chômage en hausse avec « obligations » de travail…)
-recherches de débouchés économiques (comme en Afrique avec le Mali ou tout récemment en Centrafrique)
-réarmement généralisé et recherches d’alliances (comme avec l’Ukraine)

Car il faudra bien l’admettre, la situation du monde se trouvera boulversée totalement le jour où les Etats-Unis tomberont.
Les risques de guerre seront alors maximum, d’autant que la puissance des Etats-Unis ne sera alors plus que militaire. Et la rancune de leurs créanciers à la mesure des pertes qu’ils subiront. Et nul doute que la Chine sera la première concernée, elle dont les dépenses militaires ont désormais dépassé celles des Etats-Unis.

En attendant ces sombres heures, nous ne pouvons malheureusement pas faire grand chose. A part tenter de sauvegarder le peu de libertés qu’il nous reste, ou espérer que les choses ne tournent pas trop mal ; et peut-être même envisager de préparer le « monde d’après », celui qui viendra.

Ne serait-ce que pour offrir aux générations suivantes une alternative aux dictatures qui sont si simples et si pratiques à instaurer au regard des efforts qu’exige la mise en place d’une véritable démocratie.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, misère, mondialisation, relations internationales | Pas de Commentaire »

Les guerres ne sont jamais de religion

Posté par calebirri le 2 septembre 2013

Quand on fait le compte, il apparaît qu’en définitive le nombre d’années durant lequel l’Europe s’est trouvée engagée dans des guerres dépasse celui passé en paix. Et à y regarder de plus près, on s’apercevra aussi d’une chose : la plupart ont été conduites au nom de la religion. Cela signifie-t-il pour autant que la religion est cause de tous nos maux ?

Pas si sûr, car en réalité les guerres du passé n’ont toujours eu qu’un seul et même but : l’argent et le pouvoir. Le pouvoir conféré par l’argent, l’argent qui conduit au pouvoir, l’argent qui vient du pouvoir et qui va au pouvoir… Il existe d’ailleurs une relation étrange entre le pouvoir et l’argent : comme une sorte de cercle vicieux (ou vertueux dirons certains), l’un conduit à l’autre qui conduit à l’autre… Jusqu’au délire totalitaire : le désir de « toujours plus » de pouvoir et de richesse est le rêve absolu de tout tyran en devenir.

C’est cet appétit du pouvoir et de la richesse qui conduit nos dirigeants dans leurs actions bien plus que leur morale ou leur idéologie (ils font bien du commerce avec leurs « ennemis »), comme autrefois nos rois ou nos pharaons ne se croyaient pas réellement « de droit divin », pas plus sans doute que nos papes ne se croyaient eux-mêmes portés par la Providence divine : gouverner c’est prévoir – et à ce jour personne ne semble en mesure de certifier avoir été directement dirigé par la main de Dieu (les échecs de nos civilisations successives sont là pour le prouver, et les imputer à Dieu serait faire offense à Sa perfection !).

Non, tous ces hommes ne font que de la politique : car s’ils faisaient de la religion, ils ne rechercheraient ni richesse, ni pouvoir…

Et c’est à force de corruption (pour « arriver » ou pour se faire élire) que nos gouvernants entraînent peu à peu leurs peuples dans la misère et établissent « inconsciemment » les conditions d’une crise financière telle que chaque génération semble devoir en connaître. Pour ne pas que le peuple se retourne contre un gouvernement allié aux riches (pour l’instant…), ils protègent leurs mensonges par d’autres mensonges plus gros, leurs vols par d’autres vols plus grands encore… jusqu’à ce que les caisses soient vides, et le ventre de leurs administrés aussi. C’est à ce moment que la crise survient chaque fois, quand les pauvres finissent par s’apercevoir de la supercherie. Les tensions augmentent d’abord nationalement, par l’intermédiaire de la stigmatisation de quelques minorités sociales (les roms, les musulmans…) qui sont souvent pauvres et mal intégrées car souvent d’origine étrangère. C’est que l’étranger possède pour un gouvernement cet intérêt d’être faiblement représenté, et de coutumes ou de culture différentes, mal connues et par conséquent souvent mal acceptées : il est bien plus facile de rassembler contre « eux », et de leur taper dessus « ensemble ».

Et la religion est bien souvent le point d’accroche par lequel un gouvernement rassemble pêle-mêle ceux qui deviendront bientôt des boucs-émissaires, car elle permet de « ratisser large » ; et tandis que les grandes religions font les grands conflits, les divisions au sein d’une même religion font les guerres civiles.

Dans un état de crise économique, si les gouvernements ne veulent pas voir leur domination affaiblie, ils se doivent de créer les conditions d’un conflit susceptible de les conduire soit au maintien de leur position, soit à rechercher des débouchés économiques « ailleurs »…

Mais le problème d’aujourd’hui, c’est que le monde est si « interconnecté » que la colonisation ou l’invasion ne sont plus aussi simples qu’auparavant : la raréfaction des ressources disponibles et l’état économique de la plupart des « grands » pays obligent aujourd’hui à la prudence car tous sont également intéressés par ces nouveaux « débouchés ». Et le jeu des alliances constitué par une pyramide d’intérêts cumulés rend possible une réaction en chaîne à partir d’une « petite » étincelle, comme la Syrie pourrait en être l’exemple…

On le voit ces derniers temps d’ailleurs : prêts il y a quelques jours à peine à frapper « sans preuve » (quand on sait ce qu’elles valent mais c’est un autre sujet), et surtout sans véritable appui de la part de l’opinion publique (n’a-t-elle pas du mal à digérer le fait qu’on lui refuse toute amélioration de sa condition quand on s’apprête à dépenser des millions pour une guerre dont on ne connaît ni les gentils ni les méchants ?), nos bons soldats de l’ingérence humanitaire (qu’elle soit légitime ou pas) ont rapidement fait marche arrière… auraient-ils reçu quelque menace sérieuse leur intimant de ne pas y aller, ou du moins pas tout de suite ? En tous les cas, il apparaît que les rapports de force ne sont plus aussi favorables aux « occidentaux » qu’ils l’étaient il y a peu… seront-ils contraints de s’y lancer malgré tout, et l’opinion publique se laissera-t-elle encore berner une fois de plus par des prétextes fallacieux tels que la défense des droits de l’homme, la religion et toutes ces autres valeurs sur lesquelles nos gouvernements se sont assis depuis des siècles ?

Pas facile de le savoir aujourd’hui, mais une chose est sûre cependant : internet est la clé, le nœud de toute cette affaire : comme on l’a vu récemment avec les lanceurs d’alerte comme Snowden ou Assange, ou la déclassification « forcée » de certains documents attestant de la duplicité du gouvernement des Etats-Unis, internet est en même temps le moyen de propagande destiné à conduire le peuple vers la guerre et celui capable de l’empêcher par la dénonciation publique les mensonges et les tromperies de nos gouvernants. La fin de l’internet libre signera le début de nos malheurs et celui du retour de la guerre… non pas pour un Dieu ni même pour une idée, mais bien pour le pouvoir et la richesse de quelques uns : ils préfèreront l’injustice, ou le chaos.

Caleb Irri
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Les riches ne paieront pas : ils préfèrent l’injustice, ou le chaos

Posté par calebirri le 10 août 2013

Le titre du « Le Monde week-end » daté du 10 août est : « Europe : la fragilité des banques menace la reprise ». Je n’en reviens pas ! Avec les bénéfices qu’elles se font sur le dos du particulier, les tricheries dont elles profitent et le peu d’impôts qu’elles paient, les erreurs et les mensonges dont elles sont responsables, l’argent qu’elles ont déjà reçu, les difficultés qu’elles font aux emprunteurs et les frais bancaires qu’elles appliquent à ceux qui n’en ont pas les moyens, « Le Monde » nous apprend qu’elles sont « fragiles »… Et que cette fragilité menace la reprise ! Mais quelle reprise ?

C’est quand même un peu fort ! non seulement on veut nous faire croire à la « reprise », mais en plus on nous prépare à aider les banques une nouvelle fois ? Car que veut dire ce titre si ce n’est : « la reprise est là, mais comme les banques (les pauvres petites) sont fragiles, cela menace cette reprise. Si nous aidons les banques à devenir moins fragiles (en leur donnant encore de l’argent, ou des nouveaux droits…), cela signifie donc que rien ne menacera plus la reprise ». Mais de qui se moque-t-on ?

Alors que ce sont justement les banques (et non pas leur fragilité) qui ont conduit à la crise, et que c’est bien elles qui constituent une menace non pas pour la reprise mais bien pour les plus fragiles, on voudrait nous apitoyer sur le sort de ces entreprises dont les pratiques sont sans doute parmi les plus choquantes.

Quelle pitié !

Mais derrière cela il y a une autre information qu’on peut y lire : les gouvernants européens ne lâcheront rien. Plutôt que de se confronter à une réalité qui les dépasse (la prise en compte du retournement capitaliste et l’inévitable aggravation de la crise, le mécontentement populaire ou les tensions internationales), ils continuent à ne pas vouloir (ou ne pas pouvoir, je ne sais lequel est le plus terrible) faire payer les responsables, c’est-à-dire à laisser ceux qui le doivent faire faillite, craignant (peut-être à juste titre) de voir le scénario « château de carte » se réaliser et l’Europe (avec sa prétendue puissance) s’effondrer.

C’est ici que le lien se fait avec l’international, et qu’il nous faut accepter le fait que la balle n’est déjà plus dans notre camp : il n’y aura pas -ni en Europe ni aux Etats-Unis- de « Grand Soir », pas plus que de « réelle démocratie » ou d’Assemblée Constituante. Pas plus qu’en Tunisie ou en Egypte, en Syrie ou en Libye la démocratie ne l’emportera. Pas plus qu’elle ne l’a emporté en Irak ou en Afghanistan : rien de tout cela n’arrivera. Il ne faut pas se leurrer, la situation nous dépasse, et il est sans doute déjà trop tard . Les mécanismes complexes d’une si grosse machine qu’est le monde en marche fonctionnent sans qu’on puisse les arrêter, et seule une vision globale des dynamiques des grands ensembles peut permettre de se faire une idée des événements à venir.

Car puisque les riches refusent de prendre leurs pertes, et que les politiques refusent de voir les Etats « riches » assumer leur véritable (im)puissance au sein d’un monde « retourné », la politique actuelle de planche à billets va continuer jusqu’à entraîner les autres puissances dans un tourbillon qui ne leur laissera que deux choix : la soumission, ou le conflit. Les Etats riches posent donc les règles, en accord avec les financiers (pour l’instant) et aux autres ensuite de faire leur choix. C’est d’eux, les « émergés », que viendra la véritable décision : il se peut qu’ils ne nous plaisent ni l’un ni l’autre mais c’est ainsi : nous avons laissé passer notre chance.

Mais que cela ne nous inquiète pas : car en définitive même si nous croyons toujours vivre une époque « extra-ordinaire », nous ne faisons que répéter les mêmes réflexes d’une génération à l’autre : la crise est en réalité un état permanent, et il est presque « naturel » que sur une vie de 80 années l’Homme connaisse et la guerre et la crise économique ; ce qui me console presque puisque cela signifie que si l’Histoire se répète toujours, cela prouve également que l’homme est en réalité imperméable au conditionnement puisqu’il fait toujours les mêmes erreurs ; et que la vie finit toujours par reprendre le dessus… Alors face à cette nouvelle (à demi) réjouissante, que sont cinq ans de guerre, ou même 10, qui cela peut-il effrayer ? 10 % de votre vie ce n’est pas grand chose après tout, des économistes diraient peut-être même que c’est un bon rapport « bénéfice/risque » !
Et puis c’est du gagnant-gagnant : au pire les morts, les destructions, les productions engendrés par la guerre seront des retraites en moins, des chantiers en plus, de la productivité… De la croissance, enfin ! Et au mieux la perpétuation d’un système injuste dominé par les « Occidentaux » au détriment des pauvres des autres nations moins puissantes… mais ils doivent être habitués, n’est-ce-pas ?

Alors elle est pas belle la vie ? Juste un éternel recommencement…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, chroniques du futur, crise, La voie des peuples, medias, misère, relations internationales | 11 Commentaires »

Offshore leaks : citoyens, ne vous réjouissez pas trop vite…

Posté par calebirri le 7 avril 2013

Il y a l’affaire Cahuzac. Et il y a l’affaire « offshore leaks ». Et puis il y a aussi l’amnistie fiscale dont les parlementaires Français (et leurs « amis ») vont sans doute profiter bientôt, unis comme un seul homme.

Car ce n’est peut-être pas pour rien que le calendrier des événements est si serré, et qui expliquerait pourquoi monsieur Cahuzac a « tout (?) balancé » juste avant les révélations du « offshoreleaks » : il savait que son nom allait sortir, car cela fait un moment déjà que les journalistes travaillent sur ces listes (12 ou 15 mois je crois). Mais si les journalistes étaient au courant et que monsieur Cahuzac l’était aussi, alors tout le gouvernement savait inévitablement.

Mais nous aussi, les citoyens, nous savons tous que nos politiques sont complices de ce genres d’activités : ce sont eux qui les légalisent, qui les protègent, et qui n’ont jamais rien fait pour les faire supprimer (contrairement à ce qui a été dit).

Aujourd’hui on voit fleurir des articles stupéfaits nous « apprenant » comment fonctionne le système : très bien, mais nous savons cela depuis un bon moment déjà : l’évasion fiscale a été décrite à de nombreuses reprises, par de nombreuses enquêtes qui ont donné lieu à de nombreux ouvrages, des rapports, des scandales… et puis alors ?
Denis Robert nous a déjà tout expliqué par le menu : les paradis fiscaux existent pour blanchir l’argent sale (trafics d’armes, de drogue, d’êtres humains, corruption, jeux, prostitution…), et les chambres de compensation comme Clearstream sont le lieu par lequel TOUTES les transactions du monde transitent : on sait d’où vient l’argent, par où il passe et où il va, et de quelle poche à quelle poche l’argent transite.

Il suffirait donc d’ouvrir les lignes de compte de ces chambres de compensation pour que les masques tombent « définitivement ». Ce que personne dans aucun gouvernement du monde n’a évidemment intérêt à faire : car cela ouvrirait la voie à l’explosion du système en même temps qu’une révolution sociale sans précédent.

Que reste-t-il donc aux peuples pour faire émerger la vérité ?

Le chaos engendré par un bankrun ? Mais même ce moyen de pression lui a été retiré officiellement à l’occasion de la crise chypriote (tiens, un paradis fiscal !)…

La justice alors, dont on apprend qu’elle est entravée (et dénoncée !) par ceux-là mêmes qui sont censés lui apporter des informations ?

Et les journalistes ? peut-on compter sur les promesses d’un offshoreleaks dont on apprend que finalement ils ne sortira rien ? Car je doute que la dizaine de noms promise par le monde, ainsi que la frilosité étonnante des « rebelles » des autres pays nous expliquent comment 50 milliards d’euros s’échappent de France chaque année, et 1000 milliards au niveau de l’Europe ; chiffres incroyables d’ailleurs, juste ce qu’il manquait à nos budgets après qu’on a ponctionné cette somme sur les ménages européens… Et personne ne veut faire de rapprochements ?

Mais au fait, sommes-nous vraiment certains de vouloir savoir ?

Sommes-nous prêts à comprendre que les sacrifices qu’on exige des peuples sont les conséquences de l’accaparement des richesses par quelques uns, que cela constitue un vol, que tous ceux qui organisent, soutiennent et profitent de l’évasion fiscale sont des criminels qu’il faut punir, que tout cela est aberrant et proprement scandaleux, inacceptable ?

Mais posez-vous quand même cette question : à votre avis pourquoi les journalistes ne publient-ils pas les noms qu’ils possèdent, et qu’est-ce qui les en empêche ? Pourquoi les politiques veulent-ils une amnistie fiscale pour leurs collègues et amis ? pourquoi aussi assiste-t-on à cette diabolisation soudaine des paradis fiscaux, juste après la crise chypriote et juste avant l’effondrement total du système ?

Et bien je vais vous le dire moi, ce qui se trame : nos riches ont compris à Chypre qu’ils ne reverront pas tout leur argent, et que les paradis fiscaux sont ceux qui s’effondreront les premiers. Et ils cherchent donc par tous les moyens protéger non pas les petits épargnants mais bien… leur pognon. Et c’est à cela que sert le « Offshoreleaks » : loin d’être un avertissement à l’encontre des voleurs, il est en réalité un signal envoyé à tous les tricheurs, les menteurs et les escrocs qui sont encore une fois en train de nous rouler dans la farine… Les riches de tous les pays savent aujourd’hui qu’il faut au plus vite rapatrier leurs avoirs dans des pays plus « sûrs » avant que le bateau coule par là ou il penche… d’où la proposition de loi sur l’amnistie fiscale !

Nous allons donc assister ces prochains jours ou semaines, à des transferts massifs d’argent sortant des paradis fiscaux, précipitant ainsi la chute de tous les paradis fiscaux en difficulté… On légiférera alors pour « punir » les mauvais élèves, et puis le monde s’apercevra qu’il n’y a plus rien là-bas… Les peuples paieront une fois de plus la facture.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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