Après le débat, on leur dit quoi aux Musulmans ?

Posté par calebirri le 3 avril 2011

Il y a ceux qui sont pour, et puis il y a ceux qui sont contre. Et puis il y a le reste, c’est à dire la majorité des citoyens, qui s’en foutent éperdument. Mais le débat sur l’Islam, renommé « débat sur la laïcité », aura bien lieu, et ce malgré tous les « débats » justement lancés sur sa tenue- ou pas. Une chose est sûre cependant, c’est qu’à cette occasion les masques sont tombés, comme je l’avais déjà fait remarquer à l’occasion des cantonales. Au sein de la majorité présidentielle des voix se font discordantes, et c’est tant mieux : le pouvoir du président sur la majorité s’effrite, et on commence enfin à trouver qu’il va trop loin.Car ce débat sur l’Islam, susceptible de remettre en cause la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, fait aujourd’hui peur à ceux-là mêmes qui ont compris où le chef de l’Etat voulait les conduire :  c’est-à-dire la stigmatisation des Musulmans, avec comme objectif la création d’un « bouc-émissaire » économique, à travers l’utilisation des évènements actuels pour détourner l’attention du peuple des véritables responsables de l’état du monde : les gouvernants eux-mêmes.

En mettant en place ce débat, il sera donc question de l’Islam, afin de savoir si cette religion convient ou non à la définition qu’on voudrait faire de la laïcité, et par conséquent si cette religion pose ou non un problème vis à vis des valeurs que prétend défendre la France.

Je ne reviendrai pas ici sur les définitions de la laïcité, ni même sur l’interprétation que l’on peut faire de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, je n’en ai pas les compétences, et d’autres le font bien mieux que moi. Mais je voudrais m’intéresser à ce que ce débat pourrait entraîner comme conséquences : car s’il y a débat, il y a conclusion du débat, et théoriquement réponse à la question : y a-t-il un problème musulman en France ?

Si la réponse est « non », alors nous rentrerons tous chez nous fiers et contents, le score du FN devrait mathématiquement baisser, et tout retournera dans l’ordre rapidement.

Mais si l’on considère, à la fin du débat, qu’il y a bel et bien un « problème musulman » en France, que fait-on ?

On interdit la religion musulmane ? On retire la nationalité aux Musulmans, ou leur colle-t-on un croissant rouge sur le corps ? Est-ce qu’on les torture, est-ce qu’on les réduit en esclavage, ou leur supprime-t-on simplement des droits sociaux ? Doit-on les mettre dans des camps pour les exterminer, ou arrête-t-on juste de commercer avec eux ?  Va-t-on leur déclarer la guerre, les envahir ou seulement les expulser ?

Et puis ensuite, faut-il considérer tous les Arabes comme des Musulmans ? Peut-on les qualifier de « race » au même titre que les Juifs autrefois, ou comme des adeptes d’une religion ? C’est quoi le problème exactement, les étrangers ou leur religion ? Et les enfants de Musulmans seront-ils alors « automatiquement » Musulmans eux-aussi ?

A partir du moment où l’on juge qu’il y a problème, il faudra bien admettre qu’il y faut trouver des solutions… Y êtes-vous prêts ? Est-ce vraiment cela que vous voulez ? Que voulez-vous à la fin ?  que les Musulmans « périssent » par vos mains, ou seulement qu’ils s’intègrent ? Dans le premier cas, imaginez ce que cela signifie. Et dans le second cas, il vous faudra alors regarder en face le véritable responsable des situations qui vous mettent mal à l’aise, le gouvernement lui-même, et nous tous à travers lui. Car quels sont les reproches que l’on entend à propos des Musulmans ?

-Ils prient dans la rue ? offrez leur des lieux de culte, et ils disparaîtront.
-Vous ne voulez plus voir de burqas ? donnez-leur l’exemple, et ôtez-vos propres lunettes « écran-total ». Si ces femmes apprenaient à lire et lisaient le Coran, elles verraient que cette pratique n’est pas obligatoire.
-Vous trouvez qu’ils reçoivent trop d’aides sociales ? donnez leur du travail !
-Des jeunes des cités vendent de la drogue et des armes ? Légalisez le cannabis et offrez-leur d’autres perspectives d’insertion.
-Il y a trop de travail au noir, et vous voulez qu’ils payent des impôts ? Donnez-leur des papiers.
-Vous ne comprenez pas qu’ils se réunissent tous ensemble dans des cités ghettos ? Offrez leurs des logements décents et moins chers, ils ne refuseront pas
-Ils vous regardent de travers ? changez votre propre regard sur eux, et les leurs suivront.
Lorsque vous arrivez dans un lieu que vous ne connaissez pas, vous aimez à ce que ceux qui sont déjà là, et qui se connaissent tous, vous accueillent avec gentillesse pour vous présenter, pour vous apprendre les règles et traditions locales, pour vous intégrer. Si personne ne vous parle et qu’on vous laisse de côté, vous vous renfermerez sur vous, et ne chercherez que la compagnie des autres exclus, qui eux vous comprennent et vous accueillent. En acceptant de croire qu’il existe un « problème musulman », nous rendons nous-mêmes possible l’existence de celui-ci. Nous excluons ceux-là mêmes à qui nous reprochons de ne pas s’intégrer… Que feriez-vous à leur place ?

 

Réfléchissez bien à ce que vous voulez, mais aussi aux conséquences que vos opinions impliquent dans la réalité. Car admettre que les Musulmans sont un problème pour la France conduira à l’adoption de solutions concrètes. Le voulez-vous vraiment ?

Alors soyez sérieux, et stoppez-là la discussion : il n’y a pas d’autre alternative envisageable que l’intégration, un point c’est tout.

 

Caleb Irri

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l’économie contre le social : l’Europe va devoir choisir

Posté par calebirri le 19 janvier 2011

Je viens de lire l’article de Monsieur Jorion, intitulé « le sauvetage de l’euro n’a pas eu lieu« . Mais comment pourrait-il en être autrement ? A partir du moment où l’on raisonne dans le cadre du capitalisme, les règles capitalistes doivent s’appliquer. Que ce soit en temps de crise ou pas, la « Loi du marché » indique que la somme des intérêts individuels doit concourir à l’intérêt général. Point. Cela signifie donc qu’en fonction des éléments contextuels de l’économie actuelle, l’intérêt de l’Allemagne est de laisser tomber l’Europe pour ne pas sombrer avec elle.

 

La question n’est donc pas de savoir si elle fait bien ou mal d’agir ainsi, mais plutôt de savoir si son intérêt à court terme (sauver « sa peau » économique) ne va pas à l’encontre de son intérêt à plus long terme. Car en se préparant à lâcher l’Europe (et l’euro), l’Allemagne signe l’arrêt de mort de l’indépendance politique de l’Europe, ainsi que la puissance dont elle bénéficiait en tant que moteur de cette entité.

 

Et cette question, il ne fait aucun doute que l’Allemagne se l’est posée aussi, et y a répondu de manière pragmatique, politique. Car il faut rappeler que la politique n’est pas au service du social mais de l’économie. Le social n’est qu’une donnée secondaire dont le risque est calculé et, géré avec finesse par une propagande subtile, il peut même se retrouver au service du politique. Ce qui importe pour les chefs d’Etat, ce n’est pas de s’attirer le contentement du peuple à court terme, mais de conserver leur pouvoir à long terme, en satisfaisant les véritables maîtres du monde, c’est-à-dire les quelques 5% qui possèdent le pouvoir de les laisser en place.

 

Pour ce faire ils ont compris, comme je l’avais soupçonné ailleurs,  que vouloir sauver l’Europe à la manière « sociale », c’est à dire en faisant jouer la solidarité entre Etats, n’aboutirait qu’à faire tomber les Etats Européens, un à un, dans le giron soit des Etats-Unis, soit de la Chine. Finie alors la supériorité de la France et de l’Allemagne sur le reste, finie la puissance d’une Europe qui refuse de se laisser dicter sa loi par quelques pays. Tandis qu’en menaçant de laisser couler le navire, l’Allemagne envoie un signe fort de ralliement des plus petits Etats à une cause commune, une sorte d’Europe « fédérale »,  dirigée cette fois-ci non plus par un parlement « trop » démocratique pour être efficace, mais par un pouvoir fort capable ou de s’opposer au futur « diktat » du « nouvel ordre monétaire international », ou de peser à armes égales avec les autres « grands » lors des futurs débats sur le bancor.

 

Et c’est dans le cadre de cette Europe forte et unie que le social refait surface, avec les polémiques actuelles sur le protectionnisme, les 35 heures, la fiscalité ou le problème des retraites… Eclairées sous cet angle, ces polémiques montrent bien tout l’enjeu de l’Europe : si les chefs d’Etats européens veulent conserver leur pouvoir et continuer de satisfaire à leurs donneurs d’ordre (la finance), ils doivent contraindre leurs peuple à accepter des sacrifices. Pour garder sa compétitivité économique, l’Europe doit s’aligner sur les salaires, les droits et protections sociales les plus « optimisées »… Pour garder le pouvoir politique, les « Grands » de l’Europe doivent sacrifier le social sur l’autel de l’économie, et l’on rejoint ainsi mon titre.

 

Mais prenons maintenant le jeu dans l’autre sens, et imaginons que l’on sorte du « qu’est-ce qu’on peut bien faire alors ? »

 

Et bien il va falloir se poser la question en partant non plus de l’économique, mais du social. En admettant que l’opinion publique possède encore la capacité de se libérer de la propagande habituelle (celle de l’intérêt individuel pour satisfaire l’intérêt collectif), il est encore possible non pas de faire cesser la dépendance du pouvoir politique envers le pouvoir économique, mais de contraindre le pouvoir politique à modifier les règles qui les enchaînent l’un à l’autre. Et cela n’est évidemment possible qu’en faisant passer le social avant le reste, c’est à dire changer de paradigme, et faire comprendre qu’en réalité seul l’intérêt collectif peut ensuite rejaillir et satisfaire l’intérêt individuel.

Cette logique est la seule alternative idéologique susceptible de combattre l’injustice capitaliste, mais doit pour y parvenir engager les citoyens dans une véritable participation à la « chose publique », et s’intéresser non pas au court terme, mais au long. Il existe des moyens pour cela, et la mise en place d’une Assemblée Constituante doit en faire partie. Mais pour qu’elle soit légitime, il lui faut le soutien populaire, ce qui exige son implication dans la vie politique non plus seulement pour se défausser de sa responsabilité, mais pour l’assumer.

Caleb Irri

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Assemblée Constituante : une proposition méthodologique

Posté par calebirri le 9 janvier 2011

Créer une Assemblée Constituante est le rêve inavouable de millions de citoyens désireux de voir changées les règles du jeu qu’on nous impose un peu partout dans le monde. Bien conscients que les contre-pouvoirs prévus pour lutter contre les dérives autoritaires ont échoué, certains que la Constitution ne suffit plus à garantir leurs légitimes revendications de justice et de sécurité, sentant dans leur chair que leurs droits ne sont plus respectés, ils ont compris que le capitalisme avait dévoyé les principes fondateurs de la démocratie, et rendu obsolète la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.

 

Aujourd’hui, ce sont presque tous les articles de cet admirable texte qui sont piétinés, détruits, anéantis. Ce texte, censé servir de base à la rédaction de toutes les Constitutions dites “éclairées”, a été peu à peu vidé de son sens au travers des âges, jusqu’à ce que la Constitution parvienne à laisser faire le contraire de ce pourquoi elle a été rédigée. Il nous faut désormais en faire une autre, capable de ne pas tomber dans les mêmes excès que ceux que nous subissons aujourd’hui. Car si le texte fondateur paraît plein de bonnes intentions, la réalité que nous offre sa pratique constitutionnelle laisse plus qu’à désirer.

 

Alors bien sûr il est aisé de se laisser aller à l’idée qu’en ré-écrivant une autre Constitution, nous pourrions régler à la fois les deux plus grands problèmes de notre monde actuel : la corruption financière de nos politiques et la misère d’un très (trop) grand nombre de personnes.  A travers une alliance naturelle et logique pour la conservation du pouvoir en un très petit nombre de mains, les riches et les puissants sont liés jusqu’à ne faire plus qu’un, si bien qu’ils organisent eux-mêmes les conditions de leur puissance : car en achetant les politiques, les puissants obtiennent le pouvoir de changer les lois, lois qui permettent de contrôler l’opinion à travers la possession de médias, qui permettent de subventionner la finance, de réduire les droits des travailleurs, de protéger les tricheurs, de mettre à l’abri les voleurs et les menteurs,  afin qu’ils deviennent toujours plus riches et plus puissants…

 

Comment faire alors pour mettre fin à ce cycle infernal ? Mettre la tête de nos gouvernants au bout de piques ? J’entends souvent ce genre de folie du désespoir. Et puis après, on installe une autre dictature ou on continue à s’étriper ?

D’autre part on sait bien que nos dirigeants ne nous laisseront pas l’occasion de changer de Constitution : pour peu qu’elle soit bien faite, elle ferait perdre aux plus puissants leur puissance, aux plus riches leur richesse, aux menteurs et aux voleurs tomber leur masque. Comment se sortir de ces deux alternatives inutiles ?

et bien créons-là nous-mêmes, cette Assemblée Constituante ! Puisqu’elle est censée remettre le citoyen au coeur de la démocratie en redonnant au peuple son véritable pouvoir, il faudra bien enfin que le citoyen se préoccupe de la chose publique. Puisque nous savons la classe politico-financière corrompue, qu’avons-nous besoin d’elle pour que le peuple décide ce qui lui semble être bon pour lui-même ?

 

Il n’est besoin que de méthode, et la chose est peut-être plus simple qu’il n’y paraît : en réalité c’est à des questions simples qu’il s’agit de répondre, comme je vous le soumets ci-dessous .

 

Afin de mettre en place cette Assemblée Constituante, il convient de définir :

I / Le rôle des Constituants

1_ L’âge des postulants(16, 18, 20, 30 ans ?)

2_ Les postulants (n’importe qui ?)

3_ Les modalités d’élection (élus ou tirés au sort ?)

4_ Le statut social des postulants (rémunérés, défrayés ou bénévoles ? Inéligibles par la suite ou pas ?)

II / La formation de l’Assemblée Constituante

1_ Le nombre de volontaires acceptés (1000, 10000 ou tous ?)

2_ Le nombre de Constituants participants (10, 100 ou 1000 ?)

3_ Le mode de formation de cette Assemblée ( à une date prévue ou une fois le nombre de candidats établi ?)

III / Le fonctionnement de l’Assemblée Constituante

1_ Déterminer la durée du processus constituant (6 mois, 1 an ou 2 ?)

2_ Définir les modalités de réunion de l’Assemblée (toutes les semaines ou tous les mois ? Sur internet ou en un lieu fixe ?)

3_ Définir l’organisation du travail de l’Assemblée (des groupes travaillant par sujet, ou par département, ou par région ? A partir des doléances du peuple ou des propositions de l’Assemblée, ou les deux à la fois ?)

4_ Etablir le cahier des charges à remplir par l’Assemblée (reprendre le squelette de l’actuelle Constitution ou en créer un nouveau ? Se baser sur la déclaration des droits de l’homme ou en rédiger une autre ?)

IV / Le contrôle des travaux de l’Assemblée par le peuple

1_ Les moyens de participation du peuple au projet constituant (par le biais d’un site internet, de référendums, de publications ?)

2_ Le droit de veto du peuple sur l’avancement des travaux de l’Assemblée (des votations à intervalles réguliers, des groupes de réflexion consultés, des spécialistes confrontés ?)

3_ Les modalités de validation du projet de l’Assemblée par le peuple (par référendum à la majorité plus une voix, ou aux deux tiers ? Proposé à l’adoption sujet par sujet ? à la fin du processus constituant, ou à plusieurs reprises durant le processus ?)

4_ La procédure en cas de rejet des travaux de l’Assemblée (faut-il tout recommencer, ou faire d’autres propositions ? Réélire de nouveaux Constituants, attendre de nouvelles doléances ?)

 

Nous n’avons pas besoin d’eux, et nous pouvons commencer dès maintenant. Il nous suffit de nous remettre à penser, et de prendre quelques minutes pour répondre à ces quelques questions, en fonction de ce que nous croyons être le plus juste pour tous, indépendamment de notre condition personnelle. Nous pouvons en débattre, et nous laisser un peu de temps pour cela. Ensuite il faudra agir, et choisir une méthodologie qui fait consensus. Une fois un nombre conséquent de citoyens prêts à s’engager dans la chose publique, il sera aisé de dégager un panel de volontaires suffisamment large pour qu’il puisse en ressortir une base militante et agissante assez solide pour mener à bien ce projet.

 

Je vous invite donc une fois de plus à venir « signer » l’appel de « la voie des peuples », et à ne pas négliger l’influence qu’aurait le soutien des parlementaires sur l’opinion : si nous arrivons à les convaincre de la justesse du projet, alors ils en convaincront d’autres.

 

En attendant, il nous reste à développer les outils nous permettant d’engager le processus constituant, et je vais m’atteler d’ici peu à la mise en place d’un questionnaire permettant de faire réagir les volontaires à cette proposition méthodologique. Les idées, propositions ou critiques sont évidemment les bienvenues…

 

Caleb Irri

 

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économie et météo : entre prévision et prédiction

Posté par calebirri le 26 décembre 2010

Ces derniers jours (neigeux) de décembre ont donné lieu à quelques polémiques amusantes, si l’on excepte bien sûr les milliers de gens victimes des intempéries qu’ils ont subi. Car quand je dis amusantes, je devrais dire consternantes, mais mon optimisme légendaire ne peut se laisser entraîner sur cette pente glissante…

 

Si je suis pourtant bien dans les premiers à critiquer les actions de ce gouvernement, et que leur manifeste incompétence en matière d’adaptation à la météo est prouvée, cela va tout de même trop loin ! Il ne s’agit que de météo, qui n’est à première vue qu’une science approximative, et dont les prévisions sont sujettes au changement.

On se souvient en effet qu’à l’occasion d’un épisode neigeux particulièrement fort, les 8 et 9 décembre si je me souviens bien, quelques milliers de personnes se sont trouvées contraintes de dormir qui au travail, qui dans sa voiture, qui dans un aéroport ou une gare. Si on peut s’étonner qu’un pays dit « développé » puisse encore se faire attraper par le climat (on avait déjà vu cela l’année précédente !), il faut quand même savoir être un peu plus indulgent que le premier ministre qui rejeta alors la faute sur les météorologues, dont le métier est de faire des prévisions, et non des prédictions. Mais qu’à cela ne tienne ! un peu plus d’une semaine plus tard, et alors que les mêmes météorologues annoncent une vague neigeuse pour les jours suivants, l’excès de zèle dont fit preuve le gouvernement se trouve aujourd’hui critiqué de la même façon (mais à l’envers), par ceux-là mêmes qui hier dénonçaient les manquements préventifs de l’administration. Qu’en faut-il penser ? Peut-on leur reprocher de vouloir ne pas reproduire les mêmes erreurs la fois suivante ?

 

Bien entendu je ne remets nullement en cause l’incompétence des pouvoirs publics sur le sujet, mais je m’efforce de comprendre celle des individus qui, par je ne sais quel réflexe irrationnel, voudraient que leur gouvernement soit capable de faire des prédictions précises sur le temps qu’il va faire le lendemain…. alors qu’ils ne semblent pas aussi virulents à l’égard des prévisions économiques toujours fausses  (vendues comme des prédictions ) et qui pourtant nuisent bien plus à leur vie quotidienne que les approximations de la météo.

 

Comment est-il possible qu’on en veuille à un météorologue dont le métier est éminemment sujet à erreurs, alors qu’on ne remet jamais en cause les économistes qui nous ont conduit dans la crise économique hier, et qui nous y enfoncent (toujours les mêmes) aujourd’hui ?

Car si les météorologues font ce qu’ils peuvent avec les données dont ils disposent, on ne peut tout de même par leur demander d’être fiables à 100%. Et ce que les météorologues n’arrivent pas à faire parfaitement, comment l’exiger, ou le croire possible, de la part de nos chers économistes, dont la somme des données nécessaires à la formation de leurs « prédictions » sont au moins aussi complexes que celles des premiers ?

Le véritable problème du gouvernement n’est donc pas de ne pas pouvoir « prédire l’avenir » en matière économique, mais plutôt de ne pas tenter, comme pour la météo, de réparer les erreurs qu’il a commises la fois précédente

Et celui du peuple n’est pas de critiquer un gouvernement qui fait ce qu’il peut (même mal) avec la météo, mais bien de ne pas le remettre en cause lorsqu’il veut nous faire croire que ses prévisions en matière économique sont fiables, et qu’il nous les vend comme certaines !
La réalité est peut-être moins joyeuse, mais plus honnête : dans un cas comme dans l’autre, il faut cesser de croire que la météo, comme l’économie, sont des sciences exactes, et ne pas juger trop durement ceux qui prévoient, mais plutôt ceux qui prédisent.

 

Caleb Irri

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référendum d’initiative populaire : nous n’avons plus d’excuses

Posté par calebirri le 24 décembre 2010

Lorsqu’on réfléchit à la situation de notre monde, il n’est pas rare de sombrer dans le désespoir le plus profond tant le réel nous semble impossible à transformer. Pourtant les initiatives sont nombreuses, les propositions foisonnent, et les êtres regorgent de ressources qui devraient nous forcer à l’espérance : il existe des solutions, et il ne tient qu’à nous de les mettre en pratique.

 

Bien sûr le travail à accomplir est incommensurable, et les résistances sont immenses. Mais la solution est simple : il s’agit de faire un référendum d’initiative populaire, afin que les peuples puissent prendre part à la conduite de leur destinée, et décident de la voie qu’ils désirent emprunter.

 

J’ai déjà écris il y a peu sur le sujet, en regrettant vivement l’absence de loi organique précisant les modalités de tenue de ce référendum d’initiative populaire. Une fois de plus j’ai pu me rendre compte du pessimisme ambiant, et surtout du manque flagrant de confiance accordée par le peuple à la classe politique dans son ensemble : pour la plupart c’est perdu d’avance. C’est vrai que tout semble fait pour nous conduire sinon à la lassitude, du moins à l’inaction : la vie quotidienne et son incroyable fugacité, les problèmes nationaux et internationaux, les enjeux économiques et sociaux, les incohérences juridiques, l’infinie complexité législative… tout est si difficile à appréhender, à comprendre, qu’il est certainement plus simple d’abandonner notre pouvoir à nos élus que de l’assumer nous-mêmes.

Mais aujourd’hui plus qu’hier, après l’adoption du projet de loi sur ce fameux référendum d’initiative populaire, nous n’avons plus le droit de nous laisser aller. Bien sûr cette adoption ne règlera pas tout, et ce référendum n’en demeure pas moins en réalité un référendum d’initiative « parlementaire », qui peut se retrouver rapidement annihilé par le jeu parlementaire habituel. Mais qu’à cela ne tienne, le peuple est souverain ! en contraignant nos parlementaires à lancer cette initiative, nous avons le pouvoir d’exiger un référendum sur la volonté de la part du peuple d’obtenir une Assemblée Constituante, et même de faire jouer en notre faveur les failles constitutionnelles qui nous ont nui jusqu’à maintenant : au-delà d’un certain délai pour l’examen de la proposition de loi, un référendum est exigé. Qu’il en soit donc ainsi.

 

Je propose donc à tous de venir se rassembler autour de cette volonté commune, loin des clivages politiques, et exiger la tenue d’un référendum d’initiative vraiment populaire, concernant la mise en place d’une Assemblée Constituante destinée à établir les bases d’une nouvelle Constitution.

 

C’est par le biais d’un sondage que seront comptabilisées les voix citoyennes, et je ne vous cache pas que la tâche est ardue, car c’est plus de 4, 5 millions de votes qu’il faut atteindre pour justifier de notre légitimité. N’hésitez donc pas à répercuter ce message, et surtout à faire vivre l’espoir de véritables changements dans notre pays, et peut-être ailleurs aussi.

 

Ensuite, et pour coller à la législation en vigueur, je propose également un texte, une « lettre ouverte aux parlementaires« , afin que tous  les citoyens engagés puissent la soumettre à signature de leurs élus, et jugent ainsi de leur engagement démocratique : la liste des signataires, ainsi que des non-signataires, sera affichée publiquement.

 

Je vous invite donc tous à cesser le fatalisme pessimiste qui nous paralyse, et à faire entendre dès à présent votre voix par cet intermédiaire, à l’adresse « http://lavoiedespeuples.unblog.fr »

 

Nous n’avons plus d’excuses, il faut reprendre la route : cela ne dépend plus que de nous.

 

Caleb Irri

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Internautes de tous les pays, unissez-vous !

Posté par calebirri le 12 décembre 2010

En Islande, on fait la révolution citoyenne…en silence. Le 5 décembre, 25  constituants ont été élus au suffrage universel pour établir une nouvelle constitution. On pourrait s’étonner à cette occasion du peu de relais médiatique dont font preuve les journaux du monde entier…enfin si on excepte le climat économique et social qui règne dans nos propres contrées !

Mais ne soyons pas pessimistes, et regardons les choses en face. On le voit depuis quelques mois, les citoyens de tous bords, de toutes conditions, ont amorcé une réflexion critique du monde qui les entoure, et tentent de comprendre les nouveaux dangers qui les menacent, d’alerter sur les injustices qui sont commises par leurs gouvernants. Mais face au mutisme de la plupart de ces derniers, qui n’ont à opposer aux justes réclamations de leurs peuples que le silence et le mépris,  les premiers cherchent et trouvent des moyens d’agir autrement, afin de faire respecter leurs droits, par le rassemblement et l’action populaire. Notamment à travers des actions et initiatives spontanées comme le « Bankrun » ou « Wikileaks », les citoyens semblent se réveiller et s’apercevoir non seulement qu’on les trompe sur à peu près tout ce qui les concerne, mais qu’en plus ils possèdent, s’ils le veulent, le pouvoir d’agir sur les évènements.

 

Toute cette effervescence préfigure un mouvement plus vaste et plus large, dans lequel les citoyens, unis et informés, réfléchissent et agissent ensemble pour trouver des solutions alternatives à ce qu’on nous impose actuellement… Et pourquoi pas, après tout ? Cela fait longtemps que nous sommes nombreux à réclamer des Etats Généraux, une Assemblée Constituante et une nouvelle Constitution.  Pourquoi ne pas la créer nous-mêmes ?

 

Nous n’avons en réalité aucun besoin d’obtenir de la part de nos gouvernants une quelconque autorisation, d’autant que leur participation à l’élaboration d’une Assemblée Constituante nous serait sans aucun doute plus nuisible que bénéfique.

 

Le problème n’est donc pas de la mettre en place, mais de la faire accepter. Et pour cela les moyens existent. A travers des actions comme le Bankrun, qu’il faudrait voir se développer non pas pour le chaos mais pour inverser le rapport de force (du genre « si vous n’acceptez pas on va le faire »), ou comme Wikileaks (dénoncer publiquement les mensonges et tromperies de nos gouvernants), ou encore la mobilisation pour exiger un véritable « référendum d’initiative populaire« , ou même par le conditionnement de nos suffrages à la présidentielle à l’existence de cette proposition dans le programme des candidats.

 

Pour commencer, il nous faut donc réclamer la création de cette Assemblée Constituante, et les menacer sinon de nous passer de leur accord. Ensuite, et parallèlement, engager la mise en route des candidatures à travers un appel aux bonnes volontés. Et exiger de nos élus qu’ils soutiennent les démarches citoyennes de leur peuple.

Enfin, une fois l’Assemblée formée, la soumettre à la réflexion populaire, car pour créer une nouvelle Constitution il faudra bien rassembler des commissions, des études et autres spécialistes. Le « plan C » peut être une bonne base pour le niveau institutionnel, et de nombreuses propositions économiques « moins injustes » sont faites chez Paul Jorion, ou Frédéric Lordon.

 

Comme on le devine, il y a donc tout à refaire, et je propose déjà à ceux qui le souhaitent de venir se réunir ici, où je lance dès maintenant  un appel à la formation d’une Assemblée Constituante, en espérant qu’il puisse rassembler aussi largement, aussi loin que possible.   Cet appel sera consultable à l’adresse suivante : http://lavoiedespeuples.unblog.fr

 

Internautes de tous les pays, unissez-vous !

 

Caleb Irri

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