Ils sont où les indignés ?

Posté par calebirri le 15 mai 2013

En Espagne, les « indignados » se sont réunis il y a peu pour « fêter » (ou commémorer c’est selon) les 2 ans de ce mouvement ; avec paraît-il quelque peine à rassembler : c’est que ce mouvement semble s’être dissout dans la crise, et avec lui l’espoir qu’il portait.

Les indignés comme en Grèce, en France ou ailleurs nous disent avoir fait évoluer le mouvement de manière plus locale, plus concrète ou que sais-je encore, comme pour s’excuser de ne plus rassembler les foules. Mais la réalité est sans doute bien plus dure : les indignés sont tous simplement rentrés chez eux.

C’est que la loi capitaliste s’applique même en temps de crise : tant qu’on peut donner on donne, et quand on ne peut plus cela devient chacun pour soi. Pris que nous sommes dans le tourbillon de cette crise qui s’aggrave de jour en jour, les hommes ont tendance à se diviser en petits groupes, puis à s’isoler dans une sorte de repli sur soi et les siens, comme s’ils étaient ainsi mieux protégés des « dangers » extérieurs.

Diviser pour mieux régner, voilà une règle qu’ont appris sur le tard ces indignés incapables de se donner des objectifs communs et une ligne directrice… une règle que connaissent bien nos gouvernants : opposer le public et le privé, les jeunes et les vieux, les étrangers et les nationaux, c’est énerver les liens sociaux et diviser le peuple, lui retirer l’espoir et le contraindre à l’abandon de la lutte. Et en voulant éviter la « politisation » de leur mouvement, en refusant de se choisir des « chefs » ou même de rechercher une méthode de construction d’un discours commun, le caractère hautement démocratique de ce mouvement s’est englué dans ce qui se trouve être le principal défaut de la « vraie » démocratie : l’immobilisme, l’absence de cap, le manque de cohésion, et à terme la division, le foutoir, la débandade ; ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle ne soit pas à rechercher…

Deux ans ! Il s’est passé deux ans pour qu’un mouvement qui frôlait l’internationalisme s’effrite et périclite partout dans le monde. Sans doute un peu faute d’expérience face aux experts de la manipulation des esprits qui nous gouvernent et qui ont poussé au « pourrissement » du mouvement, mais aussi et surtout faute d’avoir su donner corps à sa réflexion. Pourtant, c’est un espoir formidable qu’avaient entretenu ces mouvements, du printemps arabe jusqu’au printemps érable, et des millions de citoyens croyaient alors qu’il allait enfin « se passer quelque chose », que les indignés allaient « changer les monde »… Et puis le temps a passé, le travail de sape des forces de l’ordre, la lassitude des indignés comme celle des téléspectateurs avides de nouveauté, tant et si bien que chacun est rentré chez soi pour tenter de continuer à vivre plus ou moins correctement.

Depuis le mouvement continue ici ou là, avec quelques réflexions intéressantes, quelques alliances plus ou moins politisées, et surtout beaucoup d’initiatives locales plus pragmatiques mais bien éloignées de la révolution des esprits tant attendue… et puis la crise continue : il faut bien vivre ! Le capitalisme est le plus fort, il détruit jusqu’à la solidarité.

Et on le sent partout, jusque sur internet. Les sites « alternatifs » ferment les uns après les autres, « l’aquoibonnite » (à quoi bon continuer) étant sans doute la première cause de ces « décès ». Face à la vanité des actions et réflexions menées pour « éclairer » ou rassembler sans même l’espoir d’aboutir à un début de commencement de solution (nous savons tous pourquoi ça va mal mais personne ne sait comment faire pour que ça aille mieux), nombreux sont ceux qui jettent l’éponge…

la solidarité, et même l’espoir, s’effacent devant la réalité… on en vient à croire aux vertus de la décroissance en prévoyant de saboter nous-mêmes les conditions de confort dont nos fameux gouvernants veulent déjà nous priver…comment faire pour les réanimer ? Comment non pas faire comprendre mais faire « sentir » à tous les indignés qui s’ignorent qu’au lieu de nous renfermer pour se protéger nous devrions nous ouvrir pour résister ensemble ? Et surtout ne rien lâcher sur nos conditions de vie : le véritable socialiste n’est pas le misérabiliste qui souhaite la fin des « ferrari » mais bien celui qui veut le meilleur pour tous. Ce ne sont pas les conditions de vie des « riches » qui doivent s’abaisser au niveau de celles des « pauvres » mais celles des pauvres qui doivent s’élever au niveau de celles des riches. Il ne doit pas y avoir que le capitalisme qui désire le progrès (car ce n’est que lorsque nous pourrons « tout » avoir que nous n’en aurons plus besoin).

Que nous manque-t-il pour alors pour reprendre courage ?

Je vous soumets ici une proposition de méthode qui vaut ce qu’elle vaut :

-Tout d’abord il faut un site commun, et internationaliste
-ensuite et par l’intermédiaire de ce site (avec twitter et page facebook), organiser une grande manifestation internationale dans les capitales concernées, à l’issue de laquelle seront tirées au sort -et parmi les volontaires – deux portes-parole pour chaque ville (un délégué et un suppléant), censés servir de lien entre tous les pays.
-sera alors organisée une « rencontre » entre tous ces « portes-parole » (internet le permet aisément) afin d’y discuter des statuts (comment il fonctionne, avec une sorte de « charte » à la clé), statuts qui seront portés aux votes de ceux qui le désirent (toujours via le site internet)
-il faudra aussi déterminer des objectifs communs après un travail de réflexion et de débats, puis les faire voter au plus grand nombre, qui pourront alors être considérés comme « militants »
-et enfin créer des antennes locales susceptibles de devenir des relais d’action et de réflexion en même temps que d’émettre des propositions ou des projets.

A vos agendas donc, il ne reste qu’à poser les dates (ou presque !)…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Nous vaincrons le travail, vive le chômage !

Posté par calebirri le 8 mai 2013

Qu’on le veuille ou non, notre monde est condamné au chômage. Nombreux sont ceux qui- à droite comme à gauche- s’en effraient, mais cela devrait pourtant tous nous réjouir : car cela signifie que le progrès technique n’est pas mort, ce qui permet à l’homme d’espérer atteindre encore ce qui devrait être l’un de ses objectifs prioritaires, à savoir de se séparer, à terme, de la nécessité du travail dans nos sociétés.

Seulement le monde ne fonctionne plus, ne raisonne plus en terme de société, ni d’humain, ni même de progrès ou de besoin : nous en sommes arrivés à considérer le chômage comme une calamité, car le critère de référence universel est la rentabilité ; jusqu’aux décroissants qui raisonnent en termes économiques puisqu’ils veulent faire « mieux » avec « moins » (voir décroissance théorie économique bien trop sage).

Le paradoxe de cette situation réside dans le fait que le progrès technique favorise le chômage de masse et que le capitalisme favorise lui-même ce progrès (enfin jusqu’à il y a peu) ; mais aujourd’hui c’est que l’austérité engagée pour sauver le capitalisme conduit elle-aussi au chômage de masse, cette fois pour cause de « non-rentabilité ». Car si le capitalisme a besoin du travail de l’homme pour ses profits, il a également besoin du progrès technique, car les machines seront toujours, à terme en tous cas, plus rentables que l’être humain (24/24, 7 jours sur 7). Mais ce progrès technique, qui au départ était censé libérer les hommes de la contrainte du travail, est aujourd’hui un facteur de rentabilité privé qui s’oppose à l’économie « publique », en ce sens que les gains de productivité apportés par la technologie entraînent pour l’État un surplus de budget (les aides sociales : en 2009, plus de 30% du PIB, soit plus de 600 milliards) pour éponger les licenciements dus aux moindres besoins de main d’œuvre pour effectuer une même tâche (la « fameuse » privatisation des profits, socialisation des pertes). Mais comme aujourd’hui les investissements de production baissent -et qu’ils ne sont même pas compensés par l’obsolescence programmée (comment dans ces conditions la faire disparaître puisqu’elle contribue à « sauvegarder » l’emploi ?), nous arrivons à une situation « logique » d’un point de vue civilisationnel (il y a nécessairement besoin de moins en moins de travail), mais aberrant d’un point de vue économique (que l’on fasse de l’investissement ou de l’austérité, le chômage est en constante augmentation).

Sauf que nous les citoyens, nous sommes toujours contraints de subir ce qui devrait être une libération (le chômage, que le système capitaliste a transformé en fléau) car en dehors des prestations sociales seul l’argent que nous procure le travail nous permet de vivre- nous obligeant ainsi à trouver coûte que coûte cette denrée de plus en plus rare qu’est l’emploi : le résultat évident (enfin d’un point de vue capitaliste) est que le prix du travail (les salaires) est destiné à baisser au fur et à mesure que nous serons plus nombreux à vouloir en obtenir un. Et parallèlement les Etats se voient eux dans l’obligation -tout du moins s’ils se veulent démocratiques et ainsi éviter les contestations massives (des gens qui ne travaillent pas et n’ont aucun moyen de subsistance deviennent dangereux pour l’ordre public -en plus d’avoir du temps pour réfléchir à leur condition), de pourvoir au minimum vital. Et cela leur coûte cher, de plus en plus cher. A tel point qu’ils cherchent par tous les moyens de se soustraire à cette trop lourde dépense.

C’est ainsi que les pays dits « développés » en arrivent à des absurdités à la fois économiques et politiques comme celles que nous constatons aujourd’hui : ne pouvant décemment pas se résoudre à un changement de paradigme pourtant nécessaire et plutôt que d’engager des politiques de relance (déjà que nous gardons dans l’emploi de nombreux postes rendus inutiles dans de nombreuses administrations ou services publics pour ne pas augmenter le nombre de chômeurs), nos gouvernants préfèrent se soumettre à une politique d’austérité destinée à faire baisser le « coût du travail » (les salaires) ; évitant ainsi d’avoir à faire évoluer la technique qui accentuerait le chômage de masse. Déjà qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde ! En définitive l’homme n’est un « outil » plus rentable que la machine que lorsqu’il travaille pour rien : l’esclavage est le seul idéal qui permet le plein emploi. A part peut-être la guerre ou une catastrophe naturelle de grande ampleur, une épidémie meurtrière ou que sais-je encore, la situation ne s’améliorera pas ; mais qui peut souhaiter ce genre « d’améliorations » ?

Donc on arrête d’investir, et ce même si de nombreux emplois ne sont pas pourvus (les métiers les plus pénibles ou considérés comme tels, ou tout simplement déconsidérés). Que peut-on faire pour tous ces gens ? On les indemnise un moment, et puis après ? Soit ils acceptent « n’importe quoi » (et on obtient ainsi de mauvais employés), soit ils vont au secours populaire, soit ils partent grossir les rangs des « émigrés », soit ils luttent contre le système qui ne les satisfait plus. Mais quoi qu’il en soit la situation n’est pas tenable à long terme, car même si tous acceptaient les travaux pénibles il en resterait un paquet sur le carreau.

Du coup on veut se séparer de cette charge, sans pour autant laisser les miséreux sans lien, sans dépendance avec l’Etat. C’est bien pour cela qu’on préfère leur faire creuser des trous qu’ils reboucheront plutôt que de les laisser sans activité ; et même si pour cela on doit recourir à la contrainte comme au travail gratuit ou même aux camps de travail (comme c’est parait-il prévu en Grèce- je n’ai pas trouvé autre chose, du moins en Français). Car ce à quoi nous ne pensons pas assez, c’est que lorsqu’un individu sort du cadre de l’assistance ou solidarité comme on voudra, il devient un anonyme sur lequel le pouvoir étatique n’a plus d’emprise. En quelque sorte il rentre dans la clandestinité et sort de la dépendance vis à vis de l’Etat ; et cela devient un danger potentiel pour le maintien de l’ordre public -en même temps qu’une preuve de l’incapacité de l’Etat à faire correspondre son modèle politique à la réalité sociale, comme on le voit ces derniers temps en Espagne ou en Grèce avec l’augmentation du travail au noir et la généralisation du « système D ».

On est même arrivés à un tel point de saturation -il faut se rendre compte de cet incroyable non-sens – que l’on préfère enterrer des innovations (même rentables d’un point de vue économique ou social caisses automatiques, informatisation) que d’avoir à supprimer encore des postes. Ne sachant plus que faire pour stopper les déficits on va jusqu’à couper les crédits de recherche et de développement, sans se rendre compte que nous sommes tous entrainés dans une spirale infernale qui nous conduira de toutes les manières au même résultat : il faudra bien un jour régler le problème du travail et de sa nécessaire obsolescence et admettre une bonne fois pour toutes que le temps du travail est révolu. Et que si nous voulons éviter les dérives autoritaires inhérentes au capitalisme nous devrons changer de paradigme.

Car si au lieu de nous inquiéter pour les retraites ou le chômage nous nous inquiétions pour notre bien-être ou notre santé, nous comprendrions très vite qu’il nous faut tout d’abord faire des enfants (et oui plutôt que de devoir travailler plus et plus longtemps pour mourir plus jeune sans avoir d’autre emploi que ce que le gouvernement nous autorise ou nous impose, nous n’avons qu’à faire des enfants !), car eux-seuls seront les garants de nos vieux jours, en plus de la promesse qu’ils représentent pour le futur.
Si nous cessions de viser la rentabilité nous comprendrions que le futur de l’homme est de se séparer de la contrainte du travail plutôt que de la désirer, avec des durées hebdomadaires allant sans cesse se réduisant, pour avoir plus de loisirs : « notre société sera une société de loisirs ou ne sera pas », disait un professeur d’économie que j’ai connu. Il avait raison : nous sommes condamnés à travailler de moins en moins. Pourquoi ne pas en faire un objectif avouable et positif , et se réjouir que même le cynisme et le calcul des capitalistes ne suffit pas à empêcher cette inéluctabilité ? Pour mettre en conformité les aspirations humaines avec la réalité sociale d’une société avancée et positive, nous devons changer les règles du jeu (voir); de toutes les manières les riches s’ennuient, tandis que les pauvres aimeraient bien s’ennuyer un peu plus, alors… Et même si nous devons tous « travailler » (on remplacera alors ce terme par un autre) pour notre propre bien -et celui des autres- nous devrions partager ce travail entre tous et dans des conditions équivalentes pour satisfaire chacun.

Et qu’on puisse un jour enfin crier tous ensemble « nous vaincrons le travail, vive le chômage » !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Unifier la contestation

Posté par calebirri le 13 mars 2013

Il faut se rendre à l’évidence : le monde est en train de vivre une de ces périodes « charnières » dont ressortira inévitablement « quelque chose » comme ce « nouvel ordre mondial » dont j’ai déjà évoqué l’hypothèse il y a peu. Contrairement à ce qu’on serait tenté d’imaginer à la vue des événements calamiteux qui se produisent un peu partout dans ce monde, il faut se préparer non pas à des conflits majeurs entre deux civilisations (qui ne sont en réalité qu’une seule et même civilisation, celle des humains), mais bien plutôt entre deux classes sociales : les riches contre les pauvres (la « classe moyenne » étant la victime « consentante » qui se croit dans le camp des riches mais qui appartient à celui des -futurs- pauvres).

Face à ce constat, une contestation se met peu à peu en place qui trouble le jeu politique, en même temps qu’elle est elle-même troublée par ce jeu : il y a ceux qui veulent « sauver le système », et ceux qui en veulent un autre. Il y a ceux qui veulent sortir de l’Europe et ceux qui veulent y rester, ceux qui veulent prendre aux riches et ceux qui ne veulent pas, ceux qui veulent plus de protectionnisme et ceux qui veulent plus de mondialisation, plus d’Etat ou plus de dérégulation, la décroissance ou l’économie verte… Comment les citoyens pourraient-ils s’y retrouver ? Les contestataires peuvent être un peu de tout cela à la fois, et il existe presque autant de combinaisons qu’il existe de citoyens… Enfin presque. Car au delà de ces considérations, il y a une chose qui relie toutes les contestations : cette sorte « d’indignation » dont parlait Stéphane Hessel, comme un sentiment confus que les choses ne tournent pas comme elles le devraient, et qu’on pourrait certainement faire « autrement » pour améliorer le sort de nos frères humains… pour peu qu’on se rassemble.

Et c’est bien là que se situe le véritable problème : la contestation existe donc bel et bien, sauf qu’elle est à la fois si diffuse et si confuse qu’il est impossible de s’y retrouver. Nulle part n’existe un lieu capable de canaliser, de rapprocher, de présenter ou même de recenser les alternatives qui nous permettraient de lutter efficacement contre la politique menée actuellement ; laissant la place à une propagande grossière mais efficace qui sature les esprits par son unicité et sa force de frappe (ce qu’on appelle communément « la pensée unique »), et dont le but est de nous faire se tromper d’ennemi.

Pourtant nous avons tout ce qu’il nous faut : nous sommes les plus nombreux, nous avons tous les outils nécessaires , nous avons encore la liberté de le faire (pour l’instant !), et le cerveau collectif existe déjà virtuellement, car toutes les composantes de sa réalisation sont là, disséminées ici et ailleurs par delà les religions, les pays, la couleur de peau ou la culture.

Il ne nous manque donc qu’une seule chose, nous rassembler. Communiquer, partager nos volontés, débattre de nos idées, nous connaître, confronter nos projets, apprendre à nous faire confiance, enfin dépasser les barrières et les obstacles qu’on nous oppose pour avancer ensemble, enfin unis vers un même objectif…

Se rassembler, c’est bien, diront les habitués de ce genre d’appels, mais comment, et pour quoi faire ? Tous les outils sont là, mais ils sont limités et ne parviennent pas à établir la « plateforme de convergence » des luttes en un même lieu, ou pas suffisamment en tous cas : car si de nombreux « petits » groupes existent bien sur la toile, que des rapprochements sont parfois constatés, cette immense toile qu’est internet forme un réseau inextricable où l’on trouve tout ce que l’on veut…. une fois seulement qu’on sait ce que l’on cherche.

Mais qui peut se targuer de connaître l’éventail des initiatives et des projets qui fleurissent pourtant par milliers ? Qui peut faire le tri entre une « bonne » et une « mauvaise initiative, laquelle lui correspond et où les trouver, et comment les chercher ? N’y a-t-il pas des rapprochements, des « alliances » qui puissent se faire entre certains de ceux-ci ?

Il nous manque un « annuaire », une sorte de « botin » dans lequel on pourrait chercher, et trouver, les autres sites en rapport avec ceux qu’on aime déjà… mais qui fonctionne « à côté » des réseaux sociaux habituels : pas d’instantanéité ni d’éphémère, mais des éléments de réflexion permettant d’associer tous les projets entre eux, de visualiser toutes les initiatives en cours, afin de rassembler et de canaliser les énergies et connaître enfin l’état des forces de la contestation.

Avec quelques amis nous sommes actuellement en train de mettre en place un site qui permettra de faire tout cela (et même un peu plus), mais comme à chaque fois dans ce cas il faut que la participation des citoyens soit au rendez-vous : je vous propose donc de me faire parvenir, à travers le « formulaire » suivant (https://docs.google.com/forms/d/17874Z2sO9fUvGDQyDVw-jAjJoAnCxLOIfmNrqxBb1bQ/viewform?pli=1), les initiatives que vous proposez ou soutenez, afin que le site démarre avec suffisamment de matière pour être attractif.

Car le moment est venu de s’atteler à prendre en main ce que nous avons trop longtemps laissé à des incapables ou à des menteurs, et de commencer enfin à poser les bases de ce que pourrait être cette « démocratie mondiale » que ses partisans devront tôt ou tard opposer à la « dictature mondiale » imposée par les puissants de ce monde.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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A la recherche du nouveau penseur : un cerveau collectif pour idéologie différente

Posté par calebirri le 1 janvier 2013

Quand on se penche sur la crise, on ne peut qu’être étonné (même d’un point de vue capitaliste) par les mesures qui sont prises pour la régler : nos gouvernants voudraient l’empirer qu’ils ne s’y prendraient pas autrement !

Mais justement, comment pourrait-il en être autrement ?

J’ai déjà tenté de montrer que la crise n’est pas économique mais idéologique, et que ce n’est pas le capitalisme qui est à l’agonie mais la démocratie qu’on assassine. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder comment un homme de bonne volonté comme monsieur Jorion, avec de simples et bonnes mesures « économiques » donc, se trouve confronté à l’impossibilité absolue de les voir sinon popularisées au moins débattues, car ceux-là même qui ont la capacité de les rendre réelles sont en même temps ceux qui n’y ont aucun intérêt : nos gouvernants ne légiféreront pas contre les paradis fiscaux, ni contre la spéculation, ni pour une hausse des salaires. Eux-seuls le pourraient pourtant, mais ils ne le feront pas.

C’est donc bien une question de volonté politique, ou si l’on préfère d’idéologie ; mais pas d’économie. Car pour défendre une autre politique, nos élus doivent pouvoir s’appuyer sur une idéologie nouvelle et contradictoire qui fasse sens, qui fasse consensus au sein de la population. Et pour le moment, force est de constater que cette nouvelle idéologie n’existe pas.

Mais il faut également être conscient que la détermination d’une idéologie n’est pas le fruit des politiques mais des « penseurs », c’est-à-dire de personnes extérieures à l’appareil étatique en place et qui possèdent le recul intellectuel et l’acuité prospective suffisants pour dégager de leur vision globale une forme acceptable de modèle théorique capable de satisfaire aux exigences populaires avec lesquelles il correspondrait, en cohérence avec ce qu’on appelle « l’air du temps »…

Sauf qu’aujourd’hui le monde est devenu si complexe, si interconnecté, si mondialisé qu’il est devenu quasi-impossible à un homme seul de prendre la mesure d’un si vaste monde ; ce qui rend l’émergence des penseurs « globaux » irréaliste. Car qui peut se targuer d’une part de percevoir le monde dans son entièreté, et d’une autre de pouvoir en extraire la « substantifique moelle » de manière concise et compréhensible, c’est-à-dire une idéologie acceptable par le plus grand nombre ?

De plus, la complexification du monde, doublée de sa globalisation, a en quelque sorte « tué » l’idéologie, ou pour être plus précis l’empêche même de naître. Et c’est pour cette raison qu’il ne faut pas attendre de « messie », qu’il soit économiste ou non, car ce n’est pas un homme seul qui nous donnera la solution mais « les » hommes, ensemble, qui à travers la réalisation d’une sorte de cerveau collectif composé de spécialistes de chacune des questions sociétales qui nous échappent dans leur globalité pourront dégager cette nouvelle idéologie.

Il faut donc maintenant que tous les scientifiques des diverses spécialités qui en ont la volonté se réunissent autour d’une même table pour faire ensemble changer les choses et s’atteler enfin à la création de cette nouvelle idéologie ; messieurs Jorion et Leclerc semblent désormais prêts à se lancer dans cette voie (voir « le temps qu’il fait » du 28 décembre 2012 et « l’actualité de demain« ), ne les laissons pas seuls :
que les historiens, les philosophes, les sociologues, les économistes, les psychologues, les anthropologues, que tous les scientifiques qui se sentent concernés par le sort de notre civilisation décadente se réunissent pour former ce cerveau collectif, et qu’ils se mettent ensemble à réfléchir à une nouvelle idéologie capable d’améliorer le sort des peuples dont ils font eux-mêmes partie.

Leur statut de scientifiques, de chercheurs en sciences humaines leur confère une responsabilité « de fait » face à l’Histoire, car ils sont à Elle ce qu’ont été à notre présent les théoriciens des siècles passés. Ce sont les philosophes qui ont créé les lumières de la Renaissance, et ils étaient à la fois astronomes, médecins, économistes et souvent artistes ; comme ils sont aujourd’hui soit l’un, soit l’autre…

Cela ne suffit plus de regarder le monde par le petit bout de sa lorgnette, il n’est plus temps de se contenter de décrire et de vulgariser, il faut proposer maintenant. Ils ont le devoir de s’engager, car c’est bien d’eux que dépend le sort de nos enfants, de notre humanité… et c’est à nous, « simples » citoyens, de les y pousser.

contactez-les donc, faites-les se rencontrer, se rassembler, obligez-les à discuter et à débattre, contraignez-les à inventer, à imaginer, enfin forcez-les à se mettre au travail pour faire ensemble émerger cette nouvelle idéologie dont nous avons un besoin impérieux et absolu. Ils n’attendent peut-être que ça d’ailleurs…

Trouvez un lieu, trouvez une date, diffusez le message et reprenez espoir, car l’avenir est devant nous !

Caleb Irri
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Israel/palestine : l’inévitable pardon

Posté par calebirri le 27 novembre 2012

J’ai écris un article sur le conflit israélo-palestinien. Comme une bouteille à la mer, quelque chose qui se voulait présomptueusement « au dessus de la mêlée » et qui pour moi paraissait naïvement logique tant ce conflit m’apparaît aberrant. J’ai beaucoup hésité avant de le publier, et je croyais avoir suffisamment fait attention à ce que mes mots ne fâchent personne, pour ne pas créer de malentendu, afin que l’esprit du lecteur puisse se concentrer sur « l’après », et pas sur la comptabilité du nombre de morts ou d’horreurs subies par des êtres humains, dont les vies sont toutes également précieuses.

Mais force est de constater que je n’ai pas réussi à faire passer mon message. Il apparaît, au nombre de critiques reçues à cet égard (et auxquelles je n’ai pas pu répondre individuellement, je leur prie de bien vouloir m’en excuser), que je suis moi-même tombé dans ce qu’un de mes plus virulents critiques appelle « le syndrome de Tom et Jerry, c’est-à-dire une sorte de « non-engagement » intellectuel qui est passé pour de la lâcheté : à trop vouloir ne blesser personne, je n’ai pas pris le soin de confirmer ce que j’avais déjà dit sur le sujet , et que je croyais stupidement acquis, au moins pour mes lecteurs « habituels » : la politique menée par le gouvernement israélien est ignoble et inhumaine, et je ne désire ni minimiser l’horreur de cette politique, ni mettre sur le même plan les souffrances subies par les Palestiniens dans leur ensemble et… je m’aperçois que je cherche le terme à employer pour parler sans choquer quiconque- le défi est rude à relever sur le sujet- de ce que « subissent » (mais « subissent » est-il approprié ?) les Israéliens : sont-ce des souffrances, ou des vexations, et peut-on dire que la peur est une souffrance ?
Car même si les rapports meurtriers sont impossibles à faire- question d’échelle (sur environ 10 000 morts depuis plus de 20 ans, on compte à peu près 8 500 morts Palestiniens- voir chiffres en 2009, contre 1 500 morts Israéliens- le tout sans compter les morts de faim, de maladies, les réfugiés, ceux qu’on ne compte pas, etc…), les Israéliens reçoivent tout de même quelques roquettes, qui tuent parfois ; et pour les familles de ces victimes on doit bien pouvoir parler de souffrances… Mais plus de 1 000 morts, peut-on parler de « quelques » souffrances, ou doit-on parler de « souffrances » en général ? La souffrance d’une famille israélienne vaut-elle plus, ou moins, ou autant que celle d’une famille palestinienne ?

Enfin toujours est-il que s’il faut parler au niveau des « Etats » (mais là aussi le terme est ambigüe), ou au niveau « global », « démographique », bien entendu la victime est palestinienne, et le bourreau est bel et bien israélien.

Cela étant dit et précisé clairement, je ne renie donc pas cet article car une fois cette constatation établie, le problème reste le même : que peut-on faire, imaginer, proposer pour que ce conflit s’arrête ?

Faut-il appeler à la vengeance éternelle et impossible des Palestiniens et rayer Israël de la carte ? Faut-il leur fournir des roquettes supplémentaires, ou continuer de se satisfaire d’être « du côté des gentils » pour continuer à croire qu’un jour les Etats-Unis oublient de mettre leur veto à une résolution véritablement contraignante de la part de la communauté internationale ? Ou que les dirigeants israéliens se réveillent un matin en se disant « cela a assez duré, nous allons faire la paix » ?

Voilà le véritable sujet de l’article. Pour moi, il s’agit non pas d’oublier ni de faire comme si les horreurs n’avaient pas existé, mais de passer au dessus – même si cela paraît impossible- et de se pardonner pour pouvoir offrir aux générations suivantes un autre avenir que la certitude de la misère et l’oppression, pour toute leur vie, avec comme seule perspective d’atteindre un jour quelques civils, là-bas de l’autre côté, juste pour « se venger ». C’est inévitable. Et il ne s’agit pas non plus de confondre un gouvernement avec son peuple (dans aucun pays au monde d’ailleurs). Car je reste persuadé que si on interrogeait les acteurs et les victimes de ce conflit, la majorité des Israéliens comme des Palestiniens seraient pour la paix.

Seulement comment faire la paix si personne n’est d’accord sur les frontières, sur les « dédommagements », comment faire si les roquettes continuent de tomber pour faire cesser le blocus et que le blocus continue d’être appliqué pour éviter aux roquettes d’être acheminées ? Sans doute si j’étais Palestinien je voudrais moi-aussi lancer des roquettes. Mais sans doute aussi si j’étais Israélien je voudrais moi-aussi la mort des lanceurs de roquettes.

Les dirigeants de ces deux « pays », de ces deux « entités », ont un intérêt bien compris à se poser en garants qui de sa sécurité, qui de son combat pour l’indépendance. Mais ce sont eux les principaux responsables de cette situation qu’ils perpétuent. Ils n’accepteront jamais aucune solution qui menace leur pouvoir ou leur autorité, et ils considéreront toujours un compromis comme un recul ou un échec. C’est pour cela que seuls les peuples concernés sont en mesure de faire la paix. Car eux-seuls sont capables de pardonner. Non pas par lâcheté ni par trahison pour leur cause, mais pour leurs enfants, et tous ceux qui viendront après eux. Et même si ce n’était pas pour cela, ils doivent le faire pour le reste du monde.

Il ne suffit plus de dire « les Palestiniens sont traités comme des sous-hommes, il faut punir les Israéliens pour leurs crimes » ; il faut que les peuples se lèvent ensemble pour dire « nous ne voulons plus de cette situation, arrêtons le massacre ». C’est sans doute un voeu pieu, et je serais ravi qu’on ricane à mon propos. Mais qu’on me dise alors ce qu’il faut faire, et si ce qu’on fait actuellement est suffisant.
Et qu’on ne vienne plus me dire que je soutiens la politique israélienne : je suis pour la paix, et la paix ne peut exister sans le pardon.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le terrorisme européen a encore frappé

Posté par calebirri le 13 octobre 2012

Un attentat terroriste vient de se produire. En France, ce 11 octobre 2012 , une attaque sans précédent qui, dans un silence assourdissant, a déjà touché des milliers, voire des dizaines de milliers de citoyens innocents.

Pour le moment les informations sont encore floues, car l’attaque s’est produite de manière particulière : invisible au lancement de l’attaque, indolore dans les premières heures qui la suivent, c’est à mesure que le temps passe que les effets de cet acte odieux se feront sentir sur la population.

Mais les victimes sont -et seront- bel et bien touchées, de près ou de loin, par les effets dévastateurs qu’elles subiront de plein fouet, quand les ondes souterraines de cette attaque auront atteint toutes les couches de la population.

Tout ce qu’on peut dire à l’heure actuelle, c’est que cette attaque a été préparée, organisée et mise en place par un groupe de professionnels aguerris, et que le mode opératoire des terroristes ne laisse aucun doute sur les commanditaires de cette action. Elle est le résultat d’un groupe soudé et déterminé à aller jusqu’au bout.

Le communiqué de presse des terroristes fait état de 307 individus, pour certains déjà suspectés de trahison, et les médias disent connaitre la plupart des acteurs de cet acte perpétré contre tous les citoyens de l’Etat. Certains des commanditaires se trouvent déjà réfugiés à l’étranger, ou se préparent à s’y exiler, tandis que la plupart des responsables de la logistique seraient basés à Bruxelles dans la plus totale impunité.

Les futures victimes de cet attentat ne s’en doutent pas encore, mais les effets seront sans doutes plus dévastateurs encore qu’une catastrophe naturelle, plus vicieux qu’une attaque chimique. Petit à petit leurs vies se transformeront en un véritable cauchemar qui conduira les plus faibles à la mort ou au suicide, et les plus forts à la violence mais aussi à la souffrance. Personne ne sait encore combien de vies seront ainsi détruites, mais déjà quelques analystes et commentateurs promettent des conséquences comparables à celles engendrées par une épidémie de peste qui s’étendra bien au delà de nos frontières, sans qu’on n’y puisse rien changer.

Selon toute vraisemblance (mais cela demande confirmation) ce ne serait donc pas Alqaeda qui se trouverait à l’origine de cet attentat mais un groupe bien connu pour la menace intérieure constante qu’il fait peser sur la France ; menace pourtant largement dénoncée par certains depuis un bon nombre d’années… Ce groupe terroriste n’est autre que le Parlement français, dont les décisions ont des conséquences criminelles sur les êtres qu’il est censé représenter, et protéger.

Pour les commanditaires nous ne sommes pas en mesure de vous divulguer les noms, mais les soupçons se portent sur une organisation mafieuse encore plus puissante mais presque intouchable : elle vient de recevoir le prix Nobel de la paix !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans fiction, la démocratie, politique? | 3 Commentaires »

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