Nous sommes tous des terroristes ?

Posté par calebirri le 28 septembre 2014

Cela fait quelques jours que je me pose cette question. Depuis que je suis tombé (un peu par hasard de liens) sur le site de « la quadrature du net » . La nouvelle Loi « anti-terroriste » y est analysée, et elle fait vraiment peur : il apparaît que nous sommes tous, individuellement, des terroristes en puissance.

On m’avait dit qu’il y avait plus de chances, statistiquement, de mourir frappé par la foudre que de mourir dans un attentat, mais je ne crois plus aux statistiques. D’ailleurs le terrorisme ce n’est plus seulement poser des bombes : sur wikipedia on voit qu’il existe bien plus de cent définitions de ce terme, mais maintenant ce peut être à peu près n’importe qui : « Art. 421-2-6. – Constitue également un acte de terrorisme, lorsqu’il est intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, le fait de rechercher, de se procurer ou de fabriquer des objets ou des substances de nature à créer un danger pour autrui, en vue de préparer la commission :

« – d’un des actes de terrorisme mentionnés au 1° de l’article 421-1 ;
« – d’un des actes de terrorisme mentionnés au 2° du même article, lorsque l’acte préparé consiste en des destructions, dégradations ou détériorations par substances explosives ou incendiaires destinées à entraîner des atteintes à l’intégrité physique de la personne ;
« – d’un des actes de terrorisme mentionnés à l’article 421-2. »
II. – À l’article 421-5 du même code, après le troisième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« L’acte de terrorisme défini à l’article 421-2-6 est puni de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende. »
(voir article 5)

Et puis j’ai commencé à me poser des questions : la quadrature du net, puisqu’il propose de lutter contre cette loi, est-il susceptible de créer un trouble à l’ordre public ? Faudra-t-il alors le dénoncer ?

Seulement à pousser la réflexion plus loin, je me suis aperçu que de nombreux sites que j’ai l’habitude de consulter , moi qui suis devenu suspicieux de tout, sont potentiellement visés par les dispositions « élargies » de cette loi. J’ai même presque de la crainte à les nommer, on ne sait jamais. Et puis plus grave encore : il m’est arrivé de regarder des vidéos de Dieudonné, pour me faire une idée du « personnage » (chose que je n’aurais jamais faite sans toute la « polémique » d’il y a quelques mois). Etant désormais accusé « d’apologie de terrorisme », je me suis alors inquiété de savoir si je risquais quelque chose, et surtout si j’étais en train de devenir moi-même un terroriste ?

Car par extension, la loi précise (voir article 9) que consulter des sites « faisant l’apologie du terrorisme » commettent un délit.

C’est là que tout se complique ; enfin surtout pour les journalistes, mais pas qu’eux : car « couvrir » des événements comme ceux qui se déroulent en ce moment va devenir difficile… comment savoir si l’exécution de tel ou tel otage est un « montage » ou pas puisqu’ils ne pourront plus ni vérifier ni authentifier une vidéo devenue « hors-la-loi ». Il leur faudra se rendre sur des sites « suspects » et le devenir à leur tour. Comment entendre les témoignages de ceux qui se considèrent comme « résistants » s’ils sont officiellement appelés « terroristes » par le gouvernement ?

Pour continuer à s’informer « autrement », il va bientôt falloir se perfectionner techniquement, et adopter des comportements suspects voire illégaux, puisque l’information alternative ou contestataire sera peu à peu rendue inexistante, car la nouvelle loi ne s’arrête pas à une nouvelle définition du terrorisme ; elle institue une censure sans aucun contrôle judiciaire qui permettra à la police de suspendre ou supprimer n’importe quel site sous les prétextes élargis contenus dans le texte de loi. Ainsi, il deviendra rapidement nécessaire de revoir totalement nos « blogrolls », car les sites qui constituent mon univers informatif vont disparaître les uns après les autres, toutefois si on laisse le mien tranquille !

Le problème est bien plus large qu’il n’y paraît : car pour sanctionner il faut contrôler, et les « terroristes » comme moi doivent se trouver fort heureux de la crise économique qui empêchera pendant longtemps encore le gouvernement de mettre un policier derrière chaque suspect- bien que la NSA leur fournira peut-être bientôt un moyen plus économique de nous surveiller tous ! Ensuite, il faudra quand même m’expliquer une chose : le fait que nous soyons tous appelés à grossir d’ici peu le rang des terroristes ne dit pas comment on fera pour vérifier si les sites supprimés par la police du gouvernement étaient bel et bien des sites terroristes. Car une fois supprimés, ils seront inaccessibles. Qui pourra dire que le blog de Caleb Irri n’était pas un site faisant l’apologie du terrorisme s’il ne peut aller lire ses écrits ?

Imaginez donc, un gars qui doute de tout, jusqu’à douter de la sincérité d’un gouvernement socialiste pourtant démocratiquement élu, et qui prône la mise en place d’une Assemblée Constituante ! Manquerait plus qu’il soutienne les thèses de ce révolutionnaire Bernard Friot !

Enfin il me faut plaider coupable, car je dois l’avouer j’ai bien peur d’avoir eu une pensée malsaine ces derniers temps… Je ne sais pas si je peux en parler ici, cela est tellement honteux que j’ai quelque peine à aller plus loin… A force de douter de tout (un défaut qu’il faut bien considérer comme suspect), j’en suis venu à me demander une chose : et si cette loi anti-terroriste n’était pas destinée à lutter contre le terrorisme mais bien plutôt à se donner les moyens de faire taire toute contestation du pouvoir en place ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

PS : craignant d’être allé trop loin dans ma démarche, je crois qu’il serait bon que je me dénonce dès à présent aux autorités compétentes, en envoyant par ailleurs cette confession de mon état de terroriste potentiel à nos sénateurs qui vont bientôt devoir étudier le texte. Il serait bon pour la paix que chaque citoyen qui se sente concerné par cette Loi fasse lui-aussi son auto-critique et l’envoie aux sénateurs, afin de demander à nos chers représentants de nous protéger… car nous sommes tous des terroristes potentiels sans forcément le savoir, et eux aussi peut-être !

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Il ne s’agit pas de valeurs ni de complot mais bien de calcul

Posté par calebirri le 13 mars 2014

Les événements actuels ne laissent pas beaucoup de place au doute : pour de plus en plus de gens, le monde est dirigé par un petit groupe d’individus mûs par une idéologie fondée sur des valeurs qu’ils veulent de gré ou de force imposer aux plus grand nombre pour leur propre satisfaction, à travers un « grand complot mondial ».

Pourtant, il se dégage plusieurs éléments qui entrent en contradiction avec cette vision, pour attrayante qu’elle soit : car il n’y a pas UN complot mais cent, mille ; sauf que l’accumulation de « petits » complots n’en fait pas pour autant un « gros ». Et l’instauration progressive de deux grands « blocs » opposés « idéologiquement » prouve qu’il en existe au moins deux.

Mais si on parle d’idéologie on se doit de parler de « valeurs », et force est de constater que de valeur il n’y a point ; car en réalité les prétendues valeurs auxquelles se réfèrent les « complotistes » de tous bords (puis qu’apparemment il faut choisir) ne sont que de la poudre aux yeux. Il n’y a plus de valeurs car il n’y a plus de morale, plus de « bien » ni de « mal ». La seule valeur qui vaille est la soif du profit, car dans le cadre du système capitaliste ce ne sont pas les hommes qui ont de la valeur mais les objets. L’individualisme n’est en lui-même pas une valeur mais un calcul. Et tous les complots qui visent à la satisfaction de cet individualisme ne sont en réalité que des calculs faits en dehors de toute morale, suivant les principes d’un système auxquels nous sommes tous soumis malgré nous : le capitalisme – qui est je le rappelle amoral, et non pas immoral.

Et de fait, il n’y a qu’à se pencher un peu sur les événements qui font « l’actualité » pour se rendre à l’évidence : Le cas ukrainien en est un symbole évident, pour peu qu’on veuille bien s’attarder un peu sur les motivations de chaque camp en présence : s’il y a d’un côté le complot russe (ou russo-chinois ?), et d’un autre le complot américain (ou américano-européen, symbolisé par le « Grand Marché Transatlantique »), quels sont les objectifs de chacun si ce n’est celui d’obtenir de cette confrontation le maximum de retombées financières ? On voudrait nous faire croire qu’il faut « choisir son camp », mais en réalité derrière l’apparence d’idéologies contraires (j’aimerais bien savoir lesquelles) se cache tout simplement la défense des intérêts financiers, et rien de plus.

Et si le complot explique le moyen utilisé par tel ou tel camp pour dominer l’autre, la finalité n’est pas l’instauration d’une dictature mondiale ou la défense du bien contre le mal mais tout simplement le résultat d’un calcul d’intérêts bien compris de part et d’autre de ce qu’ils doivent faire pour continuer d’engranger des profits.

IL n’y a qu’à voir comment nos politiques provoquent l’islamophobie tout en commerçant avec des régimes islamiques, comment ils défendent officiellement la démocratie tout en préparant secrètement la pire des dictatures : ce n’est pas un complot mais un calcul. En trompant le peuple sur leurs véritables motivations (le profit donc), ils se servent de leurs prétendues valeurs pour se faire élire puis se pressent de les abandonner pour commercer. Mais ne peut-on pas être à la fois contre le gouvernement européen sans refuser l’Europe, contre le gouvernement israélien sans dénigrer les juifs, contre la Russie sans préférer les Etats-Unis, ou contre les Etas Unis sans soutenir la Russie – moi qui croyais qu’être contre la fin d’une dictature ne signifiait pas pour autant le soutien à une nouvelle (et réciproquement) !

Et quand Goldman Sachs triche ou ment pour gagner plus d’argent, il n’y a pas complot mais bien calcul : si l’amende qu’il paiera une fois découvert est moins grande que ce qu’elle a gagné avec des méthodes illégales, ce n’est ni bien ni mal mais simplement rentable. Un point c’est tout. Et même si des gens au bout de la chaîne se retrouvent mourir de faim par milliers. Juste un calcul.
Et c’est ainsi qu’il faut comprendre aussi les manipulations du Libor ou d’autres arnaques du même style : c’est un calcul, pas un complot !

On veut surveiller et contrôler internet plutôt que de le laisser libre car il est plus rentable de tricher secrètement que de prendre le risque de voir les « petits » arrangements étalés au grand jour sur la toile par des Snowden ou des Assange ? Mais s’il fallait un jour se résigner à supprimer internet plutôt que de gagner des milliards avec le « big-data » ils n’hésiteraient pas. Chacun y voit son propre intérêt, ou celui de sa caste, et puis c’est tout.

Après viennent toute une batterie d’économistes plus ou moins éclairés mais qui tous font l’erreur majeure de croire eux-aussi au calcul : il est plus rentable de sortir de l’Euro que d’y rester, il est plus rentable de tuer les vieux que de les soigner, il est plus rentable de spéculer que de financer l’économie… Alors même que l’Histoire toute entière n’est qu’une succession d’erreurs de calculs ! C’est que depuis si longtemps on a oublié que derrière les chiffres il y a des hommes qu’on ne se rend même plus compte de la vanité, voire de la stupidité qu’il y a à vouloir calculer le taux d’intérêt payé pour un crédit automobile dans 15 ans selon que l’on sera sorti ou non de l’Euro ! Alors on préfère la certitude d’un calcul faux à l’incertitude d’un monde incalculable : cette vérité est si difficile à entendre et à envisager qu’on préfère fermer les yeux et nous soumettre à un système inhumain.

Mais si les choses s’expliquent plutôt bien avec le complot, elles s’expliquent simplement mieux (et totalement) par le calcul : il était inévitable que nous en arrivions là, car c’est l’erreur même de ce système. Le système fonctionne de lui-même et entraîne à sa suite tous les drames qui sont la somme des comportements individuels induits par une théorie erronée, absolument amorale et inadaptée à l’être humain. A force de calculer, les hommes qui ont perdu le contact avec la réalité, et oublié que la valeur d’un homme est incalculable, se perdent dans leurs calculs jusqu’à en oublier qu’ils sont des hommes. Fukushima n’est que le résultat d’un calcul, la misère et la guerre aussi. La dictature en est un autre : comme disait Asimov dans « Fondation », « la violence est le dernier refuge de l’incompétence ».

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Discours (rêvé) d’un homme politique honnête

Posté par calebirri le 25 novembre 2013

Très chers cons (citoyens), si je suis devant vous ce soir, ce n’est pas de gaîté de coeur- mais parce que ce que vous appelez la démocratie m’y oblige. Contrairement à mes concurrents (et néanmoins amis), j’ai décidé de cesser l’hypocrisie qui règne dans ce pays en vous parlant un langage de vérité.

Alors voilà : si je me présente à vos suffrages ce n’est ni parce que je crois pouvoir améliorer votre sort (de toutes les manières ce n’est pas moi qui décide), ni parce que j’ai des convictions à défendre (je connais assez la politique pour ne plus en avoir), mais tout simplement pour gagner plus d’argent, et plus de pouvoir.

Mes chers cons (tribuables), vous savez tous que le monde est individualiste et que la crise est profonde : il ne faut donc pas attendre de miracle de ma part ; mais j’ai une carrière à mener, et elle passe par l’élection.

En m’élisant ce dimanche vous ne serez donc ni plus riches ni plus heureux, mais vous ne serez pas non plus ni moins riches ni moins heureux… qu’avec mes concurrents ! Seulement il vous faut bien en choisir un, alors autant que ce soit moi !

Maintenant, il me faut vous présenter mon programme : ce n’est pas que j’ai une quelconque intention de tenir mes engagements (je serai bien le seul- et de toutes les manières je n’en ai pas les moyens- ni la volonté d’ailleurs) et le fait est qu’une fois élu vous ne pourrez pas me foutre dehors ; mais je sais aussi, chers cons (tout court) que cela vous rassure de pouvoir rêver encore un peu. Et bien que cela soit ; mais là-aussi je me fais un honneur de vous parler « vrai » :

une fois en place donc,

-j’augmenterai les impôts de manière discrète et injuste sans que cela ne vous ruine complètement.
-je placerai ma famille et mes amis pour assurer leurs situations, et aussi mes arrières (on ne sait jamais)
-je me vendrai au plus offrant pour accorder des crédits, des subventions, des marchés…
-je profiterai de tous les avantages liés à ma fonction mais sans vous le dire, pour ne pas vous offenser
-je trafiquerai les chiffres pour vous faire croire que tout va bien, et je me mettrai le maximum dans les poches, tandis que je vous répéterai que vous devez faire des efforts.
-je ferai semblant de détester mes adversaires politiques lors des débats publics alors qu’ils sont mes amis, et je renierai tout ce que j’ai pu dire avant lorsque cela arrangera mes propres intérêts.

Que vous dire de plus maintenant ? Vous pouvez regarder ailleurs, ils font tous comme moi ! Vous me trouvez cynique, et vous avez raison mers chers cons (patriotes), mais que voulez-vous… Vous devriez profiter de cet instant de grâce que je vous offre en vous disant une fois la vérité, contrairement à tous les autres que moi. Et cela ne les empêche pas de dormir. Pourquoi devrais-je faire autrement ? Vous n’avez qu’à vous présenter vous aussi, le job n’est pas si compliqué.

En réalité vous êtes comme moi, ou je suis comme vous si vous préférez. J’ai une famille à nourrir, et je ne vais pas régler tous les problèmes tout seul ! Alors que si vous me faites l’honneur de me choisir à ces prochaines élections, j’aurai l’occasion de mettre à l’abri tous ceux qui me sont chers, rien que de bien normal en fait. En plus, peut-être l’Histoire retiendra mon nom, quelque part entre deux autres noms connus. Je rencontrerai des gens importants, et si je mène bien ma barque je pourrai peut-être même m’offrir un petit compte en Suisse ou ailleurs, et être protégé par une immunité judiciaire sur mesure. Que rêver de plus ? Ce n’est pas réussir sa vie, ça, un exemple à suivre ?

Si vous voulez je peux vous promettre de mettre tous les étrangers dehors, ou même de tous les régulariser ; d’augmenter les impôts des riches ou de les supprimer, de lancer un « grand chantier » ici ou là, de donner des crédits à l’école ou au stade de foot peu importe puisque je gagnerai sur tous les tableaux. Et sans risque encore, puisque tout ce qui se fait dans un mandat est défait dans le suivant, il n’y a qu’à attendre ; et si vous n’êtes pas contents, vous changerez alors de crémerie !

Mes chers cons (sommateurs), j’ai déjà perdu trop de temps avec vous, qui de toutes les manières ne le méritez pas ; élisez-moi, et vous ne serez pas déçus : je ferai comme tous les autres. Ni plus ni moins. Et remerciez-moi, car comme le disait un homme qui comme moi s’est un jour présenté devant vous : je pourrais tout vous prendre et pourtant je ne le ferai pas. Soyez donc heureux qu’on m’oblige encore à devoir faire ce genre de spectacle inutile et improductif qu’on nomme « démocratie », et qu’on vous offre encore le droit de rêver, car cela ne durera pas…

Vive la République, et vive la France !

Votez pour moi !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Les guerres ne sont jamais de religion

Posté par calebirri le 2 septembre 2013

Quand on fait le compte, il apparaît qu’en définitive le nombre d’années durant lequel l’Europe s’est trouvée engagée dans des guerres dépasse celui passé en paix. Et à y regarder de plus près, on s’apercevra aussi d’une chose : la plupart ont été conduites au nom de la religion. Cela signifie-t-il pour autant que la religion est cause de tous nos maux ?

Pas si sûr, car en réalité les guerres du passé n’ont toujours eu qu’un seul et même but : l’argent et le pouvoir. Le pouvoir conféré par l’argent, l’argent qui conduit au pouvoir, l’argent qui vient du pouvoir et qui va au pouvoir… Il existe d’ailleurs une relation étrange entre le pouvoir et l’argent : comme une sorte de cercle vicieux (ou vertueux dirons certains), l’un conduit à l’autre qui conduit à l’autre… Jusqu’au délire totalitaire : le désir de « toujours plus » de pouvoir et de richesse est le rêve absolu de tout tyran en devenir.

C’est cet appétit du pouvoir et de la richesse qui conduit nos dirigeants dans leurs actions bien plus que leur morale ou leur idéologie (ils font bien du commerce avec leurs « ennemis »), comme autrefois nos rois ou nos pharaons ne se croyaient pas réellement « de droit divin », pas plus sans doute que nos papes ne se croyaient eux-mêmes portés par la Providence divine : gouverner c’est prévoir – et à ce jour personne ne semble en mesure de certifier avoir été directement dirigé par la main de Dieu (les échecs de nos civilisations successives sont là pour le prouver, et les imputer à Dieu serait faire offense à Sa perfection !).

Non, tous ces hommes ne font que de la politique : car s’ils faisaient de la religion, ils ne rechercheraient ni richesse, ni pouvoir…

Et c’est à force de corruption (pour « arriver » ou pour se faire élire) que nos gouvernants entraînent peu à peu leurs peuples dans la misère et établissent « inconsciemment » les conditions d’une crise financière telle que chaque génération semble devoir en connaître. Pour ne pas que le peuple se retourne contre un gouvernement allié aux riches (pour l’instant…), ils protègent leurs mensonges par d’autres mensonges plus gros, leurs vols par d’autres vols plus grands encore… jusqu’à ce que les caisses soient vides, et le ventre de leurs administrés aussi. C’est à ce moment que la crise survient chaque fois, quand les pauvres finissent par s’apercevoir de la supercherie. Les tensions augmentent d’abord nationalement, par l’intermédiaire de la stigmatisation de quelques minorités sociales (les roms, les musulmans…) qui sont souvent pauvres et mal intégrées car souvent d’origine étrangère. C’est que l’étranger possède pour un gouvernement cet intérêt d’être faiblement représenté, et de coutumes ou de culture différentes, mal connues et par conséquent souvent mal acceptées : il est bien plus facile de rassembler contre « eux », et de leur taper dessus « ensemble ».

Et la religion est bien souvent le point d’accroche par lequel un gouvernement rassemble pêle-mêle ceux qui deviendront bientôt des boucs-émissaires, car elle permet de « ratisser large » ; et tandis que les grandes religions font les grands conflits, les divisions au sein d’une même religion font les guerres civiles.

Dans un état de crise économique, si les gouvernements ne veulent pas voir leur domination affaiblie, ils se doivent de créer les conditions d’un conflit susceptible de les conduire soit au maintien de leur position, soit à rechercher des débouchés économiques « ailleurs »…

Mais le problème d’aujourd’hui, c’est que le monde est si « interconnecté » que la colonisation ou l’invasion ne sont plus aussi simples qu’auparavant : la raréfaction des ressources disponibles et l’état économique de la plupart des « grands » pays obligent aujourd’hui à la prudence car tous sont également intéressés par ces nouveaux « débouchés ». Et le jeu des alliances constitué par une pyramide d’intérêts cumulés rend possible une réaction en chaîne à partir d’une « petite » étincelle, comme la Syrie pourrait en être l’exemple…

On le voit ces derniers temps d’ailleurs : prêts il y a quelques jours à peine à frapper « sans preuve » (quand on sait ce qu’elles valent mais c’est un autre sujet), et surtout sans véritable appui de la part de l’opinion publique (n’a-t-elle pas du mal à digérer le fait qu’on lui refuse toute amélioration de sa condition quand on s’apprête à dépenser des millions pour une guerre dont on ne connaît ni les gentils ni les méchants ?), nos bons soldats de l’ingérence humanitaire (qu’elle soit légitime ou pas) ont rapidement fait marche arrière… auraient-ils reçu quelque menace sérieuse leur intimant de ne pas y aller, ou du moins pas tout de suite ? En tous les cas, il apparaît que les rapports de force ne sont plus aussi favorables aux « occidentaux » qu’ils l’étaient il y a peu… seront-ils contraints de s’y lancer malgré tout, et l’opinion publique se laissera-t-elle encore berner une fois de plus par des prétextes fallacieux tels que la défense des droits de l’homme, la religion et toutes ces autres valeurs sur lesquelles nos gouvernements se sont assis depuis des siècles ?

Pas facile de le savoir aujourd’hui, mais une chose est sûre cependant : internet est la clé, le nœud de toute cette affaire : comme on l’a vu récemment avec les lanceurs d’alerte comme Snowden ou Assange, ou la déclassification « forcée » de certains documents attestant de la duplicité du gouvernement des Etats-Unis, internet est en même temps le moyen de propagande destiné à conduire le peuple vers la guerre et celui capable de l’empêcher par la dénonciation publique les mensonges et les tromperies de nos gouvernants. La fin de l’internet libre signera le début de nos malheurs et celui du retour de la guerre… non pas pour un Dieu ni même pour une idée, mais bien pour le pouvoir et la richesse de quelques uns : ils préfèreront l’injustice, ou le chaos.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Quand les politiques s’opposeront aux financiers

Posté par calebirri le 2 août 2013

Les liens qui existent entre le pouvoir politique et le pouvoir financier sont nombreux : dans chaque grande banque les énarques ont leur place, et les allers et retours entre le « public » et le « privé » sont devenus monnaie courante, à tel point qu’on leur a donné un nom : le pantouflage. Ces liens sont connus et forment aujourd’hui une véritable alliance malsaine et parfois illégale, comme nous le prouvent le grand nombre d‘affaires « politico-financières » dont on nous accable régulièrement.

Mais cette alliance va à l’encontre des principes du système capitaliste et s’apparente à de la corruption : elle en est à la fois la cause et la conséquence, car elle crée les conditions d’un conflit entre l’intérêt général prétendument défendu par le politique et son intérêt particulier -que lui confère sa proximité avec le monde de l’entreprise (c’est d’ailleurs bien à cela que servent les lobbies qui font les lois à Bruxelles)

Au départ, cette alliance s’est opérée par la nécessité pour les pays riches de voir perdurer leur prédominance économique sur le reste du monde et éviter, ou retarder l’émergence inévitable de ceux qu’on appelait il y a encore peu les pays « sous-développés », « en développement » puis « émergents », et pour certains déjà « émergés ». N’étant pas en mesure de s’aligner sur la compétitivité de ces derniers, les pays riches ont par cette alliance créé une communauté d’intérêts dans laquelle les riches obtiennent le pouvoir politique en offrant aux politiques une part de leur richesse : ils obtiennent ainsi le droit de modifier les Lois à leur avantage, tandis que les autres en bénéficient eux-mêmes en tant que riches. Ensemble ils modifient les règles de concurrence libre et non faussée pour en changer non pas la lettre mais leur esprit : à force de subventions, de règles particulières ou la création d’espaces « offshore », ils ont permis la conservation ou l’augmentation du niveau de vie de leurs populations tout en créant par la spéculation et le crédit une bulle financière scandaleusement explosive, si bien qu’aujourd’hui la totalité des avoirs représente je ne sais même plus combien de fois le PIB de la planète – nous vivons certes à crédit, assis sur du vent, mais notre pouvoir d’achat est toujours le plus élevé.

Et c’est bien ce que traduit le décalage entre l’économie réelle et les cours de la bourse : le chômage augmente partout, tandis que les grosses multinationales engrangent toujours plus de profits. Ce décalage provient de la corruption des règles « pures » du marché par le conflit d’intérêts que constitue l’alliance des pouvoirs politique et financier (aujourd’hui la concurrence n’est pas libre et elle est faussée), et conduit inévitablement à l’émergence d’une crise dont nous subissons actuellement les effets. Et ce n’est rien à côté de ce qui nous attend.

Car le fait est que cette alliance, en plus d’être immorale et même parfois illégale (le conflit d’intérêts est un délit), est contre nature (si toutefois on peut parler de la « nature » du capitalisme). Et c’est dans la résolution de cette crise que l’on constate à chaque fois, dans cette Histoire qui se répète (l’âme humaine semble d’ailleurs n’avoir à cette occasion pas subi les conséquences du conditionnement dont elle est pourtant assaillie), une rupture de la communauté d’intérêts qui finit par dégénérer nécessairement : quand les riches demandent plus de dérégulation le pouvoir politique se met le peuple à dos, et quand le peuple réclame plus de régulation ce sont les riches qui menacent de sanctions…

Les politiques se retrouvent donc coincés entre deux feux sans réussir jamais à contenter ni l’un ni l’autre, si bien qu’avec la perpétuation de cet « entre-deux » la situation continue de se dégrader jusqu’à un point de non-retour, point que nous avons déjà dépassé. Aujourd’hui nous en sommes au « sauve-qui-peut », et que l’on régule ou qu’on dérégule ne changera plus rien à l’affaire.

S’ensuivra une explosion finale qui seule permettra d’établir les bases d’un nouveau système, qu’il soit capitaliste ou pas : les riches réclameront un nouveau Bretton Woods, les politiques tenteront de nous vendre une bonne vieille dictature (à la Orwell ou à la Huxley), et les pauvres rêveront de la démocratie – encore.

Ce n’est qu’à l’occasion de cette explosion que les partisans de la démocratie auront une chance de se faire entendre, lorsque les tensions entre les deux « frères ennemis » de la politique et de la finance seront les plus fortes qu’ils pourront se faire une place dans l’opinion. Et de ces trois options une seule l’emportera. Elle sera à l’origine de l’établissement d’une nouvelle société, d’un futur système dont les règles domineront le monde jusqu’à la fois suivante. Il faudra alors être prêts. Car ce moment approche.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Monsieur Condamin-Gerbier est un homme dangereux (mais pour qui ?)

Posté par calebirri le 17 juillet 2013

Monsieur Condamin-Gerbier est un homme dangereux : c’est pour cela qu’il est en prison, en Suisse, et ce depuis le 5 juillet 2013.

Convoqué comme témoin dans l’affaire Cahuzac, il a ensuite été auditionné à deux reprises par une commission d’enquête parlementaire sur un éventuel dysfonctionnement de l’Etat durant l’affaire Cahuzac : vous pouvez trouver ces deux auditions ici et ici.

Lors de ces deux auditions, cet homme fait mention (en plus de décrire les mécanismes « institutionnalisés » d’optimisation, de fraude ou d’évasion fiscale -si l’on veut faire des différences « légales » ) d’une liste d’hommes politiques qui possèdent ou ont possédé des comptes dissimulés à l’étranger, dont certains ministres passés ou actuels, donc de droite comme de gauche : de quoi mettre un beau bazar dans cette misérable -et corrompue- République ; et à cette occasion on remarquera la discrétion de l’UMP et du PS sur une affaire qui semble les embarrasser tous deux…

Monsieur Condamin-Gerbier dérangeait donc, et c’est ainsi qu’il se retrouve deux jours après son audition non pas protégé par les autorités françaises comme promis par les parlementaires lors de la première audition (il semble que le « détail » de sa protection consulaire en tant que ressortissant français ait en plus été « oubliée » par les autorités -cf le rapporteur de la commission d’enquête), mais tout simplement mis en cause sous divers prétextes dont celui de « viol du secret professionnel » (et comment faire autrement sous serment face à un juge : lui mentir ?). Cette mise en accusation fait suite à une courte -mais efficace- campagne de décrédibilisation à son encontre destinée justement à préparer l’opinion à son arrestation.

Pourtant, qu’un homme qui a travaillé pendant plus de vingt ans pour « le grand capital » ne soit pas un saint, voilà qui n’étonnera personne. Et qu’on ait quelques reproches à lui faire non plus. Mais cela remet-il en cause l’exactitude des faits qu’il dénonce ?
Bien sûr que ses motivations sont à éclaircir, et ses objectifs également. Mais ne doit-on pas faire une différence entre « celui qui dit » et « ce qu’il dit » ?

Enfin, toujours est-il que Pierre Condamin-Gerbier a pris des risques en dévoilant publiquement des secrets d’Etat. Pour son travail, pour sa réputation, pour sa liberté, et peut-être même pour sa vie. En expliquant comment l’Etat était évidemment au courant de l’existence du compte suisse de Jérôme Cahuzac et de ce genre de pratiques (puisque l’Etat lui-même a recours à des comptes offshore pour certaines de ses opérations secrètes), et surtout comment la question d’entraide fiscale posée à la Suisse par la France était sciemment « mal posée » pour éviter les recoupements avec d’autres personalités qui en auraient inévitablement découlés…L’Etat a donc volontairement protégé une classe politique corrompue qui risquait, à droite comme à gauche, de devoir s’expliquer publiquement sur l’existence de ces comptes.

Il fallait donc se débarrasser de ce témoin gênant… Voilà qui est fait. L’Etat Français, avec la complicité de l’Etat Suisse, est en train de faire un autre Bradley Manning, un autre Edward Snowden, un autre Julian Assange… Aujourd’hui quand un homme dérange le pouvoir en dénonçant au peuple les exactions de ce dernier, il devient un ennemi à abattre au lieu d’être remercié comme un héros. Il y a beau jeu de dénoncer la corruption, les fraudes et d’annoncer vouloir « protéger » les lanceurs d’alertes, mais dans la réalité tout est fait pour les empêcher d’exister.

Que faire face à ces pratiques ? Comment doivent réagir ceux qui « savent quelque chose » qui puisse remettre en cause des pratiques pourtant illégales (en plus d’être immorales et anti-démocratiques) ? se taire et continuer de faire comme si de rien n’était, ou tenter de s’arranger avec sa conscience en occultant les informations qui la dérangent ?

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que cela commence à faire beaucoup. Je ne suis pas indigné mais révolté par tant d’hypocrisie, de mensonges, de tromperies. Alors que les « plus modestes » ont des difficultés à se nourrir , nos gouvernants continuent de vouloir nous faire payer les erreurs et les mensonges de leurs prédécesseurs. Tout cela est proprement scandaleux, il faut faire quelque chose.

En regardant rapidement sur internet, je n’ai pas trouvé de site qui laisse aux « lanceurs d’alertes » un espace dédié, ou qui prévoit une défense juridique pour les protéger ; j’ai trouvé un site qui fait le point sur le sujet, mais rien qui permette aux lanceurs d’alertes de dénoncer publiquement les fourberies d’untel ou d’untel. Peut-être me trompé-je, auquel cas j’attends vos liens, mais si ce site n’existe pas, il faudrait le créer. Que ceux qui seraient motivés par une telle création n’hésitent pas à me contacter, vous trouverez l’adresse de mon blog en fin d’article.

Il faut dire qu’avec la spécialisation à outrance et la division du travail poussé à son extrême, on se retrouve un peu dans un monde orwellien ou chacun effectue une tâche précise sans jamais avoir une idée ni de la tâche sur laquelle travaille son voisin, ni de la vision globale à laquelle son travail participe. Mais si l’on considère le nombre d’individus qui disposent, à leur échelle, d’éléments plus ou moins compromettants, et que ces éléments étaient rapprochés en un même lieu d’autres éléments d’importances et de valeurs diverses -peu importe, alors on peut imaginer la force d’impact que pourrait avoir un tel site.

Cela permettrait également de solidariser les « lanceurs d’alertes », et de les protéger collectivement, avec un service juridique dédié à la protection de ces personnes. La profusion des informations serait aussi pour les lanceurs d’alertes un moyen de se « fondre » dans la masse et de prendre moins de risques à dévoiler les corruptions, exactions ou mensonges dont ils sont témoins, pendant que la diffusion généralisée de ces informations à un grand nombre de citoyens permettrait de sensibiliser l’opinion à l’état réel de notre démocratie.

Contrairement à la prudence la plus élémentaire, il faudrait que les « lanceurs d’alertes » ne soient pas anonymes mais assument leurs dires pour d’une part être crédibles dans leur engagement, et d’une autre part pour montrer aux autres qu’il n’y a pas à avoir peur. On pourrait tout à fait imaginer des « actions » brèves durant lesquelles de nombreux lanceurs d’alertes, à une date donnée, dévoilent tous en même temps leurs témoignages pour saturer les services de renseignements qui luttent désormais clairement contre l’établissement de la vérité.

Il faut que les témoins parlent, car leur silence finira par les rendre coupables. Que tous les Condamin-Gerbier qui savent et qui en ont marre de se taire fassent preuve de courage, que tous les Snowden se lèvent pour dénoncer les abus auxquels on les contraint, que tous les Assange diffusent et partagent les secrets dont ils sont en possession. Il faut que cela cesse, car autrement cela finira mal : les hommes dangereux ne sont pas ceux que l’on croit.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, la démocratie, politique? mensonges | 4 Commentaires »

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