le respect, ça se mérite !

Posté par calebirri le 17 février 2010

Lorsque j’étais petit, mes parents répondaient parfois à mes insolences par cette phrase « tu nous dois le respect », phrase à laquelle je répondais effrontément par « le respect,  ça se mérite ! » ; je ne savais pas encore à quel point j’avais raison. Après un article sur « les droits et les devoirs  », j’ai été assez frappé de constater à quel point les êtres humains confondent le sens des mots. Si certains ont très bien compris le sens de ce précédent papier, d’autres voix se sont élevées contre celui-ci, argumentant sur l’évidente moralité du devoir citoyen de rendre à la société d’une autre manière la jouissance des droits qu’elle nous accorde. Ces contradicteurs d’apparence font à mon avis une erreur, car ils perçoivent le devoir comme étant précédant au droit, alors qu’en réalité la jouissance des droits permet simplement la naissance, en retour, d’un devoir moral librement consenti et absolument personnel.

Ce devoir (qui ne peut être que moral) dépend de ce libre consentement. Il n’est pas tout à fait pareil de dire « tu dois payer tes impôts pour faire fonctionner le service public » que de dire « tu as le droit de voter librement pour quelqu’un à qui tu confies l’autorisation de déterminer la part d’impôts que tu t’engages à verser pour la contribution publique ». il n’y a qu’à regarder l’article 14 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Avoir le droit n’est pas être obligé. Ces deux notions (obligation contrainte et devoir moral) sont très différentes, et sont malheureusement confondues.

Les devoirs impliquent inévitablement le rapport à l’individu, et à ce qu’il décide par lui-même de réaliser…ou pas. C’est une démarche éminemment personnelle : celui qui ne se sent pas devoir ne doit à personne, indépendamment de la morale commune. Les devoirs sont comme les promesses : elles n’engagent que ceux qui les font. Et on connaît qui les tient !

Pour revenir au respect, c’est à vrai dire cette notion de devoir qui ne me plaisait pas dans la phrase prononcée par mes parents. Inutile de dire qu’ils méritaient mon respect, ni que je les respectais déjà en réalité. Mais je n’acceptais pas que l’on m’oblige à le faire. C’était en quelque sorte un devoir dont je ne voulais pas m’acquitter. Et pour cause. C’est parce que le respect ne peut que se donner, et jamais s’exiger. Un respect exigé n’est que de la crainte. J’estimais donc mes parents dignes de respect, mais considérais inconsciemment que celui-ci ne pouvait m’être imposé de fait. Et je ne les craignais pas.
Il est donc beaucoup plus difficile d’obtenir le respect que la crainte, car il prend le risque de disparaître à tout instant. Il en est de même pour les devoirs : les véritables devoirs sont ceux qu’on ne peut contraindre à rendre, et ceux qui croient que le « devoir » est une obligation sont les mêmes que ceux qui confondent la crainte et le respect.

Ils désirent le respect mais obtiennent la crainte, ou rêvent de devoirs rendus par la force.

C’est cette transformation du sens des mots qui est à l’origine de l’incompréhension de bien des hommes entre-eux : ils emploient le même mot pour exprimer des choses différentes, et s’épuisent à s’expliquer, alors qu’ils devraient d’abord s’entendre sur le sens des mots qu’ils utilisent. Si les politiques en profitent et en jouent, la déformation est tout d’abord culturelle car elle nous touche tous dans la vie de tous les jours.

Qu’il y ait nécessité d’une contribution citoyenne pour obtenir des services publiques est certain, mais qu’on ne confonde pas avec une obligation : il n’y a qu’à regarder les évadés fiscaux, qui visiblement ne sentent pas ce devoir.
Qu’un professeur exige le respect de la part de ses élèves, et il en obtiendra au mieux des moqueries, au pire de la crainte.
Que les administrations rendent un service public n’est pas le résultat du devoir de chaque fonctionnaire, mais celui du contrat qu’ils ont signé avec leur employeur.

Finalement, on devrait dire que l’Etat a des obligations (et non pas des devoirs) envers le peuple, c’est à dire qu’il craignent l’exercice des droits des citoyens. Mais si les citoyens veulent se faire respecter, il faut tout d’abord qu’ils en soient dignes, en choisissant leurs dirigeants selon leur libre consentement, « éclairé », et non par l’imposition d’une quelconque obligation (qu’on veut appeler « devoir citoyen ») du vote entre deux candidats qui ne méritent pas, dans ces conditions, qu’on les respecte.

 

Caleb Irri

Publié dans la démocratie, Non classé, philo, politique? | Pas de Commentaire »

le besoin et le désir

Posté par calebirri le 24 janvier 2010

Nous avons tous et des désirs, et des besoins. Mais il ne faut pas les confondre. Si nous avons tous besoin de désirer, nous ne désirons pas avoir besoin.

Le besoin est une nécessité vitale, une sorte d’instinct qui détermine ce qui nous manque pour rester en vie. Alors que le désir, contrairement à ce qu’on entend parfois, n’est pas une nécessité vitale. Le désir est une envie créée par notre imaginaire qui n’a pour objectif que le plaisir. Mais la satisfaction de ce désir n’est pas dans sa réalisation, mais dans l’attente. Le fait que l’on confonde désir et besoin est la source de bien des malheurs humains : croyants que leur désir est « vital », ils imaginent qu’il est un besoin qu’il faut à tout prix satisfaire, sans se rendre compte qu’une fois réalisé, il ne reste plus rien d’autre que le besoin de désirer.

Lorsque l’homme aura compris qu’avoir envie n’est pas avoir besoin, alors seulement il pourra commencer à penser autrement. Car une fois bien établie cette différence, nous serons en mesure de définir clairement en quoi la satisfaction des besoins est primordiale, et ainsi de commencer à chercher comment y pourvoir.

Car c’est bien d’économie, et de politique dont il s’agit : en nous faisant prendre les désirs pour des besoins, c’est toute la société de consommation qui se trouve remise en question. Si nous cessons de les confondre, alors nous cesserons de croire que le superflu est essentiel. Nous apprendrons que l’attente que provoque le désir est plus plaisante que sa réalisation, et il deviendra difficile de nous faire rêver avec cette entourloupe. S’il est compris que la mode, l’esthétique ou le « bling bling » ne sont liés qu’à des caprices, alors il nous sera permis de penser autrement. C’est tout un système de valeurs qui s’effondrerait.

En se focalisant donc sur la satisfaction des besoins, il serait possible de déterminer clairement, (constitutionnellement en quelque sorte), qu’une société qui fonctionne est une société qui remplit les besoins de chaque individu. On ne saurait s’arrêter là bien sûr, car je le disais plus haut : le fait de désirer est un besoin. Pas celui de désirer la liberté (c’est justement un besoin, pas un désir). Mais une société qui ne désire pas n’avance pas. il lui faut des rêves et des objectifs.

il ne s’agit donc pas de nier le désir, mais de le relativiser. Le besoin d’une société meilleure et plus juste ne doit pas amoindrir le désir, mais le consacrer pour ce qu’il est : un bien à rechercher une fois les besoins satisfaits.

en économie, on parle de besoins primaires, et de besoins secondaires. mais cette distinction existe là aussi pour brouiller les pistes, et fait croire que des objets de consommation sont essentiels ; tout cela dans le but de nous faire consommer, et participer au système.

 

Mais imaginons par exemple que l’épargne soit considérée comme ce qui reste de superflu une fois les besoins remplis. On pourrait sans conteste établir ce résidu comme non essentiel et devant être attribué à ceux dont le besoin n’est pas comblé.

 

Si chaque individu était mû par ses besoins plus que par ses désirs, il cesserait à un moment de vouloir consommer, ou même d’épargner. Les bons élèves du système capitaliste se trouvent être paradoxalement les pauvres, car ils ne visent qu’à la satisfaction de leurs besoins. Et ceux qui les remplissent aisément sont ceux qui ne sont jamais satisfaits, car ils ont définitivement perdu la notion du besoin : à force de désirer sans s’occuper de leurs besoins, ils ont fini par croire qu’amasser de l’argent va les aider à les satisfaire… et courrons toujours après l’un sans contenter l’autre.

 

Caleb Irri

Publié dans consommation, double coup, philo, politique?, un nouveau système | 2 Commentaires »

Boulgakov, le diable et l’Etat

Posté par calebirri le 2 janvier 2010

Je viens de terminer la lecture du célèbre livre de Boulgakov, « le maître et Marguerite ». le diable en est le personnage principal. Arrivé à Moscou sous les traits d’un artiste adepte de magie noire, il sème en quelques jours la panique sur la ville, brûlant, tuant, trichant et volant, au mépris des règles sociales représentant le bien et le mal couramment acceptées. L’illusion, la folie, le burlesque du diable et de ses acolytes sont tels qu’ils finissent par engloutir la réalité dans une sorte de tourbillon trouble fantastique et totalement dénué de sens.

Mais si le diable se comporte à première vue de la manière qu’on attend de lui, on s’aperçoit assez rapidement que ce dernier n’est pas totalement repoussant, et qu’après tout il est sans doute le personnage le plus franc de tous les personnages secondaires. En effet, on s’amuse assez de voir l’effet de ses actions diaboliques sur le comportements des êtres rationnels, qui n’ont d’autre choix que de se juger fous pour rester en accord avec leur rationalité.
Le spectacle illusionniste et sa distribution de billets montrent la vénalité et la superficialité de ces êtres qui se voudraient irréprochables, et met à jour de nombreuses hypocrisies ou mensonges que la bienséance interdit pourtant de montrer.

Au fur et à mesure, on s’aperçoit que le diable, en réalité, n’est qu’une sorte de bras armé de la justice divine, et que son travail consiste en fait à punir le mensonge et l’égoïsme, valeurs qui sont pourtant celles de la société. On le voit très bien, la police et la justice terrestre sont incapables de concevoir la réalité autrement qu’à travers les règles édictées par le pouvoir, et cherchent donc à faire avant tout régner l’ordre. Expliquer ces évènements étranges ou funestes qui se produisent est moins important que le maintien de l’ordre public.

Seuls les deux personnages principaux sont vrais, presque « purs ». En quelque sorte « repérés » par Dieu, et c’est le diable qui est chargé de leur rendre justice.  Mais ils passent un pacte avec ce dernier, et ne pourront accéder à la lumière divine. Pourtant, et selon la mansuétude divine, il leur sera, pour prix de leurs souffrances et de leur amour indéfectible, accordé le repos éternel.

C’est comme si les deux héros avaient été punis trop sévèrement par une société qui doit elle-même être punie. Ne pouvant, pour ne pas se rendre coupable envers la société, qu’abandonner Foi et Amour au profit de la bienséance (la pensée unique), il leur a été accordé d’être graciés par le ciel.

Mais le diable n’est pas l’ennemi de Dieu : il est le tentateur de la futilité et de la cupidité de l’homme. celui qui pêche c’est l’homme. le diable ne le contraint pas aux mauvaises actions, mais le met en face de ses contradictions. Dieu ne peut punir les hommes Lui-même, car autrement il ne serait pas le « Dieu bon » vanté par les textes. Le diable est l’instrument de Dieu, car il enquête, juge et punit. Mais il n’est ni injuste ni mauvais : il est lui-même abasourdi par ce qu’est devenu Moscou depuis sa dernière visite.

Le véritable « diable » de cette histoire, c’est le système supérieur ayant remplacé dieu, l’Etat. l’Etat qui laisse faire la corruption, qui censure toute contestation, qui enferme tout débordement, qui terrorise les citoyens, qui les rend  égoïstes et vénaux. L’Etat écrase les hommes jusqu’à leur faire nier l’existence de Dieu, et aussi celle du diable. Enfermés parce qu’ils défendent un autre point de vue, ils finissent eux-mêmes par croire qu’ils sont dans l’erreur. c’est peut-être là le plus grand péché des deux héros : dans l’asile d’aliénés, le Maître en vient à se juger fou plutôt qu’à continuer à croire en son oeuvre. Et Marguerite en vient à accepter le Mal pour obtenir son amant.

La censure dont a été victime l’auteur, comme celle du Maître, les ont contraints à la misère et l’opprobre injustement, ce qui les a entraîné loin de la spiritualité. Le pacte avec le diable signifie à la fois la sortie de leurs tourments humains « inhumains », et l’entrée dans une nouvelle sorte de spiritualité, qu’ils payent de leur vie. Ils payent ainsi le prix de leur repos éternel de leur renoncement à la Foi, mais ils retournent en même temps à cette dernière. Le Maître souhaitant se détacher de son oeuvre finira par l’oublier, Marguerite souhaitant vivre avec son amour passera l’éternité avec lui. Mais juste avant cela, le Maître saura qu’il a vu juste sur Ponce Pilate (il n’aurait pas du renoncer), et Marguerite qu’elle ne lira jamais plus le Maître (elle aurait du rester).

Par contre, l’Etat continuera de fonctionner comme avant la visite du diable, et le temps aura vite fait d’effacer les mystères entourant son passage…tout reprendra comme si de rien n’était, et les hommes continueront de se laisser guider non par leurs convictions spirituelles, mais par le système qui les corrompt. Seul le diable sait pourquoi !

 

Caleb Irri

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vivre tue

Posté par calebirri le 24 novembre 2009

Le monde d’aujourd’hui est formidable : en un clic, en un zap, l’information est accessible, classée, ordonnée, attrayante. Une définition nous manque, un sujet nous intéresse, une info nous a échappé ? qu’à cela ne tienne, tout est possible avec internet. Sur la radio,  à la télé, des émissions nous instruisent, nous rassurent et nous mettent en garde contre certains dangers. A un tel point que les informations se mélangent dans nos esprits, nous troublent le jugement et nous conduisent à une sorte de schizophrénie malsaine.

Car le citoyen lambda d’aujourd’hui se doit d’être un citoyen éclairé, pour être critique : ayant accès à une multitude de sources, il lui faut être au courant du « dernier buzz » sur internet, de la dernière sortie polémique d’un politique sur une radio, des dernières recommandations du ministère de la santé. Celui qui ne sait pas ne participe pas, et passe pour un imbécile.

C’est pour cela que nombreux sont ceux qui comme moi, quotidiennement, font le tour des principaux médias pour s’informer, et surtout pour aiguiser leur sens critique.

Mais à force de tourner, je m’aperçois peu à peu qu’il devient à peu près impossible de vivre « normalement » si je tiens compte de tout ce que je lis, ou vois, ou entend toute la journée. La voiture est dangereuse pour la planète, le vélo pour ma personne. Les jouets pour enfants contiennent tout un tas de saloperies chimiques cancérigènes, le vaccin contre la grippe  possède des effets secondaires potentiellement dangereux mais sans doute moins que la grippe elle-même. Si je consomme équitable je me fais peut-être arnaquer, mais plus ou moins que si je consomme « bio » ? si je souhaite la régularisation des sans-papiers suis-je français au sens humaniste du terme ou cessé-je de l’être par mon manque de patriotisme ? puis-je arrêter de consommer chinois du fait que des enfants sont exploités là-bas, ou dois-je continuer pour leur permettre de gagner leur salaire de misère ? fumer donne le cancer, manger trop gras et trop sucré, ou trop salé n’est pas bon pour la santé, mais l’absence de goût  et de plaisir ne constitue pas la base du repas ? faire du sport c’est bien mais attention aux risques cardiaques ! il faut travailler plus pour nourrir sa famille que l’on ne voit presque plus, cesser de boire de l’alcool pour les raisons qu’on sait. Le stress est également un vecteur de maladie, mais comment échapper au stress dans un monde tel que celui-là ?

De la schizophrénie je vous dis ! plus personne ne sait ni quel comportement adopter, ni à quel saint se vouer. Le monde est si complexe, l’homme est si complexe, les infos si nombreuses et si contradictoires qu’il est quasiment impossible de savoir précisément si un comportement sera plus bénéfique à soi et à la société que l’absence de ce comportement.

Alors bien sûr on peut être tenté soit de ne rien faire du tout, pour ne pas prendre de risques, soit de faire de son mieux, et risquer des conséquences contraires au but recherché.

Pour ma part, étant quelque peu suspicieux quant aux conseils et à la propagande de la bien-pensante « pensée unique », il m’arrive parfois de rejeter tout en bloc, de remettre chaque information en cause, afin de de pas commettre trop d’erreurs. mais peut-être ai-je tort, ou alors…. ? ?

Ou alors il faut arrêter tout ça, laisser parler notre raison et considérer que la seule chose qui soit certaine, c’est que la mort attend son heure, et que jusqu’à cet instant fatal il est bon de faire le maximum pour son bonheur, quitte à raccourcir le temps qui nous sépare de cet instant, mais au moins pour une bonne raison : profiter de la vie.

Car au bout du compte, c’est la vie qui tue. Ne tuons donc pas la vie !caleb irri

Publié dans la pensée du jour, medias, philo | 1 Commentaire »

par quoi remplacer le capitalisme ?

Posté par calebirri le 28 octobre 2009

Nous sommes nombreux à avoir compris que le capitalisme n’est pas LA solution. Bien. Certains parlent de révolution, d’autres de décroissance, et d’autres encore de moralisation… très bien. Mais rien ne fait taire les contradicteurs qui, très justement, posent la question : on fait quoi, alors ?

Et oui, il est bien gentil de toujours remettre en cause le capitalisme sans rien avoir à lui opposer en retour. Et je plaide coupable, comme les autres. D’ailleurs, c’est sans doute pour cela que tous les penseurs d’aujourd’hui sont soit des économistes, soit des philosophes : les uns ont pris le parti de calculer, et se réfugient ainsi dans leurs chiffres pour ne pas avoir à penser le monde. Les autres se réfugient dans la pensée pour ne pas avoir à regarder  le monde en face.

Il ne s’agit pas ici de critiquer les uns ou les autres, mais de comprendre pourquoi il est si délicat de se projeter dans un monde de plus de 6 milliards d’habitants sur une planète de taille finie, et d’en ressortir tout de go un système complet capable de satisfaire au plus grand nombre sans tomber dans des travers idéologiques dangereux.

Car le capitalisme est un système qui permet malgré tout de régler les échanges sur une règle universellement acceptée et partagée par tous, et cela même s’il est inéluctablement créateur d’inégalités, et à terme voué à un échec total. On peut tenter de lui fixer des limites, de le contenir dans sa voracité, mais tout cela est vain : au final l’argent finira toujours par l’emporter sur les autres préoccupations.

Il y a bien sûr certains partisans d’un « retour aux sources », fait de trocs, de peaux de bêtes et de chasse (ce qui règlerait sans doute, soit dit en passant, le problème environnemental), mais j’avoue que pour ma part j’imagine ce retour aux sources plus comme une conséquence malheureuse de la catastrophe qui nous guette (dérèglement climatique grave ou guerre nucléaire) que comme un idéal à espérer.

Le seul système pouvant être concrètement opposé au capitalisme semble malheureusement être un régime totalitaire, où l’argent n’a plus de raison d’être car l’oppression physique et mentale des esclaves est suffisante à la bonne marche des affaires de l’élite au pouvoir. Certains ont déjà essayé et d’autres essaieront encore, et il est même probable qu’un jour ils y parviennent tant les possibilités de réalisation techniques semblent à portée de main. Ce système n’est bien sûr pas celui qu’espèrent les peuples, mais force est de constater qu’il est difficile de concevoir d’autres manières de vivre en société autrement sans remettre en cause tout ce qui caractérise le monde tel que nous l’avons connu.

Et puis il y a « le monde parfait » : un monde où chacun serait assez éclairé pour ne pas vouloir « trop », tout en étant capable de penser aux autres en même temps qu’il pense à lui-même. Ce monde est plus que difficile à concevoir, car il remet en cause l’essence même de l’homme, c’est à dire son égoïsme, sa malléabilité, son incapacité à se projeter dans les futures générations. Bien sûr l’homme peut être transformé par la propagande, l’éducation ou l’oppression (physique ou mentale), mais cela nécessite une transformation radicale de tout ce qui régit notre monde présent. Cela signifie remettre en cause l’argent, l’innovation, la recherche, l’éducation. cela signifie gérer autrement le système d’héritage, de transports des biens et des transports, la production, la consommation, l’agriculture, l’industrie. Cela signifie repenser la philosophie, le travail, le bonheur (le sens de la vie), la fécondité, la religion (la notion de bien et de mal).

En définitive c’est la vision de l’homme dans sa nature même qu’il faut modifier, et le problème est de savoir s’il vaut mieux le voir tel qu’il est ou tel qu’on le voudrait.

Car si on le regarde tel qu’il est, ce « monde parfait » a peu de chances d’exister : les contraintes physiques d’un monde qui fonctionne sont réelles, et il ne faut pas les négliger. Certains métiers sont plus difficiles que d’autres, plus ingrats, mais indispensables : or dans « un monde parfait », il semblerait logique d’espérer choisir son activité librement. Le fait qu’elle ne soit contrainte ni par la force ni par l’appât du gain ne laisse pas beaucoup d’espoir quant à la sélection de certaines de ces tâches, celles qu’on appelle en général « le sale boulot ».

Et si on regarde l’homme tel qu’on le voudrait, on retombe rapidement dans le problème de l’idéologie : qui peut prétendre sérieusement détenir la « Vérité » ? celle-ci sera-t-elle imposée ou simplement proposée ? et comment déterminer qui sera réellement capable de juger de cette « vérité » objectivement, sachant que la génération qui conduira cette révolution n’aura pas bien sûr disposé de la préalable éducation à la transformation du monde vers ce « nouvel homme »; génération qui sera donc inévitablement le fruit du capitalisme et de son idéologie ?

Voilà donc pourquoi il est si difficile de remplacer le capitalisme. Lorsque l’on sort du cadre de l’argent, on retombe dans l’idéologie, et la définition de l’homme se retrouve vierge, à réécrire totalement. La tâche est si ardue qu’elle peut paraître impossible à entamer, mais lorsque l’on pense aux armées de fonctionnaires planchant sur des calculs économiques infinis, sur des articles de loi emmêlés par milliers, sur des statistiques gigantesques, on imagine qu’ils pourraient peut-être se trouver plus judicieusement employés à une autre tâche, autrement plus valorisante : regarder ce qu’est devenu l’homme capitaliste, pour mieux définir ce que devrait être l’homme du futur…un humaniste ?

 

caleb irri

Publié dans argent, la démocratie, philo, révolution? | 3 Commentaires »

ce que veulent les Hommes

Posté par calebirri le 20 octobre 2009

L’économie et la politique fonctionnent de deux manières différentes et opposées, mais toujours inverses par rapport à ce que veulent les Hommes.

Compte tenu des différences qui existent entre tous les Hommes, il a semblé plus facile aux théoriciens de l’économie de rationaliser les comportements de l’individu que d’apprendre à le connaître dans ses passions, ou sa véritable essence. Partant ainsi de l’individu comme être rationnel, ces mathématiciens ont considéré les hommes comme de simples unités comptables, pour être ensuite en mesure de généraliser les comportements de manière « macro-économique », en établissant une sorte de « science » éminemment éloignée de la réalité, car fondant leurs théories sur une superstition erronée, celle de « la main invisible ».

Pour la politique, ceux qui ont fondé la théorie et rédigé les constitutions sont partis du point de vue inverse, c’est à dire en examinant la société dans son ensemble pour pouvoir ensuite déterminer les comportements individuels. Partis du point de vue général et de « l’utilité commune », c’est cette dernière qui sert de référence à tous le citoyens dans leur individualité. La règle est d’abord générale avant d’être particulière.

C’est de manière pourtant inverse que fonctionne l’être humain. Ses comportements politiques sont éminemment individuels, tandis que ses désirs matériels sont tournés vers le collectif : dans une famille les parents pensent à subvenir aux besoins de leurs enfants ou de leurs amis, tandis que les opinions politiques ou religieuses sont souvent diverses au sein d’une même famille.
En réalité ce n’est que contraints par la concurrence économique que les hommes s’individualisent, et contraints par l’opinion majoritaire qu’ils votent.

Car en quoi consiste une constitution, sinon en une manière de soumettre l’individu aux volontés de la société, « la volonté générale » ? et en quoi consiste la main invisible sinon en une apologie de l’égoïsme ?

On le constate bien dans la réalité :

même si un texte fondateur comme la déclaration des droits de l’homme est un texte dont la volonté démocratique n’est pas contestable, les constitutions qui en sont ressorties ne sont pas à la hauteur de ce qu’en veulent les Hommes : les grands principes généraux ne sont guidées que par « l’utilité » commune. Mais à force d’exceptions, les principes particuliers ont totalement dévoyé ces principes de leur objectif primordial, à savoir l’intérêt général ou l’intérêt de tous.
Même si les théories économiques ont réussi à faire accroître le niveau de vie et des richesses disponibles, les contraintes du travail et la répartition des richesses n’ont jamais été aussi injustement partagées. Des pays entiers sont abandonnés à la misère, tandis que les élites de quelques pays possèdent la majorité des richesses. Cela peut se traduire mathématiquement en terme de croissance moyenne, mais dans la réalité les choses sont très différentes.

Cet état de fait est la conséquence de l’erreur primordiale qui est née dès l’établissement à la fois des textes fondateurs de la politique et des théories économiques : la croyance erronée en la malignité originelle de l’Homme , victime depuis des millénaires de ce qu’on nomme « le péché originel ». Comme si le fait de s’être nourri à l’arbre de la connaissance était l’expression de la méchanceté intrinsèque de l’Homme, il a été une fois pour toute établi que l’Homme se devait d’être soumis à des limites strictes et à un égoïsme sans borne.

Mais c’est tout le contraire qu’il faudrait en réalité établir. Car nous sommes tous les mêmes dans nos désirs spirituels (et donc politiques), et tous différents dans nos désirs matériels (et donc économiques). Cela signifie qu’au niveau politique, une constitution devrait s’établir sur la volonté d’un individu, pour ensuite créer une règle générale satisfaisant à tous, et qu’au niveau économique, les théories devraient partir de la volonté de tous pour établir les règles individuelles.

Sur le plan spirituel, chaque être humain (ou presque) souhaite atteindre à ce que l’on nomme communément le « bonheur », et le souhaite aussi à ceux qu’il aime. Nul n’est délibérément pour la guerre, la mort d’enfants innocents ou la souffrance d’autrui. Et sur le plan économique, la volonté générale est que chacun puisse disposer d’un toit, et qu’il soit en mesure manger à sa faim. Partant de ces principes, l’économie viserait désormais la satisfaction des besoins essentiels de la totalité de la race humaine, comme règle générale. Les exceptions et les dérogations seraient individuelles et ne remettraient pas en cause la règle. La politique, elle, fonctionnerait de manière à faire émerger une constitution de la multitude différente mais rassemblée sur un point commun à tous, comme le bonheur ou l’amour. les différents partis se réclamant de l’un,  de l’autre ou d’un troisième concept philosophique.

Qu’attendons-nous, puisque nous sommes sûrs de savoir et ce que nous voulons, et de ce qu’il nous est nécessaire d’avoir ? des constitutions, il y en a eu de nombreuses d’écrites, et il y en aura encore. Des révolutions pacifiques se sont déjà produites dans l’Histoire, et il est encore possible d’en réaliser. Mais des guerres aussi les hommes en ont connu. Et il se peut qu’ils en fassent d’autres encore. Alors prenons notre destinée en mains, et commençons à construire les nouvelles règles qui correspondent vraiment à ce nous voulons, nous les Hommes. Et faisons en sorte que les règles que nous nous choisirons soient en mesure de prouver notre générosité, loin de celles qui nous contraignent à devenir égoïstes…et qui finiront par nous rendre mauvais.
caleb irri

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