Et si nous admettions nous être trompés ?

Posté par calebirri le 16 mai 2011

Le capitalisme me fascine : le pouvoir de l’argent est tel qu’il fait perdre la raison à tous, que vous soyez pauvres ou riches, de gauche ou de droite, blanc ou noir, juif ou musulman. Vous en avez envie, et si vous n’en avez pas envie vous en avez besoin. Impossible de s’en passer, impossible d’y résister, il vous en faut, ne serait-ce que pour survivre. Plus on s’en approche, plus on en devient dépendant. D’ailleurs, les analogies avec la drogue sont nombreuses, et il est bien certain que le problème avec l’argent n’est pas d’en obtenir, mais bien plutôt de savoir s’en passer.

 

C’est le monde entier qui fonctionne désormais ainsi, car le système capitaliste a profondément marqué votre esprit, et même votre inconscient. Il a réussi à remplacer chez vous les notions de don, de partage et de fraternité par celles de l’échange, de l’individualisme et de la concurrence. A l’intérieur de vous-même, que vous le vouliez ou pas, vous êtes contraints de réfléchir en ces termes, car le capitalisme fonctionne ainsi : c’est vous ou « eux », et il vaut mieux que ce soit VOUS.

 

La valeur de l’être humain en a elle-même été modifiée, car elle n’est aujourd’hui jugée que selon des critères « calculables », financiers donc. Ce qui compte aujourd’hui n’est plus ce que vous êtes, mais ce que vous faites. Toutes vos actions ne sont plus dirigées que par un critère ultime, qui détermine votre place au sein de la société : votre compte en banque. Si ce que vous faites rapporte de l’argent, alors vous êtes « un type bien », tandis que si vous n’êtes que « un type bien » sans argent, vous ne valez rien. Non seulement aux yeux des autres, mais même à vos propres yeux.

 

Mais si nous nous étions trompés ? Si, au lieu de nous avoir été profitable, le système capitaliste nuisait en définitive au bon fonctionnement de la société, de l’humanité ?

Même de bonne foi, imaginez qu’Adam Smith se soit trompé, et que toute son histoire de « main invisible » soit une erreur… Ce n’est pas si compliqué, il n’y a qu’à regarder autour de soi pour le comprendre : les promesses du système capitaliste n’ont pas été tenues, et il semblerait que la tournure que prennent les évènements nous démontre qu’à terme nous allions droit dans le mur : les valeurs sur lesquelles reposent le capitalisme sont, d’un point de vue global (mondialisé) incompatibles avec la satisfaction de l’intérêt général.

Cette hypothèse retenue, que fait-on après ? On continue à foncer droit dans le mur en fermant les yeux ou on essaie de freiner avant l’impact ?

Mais il n’est pas si facile d’admettre que l’on s’est trompé. C’est qu’à force de se considérer selon la valeur de son compte en banque, il serait une humiliation insupportable que de reconnaître qu’à part ce dernier, nous n’avons pas forcément grand chose à exhiber pour nous rassurer. Bien que le simple fait de le reconnaître soit une preuve suffisamment grande de notre « substrat » d’humanité, pour certains cela signifierait de remettre toute leur vie en cause, et d’y rechercher un sens qu’ils n’y trouveraient plus : le vide absolu, le néant, une vie « pour rien ». Les plus investis seraient sans doute les plus retors, mais pourquoi continuer à persister dans l’erreur ?

Et pire encore, que penser d’une humanité qui dans son ensemble se serait ou trompée, ou laissée berner par un système qui ne tient pas, et ne pouvait pas tenir ses promesses ? En s’apercevant, en reconnaissant que le capitalisme n’est pas le système qu’on croyait capable d’apporter le bonheur à tous, alors nous devrions remettre en cause des milliers d’années de civilisation, de progrès technique et social, de guerres inutiles et de famines inacceptables. Sans compter notre lâcheté collective : plutôt que d’admettre au plus tôt que nous n’étions pas sur la bonne voie, nous avons préféré nous mentir à nous-mêmes en tentant d’inverser la courbe sans jamais remettre en cause l’erreur primordiale sur laquelle repose toutes les autres : l’argent qui de moyen est devenu fin, comme il était inscrit dans ses « gênes » (et contre lequel on a mis en garde il y a plus de 2000 ans). Perdus face à une réalité infiniment complexe, nous avons préféré continuer dans cette voie plutôt que d’en chercher une meilleure, parce qu’il était beaucoup plus facile de mentir et de tromper que de rechercher d’autres modes de fonctionnement. La guerre est plus facile à faire que la paix.

Mais nous aurons bon chercher tous les « autres » coupables du monde, stigmatiser certaines minorités ou faire toutes les guerres pour y trouver le responsable, nous n’en deviendrons pas meilleurs, ni même plus avancés. Car le véritable problème est l’argent. L’argent qui nous a été utile un temps, mais qui nous est devenu indispensable : les hommes sont trop faibles pour lui résister. Quand nous accédons à l’argent, nous perdons nos repères et la notion des valeurs qui vont avec. Nous adoptons tacitement les règles du « jeu » capitaliste, et les faisons nôtres. Nous nous « déshumanisons » à mesure que nous intégrons les modes de pensée qui permettent d’accéder à la « réussite », celle que le capitalisme considère comme telle en tous cas, la réussite financière, au mépris de toute autre considération. L’argent est une substance nocive qui corrompt les coeurs et les esprits. Il nous faudra bien apprendre à nous en séparer, au moins pour ne pas tout détruire. Toutes les injustices, toutes les guerres et toutes les famines, tous les maux humains ne proviennent, au bout du compte, que de l’argent qui, de main en main, de lieu en lieu, corrompt tout ce qui le touche.

Si nous remettions tout cela en question, sans doute alors nous serions tous considérés comme responsables du plus grand crime qui soit, c’est à dire de nous savoir coupables sans réussir à changer notre comportement criminel (y compris vis à vis du climat et de la planète, et de nos descendants…).

Mais changer nos comportements implique la reconnaissance de notre erreur, et de celle de tous, et de tous ceux qui nous ont précédé. Cela implique une remise en question totale de toute l’histoire humaine, de toutes nos valeurs et de tous nos désirs. Cela implique d’assumer un passé fait de misères et de guerres inutiles, de massacres honteux ou de calculs stériles, mais c’est seulement en agissant ainsi que nous pourrions avancer : nous serions alors déjà un peu plus humains.

 

Caleb Irri

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l’extra-terrestre, le capitalisme et moi

Posté par calebirri le 29 avril 2011

L’autre jour, alors que j’étais confortablement installé devant mon ordinateur, on sonna à ma porte : un être étrange se trouvait là devant ma porte, ni humain ni animal ; enfin ce qu’on appelle communément un extra-terrestre. Je l’invitais donc à boire un coup avec moi, et nous commençâmes une discussion sur l’état de notre belle Planète, à laquelle mon invité ne comprenait visiblement rien : nous avions développé des technologies intéressantes, disposions de ressources en grande quantité, de formidables capacités d’adaptation à toutes sortes d’environnements et de climats, et il s’avérait qu’après plus de 4000 ans de civilisation nous n’étions toujours pas capables ni de nourrir ni de loger tous les habitants de cette petite planète.

 

« -comment ça, une personne sur six n’a pas de quoi manger à sa faim », me dit-il alors étonné, « avec toute votre science et votre technologie, vous n’êtes toujours pas parvenus à régler ce problème ? »

« - à vrai dire nous en sommes encore loin », lui répondis-je alors. « Imaginez-donc, quelques 10% de la population possèdent aujourd’hui l’équivalent de presque 90% des richesses de cette planète !

- Et cela ne vous révolte pas ?

-si, bien sûr, mais nous n’y pouvons rien…

-Pourquoi, vous n’êtes donc pas libres ?

-Non, enfin si… ça dépend.

- Certains sont donc esclaves alors ?

-Et bien pas exactement. En fait nous sommes en démocratie.

- c’est qu’alors vous choisissez volontairement cette situation ? Vous n’avez donc pas de religion, ou de philosophie pour vous guider vers plus de justice, plus d’entraide et de partage ?

-si bien sûr, et même qu’on fait beaucoup de guerres pour les défendre, et même parfois des guerres « préventives », au nom de la justice et de l’entraide, de la religion aussi.

-Vous adorez donc le Mal alors, et vos religions appellent à la haine, la violence et la mort ?

- Non, toutes nos philosophies, toutes nos religions prônent l’amour de son prochain, la fraternité et la paix entre les hommes… Regardez-donc notre littérature, tous nos grands hommes sont de fervents partisans de l’amour des autres ! Dans mon pays, la devise se trouve justement être fondée sur ces valeurs, que nous défendons partout dans le monde : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.

 

-Vous êtes vraiment étranges… Pourquoi ne vous débarrassez-vous pas de vos dirigeants, puisqu’ils ne respectent visiblement pas leurs engagements ? Ils vous contrôlent par la pensée, ou vous battent ? Comment font-ils pour que vous acceptiez cette situation ?

-Bon, c’est un avis personnel que je vous donne, mais je crois bien que c’est à cause du capitalisme, enfin de l’argent quoi…

-C’est quoi l’argent, c’est quoi le capitalisme ?

- Vous ne connaissez pas l’argent ?!! C’est l’outil qui devait originellement servir à aider les hommes à échanger, à partager les fruits de leur labeur… et le capitalisme, c’est le cadre général qui régit les échanges, fixe les prix, donne à chacun sa valeur et détermine sa place au sein de la société. Cet outil était censé nous procurer à tous du travail, des loisirs et des biens, et surtout nous apporter le bonheur à chacun, mais…

- Mais apparemment cela ne fonctionne pas. Ca fait longtemps qu’on vous promet des améliorations ?

-Au moins 2000 ans, mais sûrement depuis le début en fait…

- Et vous n’avez pas essayé autre chose, un autre système pour fonctionner tous ensemble ?

-Non… Mais à vrai dire ce n’est pas si simple : nous ne savons pas quoi mettre à sa place.

-C’est qu’il vous faudrait au moins contrôler vos dirigeants, et sanctionner leurs excès, leurs mensonges… Vous n’avez pas d’instances susceptibles de le faire ?

- Bien sûr que si, ce n’est pas le problème de la Loi en elle-même, mais bien plutôt de ceux qui les écrivent, en s’arrangeant pour y laisser toujours une faille, dans laquelle s’engouffrent ceux qui ont le plus de pouvoir, c’est à dire celui de se payer les juges qui leurs conviennent, et même de se payer les législateurs qui rédigent ces lois…Nous sommes coincés.

-Et bien dans ce cas supprimez l’argent, et vous supprimerez du même coup tous vos problèmes….

-C’est un excellente idée, mais comment faire ? Comment partager les richesses, comment inciter les gens à travailler, comment vivre alors en société ?

- Mais c’est que si la situation est telle que vous la décrivez, vous n’avez rien à perdre à essayer. Car d’après mes informations (et c’est pour ça que je suis là), votre planète court un grand danger, et met en péril l’équilibre de l’Univers. Et si comme vous le dites les problèmes sont tous liés de près ou de loin à votre « argent » (qui semble être plus qu’une religion), alors il vous faudra bien apprendre à vous en passer. Et le plus tôt sera le mieux.

Rendez-vous compte, il faudra vous ouvrir pour y parvenir, à l’intérieur de vous-même et aux autres aussi. Dépasser votre conditionnement, réapprendre à penser par vous-même, et vous unir aux autres pour y arriver. Ce ne sera sans doute pas facile, mais avez-vous vraiment le choix ? Si les choses sont comme vous le dites, alors vous pourrez tenter toutes les combinaisons possibles, vous pourrez faire tous les calculs imaginables, faire toutes les lois que vous voudrez, rien ne changera cette réalité : le plus riche sera toujours le plus fort.

 

-Impossible voyons, cela remettrait trop de choses en cause : comment ferions-nous pour faire table rase du passé, oublier les avancées de la technologie, le progrès technique ou social ? La solidarité, la fraternité, la liberté, comment faire pour les conserver ? Comment l’homme fera-t-il pour trouver son bonheur, faire société et devenir bon ?

 

- mais qui vous parle de renoncer au progrès ? Sérieusement, regardez où vous en êtes rendus, et cessez de retourner votre vision du point initial de la conversation, à savoir qu’une personne sur six n’est pas en mesure de se nourrir. Voulez-vous continuer ainsi ? Ecoutez-donc ce que je viens de vous dire : le simple fait de supprimer l’argent vous contraindra à rechercher, et obtenir ces solutions que vous recherchez. Car c’est en unissant vos forces, en prenant soin des besoins et des désirs de vos frères humains que vous trouverez le fonctionnement d’un monde sans argent. Vous ne pouvez le faire en présence de l’argent, car c’est lui qui vous en empêche. Réfléchissez bien : si les hommes étaient tels qu’ils correspondent à vos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, alors l’argent deviendrait inutile dans l’instant. »

 

Nous continuâmes à deviser un peu encore, et c’est en partant que je lui ai dis que personne ne croirait à mon histoire… Et vous savez ce qu’il m ‘a répondu  ? « Ca ne m’étonne pas : si vous étiez vraiment malins, vous n’en seriez pas là ! ». Et il s’en est retourné, comme il était venu.

 

Caleb Irri

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le capitalisme, un retour à l’état de nature ?

Posté par calebirri le 20 février 2011

Dans son « traité du gouvernement civil », Locke commence par faire la distinction entre l’état de nature des hommes et leur état civil, qui par la création d’une société vise à se sortir du premier pour tomber dans le second.

Là où « la loi du Talion » exige naturellement une certaine forme de barbarie (ou d’animalité), les hommes (devenant par cet acte « citoyens ») délèguent volontairement leur pouvoir à des représentants censés l’éviter, afin d’échapper à l’état de guerre précédant l’esclavage. Alors qu’à son époque la démographie et l’abondance des ressources disponibles permettait une propriété ne nuisant pas à celle des autres (d’où une certaine forme de liberté), Locke pensait que l’homme avait la capacité de se séparer de l’état de nature pour entrer dans l’état civil, c’est à dire d’éviter la loi du plus fort pour se soumettre à la justice des lois humaines,sans toutefois rogner sur la nature de l’homme, c’est à dire sa liberté.

 

Malheureusement, il semblerait qu’à l’heure actuelle les choses aient bien changé, car l’opulence et la liberté qui permettaient d’atteindre au gouvernement civil sans renier ce qui fait la nature de l’homme (sa propension à vouloir conserver sa propre existence d’abord, et l’espèce humaine ensuite) a disparu sans lui laisser ni la justice de la société, ni la liberté de sa nature : la société aujourd’hui, c’est le capitalisme. Avec ses guerres, ses famines, ses esclaves.

En effet, l’homme ne désire plus seulement contenter ses besoins par l’appropriation raisonnable des ressources (comme la lionne qui ne tue que ce qui peut la nourrir, elle et les siens), mais se trouve contraint, à l’heure de la rareté et de la société de consommation, d’en vouloir toujours plus, pour ne pas avoir à souffrir d’un manque futur. Les techniques de récoltes, de production, ont aboli la possibilité d’offrir à chacun de quoi remplir ses besoins propres, et du même coup la possibilité d’une propriété juste et raisonnable qui devrait pouvoir être assurée, naturellement, par l’abondance des ressources en accord avec les besoins vitaux des hommes.

 

On voit donc qu’il est devenu difficile d’échapper alors à notre nature prédatrice, et de la même manière que trop de lions dans un trop petit espace en viennent soit à mourir de faim soit à se battre entre eux, les hommes doivent aujourd’hui se battre pour obtenir une part de ce qui est devenu trop peu pour tous. L’état de guerre et l’esclavage sont redevenus inévitables, réduisant ainsi à néant toutes les promesses d’une société censée nous faire sortir de notre condition animale, et ce à l’intérieur même de ce qu’on serait pourtant porté à considérer comme le summum de la civilisation, à savoir le capitalisme.

 

Il n’y a pour s’en faire l’idée qu’à écouter les discours actuels : persuadés que le monde est devenu trop petit pour nous tous, la concurrence et l’individualisme sont devenus les seuls moyens de conservation de l’homme moderne, en le rapprochant sans cesse de l’état de nature « animal » dont le capitalisme devait nous faire (définitivement) sortir. Il n’est pas rare d’entendre employés les mêmes termes pour l’homme et pour l’animal, comme si nous étions semblables, et que toutes les tentatives pour faire de la condition humaine « un peu plus » que sa naturelle animalité étaient vaines, et ce bien que nous nous targuions d’avoir su maîtriser les forces de la nature elle-même, jusqu’à devenir les propres démiurges de ce monde.

 

Qu’en est-il exactement ? Le capitalisme nous a-t-il sorti de notre animalité de nature pour nous offrir le gouvernement civil, ou est-il seulement une reproduction de celle-ci à un niveau « supérieur » (c’est à dire qu’au lieu de nous chasser les uns les autres nous nous battons à coups de « guerre économique ») ? Car en réalité la loi du plus fort n’a pas disparu avec le capitalisme ; elle a juste pris une autre forme, un peu plus subtile mais toute aussi injuste : c’est la loi du plus riche.

A ceci près que l’état de guerre « naturel » ( qui pouvait être évité par celui qui le refusait, en s’installant ailleurs par exemple) devient aujourd’hui permanent, et que la force déployée par le plus fort est hypothétiquement infinie, car celui qui s’est accaparé ressources et technologies dispose d’une puissance inégalée et toujours susceptible d’augmenter. L’abondance dont disposaient les anciens n’existant plus, le capitalisme, qui a été considéré comme le moyen le plus sûr, le plus juste pour partager les richesses de ce monde, ne fait en réalité qu’inscrire un droit « naturel » plus proche de l’animalité la plus barbare que de l’innocence du règne animal.

 

Car l’homme et l’animal sont pourtant bien différents, et ce pour la simple et bonne raison qu’en terme d’innocence, l’homme est le moins bien loti. Ses conceptions du bien et du mal ne l’engagent pas à tuer pour se nourrir, mais à tuer « de peur » d’être tué. A accaparer « de peur » de ne plus rien pouvoir posséder. Le capitalisme, c’est comme mettre trois lionnes dans une cage, avec un bébé gazelle dedans : après s’être copieusement étripées de peur de voir leur part leur échapper, la plus forte se retrouvera rapidement en possession du bébé gazelle, et également de deux cadavres sur le dos. Un véritable gâchis.

Le capitalisme a donc rendu l’homme à son état de nature, mais dans un cadre de rareté qui empêche la société de fonctionner, et le rend « naturellement » hostile aux autres. Ainsi, plutôt que de croire ce système le plus capable de gérer la rareté, ne pourrait-on pas considérer au contraire que c’est justement ce système qui engendre la rareté, afin de remettre l’homme en dehors d’une société qui lui permette de vivre en harmonie, sans chefs, sans guerre et sans famine ?

 

Il pourrait apparaître alors que les ressources de notre planète sont suffisantes pour tous, et que c’est justement la peur du manque qui crée la rareté. Les considérations financières de rentabilité, de productivité poussent à la surconsommation, à la surproduction, et on assiste aujourd’hui à des scandaleux gâchis d’une part, et d’autres non moins scandaleuses famines d’autre part. Il suffirait en réalité de faire cesser les règles du fonctionnement capitaliste pour que, presque « du jour au lendemain », les hommes puissent à nouveau faire société, ensemble, et ressortir de leur animalité actuelle pour redevenir des hommes, avec ce qu’ils ont de différent par rapport à l’animal : une conscience, une histoire, une conception du bien et du mal… et un objectif commun : continuer de faire vivre la formidable aventure de l’être humain, sans qui l’univers n’existerait pas. Ensemble, les uns avec les autres et pas les uns contre les autres.

 

Ce retour « contraint » à l’état de nature ne doit donc pas être vu comme le résultat d’une évolution sociétale, mais d’une régression, et il faudrait considérer le capitalisme non plus comme le moyen de nous sortir de cette nature, mais bien plutôt comme le moyen de nous y faire retourner. Et il deviendrait alors nécessaire aux hommes de reprendre leur destinée en main, car en retournant à l’état de nature ils finiront par perdre ce qui fait leur spécificité, c’est à dire qu’ils redeviendront une espèce animale indifférente des autres espèces, dont l’existence (ou non) importe peu.

Tandis qu’en luttant à nouveau pour créer une nouvelle société capable de leur assurer subsistance, liberté et justice, ils redeviendront des Hommes. Car si le capitalisme a bien été conçu par et pour la société, il ne remplit pas son office, et doit donc être détruit par la société, afin qu’elle reprenne un sens.

Recommençons à tracer une nouvelle voie pour les peuples, nous en avons sinon le droit, au moins le devoir…

 

Caleb Irri

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article 11 : faisons exister le référendum d’initiative populaire

Posté par calebirri le 8 décembre 2010

Le référendum d’initiative populaire était une des grandes promesses de campagne de monsieur Sarkozy, et a du étonner jusqu’aux électeurs de droite eux-mêmes : mais il n’empêche,  cette mesure a bel et bien été adoptée en même temps que la réforme constitutionnelle de 2008 (oui, celle qui met le président -et ses collaborateurs ?- hors d’atteinte de toute attaque judiciaire).

 

Bon. adoptée oui. mais regardons quand même de plus près. qu’en est-il exactement de cet article 11,  qui passerait presque pour une mesure « d’arriérés communistes » sur le retour soixante-huitard ?

 

Et bien au départ, on y croirait presque. Rien que l’appellation est en soi une provocation digne de la plus belle double-pensé. un référendum d’initiative populaire… la démocratie réelle, quoi ! un dixième des électeurs (environ 4,5 millions) soutenus par un cinquième des parlementaires (184), et le peuple obtient en théorie le droit à un référendum, en bonne et due forme. Mais en pratique les choses se compliquent un peu : en réalité il s’avère que le référendum d’initiative populaire n’est pas à proprement parlé « d’initiative » populaire, mais bien plutôt parlementaire puisque l’initiative prend la forme d’une proposition de loi. Ce n’est donc pas comme je le disais juste au dessus, mais exactement le contraire : l’initiative ne peut venir que des parlementaires, auxquels s’ajoute ensuite le soutien populaire.

 

Ensuite, les choses ne s’arrangent pas : car même en cas de referendum d’initiative « parlementaire », cette demande de référendum n’aboutit donc véritablement qu’à une proposition de loi, qui si j’ai bien compris, doit ensuite être validée par l’ensemble du parlement…pour que le référendum ait lieu ? Non, justement, pour qu’il n’ait pas lieu ! car si le texte est rejeté (ou accepté modifié) par la majorité des parlementaires (comme cela se produirait aujourd’hui si une telle initiative était lancée), pas de référendum !

 

Mais ce n’est pas fini, car à ce moment le texte devient moins précis : il semblerait qu’au bout d’un certain délai (fixé par une loi organique), le président soit contraint de soumettre à référendum la question posée par l’initiative « populaire ». Ce délai, ainsi que les conditions d’exécution de celui-ci, doivent donc être définis par une loi dite « organique » pour que l’article 11 entre en vigueur… ce qui n’a jamais été fait ; une arnaque de plus !

 

Cela signifie, en d’autres termes, que l’article 11 de la Constitution, qui nous promettait une expression démocratique  appréciable, serait obsolète, caduque, inutile. Impossible de le mettre en place tant que cette loi organique n’est pas rédigée, ce qui j’imagine ne sera jamais fait… et pour cause : imaginez donc ce qui se passerait autrement : un référendum d’initiative véritablement populaire, exigeant la mise en place d’une assemblée constituante, ou la démission du gouvernement actuel. Que l’on pose au peuple la question de savoir s’il ne souhaiterait pas la possibilité de tracer lui-même la voie qu’il désire emprunter…

 

Mais puisque la loi nous empêche d’accéder à la Constitution pour faire valoir nos droits, pourquoi ne pas profiter de cette illusion pour la dénoncer, et prendre les devants sur celle-ci ?

 

Puisque le référendum fait peur aux gouvernants, puisqu’il n’est pas suivi d’effets quand il est organisé, pourquoi ne pas l’organiser nous-mêmes, pour ensuite être en mesure de l’opposer à nos élus ? si l’on réussissait à obtenir les soutiens décrits dans le texte constitutionnel, ne pourrions-nous pas être en mesure d’exiger qu’il soit mis en place ? et que penser d’un gouvernement qui nous le refuserait ?

 

Nous sommes nombreux à vouloir que les choses changent, et il nous est possible de les faire changer. Exigeons un référendum, et faisons le appliquer. Nous verrons bien, alors, si la démocratie veut encore dire quelque chose.

 

Caleb Irri

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Changer de cadre pour changer le monde

Posté par calebirri le 27 novembre 2010

Il y a la crise, les deux Corée et les affaires françaises. Il y a le problème des retraites, du chômage et de l’identité nationale. Il y a les paradis fiscaux, l’éducation, la santé. Il y a le choléra, l’obésité et le football. Il y a la justice, l’argent et le pouvoir. Quand on essaie d’y voir clair, on est perdu d’avance… ou presque. Face à tous les problèmes qui nous submergent dès qu’on en aborde un, on ne sait plus par quel bout commencer.

 

Et pourtant, dès qu’on en prend un à part, tout semble s’enchaîner : on part du problème des retraites et on touche rapidement à celui de la santé, du chômage. Par le chômage on arrive à l’identité nationale, par le football aux paradis fiscaux, par la santé à l’obésité. Avec le chômage on tombe sur l’éducation, la justice, l’argent. L’argent mène au pouvoir, aux affaires françaises, aux deux Corée. Comme ça, juste avec quelques exemples pris presque au hasard, on part d’un point complexe (les retraites), et on se retrouve à parler de la guerre, du capitalisme, des OGM, du monde entier.

C’est ça la mondialisation : une complexité infinie. Et tous les économistes, tous les sociologues, statisticiens, philosophes du monde, même avec la meilleure volonté possible, ne peuvent nécessairement pas trouver une solution à un problème défini (comme celui des retraites) sans se retrouver confrontés à un plus grand, immense, infini, celui du fonctionnement du monde dans son ensemble. Il est impossible qu’ils y parviennent car en appuyant sur un seul des leviers dont ils disposent(comme l’allongement de la durée de cotisations), ils transforment tout l’équilibre d’un système, par une sorte de ricochet dont la puissance irait croissant.

 

Ainsi fonctionne le monde d’aujourd’hui : on ne peut pas toucher à l’un des problèmes de notre système sans remettre en cause l’ensemble de ce système. Et c’est pour cela qu’il est si difficile d’envisager des réformes à l’intérieur du cadre de ce système. Pour être véritablement cohérent, ce n’est pas au niveau national qu’il faut réfléchir, ni même au niveau européen, mais au niveau mondial. Ce sont les fondations d’un nouvel ordre mondial qu’il faut creuser, et nos « élites » ne s’y sont pas trompées. Pour autant, il ne faut pas croire que « leur » vision soit la seule alternative envisageable, et qu’à partir du moment où tout est à revoir, les peuples ont aussi leur mot à dire, leurs propositions à formuler. Comme on le voit avec des initiatives comme le « bankrun« , les peuples ont le pouvoir d’intervenir sur les décisions qui seront prises, car en définitive le système ne fonctionne que grâce à leur soumission à celui-ci : sans esclaves il n’y a plus de maîtres, c’est aussi simple que cela.

 

Mais une fois cette constatation établie, les choses se compliquent rapidement. Le fait qu’une majorité soit d’accord pour juger qu’il faut changer les choses ne signifie nullement qu’une majorité le soit sur les changements à apporter. Il faut certes qu’ils soient capables de se rassembler pour exiger des changements, mais quels changements ? par quel bout commencer ? comment s’y prendre pour démarrer une réflexion globale sans se perdre dans l’infinie complexité que j’évoquais au départ de ce billet ?

 

Les Etats Généraux sont certainement le meilleur moyen d’y parvenir, mais comment établir la méthodologie capable de satisfaire à la volonté du plus grand nombre, selon une représentativité « représentative », sans « prosélytisme » politique ? lorsqu’on essaie de se pencher sur les problèmes à régler, on s’aperçoit que le capitalisme est le point central de cette réflexion, et qu’il dépend lui-même d’une conception idéologique de l’homme, de l’humanité dans son ensemble. On se retrouve, en étudiant son fonctionnement, empêtré dans les méandres de l’Histoire toute entière, et on redécouvre les anciens, Aristote, Platon, et tous les autres qui ont tenté depuis le commencement d’établir des règles justes et bonnes pour permettre la vie en société, ainsi que de rechercher à travers elle le bonheur pour chacun.

 

Mais aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé, et les termes de cette vie en société, du bonheur, de la conception de l’homme se sont transformés. Les dangers qui menacent notre société aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’autrefois, et les solutions à y apporter non plus. Il faut donc tout repenser, de la conception de l’homme à sa place au sein de la nature, de son bonheur et du « vivre ensemble ». Nous ne pouvons plus nous permettre de rester assis sur nos vieilles croyances, nos veilles conceptions obsolètes d’un monde fonctionnant comme avant. La question aujourd’hui n’est peut-être plus de savoir ce qu’il faut que nous fassions pour nous adapter à un monde qui nous échappe, mais celle de savoir de quoi nous disposons pour en reprendre le contrôle. Les outils technologiques que nous avons, les connaissances qui sont les nôtres, les ressources qui nous restent, les recherches qu’il nous faut entreprendre pour les utiliser au mieux. Il ne faut jamais oublier que ce ne sont pas les outils qui sont responsables de nos maux, mais la manière dont nous les utilisons.

Et si la science et les techniques ne permettent plus à tous de trouver un travail, il faudrait s’en réjouir au lieu de s’en lamenter. Car cela n’implique pas que la technologie est l’ennemie de l’homme, mais plutôt qu’elle offre l’occasion de réaliser les rêves de nos anciens. Aujourd’hui il n’est plus nécessaire de pratiquer certaines activités pénibles, et cela devrait nous satisfaire. Seulement pour en profiter, il faut apprendre à se séparer du cadre nous imposant le travail comme seul facteur de développement social, pour l’envisager comme une contrainte dont nous pouvons nous séparer sans nuire à notre société. Et ce cadre, c’est le capitalisme. Quand on y réfléchit deux minutes, le point commun qui relie tous les problèmes entre eux c’est l’argent, qui empêche de partager le travail justement, qui empêche de sauver notre planète en danger, qui provoque les guerres et les famines, qui monte les hommes les uns contre les autres, qui pousse à les considérer comme des chiffres plutôt que comme des êtres humains.

Et si ce cadre a permis de faire fonctionner (plus ou moins bien selon les points de vue) les sociétés jusqu’à maintenant, il ne le permet plus. Le retournement auquel nous assistons ne pourra satisfaire ni aux amis du capitalisme, ni à ses ennemis. La confrontation est au bout du chemin, et les hommes n’en veulent pas, car elle n’est plus ni nécessaire, ni inévitable. En faisant sauter ce cadre, nous serions alors capables non pas de changer l’homme mais de le faire réfléchir autrement, en ouvrant ses perspectives créatrices sur des horizons nouveaux, dans lesquels la technologie ne serait plus l’ennemie du travail, où l’homme ne serait plus l’ennemi de la Nature, susceptibles de réconcilier les besoins et les désirs de l’un sans nuire à ceux des autres.

 

Pour changer le monde, il faut le regarder autrement, et sortir de ce cadre de pensée imposé par l’Histoire : il deviendra alors ce que nous voulons qu’il devienne.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

Publié dans crise, mondialisation, philo, politique?, révolution? | 2 Commentaires »

quand la notion d’intérêt général se contredit

Posté par calebirri le 23 octobre 2010

Pour les uns, la grève est le seul moyen légal d’établir un rapport de force

Pour les autres, elle divise le peuple et sape l’économie.

 

Dans les deux cas, les « pour » et les « contre » s’affrontent à coups d’arguments stériles, se justifiant tous deux par l’intérêt général, c’est à dire une notion très floue qui n’a en réalité que peu de rapport avec l’âge de la retraite, et bien plus avec la somme des intérêts individuels. Cette question n’est pas résolue par l’âge de son départ de la vie active, mais bien plutôt avec ce que l’on fait avant cette date. Ce qui est un tout autre débat, et le coeur inconscient du mouvement qui oppose ceux qui se satisfont de leur sort avec ceux qui ne s’en accommodent pas.

En effet, les opposants à la grève critiquent un mouvement qui leur nuit dans leur quotidien, invoquant pour justifier leur mécontentement les pertes économiques entrainées par le blocage, et les pertes d’emplois qu’il pourrait occasionner. Pour appuyer leur raisonnement, ils regrettent également les violences urbaines, susceptibles de nuire à l’unité nationale et d’attiser les divisions.

En même temps, les grévistes justifient leurs actions  par la défense des intérêts de tous, et estiment avoir assez donné pour le système économique. Les pertes d’emplois sont le fruit du trop grand appétit des actionnaires, et les violences sont la conséquence de la surdité du gouvernement face aux revendications du peuple : l’identité nationale c’est la France qui se mobilise

 

On pourrait s’étonner de trouver le même argumentaire des deux côtés du même concept, mais c’est sans compter sur la double nature de l’homme, capable de toutes les contradictions sans se départir de son sérieux. Pourtant ici, se peut-il que l’un ait complètement tort quand l’autre n’a pas totalement raison ?

Si on ajoute à cela une autre contradiction qu’offre un tel sujet, on peut rapidement sombrer dans le désespoir, car tout se complique encore :

Ceux qui réclament contre la grève au nom de l’intérêt général sont ceux-là mêmes qui d’habitude ne jurent que par l’individualisme, tandis que ceux qui la réclament sont ceux-là même qui, en général, se disent vouloir respecter les désirs de tous. Les uns veulent qu’on force les gens à ne plus manifester, tandis que les autres voudraient forcer les autres à ne plus aller travailler. C’est à y perdre la raison. Le gouvernement, après avoir longuement évoqué la négociation sur le sujet des retraites, dit vouloir faire une réforme juste. Les masses françaises opposées à la politique de ce gouvernement, après avoir dit non, exigent une négociation

D’un côté on veut rendre pénalement responsable un enfant de treize ans, et de l’autre on veut l’empêcher de manifester quand il en a seize. D’un côté on veut faire cesser la violence de certains jeunes, et de l’autre on veut faire respecter l’ordre à coups de matraque. D’un côté on se réfère à la constitution pour défendre le droit de grève, de l’autre on s’y réfère aussi pour justifier le passage en force d’une loi qui déplaît. D’un côté on veut un référendum qui suspendrait la réforme sans avoir rien à proposer en retour, de l’autre on le refuse comme on l’a exigé pour l’Europe, sans être en mesure d’en tenir compte….

Face à toutes ces contradictions, il serait temps de se poser la question véritable : « c’est quoi l’intérêt général ? » c’est celui qui correspond à mes propres intérêts, ou celui qui va contre mais que j’estime juste de défendre malgré qu’il me nuit, parce qu’il sert aux autres ? il est difficile de répondre honnêtement à cette question, et c’est bien là tout le problème. Et l’intérêt général d’une nation se trouve-t-il nécessairement favoriser l’intérêt général « global », c’est à dire mondial, celui de l’humanité ?et là, c’est tout le système capitaliste qu’il faut (ou pas, selon le point de vue) remettre en cause. Le système global qui régit notre planète favorise-t-il, au niveau du nombre, l’intérêt général de l’humanité ?  quand on sait qu’un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim, quand on sait que 80% des ressources sont possédés par 20% des gens ?

 

Que faut-il donc faire ? une dictature mettant tout le monde d’accord de gré ou de force, ou une démocratie acceptant les contradictions inhérentes au système qui les favorise ?

Il faut être cohérent à la fin, et cesser de voir les choses à travers la réforme des retraites, au niveau national. Si la dictature est le meilleur moyen de faire fonctionner le capitalisme, une fois atteint ce but c’est le capitalisme qui ne sert plus à rien. Ce n’est donc pas la dictature qu’il faut rechercher, ni la démocratie qu’il faut défendre du capitalisme, mais le capitalisme qu’il faut renverser, pour éviter la dictature et l’illusion démocratique. et peu à peu, c’est bien c’est bien ce qui se passe actuellement : de l’inconscient collectif émerge une conscience citoyenne qui veut se faire entendre, et qui se rend compte des errements de ce monde qui contredit sa volonté d’intérêt général. Ce n’est pas à travers la recherche de la somme des intérêts privés qu’elle sera satisfaite, mais par la recherche du bien commun que les intérêts de chacun seront respectés.

Nous ne sommes qu’à l’aube d’un nouveau monde, et il n’y a qu’à nous de le penser autrement pour qu’il se transforme.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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