Affaire Cahuzac : l’étonnant aveu

Posté par calebirri le 2 avril 2013

Un ministre du budget chargé (entre autres) de lutter contre l’évasion fiscale et qui possède lui-même un compte à l’étranger, voilà qui est pour le moins cocasse ; mais est-ce si étonnant ?

Un ministre de la République qui ment devant le président, face à la « représentation nationale », et à la France entière, « droit dans les yeux », est-ce si étonnant ?

Un journal qui sort une affaire comme celle-là et qui se fait traiter de tous les noms par une classe politique qui ne se sent peut-être pas toujours à l’aise dans certaines enquêtes, est-ce si étonnant ?

Et bien non, tout cela n’est pas si étonnant après tout : nos hommes politiques sont pour la plupart riches (si les hommes politiques étaient moins riches, ils ne voteraient pas des lois qui protègent les riches!), contre la liberté de la presse lorsqu’elle les concerne (surtout si c’est vrai !), et surtout capables de mentir à la France toute entière bien droit dans les yeux (en même temps si les hommes politiques étaient honnêtes ils ne seraient jamais élus : qui ne peut mentir tout en regardant son interlocuteur droit dans les yeux ne peut pas faire de politique).

La seule chose qui est vraiment étonnante dans tout ça, c’est l’aveu de l’ancien ministre. L’aveu d’un homme (brisé ? – le problème avec les menteurs c’est qu’on ne sait jamais quand ils sont sincères). Mais que ce soit le remord ou des preuves incontestables, c’est un aveu tout de même. Qui peut me dire quel est le dernier homme politique a avoir eu le courage d’avouer ? Ils ne sont pas si nombreux ; en tous les cas pas autant que les soupçons.

En faisant cet aveu monsieur Cahuzac savait bien que désormais il serait seul, lâché par tous, et bien obligé de se confronter à sa conscience. Mais je ne le félicite pas ; je le plains.

Car demain, et ça commence déjà, tous nos politiques joueront ensemble la vierge effarouchée, personne ne savait, personne d’autre n’agit ainsi, c’est un scandale et tout ce qui va avec, la République irréprochable et tout et tout… Comme s’il n’y avait que ça à reprocher à cette République !

Mais lui au moins, il a retrouvé sa liberté, en même temps que sa dignité : il a avoué.

Reste une seule question maintenant : à qui le tour ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Flexi-sécurité : le changement, dans la continuité

Posté par calebirri le 8 mars 2013

Lorsqu’on se penche un peu sur l’accord conjointement qualifié « d’historique » par le MEDEF et le gouvernement sur la « flexi-sécurité » (une sécurité flexible, je n’arrive toujours pas à m’en remettre !), on s’aperçoit qu’en réalité celui-ci aurait été impossible à obtenir sans la fameuse réforme de la « représentativité syndicale » signée le 11 janvier 2008 par quatre syndicats sur huit, soit quelques mois avant la faillite de Lehmans Brothers ou le sauvetage d’AIG- c’est-à-dire avant la propagation de la crise à l’Europe.

Cela signifie que c’est bien « avant » la crise que l’équipe de Nicolas Sarkozy posait les bases de ce qui allait advenir aujourd’hui : la régression économique et sociale due à une crise qui n’était pas encore là.

Quand on y regarde de plus près, on voit que c’est en 2007-2008 que la plupart des réformes sur lesquelles s’appuie aujourd’hui le gouvernement « socialiste » (qu’on appelle ce gouvernement « socialiste », ça aussi j’ai du mal à m’y faire…) ont été votées : une réforme de la Constitution, le traité de Lisbonne, la réforme des collectivités territoriales, l’accord européen sur le marché du travail… un peu comme si le gouvernement précédent avait ouvert la voie au présent en lui permettant d’aller plus loin dans la même direction – la crise servant d’excuse à une austérité prévue donc… avant la crise !

Ce qui est le plus terrible dans tout ça, c’est qu’en sachant que l’accord « historique » signé par les syndicats est injuste et malfaisant, qu’il n’a pu l’être que « grâce » au « coup de main » apporté par la mandature précédente, que le patronat se félicite de ce dernier et qu’il n’est donc aucunement légitime (si l’on considère que ce dont le peuple ne veut pas est illégitime), les syndicats sont présents le lendemain d’une manifestation s’opposant à cet accord pour signer un accord scélérat obtenu sous la contrainte de l’application de ce futur accord ! En clair, les syndicats se sont empressés de signer un mauvais accord par peur d’être contraints demain d’en signer un pire, ou de ne même pas avoir la chance de négocier celui-ci.

Enfin ce n’est peut-être pas le pire : le pire c’est peut-être que tout le monde s’en félicite : le gouvernement, les syndicats, les patrons et puis surtout les employés…

En même temps, comment ne pas leur pardonner ? Si c’est ça ou se battre avec la police comme pour les Goodyear…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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