La liberté contre la paix : CHAPITRE DOUZE + épilogue

Posté par calebirri le 20 mai 2015

Chapitre 12

Alors voilà. Aujourd’hui je suis vieux, et je vous emmerde tous : la résistance, le gouvernement, et même les générations suivantes. J’ai gâché ma vie durant trop d’années, depuis ce satané 8 juin de l’année F. Je ne sais même pas qui rendre responsable de ce gâchis. J’en veux à tout le monde, et puis surtout à moi-même. Je pourrais me suicider simplement, mais d’abord je veux savoir. Mourir en un instant, mais au dernier moment savoir si j’ai mal à la tête, et m’en apercevoir. A cet instant je saurais si on m’écoute, et je leur dirai que je n’ai pas peur, que je les attendais… et que je les emmerde ! Ce sera cela mon acte de résistant. Et puis s’il ne se passe rien je saurai aussi… et je me suiciderai quand même ! Mon verre est à côté de moi, rempli de poison. Je n’hésiterai pas. Mon brouilleur -je ne sais même pas s’il marchait, ou si c’est lui qui m’écoutait, et si tout cela n’est qu’une mise en scène destinée à me détruire – mais mon brouilleur est débranché. Mon téléphone éteint. Je n’en peux plus de toutes ces questions. La peur est un mal qui ronge jusqu’à la folie. J’ai tourné et retourné ces questions tellement de fois dans ma tête que le nombre des questions est devenu ingérable, surtout dans un cadre temporel limité. Je veux savoir. Et puis mourir.

Epilogue

Malheureusement, les conditions dans lesquelles ce document est arrivé jusqu’à moi sont bien incapables d’éclairer le lecteur sur la question qu’il se pose bien logiquement à la fin de ce petit texte : car il apparaît que ce document a été retrouvé chez un homme dont le squelette a été découvert plusieurs années après son décès ; on ne peut donc savoir de quoi il est mort. Les seuls indices que nous ayons pour nous permettre de « fantasmer » un peu sont deux appareils dont les technologies nous sont inaccessibles, mais qui semblent correspondre pour l’un au « brouilleur » évoqué dans le texte, et l’autre à ce qu’on appelait autrefois un « téléphone ». Il y avait aussi un verre, évidemment vide depuis le temps…

Chacun se fera sans doute son opinion sur la chose, mais pour ce qui est de la puce je ne tiens pas à vérifier sur moi : que celui qui tente l’expérience m’en rende compte s’il le souhaite- ou surtout s’il le peut !

Publié dans Non classé, Nouvelle : LA LIBERTE CONTRE LA PAIX | 2 Commentaires »

Monsieur Valls, c’est vous l’imposteur !

Posté par calebirri le 9 mai 2015

Tribune en réponse à celle de monsieur Valls le 07/05/2015 sur « Lemonde.fr », intitulée « Non, la France du 11 janvier n’est pas une imposture ».

Monsieur Valls, je viens de lire votre tribune sur « lemonde.fr ». Je vais leur envoyer la mienne, mais j’ai bien peur qu’elle n’arrive pas jusqu’à vous. Tout d’abord je voudrais établir directement que je n’ai pas lu le livre de monsieur Todd (et oui c’est comme pour « Le monde », je n’ai pas le privilège de lire les livres avant leur sortie…), que je n’apprécie pas tout chez monsieur Todd -loin de là- et que sa manière de s’exprimer a le don de m’irriter.

En fait je n’écris pas pour le défendre, mais plutôt pour vous attaquer. Puisque vous dites que les citoyens peuvent s’emparer du débat… Allons donc au fait, et prenons votre tribune par le début :

« un gigantesque élan de fraternité » : quand on sait que le nombre d’inscrits sur les listes électorales dépasse les quarante millions, je me dis que moins d’un citoyen sur dix s’est déplacé : cela ne me paraît pas si énorme, même si je concède que c’est déjà un record… et c’est peut-être cela le plus inquiétant !

Ensuite, au niveau du « mouvement spontané », « populaire », « venu des citoyens eux-mêmes », je crois que vous n’avez pas dû voir les mêmes images que moi : les déplacements de toutes les personnalités présentes n’a sans doute pas été improvisé, et encore moins été « spontané ». Populaire non plus, comme vous l’avouez vous-même un peu plus loin : « De nombreux Français, notamment dans les quartiers populaires, délibérément, n’y ont pas pris part ». Et pour ce qui est de la volonté des citoyens, les médias ont suffisamment insisté pour que nous soyons tous « Charlie » que cela est devenu comme une sorte « d’injonction inconsciente ».

Maintenant, et si je vous accorde le droit de vous interroger sur le fait que « des citoyens aient volontairement fait le choix de se tenir à l’écart », rien ne vous impose non plus le devoir « d’agir ». Est-ce le fait que des citoyens choisissent librement (volontairement) de se soumettre ou non à cette « injonction inconsciente » qui vous ennuie ?

Enfin, pour ce qui est du « déclin, de la « dépression », vous et vos pairs (de droite comme de gauche), en sont pleinement responsables. Comment s’en étonner ?

Le refus des amalgames maintenant

Première imposture :

La manifestation du 11 janvier était une manifestation contre le terrorisme. Pas contre la religion ni pour la tolérance. Et encore moins pour la laïcité (qui n’est pas une condition de la tolérance mais plutôt une conséquence). C’est vous qui faites des amalgames en estimant que cette manifestation était aussi « un cri lancé contre le djihadisme qui, au nom de la foi, [il y a ici une virgule étonnante] d’un islam dévoyé, s’en prend à l’Etat de droit, aux valeurs démocratiques, tue des juifs, des musulmans, des chrétiens », car vous soulignez ainsi le caractère religieux de l’attaque. Mais cela est faux : des terroristes ne peuvent pas avoir de religion, quand bien même ils s’en revendiqueraient. « Islam dévoyé »… Non, pas Islam dévoyé. Pas Islam du tout ! Je ne connais pas le Coran mais j’imagine mal comment il pourrait indiquer à ses adeptes de tuer des innocents, et de tuer tout court. Dieu n’est-il pas Amour et Pardon, quelle que soit la manière d’y croire ?

Et puis la Marseillaise, franchement, ce chant guerrier qui désire « qu’un sang impur abreuve nos sillons »… Ça ne transpire pas la fraternité.

Deuxième imposture :

la liberté d’expression ! vous n’avez pas honte. Alors que les dernières lois sur le renseignement, ou l’apologie du terrorisme, que vous avez portées, instaurent une censure potentielle de toute contestation politique, et cela au nom de la liberté et de la lutte contre le terrorisme, c’est comme insulter la mémoire des malheureuses victimes de ces misérables meurtriers. Et comme vous tentez de retourner le problème des « faibles » et des « discriminés » : dois-je vous rappeler d’où viennent les terroristes, et de quelle origine sociale ils sont issus ? la plupart sont des convertis, abandonnés dans des cités misérables jusqu’à ce que des fondamentalistes profitent de leur faiblesse en instrumentalisant les caricatures et le climat de méfiance à l’égard des musulmans. Ce ne sont pas les caricatures qui les libèrent mais leur utilisation par des extrémistes qui les enferme. En réalité ces jeunes qui se radicalisent sont à la fois des bourreaux, et des victimes.

Troisième imposture :

Ici, je dois vous avouer que le concept de « néo-République » m’échappe. Mais ce qui est certain, c’est que la République est entre les mains de ceux qui la dirigent : ceux qui font les lois, et ceux qui les font appliquer. Et il est clair que leurs intérêts ne sont pas les mêmes que ceux du peuple qu’ils dirigent : il n’y a pour s’en convaincre qu’à regarder la composition « sociale » de notre Parlement.
En réalité c’est bien cette divergence d’intérêts le problème. Trop soucieux de vos carrières et des avantages qui vont avec, vous finissez par renoncer à tous vos idéaux pour ne pas partir, et vous vous enfermez dans vos certitudes pour échapper à votre conscience. A droite comme à gauche. Et on arrive à la suite…

Quatrième imposture :

La définition de la gauche. Mais vous n’êtes pas de gauche ! Emmanuel Todd n’est pas de gauche ! La gauche lutte contre le capitalisme. Pas contre l’Europe ou l’UMP, mais contre un système injuste qui permet que certains agissent au détriment des autres. Et à force de vouloir cacher au peuple cet état de fait, au lieu d’avouer que les politiques ont permis aux riches de s’enrichir contre le plus grand nombre, vous préférez aujourd’hui établir avec vos lois les conditions d’une dictature pour le jour où, quand l’économie s’effondrera, le peuple ne soit pas en mesure de venir vous réclamer des comptes.

Il y a donc toutes les raisons d’être inquiets et pessimistes : vous et vos semblables n’avez pas d’autre idée que celle qui conduit au pire. La lucidité aujourd’hui, c’est de constater que vous êtes un homme dangereux. Intelligent, habile, et certainement très sympathique. Mais dangereux. Ce que vous portez sur vos épaules est dangereux. Mais vous n’êtes pas le seul. C’est toute la classe politique qui représente désormais un danger pour le peuple. Avide de pouvoir et d’argent, elle finit toujours par se laisser corrompre jusqu’à y perdre son âme. L’avez-vous perdue, ou est-elle simplement égarée ?

Je n’attends évidemment pas que vous vous abaissiez à répondre à un citoyen en colère, et elle ne montera sans doute pas non plus jusqu’à vous. Mais sachez quand même que vos impostures seront des poids que vous porterez toute votre existence…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 3 Commentaires »

Il faut refuser la police de la pensée

Posté par calebirri le 3 mai 2015

Pendant qu’on vend des avions de chasse à des pays qui les utiliseront sûrement pour décorer leurs appartements, pendant qu’on laisse crever des milliers d’Africains dans la mer, pendant qu’on affame la Grèce au nom de la croissance et qu’on finance à grands coups de milliards des grands projets inutiles, on installe en France toutes les conditions d’une dictature.

Aujourd’hui la Loi sur le renseignement vous paraît acceptable car vous pensez n’avoir rien à cacher… mais vous devez savoir que vous serez surveillé quand même. Surtout si vous avez un blog, si vous participez à des manifestations ou que vos mails, vos appels téléphoniques, comportent le terme « terroriste » ou « Al qaeda » ; ou même que vous ne vous estimez « pas complètement Charlie ». Vous serez tous surveillés. L’algorithme fera une alerte et créera une fiche sur votre compte. Couplé à de multiples autres facteurs (il suffit de les ajouter à volonté), un « degré de dangerosité potentiel » sera noté, sans que vous le sachiez ni que vous puissiez contester cette « fiche ». On peut aisément ajouter les termes « révolution », « sédition », ou même « juif », ou « musulman » par exemple… Cela signifie qu’en fonction de la personne (ou du groupe de personnes) qui gère les « entrées » de l’algorithme, celui qui se trouve n’être pas végétarien dans une dictature végétalienne sera susceptible de se faire emprisonner s’il parle de viande dans ses mails, qu’il possède deux vaches et un cochon, ou regarde sur internet comment faire un barbecue…

Et si c’est le FN qui arrive un jour au pouvoir, mieux vaudra ne pas défendre les roms, l’égalité ou l’avortement : car le jour où avorter deviendra un crime, il suffira d’ajouter les « mots-clés » autour de ce sujet pour être en mesure de punir tous ceux qui veulent y avoir recours : vous êtes peut-être déjà un terroriste sans le savoir… Le jour où celui qui prendra le pouvoir décidera seul de ce qu’il considère comme dangereux, ou criminel, tous les outils seront là, à disposition. Ainsi que les fichiers vous concernant. Avec la capacité, à travers la loi concernant « l’apologie du terrorisme », de vous couper tout moyen d’expression (connexion internet, téléphone), et même de vous faire arrêter, pourquoi pas comme terroriste ? De toutes les manières vous ne saurez pas -ni vous ni personne- pourquoi vous êtes arrêté, ni ce qui vous est reproché puisque aucun juge ne devra statuer sur cela ! C’est la censure potentielle de toute parole qui ne conviendrait pas à celui qui décide : hypothétiquement, de telles lois sont même susceptibles de faire devenir autoritaire un gouvernement qui ne le serait pas d’avance… surveiller tous ceux qui vous contestent, avec le loisir de les faire arrêter si bon leur semble… Avec de tels outils, votre opinion peut du jour au lendemain devenir un délit : la police de la pensée veille au grain.

Certains évoquent pour défendre la loi que sur Facebook et autres les internautes diffusent volontairement leurs données à qui veut bien les attraper. Mais le fait est qu’ils décident eux-mêmes, et cela ne fait pas une petite différence. Car si les citoyens décident de ce qu’ils montrent de leur vie privée, après la Loi le gouvernement sera en capacité de savoir même ce que vous ne voulez pas montrer (une maîtresse qu’on n’expose rarement sur son compte Facebook, ou le montant de son découvert, ses hontes les plus intimes…)… Imaginez-qu’un lanceur d’alerte prêt à dénoncer une affaire de corruption se voit opposer un chantage à la publication de ses secrets les plus intimes (d’autant qu’il ne saura même pas ce qu’on sait de lui !). Avec les nouvelles lois on pourra l’empêcher de s’exprimer, le menacer de dévoiler sa vie privée, l’arrêter pour terrorisme et le faire enfermer (pourquoi pas dans les futurs « camps de terroristes » imaginés par monsieur Valls ?) sans qu’on sache trop ce qui lui est arrivé. Dans « 1984″ cela s’appelle « se faire vaporiser ».

Dans les films, quand vous vous faites arrêter par la police, on vous dit « à partir de maintenant, tout ce que vous dites pourra être retenu contre vous ». Maintenant ce n’est plus « à partir », mais « toujours » ! Et pas seulement ce que vous dites, mais aussi ce que vous ne dites pas. Tout ce que vous faites, presque tout ce que vous pensez pourra en réalité être retenu contre vous.

Tous nos députés, ceux qui vont voter cette loi de la honte, devraient réfléchir à deux fois, car en tant que citoyens ils seront également surveillés. Leurs vies privées épluchées, la leur et celle de leurs conjoints, et celle de leurs enfants. Qu’ils soient corrompus, infidèles ou homosexuels, tout passera par les « boîtes noires » qui conserveront tout cela bien au chaud, « juste au cas où »…

Maintenant, j’imagine bien que ce malheureux article ne servira à rien et qu’il n’empêchera pas la Loi d’être votée : mais il faudra bien trouver des parades si un jour le peuple se décide enfin pour se doter d’une véritable démocratie. Il nous faut pour cela plusieurs outils, dont le plus important, et le plus difficile à mettre en place, est un « autre internet ». Un internet libre, indépendant et surtout gratuit. Un internet sur lequel ni l’Etat ni Google (qui n’est ni plus ni moins qu’un Etat « privé » en formation) n’ont de pouvoir.

Et en attendant il faudra bien lutter aussi, car la Résistance pour demain doit se préparer aujourd’hui : d’une part en trouvant le moyen de pirater les boîtes noires pour rendre publiques toutes les fiches de nos élus et de nos grands chefs d’entreprise (comptes offshore, maîtresses, pratiques humiliantes…), et d’une autre en se prémunissant contre la bêtise des algorithmes. Il existe des techniques simples (j’ai vu ça dans « Envoyé spécial« , dans un sujet sur le « copié-coller » et les algorithmes qui les repèrent, à partir de 47 minutes) comme celle consistant à mettre une lettre à la place de l’espace entre deux mots, puis de « colorer » cette lettre en blanc : l’algorithme ne détectera pas le mot ainsi créé. On peut également insérer un « caractère spécial » dans un mot qui fera comme un espace invisible séparant le mot en deux mots qui n’existent pas. Et bien sûr toutes les techniques à double sens, à l’ancienne, genre « les carottes sont cuites ». On peut sans doute également envisager saturer les « boîtes noires » ou tenter de découvrir quel est le fonctionnement de celles-ci.

Car il est indispensable de résister au fichage et à la surveillance continue de tous les citoyens. Inévitablement ces lois conduiront les gouvernements à supprimer la contestation dans leur pays. Internet est une condition indispensable de la liberté et de la démocratie. Notre vie privée est un droit non-négociable. Nous devons résister. Et nous rappeler que si Hitler avait disposé des moyens techniques actuels, je ne serais pas là pour vous écrire, et vous ne pourriez pas me lire. Quand bien même vous ne seriez pas d’accord avec ce que je dis.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

La dictature est à notre porte

Posté par calebirri le 1 avril 2015

Quand une nation commence à obliger son peuple à voter (qui plus est sur des machines électroniques) ; quand un pays peut censurer n’importe quelle expression sans contrôle judiciaire ; quand un gouvernement impose ses lois malgré l’opposition populaire (et même parlementaire) ; quand un Etat s’apprête à surveiller vos déplacements, vos conversations, vos ordinateurs ; quand les élus se voient chaque jour attaqués (puis relaxés) pour corruption par un pouvoir judiciaire aux ordres ; quand on sait que le budget militaire est le seul budget maintenu et que les armées patrouillent devant nos bâtiments publics, on peut dire sans trop exagérer que toutes les conditions pour établir une dictature sont réunies.

Maintenant, il ne reste plus que la révolution. Pas celle qui permettra au peuple de se libérer de son joug pour établir une nouvelle démocratie non, mais celle qui permettra à la dictature de devenir légitime : rappelons ici la formule de George Orwell « on ne fait pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature ».

Et cette révolution, c’est peut-être la sortie de la Grèce ; à moins que ce ne soit un autre attentat. Ou bien encore une catastrophe naturelle. Et pourquoi pas une révolte populaire, ou l’arrivée au pouvoir du FN ? Ce qui est certain, c’est que toutes les conditions sont réunies pour qu’un gouvernement autoritaire qui se retrouverait demain au pouvoir ait la capacité technique d’exercer un contrôle et une surveillance de masse sur son peuple. Et c’est à la faveur d’un drame ou d’une catastrophe que cette dictature prendra forme.

Mais si vous n’avez rien à cacher, diront les plus malins, alors pourquoi ne pas se laisser surveiller ? Nous abreuvons aujourd’hui gratuitement, et volontairement, tous les banques de données du monde entier par nos actions quotidiennes, et nous nous plaindrions de la récolte de ces dernières pour des raisons de « vie privée » ? Alors que le terrorisme frappe chaque jour des civils innocents ?

Rassurez-vous, tout le monde ne sera pas « surveillé » – regardez qui sont les ennemis publics les plus en vue : Snowden, Manning, Assange… de dangereux individus, des traitres à la Nation, etc… Les terroristes, eux, sont introuvables. Peut-être n’ont-ils pas Facebook, ou pas de portable ?

En réalité, pour la plupart ces nouvelles lois seront inutiles. Ils n’ont effectivement « rien à cacher ». Mais ce n’est pas ceux-ci qui intéressent les renseignements. Ceux qui sont indirectement visés sont ceux qui veulent dénoncer « ceux qui ont quelque chose à cacher ». Pas les dealers à la petite semaine, pas les resquilleurs des allocations, tout cela n’est rien. Mais bien plutôt les lanceurs d’alertes, les journalistes un peu trop fouineurs, les analystes « hétérodoxes »… ce sont ceux-là que nos gouvernements veulent empêcher de (leur) nuire. Car s’il y en a qui trichent, trompent et volent (et pas qu’un peu), ce sont justement ceux qui, pour ne pas qu’on les confonde, qu’on les dénonce, qu’on les attrape, font voter des lois qui empêchent aux citoyens vigilants de rendre public ce qui dérangerait leurs petites affaires…

Comme dans 1984 : les pauvres, « la masse populaire », n’intéresse guère les services de renseignements. Il n’ont pas besoin d’autre chose que du pain et des jeux paraît-il. Les riches, « l’élite », elle, ne sera pas non plus surveillée (elle pourra éteindre son « télécran » – se déconnecter). Il ne manquerait plus que ça ! Reste une petite frange de la population. Ceux qui sont assez éduqués et qui disposent d’assez de temps et d’énergie pour s’informer, réfléchir, prendre du recul, sont ceux qui peuvent un jour ou un autre « tomber » sur « quelque chose », et il ne faudrait surtout pas qu’ils parlent. Imaginez qu’à TF1 on diffuse que les « bons » Etats protègent les terroristes, fomentent des coups d’Etat, volent le peuple et lui mentent… Il faut d’abord aux agents du gouvernement savoir « ce que vous savez », pour ensuite pouvoir vous empêcher de parler. Sans contrôle judiciaire cela va de soi. Et au moyen d’un délit « d’exception » comme celui « d’apologie du terrorisme ». Une étape supplémentaire manquait à cet arsenal autoritaire, c’est-à-dire le droit pour un gouvernement de contrôler toutes les communications de ses administrés.

Après, on pourra toujours dire que cela ne nous concerne pas, mais le jour où l’on vous dira que ce que vous pensez n’est plus adapté à ce qu’on vous demande de croire il sera trop tard : vous serez en infraction. Alors c’est vrai qu’aujourd’hui cela ne semble pas si grave. Par petites touches successives chaque loi nouvelle renforce un peu plus les pouvoirs de la police au détriment de ceux de la justice. Et supprime toute possibilité future de contestation. Et cela est très grave. Il suffira au nouveau dictateur de dire qu’un terroriste est quelqu’un qui ne pense pas comme lui pour pouvoir faire arrêter légalement tous ses opposants. Vous aurez beau alors contester vigoureusement en frappant à la porte de la chambre 101, il vous faudra vous soumettre de gré ou de force à la police de la pensée. Vous ne serez déjà plus libre.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 1 Commentaire »

La mort annoncée des politiques

Posté par calebirri le 7 mars 2015

Mon message ne leur parviendra sûrement pas, mais à vrai dire cela n’est pas si important : ils savent déjà ce que je m’apprête à dire. C’est aux citoyens que je m’adresse, car il faut qu’ils sachent eux-aussi : leurs jours sont comptés. Quoiqu’il arrive maintenant, nos hommes politiques sont coincés : d’un côté le peuple, de l’autre les financiers. Ils peuvent le constater comme nous, leur pouvoir est désormais réduit à presque rien, comme monsieur Juncker l’a signifié clairement il y a peu, et publiquement encore. Ils ne sont en réalité que les exécutants d’une idéologie à laquelle leur corruption chronique (comme le prouvent toutes ces « affaires », en passant du luxleaks au Brésil en passant par Guéant ou Cahuzac) les à contraint d’adhérer, l’objectif étant de gagner quelques sous, d’éviter la prison ou le déshonneur pour les moins bons, et pour les meilleurs de réussir à planquer discrètement dans des comptes offshore le petit pactole volé sur le travail du peuple ; c’est ce qui causera leur perte.

Mais pendant ce temps-là, la Troïka décide pour eux. Et pour nous aussi.

Il y a peu ils auraient encore pu faire quelque chose pour éviter cela, mais ils sont eux-mêmes pris dans un jeu malsain auquel ils ne peuvent plus échapper : pris dans une course infernale pour la conservation du pouvoir et l’immunité qu’il permet, ils préfèrent encore courir le risque du chaos que d’assumer leurs mensonges et leurs erreurs, et ils nous entraînent, même « malgré eux », dans une dictature qui fait le jeu de nos ennemis communs en leur préparant le terrain pour ce qui adviendra ensuite.

Car le mouvement est en marche. On peut parler de complot si l’on veut, mais cela est sans doute plus « logique » que volontaire ; peu importe à vrai dire.

Cela faisait longtemps que je me demandais ce qui sous-tendait les événements récents : les guerres, la crise, la corruption… La corruption des politiques par les financiers est le point central de cette situation, et les institutions sont le cadre qui autorisent la corruption. Seulement il me manquait la logique, l’objectif, le but de tout cela : il m’est apparu en regardant cet excellent reportage intitulé « puissante et incontrôlée : la Troïka ». On y apprend clairement que ce n’est pas par incompétence que les décisions sont prises mais bien volontairement, et que, en dehors de toute légalité (en plus du manque flagrant de légitimité), la Troïka a sciemment fait couler la Grèce pour « sauver » les banques françaises et allemandes, ainsi que quelques autres intérêts privés. La Troïka a délibérément refusé, au nom de règles qu’elle s’accorde le droit de ne pas suivre pour elle-même, d’empêcher les intérêts de quelques riches financiers de s’exprimer, et plongé la Grèce, le Portugal, Chypre, dans une telle situation que ces pays se sont vus contraints de vendre à bas coût leurs meilleures entreprises, leurs terres, leurs services publics, leurs banques, à des compagnies privées qui se sont engraissées sur le dos des peuples. Au mépris de toute légalité, mais aussi au mépris de la plus basique des solidarités. Le tout sans qu’on puisse se retourner pour demander des comptes à un organe international au-dessus des lois (et oui, contre qui porter plainte ?).

Avec le TAFTA, la Troïka, le lobbying, la corruption, on s’aperçoit qu’en définitive les plus grandes compagnies privées se hissent peu à peu à la hauteur de la puissance des Etats, et se trouvent aujourd’hui en capacité d’acheter des Etats pour, qui sait, y imposer leurs propres règles ? Aujourd’hui certaines compagnies discutent d’égal à égal avec les Etats, comme on l’a vu récemment entre Obama et Apple ou Google. La Troïka n’est elle-même qu’une émanation de ce que le lobbying des grandes firmes est capable d’obtenir : une sorte d’autorité supra-nationale non élue et non contrôlable par qui que ce soit. C’est que les Etats, mêmes libéraux, sont une contrainte pour ces compagnies. D’ailleurs elles ont bien senti bien que le retournement est en cours. Il leur faut plus de profit, plus de « compétitivité », et donc… moins d’Etat. Les multinationales sont en train de devenir les concurrents des Etats. Cela explique aussi pourquoi les guerres sont de plus en plus nombreuses : les Etats en faillite veulent récupérer de l’argent mais le monde financier ne veut pas en donner. Ils vont donc chercher l’argent et les ressources là où ils sont pour « nourrir la bête », en se battant par ennemis interposés pour le contrôle des ressources, avec les armes et les technologies des multinationales… ressources qui sont ensuite rachetées par les financiers. En laissant quelques miettes aux politiques.

Mais bientôt les véritables dirigeants que sont les grandes multinationales n’auront plus besoin des politiques. On dit que la Californie veut faire sécession, que Google veut créer des plateformes offshore dans les eaux internationales : pour ne pas payer d’impôts ni dépendre de quiconque. Pas de contrainte étatique. Pas de droit du travail ni de protection sociale. Pas de règles à respecter. Ce n’est pas pour rien qu’ils rachètent robots, technologies de surveillance et de contrôle, possèdent les médias et la fabrication des armes. Désormais Apple, comme Google, sont les juges du cryptage -ou non- de leurs produits, possèdent toutes les informations qui transitent « par eux », et peuvent même empêcher les Etats d’accéder à des informations de la plus haute importance pour la sécurité : quelle puissance incroyable laissée à des acteurs privés !

Une fois leurs pions mis en place et dans un cadre institutionnel « acceptable » (et surtout accepté), ils dirigeront les Etats comme des entreprises, comme des particuliers : celui qui est endetté devient un esclave. L’esclavage, c’est la « compétitivité » poussée à l’extrême. L’employé ultime, le top du travailleur, c’est le travailleur gratuit ! C’est bien cet objectif qui est visé. Pour lutter contre la Chine il faut utiliser les mêmes armes : le salaire. Et qui peut faire mieux que gratuit ??

Quand les conditions seront remplies, les politiques seront alors jetés dehors comme de vulgaires consommateurs. Les quelques monopoles qui dominent le monde pourront enfin supprimer l’Etat pour imposer la loi du marché ( enfin la loi de LEUR marché).

Ils devraient y réfléchir. La raison du plus fort est toujours la meilleure !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 3 Commentaires »

Un parti pour une Assemblée Constituante ?

Posté par calebirri le 25 février 2015

Considérant qu’apparemment le système capitaliste corrompt la démocratie et provoque les misères dont nous sommes 99% de victimes, et puisque ce système ne peut être vaincu que s’il est supprimé partout à la fois, il devient nécessaire de cesser de rêver à supprimer le capitalisme pour céder à la seconde de ces deux options : recréer les conditions de la démocratie pour empêcher la corruption des élus, ainsi que tous les abus légaux qui creusent les inégalités et conduisent toujours au pire.
J’aurais voulu pouvoir continuer plus longtemps dans ma « radicalité » (ne pas participer à la mascarade politicienne), mais à vrai dire le pragmatisme face aux événements qui se préparent s’impose de lui-même : le cas grec, les attentats, la première place du FN dans les sondages, l’Ukraine, tout cela finira mal.

Le président de la commission européenne, monsieur Juncker, l’a bien dit : «Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens»…. C’est cela le plus grand danger. Il faut que le peuple français (et tous les autres peuples après lui), reprenne le pouvoir, et aille plus loin que ce que la Grèce ne semble en capacité de le faire -avec l’avantage de sa position au sein de l’Europe.

Pour cela, il faut mettre en place une Assemblée Constituante. Et pour mettre en place une telle Assemblée, malheureusement nous ne pourrons pas attendre que le temps fasse son oeuvre : il nous faudra pour l’imposer arriver au pouvoir à la place des dictateurs en herbe qui se le disputent aujourd’hui.

Je propose donc ici la création d’un parti politique, dont le programme sera uniquement de promouvoir la mise en place d’une Assemblée Constituante. Une fois ce parti créé, il restera ensuite deux ans pour réfléchir ensemble à la meilleure façon de la mettre en place : de très nombreux travaux, sites ou associations, existent pour servir de base aux discussions. Le but de ce parti ne sera ni de faire une synthèse des options possibles ni d’imposer sa propre solution, mais juste d’arriver au pouvoir pour permettre à une Assemblée Constituante de se former, sans préjuger de la forme qu’elle aura. Les options préférées seront validées par référendum après les élections, avec « en attendant » un président « par intérim » mis là pour permettre à une telle Assemblée d’être réalisée (au moyen du 49.3 s’il le faut ?)

Les plus malins nous demanderont bientôt si on accepte « tout le monde » dans ce parti : et bien oui, nous accepterons aussi les électeurs du FN ! Comme ceux du NPA, ou même les musulmans et les femmes ! Regardons les choses en face : le FN est à plus de 20% dans les sondages, presque 30% selon les plus récents. Et réfléchissons un peu :

-Si par exemple la Constitution française prévoyait l’élection des députés « à la proportionnelle », le FN posséderait plus de 20% des sièges à l’Assemblée. Cela en effraient certains (dont ceux qui se voient déjà dépossédés de leur pouvoir et de leur chère alternance), mais le fait est qu’on pourrait alors -et enfin- voir le vrai visage du FN : quelles propositions de lois ? La peine de mort, l’interdiction du mariage gay, ou de l’avortement, le port d’armes pour tous (sauf les musulmans et les femmes bien sûr !) ? C’est qu’alors on s’apercevrait rapidement de l’inconsistance économique de ce parti, ainsi que de sa dangerosité. Alors qu’avec le système actuel ils finiront par arriver au pouvoir sans que le peuple ait eu le temps de comprendre ce que le FN est vraiment : un parti « national-socialiste ».

-Et le 49.3 ? La loi Macron ne passait pas sans cela. Mais pourquoi cet article est-il inscrit dans la Constitution ?

-Et le quinquennat, qui a permis d’élire une majorité absolue dans la foulée des élections présidentielles : pourquoi l’élection des députés ne se fait-elle pas à mi-mandat par exemple ?

-Et pourquoi la Constitution permet-elle à nos élus de voter contre l’avis du peuple comme ce fût le cas en 2005 ?

-Et pourquoi se votent-ils eux mêmes leurs « indemnités », leurs retraites, leurs amnisties ?

-Pourquoi ne seraient-ils pas tirés au sort, ou simplement élus pour 2 ans ? Un président vaut-il mieux qu’un premier ministre ? Doit-on accepter les lobbies au parlement, comment encadrer la responsabilité du président, que faire du Conseil Constitutionnel ?

Toutes ces questions (et bien d’autres encore) sont celles auxquelles l’Assemblée Constituante devra répondre. Et ce n’est pas une mince affaire.

Alors oui il faudra parler avec tout le monde, même les fous et les dangereux. C’est cela la démocratie. Et même avec les femmes, et même avec les musulmans on vous dit ! Il faudra être prêts à une grande consultation populaire, avant et après les élections, selon un calendrier programmatique cohérent. Chaque « branche » militant pour la création d’une Assemblée Constituante sera respectée, le tout étant de parvenir à se ranger derrière la volonté commune de la mettre en place. Le peuple décidera ensuite souverainement (et même si on est pas d’accord avec tout), de quelle voie il se sent le plus proche, et laquelle il voudra suivre.

Pour que ce projet puisse avoir une réalité, il faut bien sûr que d’autres (beaucoup d’autres) prennent le relai. Sinon il ne se passera rien. Que ceux qui sont intéressés me contactent, que vous soyez associations, sites ou simples citoyens… N’hésitez pas à faire passer l’info !!

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Pour aller plus loin :

-http://calebirri.unblog.fr/2013/04/13/une-assemblee-constituante-oui-mais-laquelle/

-http://calebirri.unblog.fr/2013/04/22/assemblee-constituante-peut-on-mettre-tout-le-monde-daccord/

-http://calebirri.unblog.fr/2013/05/19/en-france-nous-navons-plus-de-constitution/

-http://calebirri.unblog.fr/2013/10/06/retour-vers-le-futur-constituant/

-http://calebirri.unblog.fr/2013/10/06/et-si-on-reparlait-de-lassemblee-constituante/

Publié dans Non classé | 4 Commentaires »

1...34567...19
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...