Ces salauds qui nous gouvernent

Posté par calebirri le 18 août 2015

Avant de commencer cette petite réflexion sur ces salauds qui nous gouvernent, je dois avouer que mon optimisme sur la nature humaine prend des coups répétés et profonds ; mais je refuse encore de céder face à cette adversité qui voudrait nous faire croire le contraire.

Il faut donc qu’il y ait quelque chose de « cassé » chez ces gens pour qu’ils puissent faire preuve de tant de cynisme, de tant de méchanceté, de tant de cruauté…

La question que je me pose en fait c’est comment ces hommes, qui sont pour moi des êtres comme les autres, doués de sentiments, de rêves, de déceptions et d’amour, ont pu ainsi basculer dans un univers mental qui puisse justifier d’envoyer des hommes se battre dans tel ou tel endroit de la planète, pour telle ou telle raison. De persister avec autant d’aplomb dans leurs mensonges, leurs « petits arrangements », leurs lourds secrets… Je voudrais savoir ce qui s’est passé dans leur enfance, ou dans leur vie, pour qu’un jour ils soient capables d’imaginer qu’en appauvrissant les peuples, qu’en les méprisant, qu’en les effrayant, ils puissent faire « quelque chose de bien » pour le futur des sociétés humaines…

Croient-ils réellement que leurs actions seront suivies de bienfaits pour le plus grand nombre ? Ont-ils à ce point perdu le sens des responsabilités, de la réalité, pour ne penser qu’à leur propre pomme et uniquement aux élections suivantes ? Ou ont-ils tout simplement adhéré à une idéologie qui considère la vie des hommes comme peu de choses, qu’il est indifférent que des enfants meurent de faim dans tel ou tel pays si la bourse continue de monter ? Considèrent-ils que « foutus pour foutus », il vaut mieux se servir avant que tout ne s’effondre ?

Tout cela est tellement absurde que je n’arrive pas à comprendre. Nos hommes politiques ne sont pas des idiots, et ils connaissent la situation bien mieux que nous-mêmes : ils ont accès à des informations de première main, ils ne sont pas censés prévoir la veille pour le lendemain : quand on voit avec quelle avance sont préparés les JO ou les « gros chantiers », on peut imaginer que le reste suit, non ?

Alors voilà : je veux bien comprendre que tous ceux-ci soient « pris dans un engrenage », ou tout ce qu’on voudra, mais ils le savaient avant. Je ne peux pas non plus accepter la théorie selon laquelle l’intérêt général est satisfait si l’on sacrifie dix hommes pour en sauver cent ; à ce compte la morale est respectée jusqu’au sacrifice de 49 !

Et puis je suis tombé l’autre soir sur une émission, « les routes de l’impossible », en Guinée Conakri : la misère y est intolérable. Pas d’électricité ou presque, pas de médecine ou presque, pas d’éducation ou presque. Un pays verdoyant au sous-sol gorgé de richesses, mais où des enfants de 5 ans passent 12 heures par jour à poncer du bois. Où des femmes perdent leur bébé à l’accouchement faute de moyens de communications, d’ambulances, d’outils adaptés. Où des enfants de deux ans et demi pèsent à peine plus de 6 kilos. Plus d’un enfant sur dix meurt avant 5 ans, disait la voix off. Une espérance de vie à 50 ans.

A cela il y a de nombreuses raisons, et toutes ne sont pas aisément contournables ; mais il en est une qui nous ramène directement à notre sujet (ainsi qu’à celui de l’émission) : les infrastructures. L’absence de route (la vétusté est un terme qui signifierait qu’il reste quelque chose) empêche tout développement économique, tout commerce, tout progrès. Les bandits profitent du chaos, il faut des heures pour faire 50 kilomètres, risquer sa vie pour aller quelque part, exploiter ou « louer » des enfants pour faire vivre sa famille… Les vaccins arrivent périmés dans les pharmacies, les ambulances aux couleurs de l’UNICEF d’il y a 15 ans arrivent toujours en retard, si elles arrivent…

Pendant ce temps là nos dirigeants pavoisent sur leurs projets et leurs réalisations, incapables de donner les quelques millions que demanderait la construction de routes dignes de ce nom. Je ne suis pas un connaisseur de l’Afrique et des liens qu’un pays comme la Guinée Conakri entretient avec la France, mais je crois savoir qu’ils existent encore tout de même un peu… Comment peut-on être à la tête d’un Etat comme la France et ne pas agir avant toute autre chose pour tenter de régler ce gravissime problème ?

Non, sans doute cet autre petit reportage que j’ai regardé le lendemain fera bien plus parler de lui : des millions de poussins broyés ou étouffés car non rentables pour l’industrie. Des parlementaires et des associations se sont emparés de ce scandale (je ne nie absolument pas la monstruosité de ces pratiques : la vidéo qui est liée à l’article ne précise pas pour rien que certaines images peuvent choquer), et on peut être à peu près certains que les choses vont bientôt (et fort heureusement) changer dans les « poussinnières » françaises.

Mais où sont donc les parlementaires qui s’insurgent contre les ignobles conditions faites aux petits Guinéens ? où sont les associations qui s’insurgent contre l’inaction du gouvernement en la matière, et surtout avec quel résultat ?
Faut-il y voir la conséquence de la théorie du « mort-kilomètre » (plus les morts sont éloignés de nous, moins nous sommes touchés par elles) ou le fait que nos élus, même s’ils compatissent au sort des Africains, calculent qu’il est plus judicieux pour leur carrière de défendre des poussins que des noirs ? Où bien en sont-ils arrivés à croire que les noirs sont pauvres parce qu’ils le veulent bien, tandis que les poussins n’ont rien demandé ? Mais si ce qui est écrit ici est vrai, nous avons peut-être alors un début de réponse : nous ne sommes riches que parce qu’ils sont pauvres. Et nous ne faisons rien pour que cela change.

Cela me dégoute profondément. Comment pourrais-je voter encore ? Il faudrait mettre ces salauds qui nous gouvernent en prison, les nôtres et ceux des autres pays, au lieu de voter pour eux.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Derrière la Grèce, l’empire.

Posté par calebirri le 5 août 2015

En tapant le mot « Grèce » dans la barre de recherche de mon blog, je suis retombé sur le premier billet que j’ai rédigé sur la Grèce : « La Grèce… et après ?« . Je dois dire que je fus quelque peu surpris d’y trouver, à peu de choses près, la situation d’aujourd’hui, et surtout la confirmation des deux alternatives proposées alors : la guerre ou la fin du capitalisme (en tout cas sous sa forme actuelle).

En 5 ans à peine la situation mondiale s’est considérablement dégradée, jusqu’à nous permettre de constater à quel point ces deux alternatives sont toujours aujourd’hui les deux seules valables. Il y a la Chine d’un côté, et les Etats-Unis de l’autre. En réalité cette situation correspond au refus de « l’occident » d’accepter et de laisser faire le « retournement du capitalisme »

Mais les positions se sont renforcées depuis 2010 : d’abord nous avons vécu des moments critiques avec « l’affaire ukrainienne » qui nous a rapproché de la guerre, pour ensuite risquer le chaos économique avec la Grèce qui nous a montré que la démocratie est désormais considérée en Europe comme un « frein », un « obstacle » à la bonne marche du capitalisme. Et ne pouvant se résoudre (pour le moment du moins), à la guerre ou à la fin du capitalisme, nos gouvernants travaillent désormais à la fin de la démocratie ; ainsi ils pourront combattre la Chine avec les mêmes armes qu’eux, à savoir la contrainte autoritaire.

Pour parvenir à transformer (voire à supprimer) le capitalisme et imposer de nouvelles règles, il est nécessaire de supprimer la démocratie. Pour se faire deux leviers : la peur des terroristes (avec tous les amalgames et la propagande qu’on connait), et la peur de la misère. Ces deux leviers sont nécessaires pour faire accepter par la population les différents « sacrifices » qu’on exige d’eux : la baisse de leur niveau de vie, ainsi que la suppression continue de leurs libertés.

La troisième voie, celle qui consistait à faire advenir une « véritable démocratie », est toujours aussi faiblement soutenue et relayée, et on peut voir à quel point toutes les initiatives citoyennes se sont ou ont été sabordées toutes, une à une, jusqu’à ruiner tous les espoirs de ceux qui les défendaient : il est trop tard maintenant.

Nous arrivons donc à une deuxième phase, qui correspond en réalité à une logique bien établie : si nos stratèges refusent de voir le système s’écrouler sans contrôle, dans un grand fracas qui emporterait tout le système « occidental » (et eux avec) vers une faillite totale, ils se préparent à combattre leurs « ennemis » (leurs véritables ennemis sont économiques, pas religieux) sur leur propre terrain, dictature contre dictature. L’objectif des Etats-Unis est de créer une alliance objective avec l’Europe, dont les frontières avec la Russie et les « ennemis » asiatiques constituent un rempart à leur expansion « naturelle ».

Pour sauver l’Europe il ne s’agit donc pas de laisser « sortir » qui que ce soit, et surtout pas la Grèce. Et le fait qu’aussitôt après l’humiliation totale du gouvernement grec les principaux acteurs de celle-ci s’interrogent publiquement sur la possibilité d’un allègement de la dette - »qui n’en serait pas un mais quand même » oblige à penser qu’en réalité monsieur Tsipras a peut-être réussi son pari : celui de faire baisser le montant de la dette pour son peuple. Il ne pouvait pas aller beaucoup plus loin, même si de toutes les manières personne ne l’aurait contraint à sortir – car sortir signifie la fin de l’Euro, de l’Europe, et sans doute aussi la catastrophe dans le monde entier ; et on ne peut lui en vouloir de n’avoir pas voulu ça.

Car l’objectif de l’Eurogroupe n’est pas de casser l’Europe ni l’euro mais de casser la démocratie. Tandis que nos analystes redécouvrent les vertus de la dictature en matière économique, nos politiques rêvent désormais presque tout haut d’une gouvernance fédérale et d’une Europe autoritaire.
Pour obtenir cette gouvernance il leur faut soumettre tous les pays en les endettant non pas auprès de créanciers privés mais du « gouvernement européen », à travers la BCE qui rachète toutes les dettes et obtient ainsi de mettre des Etats entiers sous sa dépendance, comme un drogué vis à vis de son dealer.

Une fois les Etats suffisamment endettés, il devient alors facile d’exiger d’eux de renier la démocratie pour imposer les diktats franco-allemands qui ont depuis longtemps compris leur intérêt à s’allier aux Etats-unis puisqu ils sont tous dans le même bateau : si le dollar s’effondre l’Allemagne suivra, en emportant les autres avec elle.

Et la démocratie n’est pas compatible avec le capitalisme.

On « aidera » donc les Grecs à s’endetter encore, et puis on installera à sa tête des hommes de main (les récentes déclarations de Varoufakis laissent à penser que c’est déjà plus ou moins le cas), tout en poussant à l’adoption de nouvelles règles pour l’Europe : « on va faire une autre Europe », qu’ils nous crieront dans toutes les langues ! « Ne partez-pas, les anglais, ne partez pas ! Bien sûr qu’on va vous accorder une place de choix ». Ainsi qu’à la France, et sans doute sous domination allemande.
Ceux qui voudront sortir seront des fascistes inconscients, et ceux qui voudront faire une autre « autre » Europe de doux rêveurs pas bien dangereux !
Les nouveaux traités seront ratifiés, et quand l’Europe sera unie dans une sorte « d’empire » autoritaire, on passera alors à la phase trois : le remplacement du système financier actuel par un autre (si il y en a encore besoin), laissant pour compte les Chinois qui se désengagent tant qu’ils peuvent du dollar mais pas aussi vite qu’ils le voudraient.

Il y a aussi la possibilité des « deux Europe », ou d’une « Europe à deux vitesses », mais je vois mal comment les plus riches feront sans la main d’oeuvre des plus pauvres, et comment les plus pauvres feront sans les subsides des plus riches. C’est toute l’Europe de l’est qui se mettrait alors sous la coupe de la Russie

De son côté, la Chine se trouve « malgré elle » embarquée dans des ennuis financiers qu’elle règle, dit-on, d’une manière radicale, et se met peu à peu en position de leader « du camp d’en face », avec les BRICS d’abord, mais aussi avec les nouvelles institutions destinées à s’opposer aux actuels FMI, Banque Mondiale et autres organes dirigés par les Etats-Unis.

En définitive le monde est tel qu’il a toujours été. Rien ne change, de grands empires se forment peu à peu puis s’affrontent régulièrement, et avec les restes on recommence à former de nouveaux empires autour des enjeux du moment, jusqu’au moment où les tensions entre les deux plus gros deviennent si fortes qu’elles finissent par éclater à nouveau. Le « problème européen » n’est en réalité qu’une « donnée » géostratégique parmi d’autres et nous croire le centre du monde est une grossière erreur.
Le fait n’est donc pas de savoir si nous nous relèverons mais plutôt dans quel état nous nous relèverons. De quelque côté qu’on se tourne le pire nous regarde, et il est impossible qu’il n’arrive pas.

Caleb Irri
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Non, la Grèce ne fera pas défaut !

Posté par calebirri le 17 juin 2015

Nos bons dirigeants s’amusent à se faire peur, et nos médias font tout pour que celle-ci nous submerge, avec les menaces d’un chaos sans précédent : la Grèce va-t-elle faire défaut ? Va-t-elle sortir de l’Europe ? Derrière ces questions se cache un chantage que l’on peut résumer en trois propositions :

(1)-Soit l’Allemagne accepte les propositions grecques et l’Europe renfloue ses caisses en évitant l’effondrement total du pays. Cela demandera de grands efforts aux citoyens européens qui n’auront qu’à se faire voir « chez les Grecs », les responsables désignés de tous nos maux économiques.
(2)-Soit elle ne les accepte pas et pousse ainsi la Grèce au défaut de paiement, avec les conséquences qui vont avec : perte de 160 milliards d’euros, risque d’effondrement des banques et d’éclatement de l’Euro, puis de l’Europe.
(3)-Soit l’Allemagne se désolidarise de tout ça et c’est elle qui sort de l’Europe, peut-être pour former un groupe avec les Etats les plus riches ?

Une fois que l’Allemagne se sera positionnée, la Grèce devra elle-aussi prendre ses responsabilités : si la proposition (1) est acceptée, alors on attendra le risque de défaut suivant ; si la proposition (2) est retenue la Grèce peut alors décider de sortir avec pertes et fracas… ou de rester ! Si elle sort le « danger » pour l’Europe est qu’elle réussisse mieux « dehors » que « dedans » (avec les conséquences que cela implique pour les autres pays en difficulté), et si elle reste elle emmerdera bien tout le monde aussi : je ne paye pas mais je reste, comme un signal envoyé aux autres « mauvais payeurs » ; la proposition (3) pouvant être corrélée à la deuxième, suivant ce que déciderait la Grèce… Car alors à partir d’un certain seuil il vaudrait peut-être mieux pour l’Allemagne sortir plutôt que de payer à chaque fois pour maintenir une apparence de solidité au sein d’une Europe noyée sous les dettes.

C’est dans ces conditions que le sort de la France se trouverait ensuite engagé : suivrait-elle l’Allemagne ou choisirait-elle une autre voie ? Comme le pays est à la croisée des chemins, le débat serait délicat, bien qu’a priori la précipitation du gouvernement français à faire passer les lois Macron, ou celles sur le renseignement, le terrorisme, etc… montre à quel point il se prépare aux ennuis, et ce indépendamment de l’option choisie.

Quoiqu’il en soit, je doute que les citoyens apprécient l’une ou l’autre de ces solutions, car il apparaît que dans tous les cas il faudra, d’une manière ou d’une autre, rembourser ces milliards perdus (je sais c’est injuste mais ils nous referont le coup du « too big too fail »), ou bien renforcer l’austérité si l’on doit encore mettre la main au portefeuille pour continuer de maintenir la Grèce dans l’Europe… pour peut-être in fine voir notre monnaie s’effondrer brutalement pour compenser ou une sortie d’un autre pays, ou même une sortie de l’Allemagne (avec ou sans nous d’ailleurs) ?

Mais tout cela n’est pas sérieux : il y aura un accord (de dernière minute bien sûr), et un délai, puis un accord, encore un délai… car si on y réfléchit bien, il n’y a pas trente-six solutions : à part la Grèce qui rechigne elle-même à le faire, personne ne serait assez stupide pour prendre le risque d’un éclatement de l’Europe. Le FMI le signale clairement d’ailleurs : il faut trouver une solution. Car pour éviter une bipolarisation extrême des propositions politiques lors des prochaines élections (avec un avantage certain pour l’extrême-droite dont les idées et les objectifs sont clairs et simples, tandis qu’en face l’extrême-gauche peine à trouver une idéologie susceptible d’être comprise et acceptée par les citoyens) et conserver le pouvoir sur l’Europe, L’Allemagne ne peut pas se permettre d’apparaître en position de faiblesse.

On peut également penser qu’avec le climat géopolitique tendu (avec d’un côté les rivalités russo-américaines et de l’autre le terrorisme islamiste) les États-Unis voient eux-aussi d’un très mauvais œil une sortie de la Grèce car quoiqu’on en dise un allié stable est toujours plus fort qu’un allié qui se fragmente par petits bouts. Et si on veut croire en la « raison » toute capitaliste de nos dirigeants, il apparaît assez vraisemblable que la Grèce ne sortira ni ne fera défaut, et que, avec le FMI en tête, on allongera encore les délais de remboursement grecs pour permettre aux États-Unis de conserver leur influence globale sur l’Europe, ainsi que les perspectives économiques dont le TAFTA et compagnie qui les font tant rêver. Le tout n’est donc pas de savoir si l’Europe s’effondrera car elle ne s’effondrera pas. C’est l’Euro qui s’effondrera ; mais il ne s’effondrera que lorsque ce qui le remplacera sera prêt à être mis en place, ce qui n’est pas encore le cas.

Ensuite, et face au mécontentement populaire qui se fera sentir toujours un peu plus fort, les lois liberticides partout mises en place serviront d’outils pour continuer à mettre en place et faire accepter, en Europe et sous l’égide de l’Allemagne, une Europe fédérale et harmonisée qui finira par confondre ses intérêts avec ceux des États-Unis, contre « l’Est et l’Asie ». Les formidables ressources africaines qui sont convoitées de partout ne seront accessibles que par une alliance Europe/Etats-Unis permettant de lutter contre les géants asiatiques et russes ; enfin contre les BRICS.

Ce n’est qu’une fois l’Europe « harmonisée » et sous le joug d’une « démocrature » encadrée légalement que pourront se régler les problèmes monétaires tels que la dette et le chômage, et l’euro se laisser remplacer par « autre chose ». Il suffira de les rayer d’un trait de plume pour instaurer soit une nouvelle monnaie, soit l’esclavage pur et simple avec puces RFID et surveillance de masse.

En attendant, la pression qui s’exerce actuellement sur la Grèce est destinée à ne lui accorder que le minimum, afin de ne pas donner de signal trop complaisant, et les menaces de Grexit ne sont en réalité que du bluff. Le fait est qu’un esclave qui s’enfuit n’est peut-être pas sorti d’affaire mais qu’il est libre. Et un Empire a besoin de vassaux, pas d’ennemis potentiels. L’Allemagne et la France ont besoin de plus petits Etats sur lesquels exercer leur hégémonie, et les Etats-Unis d’une Europe puissante pour contrer les « concurrents » de l’Est.

Il suffirait pourtant de peu de choses pour faire cesser cette mascarade : car la Grèce a aujourd’hui le pouvoir de « tout faire péter », en refusant de payer tout en restant dans l’Europe. Mais qui aurait le courage de lui emboîter le pas ? Et puis surtout pour faire quoi, puisque personne ne semble vouloir réfléchir sérieusement à ce qui pourrait advenir de bon, après le chaos ? Parfois, j’en viendrais presque à souhaiter que la Grèce réalise l’impensable et refuse et de payer, et de sortir : cela signifierait qu’un peuple a encore le pouvoir de changer le cours de l’Histoire. Ce ne serait pas rien !

Caleb Irri
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Pour une résistance numérique !

Posté par calebirri le 2 juin 2015

Il est encore difficile de savoir quand aura lieu l’effondrement de l’Euro : peut-être bien la semaine prochaine, peut-être pas… Mais ce qui est certain, c’est qu’il aura lieu. La Grèce fera défaut sur sa dette ; et si ce n’est pas la Grèce ça en sera un autre.

Les conséquences de cet effondrement seront terribles, mais ne soyons pas naïfs : la frénésie législative avec laquelle le gouvernement s’acharne à supprimer toutes les possibilités légale de contester est loin d’être fortuite. Quand l’effondrement se produira, nous serons à même de connaître le même destin que ces Grecs que nous n’avons pas voulu soutenir. Et quand nous voudrons manifester notre mécontentement, nous comprendrons alors à quoi les récentes lois étaient réellement destinées : protéger l’État contre le mécontentement populaire, et surveiller de près les opposants un peu trop virulents.

Mais tout cela nous le savons depuis longtemps. Et puis il est trop tard pour revenir en arrière. Il nous faut cesser d’espérer pouvoir encore empêcher le chaos qui vient. Il se rapproche.
Maintenant il nous faut intégrer ce fait et passer à une autre étape de mobilisation : la résistance. Et comme celle-ci passera inévitablement par internet, il s’agit ici de lancer un appel à la « Résistance numérique ». Comme la radio fût en même temps un moyen de propagande et de résistance, internet sera à la fois le média qui permet à la fois de tous nous surveiller et celui qui possède les capacités de lutter contre cette surveillance.

Dans tous les « fablabs » de France et d’ailleurs, sur les forums, partout où cela est possible, il faut que les développeurs conscients des dangers qu’un gouvernement autoritaire maîtrisant internet porte en lui, quasi invincible, se mettent dès à présent au travail : il nous faut des possibilités de communiquer sans risque d’être surveillés, dans le « software » comme pour le « hardware ». Il faudra aux résistants de demain une sorte d’internet « parallèle » qui fonctionne de manière à ce que lorsqu’un maillon de la chaîne tombe, les autres puissent continuer de se connecter au réseau. Une espèce de « contre-réseau » accessible avec un mobile, totalement sécurisé, avec un logiciel libre et inviolable, capable de « sauter » de mobile en mobile sans devoir passer par un opérateur. Il faudrait également une carte SIM « universelle », capable de se brancher anonymement sur n’importe quel antenne relai. Tout cela est-il si compliqué à mettre en place ? Ne suffit-il pas de pouvoir envoyer des ondes, et de les recevoir (je taquine, bien sûr) ?

J’ai déjà entendu ici ou là que de tels projets étaient dans les cartons, mais il ne s’agit pas d’en laisser l’usage à quelques hackers surdoués : il faut que tous ceux qui se sentent concernés par la défense de la vie privée (et au delà de la liberté de pensée, par dessus même la « simple » liberté d’expression) se mobilisent pour réunir en un même lieu -accessible à tous- toutes les techniques pour accéder dans un premier temps à une sorte « d’indépendance » matérielle et logicielle (avec des tutoriels pourquoi pas ?), ainsi qu’une sorte de « manuel de survie numérique » destiné à expliquer comment se connecter à un réseau sécurisé avec un vieux portable et une cuiller, ou se fabriquer une antenne relai à l’aide d’un balai et d’un parapluie. Il faut que des gens comme Jérémie Zimmermann de « La Quadrature du Net » , avec d’autres associations du même type, mettent en place un tel lieu, afin que tous les citoyens désireux de résister aient les moyens théoriques et techniques de le faire.

Il faudrait aussi être en capacité de lutter contre la surveillance des « boîtes noires » en désactivant les brouilleurs, ou mieux de pouvoir être en mesure d’espionner les espions. Que ne ferions-nous pas comme découvertes si ces « boîtes noires » étaient dissimulées dans les lieux de pouvoir et de décision ?

En attendant le Sénat votera bientôt la future loi sur le renseignement, et ce malgré toute les oppositions que l’on voudra bien leur servir. Il nous faut désormais du concret, et des outils simples, économiques, libres, pour pouvoir un jour être en mesure de rassembler nos forces contre les dictatures qui ne manqueront pas d’user de leur pouvoir pour nous asservir.

Nous aurons besoin, en matière numérique, de reprendre le pouvoir sur ceux qui contrôlent internet, car ceux qui le contrôlent peuvent diriger le monde : et au lieu d’utiliser les formidables potentialités du net pour éveiller les consciences à la démocratie directe et universelle, ils préfèreront toujours l’utiliser pour faire monter les cours de la bourse, tracer les employés ou dérégler des centrifugeuses nucléaires… paraît que c’est plus rentable !

Nous devons nous y mettre le plus vite possible, car le temps presse : quand la dictature sera installée, il sera extrêmement difficile de développer de tels outils, et quasiment impossible de les diffuser.
Nous sommes les responsables de ce qui viendra.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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La liberté contre la paix : CHAPITRE DOUZE + épilogue

Posté par calebirri le 20 mai 2015

Chapitre 12

Alors voilà. Aujourd’hui je suis vieux, et je vous emmerde tous : la résistance, le gouvernement, et même les générations suivantes. J’ai gâché ma vie durant trop d’années, depuis ce satané 8 juin de l’année F. Je ne sais même pas qui rendre responsable de ce gâchis. J’en veux à tout le monde, et puis surtout à moi-même. Je pourrais me suicider simplement, mais d’abord je veux savoir. Mourir en un instant, mais au dernier moment savoir si j’ai mal à la tête, et m’en apercevoir. A cet instant je saurais si on m’écoute, et je leur dirai que je n’ai pas peur, que je les attendais… et que je les emmerde ! Ce sera cela mon acte de résistant. Et puis s’il ne se passe rien je saurai aussi… et je me suiciderai quand même ! Mon verre est à côté de moi, rempli de poison. Je n’hésiterai pas. Mon brouilleur -je ne sais même pas s’il marchait, ou si c’est lui qui m’écoutait, et si tout cela n’est qu’une mise en scène destinée à me détruire – mais mon brouilleur est débranché. Mon téléphone éteint. Je n’en peux plus de toutes ces questions. La peur est un mal qui ronge jusqu’à la folie. J’ai tourné et retourné ces questions tellement de fois dans ma tête que le nombre des questions est devenu ingérable, surtout dans un cadre temporel limité. Je veux savoir. Et puis mourir.

Epilogue

Malheureusement, les conditions dans lesquelles ce document est arrivé jusqu’à moi sont bien incapables d’éclairer le lecteur sur la question qu’il se pose bien logiquement à la fin de ce petit texte : car il apparaît que ce document a été retrouvé chez un homme dont le squelette a été découvert plusieurs années après son décès ; on ne peut donc savoir de quoi il est mort. Les seuls indices que nous ayons pour nous permettre de « fantasmer » un peu sont deux appareils dont les technologies nous sont inaccessibles, mais qui semblent correspondre pour l’un au « brouilleur » évoqué dans le texte, et l’autre à ce qu’on appelait autrefois un « téléphone ». Il y avait aussi un verre, évidemment vide depuis le temps…

Chacun se fera sans doute son opinion sur la chose, mais pour ce qui est de la puce je ne tiens pas à vérifier sur moi : que celui qui tente l’expérience m’en rende compte s’il le souhaite- ou surtout s’il le peut !

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Monsieur Valls, c’est vous l’imposteur !

Posté par calebirri le 9 mai 2015

Tribune en réponse à celle de monsieur Valls le 07/05/2015 sur « Lemonde.fr », intitulée « Non, la France du 11 janvier n’est pas une imposture ».

Monsieur Valls, je viens de lire votre tribune sur « lemonde.fr ». Je vais leur envoyer la mienne, mais j’ai bien peur qu’elle n’arrive pas jusqu’à vous. Tout d’abord je voudrais établir directement que je n’ai pas lu le livre de monsieur Todd (et oui c’est comme pour « Le monde », je n’ai pas le privilège de lire les livres avant leur sortie…), que je n’apprécie pas tout chez monsieur Todd -loin de là- et que sa manière de s’exprimer a le don de m’irriter.

En fait je n’écris pas pour le défendre, mais plutôt pour vous attaquer. Puisque vous dites que les citoyens peuvent s’emparer du débat… Allons donc au fait, et prenons votre tribune par le début :

« un gigantesque élan de fraternité » : quand on sait que le nombre d’inscrits sur les listes électorales dépasse les quarante millions, je me dis que moins d’un citoyen sur dix s’est déplacé : cela ne me paraît pas si énorme, même si je concède que c’est déjà un record… et c’est peut-être cela le plus inquiétant !

Ensuite, au niveau du « mouvement spontané », « populaire », « venu des citoyens eux-mêmes », je crois que vous n’avez pas dû voir les mêmes images que moi : les déplacements de toutes les personnalités présentes n’a sans doute pas été improvisé, et encore moins été « spontané ». Populaire non plus, comme vous l’avouez vous-même un peu plus loin : « De nombreux Français, notamment dans les quartiers populaires, délibérément, n’y ont pas pris part ». Et pour ce qui est de la volonté des citoyens, les médias ont suffisamment insisté pour que nous soyons tous « Charlie » que cela est devenu comme une sorte « d’injonction inconsciente ».

Maintenant, et si je vous accorde le droit de vous interroger sur le fait que « des citoyens aient volontairement fait le choix de se tenir à l’écart », rien ne vous impose non plus le devoir « d’agir ». Est-ce le fait que des citoyens choisissent librement (volontairement) de se soumettre ou non à cette « injonction inconsciente » qui vous ennuie ?

Enfin, pour ce qui est du « déclin, de la « dépression », vous et vos pairs (de droite comme de gauche), en sont pleinement responsables. Comment s’en étonner ?

Le refus des amalgames maintenant

Première imposture :

La manifestation du 11 janvier était une manifestation contre le terrorisme. Pas contre la religion ni pour la tolérance. Et encore moins pour la laïcité (qui n’est pas une condition de la tolérance mais plutôt une conséquence). C’est vous qui faites des amalgames en estimant que cette manifestation était aussi « un cri lancé contre le djihadisme qui, au nom de la foi, [il y a ici une virgule étonnante] d’un islam dévoyé, s’en prend à l’Etat de droit, aux valeurs démocratiques, tue des juifs, des musulmans, des chrétiens », car vous soulignez ainsi le caractère religieux de l’attaque. Mais cela est faux : des terroristes ne peuvent pas avoir de religion, quand bien même ils s’en revendiqueraient. « Islam dévoyé »… Non, pas Islam dévoyé. Pas Islam du tout ! Je ne connais pas le Coran mais j’imagine mal comment il pourrait indiquer à ses adeptes de tuer des innocents, et de tuer tout court. Dieu n’est-il pas Amour et Pardon, quelle que soit la manière d’y croire ?

Et puis la Marseillaise, franchement, ce chant guerrier qui désire « qu’un sang impur abreuve nos sillons »… Ça ne transpire pas la fraternité.

Deuxième imposture :

la liberté d’expression ! vous n’avez pas honte. Alors que les dernières lois sur le renseignement, ou l’apologie du terrorisme, que vous avez portées, instaurent une censure potentielle de toute contestation politique, et cela au nom de la liberté et de la lutte contre le terrorisme, c’est comme insulter la mémoire des malheureuses victimes de ces misérables meurtriers. Et comme vous tentez de retourner le problème des « faibles » et des « discriminés » : dois-je vous rappeler d’où viennent les terroristes, et de quelle origine sociale ils sont issus ? la plupart sont des convertis, abandonnés dans des cités misérables jusqu’à ce que des fondamentalistes profitent de leur faiblesse en instrumentalisant les caricatures et le climat de méfiance à l’égard des musulmans. Ce ne sont pas les caricatures qui les libèrent mais leur utilisation par des extrémistes qui les enferme. En réalité ces jeunes qui se radicalisent sont à la fois des bourreaux, et des victimes.

Troisième imposture :

Ici, je dois vous avouer que le concept de « néo-République » m’échappe. Mais ce qui est certain, c’est que la République est entre les mains de ceux qui la dirigent : ceux qui font les lois, et ceux qui les font appliquer. Et il est clair que leurs intérêts ne sont pas les mêmes que ceux du peuple qu’ils dirigent : il n’y a pour s’en convaincre qu’à regarder la composition « sociale » de notre Parlement.
En réalité c’est bien cette divergence d’intérêts le problème. Trop soucieux de vos carrières et des avantages qui vont avec, vous finissez par renoncer à tous vos idéaux pour ne pas partir, et vous vous enfermez dans vos certitudes pour échapper à votre conscience. A droite comme à gauche. Et on arrive à la suite…

Quatrième imposture :

La définition de la gauche. Mais vous n’êtes pas de gauche ! Emmanuel Todd n’est pas de gauche ! La gauche lutte contre le capitalisme. Pas contre l’Europe ou l’UMP, mais contre un système injuste qui permet que certains agissent au détriment des autres. Et à force de vouloir cacher au peuple cet état de fait, au lieu d’avouer que les politiques ont permis aux riches de s’enrichir contre le plus grand nombre, vous préférez aujourd’hui établir avec vos lois les conditions d’une dictature pour le jour où, quand l’économie s’effondrera, le peuple ne soit pas en mesure de venir vous réclamer des comptes.

Il y a donc toutes les raisons d’être inquiets et pessimistes : vous et vos semblables n’avez pas d’autre idée que celle qui conduit au pire. La lucidité aujourd’hui, c’est de constater que vous êtes un homme dangereux. Intelligent, habile, et certainement très sympathique. Mais dangereux. Ce que vous portez sur vos épaules est dangereux. Mais vous n’êtes pas le seul. C’est toute la classe politique qui représente désormais un danger pour le peuple. Avide de pouvoir et d’argent, elle finit toujours par se laisser corrompre jusqu’à y perdre son âme. L’avez-vous perdue, ou est-elle simplement égarée ?

Je n’attends évidemment pas que vous vous abaissiez à répondre à un citoyen en colère, et elle ne montera sans doute pas non plus jusqu’à vous. Mais sachez quand même que vos impostures seront des poids que vous porterez toute votre existence…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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