Qui fait l’apologie du terrorisme ?

Posté par calebirri le 5 février 2015

« Apologie du terrorisme » : voilà un concept bien pratique pour toutes les dictatures en train de se mettre en place. Ce n’est pas la première fois qu’on y fait référence, et je ne dirai pas ici qu’il ne faille pas combattre le terrorisme avec la plus grande fermeté. Seulement il faut savoir ce qu’on définit derrière ce terme. Car de tous temps les opposants au pouvoir en place ont été taxés de « terroristes ». Si par exemple on considère les événements du 7 janvier comme étant des actes terroristes, cela signifie que les acteurs de ce massacre ont eu une volonté de « troubler gravement l’ordre public » ; selon la nouvelle loi « anti-terroriste » de 2014 en tout cas. Niant ainsi la portée politique originelle associée à la définition des actes de terrorisme, qui distinguait autrefois le terroriste du meurtrier (qu’il soit de masse ou non). Mais si l’on parle de visée politique, religieuse ou idéologique, et qu’on considère Alqaeda ou Daesh comme ayant de tels objectifs, comment alors comprendre de tels actes en Europe : installer la « Charia » en France, envahir l’Europe, défendre les musulmans contre leur stigmatisation ? Ce n’est pas sérieux… Tandis que si on prend le cadre de la nouvelle loi, ces événements rentrent bien dans la définition, puisque le point central de celle-ci évoque le « but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur » ; permettant ainsi de considérer presque tout le monde comme des terroristes.

D’ailleurs, selon cette même définition, il y a un organisme qui par son comportement (l’intimidation et la terreur) pourrait être lui-même considéré comme terroriste : c’est le parlement français, et par extension le parlement européen : c’est lui qui fait monter, par ses actions et par ses discours, la haine, la peur, la violence et la misère, permettant par son gouvernement au terrorisme de se développer et ainsi de nuire gravement à l’ordre public.

Ensuite il y a le problème de « l’apologie ». Faire l’apologie de quelqu’un ou de quelque chose c’est faire son éloge, le glorifier : faire l’apologie du terrorisme c’est donc vouloir plus de terroristes : plus de tueurs, plus de morts, plus de haine. Cela doit être assez rare, et j’ai du mal à croire que des juges indépendants puissent considérer juridiquement que dire « je ne suis pas Charlie » constitue un appel au meurtre. Dire « je suis Charlie Coulibaly » peut être tendancieux, mais Dieudonné souhaite-t-il vraiment que l’on tue des juifs, des journalistes, ou des policiers (et avant tout des êtres humains) ? Je pense qu’une expertise psychologique devrait pouvoir répondre facilement par la négative. En réalité le délit « d’apologie du terrorisme » est une opinion « positive » (au sens grammatical) d’un acte de terrorisme : si par exemple vous dites « je ne suis pas contre le terrorisme », a priori il ne peut y avoir d’apologie retenue, alors que le sens est pourtant ambigüe.

Sauf à considérer la justification comme entrant dans le cadre de l’apologie, comme semble le faire la nouvelle Loi puisqu’elle prévoit que ceux qui consultent régulièrement des sites faisant l’apologie du terrorisme sont susceptibles de tomber sous le coup de la Loi (menaçant ainsi les journalistes dans leurs investigations) ? Mais justifier un acte terroriste peut-il être considéré comme en faire l’apologie ? Justifier ce n’est pas simplement vouloir disculper, c’est aussi vouloir comprendre, trouver des raisons. Ce n’est pas soutenir.

Maintenant, si pendant la deuxième guerre les héros que l’on célèbre aujourd’hui comme résistants n’avaient pas effectué des actes qu’on considèrerait désormais comme du terrorisme, qu’en serait-il du monde d’aujourd’hui ? Si un individu soutient le « terrorisme » d’hier peut-il tomber aujourd’hui sous le coup du délit d’apologie du terrorisme ?

Car enfin, si on considère que vouloir plus d’attentats terroristes, plus de morts et plus de haine est un délit punissable par la Loi, que font nos gouvernants en liberté ? Car c’est sur ce terreau qu’ils fondent leur pouvoir. S’il y a bien quelques fous qui souhaitent ou qui se réjouissent, ici comme ailleurs, que le terrorisme se développe, s’il y en a bien que ce « choc des civilisations » arrange au plus haut point (ils le provoquent même), ce sont bien nos hommes politiques désireux de pouvoir censurer quiconque n’est pas d’accord avec leur vision, ou qui refuse la dictature qui se met en place tout doucement -mais réellement- en Europe actuellement.

Aujourd’hui, personne de sensé ne peut souhaiter voir le terrorisme se développer, à part nos gouvernants. Ceux qui font l’apologie du terrorisme, par leurs actes et par leurs paroles, se sont nos gouvernants. Les lois qu’ils votent, les discours qu’ils font, les actes qu’ils commettent, tout concoure à l’augmentation des actes terroristes ici chez nous, et prépare la surveillance, le contrôle et la répression de demain, pour tous ceux qui ne seront pas d’accord avec eux. Ceux qui défendront demain des musulmans affublés d’un croissant rouge sur lequel il sera écrit « musulman » comme on écrivait « juif » sur les étoiles jaunes il n’y a pas si longtemps seront alors considérés comme des terroristes, alors qu’ils ne seront que des résistants désirant sauver non des musulmans ou des Arabes mais simplement des hommes. Il aurait pourtant été facile de faire cesser ce fléau : mais ils ne l’ont pas fait.

Le climat du début de ce siècle nous rapproche peu à peu des horreurs commises autrefois sous les mêmes prétextes fallacieux, et comme autrefois nous nous laissons faire sans réagir. Quatre millions de citoyens se sont déplacés pour Charlie c’est très bien, mais combien en verra-t-on pour dénoncer la scandaleuse récupération de cet ignoble massacre perpétré par quelques individus engendrés par notre propre société ?

Caleb Irri
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Grèce : c’est maintenant que tout commence (ou pas)

Posté par calebirri le 28 janvier 2015

Les menaces n’y ont rien fait. Le QE (la planche à billets) promis par la BCE non plus. Les Grecs ont voté pour Syriza, et personne n’a réussi à empêcher cela ; c’est déjà quelque chose ! Un grand jour donc pour les Grecs, et aussi sans doute une grande responsabilité pour ce pays, dont le chef du parti désormais majoritaire en Grèce se doit d’être conscient. Car c’est désormais de sa volonté que dépend l’espoir des Grecs bien sûr, mais aussi (et surtout, ai-je envie de dire) celui de ce que j’appelle « l’Europe des peuples ». Cela me fait mal de constater qu’il a fallu que les Grecs soient acculés à ne plus rien avoir à perdre pour défier ainsi l’Europe des financiers, et j’espère que les autres peuples de l’Europe n’attendront pas d’en arriver là pour agir. Mais à partir de maintenant il faudra être à la hauteur. Prouver à tous qu’il existe bel et bien deux « Europe » distinctes l’une de l’autre : celle autoritaire de la Troïka, et celle démocratique des peuples désirant non pas détruire l’Europe mais en reconstruire un autre.

Quand on y réfléchit, les arguments dont dispose la Grèce pour négocier sont très solides : ils se résument à cette maxime, empruntée à je-ne-sais-pas-qui : « quand vous devez 1000 euros à votre banque vous avez un problème avec celle-ci ; mais quand vous lui devez un milliard, c’est elle qui a un problème avec vous ». De plus, nous savons tous ce qu’il en coûterait à l’Europe de faire sortir la Grèce, quand bien même elle le déciderait de son propre chef : la fin de l’Europe à plus ou moins court terme. Alors que ce que désire l’Europe de la finance est une sorte de grand Etat fédéral, économiquement ultralibéral. La seule chose qui compte pour la Troïka est donc que la Grèce reste en Europe, ne serait-ce que pour ne pas effrayer les autres. Et qu’elle fasse au moins semblant de payer ; on négociera en façade non pas pour plaire aux Grecs mais bien pour gagner du temps… Celui pour le QE de se mettre en place et de dissoudre les dettes des Etats en faisant baisser la valeur de la monnaie ? Ou celui de faire nationaliser les dettes de chaque Etat par lui-même (voir cet article d’Olivier Berruyer) afin de pouvoir à terme exclure les « mauvais élèves » sans trop de dégâts pour les financiers ?

Dans les jours et les semaines qui suivent on va tenter de vous faire croire que Syriza est un parti d’extrême-gauche dangereux ou irresponsable (ou un « pisse-froid » capable de s’allier à la droite indépendantiste), et que son gouvernement met en péril l’équilibre de toute l’Europe. Car ce n’est pas aux Grecs qu’on voudra faire peur, mais à nous. On vous prouvera par de savants calculs combien tout cela vous coûtera, et on essaiera de vous convaincre qu’après tout la Grèce n’est qu’une égoïste qui ne pense qu’à elle, après tout ce que nous avons fait pour l’aider… Et puis on tentera de l’étouffer économiquement, après avoir bien pris le soin d’empêcher les créanciers privés d’y perdre quoi que ce soit : avec son « nouveau plan », la BCE fera racheter les dettes grecques par la banque centrale grecque (privée elle-aussi), et quand chacun en aura fait de même chacun chez soi (en nationalisant les dettes privées -c’est-à-dire en faisant payer la facture aux citoyens), alors on expliquera que puisque la Grèce ne veut pas payer, elle n’a qu’à sortir de l’Europe (on ne va tout de même pas l’envahir !). Mais s’agit-il du sort de la Grèce ou de l’Europe toute entière ? les enjeux ne dépassent-ils pas de beaucoup le simple « cas grec » ?

Alors voilà : maintenant nous devons être sourds aux menaces de madame Lagarde et de la Bundesbank dont les idées représentent le passé, mais pas à cette idée que se font des millions d’Européens de la solidarité, ou même de l’Europe. Nous pouvons avoir tout. Il ne s’agit pas de choisir entre « fromage ou dessert », l’Europe et l’austérité ou la faillite sans l’Europe. Nous voyons bien quels espoirs suscitent cette élection, partout ailleurs en Europe, et combien les financiers tremblent devant un effet « boule de neige » démocratique dans lequel la dette pourrait ne pas être payée…

Il ne s’agit pas de soutenir sans réserve le nouveau gouvernement grec du simple fait qu’il a fait des promesses (on sait trop bien ce que valent les promesses des politiques), mais bien de soutenir le peuple grec dans sa métamorphose, en restant bien sûr très vigilants quant aux réalisations effectives du gouvernement Syriza. Aider à montrer comment les mesures imposées par la Troïka sont responsables de l’augmentation de la dette grecque, dans quelle mesure la dette qu’on lui inflige est illégitime, de combien les banques et les riches se sont enrichis de cette manière, et surtout de quelle manière le nombre de pauvres et de suicides a augmenté grâce à l’aide de la Troïka … Et puis aussi de faire comprendre qu’il suffirait, comme ce fut le cas en Equateur, de menacer de ne pas payer la dette pour que celle-ci fonde comme neige au soleil. A un moment ou à un autre il faudra bien que ceux qui ont pris des risques payent, ou s’assoient sur leurs créances . Le QE décidé par la BCE est d’une certaine façon un moyen de la dissoudre, car en réalité le principe est toujours le même : les riches ont besoin des pauvres car c’est sur eux qu’ils tirent leur richesse. Ils savent que le jour où la Grèce sortira de l’Europe ils seront contraints d’abandonner leurs créances, et surtout que les autres risqueraient alors de faire la même chose. En réalité, si tous les Etats endettés pouvaient renier leur dette en même temps et décider de refaire une « autre » Europe demain (en fait tous les pays européens sauf l’Allemagne), le problème serait réglé en un instant ; sauf pour l’Allemagne bien sûr !

C’est qu’il n’y a pas que la Grèce qu’il faut sauver, car nous sommes tous confrontés à ce qui va suivre, et c’est à nous tous -l’Europe des peuples- de trouver une solution qui puisse satisfaire au plus grand nombre sans tomber dans un chaos qui nous ramènera loin en arrière, comme certains semblent « presque » le désirer. Et la partie est loin d’être gagnée.
Pour être totalement honnête j’ai bien peur que les analyses de Frédéric Lordon s’avèrent exactes, même si je veux croire que nous avons, nous les peuples européens désireux de continuer l’aventure européenne mais d’une autre manière, le pouvoir de contribuer à soutenir et motiver le nouveau pouvoir grec à faire ce qu’il a dit, et même l’engager à aller plus loin : car selon qu’il échoue ou qu’il réussisse, il deviendra soit un exemple à suivre, soit un repoussoir vers l’extrême-droite qui attend son heure. Bien sûr le rôle de la Troïka n’est pas à minimiser, mais en l’état actuel des choses c’est bien la Grèce qui a la main. Elle pourrait d’ailleurs pousser son avantage et déclarer la fin de la dette, et enjoindre les autres pays de le faire : les banquiers en seraient alors pour leur compte, et si cela était fait rapidement personne n’y pourrait rien. C’est toute l’illusion financière qui s’effondrerait d’un coup. Remplacé par un chaos auquel ni les peuples ni leurs ennemis ne sont préparés (même si les seconds ont quelques coups d’avance sur ce front). Car pour l’heure les nouvelles lois « anti-terroristes » destinées à supprimer la liberté d’expression ne sont pas encore votées, pas plus que la loi Macron dont l’objectif est de casser le droit du travail, et encore moins ce fameux QE créé pour permettre de nationaliser les dettes. En face, l’idée d’une Assemblée Constituante n’en finit pas de ne pas se diffuser, de même que le concept de « salaire à vie » dont on ne parle jamais… et cela pour ne parler que de la France… Il faudra sûrement attendre que les choses empirent pour que tout prenne forme, mais je dois avouer que je ne sais plus trop quoi espérer…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Les terroristes gagnent du terrain : causes et conséquences

Posté par calebirri le 16 janvier 2015

De quelque côté qu’on prenne le problème, une chose est évidente (y compris pour notre président !) : même si les victimes d’aujourd’hui sont nombreuses et innocentes, je crois que nous pouvons dire tous ensemble que les « prochaines victimes » (pas forcément que « physiquement ») seront à coup sur les musulmans dans leur ensemble … car comme je le disais dans mon précédent article in fine ce sont eux qui paieront les soupçons continus, le racisme, les amalgames, et jusqu’à la violence…

Maintenant que les assassins ont été mis « hors d’état de nuire » et que la marche du 11 janvier a été -quoi qu’on en pense par ailleurs- un véritable succès (pas de débordements, des témoignages d’ouverture sincères, un record d’affluence…), nous pouvons commencer à analyser plus « froidement » ce qui a pu pousser ces jeunes à l’impensable. Et à émettre des hypothèses quant aux causes de leurs parcours.

Car il y a quand même quelque chose de commun entre toutes les attaques qui ont lieu ces dernières années : tout d’abord les terroristes qui sévissent en Europe sont pour la plupart de récents convertis : qu’ils soient issus d’une famille « d’origine musulmane » (comme de nombreux Français sont issus d’une famille « d’origine catholique ») ou non , on s’aperçoit qu’ils sont souvent laissés « livrés à eux-mêmes » dans des cités en difficulté, (on s’est même aperçu qu’un des tueurs avait, en 2009, été « reçu » par Nicolas Sarkozy lors d’une conférence sur l’emploi), et commencent par la petite délinquance avant d’aller plus loin. Des gars apparemment pas encore radicalisés, mais à la recherche d’un emploi dans une zone défavorisée. Malheureusement comme en Afghanistan ou en Syrie, là où l’Etat ne fait pas son travail, comme avec la mafia en Italie ou dans les favelas du Brésil, des hommes sans scrupule « offrent une chance » (disent-ils) à ces jeunes de s’en sortir… Ensuite, c’est souvent en prison que ces jeunes rencontrent la radicalisation. Abandonnés dans un univers sans repère ils sont souvent fragiles et influençables, et se trouvent être la proie d’individus plus solides qui leur donnent l’impression qu’ils peuvent être quelqu’un, « un martyr », « un héros »… Ce que ces jeunes n’ont jamais entendu à leur sujet : on leur a toujours dit qu’ils ne valaient rien et qu’ils ne vaudraient jamais rien (il n’y a qu’à voir dans quelles conditions vivait un des terroristes durant son incarcération. Ces hommes, qui se sont toujours demandé pourquoi le monde entier leur en voulait, ont trouvé avec leur radicalisation une raison qui donne un sens à leur misérable existence sans avenir : le combat du bien contre le mal. En se radicalisant ils ont pu s’identifier aux victimes que leurs mentors leur désignaient comme tels, et haïr ceux qu’on leur a désigné comme coupables. Et comme ils ont cru les premiers, ils finissent par croire les seconds. Car il ne faut pas oublier une chose : l’âge de ces futurs monstres qui finissent par nier la vie -la leur et celle des autres. Ils sont tous pour la plupart assez jeunes, entre 25 et 35 ans il me semble. Cela signifie que ce sont tous des « enfants » du 11 septembre : en 2001 ils avaient entre 10 et 20 ans, et ont été nourris d’une part sur le net à la théorie du complot concernant ces attentats, et d’une autre part se sont assimilés (à travers leur radicalisation) en tant que victimes de la propagande et des amalgames dirigés contre les musulmans. De l’incompréhension ils ont basculé dans « le mysticisme » et la barbarie : ces esprits fragiles se sont laissés entrainer dans la violence par des « idéologues » très politiques dont l’objectif n’est sans doute ni le salut de ses disciples, ni le « retour en grâce » des musulmans auprès des « Occidentaux »…

Alors maintenant on voudrait nous faire croire que c’est l’Islam qui est pourri… Mais n’est-ce pas plutôt l’état dans lequel on a laissé notre jeunesse qui laisse à désirer ? Ces jeunes qui ne comprennent rien au conflit israélo-palestinien (et comment le pourraient-ils d’ailleurs tellement la situation est compliquée ?), qui regardent des séries violentes ou jouent à s’entretuer sans aucun recul sur la distinction nécessaire à faire entre réalité et virtualité ? Ils sont nés avec internet, avec le 11 septembre, avec la propagande islamophobe, avec la guerre, la violence et la misère partout ; ils en sont arrivés à croire qu’en tuant des gens en France ils allaient « défendre leurs frères musulmans persécutés dans le monde » ? Il ne faut pourtant quand même pas réfléchir beaucoup pour comprendre que le résultat en sera bien sûr inverse. De quel aveuglement ont-ils pu être victimes pour en venir à ces actes odieux en plus d’être stupides ? En Irak ou en Afghanistan, des enfants naissent et vivent dans des conditions infiniment plus terribles que celles de ces pourtant déjà bannis de la prospérité, et subissent la peur de mourir tous les jours en se rendant au marché, souffrent de la faim, de maladies, du manque d’électricité, de tout. Comment pourraient-ils être flattés que dans nos pays de riches, en démocratie , des jeunes délinquants en viennent à cracher dans une soupe à laquelle, eux, voudraient bien goûter ?

Il n’est d’égal à cette stupidité que celle de ceux qui dans un aveuglement comparable subissent la haine qui vient parfois après la peur, quand elle n’est pas canalisée. Ceux qui vont tirer sur des mosquées, ou réclamer la peine de mort, le renvoi des musulmans d’Europe. La haine d’un côté, la haine de l’autre. C’est tout bénéfice pour les pouvoirs en place, ici comme ailleurs : tant que les peuples se battent entre eux, ils ne pensent pas à regarder ceux qui piquent dans la caisse ou leurs vendent les armes avec lesquelles ils s’entretuent.

Mais les musulmans ne seront pas les seules victimes du terrorisme : imaginez donc qu’au nom de « la liberté » on va nous sortir -encore- une loi liberticide ! Un comble… On ne va pas se laisser faire par les terroristes car nous n’avons pas peur ? Mais celui qui se protège n’est-il pas celui qui a peur ? On nous parle de Patriot Act, de libertés non-indispensables, et nous allons devoir nous habituer à voir des hommes armés jusqu’aux dents devant nos écoles ou nos parcs ? Quand la démocratie se défend par les armes, quand la police peut vous faire enfermer sans aucune justification, quand l’Etat peut vous faire surveiller sans raison, vous juger sans avocat ou vous enfermer sans jugement, c’est que ce n’est déjà plus tout-à-fait une démocratie (même au sens où l’entendent la plupart des gens aujourd’hui). Et quand en plus on veut vous obliger à adhérer à la pensée dominante au risque que passer pour un « apologiste » du terrorisme, (plus de 54 procédures ouvertes contre des individus dont Dieudonné (il faudra un jour qu’on m’explique comment il peut à la fois soutenir les terroristes et se trouver proche du FN qui veut le retour de la peine de mort pour ces mêmes individus), ou refaire « l’école pour les parents » (comme le préconise Luc Ferry sur France-info), j’imagine pour expliquer à ces derniers ce qu’ils ont droit de penser…

Et maintenant, entend-on sur toutes les bouches, et maintenant ?

Et maintenant on pourrait croire que tout ira comme sur des roulettes : plus il y aura de policiers ou de militaires pour nous fouiller à l’entrée de chaque lieu public, moins il y aura de terroristes non ? Ou alors on peut se dire que le gouvernement, comme tous ceux qui profitent de ce drame pour continuer d’établir « l’état permanent d’exception »(on les a vu à la télé dimanche -sauf les Etats-Unis qui y sont déjà entrés depuis 2001), vont bientôt pouvoir lâcher les rênes d’une économie qu’ils retiennent en vie artificiellement depuis trop longtemps pour passer à l’étape suivante : l’autoritarisme « éclairé » par son combat mondial contre le terrorisme mondial. Et là nous pourrons tous enfin dire « les terroristes ont gagné », puisqu’aucun des objectifs de la lutte contre le terrorisme n’aura été atteint ; à moins que de considérer le monde entier comme rempli de terroristes potentiels

Caleb Irri
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Putains d’hypocrites !

Posté par calebirri le 8 janvier 2015

Ah ils sont beaux tous ces pleurnichards qui défendent à grands cris « la liberté d’expression » ! Tous réunis pour défendre la République, « une et indivisible » qu’ils disent ! Alors que cela fait plus de 10 ans que tous les politiques de tous bords s’acharnent à stigmatiser les musulmans par les amalgames les plus grossiers ! Alors que cela fait je ne sais combien de lois votées qui peu à peu restreignent la liberté de la presse ou d’expression, je ne sais combien de fois qu’ils tentent de diviser les Français entre eux… et ils viennent nous parler d’Union Sacrée, des sanglots dans la voix ? A la télé on ne voit que Zemmour, Le Pen et maintenant Houellebecq, à la radio on ne parle que du problème musulman, de l’immigration ou du terrorisme, ils jouent là-dessus depuis si longtemps… et on vient s’étonner de l’horreur commise aujourd’hui ? Il fallait bien que ça arrive malheureusement. Le monstre créé par nos gouvernants avec l’appui de nos médias est une auto-réalisation de la peur qu’ils ont insufflée, de la haine qu’ils ont disséminée.

Et ils viennent nous parler de Charlie Hebdo, « je suis Charlie » et tout et tout… Quels putains d’hypocrites ! Plus personne ne lit Charlie Hebdo, tous les politiques le méprisaient, il était à la limite de la faillite. Que les choses soient claires, cela n’enlève rien à l’humanité des pauvres victimes de ce drame atroce, qu’on n’aille pas me faire le coup, mais sérieusement vous l’avez trouvé drôle le dernier dessin de Charb qui dit qu’il n’y a pas encore eu d’attentat en France , mais qu’heureusement on peut fêter la nouvelle année jusqu’au 31 janvier ? Vous le trouvez fin, subtil ou politiquement engagé ?

Maintenant que va-t-il se passer ? Plan vigipirate au maximum pendant les 10 ans qui viennent jusqu’à ce qu’on ajoute des échelons à la grille de lecture des menaces ? Le journal était protégé, Charb était protégé, et malheureusement cela est inutile, tout le monde peut le constater aujourd’hui : ce n’est pas en interdisant le terrorisme qu’on le fera cesser.

Pas d’amalgames disent-ils, mais qui va remplir ses adhésions sinon le FN, qui va vendre des livres sinon Zemmour et compagnie ? Ils ont créé le peur et la haine, et ils voudraient nous faire croire qu’ils défendent l’amour et la paix ? Putains d’hypocrites, ça me dégoûte. Et tous les citoyens vont comme un seul homme sortir dire « non au terrorisme », ce qui pour eux signifie « non aux musulmans », alors qu’ils ne sont pas foutus de sortir dans la rue pour défendre leurs libertés quand les lois qui les leurs suppriment sont votées en leur nom !

Comme hier, justement, un article du monde titrait « Allemagne : mobilisation record « contre l’islamisation », et contre-manifestations », alors que l’article montrait justement l’inverse, à savoir que les « contre-rassemblements » avaient pour la plupart dépassé en nombre celui des racistes… Que cherchent nos gouvernements ? Font-ils si peu de cas de la dignité des hommes dont ils bafouent la mémoire qu’ils sont capables de profiter de toutes les horreurs qu’ils ont participé à engendrer ?

Je ne comprends pas, en économie comme on politique, on devrait tout de même être capables de voir que comme l’austérité ne conduit pas au retour de la croissance (les chiffres sont là !), la lutte contre le terrorisme entamée en 2001 n’a visiblement pas été couronnée de succès : il y a toujours plus de terroristes, jusqu’à ce qu’on se demande aujourd’hui laquelle des deux multinationales de Daesh ou d’Al Qaeda a fait le coup ! Merde, il faut faire cesser cela. Que ces assassins soient musulmans ou extra-terrestres n’est pas le problème, le problème c’est qu’il y ait des gens, apparemment ni stupides ni fous, qui aient le désir et la volonté d’accomplir de tels actes. Comment-est-ce possible ?

Et pour finir : ces pauvres malheureux n’ont pas été tués « pour la liberté d’expression » comme on le voit partout mais pour provoquer la haine entre les communautés, voire les nations. Pour faire naître la peur chez des hommes et des femmes affaiblis par une propagande anti-islam bien utile et engendrer le chaos à l’intérieur des Etats déjà malmenés par la crise. Ce sont les musulmans, les vrais, qui ont le plus à craindre dans tout ça, car à voir comment les choses se passent aujourd’hui, il est fort possible que cela retombera in fine sur eux, qui n’ont il faut le rappeler rien à voir avec tout ça. Pas plus que les malheureuses victimes d’aujourd’hui qui ne seront que les instruments non pas de la pacification dont ils rêvaient mais de la violence qui viendra, et contre laquelle ils luttaient.

Caleb Irri
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Grèce : l’Europe tombe le masque

Posté par calebirri le 4 janvier 2015

Je vous l’avais bien dit qu’il fallait que les masques tombent : l’Allemagne fait savoir aujourd’hui qu’il n’y a pas d’alternative au remboursement des dettes, quelle que soit l’issue du scrutin en Grèce. Tout en se contredisant magistralement dans les faits, puisqu’il est dit qu’elle envisagerait dans ce cas la sortie de la Grèce de la zone euro… c’est comme ceux qui vous disent qu’on ne peut pas déroger à une loi en vous opposant les sanctions que vous risquez si vous ne vous y soumettez pas ; ce qui prouve bien que vous « pouvez » le faire, vous devez juste savoir quelles en seront les conséquences.

Que cela signifie-t-il en définitive ?

Cela signifie qu’il y a bien des alternatives puisque la sortie de la zone euro serait la « sanction » au non-remboursement de la dette, sachant que l’Allemagne se découvre en montrant que c’est bien elle qui établit les lois régissant supérieurement un Etat théoriquement souverain ; ce qui constitue une ingérence directe dans les affaires intérieures d’un pays souverain puisqu’avec une telle menace elle refuse aux Grecs le droit d’élire librement le gouvernement qu’ils désirent installer au pouvoir. Tout ceci est proprement inacceptable et devrait être condamné unanimement.

Mais que tout le monde soit rassuré : tout ceci n’est qu’un grand bluff, car si le parti Syriza remporte les élections et fait ce qu’il dit vouloir faire, alors l’Allemagne sera mise face à son impuissance devant le monde entier : on imagine mal l’Allemagne envahir la Grèce pour aller se servir directement sur le dos d’un peuple alors pris en otage, qui sonnerait comme un diktat assez malvenu… Et puis surtout elle n’a aucun intérêt à voir la Grèce ou quelconque autre pays sortir de la zone euro (c’est sur l’euro qu’est fondée sa puissance !).

Maintenant, il faut essayer de comprendre pourquoi l’Allemagne se découvre autant : est-elle si engagée dans la dette de la Grèce qu’elle craindrait qu’à l’occasion d’un changement de gouvernance en Grèce de perdre sa mise, ou essaye-t-elle tout simplement d’empêcher l’Europe des peuples se rendre compte qu’il est tout-à-fait possible de refuser une dette illégitime… sans rien risquer du tout, comme l’a fait l’équateur en son temps ? Car une fois un gouvernement élu démocratiquement au sein de la zone euro refusant la dette illégitime, il n’arrivera rien d’autre que le refus par les autres pays de leur propre dette… sans aucune autre sanction possible que la fin de l’hégémonie de l’Europe des marchés sur celle des peuples.

Il apparaît qu’en France, comme dans de nombreux autres pays européens, le problème est le même : le Collectif pour un audit citoyen de la dette conclue dans un pré-rapport que 59% de la dette sont illégitimes… Si on ajoute la part illégitime de celle des autres pays, combien de centaines de milliards sont-ils illégitimement réclamés aux peuples ?

Le problème n’est donc pas l’Europe mais bien sa manière de fonctionner. Si on refuse de se laisser berner par cet « il n’y a pas d’alternative », pas besoin du TAFTA, ni de la loi Macron, ni du pacte de responsabilité ni de tous ces moyens déguisés pour déréguler le marché du travail…

Allez-les Grecs, résistez, car l’Europe des peuples compte sur vous !

Caleb Irri
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Allez-donc vous faire voir… chez les Grecs !

Posté par calebirri le 31 décembre 2014

Ah que je me sens européen quand les Grecs résistent pour nous tous ! Et je ne suis pas le seul.

Regardez-les nos « élites » s’effaroucher de la déculottée subie par les pions de la finance que représentent le FMI et le Parlement Européen… L’Allemagne s’agite, les bourses ont peur, mais les peuples de l’Europe reprennent espoir : quoi, il serait possible de dire non ? Un peuple pourrait défier à lui seul tout un empire ?

C’est qu’il existe non pas une Europe moribonde et autoritaire, mais deux Europe ! Celle des financiers et de leurs employés d’une part, et celle des peuples de l’autre…

Imaginez donc ce qui pourrait advenir grâce aux Grecs : ils pourraient refuser la dette et l’austérité, faire baisser la misère et la violence… et entrainer les autres dans leur sillage. Peut-être même prouver à tous qu’on peut s’en sortir sans en sortir (de l’Europe !), et que notre destin ne dépend pas d’eux mais de nous.

Que va-t-il se passer maintenant si la gauche prend le pouvoir en Grèce ?

Le parti Syriza va-t-il aller au bout des choses et remettre à plat la question de la dette (et donc la question de l’Euro et de l’Europe) ? Et si la Grèce décidait de rester dans l’Europe tout en refusant la dette, ou si elle faisait défaut ? Cela impliquerait-il une renégociation des traités, ou même une réinvention de la démocratie ? Et que feront les autres ? Et la Troïka laissera-t-elle la Grèce sortir avec le risque d’entrainer les autres vers la sortie (ou l’explosion) de l’Europe, ou va-t-elle les contraindre à rester ? De quelle manière s’y prendra-t-elle ? Et si elle décidait de sortir de l’Europe, ou de l’Euro, quelles conséquences pour le pays, quelles conséquences pour l’Europe ?

Quoiqu’il en soit, il faudra bien que les masques tombent et que les dirigeants européens montrent ce qu’ils ont dans le ventre. C’est une partie serrée dont les cartes ont été redistribuées ces derniers mois. Il est attendu que « les marchés » vont tenter le bluff encore une fois, et tout tenter pour éviter à la gauche grecque sinon d’obtenir le pouvoir, au moins d’accomplir le programme qu’ils disent vouloir réaliser : nous avons déjà été déçus il n’y a pas si longtemps. Car c’est à la peur des marchés que l’on juge des intérêts du peuple : plus elle est grande et plus les citoyens reprennent espoir. Et ils en ont besoin, c’est peut-être même le dernier. Au moins pour les Grecs.

Mais laissez-moi rêver, les occasions sont si rares… Rêver que les Grecs montrent aux autres peuples que la misère et l’austérité ne sont pas une fatalité, rêver que dans un même élan fraternel tous les peuples européens se soulèvent pour soutenir les Grecs dans leur combat pour une Europe des peuples et non plus celle des banquiers, des affairistes, des politiques et des pots-de-vin. Rêver qu’après l’exemple grec on puisse crier partout que les marchés, comme les politiques, n’ont que le pouvoir qu’on leur prête, que leur dette c’est du vent… Et si l’on s’apercevait que les Grecs avaient la capacité de rebondir sans payer deux fois (une fois pour eux, une fois pour les banques), comme l’a fait (avec ses faiblesses et ses particularismes bien sûr) l’Islande avant eux, que ne serions-nous pas capables de réaliser ensuite ?

Et enfin, enfin, pour rêver encore un peu, nous pourrions enfin dire à tous ces voleurs qui nous oppriment d’aller se faire voir, et chez les Grecs !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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