Non, la Grèce ne fera pas défaut !

Posté par calebirri le 17 juin 2015

Nos bons dirigeants s’amusent à se faire peur, et nos médias font tout pour que celle-ci nous submerge, avec les menaces d’un chaos sans précédent : la Grèce va-t-elle faire défaut ? Va-t-elle sortir de l’Europe ? Derrière ces questions se cache un chantage que l’on peut résumer en trois propositions :

(1)-Soit l’Allemagne accepte les propositions grecques et l’Europe renfloue ses caisses en évitant l’effondrement total du pays. Cela demandera de grands efforts aux citoyens européens qui n’auront qu’à se faire voir « chez les Grecs », les responsables désignés de tous nos maux économiques.
(2)-Soit elle ne les accepte pas et pousse ainsi la Grèce au défaut de paiement, avec les conséquences qui vont avec : perte de 160 milliards d’euros, risque d’effondrement des banques et d’éclatement de l’Euro, puis de l’Europe.
(3)-Soit l’Allemagne se désolidarise de tout ça et c’est elle qui sort de l’Europe, peut-être pour former un groupe avec les Etats les plus riches ?

Une fois que l’Allemagne se sera positionnée, la Grèce devra elle-aussi prendre ses responsabilités : si la proposition (1) est acceptée, alors on attendra le risque de défaut suivant ; si la proposition (2) est retenue la Grèce peut alors décider de sortir avec pertes et fracas… ou de rester ! Si elle sort le « danger » pour l’Europe est qu’elle réussisse mieux « dehors » que « dedans » (avec les conséquences que cela implique pour les autres pays en difficulté), et si elle reste elle emmerdera bien tout le monde aussi : je ne paye pas mais je reste, comme un signal envoyé aux autres « mauvais payeurs » ; la proposition (3) pouvant être corrélée à la deuxième, suivant ce que déciderait la Grèce… Car alors à partir d’un certain seuil il vaudrait peut-être mieux pour l’Allemagne sortir plutôt que de payer à chaque fois pour maintenir une apparence de solidité au sein d’une Europe noyée sous les dettes.

C’est dans ces conditions que le sort de la France se trouverait ensuite engagé : suivrait-elle l’Allemagne ou choisirait-elle une autre voie ? Comme le pays est à la croisée des chemins, le débat serait délicat, bien qu’a priori la précipitation du gouvernement français à faire passer les lois Macron, ou celles sur le renseignement, le terrorisme, etc… montre à quel point il se prépare aux ennuis, et ce indépendamment de l’option choisie.

Quoiqu’il en soit, je doute que les citoyens apprécient l’une ou l’autre de ces solutions, car il apparaît que dans tous les cas il faudra, d’une manière ou d’une autre, rembourser ces milliards perdus (je sais c’est injuste mais ils nous referont le coup du « too big too fail »), ou bien renforcer l’austérité si l’on doit encore mettre la main au portefeuille pour continuer de maintenir la Grèce dans l’Europe… pour peut-être in fine voir notre monnaie s’effondrer brutalement pour compenser ou une sortie d’un autre pays, ou même une sortie de l’Allemagne (avec ou sans nous d’ailleurs) ?

Mais tout cela n’est pas sérieux : il y aura un accord (de dernière minute bien sûr), et un délai, puis un accord, encore un délai… car si on y réfléchit bien, il n’y a pas trente-six solutions : à part la Grèce qui rechigne elle-même à le faire, personne ne serait assez stupide pour prendre le risque d’un éclatement de l’Europe. Le FMI le signale clairement d’ailleurs : il faut trouver une solution. Car pour éviter une bipolarisation extrême des propositions politiques lors des prochaines élections (avec un avantage certain pour l’extrême-droite dont les idées et les objectifs sont clairs et simples, tandis qu’en face l’extrême-gauche peine à trouver une idéologie susceptible d’être comprise et acceptée par les citoyens) et conserver le pouvoir sur l’Europe, L’Allemagne ne peut pas se permettre d’apparaître en position de faiblesse.

On peut également penser qu’avec le climat géopolitique tendu (avec d’un côté les rivalités russo-américaines et de l’autre le terrorisme islamiste) les États-Unis voient eux-aussi d’un très mauvais œil une sortie de la Grèce car quoiqu’on en dise un allié stable est toujours plus fort qu’un allié qui se fragmente par petits bouts. Et si on veut croire en la « raison » toute capitaliste de nos dirigeants, il apparaît assez vraisemblable que la Grèce ne sortira ni ne fera défaut, et que, avec le FMI en tête, on allongera encore les délais de remboursement grecs pour permettre aux États-Unis de conserver leur influence globale sur l’Europe, ainsi que les perspectives économiques dont le TAFTA et compagnie qui les font tant rêver. Le tout n’est donc pas de savoir si l’Europe s’effondrera car elle ne s’effondrera pas. C’est l’Euro qui s’effondrera ; mais il ne s’effondrera que lorsque ce qui le remplacera sera prêt à être mis en place, ce qui n’est pas encore le cas.

Ensuite, et face au mécontentement populaire qui se fera sentir toujours un peu plus fort, les lois liberticides partout mises en place serviront d’outils pour continuer à mettre en place et faire accepter, en Europe et sous l’égide de l’Allemagne, une Europe fédérale et harmonisée qui finira par confondre ses intérêts avec ceux des États-Unis, contre « l’Est et l’Asie ». Les formidables ressources africaines qui sont convoitées de partout ne seront accessibles que par une alliance Europe/Etats-Unis permettant de lutter contre les géants asiatiques et russes ; enfin contre les BRICS.

Ce n’est qu’une fois l’Europe « harmonisée » et sous le joug d’une « démocrature » encadrée légalement que pourront se régler les problèmes monétaires tels que la dette et le chômage, et l’euro se laisser remplacer par « autre chose ». Il suffira de les rayer d’un trait de plume pour instaurer soit une nouvelle monnaie, soit l’esclavage pur et simple avec puces RFID et surveillance de masse.

En attendant, la pression qui s’exerce actuellement sur la Grèce est destinée à ne lui accorder que le minimum, afin de ne pas donner de signal trop complaisant, et les menaces de Grexit ne sont en réalité que du bluff. Le fait est qu’un esclave qui s’enfuit n’est peut-être pas sorti d’affaire mais qu’il est libre. Et un Empire a besoin de vassaux, pas d’ennemis potentiels. L’Allemagne et la France ont besoin de plus petits Etats sur lesquels exercer leur hégémonie, et les Etats-Unis d’une Europe puissante pour contrer les « concurrents » de l’Est.

Il suffirait pourtant de peu de choses pour faire cesser cette mascarade : car la Grèce a aujourd’hui le pouvoir de « tout faire péter », en refusant de payer tout en restant dans l’Europe. Mais qui aurait le courage de lui emboîter le pas ? Et puis surtout pour faire quoi, puisque personne ne semble vouloir réfléchir sérieusement à ce qui pourrait advenir de bon, après le chaos ? Parfois, j’en viendrais presque à souhaiter que la Grèce réalise l’impensable et refuse et de payer, et de sortir : cela signifierait qu’un peuple a encore le pouvoir de changer le cours de l’Histoire. Ce ne serait pas rien !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 1 Commentaire »

Pour une résistance numérique !

Posté par calebirri le 2 juin 2015

Il est encore difficile de savoir quand aura lieu l’effondrement de l’Euro : peut-être bien la semaine prochaine, peut-être pas… Mais ce qui est certain, c’est qu’il aura lieu. La Grèce fera défaut sur sa dette ; et si ce n’est pas la Grèce ça en sera un autre.

Les conséquences de cet effondrement seront terribles, mais ne soyons pas naïfs : la frénésie législative avec laquelle le gouvernement s’acharne à supprimer toutes les possibilités légale de contester est loin d’être fortuite. Quand l’effondrement se produira, nous serons à même de connaître le même destin que ces Grecs que nous n’avons pas voulu soutenir. Et quand nous voudrons manifester notre mécontentement, nous comprendrons alors à quoi les récentes lois étaient réellement destinées : protéger l’État contre le mécontentement populaire, et surveiller de près les opposants un peu trop virulents.

Mais tout cela nous le savons depuis longtemps. Et puis il est trop tard pour revenir en arrière. Il nous faut cesser d’espérer pouvoir encore empêcher le chaos qui vient. Il se rapproche.
Maintenant il nous faut intégrer ce fait et passer à une autre étape de mobilisation : la résistance. Et comme celle-ci passera inévitablement par internet, il s’agit ici de lancer un appel à la « Résistance numérique ». Comme la radio fût en même temps un moyen de propagande et de résistance, internet sera à la fois le média qui permet à la fois de tous nous surveiller et celui qui possède les capacités de lutter contre cette surveillance.

Dans tous les « fablabs » de France et d’ailleurs, sur les forums, partout où cela est possible, il faut que les développeurs conscients des dangers qu’un gouvernement autoritaire maîtrisant internet porte en lui, quasi invincible, se mettent dès à présent au travail : il nous faut des possibilités de communiquer sans risque d’être surveillés, dans le « software » comme pour le « hardware ». Il faudra aux résistants de demain une sorte d’internet « parallèle » qui fonctionne de manière à ce que lorsqu’un maillon de la chaîne tombe, les autres puissent continuer de se connecter au réseau. Une espèce de « contre-réseau » accessible avec un mobile, totalement sécurisé, avec un logiciel libre et inviolable, capable de « sauter » de mobile en mobile sans devoir passer par un opérateur. Il faudrait également une carte SIM « universelle », capable de se brancher anonymement sur n’importe quel antenne relai. Tout cela est-il si compliqué à mettre en place ? Ne suffit-il pas de pouvoir envoyer des ondes, et de les recevoir (je taquine, bien sûr) ?

J’ai déjà entendu ici ou là que de tels projets étaient dans les cartons, mais il ne s’agit pas d’en laisser l’usage à quelques hackers surdoués : il faut que tous ceux qui se sentent concernés par la défense de la vie privée (et au delà de la liberté de pensée, par dessus même la « simple » liberté d’expression) se mobilisent pour réunir en un même lieu -accessible à tous- toutes les techniques pour accéder dans un premier temps à une sorte « d’indépendance » matérielle et logicielle (avec des tutoriels pourquoi pas ?), ainsi qu’une sorte de « manuel de survie numérique » destiné à expliquer comment se connecter à un réseau sécurisé avec un vieux portable et une cuiller, ou se fabriquer une antenne relai à l’aide d’un balai et d’un parapluie. Il faut que des gens comme Jérémie Zimmermann de « La Quadrature du Net » , avec d’autres associations du même type, mettent en place un tel lieu, afin que tous les citoyens désireux de résister aient les moyens théoriques et techniques de le faire.

Il faudrait aussi être en capacité de lutter contre la surveillance des « boîtes noires » en désactivant les brouilleurs, ou mieux de pouvoir être en mesure d’espionner les espions. Que ne ferions-nous pas comme découvertes si ces « boîtes noires » étaient dissimulées dans les lieux de pouvoir et de décision ?

En attendant le Sénat votera bientôt la future loi sur le renseignement, et ce malgré toute les oppositions que l’on voudra bien leur servir. Il nous faut désormais du concret, et des outils simples, économiques, libres, pour pouvoir un jour être en mesure de rassembler nos forces contre les dictatures qui ne manqueront pas d’user de leur pouvoir pour nous asservir.

Nous aurons besoin, en matière numérique, de reprendre le pouvoir sur ceux qui contrôlent internet, car ceux qui le contrôlent peuvent diriger le monde : et au lieu d’utiliser les formidables potentialités du net pour éveiller les consciences à la démocratie directe et universelle, ils préfèreront toujours l’utiliser pour faire monter les cours de la bourse, tracer les employés ou dérégler des centrifugeuses nucléaires… paraît que c’est plus rentable !

Nous devons nous y mettre le plus vite possible, car le temps presse : quand la dictature sera installée, il sera extrêmement difficile de développer de tels outils, et quasiment impossible de les diffuser.
Nous sommes les responsables de ce qui viendra.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

La liberté contre la paix : CHAPITRE DOUZE + épilogue

Posté par calebirri le 20 mai 2015

Chapitre 12

Alors voilà. Aujourd’hui je suis vieux, et je vous emmerde tous : la résistance, le gouvernement, et même les générations suivantes. J’ai gâché ma vie durant trop d’années, depuis ce satané 8 juin de l’année F. Je ne sais même pas qui rendre responsable de ce gâchis. J’en veux à tout le monde, et puis surtout à moi-même. Je pourrais me suicider simplement, mais d’abord je veux savoir. Mourir en un instant, mais au dernier moment savoir si j’ai mal à la tête, et m’en apercevoir. A cet instant je saurais si on m’écoute, et je leur dirai que je n’ai pas peur, que je les attendais… et que je les emmerde ! Ce sera cela mon acte de résistant. Et puis s’il ne se passe rien je saurai aussi… et je me suiciderai quand même ! Mon verre est à côté de moi, rempli de poison. Je n’hésiterai pas. Mon brouilleur -je ne sais même pas s’il marchait, ou si c’est lui qui m’écoutait, et si tout cela n’est qu’une mise en scène destinée à me détruire – mais mon brouilleur est débranché. Mon téléphone éteint. Je n’en peux plus de toutes ces questions. La peur est un mal qui ronge jusqu’à la folie. J’ai tourné et retourné ces questions tellement de fois dans ma tête que le nombre des questions est devenu ingérable, surtout dans un cadre temporel limité. Je veux savoir. Et puis mourir.

Epilogue

Malheureusement, les conditions dans lesquelles ce document est arrivé jusqu’à moi sont bien incapables d’éclairer le lecteur sur la question qu’il se pose bien logiquement à la fin de ce petit texte : car il apparaît que ce document a été retrouvé chez un homme dont le squelette a été découvert plusieurs années après son décès ; on ne peut donc savoir de quoi il est mort. Les seuls indices que nous ayons pour nous permettre de « fantasmer » un peu sont deux appareils dont les technologies nous sont inaccessibles, mais qui semblent correspondre pour l’un au « brouilleur » évoqué dans le texte, et l’autre à ce qu’on appelait autrefois un « téléphone ». Il y avait aussi un verre, évidemment vide depuis le temps…

Chacun se fera sans doute son opinion sur la chose, mais pour ce qui est de la puce je ne tiens pas à vérifier sur moi : que celui qui tente l’expérience m’en rende compte s’il le souhaite- ou surtout s’il le peut !

Publié dans Non classé, Nouvelle : LA LIBERTE CONTRE LA PAIX | 2 Commentaires »

Monsieur Valls, c’est vous l’imposteur !

Posté par calebirri le 9 mai 2015

Tribune en réponse à celle de monsieur Valls le 07/05/2015 sur « Lemonde.fr », intitulée « Non, la France du 11 janvier n’est pas une imposture ».

Monsieur Valls, je viens de lire votre tribune sur « lemonde.fr ». Je vais leur envoyer la mienne, mais j’ai bien peur qu’elle n’arrive pas jusqu’à vous. Tout d’abord je voudrais établir directement que je n’ai pas lu le livre de monsieur Todd (et oui c’est comme pour « Le monde », je n’ai pas le privilège de lire les livres avant leur sortie…), que je n’apprécie pas tout chez monsieur Todd -loin de là- et que sa manière de s’exprimer a le don de m’irriter.

En fait je n’écris pas pour le défendre, mais plutôt pour vous attaquer. Puisque vous dites que les citoyens peuvent s’emparer du débat… Allons donc au fait, et prenons votre tribune par le début :

« un gigantesque élan de fraternité » : quand on sait que le nombre d’inscrits sur les listes électorales dépasse les quarante millions, je me dis que moins d’un citoyen sur dix s’est déplacé : cela ne me paraît pas si énorme, même si je concède que c’est déjà un record… et c’est peut-être cela le plus inquiétant !

Ensuite, au niveau du « mouvement spontané », « populaire », « venu des citoyens eux-mêmes », je crois que vous n’avez pas dû voir les mêmes images que moi : les déplacements de toutes les personnalités présentes n’a sans doute pas été improvisé, et encore moins été « spontané ». Populaire non plus, comme vous l’avouez vous-même un peu plus loin : « De nombreux Français, notamment dans les quartiers populaires, délibérément, n’y ont pas pris part ». Et pour ce qui est de la volonté des citoyens, les médias ont suffisamment insisté pour que nous soyons tous « Charlie » que cela est devenu comme une sorte « d’injonction inconsciente ».

Maintenant, et si je vous accorde le droit de vous interroger sur le fait que « des citoyens aient volontairement fait le choix de se tenir à l’écart », rien ne vous impose non plus le devoir « d’agir ». Est-ce le fait que des citoyens choisissent librement (volontairement) de se soumettre ou non à cette « injonction inconsciente » qui vous ennuie ?

Enfin, pour ce qui est du « déclin, de la « dépression », vous et vos pairs (de droite comme de gauche), en sont pleinement responsables. Comment s’en étonner ?

Le refus des amalgames maintenant

Première imposture :

La manifestation du 11 janvier était une manifestation contre le terrorisme. Pas contre la religion ni pour la tolérance. Et encore moins pour la laïcité (qui n’est pas une condition de la tolérance mais plutôt une conséquence). C’est vous qui faites des amalgames en estimant que cette manifestation était aussi « un cri lancé contre le djihadisme qui, au nom de la foi, [il y a ici une virgule étonnante] d’un islam dévoyé, s’en prend à l’Etat de droit, aux valeurs démocratiques, tue des juifs, des musulmans, des chrétiens », car vous soulignez ainsi le caractère religieux de l’attaque. Mais cela est faux : des terroristes ne peuvent pas avoir de religion, quand bien même ils s’en revendiqueraient. « Islam dévoyé »… Non, pas Islam dévoyé. Pas Islam du tout ! Je ne connais pas le Coran mais j’imagine mal comment il pourrait indiquer à ses adeptes de tuer des innocents, et de tuer tout court. Dieu n’est-il pas Amour et Pardon, quelle que soit la manière d’y croire ?

Et puis la Marseillaise, franchement, ce chant guerrier qui désire « qu’un sang impur abreuve nos sillons »… Ça ne transpire pas la fraternité.

Deuxième imposture :

la liberté d’expression ! vous n’avez pas honte. Alors que les dernières lois sur le renseignement, ou l’apologie du terrorisme, que vous avez portées, instaurent une censure potentielle de toute contestation politique, et cela au nom de la liberté et de la lutte contre le terrorisme, c’est comme insulter la mémoire des malheureuses victimes de ces misérables meurtriers. Et comme vous tentez de retourner le problème des « faibles » et des « discriminés » : dois-je vous rappeler d’où viennent les terroristes, et de quelle origine sociale ils sont issus ? la plupart sont des convertis, abandonnés dans des cités misérables jusqu’à ce que des fondamentalistes profitent de leur faiblesse en instrumentalisant les caricatures et le climat de méfiance à l’égard des musulmans. Ce ne sont pas les caricatures qui les libèrent mais leur utilisation par des extrémistes qui les enferme. En réalité ces jeunes qui se radicalisent sont à la fois des bourreaux, et des victimes.

Troisième imposture :

Ici, je dois vous avouer que le concept de « néo-République » m’échappe. Mais ce qui est certain, c’est que la République est entre les mains de ceux qui la dirigent : ceux qui font les lois, et ceux qui les font appliquer. Et il est clair que leurs intérêts ne sont pas les mêmes que ceux du peuple qu’ils dirigent : il n’y a pour s’en convaincre qu’à regarder la composition « sociale » de notre Parlement.
En réalité c’est bien cette divergence d’intérêts le problème. Trop soucieux de vos carrières et des avantages qui vont avec, vous finissez par renoncer à tous vos idéaux pour ne pas partir, et vous vous enfermez dans vos certitudes pour échapper à votre conscience. A droite comme à gauche. Et on arrive à la suite…

Quatrième imposture :

La définition de la gauche. Mais vous n’êtes pas de gauche ! Emmanuel Todd n’est pas de gauche ! La gauche lutte contre le capitalisme. Pas contre l’Europe ou l’UMP, mais contre un système injuste qui permet que certains agissent au détriment des autres. Et à force de vouloir cacher au peuple cet état de fait, au lieu d’avouer que les politiques ont permis aux riches de s’enrichir contre le plus grand nombre, vous préférez aujourd’hui établir avec vos lois les conditions d’une dictature pour le jour où, quand l’économie s’effondrera, le peuple ne soit pas en mesure de venir vous réclamer des comptes.

Il y a donc toutes les raisons d’être inquiets et pessimistes : vous et vos semblables n’avez pas d’autre idée que celle qui conduit au pire. La lucidité aujourd’hui, c’est de constater que vous êtes un homme dangereux. Intelligent, habile, et certainement très sympathique. Mais dangereux. Ce que vous portez sur vos épaules est dangereux. Mais vous n’êtes pas le seul. C’est toute la classe politique qui représente désormais un danger pour le peuple. Avide de pouvoir et d’argent, elle finit toujours par se laisser corrompre jusqu’à y perdre son âme. L’avez-vous perdue, ou est-elle simplement égarée ?

Je n’attends évidemment pas que vous vous abaissiez à répondre à un citoyen en colère, et elle ne montera sans doute pas non plus jusqu’à vous. Mais sachez quand même que vos impostures seront des poids que vous porterez toute votre existence…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 3 Commentaires »

Il faut refuser la police de la pensée

Posté par calebirri le 3 mai 2015

Pendant qu’on vend des avions de chasse à des pays qui les utiliseront sûrement pour décorer leurs appartements, pendant qu’on laisse crever des milliers d’Africains dans la mer, pendant qu’on affame la Grèce au nom de la croissance et qu’on finance à grands coups de milliards des grands projets inutiles, on installe en France toutes les conditions d’une dictature.

Aujourd’hui la Loi sur le renseignement vous paraît acceptable car vous pensez n’avoir rien à cacher… mais vous devez savoir que vous serez surveillé quand même. Surtout si vous avez un blog, si vous participez à des manifestations ou que vos mails, vos appels téléphoniques, comportent le terme « terroriste » ou « Al qaeda » ; ou même que vous ne vous estimez « pas complètement Charlie ». Vous serez tous surveillés. L’algorithme fera une alerte et créera une fiche sur votre compte. Couplé à de multiples autres facteurs (il suffit de les ajouter à volonté), un « degré de dangerosité potentiel » sera noté, sans que vous le sachiez ni que vous puissiez contester cette « fiche ». On peut aisément ajouter les termes « révolution », « sédition », ou même « juif », ou « musulman » par exemple… Cela signifie qu’en fonction de la personne (ou du groupe de personnes) qui gère les « entrées » de l’algorithme, celui qui se trouve n’être pas végétarien dans une dictature végétalienne sera susceptible de se faire emprisonner s’il parle de viande dans ses mails, qu’il possède deux vaches et un cochon, ou regarde sur internet comment faire un barbecue…

Et si c’est le FN qui arrive un jour au pouvoir, mieux vaudra ne pas défendre les roms, l’égalité ou l’avortement : car le jour où avorter deviendra un crime, il suffira d’ajouter les « mots-clés » autour de ce sujet pour être en mesure de punir tous ceux qui veulent y avoir recours : vous êtes peut-être déjà un terroriste sans le savoir… Le jour où celui qui prendra le pouvoir décidera seul de ce qu’il considère comme dangereux, ou criminel, tous les outils seront là, à disposition. Ainsi que les fichiers vous concernant. Avec la capacité, à travers la loi concernant « l’apologie du terrorisme », de vous couper tout moyen d’expression (connexion internet, téléphone), et même de vous faire arrêter, pourquoi pas comme terroriste ? De toutes les manières vous ne saurez pas -ni vous ni personne- pourquoi vous êtes arrêté, ni ce qui vous est reproché puisque aucun juge ne devra statuer sur cela ! C’est la censure potentielle de toute parole qui ne conviendrait pas à celui qui décide : hypothétiquement, de telles lois sont même susceptibles de faire devenir autoritaire un gouvernement qui ne le serait pas d’avance… surveiller tous ceux qui vous contestent, avec le loisir de les faire arrêter si bon leur semble… Avec de tels outils, votre opinion peut du jour au lendemain devenir un délit : la police de la pensée veille au grain.

Certains évoquent pour défendre la loi que sur Facebook et autres les internautes diffusent volontairement leurs données à qui veut bien les attraper. Mais le fait est qu’ils décident eux-mêmes, et cela ne fait pas une petite différence. Car si les citoyens décident de ce qu’ils montrent de leur vie privée, après la Loi le gouvernement sera en capacité de savoir même ce que vous ne voulez pas montrer (une maîtresse qu’on n’expose rarement sur son compte Facebook, ou le montant de son découvert, ses hontes les plus intimes…)… Imaginez-qu’un lanceur d’alerte prêt à dénoncer une affaire de corruption se voit opposer un chantage à la publication de ses secrets les plus intimes (d’autant qu’il ne saura même pas ce qu’on sait de lui !). Avec les nouvelles lois on pourra l’empêcher de s’exprimer, le menacer de dévoiler sa vie privée, l’arrêter pour terrorisme et le faire enfermer (pourquoi pas dans les futurs « camps de terroristes » imaginés par monsieur Valls ?) sans qu’on sache trop ce qui lui est arrivé. Dans « 1984″ cela s’appelle « se faire vaporiser ».

Dans les films, quand vous vous faites arrêter par la police, on vous dit « à partir de maintenant, tout ce que vous dites pourra être retenu contre vous ». Maintenant ce n’est plus « à partir », mais « toujours » ! Et pas seulement ce que vous dites, mais aussi ce que vous ne dites pas. Tout ce que vous faites, presque tout ce que vous pensez pourra en réalité être retenu contre vous.

Tous nos députés, ceux qui vont voter cette loi de la honte, devraient réfléchir à deux fois, car en tant que citoyens ils seront également surveillés. Leurs vies privées épluchées, la leur et celle de leurs conjoints, et celle de leurs enfants. Qu’ils soient corrompus, infidèles ou homosexuels, tout passera par les « boîtes noires » qui conserveront tout cela bien au chaud, « juste au cas où »…

Maintenant, j’imagine bien que ce malheureux article ne servira à rien et qu’il n’empêchera pas la Loi d’être votée : mais il faudra bien trouver des parades si un jour le peuple se décide enfin pour se doter d’une véritable démocratie. Il nous faut pour cela plusieurs outils, dont le plus important, et le plus difficile à mettre en place, est un « autre internet ». Un internet libre, indépendant et surtout gratuit. Un internet sur lequel ni l’Etat ni Google (qui n’est ni plus ni moins qu’un Etat « privé » en formation) n’ont de pouvoir.

Et en attendant il faudra bien lutter aussi, car la Résistance pour demain doit se préparer aujourd’hui : d’une part en trouvant le moyen de pirater les boîtes noires pour rendre publiques toutes les fiches de nos élus et de nos grands chefs d’entreprise (comptes offshore, maîtresses, pratiques humiliantes…), et d’une autre en se prémunissant contre la bêtise des algorithmes. Il existe des techniques simples (j’ai vu ça dans « Envoyé spécial« , dans un sujet sur le « copié-coller » et les algorithmes qui les repèrent, à partir de 47 minutes) comme celle consistant à mettre une lettre à la place de l’espace entre deux mots, puis de « colorer » cette lettre en blanc : l’algorithme ne détectera pas le mot ainsi créé. On peut également insérer un « caractère spécial » dans un mot qui fera comme un espace invisible séparant le mot en deux mots qui n’existent pas. Et bien sûr toutes les techniques à double sens, à l’ancienne, genre « les carottes sont cuites ». On peut sans doute également envisager saturer les « boîtes noires » ou tenter de découvrir quel est le fonctionnement de celles-ci.

Car il est indispensable de résister au fichage et à la surveillance continue de tous les citoyens. Inévitablement ces lois conduiront les gouvernements à supprimer la contestation dans leur pays. Internet est une condition indispensable de la liberté et de la démocratie. Notre vie privée est un droit non-négociable. Nous devons résister. Et nous rappeler que si Hitler avait disposé des moyens techniques actuels, je ne serais pas là pour vous écrire, et vous ne pourriez pas me lire. Quand bien même vous ne seriez pas d’accord avec ce que je dis.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

La dictature est à notre porte

Posté par calebirri le 1 avril 2015

Quand une nation commence à obliger son peuple à voter (qui plus est sur des machines électroniques) ; quand un pays peut censurer n’importe quelle expression sans contrôle judiciaire ; quand un gouvernement impose ses lois malgré l’opposition populaire (et même parlementaire) ; quand un Etat s’apprête à surveiller vos déplacements, vos conversations, vos ordinateurs ; quand les élus se voient chaque jour attaqués (puis relaxés) pour corruption par un pouvoir judiciaire aux ordres ; quand on sait que le budget militaire est le seul budget maintenu et que les armées patrouillent devant nos bâtiments publics, on peut dire sans trop exagérer que toutes les conditions pour établir une dictature sont réunies.

Maintenant, il ne reste plus que la révolution. Pas celle qui permettra au peuple de se libérer de son joug pour établir une nouvelle démocratie non, mais celle qui permettra à la dictature de devenir légitime : rappelons ici la formule de George Orwell « on ne fait pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature ».

Et cette révolution, c’est peut-être la sortie de la Grèce ; à moins que ce ne soit un autre attentat. Ou bien encore une catastrophe naturelle. Et pourquoi pas une révolte populaire, ou l’arrivée au pouvoir du FN ? Ce qui est certain, c’est que toutes les conditions sont réunies pour qu’un gouvernement autoritaire qui se retrouverait demain au pouvoir ait la capacité technique d’exercer un contrôle et une surveillance de masse sur son peuple. Et c’est à la faveur d’un drame ou d’une catastrophe que cette dictature prendra forme.

Mais si vous n’avez rien à cacher, diront les plus malins, alors pourquoi ne pas se laisser surveiller ? Nous abreuvons aujourd’hui gratuitement, et volontairement, tous les banques de données du monde entier par nos actions quotidiennes, et nous nous plaindrions de la récolte de ces dernières pour des raisons de « vie privée » ? Alors que le terrorisme frappe chaque jour des civils innocents ?

Rassurez-vous, tout le monde ne sera pas « surveillé » – regardez qui sont les ennemis publics les plus en vue : Snowden, Manning, Assange… de dangereux individus, des traitres à la Nation, etc… Les terroristes, eux, sont introuvables. Peut-être n’ont-ils pas Facebook, ou pas de portable ?

En réalité, pour la plupart ces nouvelles lois seront inutiles. Ils n’ont effectivement « rien à cacher ». Mais ce n’est pas ceux-ci qui intéressent les renseignements. Ceux qui sont indirectement visés sont ceux qui veulent dénoncer « ceux qui ont quelque chose à cacher ». Pas les dealers à la petite semaine, pas les resquilleurs des allocations, tout cela n’est rien. Mais bien plutôt les lanceurs d’alertes, les journalistes un peu trop fouineurs, les analystes « hétérodoxes »… ce sont ceux-là que nos gouvernements veulent empêcher de (leur) nuire. Car s’il y en a qui trichent, trompent et volent (et pas qu’un peu), ce sont justement ceux qui, pour ne pas qu’on les confonde, qu’on les dénonce, qu’on les attrape, font voter des lois qui empêchent aux citoyens vigilants de rendre public ce qui dérangerait leurs petites affaires…

Comme dans 1984 : les pauvres, « la masse populaire », n’intéresse guère les services de renseignements. Il n’ont pas besoin d’autre chose que du pain et des jeux paraît-il. Les riches, « l’élite », elle, ne sera pas non plus surveillée (elle pourra éteindre son « télécran » – se déconnecter). Il ne manquerait plus que ça ! Reste une petite frange de la population. Ceux qui sont assez éduqués et qui disposent d’assez de temps et d’énergie pour s’informer, réfléchir, prendre du recul, sont ceux qui peuvent un jour ou un autre « tomber » sur « quelque chose », et il ne faudrait surtout pas qu’ils parlent. Imaginez qu’à TF1 on diffuse que les « bons » Etats protègent les terroristes, fomentent des coups d’Etat, volent le peuple et lui mentent… Il faut d’abord aux agents du gouvernement savoir « ce que vous savez », pour ensuite pouvoir vous empêcher de parler. Sans contrôle judiciaire cela va de soi. Et au moyen d’un délit « d’exception » comme celui « d’apologie du terrorisme ». Une étape supplémentaire manquait à cet arsenal autoritaire, c’est-à-dire le droit pour un gouvernement de contrôler toutes les communications de ses administrés.

Après, on pourra toujours dire que cela ne nous concerne pas, mais le jour où l’on vous dira que ce que vous pensez n’est plus adapté à ce qu’on vous demande de croire il sera trop tard : vous serez en infraction. Alors c’est vrai qu’aujourd’hui cela ne semble pas si grave. Par petites touches successives chaque loi nouvelle renforce un peu plus les pouvoirs de la police au détriment de ceux de la justice. Et supprime toute possibilité future de contestation. Et cela est très grave. Il suffira au nouveau dictateur de dire qu’un terroriste est quelqu’un qui ne pense pas comme lui pour pouvoir faire arrêter légalement tous ses opposants. Vous aurez beau alors contester vigoureusement en frappant à la porte de la chambre 101, il vous faudra vous soumettre de gré ou de force à la police de la pensée. Vous ne serez déjà plus libre.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 1 Commentaire »

12345...16
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...