Grèce : l’Europe tombe le masque

Posté par calebirri le 4 janvier 2015

Je vous l’avais bien dit qu’il fallait que les masques tombent : l’Allemagne fait savoir aujourd’hui qu’il n’y a pas d’alternative au remboursement des dettes, quelle que soit l’issue du scrutin en Grèce. Tout en se contredisant magistralement dans les faits, puisqu’il est dit qu’elle envisagerait dans ce cas la sortie de la Grèce de la zone euro… c’est comme ceux qui vous disent qu’on ne peut pas déroger à une loi en vous opposant les sanctions que vous risquez si vous ne vous y soumettez pas ; ce qui prouve bien que vous « pouvez » le faire, vous devez juste savoir quelles en seront les conséquences.

Que cela signifie-t-il en définitive ?

Cela signifie qu’il y a bien des alternatives puisque la sortie de la zone euro serait la « sanction » au non-remboursement de la dette, sachant que l’Allemagne se découvre en montrant que c’est bien elle qui établit les lois régissant supérieurement un Etat théoriquement souverain ; ce qui constitue une ingérence directe dans les affaires intérieures d’un pays souverain puisqu’avec une telle menace elle refuse aux Grecs le droit d’élire librement le gouvernement qu’ils désirent installer au pouvoir. Tout ceci est proprement inacceptable et devrait être condamné unanimement.

Mais que tout le monde soit rassuré : tout ceci n’est qu’un grand bluff, car si le parti Syriza remporte les élections et fait ce qu’il dit vouloir faire, alors l’Allemagne sera mise face à son impuissance devant le monde entier : on imagine mal l’Allemagne envahir la Grèce pour aller se servir directement sur le dos d’un peuple alors pris en otage, qui sonnerait comme un diktat assez malvenu… Et puis surtout elle n’a aucun intérêt à voir la Grèce ou quelconque autre pays sortir de la zone euro (c’est sur l’euro qu’est fondée sa puissance !).

Maintenant, il faut essayer de comprendre pourquoi l’Allemagne se découvre autant : est-elle si engagée dans la dette de la Grèce qu’elle craindrait qu’à l’occasion d’un changement de gouvernance en Grèce de perdre sa mise, ou essaye-t-elle tout simplement d’empêcher l’Europe des peuples se rendre compte qu’il est tout-à-fait possible de refuser une dette illégitime… sans rien risquer du tout, comme l’a fait l’équateur en son temps ? Car une fois un gouvernement élu démocratiquement au sein de la zone euro refusant la dette illégitime, il n’arrivera rien d’autre que le refus par les autres pays de leur propre dette… sans aucune autre sanction possible que la fin de l’hégémonie de l’Europe des marchés sur celle des peuples.

Il apparaît qu’en France, comme dans de nombreux autres pays européens, le problème est le même : le Collectif pour un audit citoyen de la dette conclue dans un pré-rapport que 59% de la dette sont illégitimes… Si on ajoute la part illégitime de celle des autres pays, combien de centaines de milliards sont-ils illégitimement réclamés aux peuples ?

Le problème n’est donc pas l’Europe mais bien sa manière de fonctionner. Si on refuse de se laisser berner par cet « il n’y a pas d’alternative », pas besoin du TAFTA, ni de la loi Macron, ni du pacte de responsabilité ni de tous ces moyens déguisés pour déréguler le marché du travail…

Allez-les Grecs, résistez, car l’Europe des peuples compte sur vous !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Allez-donc vous faire voir… chez les Grecs !

Posté par calebirri le 31 décembre 2014

Ah que je me sens européen quand les Grecs résistent pour nous tous ! Et je ne suis pas le seul.

Regardez-les nos « élites » s’effaroucher de la déculottée subie par les pions de la finance que représentent le FMI et le Parlement Européen… L’Allemagne s’agite, les bourses ont peur, mais les peuples de l’Europe reprennent espoir : quoi, il serait possible de dire non ? Un peuple pourrait défier à lui seul tout un empire ?

C’est qu’il existe non pas une Europe moribonde et autoritaire, mais deux Europe ! Celle des financiers et de leurs employés d’une part, et celle des peuples de l’autre…

Imaginez donc ce qui pourrait advenir grâce aux Grecs : ils pourraient refuser la dette et l’austérité, faire baisser la misère et la violence… et entrainer les autres dans leur sillage. Peut-être même prouver à tous qu’on peut s’en sortir sans en sortir (de l’Europe !), et que notre destin ne dépend pas d’eux mais de nous.

Que va-t-il se passer maintenant si la gauche prend le pouvoir en Grèce ?

Le parti Syriza va-t-il aller au bout des choses et remettre à plat la question de la dette (et donc la question de l’Euro et de l’Europe) ? Et si la Grèce décidait de rester dans l’Europe tout en refusant la dette, ou si elle faisait défaut ? Cela impliquerait-il une renégociation des traités, ou même une réinvention de la démocratie ? Et que feront les autres ? Et la Troïka laissera-t-elle la Grèce sortir avec le risque d’entrainer les autres vers la sortie (ou l’explosion) de l’Europe, ou va-t-elle les contraindre à rester ? De quelle manière s’y prendra-t-elle ? Et si elle décidait de sortir de l’Europe, ou de l’Euro, quelles conséquences pour le pays, quelles conséquences pour l’Europe ?

Quoiqu’il en soit, il faudra bien que les masques tombent et que les dirigeants européens montrent ce qu’ils ont dans le ventre. C’est une partie serrée dont les cartes ont été redistribuées ces derniers mois. Il est attendu que « les marchés » vont tenter le bluff encore une fois, et tout tenter pour éviter à la gauche grecque sinon d’obtenir le pouvoir, au moins d’accomplir le programme qu’ils disent vouloir réaliser : nous avons déjà été déçus il n’y a pas si longtemps. Car c’est à la peur des marchés que l’on juge des intérêts du peuple : plus elle est grande et plus les citoyens reprennent espoir. Et ils en ont besoin, c’est peut-être même le dernier. Au moins pour les Grecs.

Mais laissez-moi rêver, les occasions sont si rares… Rêver que les Grecs montrent aux autres peuples que la misère et l’austérité ne sont pas une fatalité, rêver que dans un même élan fraternel tous les peuples européens se soulèvent pour soutenir les Grecs dans leur combat pour une Europe des peuples et non plus celle des banquiers, des affairistes, des politiques et des pots-de-vin. Rêver qu’après l’exemple grec on puisse crier partout que les marchés, comme les politiques, n’ont que le pouvoir qu’on leur prête, que leur dette c’est du vent… Et si l’on s’apercevait que les Grecs avaient la capacité de rebondir sans payer deux fois (une fois pour eux, une fois pour les banques), comme l’a fait (avec ses faiblesses et ses particularismes bien sûr) l’Islande avant eux, que ne serions-nous pas capables de réaliser ensuite ?

Et enfin, enfin, pour rêver encore un peu, nous pourrions enfin dire à tous ces voleurs qui nous oppriment d’aller se faire voir, et chez les Grecs !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Le terrorisme des médias, et la politique du Talion

Posté par calebirri le 29 décembre 2014

Un policier blanc tue un jeune noir. Les premiers sont innocentés, les médias en font un symbole, qui s’auto-alimente. Puis un autre policier blanc tue un autre noir, encore plus jeune, qui jouait dans un parc avec un faux pistolet. En France, un fou agresse des policiers, un autre fonce dans les gens, en représailles qui aux enfants palestiniens, qui aux islamophobes… enfin on le suppose. Les médias répercutent l’info, et l’autre soir on apprenait un autre drame, d’un autre fou qui lui aussi a foncé sur la foule…

C’est à croire que les médias servent les idées toutes prêtes à tous les fous qui le sont rendus par la vue quotidienne d’autres fous. Demain un policier ira tirer sur un musulman, et puis un musulman ira ensuite faire de même sur un juif, qui s’en prendra à un noir qui se vengera sur un policier… jusqu’à quand ? Ce phénomène de diffusion de la folie peut apparaître comme une conséquence de la « fameuse » Loi du Talion (oeil pour oeil, dent pour dent). Et avec une telle philosophie on peut décimer la moitié de la population rapidement.

Mais ce phénomène serait-il le même si les médias ne jouaient pas le rôle d’amplificateur de faits divers ? Car c’est pourtant bien de faits divers dont il s’agit. A chaque fait divers on évoque le terrorisme comme première hypothèse, ou le fait racial, alors qu’en réalité il s’avère la plupart du temps qu’il n’en est rien : Les flics tirent trop vite parce qu’ils ont peur (ils regardent eux-aussi la télé), et les fous sont conditionnés par les nouvelles qu’ils apprennent chaque jour, que ce soit les amalgames concernant les musulmans ou ceux concernant la police. La preuve en est que celui dont on disait qu’il avait crié « Allah est grand » ou un truc du genre n’était pas le meurtrier mais un témoin qui, d’après ce que j’en ai compris, a lancé cette phrase comme un autre aurait dit « A la grâce de Dieu » ou quelque chose comme ça… En réalité c’est comme ces clowns qui ont effrayé la population en quelques jours, après que les médias aient tous relayé la même info sur « ces clowns qui font peur » : ils ont disparu aussitôt qu’on n’en a plus parlé.

C’est ensuite, et toujours par l’intermédiaire des médias, que les politiques font le boulot, avec leurs « experts » et leurs « analyses », les médias avec leurs titres « choc » : doit-on craindre une vague terroriste en France ?

« Cela rend possible des vagues de meurtres à répétition. Les forces de l’ordre deviennent des cibles, on peut craindre des enlèvements », évoque un ex-conseiller au ministère de l’intérieur, avant d’ajouter plus loin : « La question est celle de l’internement préventif des individus dangereux. Sommes-nous prêts à renoncer à une partie de nos libertés individuelles pour assurer l’ordre public? Ce sera tout le débat des années à venir. » Dorénavant tout le monde va avoir peur, doit avoir peur : les policiers et les citoyens de tous les barbus qu’ils croisent, et tous les barbus (musulmans ou pas!) de tous les autres. Un peu comme cela se produit avec les roms dans les lieux publics parisiens : les gens s’accrochent à leur sac dès qu’ils aperçoivent une ou deux jeunes filles qui « ont l’air » de roms, ou la haine leur vient lorsqu’ils croisent un femme en burqa, comme si elle était prête à tout faire exploser en se baladant dans la rue.

Et du coup, cela permet de justifier l’internement préventif des individus dangereux ! imaginez ce que cela signifie. Va-t-on mettre les musulmans dans des camps, et peut-être aussi les opposants politiques, au cas où ? renoncer à une partie de nos libertés individuelles pour assurer l’ordre public, alors que quelques lignes plus haut ce même monsieur disait bien lui-même que l’islam était un prétexte et qu’il était impossible de prévoir de tels actes qui sont le fruit de déséquilibrés fragiles ?

Et on va nous parler de Zemmour, de Le Pen ou de je ne sais qui … Mais quand va-ton comprendre enfin que nos dirigeants n’attendent que ça qu’on se divise et se batte , ce qu’ils veulent c’est supprimer suffisamment de libertés pour enfin pouvoir laisser la bulle économique crever sans risquer de voir les mouvements sociaux emporter l’Etat et leurs sièges avec.

Et puis il y a eu la Suède et une bombe dans une mosquée, ou la réponse « du berger à la bergère » avec la Corée du nord et le film « The interview » ; et demain ce sera quoi ? Tous les faits divers, tous les fous du monde se trouvent désormais assimilés a priori à des terroristes en puissance. Le fait d’évoquer cette piste comme première hypothèse immisce dans l’esprit de ceux qui s’informent un doute perpétuel quant à tous ces événements : un bateau en flammes en Grèce -pourquoi pas un acte de terrorisme ?, un avion qui disparaît au dessus de l’océan -pourquoi pas un acte terroriste ?… Le racisme étant le socle de violence sur lequel s’appuient les gouvernants du monde entier pour justifier le contrôle et la surveillance généralisée des citoyens (afin qu’ils n’aient pas le pouvoir de se rassembler pour lutter contre ceux qui les appauvrissent, ou qui se préparent à les appauvrir encore), il est tout à fait bénéfique aux gouvernants de laisser cette « ambiance » de peur et de haine s’installer… la Loi du Talion fera le reste. Et même si on apprend plus tard que tous ces fous n’ont pas besoin de Dieu pour l’être, qui cela intéressera-t-il? Que croyez-vous qu’on retiendra ?

Alors qu’autrefois les faits divers macabres mettaient plusieurs mois à traverser l’Atlantique ils mettent désormais moins d’une heure à parcourir la planète. Tout comme les idées révolutionnaires… et c’est bien contre cela que nos gouvernants se prémunissent… Combien de temps allons-nous encore nous faire berner ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 2 Commentaires »

Au sujet d’Etienne Chouard

Posté par calebirri le 13 décembre 2014

Il semblerait que les « trolls » aient fini par l’avoir ! Lui qui paraissait si sûr de lui… Au moment où on commençait (enfin!) à l’inviter sur les plateaux de télé pour évoquer un sujet qui m’est cher (la mise en place d’une Assemblée Constituante), on ne faisait en réalité que l’interroger sur ses liens avec l’extrême-droite et monsieur Soral, qui doit bien se marrer… en plus certainement de mépriser ses travaux.
C’est vrai que ces derniers temps j’avais remarqué qu’on l’attaquait systématiquement sur ses liens avec l’extrême-droite. Mais monsieur Chouard se voulait ouvert et raisonnable, assumant parfaitement qu’on pouvait discuter avec tout le monde sans en partager les idées, et soutenait justement que dans une véritable démocratie il était inconcevable d’interdire à certains citoyens le droit de s’exprimer. Et puis il est tombé dans le piège : il continuait d’expliquer, de se justifier, d’essayer de convaincre… à tel point qu’il a fini par s’embrouiller, et occulter son seul et unique message : l’Assemblée Constituante.

Aujourd’hui il semble qu’il veuille tout arrêter, et s’excuse clairement de n’avoir pas su saisir le caractère dangereux d’un type comme monsieur Soral (ici). C’est que depuis quelque temps tous ceux qui prétendaient ne pas le connaître l’invitent aujourd’hui à se justifier, non pas sur l’immense travail qu’il a fourni depuis toutes ses nombreuses années à travers « le planC », mais sur ses relations avec l’extrême-droite. N’évoquant pour ainsi dire jamais son travail, en plus de décrédibiliser son message…

Alors maintenant de deux choses l’une : Ou monsieur Chouard s’est fourvoyé en ne se rendant pas tout de suite compte de qui était Soral (c’est que l’homme est habile) et il le regrette sincèrement -ceux qui doutaient des intentions de monsieur Soral ne le peuvent plus à l’aulne de son nouveau parti. Ou alors il s’est laissé attraper par les sirènes du « complotisme » à la sauce NWO (Nouvel Ordre Mondial), et alors on ne peut que lui conseiller, à lui comme à tant d’autres, de s’offrir le plaisir de lire « Le pendule de Foucault » et « Le cimetière de Prague » de l’excellent Umberto Eco. Je me dis souvent que ces deux bouquins sont une chance offerte à ceux qui veulent comprendre comment les théories du complot surgissent et prennent corps. Car il faut dire une chose : les « conspirationnistes », ou « adeptes de la théorie du complot » ne sont pas des idiots. Ce sont pour la plupart des citoyens curieux et pragmatiques, qui recherchent la cause première des événements. Ils sont dans un moment de leur réflexion où ils ont compris que le cours de l’Histoire est manipulé par un petit nombre d’acteurs dont l’influence est primordiale, mais n’ont pas encore compris que le complot juif ou maçonnique n’étaient que des leurres destinés à les discréditer publiquement.

J’ai déjà exprimé mon opinion sur ce qu’il faut conclure de ces théories du complot qui ne conduisent qu’à des impasses idéologiques et qu’au lieu de rechercher pourquoi nos représentants sont corrompus, il vaudrait mieux rechercher comment supprimer les corrupteurs, ceux qui corrompent. Car c’est le capitalisme le seul responsable de nos maux. Nous sommes tous capitalistes, c’est-à-dire potentiellement corrupteurs ou corrompus. Et puisque « l’amour de l’argent » est une caractéristique si bien partagée entre tous les hommes, il est aisé de jeter l’opprobre sur les uns ou les autres sous ce motif, mais à travers une communauté, en général minoritaire. C’est que l’Histoire est remplie d’une succession de complots fomentés par toutes les communautés (réussis ou échoués mais bien réels) ; comme les attentats du 11 septembre sont le résultat d’un complot -juif, américain ou islamiste c’est selon-, mais c’est bel et bien un complot.

En recherchant des causes idéologiques on en arrive toujours à des non-sens. Et ceux qui comme monsieur Chouard veulent se défendre des amalgames finissent toujours par se noyer dans des incohérences qui occultent leur véritable message (je connais bien le problème). Celui qui critique l’islamophobie est considéré comme un soutien des terroristes, et s’il juge le gouvernement israélien dangereux on le traite d’antisémite. S’il dénigre l’Europe ou la corruption, s’il ne soutient pas la politique étrangère de la France il est soupçonné d’être anti-européen, et par extension porté vers l’extrême-droite. S’il ne veut pas avaler toutes les couleuvres qu’on lui propose à propos de l’Ukraine on en fait un soutien russe. En réalité tout ce qui conteste le bipartisme actuel est invariablement accusé d’être un traître ou un agent-double. Il suffit de n’appartenir « à aucun camp » pour que cela en devienne suspect. L’extrême-gauche étant engluée dans ses contradictions et ne représentant plus un « danger électoral » à court terme, la plupart des contestataires déçus par la gauche (« extrême » ou pas) et dégoûtés du système actuel sont taxés de liens avec le FN, car ainsi le pouvoir (aidé par les médias) les regroupe tous ensemble dans une « force politique fictive » destinée à servir d’épouvantail lors des prochaines élections : celui qui se retrouvera au second tour contre le FN aura gagné les élections, puisqu’un « sursaut républicain » aura « sauvé » la France. Alors qu’en réalité c’est juste que ceux qui ont été assimilés à tort (mais intentionnellement) dans « le camp » de l’extrême-droite auront voté comme ils craignaient de devoir le faire, pour le PS ou l’UMP. Ainsi tous ceux qui s’opposent à ces deux partis sont systématiquement accusés d’être des soutiens du FN, volontaires ou « idiots utiles » comme disent les trolls, pour peu qu’ils n’aient pas clairement fait allégeance aux partis d’extrême-gauche. Il se pourrait d’ailleurs tout-à-fait qu’en définitive, d’un point de vue « tactique politicienne », les trolls arrangent plus les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis si longtemps que le FN qui ne peut arriver au pouvoir que par un terrible concours de circonstances.

Je ne crois pas que monsieur Chouard soit raciste ; ni antisémite. Qu’il n’empêche pas les autres d’y être est différent. On lui reproche, comme on me l’a reproché, de laisser des paroles provocantes publiées ; mais comment un homme qui se veut ouvert au dialogue pourrait-il censurer qui que ce soit ? Je me suis déjà défendu de préférer expliquer que censurer -censurer est la chose la moins constructive qui soit- mais le fait est que je me suis aperçu que pour les trolls le message est beaucoup moins important que le fait de mettre la pagaille dans les discussions qui suivent habituellement les articles. Ce qu’ils veulent c’est qu’on cesse de parler des « vrais sujets » comme l’Assemblée Constituante (une idée qui fait peur à tous les partis politiques désirant rester ou accéder au pouvoir), et qu’on perde notre temps ou notre patience à se justifier. Etienne Chouard n’est pas non plus d’extrême-droite. Il a juste été déçu par ce qu’il croyait être la gauche. Il s’est rendu compte qu’au final ce qu’on appelle « l’UMPS » est peut-être plus dangereux que le FN. Dire cela a été interprété volontairement comme un soutien tacite du FN alors qu’en réalité cela signifie pour lui (si je l’ai bien compris) qu’un tel parti ne saurait être en mesure de gouverner, car son discours est encore trop effrayant pour accéder au pouvoir. Il a dit qu’il était « nationaliste » ? Mais combien d’entre vous diraient qu’ils ne le sont pas ? Nous sommes si peu nombreux à être « internationalistes » ! Et c’est bien ce qui me sépare de gens comme Etienne Chouard : je ne désire pas la fin de l’Europe mais supprimer les frontières, et je refuse de reconnaître les traditions religieuses comme le ciment d’une quelconque nation (avec toutes les guerres que ce prétexte a engendré !). Mais monsieur Chouard est un homme honnête, qui dit ce qu’il pense. Et qui cherche une porte de sortie. Ne refusant de discuter avec personne, serait-ce le diable lui-même.

Maintenant il faut arrêter d’avoir peur, arrêter d’écouter ce qu’on nous dit de penser et penser par nous-mêmes. Lire ce qu’Etienne Chouard écrit, et cesser de donner du poids à des rumeurs qui n’ont, comme nos hommes politique, que le pouvoir qu’on veut bien leur donner. Comprendre et revenir à l’essentiel : l’Assemblée Constituante. Il la désire tirée au sort, d’autres la veulent élue. Pour ma part, je souhaiterais que le peuple se détermine sur cette question, et j’ai même proposé de « couper la poire en deux » : la moitié d’élus, la moitié tirée au sort. Cette question est primordiale pour avancer sur ce projet. Bien plus que de savoir pour qui vote un homme qui passe sa vie à expliquer qu’il voudrait changer les institutions pour y intégrer… le tirage au sort !!

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 4 Commentaires »

Manifestations, pièges à cons ?

Posté par calebirri le 4 novembre 2014

On parle beaucoup des violences policières à propos de la mort du jeune Rémi Fraisse, et je ne peux que déplorer ces violences, comme tout le monde je crois. Mais dire que ces violences sont inacceptables ne suffit pas : les forces de l’ordre ne sont pas dans leur ensemble composées de « cowboys » désirant à tout prix « casser du révolutionnaire », et j’imagine aisément la peine que doit ressentir le « tueur » -peut-être lui-même père de famille- pour la famille du jeune homme tombé dans cette manifestation. Il faut rappeler que les forces de l’ordre sont avant tout des fonctionnaires payés par un employeur dont ils doivent respecter les ordres et suivre les consignes, et j’ai du mal à croire que leurs conditions de travail dans ce genre de circonstances soient si enviables qu’ils se portent volontaires pour encadrer les manifestations. Bien sûr certains doivent trouver une sorte de plaisir malsain à la confrontation physique, mais c’est aussi le cas de certains manifestants dont les comportements témoignent du même goût. Mais pour la plupart je gagerais qu’ils sont majoritairement peu adeptes des violences dont on les accuse systématiquement après chaque manifestation ; et que sans doute nombreux sont ceux qui partagent « en secret » (devoir de réserve oblige) les opinions de leurs « opposants sur le terrain ».

Ceci étant dit, et après avoir regardé une vidéo trouvée sur le site d’Agoravox (sous le titre « Très violents affrontements manif hommage Rémi Fraisse / Nantes (44) – France 01 novembre 2014 « ), j’ai été très étonné non pas de la violence de la police mais plutôt de sa « passivité » face aux agressions répétées des manifestants (au moins sur les images et compte tenu du fait que les forces de l’ordre devaient avoir eu des consignes) : pourquoi donc insulter des types qui n’ont absolument aucun intérêt à la violence, et pourquoi les jeunes manifestants ne continuent-ils pas leur marche pacifiquement vers tel ou tel endroit que la préfecture leur aura autorisé ? Ne comprennent-ils pas que traiter d’assassins des gars qui n’ont tué personne (combien de morts dans des « bavures » depuis 10 ans, j’aimerais qu’on me montre les chiffres) est totalement improductif, et surtout que si quelqu’un a envie d’éviter ce genre de « bavures » c’est bien la police -et le gouvernement qui l’emploie ?

Il faut quand même remettre les choses à leur place : ces manifestations sont plus un piège dans lequel les manifestants tombent bien trop souvent qu’un moyen de pression sur un gouvernement qui s’en tamponne -du moins tant que les choses ne dégénèrent pas de trop. En tout cas pas du côté de la police, dont le but est au pire de « titiller » les casseurs pour décrédibiliser tout mouvement contestataire qui se laisserait aller à la violence… Et puis quand on y pense c’est carrément le système même de la manifestation qui est à remettre en cause : à partir du moment où une manifestation est pacifique elle n’est d’aucune utilité. Une manifestation doit être interdite sinon ce n’est pas une vraie manifestation. Si on voulait être cynique, on pourrait même dire que les opposants au projet du barrage devraient remercier les forces de l’ordre pour avoir permis par la mort de ce malheureux jeune homme la fin des travaux. Et c’est bien là tout le problème.

Car en définitive les manifestations n’ont « une chance » de faire plier un gouvernement que de deux manières : la première réside dans la violence, lorsque les morts parmi les manifestants sont si nombreuses qu’elles alertent la communauté internationale et unit le peuple (avec les forces de l’ordre qui refusent de massacrer des civils) contre son tyran. la seconde est d’ordre financier et se produit lorsque le gouvernement ne peut plus payer sa police ou son armée, qui se désolidarisent alors assez rapidement d’un gouvernement qui les pousse ainsi dans le rang des opposants. Il pourrait exister une troisième voie si on imagine les manifestants capables de convaincre les forces de l’ordre de les rejoindre sans combat, mais je ne crois pas que ce genre d’événements ait déjà eu lieu dans l’histoire.

Cela signifie donc qu’en matière de manifestations, soit les manifestants se décident à aller au combat avec le risque d’y passer, soit ils doivent convaincre les forces de l’ordre qu’ils devraient être avec eux pour manifester plutôt que de les en empêcher. Mais alors il faudra redéfinir ce qu’est une manifestation : car si c’est pour crier en nombre « nous ne sommes pas d’accord » la confrontation n’a aucun sens et la marche peut continuer des siècles sans qu’il ne se passe rien ; ce que les autorités contestées souhaitent évidemment. Ce n’est que lorsque les gens sortent en masse pour démettre un gouvernement qu’ils considèrent comme illégitime que les « choses sérieuses » commencent : alors ils trouveront sur leur route la police qui décidera alors de les accompagner ou de les empêcher de passer, selon qu’ils se considèrent appartenir au peuple ou à la tyrannie, tandis que les manifestants décideront de ce qu’ils doivent faire. Mais dans un cas comme dans l’autre les choses bougeront. Et sans doute il y aurait malheureusement aussi quelques morts.

Mais pour le moment nous en sommes loin, et nos manifestations ne sont que stupides ou dangereuses, et il ne tient qu’à nous de ne pas tomber dans le piège qu’on nous tend depuis si longtemps, chacun les uns après les autres à aller défendre qui son statut qui son salaire, pour nous interroger enfin de savoir jusqu’où nous sommes prêts à aller, et surtout pour quoi. Regardez les gouvernements qui ont fléchi face aux manifestations (qu’elles aient été « téléguidées » ou pas) dans tant de pays ces derniers temps, et pourquoi ils ont fléchi. Y a-t-il quelque chose de commun avec nos manifestations autorisées ?

Ces manifestants étaient prêts à mourir pour leurs revendications. En attendant de savoir pour quoi ils sont prêts à affronter la police, nos révolutionnaires feraient mieux de rester chez eux, c’est moins dangereux et tout aussi utile ; et la police ne sera certainement pas fâchée de faire autre chose.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 9 Commentaires »

Prostitution oui, mais de qui ?

Posté par calebirri le 26 octobre 2014

2014-10-22-23-17-36

La question m’est venue en regardant cette photo, au hasard d’une suite de liens plus ou moins heureux. Je dois dire que je n’ai pas lu l’article qui l’accompagnait, mais juste regardé cette photo : Manuel Valls et Fleur Pellerin à la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain), accompagnés d’une certaine Zahia, une femme médiatisée pour ses « rencontres » avec certains joueurs de foot.

Aussitôt m’est venue à l’esprit la réflexion suivante : « Tiens, ils veulent lutter contre la prostitution et s’affichent avec une prostituée ! » Et aussitôt je me suis repris : cette « pauvre » fille n’est sans doute pas à blâmer, peut-être pas même à plaindre, et de plus je ne pense pas qu’elle ait encore besoin de monnayer certains « services » pour survivre…
Tandis que nos deux ministres si ! Le fait est qu’ils font bien commerce de leur corps (leur image) pour prospérer -et que niveau racolage, on les voit tant et partout que cela tourne presque au harcèlement !

Ce seraient donc plutôt eux les prostitués, et non pas cette Zahia à laquelle ils sont contraints de se joindre pour qu’on vote pour eux…

Car nos deux bons ministres non seulement devaient mépriser cette jeune femme -pas si stupide en définitive- mais doivent encore continuer à le faire aujourd’hui ; tout en simulant un plaisir auquel personne ne peut croire décemment.

Les politiques se prostituent au capitalisme car il possède les médias qui les font vivre. Le capitalisme est le proxénète et les médias sont les clients.

Et nous, nous sommes devenus de la monnaie.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

12345...14
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...