Il n’y a plus de débat : l’esclavage c’est l’avenir !

Posté par calebirri le 11 novembre 2015

S’ils veulent faire de nous des esclaves, ce n’est pas pour nous faire du mal ; ni même parce qu’ils sont méchants… mais tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement dans le cadre de pensée qui les a construit. Ils ont fini par intégrer que certains hommes sont faits pour commander et d’autres pour obéir, qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde et que seuls les meilleurs survivront ; et puis surtout que certains hommes valent moins que d’autres.

Comment en sont-ils arrivés là ? il suffit de regarder le monde autour de soi, et le comportement de chacun selon sa position : pour les dirigeants, qui sont responsables de la misère et de la pollution par leur recherche constante de plus grands profits, ils veulent se persuader qu’ils « aident » les populations défavorisées en leur « offrant » un travail ; et pour les futurs esclaves, qui sont responsables d’entretenir cette misère et cette pollution par leur consommation, ils se laissent aller à croire que grâce à eux, « au moins ils ont un travail ».

Sauf que les conditions de travail offertes aux étrangers sont scandaleuses et que les Français sont loin de pouvoir s’aligner… et pour cause, puisque ces gens sont traités moins bien que des esclaves. Il n’est pas difficile de constater à quel point les pays les moins démocrates sont les plus rentables, jusqu’à faire dire à certains que l’économie est polluée par la démocratie… ce qui par ailleurs est tout à fait juste puisque la démocratie (la vraie) est incompatible avec le capitalisme. Ce qui n’est pas le cas de la dictature.

Et « puisque la démocratie empêche le capitalisme, supprimons la démocratie » (enfin ce qu’il en reste !). Voilà à quelles pensées sont réduits les dirigeants de nos belles Nations…. Des infos compromettantes sortent à cause d’internet ? Contrôlons-le ! Les chômeurs coûtent trop cher ? Faisons-en des auto-entrepreneurs… ou des esclaves !

Et il s’avère qu’en matière de rentabilité l’esclavage n’a pas de concurrent… Mais attention, le monde a changé : il n’est aujourd’hui plus nécessaire de maintenir son escalve en vie, ou ne serait-ce qu’en bonne santé : il paraît que nous sommes menacés par la surpopulation … et désormais, en lui donnant sa misérable paye on se croit dispensé de le maintenir ne serait-ce qu’en état de travailler : un bengali en vaut bien un autre !

Puisque le capitalisme ne fonctionne pas, qu’on ne peut ni le réguler ni le laisser libre, alors il faut que ce soit la misère que l’on régule et non pas le système qui la crée : on ne sait faire que ça.
On préfère faire entrer de force la réalité dans la théorie plutôt que de la remettre en cause (la théorie).

On pourrait croire que cette manière de penser est le résultat de siècles de réflexions poussées et qu’il n’existe réellement pas d’alternative au capitalisme et aux horreurs qu’il engendre, mais c’est nier complètement la réalité : ceux qui nous disent qu’il n’y a plus de débat en France, qu’il n’y a plus d’intellectuels d’envergure se trompent lourdement. C’est justement par une sorte de paresse intellectuelle, mais pas de ceux qu’on croit : ouvrir les journaux connus, allumer sa télé officielle, consulter les réseaux sociaux les plus en vue… et s’apercevoir qu’effectivement il n’y a ni débat ni réflexion. Sauf que ce n’est pas par manque de débatteurs ou d’intellectuels qu’on ne les voit pas et qu’on ne les entend pas. C’est faute de visibilité. Quand on sait que 95 pourcents des journaux quotidiens appartiennent à quelques milliardaires on ne peut que légitimement s’interroger sur cette absence de débat : est-elle désirée par les patrons ? est-elle provoquée par des employés serviles endormis par des années de pratique de la paresse intellectuelle ? Et surtout pour quoi faire (les journaux et la presse en général n’est en général pas le plus rentable des investissements) ?

En réalité cette absence de débat est provoquée par un calcul simple mais vicieux : le capitalisme ayant entamé son retournement et « le roi étant nu« , les hommes de pouvoir ont refusé de le perdre en utilisant la crise et le terrorisme pour imposer la seule solution qui permette de le garder tout en empêchant (pour un temps au moins) ce retournement : l’esclavage encadré par un gouvernement autoritaire. La rentabilité maximum avec une compétitivité retrouvée (regardez l’Espagne qu’on cite aujourd’hui en exemple car elle crée de l’emploi depuis la baisse drastique des salaires et conditions de travail -quelle avancée…), et l’impossibilité de faire émerger l’opposition, ou même des alternatives. Il faut se rendre compte que toutes les idées de « partage » sont suceptibles de nuire à la consommation et que la plupart finissent par être rachetées et rentabilisées par des capitalistes.

En réalité ce n’est pas que nos gouvernants ne connaissent pas les solutions, mais tout simplement qu’ils n’en veulent pas ! Que ce soit pour les migrants, l’écologie ou le chômage, ils refusent de laisser s’exprimer ceux qui pensent autrement pour ne pas avoir à les affronter.
Ils préfèrent les amalgamer à la voix du FN qui devient alors le seul « contradicteur » des deux partis « institutionnels ». Ainsi ceux qui sont contre l’Europe « actuelle » se voient taxés d’être des soutiens du FN ; et même si cela n’a rien à voir on ne les écoute déjà plus. Et pour cause, le FN est un épouvantail, c’est lui « l’idiot utile » de ces deux partis. Bien que chacun de ces trois partis pense plus ou moins la même chose, sauf que chacun veut le pouvoir pour lui… et que ni le PS ni le parti les Républicains ne compte laisser le FN prendre la pouvoir. Le débat n’existe donc pas car les seuls qu’on laisse s’exprimer sont dans le même camp : celui de ceux qui préfèrent infliger à leurs concitoyens la misère et l’oppression plutôt que d’envisager le monde d’une autre manière que celle qui nous conduit peu à peu au pire.

L’objectif d’organiser un simulacre de débat est de populariser les idées du FN pour paraître ensuite plus modéré. Ils veulent nous faire croire au pire pour nous faire accepter le moins bien.

Regardez comment les choses se passent : la « vague » de migrants qui effraie l’Europe est l’occasion de fermer les frontières et de faire monter la peur des étrangers. Pour le réchauffement climatique pareil : plutôt que de remettre en cause le système qui crée les déséquilibres, on préfère apprendre à consommer « différemment », à « faire mieux avec moins ». On nous prépare peu à peu , avec des arguments du genre « il n’y en a pas pour tout le monde », à accepter le régime autoritaire qui vient tout en le justifiant par les crises qu’ils auront eux-mêmes créé par leurs comportements.
La rareté est la base du capitalisme, et le rationnement en est une conséquence.

Pourtant, nous savons tous que l’écologie, comme la démocratie, est incompatible avec le capitalisme : partout on surveille les contestataires, on lutte contre les lanceurs d’alertes, on musèle la presse et on empêche les alternatives d’émerger.

L’esclavage est l’aboutissement logique de l’aveuglement des hommes qui refusent de voir la vérité en face : ils croient sincèrement qu’il est impossible de remettre en cause le système capitaliste ; tandis qu’il est beaucoup plus simple de se passer de la démocratie. Et ce n’est que pour justifier cette pensée qu’ils en viennent à considérer que la vie de certains hommes vaut moins que celles d’autres hommes ; puisqu’il apparait que certains valent plus que d’autres, pourquoi l’inverse ne serait-il pas exact ? C’est toute la leçon du capitalisme : ce système contient en germe l’esclavage. Sans possibilité de débat.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 1 Commentaire »

De Sapir au FN, en passant par les migrants et l’Europe : il n’y a plus de gauche

Posté par calebirri le 3 septembre 2015

A chaque fois c’est la même chose : lorsqu’un gars qui se dit de gauche estime nécessaire de sortir de l’Europe ou de l’euro, c’est toute la « gauche » qui lui tombe dessus à bras raccourcis, lui prêtant des accointances maléfiques avec l’extrême-droite. On le traite de « suppôt de Satan », « d’idiot utile » du FN, de « traitre » ou de « Russophile », de « rouge-brun », et j’en passe et des meilleures.
Ceux qui se disent être « de gauche » sont en réalité bien hypocrites de s’acharner sur un type qui -en plus- ne dit pas qu’il faut s’allier avec le FN mais juste qu’à terme, si certaines conditions sont remplies, on pourra commencer à discuter avec ceux qui sont le plus ouverts dans leurs propositions. Comment cela est-il rendu possible ? Monsieur Sapir, puisque c’est de lui qu’il s’agit, se dit pourtant de gauche… malgré que Pierre Moscovici (qui est lui « véritablement » de gauche ?) l’avait déjà accusé d’être un économiste d’extrême-droite il y a presque deux ans, sans que celui-ci ait pourtant pris sa carte au FN depuis…

Mais que je sache, se revendiquer du FN n’est pas interdit. Et puis ce n’est certainement pas le FN qui se dédiabolise en baissant son « niveau d’exigences nationalistes » : ce sont les autres partis qui se calent sur celui du FN !

Et de fait les 3 partis les plus importants de France ne sont pourtant pas si différents : la gauche au pouvoir fait aussi bien que la droite pour stigmatiser les étrangers, pour satisfaire les entreprises et le monde de la finance, pour culpabiliser les chômeurs ou organiser la surveillance de tous. Une politique mise en place par la droite qui déjà chassait largement sur les terres du FN. Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt : le FN ne fait peur ni à la gauche ni à la droite, ils ont les mêmes idées, n’en déplaise aux intéressés ! Car le FN est en réalité LA condition, pour la gauche comme pour la droite, de leur accession au pouvoir en 2017. Tactiquement, faire monter le FN avant les élections est le seul moyen pour le PS comme pour Les Républicains de se positionner en garants de la République puisque le FN voudrait saboter l’Europe en sortant de l’euro.

C’est qu’ils commencent à m’agacer tous ces parangons de vertu soi-disant de gauche, qui laissent appliquer une politique scandaleusement de droite depuis si longtemps qu’ils ont fini par croire que le capitalisme est compatible avec le socialisme ! quelle arnaque ! Mais regardez les tous ces militants qui s’acharnent à chasser le militant FN quand la politique qu’ils pratiquent et qu’ils soutiennent est aussi condamnable que la plus dure des droites : défaire le droit du travail et des travailleurs, maltraiter les pauvres et les vieux, stigmatiser les étrangers et les chômeurs… C’est être de droite ou de gauche ça ? Et le fameux « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », sérieusement, c’est être de gauche ça ? Putain de merde, réveillez-vous un peu ! regardez où nous en sommes arrivés : des enfants sont retrouvés morts, noyés sur le bord d’une plage, après avoir fui l’horreur d’une autre mort, parce que nous, les Européens civilisés, refusons d’accueillir ces êtres sous d’ignobles prétextes, comme ceux qui suivent, les « on dit que »…

On dit qu’en Ukraine les nazis combattent les islamistes, que la Russie soutient la Syrie qui lutte contre les islamistes mais lutte aussi contre l’Ukraine, et on dit que le FN soutient la Russie mais lutte contre les islamistes…
On dit encore que les musulmans luttent contre les juifs et contre les nazis, mais on dit aussi que les juifs sont dirigés par l’extrême-droite qui lutte contre les musulmans, tandis que le FN lutte contre les juifs. Cela vaut-il vraiment la peine qu’on se penche encore longtemps sur ces incohérences ridicules du genre « les amis de mes amis… » ?

Le racisme et la xénophobie sont savamment entretenus par tous les partis, un point c’est tout ! Et Partout où les « Occidentaux » sont allés apporter la paix et la démocratie les terroristes n’ont fait que se multiplier, envoyant des milliers et des milliers de gens sur les routes, à la recherche d’un lieu où ils pourront vivre sans la guerre, la misère ou l’oppression. Et encore, ce ne sont pas les plus pauvres qui partent ! Chassés de chez eux ils se retrouvent confrontés au choix de fuir s’ils le peuvent, ou de se soumettre s’ils ne le peuvent pas. Et pour ceux qui le peuvent, où iraient-ils si ce n’est « chez nous », d’où ils sont également chassés -s’ils arrivent ici entiers ?
Et au lieu d’accueillir ces hommes et ces femmes qui demandent notre aide, nous les rejetons comme des animaux, pire parfois, en les poussant ainsi dans les bras des premiers mafieux qui passent, quand ce n’est pas dans des camps inhumains où ils sont entassés tels les juifs durant la seconde guerre mondiale. Nous construisons des murs, et si cela continue l’Europe ne sera bientôt plus qu’une immense forteresse protégée par des miradors, gérés à la manière israélienne… C’est de gauche ça aussi ? Tout cet argent dépensé en constructions de barrières, en caméras de surveillance, en « bateaux de secours », en douaniers, policiers, aides au retour, camps de rétention ou de réfugiés, c’est cela la solidarité de gauche ? Sans compter les milliards dépensés en armes, en avions de guerre, en hommes ou en « aides humanitaires » (qui ne servent qu’à entretenir la corruption)… La gauche fait pareil que ce que ferait la droite ou l’extrême-droite, juste en rajoutant que c’est très triste de voir des enfants morts sur les plages et qu’il faut faire quelque chose… Tous responsables ? « Oui les drames des migrants c’est affreux mais aussi ils n’ont rien à faire ici, ils font baisser le coup du travail, etc… Puisqu’on ne peut pas les accueillir décemment autant ne pas les accueillir…vous avez vu la misère déjà ici… » tu parles !

Et après on nous fait le coup du « attention au FN, ils sont racistes ! » Putain mais vous aussi ! Tous les gars de gauche qui ont voté « Hollande le socialiste » et qui se retrouvent aujourd’hui ne pas même voir qu’ils sont eux-mêmes victimes de la propagande qu’ils entretiennent, peur de la femme en burqa qui passe près d’eux, peur des noirs qu’ils croisent l’air hagard sur le bord des routes, qui pensent que les musulmans vont nous envahir demain tous munis de bombes autour de la ceinture, envoyés par des passeurs milliardaires qui travaillent pour les terroristes ! Et puis le coût du travail est trop cher, on ne se passera pas des entreprises, il ne faut pas trop taxer le capital et toutes ces conneries, qui les répète à longueur de journée si ce n’est la gauche, la droite et l’extrême droite ?

En demandant la fin de l’immigration (qu’elle soit légale ou non), le FN permet en réalité aux autres partis une escalade raciste et nationaliste sans changement brutal qui risquerait d’effrayer les peuples : à la place de nationalisme ils parlent de patriotisme, à la place de racisme ils utilisent les termes de « préférence nationale ».

Pour ma part je ne concède pas plus de légitimité au FN qu’au PS, et je serais bien embêté d’avoir à choisir entre l’un de ces deux partis, autant d’ailleurs qu’entre le PS et les Républicains… heureusement que je ne vote pas !

Maintenant, doit-on considérer la question d’une sortie de l’Euro ou de l’Europe comme un marqueur du positionnement de chacun sur l’échiquier politique ? Dorénavant on veut nous faire croire que qui veut la sortie de l’Europe est un nazi, alors qu’en réalité c’est sur un autre plan que doivent se juger ces choses : on peut vouloir sortir de l’Euro sans vouloir sortir de l’Europe, vouloir sortir de l’Europe et de l’Euro, ou même vouloir changer d’Europe, sans l’Euro !
Ensuite, doit-on considérer que vouloir la sortie de l’Euro (ou de l’Europe) est ou n’est pas d’extrême droite ? Mais si je ne suis pas pour une sortie de l’Europe cela ne veut dire ni que je soutiens le PS, ni que je refuse aux autres le droit d’en parler, ou d’en penser ce qu’ils veulent.

Il est d’ailleurs assez amusant de constater à quel point le problème de la sortie de l’Euro est politiquement insoluble : car si vous désirez la sortie vous êtes un nationaliste qui veut fermer ses frontières, mais si vous êtes contre la sortie vous êtes sous l’emprise des Allemands qui désirent une Europe fédéraliste à l’américaine -mais sous leur contrôle. Dans les deux cas vous êtes d’extrême-droite puisque l’Europe fédérale ne sera au bout du compte qu’une seule et même Nation, qui ferme ses frontières aux autres nations !

Et de fait, la droite se rapproche peu à peu des positions du FN en réclamant plus d’indépendance et de patriotisme, tandis que la gauche veut faire de l’Euro le seul critère d’union de l’Empire Européen.
Sauf que le problème du FN n’est pas l’Euro mais l’Europe, et que celui de la gauche ne devrait pas être l’Europe mais bien celui de l’Euro. Et comme le FN croit que pour se défaire de l’Europe il suffit de saboter l’Euro, il emprunte à l’extrême-gauche les termes du véritable enjeu qui devrait être le sien.

Un autre problème est que le FN veut sortir pour de mauvaises raisons, tandis que les deux autres veulent rester pour de mauvaises raisons aussi.
Et le danger commun à ces trois partis c’est qu’un groupe puisse un jour vouloir sortir, ou rester, mais pour de bonnes raisons (solidarité, humanisme, ce genre de valeurs qui ont disparu…). Monsieur Sapir rêve en croyant que le FN puisse un jour se ranger à ses « bonnes » raisons toutes capitalistes, non pas parce que le FN n’est pas capable de changer de discours, mais tout simplement parce qu’il s’y range déjà ! C’est quoi le « national-socialisme » à votre avis, sinon la défense de la nation avec une composante sociale ? Le socialisme est la négation de la Nation ! Le socialisme est internationaliste ou ce n’est pas du socialisme. Et il est anti-capitaliste, donc démocratique. Tout le reste c’est de la connerie.

Enfin, qui peut croire vraiment que le FN fera sortir la France de l’Euro, à part ceux dont la vue est raccourcie par la propagande qui se développe autour du diable que représente le FN ? Quelle blague !

A moins que de se vouloir un îlot de prospérité à l’islandaise la France est contrainte pour « garder son rang » (dont on se foutrait éperdument si ce rang n’était tenu que pour imposer misère et discrimination ; mais pas si c’est pour apporter la paix et la démocratie aux peuples), de rester au sein de l’Europe pour influencer celle-ci vers une meilleure gouvernance (socialiste pour de vrai), un havre de paix et de prospérité qui accueillerait, justement, toutes les misères du monde. Avant de poser sa réussite sociale d’intégration comme un exemple à suivre par les autres. L’Europe doit être le commencement de la démocratie. Ce n’est pas l’Europe qu’il faut supprimer mais les nations. Sauf que ce n’est pas pour les remplacer par un empire, mais par le socialisme, qui passe par la démocratie.

Car quand notre belle Europe sera devenue une belle dictature nationale-socialiste, qu’elle soit dirigée par le PS allemand ou par le FN français ne fera pas grande différence, pas plus que celle qui existe pour les Grecs après avoir voté pour un parti qu’on disait d’extrême-gauche.

Et si la raison économique est celle défendue par ceux qui se disent de gauche (comme une excuse), ou de droite « républicaine » (comme une justification)… elle ne tient pas deux minutes face à la réalité : là d’où ils viennent ces gens n’ont ni l’eau courante ni électricité 24 sur 24, leurs femmes et leurs filles risquent le viol ou l’esclavage, les hommes sont envoyés se battre, ils ont faim et aucune perspective ni de travail ni de paix. Et on leur reproche de vouloir quitter ces lieux hostiles ? Alors que ces migrations sont le résultat des politiques engagées par ceux-là mêmes qui participent à travers l’ONU ou l’OTAN à des stratégies géopolitiques obscures en dépensant des milliards qui seraient certainement plus utiles aux populations qui manquent de tout qu’à payer des bombes, des barbelés et des camps de réfugiés…

Alors maintenant, que Jacques Sapir soit d’extrême-droite, je ne vois pas le problème…je dois même dire que je m’en fous. Il dit bien qu’il est de gauche alors qu’il n’y est pas non plus : il est économiste ! Combien de temps ce petit jeu ridicule va-t-il durer ? Léa Salamé est-elle de gauche, Emmanuel Macron est-il de gauche, Manuel Valls est-il de gauche, êtes-vous de gauche ? Sérieusement, qu’ont-ils, qu’avez-vous donc de si différent de Marine Le Pen ? Ce n’est pas Sapir qui est d’extrême-droite, c’est le monde politique dans son ensemble, et aujourd’hui une grande partie des citoyens qui le devient. La seule chose qui les différencie est que la plupart des gens n’osent pas encore voter pour le FN car ils ont peur de l’image qu’ils donneront. Mais qui aujourd’hui dira qu’il n’a pas plus peur des « terroristes musulmans » que du FN, ne serait-ce que pour excuser son racisme latent ?

Tout ceci est une vaste fumisterie. Il n’y a pas de gauche en France, pas plus d’ailleurs qu’il n’y en a en Europe. Et quand je vois ces gens qui viennent s’échouer par milliers sur les ruines de nos démocraties, je me demande bien où il en existe encore une…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 6 Commentaires »

Ces salauds qui nous gouvernent

Posté par calebirri le 18 août 2015

Avant de commencer cette petite réflexion sur ces salauds qui nous gouvernent, je dois avouer que mon optimisme sur la nature humaine prend des coups répétés et profonds ; mais je refuse encore de céder face à cette adversité qui voudrait nous faire croire le contraire.

Il faut donc qu’il y ait quelque chose de « cassé » chez ces gens pour qu’ils puissent faire preuve de tant de cynisme, de tant de méchanceté, de tant de cruauté…

La question que je me pose en fait c’est comment ces hommes, qui sont pour moi des êtres comme les autres, doués de sentiments, de rêves, de déceptions et d’amour, ont pu ainsi basculer dans un univers mental qui puisse justifier d’envoyer des hommes se battre dans tel ou tel endroit de la planète, pour telle ou telle raison. De persister avec autant d’aplomb dans leurs mensonges, leurs « petits arrangements », leurs lourds secrets… Je voudrais savoir ce qui s’est passé dans leur enfance, ou dans leur vie, pour qu’un jour ils soient capables d’imaginer qu’en appauvrissant les peuples, qu’en les méprisant, qu’en les effrayant, ils puissent faire « quelque chose de bien » pour le futur des sociétés humaines…

Croient-ils réellement que leurs actions seront suivies de bienfaits pour le plus grand nombre ? Ont-ils à ce point perdu le sens des responsabilités, de la réalité, pour ne penser qu’à leur propre pomme et uniquement aux élections suivantes ? Ou ont-ils tout simplement adhéré à une idéologie qui considère la vie des hommes comme peu de choses, qu’il est indifférent que des enfants meurent de faim dans tel ou tel pays si la bourse continue de monter ? Considèrent-ils que « foutus pour foutus », il vaut mieux se servir avant que tout ne s’effondre ?

Tout cela est tellement absurde que je n’arrive pas à comprendre. Nos hommes politiques ne sont pas des idiots, et ils connaissent la situation bien mieux que nous-mêmes : ils ont accès à des informations de première main, ils ne sont pas censés prévoir la veille pour le lendemain : quand on voit avec quelle avance sont préparés les JO ou les « gros chantiers », on peut imaginer que le reste suit, non ?

Alors voilà : je veux bien comprendre que tous ceux-ci soient « pris dans un engrenage », ou tout ce qu’on voudra, mais ils le savaient avant. Je ne peux pas non plus accepter la théorie selon laquelle l’intérêt général est satisfait si l’on sacrifie dix hommes pour en sauver cent ; à ce compte la morale est respectée jusqu’au sacrifice de 49 !

Et puis je suis tombé l’autre soir sur une émission, « les routes de l’impossible », en Guinée Conakri : la misère y est intolérable. Pas d’électricité ou presque, pas de médecine ou presque, pas d’éducation ou presque. Un pays verdoyant au sous-sol gorgé de richesses, mais où des enfants de 5 ans passent 12 heures par jour à poncer du bois. Où des femmes perdent leur bébé à l’accouchement faute de moyens de communications, d’ambulances, d’outils adaptés. Où des enfants de deux ans et demi pèsent à peine plus de 6 kilos. Plus d’un enfant sur dix meurt avant 5 ans, disait la voix off. Une espérance de vie à 50 ans.

A cela il y a de nombreuses raisons, et toutes ne sont pas aisément contournables ; mais il en est une qui nous ramène directement à notre sujet (ainsi qu’à celui de l’émission) : les infrastructures. L’absence de route (la vétusté est un terme qui signifierait qu’il reste quelque chose) empêche tout développement économique, tout commerce, tout progrès. Les bandits profitent du chaos, il faut des heures pour faire 50 kilomètres, risquer sa vie pour aller quelque part, exploiter ou « louer » des enfants pour faire vivre sa famille… Les vaccins arrivent périmés dans les pharmacies, les ambulances aux couleurs de l’UNICEF d’il y a 15 ans arrivent toujours en retard, si elles arrivent…

Pendant ce temps là nos dirigeants pavoisent sur leurs projets et leurs réalisations, incapables de donner les quelques millions que demanderait la construction de routes dignes de ce nom. Je ne suis pas un connaisseur de l’Afrique et des liens qu’un pays comme la Guinée Conakri entretient avec la France, mais je crois savoir qu’ils existent encore tout de même un peu… Comment peut-on être à la tête d’un Etat comme la France et ne pas agir avant toute autre chose pour tenter de régler ce gravissime problème ?

Non, sans doute cet autre petit reportage que j’ai regardé le lendemain fera bien plus parler de lui : des millions de poussins broyés ou étouffés car non rentables pour l’industrie. Des parlementaires et des associations se sont emparés de ce scandale (je ne nie absolument pas la monstruosité de ces pratiques : la vidéo qui est liée à l’article ne précise pas pour rien que certaines images peuvent choquer), et on peut être à peu près certains que les choses vont bientôt (et fort heureusement) changer dans les « poussinnières » françaises.

Mais où sont donc les parlementaires qui s’insurgent contre les ignobles conditions faites aux petits Guinéens ? où sont les associations qui s’insurgent contre l’inaction du gouvernement en la matière, et surtout avec quel résultat ?
Faut-il y voir la conséquence de la théorie du « mort-kilomètre » (plus les morts sont éloignés de nous, moins nous sommes touchés par elles) ou le fait que nos élus, même s’ils compatissent au sort des Africains, calculent qu’il est plus judicieux pour leur carrière de défendre des poussins que des noirs ? Où bien en sont-ils arrivés à croire que les noirs sont pauvres parce qu’ils le veulent bien, tandis que les poussins n’ont rien demandé ? Mais si ce qui est écrit ici est vrai, nous avons peut-être alors un début de réponse : nous ne sommes riches que parce qu’ils sont pauvres. Et nous ne faisons rien pour que cela change.

Cela me dégoute profondément. Comment pourrais-je voter encore ? Il faudrait mettre ces salauds qui nous gouvernent en prison, les nôtres et ceux des autres pays, au lieu de voter pour eux.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 2 Commentaires »

Derrière la Grèce, l’empire.

Posté par calebirri le 5 août 2015

En tapant le mot « Grèce » dans la barre de recherche de mon blog, je suis retombé sur le premier billet que j’ai rédigé sur la Grèce : « La Grèce… et après ?« . Je dois dire que je fus quelque peu surpris d’y trouver, à peu de choses près, la situation d’aujourd’hui, et surtout la confirmation des deux alternatives proposées alors : la guerre ou la fin du capitalisme (en tout cas sous sa forme actuelle).

En 5 ans à peine la situation mondiale s’est considérablement dégradée, jusqu’à nous permettre de constater à quel point ces deux alternatives sont toujours aujourd’hui les deux seules valables. Il y a la Chine d’un côté, et les Etats-Unis de l’autre. En réalité cette situation correspond au refus de « l’occident » d’accepter et de laisser faire le « retournement du capitalisme »

Mais les positions se sont renforcées depuis 2010 : d’abord nous avons vécu des moments critiques avec « l’affaire ukrainienne » qui nous a rapproché de la guerre, pour ensuite risquer le chaos économique avec la Grèce qui nous a montré que la démocratie est désormais considérée en Europe comme un « frein », un « obstacle » à la bonne marche du capitalisme. Et ne pouvant se résoudre (pour le moment du moins), à la guerre ou à la fin du capitalisme, nos gouvernants travaillent désormais à la fin de la démocratie ; ainsi ils pourront combattre la Chine avec les mêmes armes qu’eux, à savoir la contrainte autoritaire.

Pour parvenir à transformer (voire à supprimer) le capitalisme et imposer de nouvelles règles, il est nécessaire de supprimer la démocratie. Pour se faire deux leviers : la peur des terroristes (avec tous les amalgames et la propagande qu’on connait), et la peur de la misère. Ces deux leviers sont nécessaires pour faire accepter par la population les différents « sacrifices » qu’on exige d’eux : la baisse de leur niveau de vie, ainsi que la suppression continue de leurs libertés.

La troisième voie, celle qui consistait à faire advenir une « véritable démocratie », est toujours aussi faiblement soutenue et relayée, et on peut voir à quel point toutes les initiatives citoyennes se sont ou ont été sabordées toutes, une à une, jusqu’à ruiner tous les espoirs de ceux qui les défendaient : il est trop tard maintenant.

Nous arrivons donc à une deuxième phase, qui correspond en réalité à une logique bien établie : si nos stratèges refusent de voir le système s’écrouler sans contrôle, dans un grand fracas qui emporterait tout le système « occidental » (et eux avec) vers une faillite totale, ils se préparent à combattre leurs « ennemis » (leurs véritables ennemis sont économiques, pas religieux) sur leur propre terrain, dictature contre dictature. L’objectif des Etats-Unis est de créer une alliance objective avec l’Europe, dont les frontières avec la Russie et les « ennemis » asiatiques constituent un rempart à leur expansion « naturelle ».

Pour sauver l’Europe il ne s’agit donc pas de laisser « sortir » qui que ce soit, et surtout pas la Grèce. Et le fait qu’aussitôt après l’humiliation totale du gouvernement grec les principaux acteurs de celle-ci s’interrogent publiquement sur la possibilité d’un allègement de la dette - »qui n’en serait pas un mais quand même » oblige à penser qu’en réalité monsieur Tsipras a peut-être réussi son pari : celui de faire baisser le montant de la dette pour son peuple. Il ne pouvait pas aller beaucoup plus loin, même si de toutes les manières personne ne l’aurait contraint à sortir – car sortir signifie la fin de l’Euro, de l’Europe, et sans doute aussi la catastrophe dans le monde entier ; et on ne peut lui en vouloir de n’avoir pas voulu ça.

Car l’objectif de l’Eurogroupe n’est pas de casser l’Europe ni l’euro mais de casser la démocratie. Tandis que nos analystes redécouvrent les vertus de la dictature en matière économique, nos politiques rêvent désormais presque tout haut d’une gouvernance fédérale et d’une Europe autoritaire.
Pour obtenir cette gouvernance il leur faut soumettre tous les pays en les endettant non pas auprès de créanciers privés mais du « gouvernement européen », à travers la BCE qui rachète toutes les dettes et obtient ainsi de mettre des Etats entiers sous sa dépendance, comme un drogué vis à vis de son dealer.

Une fois les Etats suffisamment endettés, il devient alors facile d’exiger d’eux de renier la démocratie pour imposer les diktats franco-allemands qui ont depuis longtemps compris leur intérêt à s’allier aux Etats-unis puisqu ils sont tous dans le même bateau : si le dollar s’effondre l’Allemagne suivra, en emportant les autres avec elle.

Et la démocratie n’est pas compatible avec le capitalisme.

On « aidera » donc les Grecs à s’endetter encore, et puis on installera à sa tête des hommes de main (les récentes déclarations de Varoufakis laissent à penser que c’est déjà plus ou moins le cas), tout en poussant à l’adoption de nouvelles règles pour l’Europe : « on va faire une autre Europe », qu’ils nous crieront dans toutes les langues ! « Ne partez-pas, les anglais, ne partez pas ! Bien sûr qu’on va vous accorder une place de choix ». Ainsi qu’à la France, et sans doute sous domination allemande.
Ceux qui voudront sortir seront des fascistes inconscients, et ceux qui voudront faire une autre « autre » Europe de doux rêveurs pas bien dangereux !
Les nouveaux traités seront ratifiés, et quand l’Europe sera unie dans une sorte « d’empire » autoritaire, on passera alors à la phase trois : le remplacement du système financier actuel par un autre (si il y en a encore besoin), laissant pour compte les Chinois qui se désengagent tant qu’ils peuvent du dollar mais pas aussi vite qu’ils le voudraient.

Il y a aussi la possibilité des « deux Europe », ou d’une « Europe à deux vitesses », mais je vois mal comment les plus riches feront sans la main d’oeuvre des plus pauvres, et comment les plus pauvres feront sans les subsides des plus riches. C’est toute l’Europe de l’est qui se mettrait alors sous la coupe de la Russie

De son côté, la Chine se trouve « malgré elle » embarquée dans des ennuis financiers qu’elle règle, dit-on, d’une manière radicale, et se met peu à peu en position de leader « du camp d’en face », avec les BRICS d’abord, mais aussi avec les nouvelles institutions destinées à s’opposer aux actuels FMI, Banque Mondiale et autres organes dirigés par les Etats-Unis.

En définitive le monde est tel qu’il a toujours été. Rien ne change, de grands empires se forment peu à peu puis s’affrontent régulièrement, et avec les restes on recommence à former de nouveaux empires autour des enjeux du moment, jusqu’au moment où les tensions entre les deux plus gros deviennent si fortes qu’elles finissent par éclater à nouveau. Le « problème européen » n’est en réalité qu’une « donnée » géostratégique parmi d’autres et nous croire le centre du monde est une grossière erreur.
Le fait n’est donc pas de savoir si nous nous relèverons mais plutôt dans quel état nous nous relèverons. De quelque côté qu’on se tourne le pire nous regarde, et il est impossible qu’il n’arrive pas.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 1 Commentaire »

Non, la Grèce ne fera pas défaut !

Posté par calebirri le 17 juin 2015

Nos bons dirigeants s’amusent à se faire peur, et nos médias font tout pour que celle-ci nous submerge, avec les menaces d’un chaos sans précédent : la Grèce va-t-elle faire défaut ? Va-t-elle sortir de l’Europe ? Derrière ces questions se cache un chantage que l’on peut résumer en trois propositions :

(1)-Soit l’Allemagne accepte les propositions grecques et l’Europe renfloue ses caisses en évitant l’effondrement total du pays. Cela demandera de grands efforts aux citoyens européens qui n’auront qu’à se faire voir « chez les Grecs », les responsables désignés de tous nos maux économiques.
(2)-Soit elle ne les accepte pas et pousse ainsi la Grèce au défaut de paiement, avec les conséquences qui vont avec : perte de 160 milliards d’euros, risque d’effondrement des banques et d’éclatement de l’Euro, puis de l’Europe.
(3)-Soit l’Allemagne se désolidarise de tout ça et c’est elle qui sort de l’Europe, peut-être pour former un groupe avec les Etats les plus riches ?

Une fois que l’Allemagne se sera positionnée, la Grèce devra elle-aussi prendre ses responsabilités : si la proposition (1) est acceptée, alors on attendra le risque de défaut suivant ; si la proposition (2) est retenue la Grèce peut alors décider de sortir avec pertes et fracas… ou de rester ! Si elle sort le « danger » pour l’Europe est qu’elle réussisse mieux « dehors » que « dedans » (avec les conséquences que cela implique pour les autres pays en difficulté), et si elle reste elle emmerdera bien tout le monde aussi : je ne paye pas mais je reste, comme un signal envoyé aux autres « mauvais payeurs » ; la proposition (3) pouvant être corrélée à la deuxième, suivant ce que déciderait la Grèce… Car alors à partir d’un certain seuil il vaudrait peut-être mieux pour l’Allemagne sortir plutôt que de payer à chaque fois pour maintenir une apparence de solidité au sein d’une Europe noyée sous les dettes.

C’est dans ces conditions que le sort de la France se trouverait ensuite engagé : suivrait-elle l’Allemagne ou choisirait-elle une autre voie ? Comme le pays est à la croisée des chemins, le débat serait délicat, bien qu’a priori la précipitation du gouvernement français à faire passer les lois Macron, ou celles sur le renseignement, le terrorisme, etc… montre à quel point il se prépare aux ennuis, et ce indépendamment de l’option choisie.

Quoiqu’il en soit, je doute que les citoyens apprécient l’une ou l’autre de ces solutions, car il apparaît que dans tous les cas il faudra, d’une manière ou d’une autre, rembourser ces milliards perdus (je sais c’est injuste mais ils nous referont le coup du « too big too fail »), ou bien renforcer l’austérité si l’on doit encore mettre la main au portefeuille pour continuer de maintenir la Grèce dans l’Europe… pour peut-être in fine voir notre monnaie s’effondrer brutalement pour compenser ou une sortie d’un autre pays, ou même une sortie de l’Allemagne (avec ou sans nous d’ailleurs) ?

Mais tout cela n’est pas sérieux : il y aura un accord (de dernière minute bien sûr), et un délai, puis un accord, encore un délai… car si on y réfléchit bien, il n’y a pas trente-six solutions : à part la Grèce qui rechigne elle-même à le faire, personne ne serait assez stupide pour prendre le risque d’un éclatement de l’Europe. Le FMI le signale clairement d’ailleurs : il faut trouver une solution. Car pour éviter une bipolarisation extrême des propositions politiques lors des prochaines élections (avec un avantage certain pour l’extrême-droite dont les idées et les objectifs sont clairs et simples, tandis qu’en face l’extrême-gauche peine à trouver une idéologie susceptible d’être comprise et acceptée par les citoyens) et conserver le pouvoir sur l’Europe, L’Allemagne ne peut pas se permettre d’apparaître en position de faiblesse.

On peut également penser qu’avec le climat géopolitique tendu (avec d’un côté les rivalités russo-américaines et de l’autre le terrorisme islamiste) les États-Unis voient eux-aussi d’un très mauvais œil une sortie de la Grèce car quoiqu’on en dise un allié stable est toujours plus fort qu’un allié qui se fragmente par petits bouts. Et si on veut croire en la « raison » toute capitaliste de nos dirigeants, il apparaît assez vraisemblable que la Grèce ne sortira ni ne fera défaut, et que, avec le FMI en tête, on allongera encore les délais de remboursement grecs pour permettre aux États-Unis de conserver leur influence globale sur l’Europe, ainsi que les perspectives économiques dont le TAFTA et compagnie qui les font tant rêver. Le tout n’est donc pas de savoir si l’Europe s’effondrera car elle ne s’effondrera pas. C’est l’Euro qui s’effondrera ; mais il ne s’effondrera que lorsque ce qui le remplacera sera prêt à être mis en place, ce qui n’est pas encore le cas.

Ensuite, et face au mécontentement populaire qui se fera sentir toujours un peu plus fort, les lois liberticides partout mises en place serviront d’outils pour continuer à mettre en place et faire accepter, en Europe et sous l’égide de l’Allemagne, une Europe fédérale et harmonisée qui finira par confondre ses intérêts avec ceux des États-Unis, contre « l’Est et l’Asie ». Les formidables ressources africaines qui sont convoitées de partout ne seront accessibles que par une alliance Europe/Etats-Unis permettant de lutter contre les géants asiatiques et russes ; enfin contre les BRICS.

Ce n’est qu’une fois l’Europe « harmonisée » et sous le joug d’une « démocrature » encadrée légalement que pourront se régler les problèmes monétaires tels que la dette et le chômage, et l’euro se laisser remplacer par « autre chose ». Il suffira de les rayer d’un trait de plume pour instaurer soit une nouvelle monnaie, soit l’esclavage pur et simple avec puces RFID et surveillance de masse.

En attendant, la pression qui s’exerce actuellement sur la Grèce est destinée à ne lui accorder que le minimum, afin de ne pas donner de signal trop complaisant, et les menaces de Grexit ne sont en réalité que du bluff. Le fait est qu’un esclave qui s’enfuit n’est peut-être pas sorti d’affaire mais qu’il est libre. Et un Empire a besoin de vassaux, pas d’ennemis potentiels. L’Allemagne et la France ont besoin de plus petits Etats sur lesquels exercer leur hégémonie, et les Etats-Unis d’une Europe puissante pour contrer les « concurrents » de l’Est.

Il suffirait pourtant de peu de choses pour faire cesser cette mascarade : car la Grèce a aujourd’hui le pouvoir de « tout faire péter », en refusant de payer tout en restant dans l’Europe. Mais qui aurait le courage de lui emboîter le pas ? Et puis surtout pour faire quoi, puisque personne ne semble vouloir réfléchir sérieusement à ce qui pourrait advenir de bon, après le chaos ? Parfois, j’en viendrais presque à souhaiter que la Grèce réalise l’impensable et refuse et de payer, et de sortir : cela signifierait qu’un peuple a encore le pouvoir de changer le cours de l’Histoire. Ce ne serait pas rien !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | 1 Commentaire »

Pour une résistance numérique !

Posté par calebirri le 2 juin 2015

Il est encore difficile de savoir quand aura lieu l’effondrement de l’Euro : peut-être bien la semaine prochaine, peut-être pas… Mais ce qui est certain, c’est qu’il aura lieu. La Grèce fera défaut sur sa dette ; et si ce n’est pas la Grèce ça en sera un autre.

Les conséquences de cet effondrement seront terribles, mais ne soyons pas naïfs : la frénésie législative avec laquelle le gouvernement s’acharne à supprimer toutes les possibilités légale de contester est loin d’être fortuite. Quand l’effondrement se produira, nous serons à même de connaître le même destin que ces Grecs que nous n’avons pas voulu soutenir. Et quand nous voudrons manifester notre mécontentement, nous comprendrons alors à quoi les récentes lois étaient réellement destinées : protéger l’État contre le mécontentement populaire, et surveiller de près les opposants un peu trop virulents.

Mais tout cela nous le savons depuis longtemps. Et puis il est trop tard pour revenir en arrière. Il nous faut cesser d’espérer pouvoir encore empêcher le chaos qui vient. Il se rapproche.
Maintenant il nous faut intégrer ce fait et passer à une autre étape de mobilisation : la résistance. Et comme celle-ci passera inévitablement par internet, il s’agit ici de lancer un appel à la « Résistance numérique ». Comme la radio fût en même temps un moyen de propagande et de résistance, internet sera à la fois le média qui permet à la fois de tous nous surveiller et celui qui possède les capacités de lutter contre cette surveillance.

Dans tous les « fablabs » de France et d’ailleurs, sur les forums, partout où cela est possible, il faut que les développeurs conscients des dangers qu’un gouvernement autoritaire maîtrisant internet porte en lui, quasi invincible, se mettent dès à présent au travail : il nous faut des possibilités de communiquer sans risque d’être surveillés, dans le « software » comme pour le « hardware ». Il faudra aux résistants de demain une sorte d’internet « parallèle » qui fonctionne de manière à ce que lorsqu’un maillon de la chaîne tombe, les autres puissent continuer de se connecter au réseau. Une espèce de « contre-réseau » accessible avec un mobile, totalement sécurisé, avec un logiciel libre et inviolable, capable de « sauter » de mobile en mobile sans devoir passer par un opérateur. Il faudrait également une carte SIM « universelle », capable de se brancher anonymement sur n’importe quel antenne relai. Tout cela est-il si compliqué à mettre en place ? Ne suffit-il pas de pouvoir envoyer des ondes, et de les recevoir (je taquine, bien sûr) ?

J’ai déjà entendu ici ou là que de tels projets étaient dans les cartons, mais il ne s’agit pas d’en laisser l’usage à quelques hackers surdoués : il faut que tous ceux qui se sentent concernés par la défense de la vie privée (et au delà de la liberté de pensée, par dessus même la « simple » liberté d’expression) se mobilisent pour réunir en un même lieu -accessible à tous- toutes les techniques pour accéder dans un premier temps à une sorte « d’indépendance » matérielle et logicielle (avec des tutoriels pourquoi pas ?), ainsi qu’une sorte de « manuel de survie numérique » destiné à expliquer comment se connecter à un réseau sécurisé avec un vieux portable et une cuiller, ou se fabriquer une antenne relai à l’aide d’un balai et d’un parapluie. Il faut que des gens comme Jérémie Zimmermann de « La Quadrature du Net » , avec d’autres associations du même type, mettent en place un tel lieu, afin que tous les citoyens désireux de résister aient les moyens théoriques et techniques de le faire.

Il faudrait aussi être en capacité de lutter contre la surveillance des « boîtes noires » en désactivant les brouilleurs, ou mieux de pouvoir être en mesure d’espionner les espions. Que ne ferions-nous pas comme découvertes si ces « boîtes noires » étaient dissimulées dans les lieux de pouvoir et de décision ?

En attendant le Sénat votera bientôt la future loi sur le renseignement, et ce malgré toute les oppositions que l’on voudra bien leur servir. Il nous faut désormais du concret, et des outils simples, économiques, libres, pour pouvoir un jour être en mesure de rassembler nos forces contre les dictatures qui ne manqueront pas d’user de leur pouvoir pour nous asservir.

Nous aurons besoin, en matière numérique, de reprendre le pouvoir sur ceux qui contrôlent internet, car ceux qui le contrôlent peuvent diriger le monde : et au lieu d’utiliser les formidables potentialités du net pour éveiller les consciences à la démocratie directe et universelle, ils préfèreront toujours l’utiliser pour faire monter les cours de la bourse, tracer les employés ou dérégler des centrifugeuses nucléaires… paraît que c’est plus rentable !

Nous devons nous y mettre le plus vite possible, car le temps presse : quand la dictature sera installée, il sera extrêmement difficile de développer de tels outils, et quasiment impossible de les diffuser.
Nous sommes les responsables de ce qui viendra.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

12345...17
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...