Il ne s’agit plus de quenelle mais de liberté d’expression

Posté par calebirri le 10 janvier 2014

Au départ je voulais faire état de mon courroux face au comportement scandaleux des sénateurs dans l’affaire Dassault, sénateurs qui n’en sont malheureusement pas à leur coup d’essai : le Sénat protège les siens.

Persuadé que Dieudonné allait évidemment pouvoir jouer son spectacle et qu’on oublierait tout ça rapidement (et tant mieux), c’est avec stupéfaction que j’apprenais hier soir la décision du Conseil d’Etat d’interdire ce spectacle…

Pourquoi avec stupéfaction , me direz-vous, je défends Dieudonné alors ?

Non je ne défends pas Dieudonné, mais c’est qu’il ne s’agit plus de lui, ni de sa quenelle de merde, mais bien de notre liberté d’expression à tous !

Car à travers cette décision , c’est une « jurisprudence Dieudonné » que le Conseil d’Etat vient de créer : interdire l’expression d’un homme « a priori » (c’est-à-dire donc avant que son expression soit condamnable), ce qui est, on le comprend vite, la négation de la liberté d’expression.

Comment cela a-t-il bien pu arriver ?

J’ai donc tapé « comment fonctionne le conseil d’Etat » sur mon ordinateur, et j’ai cliqué sur le premier lien, conseil-etat.fr : impossible d’y accéder (et ce depuis hier soir au minimum) Tiens donc !

Je me rabats donc sur wikipedia, où j’apprends que le Conseil d’Etat est un organe consultatif dont l’avis est en général suivi par le gouvernement, mais que rien ne l’y oblige, sauf dans de « rares cas prévus par la Loi », qui ne sont bien sûr pas indiqués sur le site.

De plus, les membres sont des fonctionnaires (et non pas des magistrats), qui pour les postes principaux sont apparemment directement ou indirectement choisis par le président lui-même ou le Conseil des Ministres (au moyen d’une sélection appelée « au tour extérieur » et dont on ne sait rien sur wikipedia)…

En gros, Le Conseil d’Etat est à la solde du gouvernement qui l’emploie, et le gouvernement, en le saisissant en urgence, savait très bien ce qui allait être décidé… On entend ce matin dire que le juge était seul pour statuer (la justice indépendante ?)

Maintenant, et en attendant que cette décision soit « cassée » par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (comme nous rassure maître Eolas dans son interview , que va-t-il se passer ?

-Dieudonné va devenir encore plus populaire au lieu de le rendre inaudible
-cette « jurisprudence » risque de faire des émules pour qui veut interdire de s’exprimer
-Les tensions communautaires vont être ravivées et risquent d’engendrer des violences sur lesquelles le gouvernement s’appuiera pour réprimer telle ou telle…
-Les « quenelles » vont se multiplier dans les stades de foot, les écoles, les émissions de télévision, sur internet… avec les difficultés d’interprétation juridique qui en découlent.

Ce geste d’antisémite deviendra alors le signe d’un « rassemblement » contre Manuel Valls et le gouvernement, et pendant ce temps là on ne parlera ni du chômage ni de la pollution, ni de la misère qui se développe…

En réalité, avec cette décision scandaleuse prise au nom d’un risque de trouble grave à l’ordre public, c’est un risque beaucoup plus grand encore pour ce même ordre public que le gouvernement prend le risque d’engendrer, en créant un précédent juridique très grave pour un pays dont la devise commence par le mot « Liberté ».

Caleb Irri
Http://calebirri.unblog.fr

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La surveillance de qui ?

Posté par calebirri le 23 novembre 2013

Le « tueur fou » a enfin été arrêté. Il apparaît que ce personnage trouble (l’enquête donnera plus tard son avis sur sa folie) a réussi pendant presque une semaine a déjouer les plus fins limiers de notre chère police… Un hacker de génie, un espion surentraîné, un psychopathe aguerri, qui peut bien être cette personne qui peut se promener le visage découvert avec un fusil à pompes dans divers endroits de Paris sans être attrapé par la police, voilà la question que tout le monde se posait…

Et bien il n’en était rien ! Cet individu au passé judiciaire connu n’est en réalité qu’un loser terminant sa « mission » dans le sous-sol d’un parking, à-demi comateux dans une voiture sans doute encerclée d’un millier de « forces spéciales » surarmées… Même pas capable de réussir son suicide !

On peut me trouver cynique mais ce n’est que la triste vérité.

Mais ce n’est finalement pas lui qui m’importe aujourd’hui, c’est une autre vérité bien plus grave : avec je ne sais combien de centaines (ou de milliers ?) de caméras installées dans Paris, je ne sais combien de policiers, en civil ou en uniforme, et de « vigipirate », et de services de renseignements, de scientifiques,etc… qui sont mobilisés pour notre « sécurité » dans cette ville, je trouve qu’il est plus que scandaleux qu’on ne puisse pas aujourd’hui, avec les moyens déployés, faire mieux qu’une « pauvre » photo floue et de mauvaise qualité comme « indice », alors qu’on peut désormais prendre en photo une plaque minéralogique en haute définition, et ce dans les deux sens de circulation.

Car que signifie cet épisode en fin de compte, sinon que notre argent, l’argent public, n’est pas utilisé correctement pour notre sécurité, et qu’en plus il sonne comme un aveu de l’inopérance des systèmes d’une surveillance pourtant généralisée. C’est dans ce genre de situations qu’on s’aperçoit de la véritable fonction et de la police, et de la surveillance : faire de l’argent, et pratiquer un « flicage » généralisé des honnêtes gens pour leur chercher des poux dans la tête- à moins que ce ne soit dans leurs portefeuilles.

Certains en concluront qu’il faut plus de caméras, et de meilleure qualité, plus de police et plus de fichage génétique. Mais en réalité ceux-ci se trompent lourdement, car il est impossible d’arrêter un type qui veut tuer d’autres hommes, comme le prouvent malheureusement tous les jours de nombreux « kamikazes » à travers le monde. La surveillance « pour notre sécurité » est une illusion, et même un leurre coupable qu’on nous vend à prix d’or, celui de notre liberté. Nous ne sommes pas mieux protégés, nous sommes juste plus anxieux : et ça rapporte à l’Etat, et même en plus ça peut faire gagner les élections…

Caleb Irri
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A quoi sert le QE (la planche à billets) ?

Posté par calebirri le 16 novembre 2013

On parle beaucoup du phénomène de « quantitative easing » (QE) (ou « assouplissement quantitatif » en français) qui n’est rien d’autre qu’une version « améliorée » de la « planche à billets » : avec 80 milliards de dollars déboursés par mois par la FED (réserve fédérale américaine) pour acheter des bons du Trésor américains, soit 1250 milliards en 12 mois, et même plus de 4 000 milliards en 5 ans, il est légitime de se poser la question de son utilité.

Car logiquement, cette manière de procéder devrait faire perdre de la valeur au dollar vis à vis des autres monnaies : c’est une sorte de dévaluation.
Pourtant, tous ces milliers de milliards injectés par la FED n’ont dans la réalité que très peu d’incidence sur la valeur du dollar, tandis que les bourses continuent de monter sans raison apparente : on sait que lorsque le « QE » cessera, alors le système financier dans son ensemble s’écroulera.

Pourquoi l’effondrement annoncé n’arrive-t-il pas, voilà la question que je me pose depuis un petit moment. Et j’ai enfin ma petite idée sur le sujet :

c’est qu’en réalité l’argent mis dans le circuit ne redescend pas jusque dans l’économie « réelle » (comme si on jouait à un autre « jeu » avec de « faux » billets), ce qui permet d’une part de ne pas faire perdre de la valeur à cette monnaie (puisque la valeur des objets n’est pas corrélée dans l’économie réelle à celle qu’elle devrait avoir si tous ces « billets » étaient mis en circulation), et d’une autre de laisser aux marchés (et donc aux investisseurs) l’illusion de la confiance : même si chacun est prêt à tout vendre aux premiers signes de l’effondrement (et accessoirement à l’amplifier), ils continuent de gagner de l’argent.

Car quand tous ces milliards se trouveront « relâchés » par les bourses, la dévaluation du dollar sera catastrophique, et tous les pires scénarios économiques se réaliseront alors : tous ceux qui possèdent quelque chose « en vrai » verront la valeur de leurs biens fortement réduite.

C’est cela que la règle du capitalisme impose, l’autorégulation des marchés doit remettre in fine les choses dans l’ordre. Et c’est cette même règle fondamentale que transgressent actuellement les économistes avec ce « quantitative easing », en empêchant consciemment au système de « faire sa purge ». Car cela signifierait prendre ses pertes, et pour certains payer la facture.

Il faut maintenant envisager les conséquences de la planche à billets dans le monde réel :

- pour les riches, ils risquent gros. Leurs bien valent moins, et ils peuvent désormais acheter moins avec la même somme (en valeur nominale)
- pour les pauvres, ceux qui n’ont rien ne perdront pas beaucoup, tandis que ceux qui ont des dettes leur valeur baissera aussi.

Sauf qu’avec le « QE » (et c’est à ça qu’il sert), la FED maintient le système financier dans une sorte de « coma artificiel » qui donne du temps… Du temps aux très riches pour se sortir de ce bourbier, du temps aux « aventuriers » pour se faire encore plus d’argent, et surtout du temps pour laisser ceux qui seront restés (classes moyennes supérieures d’abord, petits épargnants ensuite), payer pour eux la facture.

Cela explique aussi pourquoi les banques ne prêtent plus : elles savent que lorsqu’elles sauteront, les endettés ne le seront plus ; tandis que les petits et moyens épargnants paieront pour les autres.

Ce sont donc bien les classes moyennes, jusqu’aux « supérieures », qui vont donc payer le plus. Les pauvres eux, survivront, comme ils l’ont toujours fait.

Maintenant, mesdames et messieurs qui vous croyez riches et qui pensez défendre vos propres intérêts « de classe » selon les « lois » du capitalisme, vous qui pensez que votre épargne fait de vous un possédant au même titre que ceux-là même qui veulent vous le faire croire, sachez que ces lois sont truquées et que vous êtes les prochains sur la liste. A votre place, je réfléchirai à deux fois avant d’aller déposer un bulletin dans l’urne : car quoi que vous fassiez, vous serez perdants. Comme nous.

Caleb Irri
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Des radars embarqués à Edward Snowden, en passant par 1984

Posté par calebirri le 31 octobre 2013

Il y a de plus en plus de radars embarqués, « discrets » ou fixes sur les routes de France… De plus en plus. A tel point d’ailleurs que la mortalité sur les routes a considérablement baissé ces dernières années. Il apparaîtrait que cette baisse soit en grande partie imputable à cette fameuse « peur du gendarme » que connaissent tous les automobilistes réguliers.

Nombreux sont donc ceux qui aujourd’hui s’en réjouissent logiquement, et nombreux aussi sont ceux qui en viennent à déclarer sérieusement leur volonté de ne plus franchir aucune limite : le risque est devenu trop important.

Pourtant, et même si on ne peut que se satisfaire de ces « bons chiffres » (il y a toujours trop de morts sur les routes), il convient de réfléchir un peu sur les conséquences d’une telle évolution, et peut-être même d’oser quelques parallèles qui éclaireront notre titre.

Gouverner c’est prévoir, et je n’ose pas imaginer que nos gouvernants n’aient pas prévu ce qui risque d’arriver : les nouveaux radars embarqués permettent désormais de flasher tout le monde, partout et n’importe quand, et ce de manière discrète (sans flash), ce qui constitue un véritable changement de paradigme dans les comportements des automobilistes, et pourquoi pas à terme quelques transformations sociétales…

Tout d’abord d’un point de vue économique, car même si dans un premier temps les caisses de l’Etat se rempliront vite, rapidement le comportement des automobilistes va se modifier pour s’adapter à ces nouvelles règles, jusqu’à provoquer une baisse des comportements illégaux qui certes fera peut-être reculer encore la mortalité routière, mais qui finira par ne plus faire rentrer suffisamment d’argent (face à l’augmentation des effectifs , au coût des améliorations techniques…) : les automobilistes finiront exsangues ou sans permis, tandis que les agents travaillant à la « prévention routière » finiront par coûter sans rapporter.

Ensuite, il se pourrait bien alors que les excès de vitesse (et les morts qui vont avec) reprennent, à moins que le gouvernement augmente à nouveau les sanctions, ou abaisse les limites de vitesse autorisées (il y a toujours trop de morts), et cela risque de nuire in fine aux constructeurs automobiles (pour ceux qui auront encore leur permis, ou les moyens d’acheter des voitures), car la puissance des voitures vendues deviendra inutile à rechercher, tandis qu’on s’affranchira peut-être de certaines mesures de sécurité qu’on croira devenues elles-aussi obsolètes. Et puis les voitures consommeront moins, les temps de trajet vont s’allonger, les autoroutes se vider…

Enfin, moins il y aura d’accidents moins il y aura de morts, et plus les drames de la route terroriseront l’opinion publique, qui exigera alors plus de sécurité, et in fine – pourquoi pas – un radar embarqué… directement dans sa voiture !

Mais si au lieu de la voiture il s’agissait de tous nos actes quotidiens ? Si toutes nos conversations, nos mails, nos déplacements, nos achats étaient tracés, analysés, surveillés (ou potentiellement surveillés) à chaque instant de notre vie, « pour notre propre bien » ?
Si on nous fixait des limites de lieux, ou d’expression, et que la police, toujours « banalisée », nous mettait à l’amende pour toute conduite « hors des clous », ou nous interrogeait pour le moindre comportement douteux, nous fichait pour nos lectures ou nos idées ?

Car c’est bien notre rapport aux limites posées à notre liberté (même si elle est « mal » exercée) dont il s’agit dans un cas comme dans l’autre (peu importe leur bienfondé). Et il faut bien être conscients qu’à partir du moment où la technologie permet la surveillance de tout et de tous, tout le temps, le monde imaginé par Orwell dans 1984 a toutes les chances de se réaliser.

Et c’est bien ce que l’affaire Snowden nous démontre aujourd’hui : ceux qui ont le pouvoir de rendre la surveillance totale s’en servent inévitablement. et ce qu’il y a de plus terrible dans tout ça, c’est que peu importe que ce soit pour notre bien ou non, nous ne sommes pas consultés, ni même écoutés, encore moins prévenus. Tout cela se passe sans notre consentement. Et ce qu’il y a de pire encore, c’est que nous nous soumettons sans même nous poser la question de notre volonté, et parfois même sans nous en apercevoir. Apparemment l’illusion de la sécurité vaut largement celle de la liberté.

Mais le jour où la « triche » ne sera plus possible, le jour où les limites ne pourront plus être dépassées, d’une part l’économie s’effondrera, et d’une autre les libertés disparaîtront totalement. Il serait bon que nos gouvernants, qui font mine d’être étonnés de cette tendance à laquelle ils participent mais qu’ils n’apprécient guère lorsqu’il s’agit d’eux-mêmes (dans 1984, les « chefs » peuvent éteindre leur télécran), réfléchissent sérieusement au monde qu’ils veulent pour demain.
Et pour nous autres citoyens, nous devrons aussi nous poser ces questions, afin de savoir jusqu’où notre besoin de sécurité doit contraindre notre liberté.

Caleb Irri
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Le FN, l’Europe et la démocratie

Posté par calebirri le 26 octobre 2013

On parle beaucoup du Front National ces derniers temps. Avec les élections cantonales remportées malgré le « front républicain » et les récents sondages, il se pourrait qu’on en discute encore longtemps. Et puis il va y avoir les municipales, et puis aussi les européennes : le FN commence a faire peur. Pas aux électeurs non, puisqu’il n’est plus un parti d’extrême-droite (il paraît d’ailleurs qu’on n’a plus le droit de le qualifier ainsi), mais aux partis dits « de gouvernement ». Car la volonté du FN est claire, comme son objectif : devenir le premier parti de France.

Il faut dire que n’ayant pour ainsi dire pas d’autre programme que l’expulsion des étrangers, le FN a du piquer quelques idées aux autres formations politiques ; et ne pouvant décemment pas piquer celles des partis « de gouvernement », il a fait siennes quelques une de celles de l’extrême-gauche. Avec quelques nuances de taille bien sûr, et qui expliquent son passage de l’extrême-droite nationaliste au « socialisme national ». Car l’extrême-droite lutte elle-aussi, à sa manière, contre le capitalisme : mais en s’appuyant sur le protectionnisme et la Nation, tandis que l’extrême-gauche milite pour la solidarité et la taxation des riches. Mais pour l’un comme pour l’autre, ces deux partis sont contraints de se séparer de l’Europe, à gauche pour une autre Europe, à droite pour la fin de l’Europe.

Car si le FN revendique la sortie de l’Europe pour lutter contre le chômage et les injustices sociales, il apparaît que le FdG demande… la même chose -mais pour une « autre » Europe! Or pour se séparer de l’Euro et se libérer de l’oligarchie européenne, il faut bien sortir de l’Europe. Pourtant, ces deux partis sont bel et bien opposés. Mais tandis que le FN a trouvé le coupable (l’étranger, le musulman, le banquier), le FdG peine à assumer son échec idéologique : il sait que le capitalisme est la source de tous les maux mais ne peut se résoudre à le vouloir détruire, faute d’alternative crédible à lui opposer.

Mais si certains rendent nos gouvernants (qu’ils soient « de gauche » ou « de droite ») responsables de cette confusion (en même temps à force de dire que l’extrême-gauche et l’extrême-droite c’est « la même chose »…) et donc de la montée du FN, je ne les en crois pas coupables : eux-seuls sans doute sont tout-à-fait conscients de l’impasse idéologique dans laquelle les a conduit cette crise, et leur souhait est sans doute de renforcer « l’Empire Européen« .

En réalité les citoyens se retrouvent coincés entre ces deux alternatives : soit ils continuent de faire confiance (pour le moins pire, pas pour le meilleur) aux partis de gouvernements (UMP, PS) et décident d’accepter des sacrifices pour sauver ce qui peut encore l’être (une perpétuation de leur domination économique) en se soumettant à l’Empire Européen, soit ils s’opposent à ce projet en sortant de l’Europe, et ce d’une manière nationale-socialiste avec le FN, retour au Franc et ce qui va avec, ou d’une manière plus incertaine avec l’extrême-gauche et une sixième République qui ferait fuir tous les investisseurs de ce beau pays.

Coincés donc, jusqu’à ce qu’une troisième voie, centrée sur la refondation de la démocratie, soit enfin envisagée. Elle est idéologiquement portée par ce que j’appelle « la vraie gauche » mais sans aller jusqu’au bout de sa maturation, qui consiste à accepter la seule conclusion réaliste suivante : pour éviter à la fois le national socialisme et l’ultra-libéralisme sans tomber dans le néant idéologique et son absence d’alternative crédible, il faudra bien remettre en cause non pas l’immoralité du capitalisme (qui est en réalité une amoralité) mais le capitalisme lui-même, à savoir l’utilisation de l’argent non pas comme moyen de progrès mais comme finalité absolue.

Car en considérant l’argent comme fin nous avons supprimé la notion de progrès pour la remplacer par celle du profit, ce qui a enclenché la décadence de notre civilisation, et les soubresauts qui vont avec.

C’est donc à une transformation majeure qu’il s’agit de réfléchir aujourd’hui, et de reconsidérer ensemble ce que nous nommons démocratie (1% qui décide pour 99%, c’est ça la démocratie ?), le socialisme (le socialisme national est une aberration logique), la Nation (et la souveraineté), savoir qui veut, et avec qui, faire une Europe non pas compétitive mais solidaire. Que chaque peuple s’autodétermine nationalement dans un premier temps (à ce sujet regarder Frédéric Lordon) et comme le permet l’Assemblée Constituante -qu’elle soit tirée au sort ou élue), libéré des contraintes européennes, pour laisser -si le peuple le décide- une ouverture constitutionnelle vers une Europe véritablement socialisante qui n’entrainerait pas de perte de souveraineté ni pour les nations ni pour les peuples. S’ils veulent ensemble ensuite se doter d’un gouvernement commun très bien, mais que ce soit de manière réellement démocratique : une Europe fondée sur le bonheur au lieu du profit.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Et si on reparlait de l’Assemblée Constituante ?

Posté par calebirri le 6 octobre 2013

Cela fait maintenant trois ans que je milite pour la mise en place d’une Assemblée Constituante. Déterminé par la volonté de comprendre le monde et convaincu de la nécessité d’agir pour le changer, j’ai fini par me rendre à l’évidence : il fallait repartir sur de nouvelles bases pour rétablir la démocratie, et l’Assemblée Constituante s’est alors imposée comme l’unique solution qui soit à la fois constructive et pacifique.

Depuis, le temps a passé et les choses ne se sont pas améliorées, ni pour le monde ni pour la démocratie : les nombreux événements qui se sont produits depuis trois ans en sont une preuve flagrante. Les printemps arabes et leurs espoirs déçus, la crise économique qui s’aggrave, les élections en France, aux Etats-Unis ou en Allemagne, les bénéfices des multinationales, la montée de l’extrême-droite, les guerres qui se préparent… On constate aujourd’hui l’inutilité des élections passées, et on peut aisément prévoir celle des élections qui arrivent. On constate la misère qui augmente et l’immobilisme des peuples, l’échec des politiques économiques et leur continuation, ou le vide idéologique de la gauche et le dégoût qu’elle suscite…

Le seul exemple de réussite semble être celui de l’Islande (avec toutes les réserves qu’on peut y mettre), dont le processus constituant -bien qu’imparfait- a finalement abouti.

Pourtant, la réflexion sur le changement de nos institutions n’a pas cessé depuis et de nombreux sites, associations ou mouvements politiques tentent encore de convaincre de la nécessité d’une Assemblée Constituante. J’ai déjà tenté de réunir tous les partisans de ce projet commun autour d’une table, même virtuelle, mais force est de constater que jusqu’à aujourd’hui l’union des forces constructives n’a pas été réalisée… enfin pas encore…

Car aujourd’hui de nombreux intellectuels « de gauche » (la vraie) semblent enfin avoir pris conscience qu’il ne suffisait plus de critiquer ou d’analyser le monde présent car il est sans doute déjà trop tard : les forces qui sont en jeu suivent le cours fatal de l’Histoire sans le pouvoir maîtriser, et il est totalement inutile de vouloir s’y opposer. Ils ont fini par comprendre qu’il ne fallait rien attendre de nos chers gouvernants, ainsi que la nécessité d’aller de l’avant pour préparer la suite, et inventer l’idéologie qui manque à la gauche pour pouvoir combattre l’extrême-droite. Tous ces gens-là arriveront fatalement à l’Assemblée Constituante et au processus qui y conduit , c’est-à-dire à la détermination de la méthodologie permettant les meilleures conditions possible de mise en place d’une Assemblée Constituante.

Je suis donc revenu il y a peu sur le cheminement qui a conduit à la création de questionnaires et de forums destinés à déterminer les conditions d’établissement et de fonctionnement de la future Assemblée Constituante, car je crois que le temps est venu de s’y remettre…

Je laisse donc, pour ceux que cela peut intéresser, le texte que j’ai préparé à cet effet en lien ici et qui retrace les différentes étapes de ma réflexion, et je vous fais part en même temps de quelques initiatives qui participent à leurs manières à ce mouvement, qui ne sont en réalité rien de moins que les bases qui fonderont cette nouvelle idéologie :

-Le nouveau site d’yvan Bachaud « article 3″ pour instaurer le RIC
-une pétition pour le tirage au sort de la Constituante (wikicrate) (avec les réserves
- Le « Grenelle de la démocratie » de Bernard Uguen

Et je rappelle à tous ceux qui connaissent ou participent à des initiatives se rapprochant de l’Assemblée Constituante qu’ils peuvent toujours me contacter afin que l’on puisse ensemble créer une sorte « d’annuaire » des sites et associations qui militent sans le savoir chacun à ce projet commun. (voir formulaire)

à ne pas oublier, les adresses des deux forums :

-http://laconstituante.forumgratuit.org/
-http://pouruneconstituante.forumsgratuits.fr/
et des deux questionnaires :

-premier questionnaire
-Second questionnaire

Et bien sûr l’association pour une Constituante d’André Bellon ainsi que « planC » de Etienne Chouard

N’attendez-pas que les politiques décident à votre place, car leurs intérêts sont contraires aux nôtres. Engagez-vous, et agissez !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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