A quoi sert le QE (la planche à billets) ?

Posté par calebirri le 16 novembre 2013

On parle beaucoup du phénomène de « quantitative easing » (QE) (ou « assouplissement quantitatif » en français) qui n’est rien d’autre qu’une version « améliorée » de la « planche à billets » : avec 80 milliards de dollars déboursés par mois par la FED (réserve fédérale américaine) pour acheter des bons du Trésor américains, soit 1250 milliards en 12 mois, et même plus de 4 000 milliards en 5 ans, il est légitime de se poser la question de son utilité.

Car logiquement, cette manière de procéder devrait faire perdre de la valeur au dollar vis à vis des autres monnaies : c’est une sorte de dévaluation.
Pourtant, tous ces milliers de milliards injectés par la FED n’ont dans la réalité que très peu d’incidence sur la valeur du dollar, tandis que les bourses continuent de monter sans raison apparente : on sait que lorsque le « QE » cessera, alors le système financier dans son ensemble s’écroulera.

Pourquoi l’effondrement annoncé n’arrive-t-il pas, voilà la question que je me pose depuis un petit moment. Et j’ai enfin ma petite idée sur le sujet :

c’est qu’en réalité l’argent mis dans le circuit ne redescend pas jusque dans l’économie « réelle » (comme si on jouait à un autre « jeu » avec de « faux » billets), ce qui permet d’une part de ne pas faire perdre de la valeur à cette monnaie (puisque la valeur des objets n’est pas corrélée dans l’économie réelle à celle qu’elle devrait avoir si tous ces « billets » étaient mis en circulation), et d’une autre de laisser aux marchés (et donc aux investisseurs) l’illusion de la confiance : même si chacun est prêt à tout vendre aux premiers signes de l’effondrement (et accessoirement à l’amplifier), ils continuent de gagner de l’argent.

Car quand tous ces milliards se trouveront « relâchés » par les bourses, la dévaluation du dollar sera catastrophique, et tous les pires scénarios économiques se réaliseront alors : tous ceux qui possèdent quelque chose « en vrai » verront la valeur de leurs biens fortement réduite.

C’est cela que la règle du capitalisme impose, l’autorégulation des marchés doit remettre in fine les choses dans l’ordre. Et c’est cette même règle fondamentale que transgressent actuellement les économistes avec ce « quantitative easing », en empêchant consciemment au système de « faire sa purge ». Car cela signifierait prendre ses pertes, et pour certains payer la facture.

Il faut maintenant envisager les conséquences de la planche à billets dans le monde réel :

- pour les riches, ils risquent gros. Leurs bien valent moins, et ils peuvent désormais acheter moins avec la même somme (en valeur nominale)
- pour les pauvres, ceux qui n’ont rien ne perdront pas beaucoup, tandis que ceux qui ont des dettes leur valeur baissera aussi.

Sauf qu’avec le « QE » (et c’est à ça qu’il sert), la FED maintient le système financier dans une sorte de « coma artificiel » qui donne du temps… Du temps aux très riches pour se sortir de ce bourbier, du temps aux « aventuriers » pour se faire encore plus d’argent, et surtout du temps pour laisser ceux qui seront restés (classes moyennes supérieures d’abord, petits épargnants ensuite), payer pour eux la facture.

Cela explique aussi pourquoi les banques ne prêtent plus : elles savent que lorsqu’elles sauteront, les endettés ne le seront plus ; tandis que les petits et moyens épargnants paieront pour les autres.

Ce sont donc bien les classes moyennes, jusqu’aux « supérieures », qui vont donc payer le plus. Les pauvres eux, survivront, comme ils l’ont toujours fait.

Maintenant, mesdames et messieurs qui vous croyez riches et qui pensez défendre vos propres intérêts « de classe » selon les « lois » du capitalisme, vous qui pensez que votre épargne fait de vous un possédant au même titre que ceux-là même qui veulent vous le faire croire, sachez que ces lois sont truquées et que vous êtes les prochains sur la liste. A votre place, je réfléchirai à deux fois avant d’aller déposer un bulletin dans l’urne : car quoi que vous fassiez, vous serez perdants. Comme nous.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Des radars embarqués à Edward Snowden, en passant par 1984

Posté par calebirri le 31 octobre 2013

Il y a de plus en plus de radars embarqués, « discrets » ou fixes sur les routes de France… De plus en plus. A tel point d’ailleurs que la mortalité sur les routes a considérablement baissé ces dernières années. Il apparaîtrait que cette baisse soit en grande partie imputable à cette fameuse « peur du gendarme » que connaissent tous les automobilistes réguliers.

Nombreux sont donc ceux qui aujourd’hui s’en réjouissent logiquement, et nombreux aussi sont ceux qui en viennent à déclarer sérieusement leur volonté de ne plus franchir aucune limite : le risque est devenu trop important.

Pourtant, et même si on ne peut que se satisfaire de ces « bons chiffres » (il y a toujours trop de morts sur les routes), il convient de réfléchir un peu sur les conséquences d’une telle évolution, et peut-être même d’oser quelques parallèles qui éclaireront notre titre.

Gouverner c’est prévoir, et je n’ose pas imaginer que nos gouvernants n’aient pas prévu ce qui risque d’arriver : les nouveaux radars embarqués permettent désormais de flasher tout le monde, partout et n’importe quand, et ce de manière discrète (sans flash), ce qui constitue un véritable changement de paradigme dans les comportements des automobilistes, et pourquoi pas à terme quelques transformations sociétales…

Tout d’abord d’un point de vue économique, car même si dans un premier temps les caisses de l’Etat se rempliront vite, rapidement le comportement des automobilistes va se modifier pour s’adapter à ces nouvelles règles, jusqu’à provoquer une baisse des comportements illégaux qui certes fera peut-être reculer encore la mortalité routière, mais qui finira par ne plus faire rentrer suffisamment d’argent (face à l’augmentation des effectifs , au coût des améliorations techniques…) : les automobilistes finiront exsangues ou sans permis, tandis que les agents travaillant à la « prévention routière » finiront par coûter sans rapporter.

Ensuite, il se pourrait bien alors que les excès de vitesse (et les morts qui vont avec) reprennent, à moins que le gouvernement augmente à nouveau les sanctions, ou abaisse les limites de vitesse autorisées (il y a toujours trop de morts), et cela risque de nuire in fine aux constructeurs automobiles (pour ceux qui auront encore leur permis, ou les moyens d’acheter des voitures), car la puissance des voitures vendues deviendra inutile à rechercher, tandis qu’on s’affranchira peut-être de certaines mesures de sécurité qu’on croira devenues elles-aussi obsolètes. Et puis les voitures consommeront moins, les temps de trajet vont s’allonger, les autoroutes se vider…

Enfin, moins il y aura d’accidents moins il y aura de morts, et plus les drames de la route terroriseront l’opinion publique, qui exigera alors plus de sécurité, et in fine – pourquoi pas – un radar embarqué… directement dans sa voiture !

Mais si au lieu de la voiture il s’agissait de tous nos actes quotidiens ? Si toutes nos conversations, nos mails, nos déplacements, nos achats étaient tracés, analysés, surveillés (ou potentiellement surveillés) à chaque instant de notre vie, « pour notre propre bien » ?
Si on nous fixait des limites de lieux, ou d’expression, et que la police, toujours « banalisée », nous mettait à l’amende pour toute conduite « hors des clous », ou nous interrogeait pour le moindre comportement douteux, nous fichait pour nos lectures ou nos idées ?

Car c’est bien notre rapport aux limites posées à notre liberté (même si elle est « mal » exercée) dont il s’agit dans un cas comme dans l’autre (peu importe leur bienfondé). Et il faut bien être conscients qu’à partir du moment où la technologie permet la surveillance de tout et de tous, tout le temps, le monde imaginé par Orwell dans 1984 a toutes les chances de se réaliser.

Et c’est bien ce que l’affaire Snowden nous démontre aujourd’hui : ceux qui ont le pouvoir de rendre la surveillance totale s’en servent inévitablement. et ce qu’il y a de plus terrible dans tout ça, c’est que peu importe que ce soit pour notre bien ou non, nous ne sommes pas consultés, ni même écoutés, encore moins prévenus. Tout cela se passe sans notre consentement. Et ce qu’il y a de pire encore, c’est que nous nous soumettons sans même nous poser la question de notre volonté, et parfois même sans nous en apercevoir. Apparemment l’illusion de la sécurité vaut largement celle de la liberté.

Mais le jour où la « triche » ne sera plus possible, le jour où les limites ne pourront plus être dépassées, d’une part l’économie s’effondrera, et d’une autre les libertés disparaîtront totalement. Il serait bon que nos gouvernants, qui font mine d’être étonnés de cette tendance à laquelle ils participent mais qu’ils n’apprécient guère lorsqu’il s’agit d’eux-mêmes (dans 1984, les « chefs » peuvent éteindre leur télécran), réfléchissent sérieusement au monde qu’ils veulent pour demain.
Et pour nous autres citoyens, nous devrons aussi nous poser ces questions, afin de savoir jusqu’où notre besoin de sécurité doit contraindre notre liberté.

Caleb Irri
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Le FN, l’Europe et la démocratie

Posté par calebirri le 26 octobre 2013

On parle beaucoup du Front National ces derniers temps. Avec les élections cantonales remportées malgré le « front républicain » et les récents sondages, il se pourrait qu’on en discute encore longtemps. Et puis il va y avoir les municipales, et puis aussi les européennes : le FN commence a faire peur. Pas aux électeurs non, puisqu’il n’est plus un parti d’extrême-droite (il paraît d’ailleurs qu’on n’a plus le droit de le qualifier ainsi), mais aux partis dits « de gouvernement ». Car la volonté du FN est claire, comme son objectif : devenir le premier parti de France.

Il faut dire que n’ayant pour ainsi dire pas d’autre programme que l’expulsion des étrangers, le FN a du piquer quelques idées aux autres formations politiques ; et ne pouvant décemment pas piquer celles des partis « de gouvernement », il a fait siennes quelques une de celles de l’extrême-gauche. Avec quelques nuances de taille bien sûr, et qui expliquent son passage de l’extrême-droite nationaliste au « socialisme national ». Car l’extrême-droite lutte elle-aussi, à sa manière, contre le capitalisme : mais en s’appuyant sur le protectionnisme et la Nation, tandis que l’extrême-gauche milite pour la solidarité et la taxation des riches. Mais pour l’un comme pour l’autre, ces deux partis sont contraints de se séparer de l’Europe, à gauche pour une autre Europe, à droite pour la fin de l’Europe.

Car si le FN revendique la sortie de l’Europe pour lutter contre le chômage et les injustices sociales, il apparaît que le FdG demande… la même chose -mais pour une « autre » Europe! Or pour se séparer de l’Euro et se libérer de l’oligarchie européenne, il faut bien sortir de l’Europe. Pourtant, ces deux partis sont bel et bien opposés. Mais tandis que le FN a trouvé le coupable (l’étranger, le musulman, le banquier), le FdG peine à assumer son échec idéologique : il sait que le capitalisme est la source de tous les maux mais ne peut se résoudre à le vouloir détruire, faute d’alternative crédible à lui opposer.

Mais si certains rendent nos gouvernants (qu’ils soient « de gauche » ou « de droite ») responsables de cette confusion (en même temps à force de dire que l’extrême-gauche et l’extrême-droite c’est « la même chose »…) et donc de la montée du FN, je ne les en crois pas coupables : eux-seuls sans doute sont tout-à-fait conscients de l’impasse idéologique dans laquelle les a conduit cette crise, et leur souhait est sans doute de renforcer « l’Empire Européen« .

En réalité les citoyens se retrouvent coincés entre ces deux alternatives : soit ils continuent de faire confiance (pour le moins pire, pas pour le meilleur) aux partis de gouvernements (UMP, PS) et décident d’accepter des sacrifices pour sauver ce qui peut encore l’être (une perpétuation de leur domination économique) en se soumettant à l’Empire Européen, soit ils s’opposent à ce projet en sortant de l’Europe, et ce d’une manière nationale-socialiste avec le FN, retour au Franc et ce qui va avec, ou d’une manière plus incertaine avec l’extrême-gauche et une sixième République qui ferait fuir tous les investisseurs de ce beau pays.

Coincés donc, jusqu’à ce qu’une troisième voie, centrée sur la refondation de la démocratie, soit enfin envisagée. Elle est idéologiquement portée par ce que j’appelle « la vraie gauche » mais sans aller jusqu’au bout de sa maturation, qui consiste à accepter la seule conclusion réaliste suivante : pour éviter à la fois le national socialisme et l’ultra-libéralisme sans tomber dans le néant idéologique et son absence d’alternative crédible, il faudra bien remettre en cause non pas l’immoralité du capitalisme (qui est en réalité une amoralité) mais le capitalisme lui-même, à savoir l’utilisation de l’argent non pas comme moyen de progrès mais comme finalité absolue.

Car en considérant l’argent comme fin nous avons supprimé la notion de progrès pour la remplacer par celle du profit, ce qui a enclenché la décadence de notre civilisation, et les soubresauts qui vont avec.

C’est donc à une transformation majeure qu’il s’agit de réfléchir aujourd’hui, et de reconsidérer ensemble ce que nous nommons démocratie (1% qui décide pour 99%, c’est ça la démocratie ?), le socialisme (le socialisme national est une aberration logique), la Nation (et la souveraineté), savoir qui veut, et avec qui, faire une Europe non pas compétitive mais solidaire. Que chaque peuple s’autodétermine nationalement dans un premier temps (à ce sujet regarder Frédéric Lordon) et comme le permet l’Assemblée Constituante -qu’elle soit tirée au sort ou élue), libéré des contraintes européennes, pour laisser -si le peuple le décide- une ouverture constitutionnelle vers une Europe véritablement socialisante qui n’entrainerait pas de perte de souveraineté ni pour les nations ni pour les peuples. S’ils veulent ensemble ensuite se doter d’un gouvernement commun très bien, mais que ce soit de manière réellement démocratique : une Europe fondée sur le bonheur au lieu du profit.

Caleb Irri
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Et si on reparlait de l’Assemblée Constituante ?

Posté par calebirri le 6 octobre 2013

Cela fait maintenant trois ans que je milite pour la mise en place d’une Assemblée Constituante. Déterminé par la volonté de comprendre le monde et convaincu de la nécessité d’agir pour le changer, j’ai fini par me rendre à l’évidence : il fallait repartir sur de nouvelles bases pour rétablir la démocratie, et l’Assemblée Constituante s’est alors imposée comme l’unique solution qui soit à la fois constructive et pacifique.

Depuis, le temps a passé et les choses ne se sont pas améliorées, ni pour le monde ni pour la démocratie : les nombreux événements qui se sont produits depuis trois ans en sont une preuve flagrante. Les printemps arabes et leurs espoirs déçus, la crise économique qui s’aggrave, les élections en France, aux Etats-Unis ou en Allemagne, les bénéfices des multinationales, la montée de l’extrême-droite, les guerres qui se préparent… On constate aujourd’hui l’inutilité des élections passées, et on peut aisément prévoir celle des élections qui arrivent. On constate la misère qui augmente et l’immobilisme des peuples, l’échec des politiques économiques et leur continuation, ou le vide idéologique de la gauche et le dégoût qu’elle suscite…

Le seul exemple de réussite semble être celui de l’Islande (avec toutes les réserves qu’on peut y mettre), dont le processus constituant -bien qu’imparfait- a finalement abouti.

Pourtant, la réflexion sur le changement de nos institutions n’a pas cessé depuis et de nombreux sites, associations ou mouvements politiques tentent encore de convaincre de la nécessité d’une Assemblée Constituante. J’ai déjà tenté de réunir tous les partisans de ce projet commun autour d’une table, même virtuelle, mais force est de constater que jusqu’à aujourd’hui l’union des forces constructives n’a pas été réalisée… enfin pas encore…

Car aujourd’hui de nombreux intellectuels « de gauche » (la vraie) semblent enfin avoir pris conscience qu’il ne suffisait plus de critiquer ou d’analyser le monde présent car il est sans doute déjà trop tard : les forces qui sont en jeu suivent le cours fatal de l’Histoire sans le pouvoir maîtriser, et il est totalement inutile de vouloir s’y opposer. Ils ont fini par comprendre qu’il ne fallait rien attendre de nos chers gouvernants, ainsi que la nécessité d’aller de l’avant pour préparer la suite, et inventer l’idéologie qui manque à la gauche pour pouvoir combattre l’extrême-droite. Tous ces gens-là arriveront fatalement à l’Assemblée Constituante et au processus qui y conduit , c’est-à-dire à la détermination de la méthodologie permettant les meilleures conditions possible de mise en place d’une Assemblée Constituante.

Je suis donc revenu il y a peu sur le cheminement qui a conduit à la création de questionnaires et de forums destinés à déterminer les conditions d’établissement et de fonctionnement de la future Assemblée Constituante, car je crois que le temps est venu de s’y remettre…

Je laisse donc, pour ceux que cela peut intéresser, le texte que j’ai préparé à cet effet en lien ici et qui retrace les différentes étapes de ma réflexion, et je vous fais part en même temps de quelques initiatives qui participent à leurs manières à ce mouvement, qui ne sont en réalité rien de moins que les bases qui fonderont cette nouvelle idéologie :

-Le nouveau site d’yvan Bachaud « article 3″ pour instaurer le RIC
-une pétition pour le tirage au sort de la Constituante (wikicrate) (avec les réserves
- Le « Grenelle de la démocratie » de Bernard Uguen

Et je rappelle à tous ceux qui connaissent ou participent à des initiatives se rapprochant de l’Assemblée Constituante qu’ils peuvent toujours me contacter afin que l’on puisse ensemble créer une sorte « d’annuaire » des sites et associations qui militent sans le savoir chacun à ce projet commun. (voir formulaire)

à ne pas oublier, les adresses des deux forums :

-http://laconstituante.forumgratuit.org/
-http://pouruneconstituante.forumsgratuits.fr/
et des deux questionnaires :

-premier questionnaire
-Second questionnaire

Et bien sûr l’association pour une Constituante d’André Bellon ainsi que « planC » de Etienne Chouard

N’attendez-pas que les politiques décident à votre place, car leurs intérêts sont contraires aux nôtres. Engagez-vous, et agissez !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Retour vers le futur constituant

Posté par calebirri le 6 octobre 2013

C’est à force de vouloir comprendre pourquoi le monde tourne mal que l’on en vient à critiquer le capitalisme. Et c’est à force de se demander « quoi faire » pour améliorer la situation qu’on en vient à l’évidence d’une Assemblée Constituante : puisque la Constitution actuelle ne permet pas au peuple d’exercer sa souveraineté, alors il lui faut en changer. Pas pour qu’elle suive une révolution comme ce fut le cas en Tunisie ou en Egypte par exemple, mais pour qu’elle la précède : une fois qu’un peuple sait pour quoi (et pas contre quoi) il se bat, alors le risque de se faire « voler » sa révolution est fortement réduit.

Partant de ce constat, il est bon de revenir sur ce que signifie et ce qu’implique une Assemblée Constituante , et de ne pas s’arrêter là : une Assemblée Constituante OUI, mais laquelle ?

Bien entendu l’idée de mettre en place une Assemblée Constituante pour modifier nos institutions n’est pas nouvelle et de nombreuses initiatives militant en ce sens existaient déjà sur le web, dont deux principales (à mon sens) : les travaux d’André Bellon (association « pour une constituante »), et ceux d’Etienne Chouard (le plan C). Le premier milite pour une Assemblée Constituante élue au suffrage universel, tandis que le second milite pour le tirage au sort des membres de cette Assemblée. Entre les deux se divisent de nombreuses autres initiatives concernant la mise en place de cette fameuse Assemblée, qui sont pour beaucoup autant de chapelles dont chacune croit détenir la « Vérité ».

Ne parvenant pas à me décider pour l’une ou l’autre de ces solutions (j’ai l’esprit retors), j’ai donc décidé de m’y coltiner en me basant sur une réflexion simple et pragmatique : puisque personne ne semble emporter une adhésion franche et massive, il faut donc recourir à l’avis du peuple, le premier concerné par l’affaire ; et la démocratie étant pour moi le meilleur des systèmes (théoriquement en tous les cas), je décidais donc d’interroger les internautes à ce propos… m’apercevant alors que ce n’était pas la rédaction d’une nouvelle Constitution qui posait véritablement problème (chacun peut chez lui en rédiger une), mais plutôt les règles de fonctionnement de l’Assemblée Constituante qui détermineront la valeur de la Constitution rédigée : de la représentativité de cette Assemblée dépendra la nouvelle Constitution, mais avec quelle légitimité ?

Pour ce qui est de la légitimité on serait tentés de se rapprocher des travaux de monsieur Yvan Bachaud sur le « RIC » (Rassemblement pour l’Initiative Citoyenne) qui souhaite instaurer le référendum d’initiative citoyenne comme outil de cette légitimité démocratique, mais force est de constater que le RIC tel qu’il a été prévu par le gouvernement précédent empêche sa réalisation effective (voir un RIC pour une AC, http://calebirri.unblog.fr/2010/12/08/article-11-faisons-exister-le-referendum-dinitiative-populaire/http://calebirri.unblog.fr/2010/12/24/referendum-dinitiative-populaire-nous-navons-plus-dexcuses/, http://calebirri.unblog.fr/2010/12/08/article-11-faisons-exister-le-referendum-dinitiative-populaire/

Il faut donc que l’Assemblée Constituante, pour être à la fois légitime ET représentative, soit établie et mise en place de manière consensuelle au sens démocratique du terme : qu’une majorité du peuple soit d’accord sur ses règles de fonctionnement.

Le tout n’est donc pas de savoir ce que fera l’Assemblée Constituante mais de permettre sa plus totale indépendance.

J’ai donc travaillé à la rédaction d’un premier questionnaire que je voulais le plus exhaustif possible, et qui par le miracle d’internet a donné un lieu à un forum dont le nombre de membres a dépassé les 900 ; ce forum a ensuite et malheureusement périclité, en gros pour les raisons suivantes :
-un questionnaire clairement imparfait
-une mauvaise organisation du forum, avec une saturation des fils de discussion
-une absence de synthèse suivie
-noyade généralisée des internautes dans un contenu trop dense et trop complexe, abandon progressif du forum

Cependant, le bilan n’est pas négatif, loin de là :
-plus de 500 réponses au questionnaire
-des débats intéressants et apaisés
-des étapes franchies (nécessité du consensus, nécessité d’une Charte du Constituant, définition des termes, volonté d’une représentation locale qui ne s’exprime pourtant pas dans le questionnaire, la définition préalable d’un processus constituant (ou « pré-constituant »)organisation à plusieurs, votes nécessaires et synthèses)

Le questionnaire n’était pas bon. J’ai donc lancé un « concours de questionnaires » qui n’a pas eu beaucoup de succès (aucune proposition-en même temps quand je vois le temps que j’ai passé à pondre les miens, et l’énergie dépensée !), et me suis décidé, après avoir lâchement abandonné les synthèses de tous les fils de discussion, à refaire un nouveau questionnaire d’abord (lire « introduction au nouveau questionnaire »), et puis ensuite un forum qui lui correspondrait

très peu d’inscrits, aucune diffusion. un peu plus d’une centaine de réponses à ce jour pour le questionnaire. Et je refuse d’en faire un autre!

LES ENSEIGNEMENTS QUE J EN AI TIRES

Les gens sont prompts à critiquer, mais pas à proposer : dès qu’il faut s’investir il n’y a plus personne.
la démocratie à quelques uns est déjà très difficile, même techniquement : parler à plusieurs est fatigant, écrire à plusieurs infernal ; se mettre d’accord presque impossible; l’unanimité n’existe pas.
alors à plusieurs millions!

Le nombre est la seule légitimité : certains disent qu’un seuil de représentativité de 10 % de la population électorale est bas, je pense qu’il est très difficile d’obtenir un tel chiffre pour une idée pareille, et pourtant il lui faudrait presque le peuple tout entier. Mais pour ce qui est des questionnaires, mon objectif minimum est de 1000 réponses, comme les sondages nationaux, ne serait-ce que pour pouvoir en ressortir des enseignements généraux, mêmes approximatifs.

Il faudra une Charte, et sa rédaction est aussi une gageure. il faudra bien la valider, mais qui aura cette légitimité ? On s’aperçoit qu’il faudrait une Assemblée Constituante qui détermine les règles de fonctionnement de l’Assemblée Constituante qui elle même déterminera les règles de fonctionnement de…etc…

Pour ce qui est du tirage au sort ou de l’élection, c’est comme pour d’autres questions : tout est possible, 50/50 ou 60/40 et c’est là une grande difficulté c’est pour cela qu’il faudra faire valider la charte, d’une manière ou d’une autre, nationalement.

Ne pas perdre de vue que dans tous les cas la constitution sera validée par référendum national, et que ce dont il s’agit ici est de déterminer les meilleures chances de réussite de l’Assemblée Constituante : il ne s’agit pas d’élire ou de tirer au sort nos gouvernants mais nos représentants. S’ils décident ensuite de soumettre dans la constitution le tirage au sort du président et que celle-ci est validée in fine par le peuple très bien, mais la rédaction de la constitution ne doit pas être notre travail. Cela ne signifie pas pour autant que le peuple ne pourra pas intervenir, ou que des spécialistes n’auront pas la parole mais que les constituants seront indépendants.

Le rôle donné au gouvernement en place pour « financer » ou « organiser » l’assemblée constituante est à étudier très sérieusement, comme tout financement d’ailleurs.

Le rôle des communes et de ses hypothétiques représentants est également à étudier. Avec des cahiers de doléances « locaux » pourtant plébiscités.

La représentativité de l’Assemblée Constituante ne va pas non plus sans mal : aucune méthode ne semble véritablement valable, car l’unanimité est impossible (et tant mieux mais c’est un autre sujet!), et le consensus inévitable

Un bon partage des tâches essentiel, avec une organisation sérieuse et des synthèses régulières pour que les lecteurs s’y retrouvent.

La réflexion sur la mise en place d’une Assemblée Constituante suppose une sorte de « mise de côté » des relations internationales et nécessite également une réflexion approfondie

Pour réaliser ce projet nous n’avons qu’à prendre conscience de notre force, et à se mettre au travail : car nous avons déjà tout (ou presque !)

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Amis lecteurs…

Posté par calebirri le 11 juin 2013

Je tourne en rond. Cette constatation n’est ni une preuve de ma démotivation ni une excuse pour arrêter de tourner. Mais le fait est que je tourne en rond.

En même temps je ne suis pas le seul : quiconque décrit un monde qui tourne en rond se voit contraint d’en adopter le mouvement…

Mais lorsque je regarde mes « vieux articles » (chose que je suis en train de faire en ce moment), je m’aperçois que je ne fais que répéter en boucle et sous des formes légèrement différentes la même antienne : il suffirait de changer la date et le nom du président pour qu’on n’y voit que du feu !

Maintenant regardez autour de vous, et vous ferez le même constat que moi :

-l’explication des causes de la crise nous l’avons : corruption des politiques par les financiers qui ont menti et triché
-les conséquences de la crise nous les connaissons aussi : austérité, chômage et fin des « acquis sociaux », misère, colère, et tout ce qui s’ensuit.

Pour les solutions, le peu qui s’en soucient ne sont ni entendus ni écoutés : pas étonnant ensuite que « l’aquoibonnite » soit si répandue… Qu’attendre, qu’espérer, que faire pour conserver une motivation intacte ? Chaque jour des dizaines de milliers d’articles (écrits par des personnes bien plus compétentes que moi) sont lus par des centaines de milliers ou des millions de personnes, et pourtant cela ne change rien : il me semble donc inutile de continuer ce blog, au moins sous cette forme.

Je ne renonce pas, j’avance. A vrai dire j’ai pas mal de projets en attente, beaucoup de retard pour les mettre à jour ou en place… et au lieu de prendre du temps à écrire des articles inutiles (ou pas assez utiles si on veut), sans doute serait-il plus judicieux de m’y mettre sérieusement.

Je n’arrêterai sans doute pas complètement d’écrire des billets « comme avant », surtout si l’actualité prend du mouvement -et de toutes les manières je ne crois pas pouvoir arrêter totalement-, mais je voudrais tenter d’autres formes d’expression, peut-être une sorte de « revue critique de presse », plus courte et moins « littéraire » (enfin vous verrez), mais plus régulière.
J’aimerais également faire « quelque chose » de plus « interactif » autour duquel pourraient graviter quelques uns d’entre vous qui le souhaitent. peut-être une sorte de « journal » non pas d’informations mais de débats, de réflexions : un lieu dans lequel seraient abordées les différentes questions qui se poseront inévitablement une fois le chaos réalisé, pour poser les bases idéologiques et philosophiques qui suivront ce chaos.

Car il faut cesser de regarder en arrière : rien ne sert de continuer à dire qu’on va droit dans le mur, cela n’évitera plus au monde de se le prendre. il faut regarder devant (ou derrière le mur si on veut rester dans l’image), comme les premiers résistants ont commencé à se préoccuper sous l’occupation de définir le monde qui suivrait la fin de celle-ci en créant le CNR.

En ligne de mire bien sûr il y a toujours l’Assemblée Constituante, qui inévitablement sera un point incontournable d’une future démocratie, et dont vous pouvez participer à la mise en place ici:

-Forum pour une Assemblée Constituante
-Questionnaire en ligne pour une Assemblée Constituante

Il y a aussi l’unification de la contestation (voir) qui seule permettra de dégager des actions communes à travers un projet de site qui avance mais qui mettra encore du temps à être développé, avec son « formulaire d’inscription »

Et puis aussi pas mal de projets plus « personnels », à savoir remettre en ordre tous mes écrits pour en faire ressortir une cohérence, un partenariat avec Agoravox que je compte bientôt leur soumettre, des nouvelles à finir pour une sorte de recueil anticipatif, ainsi qu’une sorte de « manuel de survie » « post-capitaliste » qui reste à créer.

Pour ce dernier projet et celui du « journal », j’aurais besoin de « bonnes âmes » qui pour proposer des idées, qui du temps, qui des compétences informatiques, qui des relais sociaux… Le principe du journal serait de faire intervenir des « personnalités » (connues ou inconnues) traitant de sujets polémiques mais indispensables avec une base informative sur le sujet, et puis des opinions. Opinions qui se répondraient d’une semaine ou d’un mois à l’autre dans des billets de fond, afin de créer une sorte de « référence idéologique » , un « état des lieux » idéologique pour chaque sujet comme « gratuité/revenu universel », technologie/décroissance, tirage au sort/élection, Orwell/huxley, capitalisme/démocratie, écologie/capitalisme, protectionnisme/nationalisme…

Pour le « manuel de survie », il faudrait pouvoir recenser les publications sur à peu près tous les sujets : comment faire un potager, comment désaliniser l’eau, comment créer de l’électricité, se créer une connexion internet ou fabriquer un téléphone, se soigner avec des plantes du quotidien, fabriquer un pull ou un manteau, enfin toutes les choses que nous aurons besoin de savoir et de transmettre pour survivre si les choses finissent par vraiment mal tourner… C’est un projet sur le long terme et l’idéal serait que le maximum de monde envoie le maximum de liens pour commencer à faire une sorte de « bibliothèque » de liens pour pouvoir écrémer et catégoriser.

Enfin voilà où j’en suis pour le moment.
Bien sûr je suis à l’écoute de vos avis, et vous savez où me joindre : ici !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

PS : pour la « revue de presse », elle sera catégorisée en tant que « Revue, revue ! ». Et cela commence maintenant. Vous me direz ce que vous en pensez, et je vais voir si je peux tenir le rythme sans y passer trop de temps.

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