La mort (organisée) de la contestation – ou le début de la révolte ?

Posté par calebirri le 26 juin 2014

Les citoyens ne font plus confiance en leurs institutions, et encore moins en leurs « élus » : à en croire les sondages d’où qu’ils viennent, la colère gronde et le peuple désire que son mécontentement soit entendu. Pourtant, et malgré le nombre de grèves, de manifestations, de pétitions ou d’autres alternatives contestataires, on s’aperçoit que la contestation n’a absolument aucun effet sur le comportement de nos représentants. Des Lois sont votées bien sûr, toujours soi-disant au nom de la justice sociale ou de la croissance, mais dans la réalité la situation d’une majorité de citoyens ne fait que s’empirer. Les « bonnes lois » sont vidées de leur contenu ou jamais appliquées (décret d’application jamais publié, loi organique non terminée, amendements annihilant les effets de la loi…), et les « mauvaises lois » sont votées sous des apparats consensuels ou trompeurs (assorties d’amendements vicieux étendant discrètement leur champ d’application, ou votées en catimini ou en accéléré pour éviter les débats, ou tout simplement directement rédigées par les lobbies au service de la finance…). En bref, les citoyens sont de plus en plus nombreux à avoir compris qu’on se moquait d’eux.

Mais si comprendre est une chose aisée, que critiquer est pour le moment encore autorisé, contester devient chaque jour un peu plus compliqué : à force d’user le vieil adage « diviser pour mieux régner », les gouvernements qui se sont succédés au pouvoir ont réussi à amoindrir considérablement, pas à pas, toutes les forces contestataires qui ont permis, pour telle ou telle corporation, des avancées sociales qui protégeaient leurs conditions de travail. En prenant pour modèle le « moins-disant social », ils sont parvenus non seulement à rabaisser tous les avantages qu’avaient certaines corporations tout en conduisant les uns à se désolidariser de tous les autres. Des lois, comme celle sur le service minimum, ont rendu les « grandes grèves » obsolètes, ou comme celle sur la représentation syndicale qui a permis d’amoindrir considérablement le pouvoir des syndicats. La future réforme sur les prudhommes et sans doute bien d’autres « réformes » ont peu à peu interdit toute forme de rassemblement contestataire, comme par exemple celles sur le terrorisme qui ont totalement modifié les « rapports de force ».

Tant et si bien qu’aujourd’hui les grèves et manifestations sont devenues non seulement inutiles, mais même souvent contreproductives : les manifestants sont considérés comme de mauvais citoyens empêchant les autres de travailler. Alors qu’il suffirait de rendre gratuits les péages par exemple pour obtenir le soutien d’un grand nombre de citoyens, ou de faire les parkings gratuits…

Le problème majeur de ces mouvements est le manque d’objectif commun, car face à la crise tous pensent qu’étant donnée la situation économique de la France tout le monde ne sortira pas gagnant : et chaque « corporation » préférerait que ce soit elle qu’on sauve, plus personne n’osant exiger -par exemple- une augmentation générale des salaires ou des conditions de travail…

Depuis quelques semaines en France défilent tour à tour les cheminots, les contrôleurs aériens, les examinateurs du permis, les avocats et j’en oublie.

En plus de la contestation qui devient obsolète s’ajoutent les problèmes de médiatisation de tous ces mouvements de contestation : entre le décompte des manifestants (j’ai entendu des chiffres police/organisateurs divisés par dix, alors qu’il serait si simple de se ranger par 10 ou 20 !), la focalisation sur certaines violences ou l’absence de relai médiatique, on voit bien que le peuple « qui se bouge » n’a plus aucune influence sur le pouvoir…

Alors on se dit qu’il ne sert plus à rien de continuer à lutter, et certains rêvent à la révolution – allant même pour les plus radicaux jusqu’à penser que la violence est le seul moyen de parvenir à de véritables changements. Mais c’est faire fausse route que de réfléchir ainsi : on s’en rend compte peu à peu, toutes les révolutions « démocratiques » qui ont eu lieu depuis les « printemps arabes » semblent avoir été fomentées par les Etats-Unis eux-mêmes, ainsi qu’ils l’ont déjà fait à maintes reprises dans l’Histoire…

Car il ne faut pas oublier une chose : lorsque la contestation devient inutile, la révolte devient alors l’ultime forme de contestation qu’il reste au citoyen ; et comme disait Isaac Asimov, « la violence est le dernier refuge de l’incompétence » – cette maxime s’appliquant à la fois aux « deux camps » qui se font face.
Nous n’instaurerons pas une démocratie par la violence, et ils n’instaureront pas leur dictature sans la violence. « On n’établit pas une dictature pour sauver une révolution, mais on fait une révolution pour établir une dictature », disait George Orwell. En supprimant les conditions de la contestation, le gouvernement crée les conditions de la révolte.

Et c’est tout le sens de la nouvelle proposition du premier ministre concernant la suppression possible de sites « suspects » de terrorisme sans l’accord préalable d’un magistrat. Il faut bien sûr comprendre derrière le prétexte du terrorisme la volonté du gouvernement de préparer la censure de la contestation sur internet, dernier refuge des contestataires démocrates : car comment croyez-vous que les « trolls » considéreront les sites qui condamnent à la fois le camp des « djihadistes » et la propagande islamophobe dont les musulmans modérés sont les victimes, autrement que comme des soutiens des premiers puisque par le syllogisme désormais communément accepté les musulmans sont forcément des islamistes, et par extension des terroristes ?

Il ne faut pas nous laisser prendre à ce petit jeu malsain. Nous devons nous unir pour lutter ensemble, pacifiquement. Nous avons déjà un objectif commun : le changement de notre « classe politique », après refonte totale de nos institutions. Nous pourrons alors discuter de l’Europe, de l’Otan ou des impôts peu importe, mais avant tout nous devons mettre tous ces faiseurs de guerre en dehors du champ politique pour reprendre le pouvoir. J’avais déjà proposé quelques « pistes » pour une grève générale « pas comme les autres », et il me manquait à l’époque l’objectif commun susceptible de rassembler tous les Français, qu’ils soient de droite ou de gauche : l’Assemblée Constituante doit être celui-ci. Commençons par unifier tous les partisans de ce projet sans préjuger de sa forme pour faire connaître ensuite les diverses tendances qui traversent ce projet commun. Ensuite seulement nous pourrons sortir ensemble dans la rue, rassemblés ensemble derrière un même objectif. Ne serait-ce que pour ne pas basculer ni dans la violence, ni dans la dictature…

Caleb Irri
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En fait, ils ne veulent pas sauver le capitalisme

Posté par calebirri le 31 mai 2014

Les élections sont inutiles. La peur du FN est un leurre. Et les économistes de tous bords n’ont rien compris. En réalité, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire ici, le système capitaliste fonctionnerait même plutôt bien si les agents économiques étaient réellement rationnels ; ce que des décennies de conditionnement n’ont pas réussi à imposer aux êtres humains, et c’est tant mieux !

Depuis le temps qu’on sait comment le sauver, il faut être naïf ou aveugle pour ne pas comprendre que si nos gouvernants continuent à agir contre le bon sens le plus élémentaire (c’est-à-dire imposer la régulation), c’est qu’ils ne le désirent pas : au point où les Occidentaux en sont rendus, après des décennies de tricheries, de distorsions de concurrence et de protectionnisme « patriotique », il apparaît que le retournement -inévitable au regard des ressources, de la population et du niveau de confort des pays « riches », a déjà bien entamé son oeuvre : aujourd’hui sauver le capitalisme revient pour les « occidentaux » à la fin de leur hégémonie sur le reste du monde.

Et c’est bien ainsi qu’il faut comprendre les événements qui se jouent actuellement. Alors que les économistes se disputent sur la meilleure manière de « sauver » le capitalisme, qu’ils vilipendent telle ou telle politique économique, ils refusent de voir que sauver ce système est non seulement inutile, mais aussi et surtout considéré comme « néfaste » par la plupart des « idéologues » qui nous dirigent, car ce système est tellement corrompu qu’il ne sert plus leurs intérêts mais celui de leurs « concurrents » (ou ennemis si on anticipe un peu). Cela implique pour les pays dits « développés » -et en dehors de la réflexion collective à laquelle j’appelle sans succès (mais je ne suis pas le seul!) la mise en place d’alliances, de tensions et de guerres pour redéfinir, sans passer par le capitalisme (et oui les occidentaux ne sont plus les plus puissants en richesse), un nouvel équilibre mondial dans lequel la force brute sera le référent (et là, les occidentaux sont encore les plus forts).

Ce qui se passe en Afrique, en Europe, des printemps arabes à l’Ukraine en passant par le Mali, n’est rien d’autre qu’une politique de déstabilisation de ces régions pour s’octroyer de « nouveaux marchés » à « peu de frais » (et oui pour eux les morts ne font pas partie des « frais »). En Europe, la « Troïka » (qui n’est rien d’autre qu’un lobby « occidentaliste ») appauvrit les peuples et le prépare à la révolte qui précédera, soi-disant pour lutter contre le « nouveau fascisme », une « Union Sacrée » des partis dits « de gouvernement » qui imposeront la fin totale de la démocratie pour faire allégeance aux Etats-Unis dans le cadre d’une alliance comme le TAFTA, qui donnera aux multinationales le véritable pouvoir politique.

Les grandes alliances se formant peu à peu, les tensions vont monter jusqu’à ce qu’un des camps soit ruiné ou prêt à combattre. Les bourses s’effondreront d’un coup et le capitalisme sera détruit, remplacé par un régime autoritaire dans lequel l’argent n’aura plus d’utilité, quand chaque mouvement de chaque personne sera alors contrôlé et déterminé sans qu’il puisse faire autre chose que d’obéir.

C’est cela le monde qu’on nous prépare. Cela ne sert à rien de continuer à voter ou ne pas voter, critiquer ou suivre, nous ne sauverons pas le capitalisme car ceux qui ont encore le pouvoir ne le veulent pas. L’extrême-droite ne gouvernera pas l’Europe, et personne ne sortira de l’Europe. Les alliances seront scellées, les armes fourbies, la misère organisée, les lois votées, et la révolte préparée… les restes de la démocratie éparpillés, la liberté enterrée.

Le progrès technique a rendu possible le contrôle et la surveillance totale possibles, rendant ainsi l’utilisation de la monnaie obsolète et l’esclavage attrayant : pourquoi faudrait-il payer des hommes pour travailler alors qu’il est désormais possible de les y contraindre ? l’argent était jusqu’à aujourd’hui le lien permettant la dépendance des hommes vis-à-vis du pouvoir, mais la technologie le remplace avantageusement. Nos dirigeants n’ont plus besoin du capitalisme pour exercer leur domination, ils ont la force totale. Internet est à la fois l’arme et le rempart qui séparent la démocratie de la dictature. Et il ne fait aucun doute que la bataille pour préserver un internet libre sera notre dernière bataille. Après, nous ne pourrons plus rien faire.

Caleb Irri
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Cette guerre que (presque) tout le monde attend

Posté par calebirri le 2 mars 2014

Elle va bien finir par arriver cette guerre. Nombreux sont ceux qui la redoutent, mais plus nombreux encore sont ceux qui l’attendent. Pas pour les morts bien sûr, ni pour les misères et les destructions qu’elle engendre non plus… encore que ! Car en définitive tout le monde (ou presque) sera satisfait : l économie va enfin pouvoir repartir, et la croissance reviendra après. Je souligne le « ou presque » par acquis de conscience mais c’est bien l’ensemble du monde capitaliste qui s’en portera mieux. Car il est dans la nature même du capitalisme de conduire à la guerre ( vous ne le saviez pas peut-être ?) : comme une « saignée nécessaire pour « relancer la machine »… Imaginez des millions de morts, de blessés, et puis toutes les infrastructures détruites. La conscription, l’état d’alerte ou l’état d’urgence, « l’union sacrée » ! et puis aussi la relance de l’emploi à travers « l’effort de guerre », quelle opportunité pour la « croissance » !

Finies les dettes à rembourser aux « ennemis », finie la démocratie qui empêche les dirigeants de faire ce qu’ils souhaitent et qui autorise les citoyens de se plaindre sans cesse… Cette satanée « démocratie » qui nuit aux affaires et cet internet qui autorise la divulgation des « petits arrangements » de nos dirigeants doivent disparaître avec la guerre, car seule la dictature permettra la relance économique à travers la « compétitivité » offerte par l’esclavage. Et les destructions engendrées par la guerre sont autant de marchés qui seront à prendre au plus méritant (le plus fort donc).

Il faut bien comprendre que le « retournement du capitalisme » auquel nous avons assisté les dernières décennies ne laisse pas trop de choix : n’étant plus en mesure de dominer le monde par la puissance financière (en réalité il n’y a plus d’argent), les pays dits « puissants » ne le sont plus que grâce à la force brute ; et la guerre est désormais pour eux le seul moyen de conserver leur statut international. Et pour nous de conserver notre « niveau de vie »…

Car après tout nous pourrions encore éviter le chaos qui vient : en remettant de l’ordre dans la finance, en supprimant tous les avantages concurrentiels dont nous nous sommes emparés dans l’Histoire (par la force et par la ruse), nous pourrions alors redonner à chacun la place qu’il devrait « logiquement » avoir. Au prix bien sûr d’une baisse drastique de notre confort de vie. Mais qui est prêt pour cela ?

Et c’est là qu’on revient à mon titre quelque peu provocateur : nous devinons tous, à la vue des inégalités scandaleuses provoquées par ce système (quand on pense que 85 personnes possèdent la même richesse que 3,5 milliards d’autres personnes -plus de la moitié des êtres humains que compte cette terre !), que nous avons dépassé toutes les limites acceptables. Et nous savons tous également que sans la remise en cause du système qui crée ces injustices la guerre reviendra toujours pour redistribuer régulièrement les cartes du monde. Mais comme nous n’avons toujours rien créé de mieux pour nous gouverner, nous préférons sauver un système injuste, au prix de la guerre, que de nous risquer à inventer une alternative démocratique capable de s’opposer à la dictature qui viendra avec. Surtout si c’est pour payer plus cher, non ?

Tant que nous refuserons de nous confronter à la question d’un système « sans argent », nous sommes condamnés soit à la guerre, soit à la dictature : la guerre conduit à la dictature et la dictature conduit à la guerre.

Mais ne vous réjouissez pas trop vite : Car pour que l’une apparaisse, il faut que les conditions de l’autre soient présentes. Et tant que le système ne s’effondrera pas totalement, nos dirigeants fourbiront leurs armes avec tout l’argent qu’ils pourront engranger jusque là. Ce qui signifie que tant que notre épargne, nos derniers droits sociaux ou notre liberté d’expression ne seront pas totalement remise en cause, il leur reste du boulot : nous allons donc assister d’ici peu à un renforcement des mesures sécuritaires, une accélération des législations liberticides, un approfondissement des politiques d’austérité, une montée des peurs et des violences…

Et puis quand tout le monde sera prêt, les festivités pourront alors commencer ; quand un des « gros » ne pourra plus tenir sa bourse, ou sa population, ou son armée… Nous aurons beau dire que nous ne la voulions pas cette satanée guerre, mais nous l’attendions quand même… Car au lieu de se mettre au boulot pour réfléchir au futur que nous offrirons à nos enfants, nous avons été les victimes consentantes d’ignobles individus qui ne travaillent qu’à la perpétuation de leur propre pouvoir. Et coupables de les avoir élus, au mépris de leurs agissements criminels dont nous avons tout de même de manière complice bénéficié, en privant consciemment les autres peuples des avancées dont nous avons hérité de toutes les guerres précédentes. Et surtout en préférant continuer ainsi : puisqu’on ne peut pas supprimer le capitalisme, autant que nous restions les maîtres n’est-ce pas ? Et cela même si, paradoxalement, c’est au prix de notre propre liberté.

Caleb Irri
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Pour gagner de l’argent, rien ne vaut la double-pensée

Posté par calebirri le 23 février 2014

Pour gagner de l’argent, une assurance doit assurer ce qui n’arrive presque jamais, et ne presque pas assurer ce qui arrive tout le temps.

Pour gagner de l’argent, une banque prête l’argent que nous lui confions par sécurité à d’autres et prend le risque de ne pas pouvoir nous le rendre.

Pour gagner de l’argent, une entreprise doit exploiter ses employés ou ses clients pour vendre ses produits plus chers qu’ils ne lui coûtent à l’achat ou à la fabrication.

Pour gagner de l’argent, un médecin doit souhaiter qu’il y ait toujours plus de malades, comme le croque-mort doit souhaiter plus de morts.

Pour gagner de l’argent, l’Etat doit offrir aux citoyens le minimum de services avec un maximum d’impôts.

Pour gagner de l’argent, l’employé doit se soumettre à la volonté du patron, et faire concurrence à ses collègues.

Pour gagner de l’argent, les peuples doivent coloniser les autres peuples pour exploiter leurs forces de travail et leurs ressources.

Pour gagner de l’argent, il faut détruire la planète, instaurer une dictature et faire la guerre aux autres hommes.

Pour gagner de l’argent, il faut mentir, tricher, voler, tuer, être dénué de toute morale tout en faisant croire qu’on agit pour des valeurs.

Pour gagner de l’argent, il faut calculer au lieu de profiter : perdre sa vie à la gagner.

Et par dessus tout, appliquer pour tout, et en toute circonstance, la double-pensée, c’est-à-dire faire une chose contraire à ce qu’on dit mais oublier consciemment non pas qu’on le dit mais qu’on le fait. Pour accepter de continuer à le faire : « Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. Là était l’ultime subtilité. Persuader consciemment l’inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer ». George Orwell

Caleb Irri
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Il ne s’agit plus de quenelle mais de liberté d’expression

Posté par calebirri le 10 janvier 2014

Au départ je voulais faire état de mon courroux face au comportement scandaleux des sénateurs dans l’affaire Dassault, sénateurs qui n’en sont malheureusement pas à leur coup d’essai : le Sénat protège les siens.

Persuadé que Dieudonné allait évidemment pouvoir jouer son spectacle et qu’on oublierait tout ça rapidement (et tant mieux), c’est avec stupéfaction que j’apprenais hier soir la décision du Conseil d’Etat d’interdire ce spectacle…

Pourquoi avec stupéfaction , me direz-vous, je défends Dieudonné alors ?

Non je ne défends pas Dieudonné, mais c’est qu’il ne s’agit plus de lui, ni de sa quenelle de merde, mais bien de notre liberté d’expression à tous !

Car à travers cette décision , c’est une « jurisprudence Dieudonné » que le Conseil d’Etat vient de créer : interdire l’expression d’un homme « a priori » (c’est-à-dire donc avant que son expression soit condamnable), ce qui est, on le comprend vite, la négation de la liberté d’expression.

Comment cela a-t-il bien pu arriver ?

J’ai donc tapé « comment fonctionne le conseil d’Etat » sur mon ordinateur, et j’ai cliqué sur le premier lien, conseil-etat.fr : impossible d’y accéder (et ce depuis hier soir au minimum) Tiens donc !

Je me rabats donc sur wikipedia, où j’apprends que le Conseil d’Etat est un organe consultatif dont l’avis est en général suivi par le gouvernement, mais que rien ne l’y oblige, sauf dans de « rares cas prévus par la Loi », qui ne sont bien sûr pas indiqués sur le site.

De plus, les membres sont des fonctionnaires (et non pas des magistrats), qui pour les postes principaux sont apparemment directement ou indirectement choisis par le président lui-même ou le Conseil des Ministres (au moyen d’une sélection appelée « au tour extérieur » et dont on ne sait rien sur wikipedia)…

En gros, Le Conseil d’Etat est à la solde du gouvernement qui l’emploie, et le gouvernement, en le saisissant en urgence, savait très bien ce qui allait être décidé… On entend ce matin dire que le juge était seul pour statuer (la justice indépendante ?)

Maintenant, et en attendant que cette décision soit « cassée » par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (comme nous rassure maître Eolas dans son interview , que va-t-il se passer ?

-Dieudonné va devenir encore plus populaire au lieu de le rendre inaudible
-cette « jurisprudence » risque de faire des émules pour qui veut interdire de s’exprimer
-Les tensions communautaires vont être ravivées et risquent d’engendrer des violences sur lesquelles le gouvernement s’appuiera pour réprimer telle ou telle…
-Les « quenelles » vont se multiplier dans les stades de foot, les écoles, les émissions de télévision, sur internet… avec les difficultés d’interprétation juridique qui en découlent.

Ce geste d’antisémite deviendra alors le signe d’un « rassemblement » contre Manuel Valls et le gouvernement, et pendant ce temps là on ne parlera ni du chômage ni de la pollution, ni de la misère qui se développe…

En réalité, avec cette décision scandaleuse prise au nom d’un risque de trouble grave à l’ordre public, c’est un risque beaucoup plus grand encore pour ce même ordre public que le gouvernement prend le risque d’engendrer, en créant un précédent juridique très grave pour un pays dont la devise commence par le mot « Liberté ».

Caleb Irri
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La surveillance de qui ?

Posté par calebirri le 23 novembre 2013

Le « tueur fou » a enfin été arrêté. Il apparaît que ce personnage trouble (l’enquête donnera plus tard son avis sur sa folie) a réussi pendant presque une semaine a déjouer les plus fins limiers de notre chère police… Un hacker de génie, un espion surentraîné, un psychopathe aguerri, qui peut bien être cette personne qui peut se promener le visage découvert avec un fusil à pompes dans divers endroits de Paris sans être attrapé par la police, voilà la question que tout le monde se posait…

Et bien il n’en était rien ! Cet individu au passé judiciaire connu n’est en réalité qu’un loser terminant sa « mission » dans le sous-sol d’un parking, à-demi comateux dans une voiture sans doute encerclée d’un millier de « forces spéciales » surarmées… Même pas capable de réussir son suicide !

On peut me trouver cynique mais ce n’est que la triste vérité.

Mais ce n’est finalement pas lui qui m’importe aujourd’hui, c’est une autre vérité bien plus grave : avec je ne sais combien de centaines (ou de milliers ?) de caméras installées dans Paris, je ne sais combien de policiers, en civil ou en uniforme, et de « vigipirate », et de services de renseignements, de scientifiques,etc… qui sont mobilisés pour notre « sécurité » dans cette ville, je trouve qu’il est plus que scandaleux qu’on ne puisse pas aujourd’hui, avec les moyens déployés, faire mieux qu’une « pauvre » photo floue et de mauvaise qualité comme « indice », alors qu’on peut désormais prendre en photo une plaque minéralogique en haute définition, et ce dans les deux sens de circulation.

Car que signifie cet épisode en fin de compte, sinon que notre argent, l’argent public, n’est pas utilisé correctement pour notre sécurité, et qu’en plus il sonne comme un aveu de l’inopérance des systèmes d’une surveillance pourtant généralisée. C’est dans ce genre de situations qu’on s’aperçoit de la véritable fonction et de la police, et de la surveillance : faire de l’argent, et pratiquer un « flicage » généralisé des honnêtes gens pour leur chercher des poux dans la tête- à moins que ce ne soit dans leurs portefeuilles.

Certains en concluront qu’il faut plus de caméras, et de meilleure qualité, plus de police et plus de fichage génétique. Mais en réalité ceux-ci se trompent lourdement, car il est impossible d’arrêter un type qui veut tuer d’autres hommes, comme le prouvent malheureusement tous les jours de nombreux « kamikazes » à travers le monde. La surveillance « pour notre sécurité » est une illusion, et même un leurre coupable qu’on nous vend à prix d’or, celui de notre liberté. Nous ne sommes pas mieux protégés, nous sommes juste plus anxieux : et ça rapporte à l’Etat, et même en plus ça peut faire gagner les élections…

Caleb Irri
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