combien coûte le Temps

Posté par calebirri le 11 août 2009

Cronos est le père de tous les dieux, car sans le Temps la vie est impossible. Aux contraintes du nombre et de l’espace s’ajoute donc celle du Temps, qui inscrit les sociétés dans l’Histoire.

C’est très tôt dans la vie des sociétés organisées que la notion de Temps a été mise en relation avec l’Histoire, car elle découle directement du rapport des hommes avec leur humanité, en établissant les liens avec la mort et la conscience de soi, l’individu.

Le Temps peut être considéré à la fois comme un ennemi ou un ami, une chance ou un poids, selon les époques et les sociétés qui l’ont défini. La fin d’une souffrance pour certains, la fin de tout pour d’autres, chacun a les capacités de juger le temps qui passe à la mesure de l’instant présent, ou de ses croyances futures. Mais nul ne peut nier sa force constante et inaltérable, ni son inéluctabilité.

Bien sûr, la science s’est très tôt penchée sur l’étude du Temps, car la survie des hommes en société en dépendait ; « gouverner c’est prévoir », mais aussi organiser. Et pour y parvenir, les hommes ont décidé de le comptabiliser, pour pouvoir le calculer. Mais l’apprivoisement du Temps n’a pas toujours été à la portée de tous, et les batailles pour se disputer son contrôle n’ont pas toujours été pacifiques, car le pouvoir de celui qui contrôle le Temps est immense : il a la capacité de diriger l’action des hommes.

Dans les premières civilisations, le chef suprême était considéré comme une sorte de gardien du Temps, qui par sa capacité à prévoir les récoltes, ou à organiser de grands projets, faisait le lien entre le divin et l’humain.
Ensuite, avec l’avancée des sciences et l’apparition du monothéisme, les êtres humains ont fini par comprendre que sans l’existence d’un Dieu, et donc de l’espérance d’une éternité, leur vie des hommes n’était plus une « goutte d’éternité », mais un compte à rebours. C’était comme partir d’un point A vers un point B, avec une probabilité de ne pouvoir reculer ce point B que de très peu. Certains imaginaient bien un point C qui suivrait le point B, mais rien ne le prouvait certainement. Alors en attendant, il fallait bien se satisfaire de la première certitude.

C’est ce rapport réel au Temps qui permis dans un premier temps aux églises de conditionner les actions des hommes à leur volonté. Face au Temps qui passe, l’homme devait trouver sa place, et aussi la laisser aux suivants. La peur et l’espoir d’une vie éternelle étaient la carotte et le bâton lui permettant d’avancer, et le temps qui lui était imparti une course à la réussite d’un maximum de « bonnes actions », dont les règles étaient définies par les maîtres du Temps de l’époque, à savoir les différentes églises.

Mais la science toujours avançant, la possibilité d’un Dieu reculant et le nombre croissant d’églises troublant peu à peu les règles jusqu’à les rendre inintelligibles (protestants estimant la réussite financière comme le résultat d’une élection divine, voeux de pauvreté des catholiques contredits par la richesse du Vatican…), il advint que le capitalisme a fini par remplacer la religion à travers sa relation au Temps : aujourd’hui , le temps c’est de l’argent. cette définition du Temps est aujourd’hui universellement acceptée, et cela par dessus le pouvoir des religions.

Il est désormais défini que le temps n’est plus un cadeau des cieux destiné à satisfaire le plaisir des hommes et leur permettre de « bonnes » actions, mais une contrainte absolue tournée uniquement vers la notion de profit, d’accumulation de richesses (la rationalisation de l’individu).

Le capitalisme est la nouvelle religion universelle, car elle conditionne la vie des individus à un calcul qu’il est impossible de refuser : soit l’on gagne du temps en dépensant son argent, soit on gagne de l’argent en dépensant son temps. Le salaire de l’homme est fonction du temps qu’il passe au travail, et le temps qu’il prend pour ses loisirs est le péché sanctionné par cette nouvelle église.

Finalement, le Temps est devenu  au fil des âges une donnée capitaliste qui a un prix, celui du temps des hommes, celui de leur bonheur en quelque sorte, que l’on achète ou vend en fonction de ses moyens.

De plus, il faut ajouter que le prix du Temps est en constante augmentation, car il finit par se faire rare. Les jours de notre planète sont comptés (que ce soit en milliers ou en millions d’années), la science nous ayant appris à la fois la fragilité de celle-ci et les moyens de la détruire. Le capitalisme  ne nous a toujours pas guéri pleinement de nos incertitudes quant à l’éternité, et veut absolument nous faire croire à la nécessité de tout vouloir ici, et maintenant. La peur d’un Juge suprême ayant presque totalement disparu, l’homme qui a vendu le Temps a en même temps perdu l’espoir, à un tel point qu’il est aujourd’hui capable de brûler les générations suivantes sur l’autel du Dieu Argent, pour pouvoir continuer à accumuler.

 

Après ça, il ne reste plus qu’à espérer que l’éternité n’existe pas.

 

caleb irri

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éloge de l’ennui

Posté par calebirri le 29 juin 2009

Eloge de l’ennui

L’ennui est un terme péjoratif qui a remplacé celui d’oisiveté, qui était sujet à des interprétations contraires : pour les uns il y avait la joie dans l’oisiveté, et pour les autres c’était cette joie qu’il fallait combattre. Que des gens s’ennuient était déjà un affront fait aux classes laborieuses, alors qu’en plus ils en éprouvent du plaisir, voilà qui avait de quoi énerver.

Aujourd’hui, le terme d’oisiveté n’est plus employé, et a été définitivement remplacé par celui de l’ennui. il est défini comme une sorte de trouble, de vide, de manque, mais aussi comme une charge pesante et oppressante, un symptôme d’une maladie nommée dépression. En bref, l’ennui est un mal absolu qu’il faut éviter à tout prix.

Pourtant, il faudrait rendre à l’ennui les honneurs qui lui sont dus, car il est de mon point de vue tout à fait mal traité, et à tord.Car enfin l’ennui a bien des avantages, et sa définition négative (et sans doute pas innocente) ne lui rend pas justice.

Tout d’abord, il faut dire que l’ennui c’est la possibilité de réflexion, autrement dit de retour sur soi. Sans ennui il n’y a ni avancée spirituelle, ni même intellectuelle. L’ennui est le seul moment où l’homme s’arrête et laisse voguer ses pensées, sur lui même ou sur les autres, sans d’autre but apparent que de ne rien faire. Mais ne se passe-t-il donc rien lorsqu’on s’ennuie ?
Il apparaît, selon certaines études récentes, que le cerveau d’une personne qui s’ennuie fonctionne aussi intensément (voire plus) à l’état d’ennui qu’à l’état actif. Si cela peut surprendre au premier abord, il y a cependant une explication : les connections mobilisées par les vagues successives de pensées qui s’entrechoquent dans l’esprit de l’ennuyé ne sont pas focalisées par un objet précis (une tâche à effectuer) mais par de multiples sources.

Ensuite, il semble difficile d’expliquer le génie sans l’ennui. Laisser voguer ses pensées au hasard, c’est la possibilité de faire de nouvelles connections, de rêver au futur ou de se souvenir du passé, c’est penser sans ordre contraint, et la possibilité de penser autrement. C’est aussi imaginer, créer, se poser des questions, et chercher des réponses. s’ennuyer c’est penser, inévitablement. Pas moyen de faire cesser ces connections, ces images, ces vues de l’esprit de notre cerveau. L’allégorie de Newton recevant une pomme sur la tête le décrit s’ennuyant sous un arbre, activité qui semble à bannir dans notre moderne société.

S’ennuyer est considéré comme une activité improductive, une perte de temps. Le temps, c’est de l’argent. ceux qui s’ennuient sont des fainéants. On comprend bien l’intérêt de cette idée reçue sur l’ennui lorsque l’on aborde la face politique de cette définition. Le chômage coûte à l’Etat sans lui rapporter. Pour ne pas laisser les chômeurs dans l’ennui, et surtout ne pas inciter les autres à souhaiter cet ennui rémunéré, il fallait aux Etats installer l’idée selon laquelle l’ennui est un mal à éviter. De plus, que la société ait un regard négatif sur les chômeurs était essentiel à la bonne marche de la société.

Mais ce n’est pas tout : face à une crise de l’emploi comme celle que nous traversons, les chômeurs sont de plus en plus nombreux, et de moins en moins stigmatisés par la société. Le but des gouvernements est d’éviter à tout prix l’ennui pour ces chômeurs, car ils pourraient finir par se mettre à réfléchir, à penser, à imaginer ou à rêver… et ainsi en capacité de remettre en cause le système qui les a conduit là où ils se trouvent. Il n’est que de constater la complexification des démarches administratives, les contraintes imposées, la formation et les rendez-vous obligatoires pour comprendre que le gouvernement ne veut pas d’ennui. sans compter l’ennui à l’école, qui y est traité comme une déviance et non pas comme l’expression d’une recherche d’intérêt.

Les loisirs gratuits, l’école obligatoire, et maintenant « l’offre raisonnable d’emploi », les internats ou le service civil vont désormais pouvoir occuper tout le monde. Le peuple ne doit pas s’ennuyer, car il ne doit pas être en mesure de réfléchir. Réfléchir au fait que, par exemple, le progrès censé nous apporter le bonheur matériel et nous libérer du travail pénible nous a conduit à une retraite toujours plus courte, et à des cadences de travail toujours plus assommantes. C’est pour ça que l’éducation, comme la socialisation dans son ensemble, tentent de bannir l’ennui de ce monde.

Et puis l’ennui est aussi associé à la dépression, sans qu’on sache trop comment : s’ennuie-t-on parce qu’on est dépressif, ou bien est-on dépressif parce qu’on s’ennuie ?

Sans avoir à répondre à cette question, la dépression est pour moi l’absence d’ennui, car seul le retour sur soi est capable de régler cette question. Bien sûr certains argumenteront sur le fait qu’au travail ils vont bien, et c’est lorsqu’ils rentrent chez eux, laissés seuls à leurs pensées, que la dépression se fait sentir. Mais ce n’est pas parce qu’ils s’ennuient, mais plutôt que leur cerveau reste bloqué sur une boucle de pensée tournant sans cesse autour de la pensée qu’ils ne vont pas bien. Ils ne s’ennuient pas, ils se focalisent à une tâche mentale sans fin, épuisante et insoluble. Que ne se posent-ils pas la question du  « que faire » plutôt que du « pourquoi » ? ils cesseraient immédiatement leurs pensées nocives, et libéreraient ainsi leur esprit par un ennui plus motivant…

Finalement, la dépression pourrait être vue plus comme une absence qu’un « trop plein » d’ennui. Et l’ennui devrait être recherché comme un suprême bien, car lui seul permet d’imaginer un monde meilleur.
Voilà pourquoi les puissants ne le désirent pas, et aussi pourquoi ils modifient le sens des mots: « le novlangue était destiné, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but » (Orwell)

 

caleb irri

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pourquoi la génétique ne me fait pas peur

Posté par calebirri le 30 mai 2009

Décrypter le génome humain puis le breveter, rendre la vie aux mammouths, cloner sa femme, vivre mille ans sans maladie, voilà des sujets qui inquiètent. Bien sûr on ne fait que commencer à entrevoir les catastrophes que la connaissance génétique est susceptible d’engendrer, et le débat sur l’éthique ou le rentable ne fait que commencer.

Mais par delà ce débat, il en est un qui, à ma connaissance, n’a pas été encore clairement tranché : celui de l’inné et de l’acquis, un bien vieux débat qui mérite qu’on s’y intéresse avant tout.

Et oui, il est bien beau de parler de la génétique  comme de la seule possibilité de conditionnement social. Aujourd’hui il est couramment accepté que nos comportements sont déterminés par notre capital génétique. Mais cela est-il exact ? Sans compter la valeur eugéniste d’un tel point de vue (si on considère que la violence ou l’homosexualité, la prédisposition à certaines maladies ou la capacité physique sont déterminables à priori, alors celui qui possède  ces informations devient en capacité de les éliminer, purement et simplement) rien ne prouve qu’il soit plus facile de fabriquer un individu sans défaut que de l’éduquer, de le conditionner à ce qu’on en désire faire.
Afin de prouver la primauté de la génétique sur le social, il n’est pas rare de voir les scientifiques se servir de la théorie de l’évolution comme soutien. Pourtant, cette corrélation est à relativiser compte tenu de son incohérence : l’adaptation au milieu (le social donc) est une donnée fondamentale de cette théorie, et ne place la génétique qu’au second rang.

Cela est explicable si l’on veut bien se donner la peine de regarder une évidence : si les caractères génétiques se transmettent et sont capables de muter à la génération suivante, c’est bien que le milieu est le facteur déclenchant de la mutation. De plus, certaines dispositions comme celle à une maladie génétique ne sont pas une certitude, car certains individus ne développeront jamais cette maladie. Cela signifie qu’au cours d’une existence, les gênes sont en mesure de s’activer ou non, de muter ou pas. Sans compter le fait que, pour que deux génomes (ou deux individus) se rencontrent, le rapprochement est  plus dicté par le climat social ( le génome est une hérédité sociale) que par sélection naturelle (comme les animaux qui s’accouplent avec l’individu dont le capital génétique -évidemment aux vues des qualités extérieures présentées- semble le plus à même de favoriser une descendance viable).

Mais ça n’est pas tout : l’épigénétique, c’est mon avis, est peu à peu en train de rendre compte de la prégnance du social sur la génétique. L’épigénétique, c’est en quelque sorte la capacité d’un gène à s’activer ou pas. Mais  quels sont les facteurs déclenchant, ou pas, un gêne ? ce que l’on mange, ce que l’on fait, le contexte extérieur, le milieu enfin. J’entendais l’autre jour un journaliste qui parlait du stress comme facteur de mutation. Il semblerait que ce soient les courants électriques générés par un stress qui en sont le moyen. Mais si des courants électriques sont capables d’être induits par un comportement, le capital génétique dont nous disposons à la naissance est un point de départ, pas un point d’arrivée. Ce que nous transmettons n’est pas seulement le mélange de deux génomes, c’est surtout le mélange de deux génomes modifiés par leur propre vie. Si les gênes se transmettaient tels qu’ils sont apparus, l’évolution n’existerait pas. Car s’ils nétaient pas capables d’évoluer en l’espace d’une seule génération, alors nous serions en droit de « supprimer » ceux et celles qui possèdent les gênes considérés comme nuisibles pour éviter toute descendance.

Alors maintenant, envisageons que 100 clones d’un acteur en vogue soient crées. Peut-on croire un instant que ces 100 bébés, même élevés par la même mère, deviennent des êtres semblables en tous points, de caractère, de physique et d’intelligence ? peut-on croire également que les enfants, faits avec 100 clones d’une starlette à la mode, seront les mêmes ?

Non, personne n’y peut croire sérieusement. Heureusement l’être humain n’est pas qu’un corps et son âme est si complexe que notre pouvoir ne suffit pas à expliquer la somme des instants qui la forgent. Jamais nous ne serons en mesure de comprendre un être de façon complète et totale, car pour cela il faudrait revivre la vie, instant par instant, de chaque être humain.

Nous pouvons donc tous dormir tranquilles car la génétique ne contrôle pas le social, qui est en réalité beaucoup plus puissant. Deux clones ne développerons jamais ni les mêmes aptitudes, ni les mêmes sentiments, ni les mêmes caractères. Il suffit pour deux frères de ne faire que regarder dans une direction différente à un instant donné, et que l’un admire les étoiles pendant que l’autre assiste à un drame de l’autre côte de la rue pour que leurs êtres ne soient plus jamais identiques.

Breveter le génome, bien, mais pour quoi faire ? nous ne sommes pas responsables non plus de celui avec lequel on naît. Refaire les mammouths très bien mais les mettre au zoo ou les laisser en liberté pour manger récoltes et troupeaux ? non, on les chasserait avant. Cloner sa femme serait-il plus évident que la séparation pour une autre ? vivre mille ans nous ferait-il tout multiplier par mille ou diviser par mille (ressources, peines de prison..) ?

Et les OGM, peuvent-ils nous tuer ? s’ils le peuvent l’homme n’aura que ce qu’il mérite, mais s’il résiste il s’adaptera, et les autres habitants de la planète aussi. Nous reviendrons alors au point de départ en se disant qu’on a perdu beaucoup de temps, surtout que la sélection génétique se fait naturellement, d’elle même.

Alors comme dit un proverbe chinois : si le problème a une solution, alors ça ne sert à rien de s’inquiéter. et si le problème n’a pas de solution, à quoi sert-il de s’inquiéter ?

 

caleb irri

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Pourquoi je n’irai pas voter

Posté par calebirri le 12 mai 2009

Il y a quelques jours, à propos d’un amendement du parlement européen refusant la « double-peine » à propos du téléchargement, monsieur Copé affirmait que les décisions prises par le parlement européen n’ont pas de valeur si elles ne sont pas également adoptées par le conseil des ministres européens. Je me précipite donc sur internet pour comprendre de quoi il s’agit: procédure de codécision.

 

En principe cette procédure est la règle, mais il existe un grand nombre d’exceptions (40 sur 90). Pour les exceptions, le Conseil des ministres décide seul, ou peut simplement consulter le parlement.

 Par contre, lorsque la procédure de codécision  est entamée, il semble que le parlement ne puisse faire accepter une proposition législative sans l’accord d’une majorité qualifiée du conseil des ministres européens. S’il le conseil et le parlement ne réussissent pas à trouver un accord après une première lecture, alors la loi (ou l’amendement) finit par passer aux oubliettes (ou en commission de conciliation, c’est égal). Bien sûr le parlement à également le pouvoir de s’opposer à une proposition de loi- propositions à l’unique initiative de la commission européenne (un commissaire par pays). A la majorité absolue bien sûr, et non pas de celle des parlementaires présents : il y a 288 parlementaires de droite, 217 de gauche, 100 centristes, sur 736 membres.  Le Conseil lui, dispose d’une sorte de droit à enterrer le projet sous la poussière du temps (pas de délai).

Mais alors, les élections européennes, c’est du flan? À quoi sert-il de voter pour des députés n’ayant pas le pouvoir de s’opposer à nos gouvernants? Surtout quand on sait que le parlement ne s’est opposé que deux fois sur les 420 textes proposés entre 1999 et 2004!

 Cela montre bien quel intérêt peuvent avoir ces élections (hors mises les indemnités supplémentaires qu’offre le statut de député européen) pour la droite comme pour la gauche : ils sont d’accord sur tout!

  Mais ce n’est pas tout. Ce sont les dirigeants de toute l’Europe qui ont imposé et imposent la signature du traité de Lisbonne. Pourquoi y tiennent-ils tant, alors que tout semble si bien fonctionner? En plus de l’indécence des pouvoirs qu’ils se sont arrogés, nos dirigeants craignent-ils encore une opposition qui tienne son rôle? Il n’y a pas que cela j’espère.

 

Se pourrait-il alors  qu’il n’y ait que le nombre des domaines exclus de la conciliation par le traité de Lisbonne qui soit important pour les dirigeants, mais pas les élections du parlement?

 

Car si j’ai bien compris, la liste de ces exclusions s’allonge de 21 domaines dont on ne connaît pas la liste précise. Seuls certains sont connus, et des plus édifiants: politique étrangère et de sécurité, marché intérieur, tarifs douaniers, une partie de la politique agricole (les OGM?), où le conseil des ministres décidera seul.

La fiscalité, une partie de la politique sociale (la mise en chantiers de nouvelles prisons?), après une simple consultation du parlement.

Et pour finir, la politique monétaire laissée à la seule banque centrale européenne.

Alors voilà : pour ma part je n’irai pas voter. Pas la peine. J’y retournerai quand les votes « blanc » seront comptabilisés, afin que le peuple puisse montrer clairement notre opposition aux candidats, et à toute cette mascarade qui ne nous offre que des clones pour alternatives.

 

caleb irri

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comment faire la révolution

Posté par calebirri le 22 mars 2009

Pour combattre le système qui nous oppresse, il est primordial de le connaître. Facile à dire, mais impossible à faire. Les règles internationales, ou supranationales, sont non contraignantes au niveau d’un Etat qui ne serait pas signataire de ces textes. Restent les lois nationales, dont les préceptes fondateurs sont inscrits dans une constitution. Cette constitution est le sommet d’une pyramide qui possède de nombreux étages, et dont la base la plus large est formée des applications concrètes définies par le journal officiel. Ce journal est librement consultable, pour peu qu’on ait le temps d’y consacrer quelques siècles.

 

Les lois qui régissent nos actes sont un amas sans cesse renouvelé d’adaptations, de reprises ou de changements, et il n’est pas rare de découvrir l’origine de certaines dans le code civil napoléonien. Qui pour la plupart sont déjà le reliquat de lois et de traditions séculières. Impossible d’imaginer sortir quelque chose de ce fatras, à moins que d’y perdre non seulement son latin, mais aussi sa raison. Il ne faut même pas chercher à prendre le problème par ce bout là : c’est comme si on préférait à tout prix réparer une maison qui s’écroule au lieu de la refaire de zéro.

 

Car si les lois sont modifiables, la constitution l’est aussi. C’est à mon avis par là qu’il faut commencer. En France, la constitution a été modifiée il y a peu, et ce texte est capable d’être digéré, pour peu qu’on s’en donne la peine. Elle définit clairement les pouvoirs du gouvernement, ainsi que les limites de ces derniers. Elle définit également les droits et devoirs des citoyens, qui doivent de gré ou de force se soumettre à l’autorité d’un gouvernement démocratiquement élu.

 

Ce texte primordial est censé se référer à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, texte qui lui même pourrait juridiquement être remis en cause (ce qui a déjà été fait). Cela signifie donc que les textes fondateurs d’un Etat comme la France sont modifiables, et ce de bout en bout. Mais cela reste théorique, car concrètement le changement constitutionnel est dépendant des lois qui dépendent de la constitution. Pour changer radicalement la constitution, il faudrait en réalité que le fatras décrit plus haut soit intelligible non par ceux qui font les lois, mais par la base citoyenne qui élit ceux qui font les lois. Sans cela, peu de chances réelles de changement. Comme on l’a vu pour le traité européen, d’une part les citoyens n’ont pas les moyens de connaître le texte dans sa globalité, et de l’autre les politiques censés nous éclairer sont eux mêmes soit aussi incompétents que les citoyens, soit capables d’en dire volontairement n’importe quoi. Ensuite, on voit bien que les lois autorisent et le référendum, et en même temps autorisent de ne pas se préoccuper de celui-ci. Les seuls changements possibles ne sont pas ceux que le peuple est en droit d’attendre.

C’est comme le suffrage universel direct : s’il est intrinsèquement une bonne chose, il ne peut malheureusement être démocratique qu’à condition du caractère « éclairé » des citoyens. Sans cela il restera une illusion.

Alors que faire ?

 

Prenons le concept de « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » inscrit dans « la charte des Nations-Unies » de 1945. Il réaffirme ce droit, et permet à un peuple de déclarer son indépendance. Ensuite et depuis 1980, la France a signé le « pacte international relatif aux droits civils et politiques », qui stipule : « tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. » Je ne reviendrai pas sur les nombreuses atteintes aux droits protégés définis, mais il serait tout de même intéressant de s’interroger sur la force de contrainte des Nations-Unies. Mais ce n’est pas le sujet. En théorie ces droits existent et doivent s’appliquer. De même pour le droit à l’autodétermination.  

 

 

 

Ainsi il devient théoriquement possible de créer une nouvelle constitution, librement et sans violence, et protégée par le droit international. Il ne reste plus qu’à l’écrire… si elle est juste, elle trouvera et un peuple, et un territoire.

 

caleb irri

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j’accuse oui, mais tout le monde!

Posté par calebirri le 2 mars 2009

J’accuse le président de tenter d’établir un régime autoritaire sous couvert d’une crise dont il profite

 

J’accuse le gouvernement de soutenir la politique du président pour des raisons viles, à savoir l’avidité de pouvoir et d’argent, et ce bien qu’ils connaissent le but de cette politique.

 

J’accuse l’UMP et tous ses membres influents de lâcheté, car malgré leur mécontentement évident ils ne disent rien.

 

J’accuse la gauche tout entière de n’être plus à gauche, et d’avoir abandonné son rôle d’opposition.

 

J’accuse les extrêmes de souffler sur les braises sociales et de faire ainsi le jeu du gouvernement en place en justifiant les mesures sécuritaires  prises par ce dernier.

J’accuse les citoyens de tout bord de voter, et ainsi de perpétuer cette illusion démocratique qui consiste en réalité à faire élire le plus habile au jeu du marketing.

 

J’accuse les non-votants de se complaire dans l’inaction, au risque de devenir complices du résultat des votants.

 

J’accuse les pauvres de se satisfaire de leur misère, et les riches de faire croire à leur générosité.

 

J’accuse les parents de laisser détruire l’héritage qu’ils lègueront à leurs enfants, et j’accuse les enfants de suivre les conseils de leurs parents.

 

J’accuse les travailleurs de participer au système qui les achète, et j’accuse les chômeurs de participer également à ce système.

 

J’accuse les religions de pousser l’homme à se battre au nom d’un dieu qu’ils bafouent, et j’accuse les athées d’avoir abandonné l’espérance.

 

J’accuse les Etats de saboter la planète pour de l’argent, et j’accuse l’argent de saboter les Etats.

 

J’accuse enfin les hommes tous ensemble, qui parviennent toujours à faire la guerre alors qu’ils désirent la paix

 

caleb irri

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