Le Blitzkrieg de Macron

Posté par calebirri le 12 mai 2018

« On n’établit pas une dictature pour sauver la révolution, on fait une révolution pour établir une dictature ».

Voilà une phrase qui devrait éclairer d’un jour nouveau la politique de « Blitzkrieg » mise en place par le gouvernement Macron.

Car il faut être honnête, et regarder les choses en face : soit Macron ne comprend pas qu’il est en train de favoriser à la fois la convergence des luttes et la montée de la colère dans la population toute entière -et il faudrait le remercier pour ça car il accélère ainsi la prise de conscience de milliers de citoyens qui n’avaient pas encore compris qu’ils ne faisaient pas partie de l’ascension cordée-, soit Macron est un homme intelligent qui a bien compris que pour continuer à gouverner les riches ne pourront pas faire l’économie d’une dictature fondée sur le contrôle total des masses. C’est pour eux le seul moyen de sauver le capitalisme (et leurs fesses avec) dans un monde qu’on ne sait plus comment diriger autrement tant les défis pour sauver notre planète sont incommensurables.

Ne pouvant pas se permettre de mettre en place une dictature à partir d’un illégitime coup d’Etat, ils tentent de créer une contestation suffisamment grande et violente pour justifier la mise en place d’une dictature -en réponse à cette violence qu’il aura créée.

En réalité ce qui se passe en France est dans la continuation de ce qui se passe partout dans le « monde occidental » : les riches ayant refusé le « retournement du capitalisme » au profit des pays émergents, ils doivent s’attaquer désormais à « l’ennemi intérieur » que représente l’extrême-gauche, en utilisant les outils de contrôle et de répression permis par les lois anti-terroristes antérieurement adoptées.

Le vrai ennemi des riches n’est pas le terroriste mais le pauvre ; surtout lorsqu’il est encore conscient que sa situation n’est pas une fatalité mais le résultat logique d’une volonté politique qui refuse d’adopter des alternatives pourtant vitales à l’Humanité, mais qui sont susceptibles de mettre fin à la domination des riches sur la planète.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : laisser penser aux peuples qu’il n’y a pas d’alternative, et que le pouvoir des riches est la condition de survie des pauvres ; et qu’il ne pourrait en être autrement.

Les riches ont compris le danger que représentent des gars comme Friot, comme Lordon et quelques autres, et veulent tuer dans l’oeuf l’idée même du salaire à la qualification personnelle en détruisant tout ce qui pourrait permettre de l’envisager. Ils veulent tuer jusqu’au concept d’une véritable alternative au capitalisme en faisant l’amalgame entre revenu de base et salaire à vie : une fois la sécu détruite, le statut des fonctionnaires ou des cheminots désagrégé, le CDI enterré et la retraite anéantie, les gens n’auront même plus de référence sur lesquelles s’appuyer pour ne serait-ce que penser une alternative.

L’objectif des riches est de remettre sous servitude toute la population qui se fait petit à petit rejeter du monde du travail, en attendant que les robots les rendent totalement obsolètes -ou « de trop » ?
Ils prometteront aux pauvres des pays riches l’esclavage des populations conquises des pays pauvres en échange de leurs libertés, qu’ils seront contraints de laisser derrière eux au profit d’une dépendance qui s’apparente à une mise sous tutelle globale de 90 pourcents de la population. Si vous êtes trop pauvre dans le monde qui vient, vous serez nourri et logé mais vous serez contrôlé dans vos moindres faits et gestes. vous n’aurez le droit de faire des enfants qu’à certaines conditions, et vous ne pourrez plus effectuer librement les arbitrages qui concernent votre vie privée (dépenses/loisirs/travail).

Il faut se rendre compte que Macron sera gagnant sur tous les plans : soit la contestation sera si forte qu’il sera « contraint » d’utiliser la force pour « rétablir le droit », soit la contestation sera faible et le gouvernement aura bouleversé le cadre institutionnel d’une telle manière que la peur de la répression suffira à faire taire la contestation pour longtemps. Après la saturation engendrée par l’ampleur des attaques de ce Blitzkrieg, les citoyens Français s’apercevront bientôt qu’ils ont abandonné ce qui faisait de la France un modèle pour tous les peuples oppressés du monde, en marche vers le néo-féodalisme que j’évoquais il y a peu. On aura beau jeu alors de dire qu’on avait rien vu venir ; il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir

Caleb Irri
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Le néo-féodalisme… en marche ?!

Posté par calebirri le 11 avril 2018

S’il y a bien une chose qu’il faut retenir de ces 15 ou 20 dernières années (les historiens prendront sûrement comme référence le 11/09), c’est que les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ne laisseront pas faire le retournement du capitalisme. Partout dans le monde les conflits qui font tant et tant de morts, tant de déplacés, tant de misère sont tous à un moment ou à un autre liés à l’action de ceux qu’on avait l’habitude de nommer les « pays développés ».

Aujourd’hui en Europe s’est développée une peur qui se transforme en haine de l’étranger. Pourtant, si on y regarde de plus près, tous ces étrangers qui viennent trouver refuge en Europe ne sont pas partis de nulle part : ils proviennent tous des pays dans lesquels nos « forces de paix » sont intervenues. Nous les faisons fuir de chez eux par nos actions extérieures et nous plaignons ensuite qu’ils veuillent se réfugier ici ?

Des groupes d’extrême-droite néo-nazis sont acceptés au Parlement européen, et partout ils font des scores qui entrainent les autres partis à se positionner à leur remorque. C’est que l’Europe se trouve confrontée à un choix décisif pour son avenir : soit elle s’effondre derrière les nationalismes de chaque Nation, soit elle devient une force fédérale dont la « civilisation » judeo-chrétienne sera le ciment, contre les étrangers en général, et contre les musulmans en particulier.

Les discours du ministre de l’intérieur Gérard Collomb sont scandaleux et inadmissibles. Alors que notre gouvernement se targue d’humanité, il prévoit sérieusement (après avoir sous-traité la retenue des migrants en Turquie dans des conditions inhumaines avec un dictateur islamiste) de créer des camps de concentration sur le sol Français, avec une retenue arbitraire d’êtres humains pendant plus de 3 mois ! C’est à se demander parfois si des animaux ne seraient pas mieux traités.

Sur le plan social, le gouvernement se prépare à lutter très fort contre les idées de la gauche en supprimant les unes après les autres toutes les aides qui faisaient de la France un modèle et un exemple pour tous les autres pays du monde. Supprimer la sécu, supprimer le chômage, augmenter l’âge de départ à la retraite, supprimer les fonctionnaires, privatiser le service public, effacer les droits des travailleurs, supprimer les CDI…

En gros, toutes les avancées sociales qui ont été -durement- gagnées durant le siècle dernier sont en train d’être remises en cause au nom d’un libéralisme qui n’est en réalité que le retour à une sorte de féodalisme moderne. Les serfs sont des auto-entrepreneurs complètement soumis aux grands patrons qui leur font la charité- chrétienne.

Tout ce que Bernard Friot défend et voudrait généraliser avec son « salaire à la qualification personnelle » et la propriété d’usage des moyens de production est en train de disparaître dans l’indifférence quasi générale. Il faudra des années pour tout reconstruire, car avec cette destruction sociale c’est jusqu’à l’idée de socialisme qu’on veut détruire. Pour le remplacer par une sorte d’empire capitaliste refermé sur ses frontières et dirigé par un tandem France/Allemagne autoritaire et chrétien.

Aujourd’hui la laïcité, qu’on défend lorsqu’il s’agit des musulmans, est écrasée par les propos d’un président qui commence sérieusement à ressembler à un monarque qui reçoit tantôt à Versailles et tantôt au Louvre, qui décide seul et pour tout le monde, avec une chambre d’enregistrement que l’on nomme Parlement. Manquerait plus qu’il guérisse des écrouelles.

La liberté de la presse est également mise à mal, que ce soit par la volonté de créer un ministère de la Vérité, par la propriété des médias concentrée entre les mains de quelques milliardaires ou l’interdiction des journalistes de filmer ou d’assister à certaines actions publiques. Ces milliardaires qui viennent pleurer pour qu’on baisse les salaires afin d’être compétitifs, qui ne pensent qu’à la rentabilité et au profit, et qui viennent acheter pour des millions des médias qui sont tous déficitaires. Structurellement déficitaires. A votre avis c’est par charité là-aussi ?

La surveillance des contestataires sous couvert de lutte contre le terrorisme, la protection du secret des affaires pour criminaliser les lanceurs d’alertes, la possibilité pour l’Etat de supprimer la liberté d’expression sans l’accord d’un juge, tout cela se généralise en Europe et préfigure le monde dans lequel nos descendants vont devoir vivre : une dictature oligarchique dont l’idéologie est une sorte de néo-féodalisme chrétien, qui je n’en doute pas voudra bientôt, au nom de la « civilisation », expliquer à coups de triques à ceux qui ne sont pas d’accord qu’ils ont tort de penser comme ils pensent. A moins que ce ne soit déjà le cas ?

Il n’y aura pas de résistance sans qu’un nombre suffisant de citoyens prennent conscience des mensonges proférés par nos gouvernants, ainsi que des dangers que cette politique représente pour 90 pourcents de la population. Passez-vous le message, renseignez-vous, lisez, écoutez, et regroupez-vous. Il faut que tout le monde sache que la dictature qui vient ne sera bénéfique que pour les 10% « d’en haut », ces fameux « premiers de cordée ». Pour tous les autres, ceux « qui ne sont rien », ce sera très dur…. Et il y a plus de chances que vous ne fassiez pas partiede ces 10% que le contraire !

Caleb Irri
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Complotiste ?

Posté par calebirri le 25 février 2018

Ca commence à bien faire. En quelques années le terme « complotiste » est devenu une manière aisée de décrédibiliser son interlocuteur, voire carrément une insulte. Personne n’ose plus évoquer le mot « complot » de peur de passer pour un de ces misérables -et dangereux- individus qui osent encore se poser des questions. La double-pensée est désormais utilisée très clairement, à savoir que, tout en accordant qu’effectivement des complots ont eu lieu et ont lieu encore aujourd’hui, il est impossible de remettre en questions les versions officielles sous ce motif. Deux injonctions contraires acceptées toutes les deux en même temps tout en refusant de l’admettre. Voilà qui est fort.

A longueur de dessins animés, de séries, de livres, de films, de jeux vidéos, on se coltine des complots à tout va, mais croire qu’il puisse en exister « pour de vrai » est devenu interdit.

Alors qu’on nous parle sans arrêt de prendre du recul sur les informations qu’on nous fournit, de développer son esprit critique et de se méfier des « fake-news », il semble que nous n’avons pas le droit de remettre en questions les informations qui nous sont fournies par les organes validés par l’Etat. Mais tout le loisir pour le faire lorsque ceux-ci ne le sont pas. Toujours la double-pensée…

Pourtant, n’est-il pas sain de se poser des questions, de s’interroger sur les infos qu’on nous impose comme vraies ? Les antécédents ne sont-ils pas suffisamment nombreux pour qu’on soutienne les jeunes qui se disent que peut-être là aussi on leur ment, ou qu’on ne leur dit pas tout ?

Quand ils voient le monde tel qu’il est et le monde tel qu’on leur vend, comment ne pourraient-ils pas s’interroger sur ce qui permet à moins de 100 personnes de posséder autant que 3,5 milliards d’autres personnes ?

A vrai dire, comment expliquer cela autrement que par le complot ? C’est la solution de facilité. Aller plus loin dans la recherche c’est quand on est toujours pas satisfait par les réponses obtenues. Ceux qui trouvent que les illuminatis contrôlant le monde est une théorie qui se tient s’arrêtent là. Les autres continueront à chercher, et finiront par se rendre compte que le capitalisme explique bien mieux par son fonctionnement cet état de fait que le complot des extra-terrestres juifs d’extrême droite stalinienne.

Sous-entendre qu’on est complotiste induit en réalité qu’on n’a pas le droit non pas de croire ce qu’on veut mais tout simplement qu’on ne doit pas se poser de questions du tout… Le problème en réalité n’est pas le complot (il y en a eu, il y en a et il y en aura), mais le fait de ne pas pouvoir s’interroger sans paraître suspect aux yeux « de ceux qui savent » (qu’on serait presque tenté de nommer les « initiés » du coup !)

Si on sonsidère qu’interroger l’Histoire c’est la faire vivre (les Historiens ne cessent de « refaire l’Histoire au fur et à mesure des découvertes), cesser de le faire est mettre un coup d’arrêt à cette Histoire. Cela est très dangereux. Après l’utilisation de la double-pensée, la surveillance par télécran (pardon internet), la dénonciation avec les hachstags, nous voilà désormais confrontés à la mutabilité de l’Histoire.

Se poser la question de la possibilité du complot est pourtant un comportement sain qui devrait être encouragé. Et dont on ne devrait pas avoir honte. Ce questionnement est tout simplement la première étape d’une réflexion qui doit surtout se poursuivre pour aller plus loin dans la compréhension du monde.

Car des complots existent et sont à l’oeuvre actuellement -et c’est bien logique : les guerres ne se préparent pas devant tout le monde, car les raisons de ces guerres doivent rester cachées (prendre des ressources pour s’enrichir). Par contre il faut laisser tomber les extra-terrestres, les juifs ou les francs-maçons : finalement le véritable complot n’en est pas un, c’est seulement la continuation d’une lutte des riches contre les pauvres. Plus que visible dès qu’on s’y intéresse un peu. Il n’est pas le fait d’un petit groupe conscient mais le résultat du fonctionnement millénaire d’un système qui s’entretient de lui-même par des forces qui dépassent de beaucoup les volontés individuelles : l’Histoire, dans laquelle le capitalisme tient une place prépondérante.

Quand Monsanto paye des études disant que ses produits sont bons, et que les députés de tous les pays acceptent sans sourciller ses conclusions, est-ce un complot, de l’incompétence ou un simple mensonge ? Monsanto organise-t-il un complot destiné à empoisonner la population ou essaie-t-il tout simplement de continuer à vendre ses produits qui lui font gagner des milliards ?

Le fait de rédiger les traités en cachette du peuple peut-il se définir comme un complot ou est-ce simplement le fonctionnement logique d’un système qui préfère prendre le risque d’une polémique plutôt que de s’asseoir sur les retombées financières de telle ou telle loi ?

Les exemples sont nombreux, et je doute qu’avec une loi sur les fake news les complotistes cesseront de se poser des questions… mais c’est peut-être tant mieux !

Caleb Irri
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Pourquoi il ne faut pas craindre les robots

Posté par calebirri le 14 février 2018

Un jour les robots nous remplaceront. C’est inéluctable. Pas en tant qu’humanité bien sûr,car ils n’auront jamais la « conscience ». Il ne faut pas fantasmer, faire semblant n’est pas être ; et c’est tant mieux, car eux seuls peut-être seront en capacité d’en finir avec le capitalisme.

L’économie capitaliste fait semblant de croire à l’existence de l’être rationnel pur, absolu, qui prend les décisions les plus optimales à la fois pour lui et pour les autres. Elle préconise à la fois la concurrence « libre et non faussée » et la transparence des échanges, l’optimisation des rapports entre les ressources et les besoins. Heureusement, cet être n’existe pas, et ne saurait exister, car alors il ne serait plus un Homme : il serait un robot.

En réalité, si on y réfélchit bien, on peut penser que le capitalisme géré par des robots (des algorithmes) le serait bien mieux que par des Hommes, car ils ne sont sujets ni aux passions ni aux oublis, ni à l’individualisme ni à l’appât du gain, ni à tout ce qui fait de nous des êtres faibles et corruptibles. Peut-être serait-il même beaucoup plus juste si les règles édictées en théorie étaient réellement respectées par ceux qui disent les appliquer…

Mais en fait si les robots, eux purement « rationnels », venaient à « diriger le monde », il ne fait aucun doute qu’ils en viendraient « naturellement » à la conclusion que le capitalisme est un mauvais système. Si on leur indiquait les objectifs à atteindre (de la nourriture pour tous, un toit pour tous, la paix, l’éducation, l’écologie, la santé…), ils se trouveraient rapidement contraints de remettre en cause soit le système qui ne fonctionne pas correctement, soit les Hommes eux-mêmes… La deuxième solution n’en étant pas vraiment une (à quoi servirait un système « parfait » si les Hommes qu’il est sensé servir ne sont plus là pour en profiter ?), les robots feraient vite leur choix !

Ils auraient vite fait de comprendre d’où vient l’argent, par où il passe et où il va. Ils auraient vite fait de calculer que si on veut sauver l’Humanité il faut développer des énergies propres et infinies, de voir que les contraintes de rentabilité entrent en contradiction avec l’écologie, et également avec la démocratie. Ils découvriraient très vite que la corruption et l’évasion fiscale sont des aberrations qui conduisent à l’injustice et à la misère, à la guerre parfois.

En fait, s’il y a des gens qui doivent craindre les robots, ce sont au contraire ceux qui les promeuvent pour d’autres raisons aujourd’hui. Ils croient pouvoir obtenir des esclaves performants et intelligents en remplacement des hommes mais ils ne se rendent pas compte que les robots sont beaucoup moins dociles et malléables que les Hommes !

Il sera beaucoup plus difficile d’expliquer aux robots qu’aux Hommes en quête d’argent ou de pouvoir que la pollution est certes un problème mais que le pétrole fait gagner beaucoup d’argent au patron de telle multinationale, qui est lui-même un ami de tel gouvernant, et qu’il ne faudrait pas qu’on remplace trop vite cette énergie par une autre gratuite ou illimitée…

C’est comme pour la suppression de l’argent liquide : beaucoup des dirigeants qui la souhaitent ne semblent pas se rendre compte que leurs armes, leurs pots-de-vin et leurs prostituées sont payés avec cet argent liquide.

Les robots mettront le capitalisme par terre car il le rendront obsolète : si on remplaçait par des robots toutes les personnes dont le travail est « remplaçable » par les robots, il ne resterait sans doute pas beaucoup de monde au travail. Les marges que les employeurs se font sur leurs employés ne tenant qu’au fait de leur exploitation, elles disparaîtraient au fur et à mesure que le pouvoir d’achat de ses employés diminue, en concurrence avec des robots toujours moins chers et toujours plus performants. Un robot peut aller plus vite, plus fort ou plus loin, travailler 24h/24h sans crainte pour sa santé, mais il ne permet pas de payer le chômage de ceux qu’il a remplacé. A un moment ou à un autre, si on extrapole l’arrivée des robots à des postes de chauffeurs, de comptables, de livreurs, de caissières,etc… les robots produiront des biens ou des services sans avoir besoin de salaires : sans salaire pas de cotisations, et partant pas de retraite, pas de chômage, pas de sécu… comment régler le problème ?

Nous nous retrouverons inévitablement confrontés à l’établissement d’un nouveau mode de production dans lequel il faudra choisir entre faire travailler des robots pour nourrir des individus désoeuvrés, payés par des entrepreneurs qui n’auront plus personne à qui vendre leurs produits puisqu’ils n’auront plus de salaire pour les acheter. Ou supprimer tous les Hommes considérés comme indésirables, selon les directives du dictateur qui possédera les robots tueurs les plus puissants.

Caleb Irri
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Que vaut l’esclave du capitalisme ?

Posté par calebirri le 14 septembre 2017

Je crois bien en avoir déjà causé ailleurs, mais j’ai toujours le doute qu’évoquer un bon sujet au mauvais moment n’ait pas l’impact qu’il pourrait avoir s’il était traité au bon. Et ces jours derniers convergent tous tellement en ce sens que j’ai décidé de retenter mon sujet. Il y a eu la conférence Tedx de Jorion, Monique Pinçon-Charlot, les « fainéants » de Macron et ceux « qui ne sont rien », les « anti-spécistes » vegan radicaux, des discussions sur le capitalisme comme responsable de tous nos maux…. enfin en gros une sorte de dichotomie entre les discours compréhensibles, logiques, raisonnables de la plupart des gens, avec une réalité contraire qui semble au premier abord indéfendable : les riches possèdent déjà tout, et ils essaient encore par tous les moyens d’en gratter un peu plus sur le dos des pauvres. Personne ne trouve cela normal et pourtant c’est bien ce qui se passe : on veut faciliter les licenciements pour favoriser les embauches !

Face à cette contradiction apparente, monsieur Jorion nous parle de gratuité et du droit fondamental à l’existence, qu’étant des semblables nous devrions avoir de semblables droits. Tandis que certains dépensent une énergie considérable pour sauver un cochon dans un abattoir qui en tue plus de 2000 par jour. Ils revendiquent pour les animaux des droits équivalents à ceux des humains, sans sembler voir que ces mêmes droits accordés aux humains ne sont encore respectés nulle part : des enfants meurent de faim et vivent dans la rue, sont exploités ou contraints à se vendre pour survivre, partout dans le monde. Si seulement toute cette énergie était dépensée pour les aider !

On peut s’accorder facilement sur le fait que les inégalités de revenus engendrent des inégalités sociales mais il est plus difficile d’intégrer la philosophie qui sous-tend cette réalité : pour ceux qui font partie des 1%, ou des 10% si on veut être large, ils considèrent que leur réussite est le gage de leur supériorité : ils le méritent. Par extension (et aussi un peu pour apaiser leur conscience), ceux qui n’ont pas réussi ne le méritent pas : ils sont inférieurs. Lorque le décalage est trop grand, il apparaît que certains Hommes ne valent rien aux yeux de certains autres. Des fainéants, des gens qui ne sont rien.

Leur conception du monde et des Hommes est si éloignée de celle de la majorité que nous avons du mal à l’entendre, mais elle réside pourtant bien là : ceux qui crèvent de faim dans ce monde en sont responsables, et c’est tant pis pour eux ; de toutes les manières il n’y a pas assez pour tout le monde.

Orwell -encore lui !- avait bien décrit cela : « les prolétaires ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus conscients, et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés ». Nous sommes la force du nombre et pourtant nous ne faisons rien pour faire cesser cette mascarade. Le système capitaliste nous épuise à la tâche pour ne pas nous laisser le loisir de penser notre condition.

Orwell écrivait aussi, toujours dans 1984 : « le travail physique épuisant, le souci de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et, surtout, le jeu, formaient tout leur horizon et comblait leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile »

et puis plus loin : « tout ce qu’on leur demandait, c’était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu’il était nécessaire de leur faire accepter plus d’heures de travail ou des rations réduites ».

Voilà à quoi nous sommes réduits aujourd’hui. Le capitalisme est l’ennemi contre lequel il faut lutter de toutes nos forces. Nous devons cesser d’engraisser tous les intermédiaires (qu’ils soient financiers ou politiques) et organiser notre société sans les 10% qui parasitent l’ensemble de l’humanité. Nous prêter entre nous, échanger entre nous, partager entre nous, décider entre nous, agir entre nous. Sans notre travail et notre misère ce sont eux qui ne sont rien. Ils ne valent plus rien. Les fainéants sont ceux qui récupèrent les fruits du travail des autres sans bouger le petit doigt : les actionnaires, les politiques, les héritiers…

Caleb Irri

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A com[plot], com[plot] et demi

Posté par calebirri le 9 août 2017

L’autre jour je discutais avec un gars que je connais un peu, avec qui l’on discute parfois politique. Je venais de lire un article sur « Legrandsoir.info », que je voulais lui faire lire, à propos de l’horreur qui se produisait à Mossoul, en Irak.

Aussitôt qu’il a vu d’où venait l’article, il a tout de suite cessé la discussion en émettant cette sentence définitive : « ah oui, je connais « Le Grand Soir », c’est un site complotiste ». Il ajouta qu’ils étaient pro-chavez et pro-russe, et fin de la discussion.

Il ne lisait pas les articles de ce site, ni celui-ci ni les autres. Comment pouvait-il le savoir ?

C’est qu’une fois un site estampillé « complotiste », les gens pensent que ceux qui les lisent sont eux-mêmes des complotistes. Ou qu’il leur suffirait de lire un des articles de ce site pour basculer subitement du côté obscur.

Prenons le cas du Venezuela. Pour être honnête j’avoue n’y connaître rien, mais comme la situation commence à devenir assez tendue je me dis qu’il faudrait que j’en sache un peu plus. Je lis des articles sur « lemonde.fr », j’écoute France Inter et je tape sur google. A première vue il semble que Maduro a pété les plombs, qu’il y a eu plus de 100 morts (parmi les manifestants ?) et qu’il est en train de mettre en place une dictature dans son pays. Je n’aime pas les dictatures et je suis donc contre Maduro.

Si je m’arrête là j’ai tout bon, je suis du bon côté de la barrière idéologique. Mais si je commence à regarder sur « Le Grand Soir », ou sur « Les Crises », je me rends compte que le discours est totalement différent. On parle de l’extrême-droite vénézuélienne, de manipulations en provenance des Etats-Unis, de violences exercées non contre les manifestants mais contre les forces de l’ordre.

Si je m’arrête là je deviens un complotiste, alors que pour ma part je me considérerais plutôt à ce stade comme un mec perdu, dans le flou, dans le doute.

Quand en France des casseurs se battent avec les forces de l’ordre et qu’il y a « bavure » les seconds crient à la répression sauvage tandis que les premiers hurlent à la provocation. Quand une Assemblée Constituante est élue en Tunisie les premiers glorifient la démocratie et les seconds crient à la manipulation. Tandis qu’au Venezuela c’est le contraire.

Qui croire dans tout ça ? Je ne connais personne au Venezuela, je ne lis ni l’espagnol ni l’anglais. Que le « successeur » d’un chef de gouvernement devienne petit à petit un dictateur ne m’étonne pas, mais que les Etats-Unis fomentent des déstabilisations politiques dans un pays étranger ne m’étonne pas non plus. Ce ne serait pas la première fois, dans un cas comme dans l’autre.

La seule chose que je puisse dire à propos du Vénézuela est que la situation est explosive, et que je ne sais ni qui croire ni pour qui prendre parti. Je n’en sais rien, tout simplement.

Alors maintenant le complot. Enfin le « complotisme ». Désormais toute parole qui diffère un tant soit peu de la parole officiellement admise est suspectée de complotisme. Nous enjoignant à faire comme dans toute dictature de la pensée : hurler avec les loups.

Pour autant n’ai-je pas le droit de m’interroger sur ce que je lis dans les journaux, ou sur ce que j’entends à la radio ? La propagande n’a-t-elle jamais utilisé les médias pour abuser le peuple ? Les complots n’existent-ils pas ? Lorsque l’on sait qu’une grande majorité de la presse française appartient à des milliardaires dont les intérêts sont quelques peu « divergents » de ceux du peuple (je peux le dire parce que je l’ai entendu sur France Inter), il me paraît sain d’entendre plusieurs points de vue auprès de différentes sources, pour pouvoir exercer ensuite librement mon esprit critique.

Je ne sais pas si le Vénézuela est victime d’un complot organisé par les Etats-Unis, ou part l’extrême-droite ou qui encore, ni s’il est victime d’un complot organisé par Maduro pour établir une dictature. Mais je sais que les deux sont possibles, et qu’on ne saura la vérité que très longtemps après que des drames se seront déroulés.

Au bout du compte cela finit toujours comme cela. Un nouveau dictateur prendra la place du précédent, et un nouveau complot suivra le précédent. Pendant ce temps des gens auront souffert, se seront battus et seront morts. Toujours la même chose.

Celui qui comme moi veut s’informer correctement aujourd’hui ne le peut pas, car la Vérité n’existe pas. Mais refuser de vouloir regarder ou écouter les autres points de vue que ceux « autorisés » mérite tout de même réflexion : que craignent-ils ? croient-ils qu’il existe un complot qui ferait qu’en lisant « Le Grand Soir » Big Brother vous prenne pour Winston Smith ? Croient-ils que Le Grand Soir est financé par les Russes, les Vénézuéliens ou autres pour faire tomber la France et les Etats-Unis ? Mais c’est croire au complot que d’avoir peur du complot !

Le plus terrible dans tout ça, c’est qu’il faille sans cesse se défendre d’être un « complotiste » alors qu’on essaie juste de s’informer. Des complots il y en a plein les films, les séries, les livres, et l’Histoire humaine en est recouverte. Des petits, des grands, des moyens,utilisés par les uns contre les autres et réciproquemment, depuis toujours…

Le problème ce n’est pas qu’il y ait des complots
, mais de savoir qui les organise. Ce qu’il faudrait savoir aussi c’est pourquoi, et pour quoi ils sont organisés. Et c’est pour cela qu’il faut une information fiable. Et tous les journalistes honnêtes vous le diront, un seul point de vue ne suffit pas.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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