Dénonciation de crime

Posté par calebirri le 4 juin 2011

J’ai entendu dire que « ne pas dénoncer un crime est un délit ».

 

Partant de ce principe, je me dois alors de raconter ce que j’ai vu et entendu, car le crime est grave et les victimes fort nombreuses. Et le pire est que le (ou les) coupable (s) courent toujours, protégés par une sorte de Loi du silence qui nuit à l’éclatement de la vérité… et qui laisse entrevoir que le pire est à venir.

 

Cela remonte à longtemps déjà, et nous sommes pourtant nombreux à pouvoir témoigner : les preuves sont accablantes et incontestables, et visibles par tout un chacun. Mais c’est que les personnes engagées sont des personnages de la plus haute importance, et qu’en faire tomber un, cela signifierait en faire tomber plusieurs… enfin je pense.

 

Car si les crimes sont évidents, et les coupables clairement identifiables, les commanditaires sont plus difficiles à atteindre. Il apparaît dans ce dossier que de nombreuses plaintes ont déjà été déposées, mais apparemment aucune d’entre elles n’a abouti, ni même été suivie d’effets.

 

Cette affaire, si elle venait à apparaître au grand jour, serait sans doute susceptible de choquer durablement toute la population, et remettrait peut-être en cause toutes les valeurs sur lequel notre pauvre monde s’est fondé (ou assis, le mot est juste aussi). Enfin en théorie. Car les criminels en question, de nombreuses victimes les connaissent sans le savoir. Mais il apparaît qu’aucun des responsables n’a jamais été clairement dénoncé, et qu’aucun membre de cette sombre affaire n’ai jamais été ni inquiété, ni même jugé ; et que malheureusement, il y ait peu de chances pour qu’il en soit ainsi.

 

Avant d’aller plus loin dans mes accusations, je voudrais dire combien ma démarche est dangereuse et peut conduire à faire éclater une vérité qui rangerait le formidable « débat de fond » amorcé pour la présidentielle à l’état d’anecdote. Mais puisque la Loi me l’impose, alors il faudra bien m’y soumettre.

 

Cette affaire concerne donc des actes hautement répréhensibles par cette même Loi, et engage la vie et la mort de milliers, voire de millions de personnes sur cette planète. et je connais le coupable. Et son nom, je vais vous le dire, car ni Monsieur Ferry ni personne n’osera sans doute aller si loin…

Alors je me lance, à mes risques et périls  :  j’accuse l’Argent (est-ce un pseudonyme, un acronyme ?) d’être le plus grand criminel que la terre ait jamais porté, et je prétends pouvoir en apporter la preuve à qui me le demandera .

 

Derrière ce nom « Argent »se cachent les pires exactions que les hommes ont fait subir, depuis des siècles, à d’autres hommes censés être leurs frères. Derrière ce nom se cache  un système mafieux dont les ramifications parcourent toute la planète, et dont le réseau peut atteindre des milliers de gens en un instant : guerres, famines, climat, meurtres, vols, licenciements, exploitation, destruction, l’Argent est le plus grand criminel que notre Terre ait jamais eu, car il est devenu le Dictateur Universel. Il impose aux hommes de se battre entre eux (on appelle ça la concurrence) pour parvenir à intégrer une sorte de « secte » obscure appelée « les riches », mais il n’y a pas de place pour tout le monde. Ceux qui ne se soumettent pas à Sa loi son condamnés à rester dans la misère, car la secte des « riches » est toute puissante. Insaisissables, protégés par des lois qu’Il achète, ses Ministres les Gouvernants sont Ses hommes de mains, et sont coupables de s’être soumis à la volonté d’un pouvoir qui n’a comme seul objectif que de s’auto-entretenir en provoquant partout où il passe la misère, la peur, la haine et la mort.

 

Mais « la loi des riches » entre en contradiction totale avec LA Loi, celle qui se doit de respecter l’esprit de la « Déclaration Universelle des droits de l’Homme et du Citoyen » dans laquelle on considère que les hommes naissent libres et égaux en droit, ou que chacun a droit à la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. Outrepasser ces droits est un crime car il pousse, directement ou indirectement, aux pires extrémités citées plus haut, et que tout le monde peut en constater les effets sur les Hommes.

Il fallait bien le dénoncer, car il faudra bien un jour que ces criminels soient jugés, et condamnés.  Mais qui voudra bien recevoir la plainte ?

 

Caleb Irri

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Pour que les révolutions ne meurent pas, ajoutons la réflexion à l’action !

Posté par calebirri le 26 mai 2011

On le voit bien ces derniers temps, la déception laisse place, peu à peu et à mesure que les sacrifices demandés aux peuples augmentent, à la colère. Cette colère qui monte sourdement, tranquillement, en chacun de nous et chacun dans son coin, un peu comme ça vient. Les « indignés », de quelque nationalité qu’ils soient, comprennent que quelque chose ne va pas, et sentent plus ou moins consciemment qu’un unique ennemi les réunit, sans vraiment savoir comment le combattre.

Cet ennemi commun, c’est un système injuste au service des plus riches, et au détriment de la démocratie, c’est à dire du peuple. Face à la conjonction du retournement capitaliste et de la destruction de l’environnement, l’humanité est entraînée dans une spirale accélératrice qui la conduira inévitablement à faire des choix quant à son avenir. Car le véritable ennemi de la démocratie, c’est le capitalisme : un capitalisme autodestructeur, qui ne remplit pas les exigences démocratiques, qui tue, asservit, déshumanise. On ne peut soumettre le capitalisme à la démocratie, car l’existence de l’un exclut celle de l’autre. Soumettre le capitalisme à la démocratie, cela signifierait en réalité supprimer le capitalisme. Ce qui pourrait bien arriver…

Tant que ce système nous favorisait encore, nous les pays « riches », il n’était pas difficile de croire à l’illusion de bonheur que ce système procurait. Mais aujourd’hui nous sommes confrontés à la possibilité de voir nos « acquis » (faits sur le dos des pays « pauvres ») disparaître au profit de ces mêmes pays que l’on appelle désormais « émergents ». Car le capitalisme est un système qui ne peut satisfaire au bonheur de tous : il conditionne le bonheur de certains aux malheurs d’autres

L’agitation qui règne actuellement dans les hautes sphères politiques est la preuve la plus évidente de l’intérêt qu’elles portent à cette question du « retournement » du capitalisme, ou de sa fin. Car si nous laissons les lois du capitalisme régler la crise économique et financière, alors il faut que tous les pays dits « développés » aujourd’hui se préparent aux plus grands sacrifices, à savoir se séparer de certaines libertés, de protection sociale, de la démocratie enfin. Nous devrions peut-être même alors nous préparer à devenir les futurs « immigrés » de Chine, du Brésil ou de l’Inde… Ce que nos gouvernants, et même la plupart d’entre nous, ne veulent même pas imaginer.

Pour sortir de cette spirale et éviter la perte de leur pouvoir, les Etats « développés » n’ont donc pas d’autre choix que de pousser, à terme, à la fin du capitalisme au travers ou du bancor, ou de la guerre. Car les pays émergents, qui veulent aujourd’hui profiter enfin des fruits de leurs sacrifices passés,  ne se laisseront sans doute pas si facilement berner.

Mais attention, la fin du capitalisme ne signifie pas pour autant la mise en place de la démocratie : seulement sa possibilité. Prenons garde que les révolutions qui couvent ici ou là ne tombent pas sous le coup de la sentence de George Orwell « on n’établit pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature » et qu’elles ne conduisent pas à pire encore que ce à quoi les peuples ont échappé.

Le soutien de ces mouvements par les pays dits « démocratiques » est plus que suspect (aux vues des liens troubles qu’ils entretiennent) car il rentre en contradiction totale avec le refus d’accepter les émigrés des pays concernés. En soutenant d’une part ces évènements d’un point de vue moral et en refusant ses conséquences économiques d’une autre, les gouvernements montrent ainsi au grand jour les contradictions, l’injustice et la corruption du système : les plans de sauvetage, les bisbilles autour du FMI, le contrôle d’internet et le racisme éclairent d’une lumière crue leurs véritables volontés, car ils ont eux bien compris que si la démocratie doit se soumettre au capitalisme, ce capitalisme ne les favorisera plus pour longtemps… D’où l’idée de supprimer à la fois le capitalisme et ce qui nous reste de démocratie.

Car en s’appuyant sur les révolutions pour mettre à bas le capitalisme, ils évitent ainsi le combat avec les plus forts (les « émergents »), pour porter leur attention sur d’autres cibles (les Musulmans et les « assistés »). S’explique ainsi toute la politique actuelle, qui pousse peu à peu les peuples à accepter, de gré ou de force et à travers le bancor, la guerre ou les deux, un nouvel ordre économique mondial qui n’aura plus rien ni de capitaliste, ni de démocratique : et tout cela,  officiellement bien sûr, pour « sauver » les révolutions que nous aurons conduites pour eux.

C’est donc pour éviter d’avoir à choisir entre « 1984 » ou « le meilleur des mondes » qu’il ne s’agit pas seulement de manifester, de se battre ou de supprimer le capitalisme ; et cela, c’est faire encore la moitié du travail pour ceux qui nous exploitent. La révolution est certes nécessaire, mais à condition qu’elle s’appuie sur une réflexion globale, un espoir, un avenir sur lequel travailler, et surtout nous unir.

Car il faudra bien nous unir, et canaliser  les indignations au travers de projets constructifs ou en construction (http://laconstituante.forumgratuit.fr/) nous permettant d’établir un autre système capable d’échapper aux alternatives qu’on voudra nous imposer. Les jeunesses de tous les pays ont ce pouvoir, car pour l’instant encore ils maitrisent mieux ce formidable outil « internet » que la génération précédente. Nous pouvons, et devons le faire, car viendra bientôt le temps du choix : soit nous prendrons ce qu’il veulent bien nous donner, soit nous créerons nous-mêmes notre propre voie. Mais les choses ne pourront pas durer ainsi très longtemps.

Après l’indignation il y a l’action mais pas seulement : il faut y ajouter la réflexion.

 

Caleb Irri

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l’extra-terrestre, le capitalisme et moi

Posté par calebirri le 29 avril 2011

L’autre jour, alors que j’étais confortablement installé devant mon ordinateur, on sonna à ma porte : un être étrange se trouvait là devant ma porte, ni humain ni animal ; enfin ce qu’on appelle communément un extra-terrestre. Je l’invitais donc à boire un coup avec moi, et nous commençâmes une discussion sur l’état de notre belle Planète, à laquelle mon invité ne comprenait visiblement rien : nous avions développé des technologies intéressantes, disposions de ressources en grande quantité, de formidables capacités d’adaptation à toutes sortes d’environnements et de climats, et il s’avérait qu’après plus de 4000 ans de civilisation nous n’étions toujours pas capables ni de nourrir ni de loger tous les habitants de cette petite planète.

 

« -comment ça, une personne sur six n’a pas de quoi manger à sa faim », me dit-il alors étonné, « avec toute votre science et votre technologie, vous n’êtes toujours pas parvenus à régler ce problème ? »

« - à vrai dire nous en sommes encore loin », lui répondis-je alors. « Imaginez-donc, quelques 10% de la population possèdent aujourd’hui l’équivalent de presque 90% des richesses de cette planète !

- Et cela ne vous révolte pas ?

-si, bien sûr, mais nous n’y pouvons rien…

-Pourquoi, vous n’êtes donc pas libres ?

-Non, enfin si… ça dépend.

- Certains sont donc esclaves alors ?

-Et bien pas exactement. En fait nous sommes en démocratie.

- c’est qu’alors vous choisissez volontairement cette situation ? Vous n’avez donc pas de religion, ou de philosophie pour vous guider vers plus de justice, plus d’entraide et de partage ?

-si bien sûr, et même qu’on fait beaucoup de guerres pour les défendre, et même parfois des guerres « préventives », au nom de la justice et de l’entraide, de la religion aussi.

-Vous adorez donc le Mal alors, et vos religions appellent à la haine, la violence et la mort ?

- Non, toutes nos philosophies, toutes nos religions prônent l’amour de son prochain, la fraternité et la paix entre les hommes… Regardez-donc notre littérature, tous nos grands hommes sont de fervents partisans de l’amour des autres ! Dans mon pays, la devise se trouve justement être fondée sur ces valeurs, que nous défendons partout dans le monde : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.

 

-Vous êtes vraiment étranges… Pourquoi ne vous débarrassez-vous pas de vos dirigeants, puisqu’ils ne respectent visiblement pas leurs engagements ? Ils vous contrôlent par la pensée, ou vous battent ? Comment font-ils pour que vous acceptiez cette situation ?

-Bon, c’est un avis personnel que je vous donne, mais je crois bien que c’est à cause du capitalisme, enfin de l’argent quoi…

-C’est quoi l’argent, c’est quoi le capitalisme ?

- Vous ne connaissez pas l’argent ?!! C’est l’outil qui devait originellement servir à aider les hommes à échanger, à partager les fruits de leur labeur… et le capitalisme, c’est le cadre général qui régit les échanges, fixe les prix, donne à chacun sa valeur et détermine sa place au sein de la société. Cet outil était censé nous procurer à tous du travail, des loisirs et des biens, et surtout nous apporter le bonheur à chacun, mais…

- Mais apparemment cela ne fonctionne pas. Ca fait longtemps qu’on vous promet des améliorations ?

-Au moins 2000 ans, mais sûrement depuis le début en fait…

- Et vous n’avez pas essayé autre chose, un autre système pour fonctionner tous ensemble ?

-Non… Mais à vrai dire ce n’est pas si simple : nous ne savons pas quoi mettre à sa place.

-C’est qu’il vous faudrait au moins contrôler vos dirigeants, et sanctionner leurs excès, leurs mensonges… Vous n’avez pas d’instances susceptibles de le faire ?

- Bien sûr que si, ce n’est pas le problème de la Loi en elle-même, mais bien plutôt de ceux qui les écrivent, en s’arrangeant pour y laisser toujours une faille, dans laquelle s’engouffrent ceux qui ont le plus de pouvoir, c’est à dire celui de se payer les juges qui leurs conviennent, et même de se payer les législateurs qui rédigent ces lois…Nous sommes coincés.

-Et bien dans ce cas supprimez l’argent, et vous supprimerez du même coup tous vos problèmes….

-C’est un excellente idée, mais comment faire ? Comment partager les richesses, comment inciter les gens à travailler, comment vivre alors en société ?

- Mais c’est que si la situation est telle que vous la décrivez, vous n’avez rien à perdre à essayer. Car d’après mes informations (et c’est pour ça que je suis là), votre planète court un grand danger, et met en péril l’équilibre de l’Univers. Et si comme vous le dites les problèmes sont tous liés de près ou de loin à votre « argent » (qui semble être plus qu’une religion), alors il vous faudra bien apprendre à vous en passer. Et le plus tôt sera le mieux.

Rendez-vous compte, il faudra vous ouvrir pour y parvenir, à l’intérieur de vous-même et aux autres aussi. Dépasser votre conditionnement, réapprendre à penser par vous-même, et vous unir aux autres pour y arriver. Ce ne sera sans doute pas facile, mais avez-vous vraiment le choix ? Si les choses sont comme vous le dites, alors vous pourrez tenter toutes les combinaisons possibles, vous pourrez faire tous les calculs imaginables, faire toutes les lois que vous voudrez, rien ne changera cette réalité : le plus riche sera toujours le plus fort.

 

-Impossible voyons, cela remettrait trop de choses en cause : comment ferions-nous pour faire table rase du passé, oublier les avancées de la technologie, le progrès technique ou social ? La solidarité, la fraternité, la liberté, comment faire pour les conserver ? Comment l’homme fera-t-il pour trouver son bonheur, faire société et devenir bon ?

 

- mais qui vous parle de renoncer au progrès ? Sérieusement, regardez où vous en êtes rendus, et cessez de retourner votre vision du point initial de la conversation, à savoir qu’une personne sur six n’est pas en mesure de se nourrir. Voulez-vous continuer ainsi ? Ecoutez-donc ce que je viens de vous dire : le simple fait de supprimer l’argent vous contraindra à rechercher, et obtenir ces solutions que vous recherchez. Car c’est en unissant vos forces, en prenant soin des besoins et des désirs de vos frères humains que vous trouverez le fonctionnement d’un monde sans argent. Vous ne pouvez le faire en présence de l’argent, car c’est lui qui vous en empêche. Réfléchissez bien : si les hommes étaient tels qu’ils correspondent à vos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, alors l’argent deviendrait inutile dans l’instant. »

 

Nous continuâmes à deviser un peu encore, et c’est en partant que je lui ai dis que personne ne croirait à mon histoire… Et vous savez ce qu’il m ‘a répondu  ? « Ca ne m’étonne pas : si vous étiez vraiment malins, vous n’en seriez pas là ! ». Et il s’en est retourné, comme il était venu.

 

Caleb Irri

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Le racisme expliqué par le capitalisme ?

Posté par calebirri le 9 avril 2011

L’autre jour, j’ai écris un article concernant le débat sur la laïcité : « Après le débat, on leur dit quoi aux Musulmans ? » . Le titre était attractif, et l’article n’était pas excellent c’est certain. Mais que ce soit sur Agoravox ou sur fdsouche  (un site que je ne connaissais pas), les réactions furent unanimes : aux musulmans il fallait dire « dehors », un point c’est tout. Je sais pourtant qu’à chaque article sur le sujet les lecteurs d’Agoravox se jettent sur leur clavier, et en général pour y écrire des tas de choses qui seraient par ailleurs sans doute condamnables au regard de la Loi. Aurais-je dû alors m’abstenir de poster cet article, ou aurais-je du répondre aux insultes et autres attaques contre les musulmans ? Non, je ne crois pas, cela ne sert à rien : on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.

 

Aurais-je dû alors censurer les commentaires exagérés ? non, je ne suis pas pour la censure, et j’estime qu’il est bon de voir toutes les « opinions »(peut-on d’ailleurs appeler la haine une opinion ?) s’exprimer, pour qu’au moins tous puissent voir et savoir à quel point sont nombreux les gens aveuglés par la peur d’abord, puis par la haine des « autres », ceux qu’ils ne connaissent pas.

 

On pourrait essayer de les convaincre, comme je l’ai déjà tenté, par un raisonnement compassionnel (ce sont des êtres humains comme nous), par l’Histoire (faut-il toujours qu’elle se répète ?) ou par la simple logique (mettre dehors tous les étrangers ne réglera pas la crise), mais rien n’y fait : apparemment, un grand nombre de personnes croit réellement que les musulmans sont des millions, armés, intelligents, cultivés… et surtout méchants, terrés dans les cages d’escaliers des cités, prêts à tout pour envahir et « coloniser » de pauvres français sans défense, à qui ils voleraient (en plus) les allocations et le travail. Le choc des civilisations existe pour eux, et ils sont en train de le créer par la réalisation de leurs peurs : la haine qu’ils croient venir de « l’autre », ils la rejettent à leur tour sur « les autres », qui eux-mêmes le font à leur tour, pour de bon cette fois.

 

Dans cet article, j’ai pourtant essayé d’être assez provocant dans mes termes, évoquant jusqu’à la torture, l’extermination ou l’esclavage, mais cela n’a semblé faire peur à personne. Sur le site « fdesouche », j’ai même été atterré par le nombre de commentaires, unanimes, pour dire qu’il fallait « nous » mettre tous dehors (m’incluant bien sûr sans s’imaginer un seul instant que le prénom « Caleb » n’est pas d’origine musulmane mais juive – et que le prénom -un pseudo en l’occurrence- n’est pas nécessairement lié à une ascendance religieuse), évoquant même à plusieurs reprises « la valise ou le cercueil ». C’est à croire que certains en sont arrivés à considérer les musulmans comme indignes d’être Français.

 

Face à cet étonnant constat (oui, il y a des gens qui pensent vraiment qu’il faut envoyer les étrangers ailleurs) je me suis interrogé sur le moyen de faire comprendre à ces gens que le racisme est un leurre, et j’ai décidé de le tenter une fois de plus, cette fois-ci d’un point de vue capitaliste,  en validant une fois de plus la théorie selon laquelle ce ne sont pas les hommes qui pervertissent un bon système par une méchanceté qui leur serait inhérente, mais ce système pervers qui rend les hommes mauvais.

Et en partant du racisme comme facteur intégré aux calculs capitalistes de rentabilité, on s’aperçoit que le racisme se tient, comme théorie économique. A partir du moment où nous acceptons la conception capitaliste de la valeur de l’homme, nous acceptons de fait les inégalités entre les hommes comme étant naturelles, et le racisme comme une évidence. Car la valeur « monétaire » qui est attribuée à chaque homme par le système varie selon les pays, et au sein même de chaque pays. Les Français « de souche » , victimes eux-aussi de cette conception, sont sincèrement persuadés qu’ils valent plusieurs Chinois, ou Tunisiens… et ils en sont fiers. C’est que le conditionnement « capitaliste » fonctionne bien, et que la propagande est bien utilisée. Nous sommes tous portés à nous juger selon notre « valeur » financière, et il n’est donc rien d’étonnant à ce qu’à l’étranger également on considère qu’un citoyen Français vaut « X » citoyens d’un autre pays. Cela signifie que pour un pauvre d’un pays pauvre, venir en France le fera devenir, croit-il naïvement, un homme de plus grande valeur, au moins auprès des siens.

En réalité, le raciste et l’étranger sont tous les deux victimes de la même illusion capitaliste, celle qui les incite à croire que la valeur d’un homme se calcule en termes financiers. Le premier voit le second comme un inférieur, et le second considère le premier comme un supérieur (ils se basent tous deux sur le PIB par habitant…) Même les amalgames faits entre musulmans et Arabes montrent bien à quel point les arguments religieux ou raciaux n’ont pas de consistance. Tout ce qui compte est la concurrence que l’idéologie capitaliste a créé entre tous les hommes de tous les pays, et à l’intérieur de chaque pays (il y a des minorités stigmatisées dans tous les pays). Que les étrangers proviennent du Brésil ou de Pologne importe peu aux capitalistes, pas plus que de savoir s’ils sont bouddhistes ou satanistes. Ce qui compte est de savoir combien ils valent : et sans doute parfois un riche noir vaut mieux qu’un pauvre blanc. Car le capitalisme lui, n’est pas raciste, il a juste besoin de pauvres pour fonctionner : ce sont en fait nos gouvernants qui, par le biais idéologique de l’inégalité « naturelle », utilisent cet argument pour orienter la colère du peuple contre d’autres « responsables » qu’eux-mêmes, tout en continuant de s’enrichir en commerçant avec ces dirigeants corrompus.

Et lorsque la crise arrive, les étrangers « qui valent moins » (puisque ils veulent venir ici), ne sont donc plus les bienvenus. C’est de la concurrence en plus. C’est que les gens ne sont que rarement racistes en période de croissance économique : clients potentiels, besoin de main d’oeuvre, marchés en hausse…. tout le monde devient beau et gentil… Mais quand la bourse plonge et que l’Etat est endetté, que le peuple cherche du travail pour se nourrir, alors le racisme reprend le dessus : ce n’est pas la faute du gouvernement qui a fait tomber la croissance, mais celle des étrangers qui nous prennent notre travail, et qui bien sûr veulent nous envahir : et comme « ils » valent moins que « nous », alors il devient normal de les juger moins « utiles ». En considérant les comportements du point de vue capitaliste (selon la « valeur » que le système attribue à l’homme), on accepte implicitement l’inégalité provoquée par les règles de ce système, et on explique aisément la « vieille combine » de tous les gouvernements qui, pour faire passer la faiblesse de leurs réalisations politiques et économiques sur le dos d’une minorité-justement- trop faible pour se défendre, se basent (inconsciemment ?) sur les modes de pensées capitalistes (la rentabilité) pour justifier leur idéologie raciste.

Rien de plus facile en effet que de stigmatiser une minorité, et rien de plus logique que de s’y laisser prendre. Au lieu de se demander pourquoi tant de gens son conduits à vouloir quitter leur pays d’origine, il est plus simple de croire qu’ils sont inférieurs et jaloux, et qu’ils veulent nous « envahir » pour nous « voler ». Au lieu de remettre le système (auquel nous participons tous) en question, nous préférons nous éviter de regarder les véritables coupables de la misère des hommes en s’attaquant à d’autres, plus faibles.

Mais si le capitalisme cessait, aurions-nous encore une raison d’être raciste ?

 

Caleb irri

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Après le débat, on leur dit quoi aux Musulmans ?

Posté par calebirri le 3 avril 2011

Il y a ceux qui sont pour, et puis il y a ceux qui sont contre. Et puis il y a le reste, c’est à dire la majorité des citoyens, qui s’en foutent éperdument. Mais le débat sur l’Islam, renommé « débat sur la laïcité », aura bien lieu, et ce malgré tous les « débats » justement lancés sur sa tenue- ou pas. Une chose est sûre cependant, c’est qu’à cette occasion les masques sont tombés, comme je l’avais déjà fait remarquer à l’occasion des cantonales. Au sein de la majorité présidentielle des voix se font discordantes, et c’est tant mieux : le pouvoir du président sur la majorité s’effrite, et on commence enfin à trouver qu’il va trop loin.Car ce débat sur l’Islam, susceptible de remettre en cause la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, fait aujourd’hui peur à ceux-là mêmes qui ont compris où le chef de l’Etat voulait les conduire :  c’est-à-dire la stigmatisation des Musulmans, avec comme objectif la création d’un « bouc-émissaire » économique, à travers l’utilisation des évènements actuels pour détourner l’attention du peuple des véritables responsables de l’état du monde : les gouvernants eux-mêmes.

En mettant en place ce débat, il sera donc question de l’Islam, afin de savoir si cette religion convient ou non à la définition qu’on voudrait faire de la laïcité, et par conséquent si cette religion pose ou non un problème vis à vis des valeurs que prétend défendre la France.

Je ne reviendrai pas ici sur les définitions de la laïcité, ni même sur l’interprétation que l’on peut faire de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, je n’en ai pas les compétences, et d’autres le font bien mieux que moi. Mais je voudrais m’intéresser à ce que ce débat pourrait entraîner comme conséquences : car s’il y a débat, il y a conclusion du débat, et théoriquement réponse à la question : y a-t-il un problème musulman en France ?

Si la réponse est « non », alors nous rentrerons tous chez nous fiers et contents, le score du FN devrait mathématiquement baisser, et tout retournera dans l’ordre rapidement.

Mais si l’on considère, à la fin du débat, qu’il y a bel et bien un « problème musulman » en France, que fait-on ?

On interdit la religion musulmane ? On retire la nationalité aux Musulmans, ou leur colle-t-on un croissant rouge sur le corps ? Est-ce qu’on les torture, est-ce qu’on les réduit en esclavage, ou leur supprime-t-on simplement des droits sociaux ? Doit-on les mettre dans des camps pour les exterminer, ou arrête-t-on juste de commercer avec eux ?  Va-t-on leur déclarer la guerre, les envahir ou seulement les expulser ?

Et puis ensuite, faut-il considérer tous les Arabes comme des Musulmans ? Peut-on les qualifier de « race » au même titre que les Juifs autrefois, ou comme des adeptes d’une religion ? C’est quoi le problème exactement, les étrangers ou leur religion ? Et les enfants de Musulmans seront-ils alors « automatiquement » Musulmans eux-aussi ?

A partir du moment où l’on juge qu’il y a problème, il faudra bien admettre qu’il y faut trouver des solutions… Y êtes-vous prêts ? Est-ce vraiment cela que vous voulez ? Que voulez-vous à la fin ?  que les Musulmans « périssent » par vos mains, ou seulement qu’ils s’intègrent ? Dans le premier cas, imaginez ce que cela signifie. Et dans le second cas, il vous faudra alors regarder en face le véritable responsable des situations qui vous mettent mal à l’aise, le gouvernement lui-même, et nous tous à travers lui. Car quels sont les reproches que l’on entend à propos des Musulmans ?

-Ils prient dans la rue ? offrez leur des lieux de culte, et ils disparaîtront.
-Vous ne voulez plus voir de burqas ? donnez-leur l’exemple, et ôtez-vos propres lunettes « écran-total ». Si ces femmes apprenaient à lire et lisaient le Coran, elles verraient que cette pratique n’est pas obligatoire.
-Vous trouvez qu’ils reçoivent trop d’aides sociales ? donnez leur du travail !
-Des jeunes des cités vendent de la drogue et des armes ? Légalisez le cannabis et offrez-leur d’autres perspectives d’insertion.
-Il y a trop de travail au noir, et vous voulez qu’ils payent des impôts ? Donnez-leur des papiers.
-Vous ne comprenez pas qu’ils se réunissent tous ensemble dans des cités ghettos ? Offrez leurs des logements décents et moins chers, ils ne refuseront pas
-Ils vous regardent de travers ? changez votre propre regard sur eux, et les leurs suivront.
Lorsque vous arrivez dans un lieu que vous ne connaissez pas, vous aimez à ce que ceux qui sont déjà là, et qui se connaissent tous, vous accueillent avec gentillesse pour vous présenter, pour vous apprendre les règles et traditions locales, pour vous intégrer. Si personne ne vous parle et qu’on vous laisse de côté, vous vous renfermerez sur vous, et ne chercherez que la compagnie des autres exclus, qui eux vous comprennent et vous accueillent. En acceptant de croire qu’il existe un « problème musulman », nous rendons nous-mêmes possible l’existence de celui-ci. Nous excluons ceux-là mêmes à qui nous reprochons de ne pas s’intégrer… Que feriez-vous à leur place ?

 

Réfléchissez bien à ce que vous voulez, mais aussi aux conséquences que vos opinions impliquent dans la réalité. Car admettre que les Musulmans sont un problème pour la France conduira à l’adoption de solutions concrètes. Le voulez-vous vraiment ?

Alors soyez sérieux, et stoppez-là la discussion : il n’y a pas d’autre alternative envisageable que l’intégration, un point c’est tout.

 

Caleb Irri

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La valeur de l’Homme, une erreur de calcul capitaliste

Posté par calebirri le 27 mars 2011

Le capitalisme n’a qu’un seul objet : le profit. Ce profit est le résultat d’une balance entre les recettes et les dépenses liées à une activité, qui doit pour être viable dégager une plus-value, c’est à dire être finalement positive. A la limite de la perte et du profit se trouve un point « zéro », que l’on appelle le seuil de rentabilité.

C’est la recherche de ce seuil de rentabilité qui détermine la viabilité d’un projet, ce qui signifie que le lancement d’une activité dépend d’un calcul établi en amont pour savoir si le rapport entre les investissements effectués et les gains espérés seront globalement positifs ou non. La rentabilité se trouve donc être une projection des profits futurs, une espérance, une probabilité considérée comme suffisante pour atteindre un certain niveau de profit. En d’autres termes, la rentabilité calcule la probabilité d’un profit à venir ; jamais des certitudes.

 

Dans l’élaboration de ce calcul, les dépenses nécessaires à la création de l’activité se nomment investissement, et se trouvent séparées en deux entités distinctes, le facteur capital d’une part, et le facteur travail de l’autre. Le facteur capital est aisément intégrable dans des calculs, et cela malgré de très nombreuses données. Mais c’est pour le facteur travail que les difficultés sont les plus grandes. Car ce facteur travail c’est vous, c’est moi. Les recettes, elles, sont calculées à partir d’un concept également non mathématique, le fameux « consommateur rationnel », destiné à rendre l’homme « calculable », mais qui n’existe (heureusement) pas dans la réalité.

Pour le nucléaire comme pour toute autre activité, il faut donc, avant de se lancer, examiner le seuil de rentabilité d’un tel projet, ce qui signifie intégrer aux calculs de nombreux paramètres, dans lesquels interviennent donc des éléments mathématiques (les capitaux : combien coûte la maçonnerie, le travail, les impôts, les assurances…), mais également des facteurs humains (le risque d’accident, les conséquences sanitaires et environnementales à court, moyen et long terme). En fonction du prix « calculé » (on devrait dire « imaginé » car la somme des paramètres à prendre en compte ne peut être ni exhaustive ni quantifiée), et toujours en rapport avec les hypothèses de comportements des consommateurs (la demande supposée en électricité), le capitaliste déterminera le prix qu’il doit vendre son « produit » pour estimer si l’affaire est rentable ( si le prix qu’il fixe respecte la concurrence), ou quelle rentabilité il désire pour fixer son prix de vente (dans le cas d’un monopole).

L’exemple de Fukushima nous montre bien que tous ces calculs ne servent véritablement à rien, car en réalité les éléments « mathématiques » que représentent les coûts fixes sont erronés, car ils ne prennent pas en considération la véritable mesure ni des choses, ni des êtres. Même les « choses » sont le résultat du travail humain, et la « valeur » de l’homme est une donnée incalculable, car il fait partie d’un tout, l’Humanité. Et quand bien même nous serions capables d’en rendre compte de manière acceptable, jamais de tels projets n’auraient dû voir le jour, au regard de risques encourus. Nous aurons bon nous évertuer à calculer si oui ou non le bilan du nucléaire est, dans son ensemble, positif pour l’Humanité, cela est inutile. Car bien qu’à court terme cette activité semble « rentable » à certains égards (emplois, confort, prix, pollution), sur le long terme rien n’est moins sûr : ce que va coûter la catastrophe va bien au delà de tout ce qu’on peut imaginer en termes de santé, d’environnement, et même de financier. Et tout cela sans tenir compte des incidences de la production d’une centrale nucléaire, qui sont également incalculables dans une économie mondialisée : l’exploitation des ressources pour extraire le combustible, celle des êtres humains mis en servitude et rendus malades, la pollution et les trafics, les guerres engendrés pour son contrôle et son acheminement…

Alors au bout du compte, la rentabilité n’est pas au rendez-vous. Cela devrait nous faire réfléchir sur les dangers de tels calculs, qui intègrent dans leurs critères une sorte de « valeur » attribuée à l’être humain. Et c’est bien là que repose toute l’erreur du capitalisme : en définissant l’homme selon des critères purement financiers, qui plus est à court terme, il omet l’élément essentiel du fonctionnement d’une société, l’être humain dans son individualité, dans sa complexité, dans son humanité, et la pérennité de son existence. En n’estimant pas le facteur humain comme principal objet de ses calculs, en attribuant une valeur  « monétaire » à l’être humain, il inverse les priorités « naturelles » des hommes, et finit par prendre l’homme non plus comme but mais comme moyen, et l’argent comme but alors qu’il ne devrait être qu’un moyen, au service de l’homme.

Ainsi, l’objectif primordial d’une société, à savoir la conservation de l’espèce humaine, rentre en contradiction totale avec l’objectif du capitalisme, qui préfère le profit à l’être humain, et qui permet à de telles catastrophes de se produire.

Les choses étant ainsi posées, et puisque le capitalisme attribue une « valeur » à l’être humain, il s’agit maintenant de savoir comment elle est calculée.

Parmi les dépenses que le capitaliste doit prendre en compte dans ses calculs, certains coûts sont dits « fixes » (bien qu’ils intègrent eux aussi les coûts « variables » -l’homme- dans le cadre de leur activité spécifique), et d’autres « variables », qui correspondent aux coûts du travail en un lieu et en un moment donnés. Le coût du travail en Chine n’est pas le même qu’en France, car la législation du droit du travail, les taxes, les conditions de vie des travailleurs, etc, ne sont pas les mêmes partout et tout le temps. Le coût du travail, c’est donc la valeur que l’on vous attribue, en fonction de votre productivité (ce que vous êtes capable de produire en un temps donné). Le coût du travail est devenu, selon les lois du marché, la seule variable d’ajustement sur laquelle les capitalistes peuvent encore jouer, et qui détermine donc notre valeur, la valeur de l’être humain. Cela peut paraître effarant, mais c’est bien la triste vérité. La valeur de l’homme n’est un facteur au même titre que le kilo de MOX, que l’assurance ou les conditions de travail.

Le principe de la fixation du coût du travail réside dans la conception même de l’être humain, avec comme limite sa capacité à supporter l’exploitation de sa force de travail. En d’autres termes, cela signifie qu’il faut traiter l’être humain le moins bien possible (réduire les coûts), sans toutefois qu’il se révolte. Le travail des économistes (qui se trouve être en réalité un travail de psychologue) se résumant à pousser cette « variable » (vous et moi donc) jusqu’au maximum de ses possibilités de productivité, sans dépasser une limite au delà de laquelle ils n’est plus rentable de la contraindre, car alors la productivité de cette variable baisserait. Il ne faut donc pas croire que les loisirs et autres « conforts » sociaux ne sont seulement que le résultat des luttes sociales, mais plutôt qu’ils sont la nécessaire concession faite par des économistes estimant qu’au dessous d’un certain seuil de confort, notre productivité baisse. La valeur de l’homme n’est donc définie que par le rapport entre ce qu’il est capable de rapporter (sa productivité, l’effort qu’il est capable de fournir), et ce qu’il coûte pour travailler sans se révolter (conditions de travail, salaires…). C’est cela l’optimisation, et c’est cela que vous valez, que nous valons, selon le capitalisme : moins que le profit.

Cette manière de calculer la « valeur » de l’être humain remet donc en question toute la morale humaniste des sociétés, et permet d’annihiler la conception égalitaire de nos sociétés selon laquelle un homme en vaut un autre. En « calculant » la valeur de l’être humain, on s’aperçoit qu’il ne s’agit donc plus de le faire « valoir » plus, mais moins. L’homme se trouve sacrifié au profit de la rentabilité, ce qui finit par nuire à l’Humanité toute entière. Car en « moyenne » la vie d’un Chinois vaut moins que celle d’un Français, et à l’intérieur même de chaque société certains valent plus que d’autres. Les « liquidateurs » sacrifiés pour refroidir les réacteurs japonais valent moins que les dirigeants de Tepco, qui achètent la vie des liquidateurs avec l’argent qu’ils ont gagné sur le dos d’autres misérables travailleurs, au nom d’une rentabilité justifiée par un calcul erroné, une conception du monde injuste et inhumaine.

Selon cette conception, la valeur de l’être humain ne dépend plus de ce qu’il est intrinsèquement (un être humain parmi des milliards d’autres), mais de ce qu’il fait. Cela signifie que tous les calculs économiques déterminant les activités humaines sont basés sur un principe « moral » qui contredit et outrepasse les lois « naturelles » imprescriptibles de l’Homme, celles de l’égalité et de la conservation de l’espèce. Avec la détermination de la valeur de l’homme les inégalités se sont tellement creusées que selon les critères de rentabilité, certains hommes en valent des millions d’autres : cela met en péril l’équilibre de l’Humanité toute entière, et rend évidemment impossible toute démocratie.

Car la démocratie implique la définition d’une majorité, chaque individu ayant le même poids dans les décisions concernant la société. L’objectif d’une société étant la conservation de l’espèce humaine, elle considère qu’en laissant souffrir 10 personnes de la faim pour en nourrir un million, le développement d’une activité est acceptable d’un point de vue global : les 10 misérables ne se révolteront pas, et la majorité se satisfera de ce calcul, acceptant ce principe majoritaire. On peut bien sûr aller plus loin dans les proportions (jusqu’à un maximum de 49, 9% de la population, le raisonnement est « théoriquement » acceptable). Mais d’un point de vue capitaliste, le principe démocratique ne tient plus : puisque quelques hommes en valent des millions d’autres, alors on peut considérer que laisser mourir de faim 90 % des hommes est acceptable, ce qui revient à un suicide programmé de l’espèce humaine.

En considérant l’homme seulement comme une variable d’ajustement mathématique, et non plus comme l’objet de toutes les attentions de la société, le capitalisme a fait une erreur de calcul impardonnable, qui va beaucoup plus loin que la raison humaine, comme on le voit aujourd’hui : car si dans la théorie le nucléaire est rentable, elle devrait servir les intérêts de la majorité de la société humaine (50, 01%). Mais en pratique, le risque incalculable que les capitalistes ont pris en fonction de conditions purement financières met en danger l’ensemble de l’humanité, prouvant ainsi à quel point la notion de profit est supérieure à celle de la valeur de l’être humain, et à quel point le système capitaliste est entré en contradiction avec les objectifs de l’humanité. En donnant une valeur différente à chaque être humain, elle sort l’humanité du principe selon lequel chaque homme en vaut un autre, et que la conservation de l’espèce est l’objectif primordial de toute société. Car aujourd’hui, selon les critères capitalistes, à peine 10% de la population sont susceptibles de laisser mourir de faim le reste des êtres humains pour que le système continue d’être rentable… mais pas viable.

Nous aurions du nous révolter depuis longtemps déjà, car la situation n’est plus supportable depuis un bon moment. L’homme n’est pas calculable, et le capitalisme est en train de tuer l’humanité. Les solutions existent pourtant, et il ne tient qu’à nous de les réaliser. Qu’attendons-nous pour leur montrer ce que nous valons vraiment ?

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

http://lavoiedespeuples.unblog.fr

Publié dans argent, écologie, la démocratie, misère, mondialisation, révolution? | 5 Commentaires »

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