Mais où est donc passé l’argent ?

Posté par calebirri le 25 août 2012

Mais où est donc passé l'argent ? dans argent Financial_Zoo1-300x182Après que me soit venue l’idée que les riches ne pouvaient peut-être tout simplement pas payer , j’ai commencé à me pencher sur une question simple qui découle de la constatation suivante : si les riches ne sont pas en mesure de payer pour la crise et que les pauvres non plus, qui le peut, et surtout OU DONC EST PASSE L’ARGENT ?

Cela fait donc quelques jours que je bataille pour y voir plus clair, mais le système est plus que complexe. Pourtant, des dizaines de milliards, ça ne devrait pas passer inaperçu : tous les jours des montants fabuleux sont cités partout dans les médias, il doit donc bien y avoir quelqu’un qui les récupère à la fin, non ?

Bon. Je n’ai sans doute pas encore tout saisi, mais voilà quelles sont les conclusions provisoires que j’ai tiré de mes « recherches » :

-Les Etats ont tellement emprunté pour financer leurs dettes qu’ils sont aujourd’hui au bord de la faillite.
-Les banques commerciales sont au bord de la faillite elles-aussi, car elles ont tant prêté qu’elles sont à peu près sûres aujourd’hui de ne pas pouvoir être remboursées intégralement.
-Les particuliers (pauvres) sont les premières victimes de la crise et pour la plupart leur épargne est leur seule ressource ; et au regard des milliards recherchés, elle n’expliquera pas tout. On ne peut pas compter sur eux.
-Les particuliers (riches) possèdent bien des millions ou même pour certains des milliards, mais même s’ils le voulaient ils ne pourraient pas récupérer tout leur argent. ils sont à oublier aussi.
-Les entreprises (et même les grandes) utilisent pour la plupart l’argent prêté par les banques en investissements, et ne possèdent sur leur compte que la trésorerie nécessaire pour survivre, le reste étant mis à l’abri sur des comptes inaccessibles à l’impôt, ou partagé entre les actionnaires privés. Elles ne paieront pas non plus.

Mais si personne ne possède donc « concrètement » tout cet argent, me disais-je naïvement, peut-être est-ce la BCE, qui en tant que dernier recours sert de régulateur à tout ce petit monde, possède sur ses comptes l’ensemble de la monnaie disponible, puisque c’est elle qui lui donne sa réalité physique. Et puisque l’argent circule, c’est qu’il existe non ?

Et bien au risque de vous surprendre, il est possible que non. Enfin pas totalement. Car si la BCE est la seule autorité européenne à pouvoir « battre monnaie », ses fonds « structurels » sont assez limités. Ce qui constitue l’essentiel des échanges monétaires n’est en réalité qu’une somme incalculable de titres de créances des uns, de titres de dettes des autres, des bouts de papier s’échangeant continuellement et avec une valeur qui varie au gré des événements… et de la confiance des acteurs. Et puis surtout, ce n’est pas la BCE qui crée la monnaie.

Car ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la masse monétaire en circulation n’est qu’une « projection » de la monnaie qui existerait si tout le monde était en mesure de rembourser ce qu’il a emprunté (ce qui est nécessairement impossible).

Et il faut rappeler que seules les banques commerciales peuvent créer de la monnaie, par le crédit. Mais en fonds propres elles ne possèdent que la somme cumulée des intérêts qu’elles gagnent en prêtant. Tout le reste n’est que de l’argent « fictif », résultat espéré en retour de la confiance que mettent (abusivement) les banques dans leurs clients.Cet argent n’existera qu’au terme du remboursement, et en fin de compte aura été utilisé, dépensé en totalité avant que d’exister vraiment, et cela sur le dos de l’emprunteur qui par son labeur permet de dégager les intérêts qui font leur gain.

La conséquence en est que si l’argent est introuvable, ce n’est donc pas parce qu’il est planqué dans des paradis fiscaux (vous n’y trouverez que peu de billets, il n’y a là-bas que des ordinateurs ultra-sécurisées), mais tout simplement parce que tout l’argent qui n’est pas dans les fonds propres des banques n’existe pas réellement, ou a déjà été utilisé. Ce ne sont que des crédits dont on anticipe fictivement le remboursement pour créer de la liquidité, mais qui s’ils ne sont pas in fine remboursés disparaitront dans le trou noir que semble être devenu la BCE.

S’il faut une preuve pour vous convaincre de ce que j’avance, il suffit de se pencher sur un exemple récent, celui de l’Equateur : endetté jusqu’au cou et sous la contrainte d’un plan de rigueur drastique, un audit de leur dette conduit pendant 14 mois les a poussé à refuser de continuer à payer. Les créanciers ont pris peur, et ont tenté de vendre leurs titres qui se sont dépréciés à une vitesse folle (je crois qu’elles ont perdu plus de 70% !). La dette perdit donc rapidement de sa valeur, et l’Equateur n’eût ensuite qu’à mandater une banque pour en racheter une partie conséquente (environ 30%), ce qui lui a permis, en quelques mois, de racheter par la suite, et pour 35% de sa valeur totale, plus de 90% de sa dette…

Résultat, une dette quasiment disparue (si on achète sa propre dette on peut se l’annuler soi-même !), et des intérêts réduits à rien : juste quelques lignes écrasées dans des ordinateurs, et voilà le travail !

Maintenant, imaginez qu’il suffirait d’un gouvernement assez courageux pour dire « on ne paie pas » pour que tout s’arrête ! Imaginez qu’il suffirait d’une panne de courant géante, d’un « delete » abusif ou d’un virus informatique pour que tout cet argent disparaisse et que les dettes soient annulées, que les cartes soient rebattues. Imaginez que la simple menace d’un « bankrun » soit capable de provoquer la panique chez ceux qui vivent non pas à crédit comme nous, mais directement sur notre dos… et alors c’est toute l’arnaque de ce système qui risquerait d’être découverte : il n’y a d’argent réel que ce que les pauvres veulent bien transpirer pour entretenir le niveau de vie des riches qui les exploitent. Et il nous suffirait de le refuser pour y échapper !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
Dessin réalisé par N. Rahal

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Comment j’ai failli devenir le premier stalino-strotskyste-rouge-brun-islamophile-identitaire d’extrême-droite

Posté par calebirri le 14 août 2012

Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Et je ne suis pas le seul à qui cela arrive-et encore moins le dernier.

Au début je ne voulais pas en parler, j’en avais presque honte… mais je me suis fait « troller » ! J’en avais déjà entendu parler bien sûr, mais vous savez ce que c’est, on croit toujours que ça n’arrive qu’aux autres, et puis un beau jour…

Enfin voilà de quoi il retourne : d’après ce que j’ai compris (vous pouvez vous faire une idée de ce fructueux échange ici : ), certains liens présents sur mon blog, ou certains sites qui ont l’audace de publier mes billets, dérangent un lecteur apparemment peu assidu (cela arrive même à des gens biens), qui les considère « pas clean », et qui désire donc que je cesse tout contact avec ces derniers. C’est qu’il leur reproche (si j’ai bien compris) d’être des « fenêtres » ouvertes sur l’extrême-droite, dont je serais j’imagine le « courant d’air » ou quelque chose du genre… Mais pire encore : je ferais moi-même également partie (puisqu’un de mes liens pointerait vers cette fenêtre -c’est logique) de ce qu’on appelle les « rouges-bruns-fascistes-islamophiles-facho-stalino-strotskystes », avec l’ordre et les variantes qu’il vous plaira d’y trouver.

Fort de cette analyse, (il n’a toutefois pas réussi à m’expliquer clairement ce qui caractérise l’espèce susmentionnée), mon « troll » en a conclu que j’appartenais de fait à cette engeance et qu’il fallait donc faire cesser ce scandale. Pour ensuite produire le joli petit texte qui suit, depuis censuré par la modération d’un autre des sites sur lesquels on me reproche parfois de publier (en me taxant parfois d’extrême-gauchisme marxiste-stalino-crypto-communiste) :

éhéhé lol ! j’ai chopé cet article sur Bella ciao :

Caleb Irri collabo de la nébuleuse sphère fn identitaire et autres antisémites .

Caleb Irri entretient des liens avec l’extrême droite ,

Le lien « r-sistons aux crises » qui figure dans la colonne « liens » à droite de son blog http://calebirri.unblog.fr/ est purement et simplement une fenêtre sur l’extrême droite.

– Eva R-sistons à la crises » http://sos-crise.over-blog.com/ : de son vrai nom Chantal Dupille, la dame est une ex-militante du PS et une ancienne journaliste des Dernières nouvelles d’Alsace. Appartenant à la famille conspirationniste, elle est une collaboratrice régulière du site d’extrême-droite Alterinfo et se trouve souvent publiée sur le site (faussement « altermondialiste ») Dazibaoueb – qui sert aussi de caisse de résonance au Parti antisioniste et à Dieudonné ou Alain Soral.
Le site « r-sistons aux crises » regorge de liens direct fn , identitaires et autres fachos.

Caleb Irri et autres idiots utiles de l’extrême droite : Hors de nos luttes ! Hors de nos vies !

Caleb Irri est un blogueur qui est habitué des colonnes de Bellaciao,mais on le retrouve aussi sur Mecanoblog, et sur ReOpen911 (2 blogs de la fachosphère)

Il faut combattre le capitalisme mais pas avec n’importe qui…Le confusionnisme politique, ça suffit !

Face A l’extrême droite riposte Immédiate !

Bon.

Peut-être ne connaissé-je que mal les sites incriminés (je ne lis pas tous les articles -fort heureusement il apparaît, puisqu’on y parlerait j’imagine de « gazer » à peu près tout le monde sur cette planète !), et peut-être également que le « stalino-strotskyste » est une maladie contagieuse par voie internet, ou même que je suis moi-même un « rouge-brun » sans le savoir… mais j’ai l’intuition qu’il serait tout de même plus judicieux pour en juger de lire ce que j’écris plutôt que de regarder d’où j’écris – car ce sont les écrits qui parlent pour leurs auteurs.

Ceci étant dit, il est intéressant de se pencher sur cet étrange phénomène qui consiste à vouloir faire passer quelqu’un pour ce qu’il n’est évidemment pas. Comment, par des liens que je ne remettrai pas à jour (j’ai même quelques liens morts c’est dire) et un titre sans d’autre « preuve » qu’un lien qui se trouve être « considéré » par « on-ne-sait-qui » comme « déviant », se fait-on traiter de social-communiste un jour pour se retrouver le lendemain présenté comme un soutien du FN, en même temps que celui des islamistes, le tout à la sauce stalinienne ?

En réalité cette technique de sape est une tentative de brouillage des messages du « trollé », à travers une confusion de termes chocs apparemment opposés mais qui, réunis, laissent le loisir au troll d’attaquer à peu près n’importe qui, et pour n’importe quoi. Le but du troll n’est pas véritablement « d’entacher » la réputation du « trollé », mais plutôt de laisser les évocations des termes accolés ensemble le déstabiliser pour qu’il s’embrouille dans une défense impossible, puisque l’incohérence des termes qualificatifs lui étant attribués ne signifie absolument rien. Une fois embrouillé dans ses tentatives d’explications, il devient alors aisé pour le troll de décrédibiliser le trollé, qui aurait du retenir et faire sien l’adage de « je-ne-sais-plus-qui » (Beaumarchais peut-être ?) : « prouver que j’ai raison serait accorder que je puisse avoir tort ».

Enfin, je devrais presque me satisfaire d’un tel honneur, car après tout mon troll s’imagine sûrement mon influence sur le web bien supérieure à ce qu’elle n’est réellement. Mais de toutes les manières, la voix de mon troll ne portera jamais plus loin que la mienne propre.
Et c’est bien dommage : j’aurais pu être le premier spécimen d’une espèce inconnue jusqu’ici !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Ce que les économistes ne savent pas

Posté par calebirri le 16 juillet 2012

Dans mon dernier article, j’évoquais mon désir de voir les économistes nous éclairer sur ce qu’il adviendrait de l’Europe (et du monde) une fois le « plan de sauvetage » adopté par les différents gouvernements européens, en regrettant le silence généralisé sur le sujet. On pourrait penser que ce silence est la conséquence d’une incompétence elle-aussi généralisée, et répondre à la question « pourquoi ne nous disent-ils pas tout ? » par « c’est qu’ils n’en savent rien, de ce qui va se passer ensuite ! »… Mais c’est peut-être aller un peu vite en besogne. Car s’il y a bien des choses que les économistes ne savent pas, il y en a d’autres qu’ils savent bien, et qu’ils ne nous disent pas pour autant.

Et ce silence, dont nos gouvernants sont complices puisqu’ils travaillent exclusivement pour le compte de la finance, peut tout aussi bien apparaître comme la volonté de cacher délibérément aux peuples les conséquences de ce qui se trame derrière leurs dos, qui s’ils le découvraient finirait sans doute de les mettre en colère pour de bon.

Car il faut bien que certains sachent. A l’heure où les techniques d’analyses du comportement des foules sont proches de la perfection, où les statistiques et la mathématique sont relayées par des « super-calculateurs » d’une puissance inégalée, à l’heure des sondages en rafales ou de la propagande outrancière, de celle du conditionnement implacable et de la formidable rapidité des communications, il est impossible que les armées d’analystes en tout genre qui pullulent dans des cabinets plus ou moins obscurs n’aient pas une vague idée des conséquences des mesures qu’ils imposent à tous.

Un peu comme dans le cycle de « Fondation » d’Isaac Asimov, notre civilisation est aujourd’hui pratiquement capable de réaliser des prédictions qui n’ont rien à envier à la « psycho-histoire » du professeur Seldon, et il serait presque insultant pour nous de ne pas croire qu’un petit groupe d’experts (a fortiori un grand), plus ou moins secrètement (a fortiori pas secrètement du tout : voir le « NIC« ), sait déjà que le système capitaliste non seulement ne sera pas sauvé, mais qu’en plus il ne doit pas l’être.

Comment pourrait-il en être autrement, puisque cette capacité d’analyse est accessible à tous ?

Il suffit pour s’en faire une idée d’imaginer l’Europe au lendemain de l’adoption du « plan de sauvetage » européen : baisse des salaires et des conditions de vie, restrictions sur les libertés, révoltes, répression, peur, haine, violence, famine, révolution, répression, dictature… Ou quelque chose dans le genre, les mécanismes qui conduisent à la dictature étant connus et théorisés de long temps.

Car la compétitivité ne reviendra pas d’elle-même, et ni les peuples concernés ni les Etats qui les abritent ne souhaitent pour demain devenir les « Chinois » des Brésiliens. Le capitalisme s’étant déjà retourné, la seule solution d’avenir qui reste à ce qu’on appelait encore il y a peu les « grandes puissances » se trouve naturellement de « sortir » du capitalisme plutôt que de le subir; la dictature étant évidemment le régime sinon le plus adapté, au moins le mieux connu.

Seulement, comme pour le « Plan Seldon » du visionnaire Asimov, le « plan » des économistes et de leurs alliés objectifs possède des failles, et il y a certaines choses qu’il leur est impossible de prévoir :

tout d’abord, il faut préciser que les conditions de réussite du « plan » sont d’une part le secret (pour ne pas nuire aux « prévisions »), et d’une autre la non-réalisation d’une inconnue majeure, à savoir l’action d’individus isolés (ou petits groupes d’individus) quasiment incontrôlables et in-intégrables dans des comportements de masse, qui pourraient tout chambouler.

Ensuite, il faut évoquer les manquements à la première condition, car nous sommes de plus en plus nombreux à voir clair dans le jeu de ceux qui ne veulent pas tout nous dire. Que les politiques sont corrompus par la finance (comme pour l’affaire du Libor qui montre au grand jour les accointances entre le monde politique et le monde financier -d’ailleurs l’entretien de Diamond avec ses « amis » du parlement anglais le montre clairement -ainsi que la tranquille assurance de Bercy lorsqu’elle signifie gentiment qu’aucune des banques impliquées dans ce qui devrait faire la une de tous les journaux ne sera inquiétée) et que les riches ne rembourseront pas ce qu’ils ont volé ne fait désormais plus de doute pour de très nombreuses personnes. Nombreux donc sont ceux qui ne font plus confiance ni aux politiques ni aux financiers, et qui ne croient plus aux vertus d’un système qui montre chaque jour son injustice, comme nous le prouve le « cas » récent de Peugeot. L’arrogance de ces « experts » -qui va jusqu’à installer directement ses « pions » à la tête de grands Etats « démocratiques » !- pourrait donc leur nuire à terme, car la connaissance du « plan » par un trop grand nombre d’individus risque d’avoir une influence sur le comportement des masses (une révolution pacifique ?)

Et c’est justement pour éviter la trop grande diffusion de ce « plan » qu’internet est un des enjeux majeurs du futur, comme semblent déjà l’anticiper les dirigeants effrayés par son pouvoir contestataire grandissant, avec ACTA refusé un jour pour être remplacé le lendemain par le CETA , ou par une circulaire du même acabit (aux Etats-Unis cette fois).

Maintenant, que va-t-il réellement se passer ? Le futur et ses malheurs étant à la portée de notre entendement, serons-nous capables de l’empêcher ? Et si non, comment se déroulera la transition ? sera-t-elle violente ou non ? Et quelle sera la réaction des autres puissances ? Quelle résistance sera organisée, et dans quel état se trouvera alors la planète ? Voilà ce que ne savent pas nos chers économistes, et voilà tout ce qu’il nous reste comme marge de manoeuvre.

En attendant de savoir, il reste encore une petite différence entre le réel et le livre « Fondation » : la mise en pratique effective de la psycho-histoire revient à un robot humanoïde capable de télépathie (dans le livre « les Robots« ), ce qui n’a pas dû lui nuire pour ses prévisions, mais ce qui nous laisse un dernier espoir qu’ils se soient trompés… car jusqu’aux dernières nouvelles, les économistes ne possèdent pas encore ce genre de qualité. Et heureusement !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Ce que les économistes ne nous disent pas

Posté par calebirri le 7 juillet 2012

Alors que la crise bat son plein et que les mesures imposées par les marchés seront à coup sûr entérinées d’ici à peu par des gouvernements serviles, la bataille fait rage pour savoir si elle seront suffisantes pour redonner aux différents acteurs économiques la confiance qui leur fait défaut, tout en réduisant le taux d’endettement des pays les plus fragiles, et cela sans (trop) nuire à la croissance.

Nombreux sont ceux qui naturellement s’opposent, parmi les peuples, aux différents mécanismes proposés par les dirigeants européens, tandis que tous les analystes politiques ou économiques semblent se faire à cette idée comme étant la seule option valable, du moins à court terme. Mais personne ne semble en mesure de proposer d’autres alternatives capables de faire coïncider les deux éléments contradictoires que sont l’effacement de la dette et le retour à la croissance, et encore moins de nous laisser entrevoir d’autres perspectives que l’austérité générale ou la mort de la démocratie. Car si on fait le tour du petit monde médiatico-économico-politique qui sévit sur la toile, il apparaît qu’en dehors des critiques ou des descriptions (parfois fort justes) de la situation il manque une sorte de « force » susceptible de voir plus loin que la simple critique des événements, sur le long terme. On connaît tous le vieil adage qui dit « gouverner c’est prévoir », mais force est de constater qu’à part prévoir l’adoption des mesures concernant le « paquet » européen, nul ne s’aventure pour nous dire ce qui se passera une fois ce plan de sauvetage adopté par l’Europe.

Et pourtant ne serait-il pas important de savoir ce qui se passera « après » l’adoption du mécanisme de stabilité et de croissance (MES), de la création du fonds de secours européen (FESF), et à terme du fédéralisme européen ?
Que se passera-t-il une fois les conditions de travail dégradées, les salaires baissés, les droits sociaux anéantis, et l’harmonisation fiscale et bancaire réalisées ? On nous parle aujourd’hui de sacrifices pour retrouver la compétitivité, mais si les peuples doivent y consentir, qui peut aujourd’hui leur dire ce qui se passera à moyen ou à long terme ?

Les banques referont-elles crédit ? Les salaires vont ils ré-augmenter ? Les conditions de travail vont-elles s’améliorer ? Le chômage va-t-il baisser ? Et les investissements reprendre, ou les impôts être réduits ?

Et combien de temps va-t-il durer, ce « temps des sacrifices », et puis surtout quels sacrifices et pour qui ?

Voilà ce que nous voudrions bien savoir, et voilà justement ce qu’on ne nous dit pas.

La seule chose que nous soyons en état de constater aujourd’hui, c’est que monsieur Hollande n’est pas de gauche, que l’affaire du Libor n’est pas un cas unique, que les riches continuent de s’enrichir, que l’Europe n’explosera pas et surtout que tous les hommes de pouvoir sont des menteurs, en plus d’être corrompus. Comment dans ce cas se sentir rassurés ?

Alors maintenant j’en appelle à tous les économistes et autres statisticiens chevronnés qui parlent si haut pour dénoncer les excès des « banksters » ou les illusions des utopistes : rassemblez-vous et réfléchissez bien, calculez et anticipez, faites autant de probabilités, de calculs de risques que vous le désirez, lisez les bilans des entreprises et relisez vos théories rationalisées, prenez les marges d’erreur qui vous conviennent et dites nous ce qui se passera après l’adoption du plan. Faites-nous savoir en quoi la baisse des salaires et le fameux « retour à la compétitivité » nous sera bénéfique à long terme, et comment nous nous relèverons après-demain plus forts que nous le sommes aujourd’hui. Ce que nous voudrions savoir, c’est ce que dit la théorie sur laquelle s’appuient les agences de notation, les analystes et autres météorologues de l’apocalypse… Que tous les savants prédicateurs qui s’expriment quotidiennement sur les « grands » médias nous décrivent leur plan par le menu, qu’ils aillent vraiment jusqu’au fond des choses et qu’ils nous fassent parvenir leurs résultats, qu’on voit de quoi il retourne.

Il faut de l’austérité, il faut baisser les salaires, licencier du personnel, réformer le code du travail pour sauver l’Europe d’accord, nous vous avons bien entendu… Mais et après ? Et après ?

Et puis quand bien même, si l’Europe parvenait à faire « repartir la croissance » au prix des sacrifices aujourd’hui exigés, que se passerait-il au niveau mondial ? Ceux qui voyaient leur situation s’améliorer, ceux qui espéraient gagner des parts de marchés à l’international, vont-ils devoir s’asseoir à nouveau sur leurs espoirs ?

Je mets au défi tous les économistes de la planète de nous prouver comment les mesures qu’ils soutiennent aujourd’hui favoriseront demain les conditions d’existence de plus d’êtres humains qu’hier. J’affirme par avance que cela est impossible, pour la simple et bonne raison que tout cela est incalculable, et que nous le savons tous. Vous pourrez prendre la chose de quelque côté qui vous convienne, le capitalisme favorisera toujours les uns au détriment des autres, et ce n’est certainement pas en se fourrant la tête dans le sable que nous trouverons le moyen de sortir de cette aberration.

La décadence d’une civilisation commence le jour où les hommes cessent de prévoir l’avenir pour tenter de sauvegarder un présent qui leur échappe. Car si au lieu de se pencher sur les moyens de sauvegarder un système qui a fait preuve de son inadaptation nos « penseurs » se mettaient à imaginer celui qui doit le remplacer, alors l’espoir pourrait renaître aussi rapidement qu’il a disparu.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Et si c’étaient les riches qu’il fallait convaincre ?

Posté par calebirri le 2 juillet 2012

Cela fait des siècles que les hommes cherchent les causes des malheurs qui les oppressent, et seulement deux hypothèses ont résisté pour expliquer pourquoi les inégalités n’ont jamais cessé entre les hommes : l’une consiste à croire que les hommes ne naissent pas égaux et qu’il en existe « naturellement » de « meilleurs » que d’autres. L’autre à croire que c’est le système (capitaliste donc puisqu’il est « universellement adopté« ) qui crée ces inégalités, et ce malgré les postulats défendus par la théorie économique qui évoquent la croyance en une « main invisible ». Mais la science et la philosophie ayant rejeté l’inégalité génétique et montré clairement les raisons sociales et historiques de ces inégalités, nous sommes aujourd’hui directement confrontés, à la lumière de la crise qui nous frappe de plein fouet, à l’injustice du système qui englobe toute notre vie en société : le capitalisme.

Car d’où qu’on parte pour expliquer les inégalités, le responsable de tous nos maux semble justement être ce capitalisme, incapable de réaliser dans la pratique ses promesses théoriques : les riches sont de plus en plus riches, tandis que les pauvres sont de plus en plus… nombreux.

Que faire pour remédier à cela : faut-il tout prendre aux riches ?

Alors que le peuple lui-même ne semble pas le désirer vraiment, incapable qu’il est d’unir ses forces pour résister aux forces gigantesques et incontrôlables de la puissance financière qui est comme douée d’une vie propre, je me demande parfois si le salut des pauvres ne réside pas dans la capacité des riches à résoudre eux-mêmes un problème qui les concerne finalement autant que nous. Car être riche ne signifie pas nécessairement se désintéresser des autres ni vouloir leur misère ou leur oppression. Etre riche, c’est aussi être le jouet d’un système qui impose une règle simple : si ce n’est pas toi qui prend, l’autre prendra à ta place.
Même très riches et complètement déconnectés des réalités, personne (ou très peu) ne croit réellement qu’il est juste et bon que certains êtres meurent de faim tandis qu’eux-mêmes se gavent ; et pour laisser faire il leur faut bien croire ou que ce n’est pas de leur faute, ou qu’ils n’y peuvent rien ; mais pas que c’est bien fait pour eux.

Mais il faut bien se rendre à l’évidence, et accepter les faits tels qu’ils se présentent aujourd’hui clairement à tous : les riches sont bel et bien responsables de cette situation, car ils entretiennent par leurs comportements individuels un système qu’ils savent injuste, et ils doivent savoir qu’ils y peuvent quelque chose. Puisque nous participons tous de près ou de loin à l’exploitation outrancière des ressources de la planète, puisque dans une économie mondialisée ceux qui ont le plus sont nécessairement responsables du manque de ceux qui ont le moins, il faut accepter de regarder la réalité en face : la misère et les violences qu’elle entraîne, l’exploitation des êtres qui s’épuisent à remplir les poches de ceux qui les exploitent est, directement ou indirectement, imputable à ceux-là mêmes qui bénéficient le plus des injustices de ce système.

Car qui peut croire encore qu’un homme en vaut plus qu’un autre, ou en vaut 1000 fois plus (puisqu’on juge la valeur d’un homme à son salaire) ? Qui peut accepter sans vergogne qu’une petite partie de la population du monde empêche la plus grande de se nourrir, de se loger, de se vêtir ou de vivre décemment sans se demander et pourquoi, et ce qu’il peut faire pour changer cela ?

Et si les pauvres participent également à l’entretien de ce système par leur inaction, les riches sont d’autant plus responsables de cette situation qu’ils sont plus riches. Ce n’est pas de leur faute bien sûr, et jusqu’à il n’y a pas si longtemps l’illusion d’une « croissance » pouvait suffire à apaiser les consciences de ceux qui avaient tout. Mais aujourd’hui les riches comme les pauvres savent. L’Etat-Providence initialement institué pour contrebalancer les effets d’un capitalisme dérégulé ne fonctionne pas, pas plus que toutes les institutions censées protéger les plus faibles de la voracité des plus forts. Ils savent que le capitalisme ne peut pas conduire à l’intérêt général car autrement il n’aurait aucune raison d’exister. Et il doivent comprendre eux-aussi qu’ils se sont trompés, que nous nous sommes tous trompés, car en voulant satisfaire nos propres intérêts nous ne faisons qu’entretenir les inégalités.

Maintenant, et plutôt que de demander aux peuples déjà meurtris de faire encore un effort pour venir prendre aux riches ce qui leur a été volé, pourquoi n’expliquerait-on pas aux riches pourquoi ils doivent donner aux pauvres, et pas qu’un peu ? sont-ils si aveugles ou si stupides qu’ils ne puissent comprendre qu’ils sont eux-aussi responsables du bien commun ?

Pas besoin pour eux de faire la charité ni même de favoriser la solidarité sociale, mais simplement de changer leurs habitudes, en cessant de parier implicitement sur la peur du lendemain, et en dépensant tout leur argent afin qu’il retourne dans le circuit économique en entretenant ainsi la croissance tant désirée, les emplois et les investissements nécessaires aux progrès de la société. En refusant d’économiser, en vivant et en faisant vivre ceux à qui manque l’argent lorsqu’il dort dans des dépôts criminels détruisant les perspectives de millions d’êtres humains. Ils y gagneraient autant en humanité que ce qu’ils perdraient en gardant tout pour eux. Car il ne faut pas oublier une chose, très simplement dite par Saint-Exupéry : « nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Les Grecs ont perdu… mais les marchés n’ont pas encore gagné

Posté par calebirri le 20 juin 2012

Ce qui devait avoir lieu s’est produit : la Grèce a capitulé. Pas complètement encore, mais presque. Le pays qui se trouvait être le dernier rempart contre l’austérité (on devrait dire contre la baisse de nos conditions de vie) s’est laissé prendre par la peur d’une sortie de l’Euro ( que Syriza ne souhaitait d’ailleurs pas), et son peuple s’est couché face à la propagande éhontée des partisans de la rigueur. A peu de choses près paraît-il, mais qui pourra vérifier de toutes façons ?

Toujours est-il que comme en France, les Grecs ont préféré se soumettre que de se révolter, que de rentrer dans l’inconnu.

Mais aujourd’hui déjà nous savons tous que ce n’est pas suffisant puisque les bourses ne semblent pas totalement rassurées. L’Espagne inquiète, et très rapidement le « cas Grec » risque de s’effacer derrière celui-ci….

C’est que la partie n’est pas terminée : ces derniers jours des voix se font entendre de plus en plus fort pour réclamer le « fédéralisme européen », ou la « gouvernance européenne », ou « l’harmonisation fiscale, économique et politique »… Car le but des marchés n’est pas simplement de faire élire des dirigeants soumis à leurs volontés, mais bien de « légaliser » l’Empire européen que l’Allemagne appelle de ses voeux. Un empire capable d’imposer une politique économique compétitive susceptible de rivaliser avec les grandes puissances économiques mondiales. Et ce n’est que lorsque tous les dirigeants européens engageront leurs signatures au bas d’un texte juridique commun qu’ils seront définitivement rassurés.

En attendant, il faut pour eux continuer d’effrayer les peuples européens, afin que ces derniers permettent par leur adhésion volontaire au projet proposé de se défaire volontairement des régimes démocratiques en place, et puis surtout convaincre les dirigeants en place de se séparer de leurs prérogatives institutionnelles sur le plan national.

C’est la deuxième partie qui commence. Après avoir convaincu les peuples, les marchés doivent désormais convaincre leurs dirigeants, qui eux-mêmes sont poussés par de lourds appareils politiques incontrôlables et sujets aux revirements. Et devenir de simples « vice-rois » ne doit guère les enchanter.

C’est sans doute la raison pour laquelle les tensions sur les emprunts d’Etats se font si fortes actuellement en Espagne, qui ces derniers jours ne semble pas prête à coopérer totalement. Car il faut dire qu’en prêtant à des taux si élevés, les banques menacent directement les dirigeants qui n’ont d’autre choix que de s’exécuter : à partir de maintenant celui qui n’exécutera pas le programme défini par le pouvoir financier se trouvera immédiatement sanctionné.

Le rôle dévolu aux gouvernants nationaux se limitera donc à servir de fusible entre les marchés et le peuple, pour lui imposer de payer sans lui laisser la possibilité de contester.

Et c’est donc avec certitude qu’on peut envisager pour l’Europe, à la suite du traité sur la « règle d’or » qui sera bientôt ratifié, une proposition prochaine, émanant des marchés et défendue par l’Allemagne, d’un texte contraignant juridiquement les Etats à soumettre directement leur souveraineté aux exigences non pas du peuple mais des acteurs de la finance, et auquel certains chefs d’Etats puissants comme monsieur Hollande et sa « croissance » (qui n’est qu’un mot qu’on peut qualifier négativement si on le désire) ne sont pas forcément opposés, mais pressés par leurs peuples de le refuser.

Qui pourra maintenant l’empêcher ? Alors qu’on redoute en France « l’hégémonie » rendue possible par la prise en main de tous les pouvoirs par le PS, c’est en réalité ce dimanche l’hégémonie des marchés sur l’Europe toute entière qui a été hier validée par le peuple Grec ! Et alors que certains « fins analystes » criaient victoire des dimanche, les peuples d’Europe ont perdu avec les Grecs tout espoir d’empêcher ce qui va suivre. Comme nous l’avons fait au soir du 10 juin en France. Que nous reste-t-il à présent ?

La certitude que le changement ne viendra pas des urnes, ce qui retire une option pour l’avenir. Ce sera donc soit la guerre, soit la dictature, soit la révolte populaire.

Malheureusement la violence est inscrite dans chacune de ces options, car en procédant ainsi les marchés entrainent une rancoeur de la part des citoyens envers leurs dirigeants, tandis que les dirigeants sont eux-mêmes contraints par les marchés d’imposer aux peuples des sacrifices qui acculent les citoyens à la misère. Quand quelqu’un vient vous prendre ce que vous avez alors que vous n’êtes pas d’accord, les réactions possibles face à cette agression sont soit de recourir à la justice, soit de se soumettre, soit la violence.

Mais si l’empire est légalisé et le traité signé, ne resteront que la soumission ou la violence. Sauf que ce que les marchés oublient, et c’est là le point crucial qui fonde l’erreur du capitalisme, c’est le facteur « humain », qui n’est pas rationnel dans ses comportements : car à moins qu’il ne se décide volontairement, pour redevenir compétitif, de voir ses conditions de vie se dégrader jusqu’à atteindre celles des « canons » de la concurrence des pays émergents, l’homme poussé à bout finira toujours par se révolter : c’est qu’il est beaucoup plus difficile de renoncer à ce que l’on a acquis que d’acquérir ce qu’on ne possédait pas. Et perdre la liberté après l’avoir connue, cela est difficile à supporter…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, la démocratie, misère, mondialisation, révolution?, relations internationales | 8 Commentaires »

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