Offshore leaks : citoyens, ne vous réjouissez pas trop vite…

Posté par calebirri le 7 avril 2013

Il y a l’affaire Cahuzac. Et il y a l’affaire « offshore leaks ». Et puis il y a aussi l’amnistie fiscale dont les parlementaires Français (et leurs « amis ») vont sans doute profiter bientôt, unis comme un seul homme.

Car ce n’est peut-être pas pour rien que le calendrier des événements est si serré, et qui expliquerait pourquoi monsieur Cahuzac a « tout (?) balancé » juste avant les révélations du « offshoreleaks » : il savait que son nom allait sortir, car cela fait un moment déjà que les journalistes travaillent sur ces listes (12 ou 15 mois je crois). Mais si les journalistes étaient au courant et que monsieur Cahuzac l’était aussi, alors tout le gouvernement savait inévitablement.

Mais nous aussi, les citoyens, nous savons tous que nos politiques sont complices de ce genres d’activités : ce sont eux qui les légalisent, qui les protègent, et qui n’ont jamais rien fait pour les faire supprimer (contrairement à ce qui a été dit).

Aujourd’hui on voit fleurir des articles stupéfaits nous « apprenant » comment fonctionne le système : très bien, mais nous savons cela depuis un bon moment déjà : l’évasion fiscale a été décrite à de nombreuses reprises, par de nombreuses enquêtes qui ont donné lieu à de nombreux ouvrages, des rapports, des scandales… et puis alors ?
Denis Robert nous a déjà tout expliqué par le menu : les paradis fiscaux existent pour blanchir l’argent sale (trafics d’armes, de drogue, d’êtres humains, corruption, jeux, prostitution…), et les chambres de compensation comme Clearstream sont le lieu par lequel TOUTES les transactions du monde transitent : on sait d’où vient l’argent, par où il passe et où il va, et de quelle poche à quelle poche l’argent transite.

Il suffirait donc d’ouvrir les lignes de compte de ces chambres de compensation pour que les masques tombent « définitivement ». Ce que personne dans aucun gouvernement du monde n’a évidemment intérêt à faire : car cela ouvrirait la voie à l’explosion du système en même temps qu’une révolution sociale sans précédent.

Que reste-t-il donc aux peuples pour faire émerger la vérité ?

Le chaos engendré par un bankrun ? Mais même ce moyen de pression lui a été retiré officiellement à l’occasion de la crise chypriote (tiens, un paradis fiscal !)…

La justice alors, dont on apprend qu’elle est entravée (et dénoncée !) par ceux-là mêmes qui sont censés lui apporter des informations ?

Et les journalistes ? peut-on compter sur les promesses d’un offshoreleaks dont on apprend que finalement ils ne sortira rien ? Car je doute que la dizaine de noms promise par le monde, ainsi que la frilosité étonnante des « rebelles » des autres pays nous expliquent comment 50 milliards d’euros s’échappent de France chaque année, et 1000 milliards au niveau de l’Europe ; chiffres incroyables d’ailleurs, juste ce qu’il manquait à nos budgets après qu’on a ponctionné cette somme sur les ménages européens… Et personne ne veut faire de rapprochements ?

Mais au fait, sommes-nous vraiment certains de vouloir savoir ?

Sommes-nous prêts à comprendre que les sacrifices qu’on exige des peuples sont les conséquences de l’accaparement des richesses par quelques uns, que cela constitue un vol, que tous ceux qui organisent, soutiennent et profitent de l’évasion fiscale sont des criminels qu’il faut punir, que tout cela est aberrant et proprement scandaleux, inacceptable ?

Mais posez-vous quand même cette question : à votre avis pourquoi les journalistes ne publient-ils pas les noms qu’ils possèdent, et qu’est-ce qui les en empêche ? Pourquoi les politiques veulent-ils une amnistie fiscale pour leurs collègues et amis ? pourquoi aussi assiste-t-on à cette diabolisation soudaine des paradis fiscaux, juste après la crise chypriote et juste avant l’effondrement total du système ?

Et bien je vais vous le dire moi, ce qui se trame : nos riches ont compris à Chypre qu’ils ne reverront pas tout leur argent, et que les paradis fiscaux sont ceux qui s’effondreront les premiers. Et ils cherchent donc par tous les moyens protéger non pas les petits épargnants mais bien… leur pognon. Et c’est à cela que sert le « Offshoreleaks » : loin d’être un avertissement à l’encontre des voleurs, il est en réalité un signal envoyé à tous les tricheurs, les menteurs et les escrocs qui sont encore une fois en train de nous rouler dans la farine… Les riches de tous les pays savent aujourd’hui qu’il faut au plus vite rapatrier leurs avoirs dans des pays plus « sûrs » avant que le bateau coule par là ou il penche… d’où la proposition de loi sur l’amnistie fiscale !

Nous allons donc assister ces prochains jours ou semaines, à des transferts massifs d’argent sortant des paradis fiscaux, précipitant ainsi la chute de tous les paradis fiscaux en difficulté… On légiférera alors pour « punir » les mauvais élèves, et puis le monde s’apercevra qu’il n’y a plus rien là-bas… Les peuples paieront une fois de plus la facture.

Caleb Irri
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L’économie des besoins contre le besoin d’économie

Posté par calebirri le 1 avril 2013

Il y a deux manières de voir le monde : l’une est fondée sur la rationalisation des moyens, l’autre sur la satisfaction des besoins.

La première correspond à celle que nous connaissons depuis des décennies : c’est la théorie selon laquelle le capitalisme forme un gâteau dont la taille est censée grossir indéfiniment pour pouvoir partager ce dernier en un nombre de parts de plus en plus important. La règle impose une concurrence théoriquement libre et non faussée (chacun pour soi fait avec ce qu’il peut contre tous les autres), mais la réalité conduit par l’accumulation à la création de monopoles qui faussent la règle, ou qui permettent même dans certains cas de la modifier à leur avantage (ils sont devenus les « plus forts » -puisque plus riches). Il apparaît donc que les plus forts, même s’ils sont les moins nombreux, prennent les plus grosses parts, pendant qu’ils laissent les pauvres (les plus nombreux) se battre entre eux pour obtenir les restes.

Cette situation engendre deux conséquences : le gâteau peut bien grossir en valeur ou en volume (artificiellement ou pas), mais le partage de ce surplus est toujours inéquitable puisque si, pour une croissance de 10%, le pourcent le plus riche en prend 9 pour n’en laisser qu’un aux 99% restants, la différence ne sera pas énorme pour les pauvres. On organise ainsi une sorte de « rareté » structurelle, sur laquelle repose l’injustice la plus flagrante de ce système.

Une fois cette rareté constatée, on imagine bien la deuxième conséquence : des conflits, à plus ou moins grande échelle, entre tous ceux qui doivent se battre pour survivre à l’intérieur de ce système.

Cette injustice est idéologique et part du principe selon lequel nous ne serions (par déformation eugéniste de la théorie darwinienne) pas plus que des animaux, contraints et soumis aux mêmes contraintes évolutionnistes d’adaptation au milieu (financier en l’occurrence) : on s’adapte aux conditions d’un marché pour conformer la satisfaction de nos besoins à la valeur de notre porte-monnaie. Ces conditions étant de fait inégalitaires et injustes, il se trouve que les plus nombreux doivent s’adapter à une vie misérable et s’en satisfaire pour décider « rationnellement » s’il vaut mieux choisir entre fromage ou dessert.

Mais nous devrions déjà nous estimer heureux : les riches pourraient tout nous prendre, comme ils l’ont signifié durant la crise chypriote, et ils nous laissent pourtant leurs restes… Pourquoi selon vous : parce que vous leur faites pitié ? Non bien sûr, mais parce que sans votre travail ils ne feraient pas de profit. C’est la contrepartie de la démocratie, ou plutôt de ce qu’elle était. En dictature, vous auriez encore moins. Et c’est bien pour ça qu’ils voudraient bien nous forcer à l’accepter.

La seconde est celle que nous pourrions avoir si nous fondions notre système non pas sur les richesses présentes pour combler les besoins, mais si nous partions de nos besoins pour trouver les moyens de les satisfaire. Cette manière de voir peut paraître évidente mais c’est en réalité une véritable révolution idéologique. Si on regarde la situation actuelle, on s’aperçoit que le système fondé sur le besoin d’économie fonctionne de manière incohérente : les besoins n’ont jamais été si grands (dans presque tous les domaines), et l’absence de moyens contraint pourtant au chômage et à la guerre. Comment avons nous pu laisser faire cela ? Alors que nous gâchons près de la moitié de ce que nous produisons, alors que les technologies à obsolescence programmée ne permettent pas la baisse des prix pour les anciennes versions retirées du marché, alors que le chômage est si grand et qu’on manque de tant de logements, d’hôpitaux, de professeurs ou de bouchers, on continue de licencier et de polluer, de laisser faire des métiers pénibles ou dangereux…

Mais que se passerait-il si on inversait les choses en passant du besoin d’économie à l’économie des besoins, c’est-à-dire de faire passer la raison économique après la satisfaction de ces besoins ?

Nous avons besoin de plus d’infirmières ? Formons-les, payons-les, elles dépenseront leur salaire, auront besoin d’un logement, fonderont une famille (et oui pour régler le problème des retraites quoi de mieux que de faire des enfants ?). Nous voulons cesser de polluer la planète ? Développons les énergies propres, gratuites et infinies, trouvons d’abord les moyens de satisfaire les besoins et regardons seulement ensuite combien cela coûte et combien cela rapporte. Qu’on ne vienne pas me parler de la finitude des ressources ou de l’espace de cette planète, j’ai déjà répondu à cet argument ailleurs : le gâteau est potentiellement infini (comme l’univers lui-même), et il ne tient qu’à nous de suivre la bonne recette.

Je ne sais pas si cette manière de voir serait rentable d’un point de vue capitaliste (je suis sûr qu’avec de savants calculs on pourrait prouver que oui et non- allez-y n’hésitez pas à vous lancer !), mais je suis certain que d’un point de vue sociétal personne n’y perdrait. Et puis si ce sont les calculs qui dérangent, n’en faisons pas : la société toute entière ne s’en portera pas plus mal.

Caleb Irri
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C’est tant pis pour nous, mais c’est bien fait pour vous !

Posté par calebirri le 3 mars 2013

A ceux qui se plaignent qu’on leur refourgue du cheval à la place du boeuf ou qu’on se livre à des « cochoncetés » pour vendre des livres comme à ceux qui refusent qu’on ferme leurs usines ou que l’on délocalise je voudrais dire une chose : c’est bien fait pour vous !

Qu’espériez-vous à la fin ?

A partir du moment où la rentabilité et le profit sont devenues les valeurs primordiales pour l’ensemble de la planète (pour les riches comme pour les pauvres), il faut bien comprendre que toutes les autres valeurs deviennent alors aussitôt secondaires : que ce soit l’alimentaire, la santé, le travail, l’écologie ou même l’amour et l’éducation, tous nos actes se conforment de fait à cette seule priorité.

Pas de morale dans tout cela, ni de social : la seule chose qui compte est bel et bien de « faire du fric ». Comment laisserions-nous mourir de faim, autrement, tant et tant d’hommes, de femmes et d’enfants, alors même qu’au niveau mondial nous gâchons plus de la moitié de ce que nous produisons ?

Car ce monde nous ne l’avons pas forcément choisi, mais nous l’avons accepté : pourquoi ensuite se plaindre des conséquences qu’il engendre si c’est pour ne rien y changer ?

On peut faire autant de lois, de révolutions ou de guerres que l’on veut, rien ne changera si les lois, les révolutions ou les guerres sont en réalité contraintes par la seule rentabilité économique. Vous pourrez remplacer tous les hommes politiques par d’autres hommes, tous les grands patrons par d’autres patrons, et même tous les pauvres par d’autres pauvres, mais en faisant cela vous ne changerez rien du tout. Tout le monde le sait au fond de soi, car l’Histoire est un perpétuel recommencement : nous avons changé les hommes (par renouvellement « naturel » ou non), nous avons changé les lois, fait des guerres et des révolutions, sans jamais changer de système de valeurs… Et qu’est-ce qui a changé en définitive ? rien !

Pourtant, vous ne voulez plus être contraint à perdre votre vie à la gagner ? Vous ne voulez plus de l’obsolescence programmée, ni de la compétitivité ? Vous voulez que tout le monde mange à sa faim quelque soit sa religion ou sa couleur de peau ? Vous voulez pouvoir manger sain, habiter un logement salubre et confortable, vous déplacer en toute sécurité et profiter de votre temps libre comme bon vous semble, changer de métier s’il vous lasse ou arrêter de travailler quand vous êtes fatigué ? Mais ce monde n’est pas fait pour vous alors ! Pourquoi ne changez-vous donc pas les règles de ce jeu puisqu’il ne vous convient pas ? Qui vous en empêche ? N’êtes-vous pas les plus nombreux ?

Si vous parvenez à m’apporter une réponse acceptable je veux bien manger mon chapeau, avec tout ce qu’il vous plaira de me faire subir, mais si non je répète encore une fois ce que j’ai dis plus haut : c’est bien fait pour vous !

Même si c’est tant pis pour nous…

Caleb Irri
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Le choc des civilisations n’existe pas

Posté par calebirri le 22 janvier 2013

La mondialisation est un phénomène irrépressible, indestructible, irréversible. Elle conduit à transformer les relations entre les Etats pour en nouer de nouvelles totalement différentes de ce qu’elles ont toujours été. Et c’est bien cette mondialisation, créée par les « occidentaux » pour continuer à faire du profit -suivant ainsi la loi « des marchés », qui est responsable de la crise actuelle : car à force de dérégulations, de modifications du droit et de la complexification de la production, les pays riches ont voulu profiter (une fois encore) des pays pauvres pour forcer leur prospérité déclinante à l’intérieur de leurs frontières -sans penser que le développement induit presque « malgré eux » à l’étranger allait finir par se retourner contre eux.

Et ce qui devait arriver arriva : c’est le retournement du capitalisme au profit des « anciens » pays pauvres contre celui des « anciens » pays riches. Les « BRIC » font aujourd’hui presque jeu égal avec les occidentaux, et même si pour les autres pays le chemin est encore long les choses bougent aussi : les révolutions arabes, les mouvements en Amérique Latine, et même le retour de la droite extrême à l’est de l’Europe sont des symptômes de cette volonté populaire d’accéder eux-aussi aux « bienfaits » de ce capitalisme.

Il apparaît donc que face à ce retournement, les pays occidentaux sont pris à leur propre piège : enfermés dans le libéralisme, ils leur est difficile de retrouver la sacro-sainte « compétitivité » en retirant plus à ceux qui n’ont déjà presque rien, le tout sans prendre trop à des riches qui ne le sont que fictivement. Il leur faut donc trouver de nouveaux marchés pour faire repartir la croissance, ce qui implique la mise en place d’une politique expansionniste ; en concurrence désormais avec ceux qu’on appelle maintenant les « émergés ».

Pour ce faire, nos gouvernants ont besoin d’une terre à conquérir, ainsi qu’un ennemi à attaquer, si possible correspondants l’un à l’autre : et nous voilà plongés dans le fameux « choc des civilisations ». Car cette terre c’est l’Afrique et ses formidables ressources, et cet ennemi c’est l’Islam. Et comme il fallait donc trouver un exutoire au peuple pour qu’il accepte les visées expansionnistes de son « camp » (l’Europe avec les USA et quelques autres), nous voilà aujourd’hui face à la réalité : le Mali, la prise d’otages en Algérie sur une plateforme gazière, le terrorisme international ; l’uranium, Areva et les Chinois…

Englués dans cette crise qui conduit peu à peu la majorité d’entre nous à la misère, les gouvernants occidentaux, mais aussi ceux des pays émergents, se disputent donc aujourd’hui les ressources formidables détenues par l’Afrique (qui elle aussi voudrait sa part du «gâteau», mais qui s’en soucie ?) pour retrouver enfin le chemin de la croissance. Devenue le seul continent « prenable » pour les deux camps qui se disputent en réalité le pouvoir et l’argent, l’Afrique est devenue le centre d’intérêt de toutes les convoitises.

Et comme il faut toujours une excuse pour s’emparer légalement du bien d’autrui – et que la colonisation n’a plus très bonne presse- nos gouvernants lui ont préféré la vieille technique de la croisade… contre le « terrorisme international islamiste » qui paraît-il frappe aux portes de l’Europe. L’islamisation de l’Afrique, dont les récentes révolutions arabes ne voulaient pas mais qui, avec le concours (involontaire ?) des occidentaux a tout de même percé, semble une aubaine pour qui recherchait un ennemi à combattre, et cela même sans être un fondu d’analyse géostratégique, non ?

Sauf que cette histoire ne tient pas debout. Ce ne sont pas les quelques 1500 djihadistes (on apprend à cette occasion que le « péril musulman » n’est pas si massif que l’on croyait !) qui vont envahir l’Europe mais bien les entreprises européennes ou chinoises (on verra qui l’emportera) qui vont envahir l’Afrique. Le « choc des civilisations », en tant qu’opposition de valeurs religieuses (Islam contre judéo-christiannisme) ou politiques (la « civilisation » occidentale contre la « civilisation » orientale) ne tient pas,il n’existe pas. En réalité c’est juste un affrontement pour le pouvoir et la richesse, comme tous les affrontements précédents. Il n’y a pas plus de « péril musulman » qu’il n’y a de « péril jaune », car ce n’est pas ainsi que se définit la lutte.

La véritable lutte, la véritable opposition, le choc qui se fait entre tous est celui des pauvres contre les riches. Il est là le choc. Tous les riches de tous les pays exploitent les pauvres de tous les pays, quelle que soit leur religion, leur couleur de peau ou leur orientation sexuelle. c’est le choc de LA civilisation capitaliste en décadence contre la montée du désir démocratique des peuples. Et c’est de ce choc que devra sortir quelque chose de nouveau, d’inconnu : soit les pauvres se rassembleront et lutteront, ensemble pour une démocratie mondiale, soit ils ne réussiront pas à vaincre et ce sera alors l’avènement d’une dictature, elle-aussi mondiale, pour le contrôle total des populations. Nous en reparlerons bientôt.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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L’épouvantail capitaliste de la surpopulation

Posté par calebirri le 24 octobre 2012

« De toutes les façons, il n’y aura pas assez pour tout le monde… » Voilà ce qu’on entend de plus en plus souvent pour exprimer le futur de notre humanité. Face aux dangers que représente la « surpopulation », la finitude de la Terre et de ses ressources est l’argument ultime pour justifier l’injustifiable. Car derrière ces mots se cache une réalité indicible : « si des gens meurent de faim, c’est normal (les plus prudents rectifieront par logique) »… puisque les ressources ne sont pas infinies, et l’espace disponible non plus!

La population augmentant à un rythme qui s’accélère, nous en sommes réduits à imaginer le pire pour continuer à justifier un système qui utilise des arguments fallacieux plutôt que de le remettre en cause… et surtout à accepter l’inacceptable ; car s’il n’y en a pas pour tout le monde qui fait, et comment fait-on la sélection ? Par la guerre ? Par la famine ? Par l’argent ? Par la surveillance et le contrôle ?

Je m’inscris en faux avec cette vision, et je la réfute catégoriquement. Ce ne sont ni les ressources qui manquent ni la nature qui crée la rareté mais le système capitaliste. Fondé sur le principe que le rare est cher, ce système, que l’on cherche pourtant à sauver à tout prix, est le seul et unique responsable de la surexploitation des ressources, de la pollution des airs, des mers et des sols, du réchauffement climatique et de tous les autres maux qui nous accablent. Il n’y a pas d’écologie possible avec le capitalisme, et c’est pure propagande que de vouloir nous faire croire à l’inéluctabilité de la famine et de la guerre pour nous faire accepter des sacrifices inutiles. Et tant pis pour Malthus, qui était un imposteur : j’en veux pour preuve les 1,5 milliards d’êtres humains qui ne mangent pas à leur faim, aujourd’hui en 2012, alors que les ressources disponibles sont encore bien suffisantes.

Car en réalité le problème ne vient pas de la finitude de la Terre mais bien de l’étroitesse de notre esprit. Et ce n’est qu’en dépassant nos propres limites intellectuelles et imaginatives que nous pourrons ouvrir de plus larges perspectives à notre civilisation : le soleil, le vent, et même l’eau (quoi qu’on en dise il y en a toujours autant- c’est le cycle immuable de la nature- c’est juste qu’elle coûte plus cher à traiter et à distribuer) sont des ressources énergétiques sinon inépuisables, au moins disponibles pour encore quelques milliards d’années. Et puis l’espace ne manque pas non plus : si nous regardons la Terre dans ses trois dimensions il y a la surface des Océans, sous la terre et dans les océans, dans le ciel et dans l’espace ; nous augmentons ainsi nos possibilités de développement de manière incalculable… Et puis si la Terre est finie, l’Univers lui ne l’est pas : le nombre des exoplanètes que nous découvrons augmente chaque jour, et la distance qui nous sépare d’elles se rétrécie en même temps.

Que de perspectives s’ouvrent alors à notre esprit si l’on regarde les choses autrement ! Comme nous pourrions nous passer des OGM à semences non-reproductives qui rendent la famine « rentable », comme nous pourrions éviter les pollutions dues à des énergies fossiles en développant ces autres énergies inépuisables mais non rentables qui nous sont offertes par la Nature, comme il serait moins difficile en définitive de construire une société non fondée sur les ressources mais sur les besoins, non fondée sur la rentabilité mais sur l’utilité… plutôt que de sans cesse vouloir sauver un système qui nous conduit à notre propre perte !

En se détachant de notre conditionnement, nous pouvons élargir nos perspectives jusqu’à rendre possible l’impensable, l’inimaginable : nourrir enfin correctement tous les habitants présents et futurs de notre planète, et ce pendant un bon moment encore.

En établissant un nouveau système non plus basé sur la rentabilité et l’intérêt individuel mais sur le partage et l’utile nous pourrions nous détacher de l’obsolescence programmée, de la surproduction et de la surconsommation. Nous pourrions développer enfin les technologies qui nous permettraient d’entrevoir l’augmentation démographique non plus comme une catastrophe mais comme une chance, celle d’offrir à nos enfants un avenir détaché des contraintes qui nous oppressent aujourd’hui, avec leurs corollaires habituels que sont famines, guerres, surveillance et contrôle sans cesse accrus des corps et des esprits.

En établissant un nouveau système non plus basé sur le travail comme objectif ultime de réalisation personnelle mais comme un simple moyen de satisfaire nos désirs nous pourrions alors sortir de la concurrence acharnée qui nous maintient depuis trop longtemps dans notre animalité, pour ne plus perdre sa vie à la gagner. Car nous ne sommes pas que des animaux, et nous seuls avons la capacité de n’être pas uniquement soumis ni à la raison ni à notre instinct. Nous sommes « incalculables« , et capables de tout. Nous avons conscience du temps et donc de nos descendants, car nous avons l’amour et la passion.

En établissant un nouveau système non plus basé sur les ressources mais sur les besoins à satisfaire, nous aurions suffisamment de travail pour réaliser tous les défis (techniques, technologiques, philosophiques) qui nous attendent si nous voulons être en capacité d’accueillir tous les « suivants » dans de bonnes conditions, et continuer cette formidable aventure qu’est l’humanité. Imaginez donc que l’homme disparaisse : la Terre sera toujours là, l’Univers aussi. Mais qui saura qu’ils existent, et que nous avons existé ?

En réalité tout ne dépend que de nous, et de la société que nous désirons construire ; et ce n’est qu’en détruisant la société capitaliste que nous pourrons échapper à l’apocalypse auquel ses partisans veulent nous conduire.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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La religion des cons

Posté par calebirri le 21 septembre 2012

S’il y a bien une chose que partagent les croyants de toutes les religions, c’est la connerie ! Il faut me pardonner ce langage quelque peu abrupt (qui reviendra plusieurs fois), mais il y a un moment où les termes classiques ne suffisent plus pour exprimer cette insondable bêtise humaine qui consiste à défendre une religion censée prêcher l’amour universel par la haine des autres religions qui prêchent…. la même chose !

Ce qui est en train de se produire en ce moment dans le monde à propos des différentes obédiences religieuses montre à quel point les partisans de l’une ou de l’autre des religions n’ont rien compris aux messages délivrés par celles-ci, car le Dieu qu’ils croient pourtant tout puissant ne peut décemment être sensible à ce genre de preuves d’affection. Qui peut croire enfin qu’on peut s’offusquer d’une caricature d’un prophète dont l’image n’existe pas, qui peut croire qu’en brûlant un livre on entache la toute-puissance supposée d’un Dieu qui se doit d’être au dessus de ces enfantillages, qui peut croire qu’en attaquant un fonctionnaire d’Etat on puisse défendre une religion qu’on croit attaquée ?

Tout ceci est parfaitement ridicule, et ne fait que participer à décrédibiliser toute la philosophie (commune aux trois religions musulmane, juive ou chrétienne) qui se trouve contenue dans des textes qui professent la tolérance et l’amour de son prochain. Aussi ridicules sont les musulmans qui se croient attaqués par un film stupide que le pape qui prêche la tolérance en refusant de tolérer l’extrémisme (on est tolérant ou on ne l’est pas, que diable !), aussi ridicules sont les catholiques qui se croient attaqués par des musulmans que les musulmans qui se croient attaqués par les catholiques…

Tous autant que vous êtes, vous les partisans des diverses religions auxquelles vous n’avez manifestement rien compris, en réalité vous êtes en train de vous faire manipuler. Pas par les musulmans, ni par les catholiques ni par les juifs non plus, mais bien par des politiques avisés qui de tout temps se servent des religions pour vous conduire à des comportements haineux, voire à la guerre, pour mieux cacher les véritables enjeux qui se trament derrière toute cette propagande scandaleuse. Vous vous croyez plus évolués que les hommes du moyen-âge que l’on faisait partir en croisade, vous vous croyez plus savants que vos semblables d’autres cultures et vous croyez même que votre culture est supérieure à celle des autres ? Mais vous n’êtes que des cons, arrogants et sans aucune culture, sans aucun sens historique, sans aucune réflexion.

A quoi, et à qui croyez vous que le choc des civilisations profite ? A votre Dieu, à vous-même ? Non, bougres d’imbéciles, vous servez les intérêts de ceux qui veulent vous cacher qu’à part la guerre et la violence ils n’ont aucune solution à vous proposer pour améliorer votre quotidien ; parce qu’ils ont tellement piqué dans la caisse que plutôt que de l’avouer publiquement et d’attendre que vous vous révoltiez, ils préfèrent vous arnaquer encore une énième fois en détournant votre attention… et vous tombez encore dans le panneau !? Après tous ces siècles de guerres, de massacres inutiles, vous croyez encore aux sornettes qu’on vous vend pour diriger votre colère contre votre semblable, votre frère humain ?

Quand allez-vous donc comprendre que la guerre est ce que recherchent nos dirigeants à court d’idées pour sauver leur peau ? quand comprendrez-vous que la guerre a toujours été le seul moyen de relancer l’économie sans avoir à rechercher les coupables de la misère engendrée par l’action de ceux qui vous envoient sur les champs de bataille ?

Vous vous apprêtez encore une fois à salir les valeurs que vous prétendez défendre, et le pire c’est que pour la plupart, ici comme ailleurs, vous n’y croyez qu’à peine à votre Dieu d’amour universel ; car en réalité vous avez oublié ou renié toutes Ses valeurs dont vous vous revendiquez. Le pardon, la fraternité, la paix, l’amour, qu’en avez-vous fait ? La compassion, la générosité, le partage, où sont-ils passés ? Alors que l’objectif avoué de la plupart des êtres qui peuplent cette planète est la réussite financière qui se crée dans l’individualisme le plus « anti-religieux » qui soit, vous voulez faire la guerre au nom de Dieu? Mais ce Dieu « tout-puissant » a-t-il besoin de votre aide pour le défendre ?

Vous n’êtes qu’une bande de cons, vous les défenseurs d’un Dieu qui doit pleurer de rage devant tant d’incompréhension, et vous vous en mordrez les doigts quand il faudra compter les morts, quand les chefs seront restés les chefs et que vous (et « nous » que vous avez entraîné avec) les esclaves, serez restés esclaves, plus misérables après avoir défendu vos soi-disant « valeurs » qu’avant, après avoir envoyé vos fils et vos filles au casse-pipe soit-disant au nom d’un Dieu (qui ne vous les rendra pas), mais en réalité au nom du capitalisme qui vous aura tout pris. Misérables cons.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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