Il y a trop d’étrangers dans le monde

Posté par calebirri le 5 décembre 2014

Quand on y réfléchit, le racisme est fondé sur une idée simple : il n’y en a pas assez pour tout le monde. De l’extrême-gauche à l’extrême-droite c’est au moins un point sur lequel tout le monde semble d’accord : la planète étant un espace fini et ses ressources étant de fait limitées par cette espace, l’augmentation continue de la population mondiale conduira à des catastrophes humanitaires majeures si on ne fait rien pour la maîtriser. Cet argument était déjà celui de Malthus en son temps, alors qu’il croyait impossible de nourrir et de satisfaire aux besoins du milliard d’individus composant la population mondiale de son époque.. Je rappelle que nous sommes aujourd’hui plus de 7 milliards, et que nous produisons actuellement plus qu’il n’en faudrait, si toutefois on ne préférait pas jeter plutôt que de donner, ou même partager..

Mais le fait est que cette croyance est une croyance acquise par des siècles de conditionnement capitaliste. Croire qu’il n’y a pas assez pour tout le monde est le meilleur moyen de justifier des guerres et des famines qui n’ont d’autre raison d’être que de satisfaire les intérêts capitalistes. Car que signifie cette croyance à part de vouloir en conclure qu’il faut donc « naturellement » choisir entre ceux qui « ont des droits » et ceux qui n’en ont pas ? Et comment déterminer ce choix ? Selon les lois capitalistes bien sûr, qu’on veut nous faire avaler comme représentant le mérite. Alors qu’en réalité il n’y a aucune justification rationnelle qui permette de dire que mon enfant a le droit de manger à sa faim « plus » que l’enfant de tout autre être humain sur cette terre.

On finit par se dire, la larme à l’oeil et la main fermée sur son portefeuille, qu’on ne peut tout de même pas « accueillir toute la misère du monde », et on tente ainsi d’obtenir, la conscience plus ou moins tranquille, la plus grosse part possible pour soi-même et pour les siens, au détriment « des autres », qu’on finit toujours par appeler « les étrangers »…

Or il apparaît, à l’heure de la mondialisation, que chacun de nous est l’étranger d’un autre, et qu’il faille bien admettre qu’en capitalisme un étranger est un ennemi potentiel, puisque potentiellement responsable du rapetissement de notre part à nous, de part son existence même…

Quelles sont alors les options ? Interdire aux femmes pauvres d’avoir des enfants ? la décroissance ? Tuer les vieux et les malades ? Ou faire la guerre ?

Faire la guerre bien sûr ! … mais à qui ? Aux étrangers évidemment, puisqu’ils sont étrangers ! S’il y avait moins d’étrangers, il y en aurait plus pour nous, non ? Puisqu’il n’y a pas de place pour tout le monde, pousse-toi de là que j’my mette ! La mort est moins pénible à supporter lorsque ce sont des inconnus, surtout s’ils sont des ennemis. Et comme on nous a dit que les étrangers étaient nos ennemis…

En réalité tout ceci est proprement scandaleux. Je suis pourtant aussi étranger à l’autre qu’il l’est à moi. Aussi incohérent que d’affirmer qu’il y a trop d’étrangers dans le monde ; ou dans son quartier. Mais comme ceux qui ont la richesse sont en même temps ceux qui se sont accaparés le plus de « droits » -et qu’ils sentent bien au fond d’eux que cela est injuste- ils préfèrent se réfugier derrière le paravent capitaliste du soi-disant mérite et asséner à tous ceux qui leur en font la remarque que de toutes façons il n’y en a pas pour tout le monde. Mais ces hommes et ces femmes c’est nous, ceux qu’on appelle « les occidentaux », et nous sommes collectivement responsables de cette idéologie qui conduit toujours au pire ; la misère des autres n’est pas une fatalité due aux limites de notre planète mais bien à notre racisme qui considère que ceux qu’on nomme « les étrangers » ont moins de droits que nous – quand en réalité ils ont seulement moins de pouvoir.

Pourtant il est aussi stupide de croire qu’il y a trop d’étrangers « quelque part » que partout dans le monde. La rareté n’est pas la conséquence de la finitude de la terre et de ses ressources mais celle d’un système qui la crée pour pouvoir perpétuer les injustices malgré le progrès technique. La décroissance verra certainement le jour et elle ne sera ni « choisie » ni « volontaire » mais tout simplement subie. Tandis que les riches -que nous sommes- continueront de faire semblant de croire que partager ne sert à rien (puisqu’il n’y a pas assez pour tout le monde), ils continueront à s’accaparer les ressources et la richesse au détriment de pauvres de plus en plus nombreux. La conséquence de ce comportement est le racisme et la violence qu’il crée, et dont bénéficient en retour ceux qui ont réussi à obtenir suffisamment de pouvoir et d’argent pour soumettre les plus nombreux à leur domination.

Pourtant, je l’ai déjà dit et je le maintiens : il y a bien assez pour tout le monde, et il y en aura toujours plus pour toujours plus de monde : il suffit de supprimer le capitalisme, et de considérer la planète non pas comme notre tombeau mais comme notre berceau. Alors qu’on se rend compte peu à peu que de l’eau se trouve ou se trouvait sur des corps célestes « étrangers », que de nombreuses planètes de l’univers sont susceptibles d’accueillir la vie (ou sa possibilité), il devient coupable de nier l’immensité des ressources potentielles et la capacité de progrès de l’humanité … L’univers est infini, et ses ressources aussi. Qui a lu « Fondation » d’Asimov ne verra plus jamais les choses de la même manière. Avec tout ce que cela implique au niveau des ressources et de cette foutue surpopulation.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans misère | 1 Commentaire »

Ca suffit avec votre quenelle de merde !

Posté par calebirri le 8 janvier 2014

il y a de ça quelques semaines, personne ou presque ne connaissait la « quenelle ». D’ailleurs, personne ne sait vraiment ce qu’elle signifie, étant donné qu’on la qualifie tantôt de « geste antisémite » (selon le salut nazi « inversé » d’après ce que j’ai cru comprendre), tantôt un geste « anti-système » (encore faudra-t-il définir ce qu’est ce « système » ; et s’il s’agit du capitalisme, je m’étonne du soutien de certaines personnalités pleines aux as qui le diffusent).

Enfin, toujours est-il que si le gouvernement voulait lancer un leurre au peuple français, il ne s’y prendrait pas autrement : on ne parle plus que de ça ! Pourtant, je n’ai pas l’impression qu’on ait fait tant de scandale au sujet des attaques clairement racistes contre madame Taubira.

Mais ce n’est pas là où je voulais en venir. En réalité le plus grave dans tout cela ce n’est pas de savoir si un type qui draine quelques milliers de supporters est plus raciste que les lanceurs de bananes à la petite semaine. Le plus grave c’est qu’on s’effarouche avec des mots, des gestes, quand personne ne semble s’effrayer que sur 7 milliards d’êtres humains, il y en à près de 3 qui crèvent de faim et de soif, sans distinction de race, de religion ou d’opinion politique. Et que cela ne choque personne qu’on ne légifère pas pour faire cesser cela, alors que nous connaissons les coupables et que nous savons comment les arrêter ; alors qu’ils ne sont que quelques milliers à se « partager » un gâteau dont ils laissent les miettes à 3 milliards d’hommes, de femmes et d’enfants…

Vous n’êtes pas raciste et vous êtes scandalisé par les propos d’untel ou d’untel, mais vous n’empêchez pas Tepco de faire travailler des SDF à la décontamination d’une centrale nucléaire qui ne les chauffe même pas l’hiver ? Vous criez au retour du nazisme alors que vous laissez les Palestiniens crever dans un camp d’extermination géant, et vous voulez faire interdire des spectacles qui attirent quelques centaines de fans quand vous autorisez les affameurs de la planète à vous vendre leurs produits tous les jours à la télé ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre que Dieudonné soit antisémite ou antisioniste, alors que partout autour de nous la misère se développe sans cesse ? faites-lui un procès et qu’on n’en parle plus ! Franchement, toute cette mascarade n’a-t-elle pas assez duré ?

Il y a sur cette planète quelques milliers d’individus qui affament plus ou moins consciemment 3 milliards d’êtres humains, nous produisons chaque année plus de denrées alimentaires qu’il n’en faudrait pour tous, et pourtant chaque jour des milliers d’enfants meurent de faim ou de soif. Des millions d’autres n’ont pas de toit ou vivent dans des conditions misérables… Ils sont peut-être juifs, ou noirs, ou musulmans, ou chinois ou que sais-je encore, mais qu’est-ce que ça peut bien faire ? Est-ce pour cela qu’ils meurent de faim ? La faute à la quenelle peut-être ?

Non, mais tout simplement parce que cela revient moins cher de jeter que de donner, et qu’il faut être rentable. On bombarde des hôpitaux, on asservit des peuples, on tue des hommes à la tâche, on mutile des enfants, tout cela pour la rentabilité. Le capitalisme tue plus que le racisme.

Enfin, ces quelques milliers de personnes sont peu à peu en train de réduire en esclavage la majorité des peuples de ce monde et nous que fait-on ? On se demande si la quenelle de Dieudonné est un geste antisémite ou pas, et si on doit interdire son spectacle ? Putain, il faut se réveiller ! Elle est où la gauche ? C’est tout ce qu’elle a réussi à obtenir, la gauche ? Ouaou, nous sommes parvenus à faire interdire un spectacle d’un type à qui nous avons par ailleurs fait une publicité formidable !

Quelle misère, quel scandale ! quand est-ce que nous cesserons de nous faire berner comme ça ? Après, je me dis pas étonnant que mon questionnaire sur l’assemblée constituante n’avance pas (je tente le coup), ça intéresse qui la démocratie et le bien commun, les vrais ?

C’est de pire en pire, vous tombez tous les uns après les autres dans tous les pièges qui vous sont tendus ! Et vous allez encore voter après ça, et fiers de défendre des « valeurs », mon oeil oui ! ah c’est vrai, je ne vote pas, je ne dois pas être un démocrate après tout… d’ailleurs, je ne voterai même pas au prochain référendum portant sur le droit de Dieudonné à faire son spectacle !

Mais trêve de (mauvaise) plaisanterie. Pensez-y sérieusement chaque matin, et tous les jours : pendant que vous écoutez de savants analystes vous donner leur avis sur la « quenelle », il y a des milliers d’enfants (des enfants vous entendez ?) qui meurent de faim, sans que nous ne levions le moindre petit doigt pour faire cesser cela…

Réveillez-vous, bon sang !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans medias, misère | 12 Commentaires »

Le chaos qui vient

Posté par calebirri le 9 décembre 2013

J’ai évoqué récemment à quoi pouvait servir le QE (Quantitative Easing), en émettant l’hypothèse d’un chaos lorsque celui-ci cessera d’être massivement utilisé.
Il semble aujourd’hui qu’on puisse faire quelques remarques prospectives à propos des conséquences géopolitiques de la fin de cette « politique » de dévaluation déguisée de la monnaie : avec plus de 1300 milliards de dollars de bons du Trésor américains, les Chinois (comme tant d’autres) sont liés à la valeur de cette monnaie. Cela signifie que si le dollar perdait soudainement de sa valeur, la valeur des bons détenus par la Chine en dollar baisserait d’autant. Sur 1300 milliards, une perte de 10 % signifie 130 milliards de perte. Il n’est qu’à imaginer les répercussions d’un crack boursier sur tous les pays qui possèdent du dollar en grandes quantités pour se faire une idée du chaos qui suivrait.

Mais si la catastrophe financière peut se produire en quelques heures à peine (encore que j’imagine que les bourses seront rapidement fermées au moindre signe de panique qui suivra l’annonce d’un assouplissement trop rapide du QE- et aussi pour éviter le bankrun – tout cela avant de ponctionner directement l’épargne des ménages), il faut comprendre que d’un point de vue géopolitique, les grandes puissances concernées préparent depuis quelques années déjà les réponses stratégiques à apporter lorsque tout s’effondrera. Nous croyons toujours qu’ils ont « un coup de retard », alors qu’en réalité ils ont un coup d’avance.

Et c’est ainsi qu’il faut comprendre les événements qui se jouent aujourd’hui :

-désir de protectionnisme et de nationalisme (montée de l’extrême-droite, sortie de l’Euro; ou de l’Europe)
-montée des tensions religieuses pour faire naître la peur et la méfiance entre les communautés ; et préparer l’opinion publique à de futurs conflits internationaux qui se feront sous prétexte religieux.
-montée des politiques sécuritaires et de surveillance généralisée des populations au nom de la sécurité d’un monde qu’ils contribuent à rendre dangereux (comme avec les drones)
-entraves à la liberté d’expression par le contrôle des médias (surtout internet et sa liberté) et la censure pour éviter les futures révoltes populaires.
-aggravation des politiques de rigueur qui énervent les liens sociaux en permettant une tension extrême dans le monde financier, et qui autorisent les riches à se mettre à l’abri (baisse des prestations sociales, augmentation des bénéfices des grandes entreprises, mise en confrontation et en opposition des différents « régimes » sociaux ou « communautaires »).
-pénalisation des citoyens « alternatifs » et contestataires (Snowden, Manning, Assange, des gars comme le maire de Marinaleda).
-réformes législatives qui visent à légaliser les futurs « sacrifices » qui seront imposés aux citoyens (retraites qui passent à 69 ans en Angleterre !, chômage en hausse avec « obligations » de travail…)
-recherches de débouchés économiques (comme en Afrique avec le Mali ou tout récemment en Centrafrique)
-réarmement généralisé et recherches d’alliances (comme avec l’Ukraine)

Car il faudra bien l’admettre, la situation du monde se trouvera boulversée totalement le jour où les Etats-Unis tomberont.
Les risques de guerre seront alors maximum, d’autant que la puissance des Etats-Unis ne sera alors plus que militaire. Et la rancune de leurs créanciers à la mesure des pertes qu’ils subiront. Et nul doute que la Chine sera la première concernée, elle dont les dépenses militaires ont désormais dépassé celles des Etats-Unis.

En attendant ces sombres heures, nous ne pouvons malheureusement pas faire grand chose. A part tenter de sauvegarder le peu de libertés qu’il nous reste, ou espérer que les choses ne tournent pas trop mal ; et peut-être même envisager de préparer le « monde d’après », celui qui viendra.

Ne serait-ce que pour offrir aux générations suivantes une alternative aux dictatures qui sont si simples et si pratiques à instaurer au regard des efforts qu’exige la mise en place d’une véritable démocratie.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, misère, mondialisation, relations internationales | Pas de Commentaire »

Les riches ne paieront pas : ils préfèrent l’injustice, ou le chaos

Posté par calebirri le 10 août 2013

Le titre du « Le Monde week-end » daté du 10 août est : « Europe : la fragilité des banques menace la reprise ». Je n’en reviens pas ! Avec les bénéfices qu’elles se font sur le dos du particulier, les tricheries dont elles profitent et le peu d’impôts qu’elles paient, les erreurs et les mensonges dont elles sont responsables, l’argent qu’elles ont déjà reçu, les difficultés qu’elles font aux emprunteurs et les frais bancaires qu’elles appliquent à ceux qui n’en ont pas les moyens, « Le Monde » nous apprend qu’elles sont « fragiles »… Et que cette fragilité menace la reprise ! Mais quelle reprise ?

C’est quand même un peu fort ! non seulement on veut nous faire croire à la « reprise », mais en plus on nous prépare à aider les banques une nouvelle fois ? Car que veut dire ce titre si ce n’est : « la reprise est là, mais comme les banques (les pauvres petites) sont fragiles, cela menace cette reprise. Si nous aidons les banques à devenir moins fragiles (en leur donnant encore de l’argent, ou des nouveaux droits…), cela signifie donc que rien ne menacera plus la reprise ». Mais de qui se moque-t-on ?

Alors que ce sont justement les banques (et non pas leur fragilité) qui ont conduit à la crise, et que c’est bien elles qui constituent une menace non pas pour la reprise mais bien pour les plus fragiles, on voudrait nous apitoyer sur le sort de ces entreprises dont les pratiques sont sans doute parmi les plus choquantes.

Quelle pitié !

Mais derrière cela il y a une autre information qu’on peut y lire : les gouvernants européens ne lâcheront rien. Plutôt que de se confronter à une réalité qui les dépasse (la prise en compte du retournement capitaliste et l’inévitable aggravation de la crise, le mécontentement populaire ou les tensions internationales), ils continuent à ne pas vouloir (ou ne pas pouvoir, je ne sais lequel est le plus terrible) faire payer les responsables, c’est-à-dire à laisser ceux qui le doivent faire faillite, craignant (peut-être à juste titre) de voir le scénario « château de carte » se réaliser et l’Europe (avec sa prétendue puissance) s’effondrer.

C’est ici que le lien se fait avec l’international, et qu’il nous faut accepter le fait que la balle n’est déjà plus dans notre camp : il n’y aura pas -ni en Europe ni aux Etats-Unis- de « Grand Soir », pas plus que de « réelle démocratie » ou d’Assemblée Constituante. Pas plus qu’en Tunisie ou en Egypte, en Syrie ou en Libye la démocratie ne l’emportera. Pas plus qu’elle ne l’a emporté en Irak ou en Afghanistan : rien de tout cela n’arrivera. Il ne faut pas se leurrer, la situation nous dépasse, et il est sans doute déjà trop tard . Les mécanismes complexes d’une si grosse machine qu’est le monde en marche fonctionnent sans qu’on puisse les arrêter, et seule une vision globale des dynamiques des grands ensembles peut permettre de se faire une idée des événements à venir.

Car puisque les riches refusent de prendre leurs pertes, et que les politiques refusent de voir les Etats « riches » assumer leur véritable (im)puissance au sein d’un monde « retourné », la politique actuelle de planche à billets va continuer jusqu’à entraîner les autres puissances dans un tourbillon qui ne leur laissera que deux choix : la soumission, ou le conflit. Les Etats riches posent donc les règles, en accord avec les financiers (pour l’instant) et aux autres ensuite de faire leur choix. C’est d’eux, les « émergés », que viendra la véritable décision : il se peut qu’ils ne nous plaisent ni l’un ni l’autre mais c’est ainsi : nous avons laissé passer notre chance.

Mais que cela ne nous inquiète pas : car en définitive même si nous croyons toujours vivre une époque « extra-ordinaire », nous ne faisons que répéter les mêmes réflexes d’une génération à l’autre : la crise est en réalité un état permanent, et il est presque « naturel » que sur une vie de 80 années l’Homme connaisse et la guerre et la crise économique ; ce qui me console presque puisque cela signifie que si l’Histoire se répète toujours, cela prouve également que l’homme est en réalité imperméable au conditionnement puisqu’il fait toujours les mêmes erreurs ; et que la vie finit toujours par reprendre le dessus… Alors face à cette nouvelle (à demi) réjouissante, que sont cinq ans de guerre, ou même 10, qui cela peut-il effrayer ? 10 % de votre vie ce n’est pas grand chose après tout, des économistes diraient peut-être même que c’est un bon rapport « bénéfice/risque » !
Et puis c’est du gagnant-gagnant : au pire les morts, les destructions, les productions engendrés par la guerre seront des retraites en moins, des chantiers en plus, de la productivité… De la croissance, enfin ! Et au mieux la perpétuation d’un système injuste dominé par les « Occidentaux » au détriment des pauvres des autres nations moins puissantes… mais ils doivent être habitués, n’est-ce-pas ?

Alors elle est pas belle la vie ? Juste un éternel recommencement…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, chroniques du futur, crise, La voie des peuples, medias, misère, relations internationales | 11 Commentaires »

Doit-on tricher pour réussir ?

Posté par calebirri le 2 juillet 2013

Dans « La solidarité contre l’individualisme ou le paradoxe éducationnel« , je dénonçais la dichotomie qui existe entre l’individualisme prôné par le système capitaliste et les valeurs enseignées à l’enfant durant son processus éducationnel : il en ressortait que les plus « adaptés » au monde d’aujourd’hui étaient de fait les plus égoïstes, les plus radins, les plus « agressifs ».

Mais cela ne suffit plus, car aujourd’hui on s’aperçoit -à travers les innombrables « affaires » qui occupent les « grands » de ce monde- qu’en réalité le gouffre est encore plus grand que je ne le craignais : non seulement les valeurs enseignées à l’enfant ne suffisent plus à la « réussite » de ces derniers, mais en plus on apprend qu’il faut tout simplement tricher et mentir, voler ou contraindre par la force pour avoir une chance de ressembler à ceux qui « réussissent ». Comme les gangsters de films sont devenus des modèles pour de nombreux spectateurs, les escrocs modernes sont aujourd’hui des exemples pour bon nombre de nos chères petites têtes blondes (et vides).

Car désormais les vrais héros sont des escrocs (pas les petites racailles de cages d’escaliers non, mais bien ceux qui s’exilent à l’étranger pour éviter l’impôt national ou délocalisent au Bangladesh, ceux qui vous pillent vos « données personnelles » pour les revendre à prix d’or, ceux qui demandent à l’Etat 7 milliards comme ils en demanderaient le double ou la moitié, ou même ceux qui deviennent président en mentant « les yeux dans les yeux » de ceux qui les élisent…) qui ne sont jamais pris, ni ne vont jamais ne prison (ou pas longtemps, et pas dans les mêmes conditions que le petit vendeur de cannabis).

Ceux-là réussissent, tandis que ceux qui suivent les règles voient leurs moindres écarts sanctionnés. Etre individualiste ne suffit plus, il faut être un « requin », un « sniper », c’est-à-dire jouer au plus fin avec les règles, faire la guerre « préventive » à son concurrent, ou même outrepasser les règles si l’on est suffisamment protégé - »too big too fail » comme on dit…

Et puis la Loi elle-même (en même temps elle est faite par ceux à qui elle profite) permet quelques aberrations, comme celle dont bénéficie Apple par exemple, qui ne paye pas d’impôts ou si peu grâce à une « faille » juridique (identifiée mais non réglée), ou le fait de risquer une peine financière maximale dérisoire au rapport des sommes gagnées illégalement…

Faut-il tricher pour réussir, voilà la question qui dorénavant se pose à nos jeunes ; et qui explique le désarroi, la schizophrénie dans laquelle ils sont plongés : d’un côté ils ont ingurgité des valeurs obsolètes pendant un bon paquet d’années (amour du prochain, respect des différences, partage, entraide…), et puis de l’autre ils se rendent compte qu’elles ne valent rien « en capitalisme ». Il faut penser à soi d’abord, et merde pour les autres ! Mais même cela ne fonctionne pas : il y a toujours plus pourri que soi ! Les vrais « winners » ce sont ces types qui planquent leur pognon « offshore » ou applaudissent à l’annonce de licenciements massifs ; et peu importe de savoir comment ils l’ont gagné, sur la sueur ou le sang de qui il a été ponctionné.

il y a ceux qui refusent bien sûr, et ceux qui l’acceptent. Les premiers n’arriveront à rien et les seconds, ceux qui vont « au bout des choses », ont eux-seuls une chance de « réussir » : ce sont les nouvelles règles implicites du système. Mais ces règles ont un inconvénient : si tout le monde se met à les suivre, il risque d’y avoir un problème… Ne pourrait-on pas plutôt, un jour, redéfinir ce qu’est une vie réussie ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans double coup, misère | 2 Commentaires »

Le hasard comme politique économique

Posté par calebirri le 30 avril 2013

J’avais commencé un « essai » statistique destiné à prouver l’inutilité (ou plutôt la malfaisance) des calculs de probabilité en économie. C’était une théorie absurde fondée sur une réalité qui l’est tout autant, à savoir qu’un événement a statistiquement toujours (et à peu près) une chance sur deux de se produire, ou presque – le presque étant un élément essentiel à la compréhension de cette théorie.

Et puis, n’étant jamais totalement satisfait de celui-ci (et aussi fatigué des incohérences mathématiques de cette théorie) je m’apprêtais à laisser tomber ma démonstration… jusqu’à ce que la « Providence » médiatique me remette sur les rails : coup sur coup, des informations soutenant ma thèse principale (à savoir que les mathématiques, les calculs de probabilité, les discours des experts, les statistiques, les analyses, etc… ne servent à rien) m’ont remis le pied à l’étrier- et les doigts sur le clavier.

Tout d’abord il y a eu une étude sur la bourse : des singes à qui l’on a demandé de miser sur des titres côtés en bourse ont fait mieux que les traders les plus avertis, et ce de manière totalement hasardeuse (ils ne lisent sans doute pas toutes les analyses).

Ensuite, une autre étude récente montre elle-aussi que le hasard fait « aussi bien » (ou aussi mal c’est selon) que l’analyste le plus chevronné : il aurait un taux de réussite moyen de -tenez-vous bien, c’est de la science- « autour de… 50 % » !

Cela signifie donc que tous les calculs qui sont faits pour, avec, autour et dans le « marché » ont en définitive autant de chances d’être justes que la pièce de tomber sur pile ou face, ou autrement dit que la probabilité qu’un événement boursier (une hausse ou une baisse d’un panier d’actions ou d’obligations) arrive est environ d’une chance sur deux, ou presque…

Voilà qui n’est guère rassurant : on paye donc (très cher souvent) des gens dont le métier est de tirer à pile ou face (je vous avais dit que c’était absurde !), et dont les paris sont considérés par tout un chacun comme « scientifiquement prouvés », le tout avec des conséquences cette fois réelles sur la vie des populations qui acceptent sans sourciller -ou presque- une telle aberration.

Mais ce n’est pas tout : car pour expliquer et justifier leurs conseils, les économistes se fondent justement sur les analyses de ces petits génies du pile ou face, analyses elles-mêmes appuyées sur le travail de grands mathématiciens comme ceux du FMI ou d’ailleurs, qu’on croyait jusqu’à il y a peu intouchables. Sauf qu’un autre événement a fait voler en éclat toutes nos incertitudes :

le FMI s’est (encore) « trompé », et reconnaît officiellement son erreur, à tel point qu’on est en droit de se demander si en définitive toute notre science économique, exclusivement fondée sur la mathématique, ne serait pas une vaste fumisterie destinée à faire accepter aux peuples des conclusions considérées comme scientifiques alors qu’elles ne sont en réalité que des « arrangements » politiques ou financiers destinés à justifier leur ignorance sur la complexité (incalculable) d’un système qui fonctionne tout seul et sans raison.

Car c’est bien sur les conseils de nos chers économistes que s’appuient tous nos politiques de tous bords pour justifier leur incompétence. Étant incapables de proposer une alternative idéologique crédible ou valable face à une crise dont ils perçoivent le caractère inextricable, s’apercevant jour après jour de l’erreur fondamentale du système (les mathématiques n’expliqueront ni ne détermineront jamais les comportements humains), ils tentent désormais de préserver comme un dogme religieux le caractère « scientifique » de l’économie afin de faire perdurer la « foi » du peuple dans ce qu’ils savent être une supercherie : La religion était l’opium du peuple, la science économique l’a remplacée. Et elle est fondée sur le hasard (moi, une chance sur deux j’appelle cela le hasard !).

Et cela à droite comme à gauche qui, pour faire correspondre son discours social avec une réalité injuste, doit faire montre de contorsions philosophiques incroyables (elle qui à force de vouloir crédibiliser une idéologie différente s’est mise en tête de la justifier « économiquement », c’est-à-dire mathématiquement).
Mais comment pourraient-ils faire émerger l’alternative qui nous fait défaut -celle dans laquelle les mathématiques seraient considérées comme secondaires par rapport à la satisfaction des besoins humains, alors même que ce sont les mathématiques qui déterminent aujourd’hui leurs revendications ?

Regardez aujourd’hui où nous en sommes arrivés : faut il sortir de l’Europe ou pas, ou de l’Euro ? Vaut-il mieux se confronter à madame Merkel ou à son propre peuple ? La situation se rapproche-t-elle de 1789 ou de 1930 ? Et faut-il supprimer 20 000 militaires, ou mettre fin à l’obsolescence programmée, et réaliser « l’Union Sacrée » ou s’allier avec les extrêmes ? Et peut-on réformer la monnaie, ou supprimer la démocratie, et doit-on aller le fédéralisme ou le nationalisme ?

Perdus au milieu de considérations politiques majeures dont ils ne savent comment se dépêtrer et incapables de se réunir pour y réfléchir, nos politiques commencent en réalité à comprendre que la faillite du système est inévitable et que l’économie ne nous sauvera pas. Que ni l’austérité ni la relance, ni l’or ni le bancor, ni le fédéralisme ni le nationalisme ne sauveront un système totalement déconnecté de la réalité. Il est déjà trop tard, et tout est beaucoup trop compliqué : alors, faute de savoir comment repartir sur d’autres bases, nos dirigeants, nos financiers, et même les peuples qui les subissent préfèrent faire semblant de croire que ce ne sont que des erreurs de calculs ; et ils comptent et recomptent encore, avec une probabilité de se tromper -encore une fois- qui doit largement dépasser les 50 % …

En attendant le temps passe et les calculs ne seront jamais justes : car l’erreur n’est pas dans le calcul lui-même mais bien dans le fait de vouloir calculer l’incalculable. Et au lieu de nous apitoyer sur nos faibles politiques, ou même sur nos génies mathématiques, nous ferions mieux de nous préoccuper nous-mêmes de notre avenir et de celui de nos enfants. Et avant de leur apprendre à compter, nous devrions leur apprendre à réfléchir, ce ne serait peut-être pas du temps de perdu… Bon, le taux de probabilité de réalisation d’une telle politique non économiquement rentable est certes proche de zéro, mais celui de son utilité pour l’humanité avoisine pourtant les 100 %.

Dommage que la réalité ressemble parfois curieusement à l’absurde.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, misère, politique? mensonges | 4 Commentaires »

12345...14
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...