On fait quoi maintenant ?

Posté par calebirri le 30 avril 2010

Bon. Nous ne sommes pas tous d’accord pour les solutions à apporter au problème, mais nous sommes toutefois de plus en plus nombreux à nous accorder sur le fait qu’il y a un problème. Ce problème ne date pas d’hier, et il est le résultat combiné de plusieurs facteurs : la cupidité de nos dirigeants, celle de nos « élites », celle des petites gens, sans oublier celle du système lui-même, point de convergence de toutes les cupidités particulières.

Pour certains, ce sont les dérives de ce système qui sont en cause, pour d’autres ce sont les dérives humaines qui conduisent à la situation que l’on connaît actuellement. Je ne rentrerai pas dans ce débat, qui pour moi est déjà tranché (je le répète assez par ailleurs), mais force est de constater que si les causes ne font pas consensus, les conséquences sont observables par tout un chacun, y compris dans sa vie personnelle ; et ça ne s’arrange pas. Pour tous donc , le diagnostic est le même : le monde capitaliste est malade, et risque de nous emporter avec lui.

De deux choses l’une à présent : soit on tente de le guérir, soit il faut l’amputer. Mais il est impossible de le laisser gangréner. Il semblerait qu’à ce sujet aussi les opinions sont différentes, selon qu’elles proviennent des pauvres ou des riches, pour cette simple raison : les riches possèdent un pouvoir que les pauvres n’ont pas, celui justement de le leur faire croire.

Bientôt, c’est plus qu’un rapport de force qui nous sera proposé, voire imposé si nous ne faisons rien. Car c’est bien la négation complète des droits fondamentaux des peuples qui nous attend, et cela sans coup férir.
La liberté d’expression, ce droit fondamental qui n’est pour l’instant que difficilement remis en cause par nos gouvernants, risque de se voir rapidement limitée à sa portion congrue, c’est à dire celui de les soutenir, sans plus avoir celui de les critiquer.

Encore qu’il faille dire quelque chose au sujet de cette liberté d’expression : si aujourd’hui il est encore possible de critiquer, est-il possible de proposer ? car quand on regarde la scène politique actuelle , on n’y voit rien d’autre que du « classicisme économique»,  rien qui puisse faire se rassembler les foules, et encore moins faire trembler les puissants. Les propositions émanant d’une autre branche de la politique dite « alternative »(qu’ils soient économistes, sociologues, juristes ou philosophes) n’ont pour le moment qu’un impact soit marginal, soit relayé parce que complaisant (même sans le vouloir) . Pour ceux dont la voix est différente, voire dissidente, leur exposition médiatique est négligeable, parce qu’elle est basée sur la seule force de structures circulant en cercles, comme les liens internet qui ne rassemblent en réalité que ceux qui vont chercher l’information (des « actifs »). Alors que le pouvoir dispose lui d’une position qui lui permet de s’introduire « de force », ou de « fait »  dans l’espace et l’esprit de chacun (les « passifs »), par l’intermédiaire d’une grosse machinerie de pensée unique (télé plus radio plus communication administrative, affichage…)

Cela signifie que si les propositions alternatives tournent en rond dans un cadre de convaincus, elles n’ont pour ainsi dire aucun pouvoir de persuasion, car elles ne touchent pas l’opinion publique, seule à même d’exercer une pression sur un gouvernement dont la surdité s’auto-entretient (par le biais du bruit ambiant habituel qui couvre tout le reste). A grands coups de « buzzs », de polémiques savamment orchestrées, de faits divers instrumentalisés

Face à cette mainmise du pouvoir sur l’espace médiatique, il faudra bien quand même se réveiller, et peut-être tenter de trouver le moyen de faire porter plus haut et plus loin les voix dissidentes, afin qu’elles puissent toucher les consciences plus largement qu’elles ne le font actuellement (même si on avance doucement). Au début de la résistance, comme avant la révolution française, internet n’existait pas. Mais les informations passaient quand même, par des tracts,des journaux clandestins, et même le bouche à oreille. Au départ doucement, puis avec de plus en plus de force. Je crois qu’il est temps aujourd’hui de se préparer à nouveau, pour faire renaître cet état d’esprit, car aujourd’hui les moyens techniques nous rendent cette tâche possible mais plus difficile à accomplir; car la multiplication des canaux médiatiques noie toute l’information dans un même bain, en mélangeant le vrai et le faux, l’utile et le superflu, le bon grain et l’ivraie. Mais il nous reste encore quelques libertés, et celle d’association en est une. Il faut que tous le mouvement contestataire se regroupe enfin, se rassemble, et mette en place une structure commune permettant d’avoir une visibilité commune assez nombreuse pour être entendue par tous. Il faut cesser de compter sur les politiques, qui n’ont au fond que les intérêts de leur propre classe sociale, bien éloignés de celui du peuple pour lequel ils sont censés oeuvrer.

Que ceux qui croient en un monde sinon meilleur, du moins plus juste, montrent l’exemple et s’assoient tous à la même table pour réfléchir à des propositions concrètes, sans préjugés électoraux ni intérêts particuliers. Que ces propositions soient expliquées, diffusées, par tous les moyens qui sont à notre portée, et que les volontés d’avancer ensemble dépassent les intérêts particuliers. Car les idées sont là, les volontés également. La seule chose qui manque sont les moyens de les diffuser.

Ce n’est pas qu’ils n’existent pas, mais les canaux de diffusion alternatifs sont trop épars, pas assez visibles. Lorsque l’on suit un peu l’actualité « alternative » ne serait-ce que sur internet, on s’aperçoit rapidement que ce monde est vaste mais désorganisé : pour ne prendre que mon cas, ma « revue de web » augmente ses liens chaque jour, et cela me prend un temps fou, pour parfois un tour pour rien, parfois pour retomber toujours sur la même chose. Le fait est que les bonnes volontés qui se mettent au service de cette sorte de « presse alternative » ne sont pas non plus financés (et pour cause, ils sont véritablement indépendants), et il est très rare de voir ses participants vivre de leurs écrits, qui se font donc pour la plupart en dehors des heures de travail, et qui pour certains coûtent aussi de l’argent. J’en vois même qui, régulièrement, abandonnent ou sont tentés de le faire, et d’autres qui se lassent de chercher des réponses qu’ils ne trouvent jamais, et qui cessent de pratiquer car lassés, blasés par toutes ces critiques du système qui ne conduisent jamais à aucune construction, à aucun effet concret.

C’est pour toutes ces raisons qu’il faudrait réellement penser à réunir toutes ces bonnes volontés autour d’un même projet commun, une sorte de plate-forme informative et critique qui ne soit pas qu’un agrégateur de liens ou de sites, mais un véritable organe de presse alternative. Que tous les blogueurs et autres commentateurs de l’actualité puissent se faire les porte-voix d’une autre manière d’informer, plus unitaire et plus puissante, qui serait à même de porter plus haut les voix contestataires…  que se retrouvent réunies en un même lieu les critiques politiques, mais aussi des médias. Qu’ils décryptent et analysent ensemble l’actualité, de manière non objective mais réellement engagée. Il faut agir, maintenant, et proposer aux peuples autre chose que ce qu’ils sont habitués de recevoir. Si une telle plate-forme venait à voir le jour, elle pourrait être le point de départ d’une réflexion  sur la société différente, plus largement populaire et par le nombre, et par la force.

Un tel lieu pourrait également devenir l’origine d’un plus vaste mouvement, rassemblant dans une même réflexion commune les véritables changement dont nous avons et besoin, et envie. Car il ne s’agit plus aujourd’hui  de se contenter de sauver ce qui peut encore l’être, mais tout simplement d’exprimer clairement notre volonté, et nos propres solutions. Que le peuple reprenne le pouvoir qui doit être le sien : nous serons alors de nouveau en démocratie.

 

Caleb Irri

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le jeu de la dignité

Posté par calebirri le 22 avril 2010

Monsieur Fillon, sans doute un peu à court d’arguments pour défendre une loi qui ne l’enchante guère (sûrement pas plus que son supérieur hiérarchique d’ailleurs) a trouvé bon de la justifier par une formule peu académique : « l’enjeu en vaut la chandelle »

Pour mémoire, cette expression (en réalité plutôt connue sous sa forme négative « le jeu n’en vaut pas la chandelle »), voulait dire que pour un trop faible bénéfice possible, il ne valait pas le coup de dépenser le prix de la bougie censée éclairer les joueurs. Mais pour le premier ministre, cela veut sans doute dire autre chose : car la loi sur la burqa n’est pas exactement un jeu, et peut-être même un enjeu…celui de sa future candidature aux élections présidentielles ?
Car pour ce qui est de la dignité humaine, il faudra bien repasser ! le fait même qu’on se préoccupe tant de ce problème prouve bien à quel point d’une part la dignité de ses concitoyens lui importe peu (il y a quelques sujets concernant une plus vaste population à régler d’abord il me semble), et d’une autre qu’il fait peu de cas de la sienne propre. Il est bien évident que cette question du voile intégral n’intéresse personne d’autre que les quelques malheureuses deux mille femmes ayant à supporter ce fardeau, et à qui on imposera en plus de cela de se cacher chez elles pour éviter les amendes.

Et par ailleurs, qui se préoccupe de la dignité de la femme, alors qu’on a reconduit les prostituées dans des lieux sombres et distants, à l’abri des regards et du minimum de sécurité ? qui se préoccupe de la dignité des étrangers séparés de leur famille sous prétexte qu’ils n’ont pas de papier ? qui se préoccupe des sans-domicile qui dorment dehors ? de tous ceux qui se font humilier à leur travail, de ceux qui n’en ont pas, et de tous ceux qui souffrent des injustices de ce monde?

Et par dessus tout, que fait-il pour la sienne propre ? tout le monde sait que ses relations avec le président sont tendues, et que le rôle de porte-parole auquel il est relégué ne lui convient guère… et pourtant, malgré tout cela, il continue de soutenir un président qu’il s’apprête sans doute tôt ou tard à trahir, juste pour « avoir l’air » fidèle à ses engagements !  obligé de supporter ce qui n’est pas dans ses convictions, juste pour servir sa carrière, n’est-ce donc pas plutôt ça perdre sa dignité ?

Lorsqu’une femme est obligée par son mari de supporter la burqa sous peine de représailles, elle ne perd ni son honneur ni sa dignité : elle est tout simplement victime d’une oppression qu’elle ne désire pas. Mais si elle porte la burqa par conviction (peu importe la nature de celle-ci), alors elle ne perd pas non plus sa dignité. Pas plus que celle qui enlève son soutien à la plage, ou celui qui porte un baggy, ou une casquette. Par contre, exprimer que quelqu’un perd sa dignité s’il continue de porter telle ou telle chose, ce n’est pas une atteinte à la dignité d’autrui, mais à sa liberté d’expression.

Alors, et au lieu de faire la chasse aux burqas, pourquoi ne pas faire la chasse à ceux qui les y contraignent ? au lieu de faire la chasse aux prostituées, pourquoi ne pas faire la chasse aux proxénètes ? au lieu de faire la chasse au pauvres, pourquoi ne pas faire la chasse aux exploiteurs ? c’est plutôt à cela qu’il faudrait répondre !

 

La dignité n’est pas une chose qu’on peut retirer ou remettre comme un vêtement, mais un état d’esprit personnel. C’est comme l’humiliation, elle n’est conditionnée qu’à la volonté de celui qui la porte. Celui qui n’en veut pas peut se l’éviter, ou se la garder, selon sa propre force de caractère. Mais celui qui veut l’ôter ou la rendre à autrui, c’est justement celui-là qui la prend, ou qui la perd. Car la dignité est une interprétation morale, et il suffit que celui qui se fait juger indigne ne se considère pas comme tel pour qu’il cesse de l’être à ses propres yeux.

Le plus terrible dans tout ça, c’est sans doute que la plupart de ceux qui voteront cette loi ne se rendent même pas compte qu’au lieu de libérer ces femmes de l’oppression dont elles souffrent, ils vont les faire se sentir coupables de leur différence, et les mettre dans le même genre de situation que la victime d’un viol qui, à une certaine époque et parfois même encore aujourd’hui, se sent en plus coupable de ce dernier.

Tous ces députés, soutenus par de nombreux citoyens soumis au conditionnement médiatique et apeurés par les amalgames récurrents qu’on leur à intégré, n’ont pas l’air de bien se rendre compte de l’engrenage dans lequel ils sont en train de mettre la main… stigmatisation, peur, interdiction, incompréhension, amalgames, propagande, tout ceci ne présage rien de bon pour le futur ; le passé devrait pourtant nous l’avoir appris.

 

Alors non, le jeu n’en vaut pas la chandelle. En légiférant ainsi, à la va-vite et sous des prétextes fallacieux, nous sommes pas dans un jeu, mais dans la réalité. Et la réalité, c’est que ce gouvernement est peu à peu en train de mettre en place une sorte de ségrégation religieuse, qui n’a rien à voir avec la dignité, mais avec la liberté.

Au lieu d’interdire ces burqas, pourquoi ne pas proposer à celles qui y sont contraintes une aide similaire à celle offerte aux femmes battues ? Et pour celles qui la choisissent volontairement, qu’on leur demande simplement de s’identifier selon les besoins administratifs que chacun juge, (et même elles je crois), légitime… si les autres trouvent leur accoutrement ridicule, c’est affaire de goût : certains trouvent tout aussi ridicule la soutane des prêtres, ou les rouflaquettes !
Mais le gouvernement ne semble pas prêt à agir de la sorte, de la même manière qu’il ne souhaite pas que les tensions sociales s’apaisent, car cela sert leurs intérêts : diviser pour mieux régner. C’est un jeu très dangereux…

 

Caleb irri

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internet et la révolution

Posté par calebirri le 31 mars 2010

Internet n’est pas une simple évolution technologique : c’est une révolution. En terme de médias, internet représente à grande échelle ce que représentaient il y a quelques décennies l’arrivée de la radio, c’est à dire la possibilité pour tout un  chacun, ou presque, d’exprimer ses opinions sur un canal capable de toucher un vaste public.

On le voit aujourd’hui, l’essentiel de la contestation a déserté les télés, les radios, et même la plupart des journaux écrits, pour se retrouver rassemblée dans une vaste communauté sur internet, le « web », ou « la toile ». Et pour cause, internet est en effet le seul moyen de communication libre et totalement indépendant, car il permet à tous de s’exprimer… partout et instantanément, de manière anonyme et en relative impunité, et tout cela à peu de frais.

Bien sûr, ce canal fait peur aux dictatures actuelles ou en devenir, car après avoir réussi à museler toutes les autres formes de contestation traditionnelles au moyen de la dépendance financière, elles se trouvent en face d’un réseau mondial sans frontière capable de transmettre écrits, images et sons à l’autre bout de la planète en une seconde, et dans toutes les langues de Babel. Les secrets d’Etat, les rumeurs, les mensonges, les scandales et les erreurs de nos chers dirigeants sont désormais susceptibles de se retrouver rapidement connus de tous, sans contrôle, sans moyen de les stopper ou presque.

On le voit bien aujourd’hui, les « buzzs » font l’actualité, et il n’est pas rare de trouver les dernières nouvelles sur internet avant de les voir figurer en une de tous les journaux, ce qui peut s’avérer plus qu’embarrassant pour les élites qui nous dirigent. Et à l’heure du repli sur soi qui suit chaque crise économique de grande ampleur, à l’heure où les tensions sociales font craindre des débordements, où la voix des plus faibles veut se faire entendre, où la contestation se fait plus vive et plus unie, les gouvernants cherchent désormais par tous les moyens à faire cesser toute possibilité d’élargir les rassemblements, d’endiguer la vague contestataire, d’empêcher l’organisation de celle-ci.

Le formidable outil de propagande « internet » est en réalité une arme à double-tranchant, qui peut aisément se retourner contre ceux qui l’ont pourtant créée pour les mêmes raisons qui les effraient aujourd’hui. A l’origine parfait moyen de propagande, internet devient peut à peu l’instrument de la contestation, et c’est bien la raison pour laquelle on veut lui trouver un « modèle économique », c’est à dire le moyen de le rendre dépendant du pouvoir financier, c’est à dire également du pouvoir politique.

Des projets comme l’ACTA, Hadopi ou Loppsi, sous prétexte de satisfaire à des exigences de sécurité et de rentabilité, sont en réalité le seul moyen que nos gouvernants ont trouvé pour contrôler cette arme dangereuse, afin qu’elle ne puisse pas se retourner contre eux. Sachant qu’ils ne pourront pas indéfiniment garder le silence sur certaines informations en les censurant sur les médias traditionnels, ils redoutent que tous les contestataires de tous les pays s’unissent sur internet : envisagez la puissance de cette force en liberté… le fameux “prolétaires de tous les pays, unissez-vous”, cela semble presque ridicule à côté d’un “internautes de tous les pays, unissez-vous”.

En ces temps de crise économique et sociale, on s’aperçoit en effet à quel point tous les mouvements contestataires sont ceux qui gravitent sur internet, et dont la puissance est considérable, si toutefois ils réussissaient à s’unir. De plus, la puissance de sa portée, ainsi que sa liberté d’action, sa rapidité, sa quasi gratuité, son universalité sont peut-être la clef qui permettrait à tous de libérer les consciences du joug auquel ils sont assujettis.

Tous ceux qui veulent « changer le monde » ont bien compris que le meilleur moyen de diffuser leurs idées est internet, et ils ne s’en privent pas. Internet est la possible réalisation d’une sorte de vaste « méthode Descartes » (tout désapprendre pour tout réapprendre) capable de confronter le monde au défis qui l’attend, en même temps que de l’éclairer sur le conditionnement dont il est victime depuis tant de siècles. Mais pour combien de temps encore ?

Il nous faut absolument protéger l’indépendance (et donc la gratuité) de ce qui est sans doute le dernier rempart pour conserver notre liberté de penser, et de résister. Et peut-être même le ferment d’une transformation beaucoup plus importante…

Même si la tâche semble presque impossible à réaliser, il faut se rendre compte que ceux qui ont réussi à créer le monde que nous subissons aujourd’hui ont commencé à poser les premières pierres de leur édifice il n’y a pas si longtemps. Et surtout qu’avec les moyens de diffusion dont nous disposons actuellement, le chemin peut être beaucoup plus rapide à parcourir.

Il nous faut absolument nous rassembler dès aujourd’hui, pour dans un premier temps protéger cet outil formidable, et créer dans un second temps le nouveau système dont nous voulons tous. Pour que, le jour où il sera prêt, il puisse être proposé à tous en même temps, et partout. Il faut dès à présent réfléchir aux moyens de contourner la censure qui guette internet, et refuser de mettre les doigts dans l’engrenage de la dépendance financière que nous propose nos gouvernants. Ceux-là mêmes qui se font financer l’information (que ce soit par le public ou par le privé) ont déjà perdu, que les autres ne croient pas à l’illusion de cette liberté. Pour que l’information soit libre, il faut qu’elle continue à être gratuite, ou au moins mutuelle.

ne laissons pas tomber avant d’avoir commencé, car nos enfants ont besoin de nous…

Caleb Irri

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Fight-Club, le conditionnement et… la crise

Posté par calebirri le 26 mars 2010

Je repense souvent à ce film. L’histoire d’un homme déboussolé, pris d’une aversion soudaine pour sa vie morose, matérialiste et dénuée de sens. Sa rencontre avec la souffrance humaine, au travers de thérapies de groupes censées lui rendre le sommeil, le pousse à une sorte de dédoublement de personnalité le conduisant petit à petit à la marge de la société, pour finir dans la violence et le chaos, par l’intermédiaire d’un mentor, qui n’est en réalité que la projection mentale de son double dés-inhibé.

Je me souviens à quel point la violence de certaines scènes était réaliste, et de quelle manière ce film fut considéré par la plupart comme une sorte d’apologie du combat, de la destruction, du chaos : le conditionnement dénoncé dans le film avait déjà rempli son oeuvre de sape, et le message éminemment politique de ce film fut largement négligé. La majorité n’en a retenu en effet que le physique de Brad Pitt, et la schizophrénie du héros.

Pourtant, ce film délivre une vision du monde extrêmement aboutie, et préfigure (en 1999 pour le film mais en 1996 pour le bouquin) la folie qui s’est peu à peu emparée de chacun de nous, jusqu’à ne plus être capables de nous regarder en face. Nous-mêmes victimes du conditionnement matérialiste, nous sommes tombés dans le même piège que le héros, à savoir le culte de la violence, le culte du chef, le culte de l’aveuglement et de la soumission volontaire.

En essayant de se libérer de ce monde capitaliste, le héros du film suit une évolution mentale  (à travers son double) qui le conduit inévitablement à la violence, et au conditionnement des autres pour accomplir son oeuvre qu’il pense salvatrice. Au fur et à mesure qu’il se détache de la société qu’il critique (il vit dans un squatt, cesse de travailler, vole, ment, frappe), il finit par tomber dans tous les travers qu’il dénonce lui-même, ceux desquels il a essayé de se libérer. Il met en place une véritable armée de subalternes dévolus aux basses oeuvres de son projet, sans les instruire de celui-ci, sans les éveiller aux raisons qui le poussent à agir ainsi, sans les considérer autrement que des instruments à la solde de sa volonté. Ces exécutants, que peut-être il aurait voulu voir participer volontairement, sont tellement conditionnés par la société qu’ils ne ressentent même pas le besoin, ni le désir de connaître ce projet…en quelque sorte, le simple fait de participer à un mouvement qu’ils considèrent « alternatif », ou « révolutionnaire », leur suffit. S’ils peuvent obtenir un sourire du chef, c’est déjà une récompense.

Je ne sais si le héros utilise ces hommes comme des instruments par mépris (du fait que le but ne les intéresse même pas, ils veulent juste l’action), ou bien s’il décide volontairement de les conditionner à  devenir des instruments pour parvenir à réaliser son objectif (car en définitive, si le Fight-Club se développe, c’est parce que personne ne respecte le silence pourtant imposé), mais toujours est-il qu’il ne les considère pas comme des êtres humains à part entière. Comment a-t-il pu en arriver là ? libérer les hommes de leur asservissement matérialiste en les asservissant d’une autre manière est-il meilleur que de libérer des hommes qu’on ne considère pas valoir cette liberté ?

Voilà bien toute la contradiction de la révolution, et la véritable question qui doit être posée lorsque l’on évoque la transformation du monde. Car c’est à une véritable transformation du monde que travaille le héros du film. Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais son but ultime est tout simplement de faire sauter tous les grands centres financiers. Plus de banques, plus de compte, plus de dettes, plus de bonus, plus de capitalisme. C’est sur cette image que se termine ce film. Le héros a réalisé son oeuvre, appelé « projet Chaos ».

Et c’est ici que nous nous retrouvons avec la crise. Car si le film se termine ici, sans suite, sans projet derrière ce coup de force, nous sommes nous, dans le monde réel, confrontés à un bien plus vaste problème : que se passe-t-il après la fin des banques ? les pillages, la violence, la guerre, la misère, le chaos ?

Il est bien beau de vouloir se séparer d’un système, encore faut-il en avoir un autre à proposer derrière…
Pour éviter le chaos, et pour supprimer le capitalisme, la violence est la dernière des choses à faire. Eveiller les consciences aux hommes au lieu de les conditionner à accepter la révolution, voilà qui devrait suffire à faire tomber les banques sans avoir à les faire sauter. Les rendre obsolètes par notre volonté éclairée de ne plus nous soumettre, après avoir préparé ce qui suivra leur obsolescence, voilà la seule possibilité de changer ce monde.

 

Caleb Irri

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un programme politique sur agoravox

Posté par calebirri le 9 février 2010

Bonjour à tous

Cela fait quelque temps déjà que cette idée me trotte dans la tête, et je vois bien à quel point elle trotte aussi dans la tête de certains autres… nombreux sont ceux, sur agoravox particulièrement, qui désirent de véritables changements dans la manière de faire de la politique ; certains même allant jusqu’à vouloir la candidature d’un « agoravoxien » pour les présidentielles. Je n’irai bien sûr pas aussi loin, mais force est de constater qu’agoravox est le lieu idéal pour tenter quelques nouvelles manières de réfléchir ensemble, de participer à la vie politique de manière réellement citoyenne.

Tout d’abord, il est facile de constater à quel point les rédacteurs, comme les commentateurs, sont investis dans cette aventure qui, dans l’ensemble, respecte assez largement la liberté d’expression. à force de passer du temps sur de tels sites, il est facile d’imaginer que lecteurs et rédacteurs cherchent, pensent, agissent, se passionnent et ouvrent leur esprit à autre chose que ce qu’on nomme la pensée unique.

Ensuite, la disparité des opinions, qui cohabitent somme toute en assez bonne intelligence sur ce site, permet l’accès de ce média à une large tranche de la population, ce qui diffère largement des autres médias « traditionnels », qui pour la plupart ne parlent qu’à ceux qui sont déjà convaincus.

Enfin, la structure d’un site comme agoravox permet une grande capacité de sélection d’informations, et de grandes possibilités d’adaptation en terme de technicité.

Pour toutes ces raisons, j’aimerais savoir si une expérience politique pourrait être menée avec agoravox, et si de nombreux participants y seraient intéressés. Peut-être agoravox pourrait créer une sorte de rubrique « programme politique », où seraient déterminés des sujets comme « défense », « justice », « éducation » par exemple (cela serait déjà à discuter), pour lesquels chaque « agoravoxien » pourrait contribuer en apportant ses propositions. Compte tenu de la disparité des opinions, ainsi que des catégories sociales représentées, on pourrait envisager une échéance pour les dépôts et commentaires, modifications à apporter sur tel ou tel sujet, pour ensuite voter pour l’établissement d’une sorte de programme politique démocratiquement choisi. Des experts de toutes sortes (avocats, médecins, économistes, agriculteurs, ingénieurs) pourraient être des contradicteurs très réalistes, et des sceptiques pourraient poser des questions qui dérangent, tous devraient pouvoir exprimer leurs attentes ou leurs mécontentements dans une même volonté constructive.

Tenter la possibilité de nous confronter tous ensemble à un exercice de solidarité et d’entente dans la mixité, pour prouver que l’identité nationale c’est la diversité, pour montrer que ce n’est pas au candidat de proposer un programme, mais au peuple de choisir le candidat qui va le mieux représenter le programme défini par les citoyens. Nous pourrions montrer l’exemple de ce que des citoyens « lambdas », intéressés par la chose publique, sont capables de faire si on les laisse décider eux-mêmes de ce qu’ils veulent.

Après, nous verrons si nous sommes ou non capables de nous entendre, au sein d’une petite communauté, et si les liens qui nous rapprochent sont plus forts que les distances qui nous séparent.

Réfléchissons à cette idée, aux moyens de la mettre en place, et tentons le coup : au pire nous assumerons notre échec, au mieux nous donnerions un bon exemple de ce que peut être « la démocratie participative » sur internet, ce bel espace de liberté qu’on voudrait nous supprimer.

 

Caleb Irri

voir http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/un-programme-politique-sur-69555

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plutôt que de combattre ACTA, rendons-le inutile !

Posté par calebirri le 31 janvier 2010

Le traité ACTA (Anti-Couterfeiting Trade Agreement), en préparation discrète mais néanmoins officielle, semble être la réalisation du pire cauchemar que le monde libre d’internet (mais pas que lui) redoutait : le contrôle total et sans contrepartie juridique du pouvoir des Etats sur le contenu d’internet.

On ne pouvait évidemment que s’y attendre, étant donné qu’internet est aujourd’hui le seul média resté libre et gratuit, et que son pouvoir fait d’une part perdre de l’argent à de nombreux intervenants (même s’il en fait gagner beaucoup à certains autres), et d’une autre qu’il est un contre-pouvoir gigantesque qui fait peur aux gouvernants de tous les pays (se disant démocratiques ou non)

Ce traité, à côté desquels Hadopi et Loppsi ne sont que de faibles instruments, va permettre, au nom de la protection du copyright (droits d’auteur), de surveiller le contenu (ainsi que la vie personnelle) de chaque individu internaute, et tout ceci sans passer par le contrôle judiciaire qui, on le voit ces derniers temps, essaye lui-aussi tant bien que mal de résister à la perte progressive de toute son indépendance et de tout son pouvoir.

En prétextant la défense de ces fameux droits d’auteurs « bafoués » sur internet, les gouvernements s’apprêtent à faire sauter l’anonymat, la liberté d’expression, la vie privée de chaque individu susceptible de contester, en prenant pour intermédiaire les FAI qui seront les policiers (les milices ?) chargés de faire tampon entre les gouvernements et les citoyens.

Une fois ce traité mis en oeuvre, les gouvernements espèrent bien être en capacité de faire cesser toute contestation, en s’assurant la promotion des informations selon un critère qui deviendra nécessairement financier, car l’accession aux possibilités offertes par internet seront réservées aux seuls riches, capables de payer les droits d’auteurs ainsi protégés. Les plateformes traditionnelles ne prendront plus le risque de publier ni les écrits ni les créations d’auteurs non « rentables », car bien que ceux-ci soient largement diffusés sur le web, ils ne sont pas susceptibles d’être « achetés » pas les grands médias généralistes financés par la publicité. Tout ce qui ne correspondra pas au « politiquement correct » sera amené à disparaître des écrans, victimes de leurs droits d’auteurs que personne ne voudra ni vérifier ni transmettre, car leur contenu ne saurait être rentable, et souvent sera même suspect : car plutôt que d’enquêter sur la source du droit d’auteur d’un anonyme, les FAI comme les plateformes préfèreront s’en passer.

A n’en pas douter également, le traité ACTA fera en sorte de supprimer peu à peu les pseudonymes d’internet, comme l’a souhaité il y a peu le ministre de la culture, oublieux du fait que ceux qui ont fait la culture et les lumières d’hier ont pour une large part été « contraints » de se couvrir de pseudos pour pouvoir s’exprimer. Car quel copyright un anonyme peut-il apposer ? qui prendra le risque de publier quelque chose dont on ne connaît pas l’auteur, et comment lui faire « parvenir ses droits » si on ne le connaît pas ? comme avec la burqua, il faudra sur internet montrer son « vrai visage », sous peine d’être soit évincé, soit suspecté. En faisant miroiter au « créateur » une protection juridique ainsi qu’un revenu, les Etats seront en mesure de détenir un contrôle et sur les contenus, et sur les personnes, au travers de la traçabilité qu’exige cette protection.

Mais derrière cette scandaleuse idée se cache peut-être une chance pour tous ceux qui désirent la liberté pour leurs opinions, et la diffusion de celles-ci. En constatant que le copyright est le biais par lequel la liberté d’expression est attaquée, on peut imaginer que tous les libertaires qui abandonnent leurs droits d’auteur, qui laissent leurs opinions et leurs écrits « libres de droit », devraient se trouver  certains qu’aucune poursuite ne puisse être engagée ni à leur encontre, ni par leur intermédiaire. Pas de copyright, pas de sanction. Mais également pas d’argent.  Mais ne nous leurrons pas : s’il est évidemment honorable de vouloir récolter les fruits financiers de son travail, il est impossible de se vouloir totalement indépendant à partir du moment où l’argent entre en jeu. Et pour tous ceux qui sont visés par la censure prochaine de leur liberté d’expression, c’est bien parce qu’ils ont quelque chose sinon contre le capitalisme, au moins contre ses effets.

Alors pourquoi ne pas réfléchir à poser dès maintenant les bases d’un autre système fonctionnant sur la gratuité ? Si cela pose un problème dans le cas du cinéma ou de la musique, et même si on ne peut considérer l’écriture comme un média nécessitant beaucoup d’autres investissements que du temps, « tout a un prix », et il est possible qu’à terme de nombreux « créateurs » soient démotivés, ou rentrent dans le rang. Mais pour les autres, la gratuité devrait être prise comme la véritable garantie de leur indépendance. Cette indépendance réelle que constitue internet, et qui parle tant à tant d’individus qu’elle pourrait presque devenir « rentable » !

Les générations nouvelles, rompues aux techniques informatiques et largement habituées à la gratuité du net, ont la volonté de conserver l’immensité des possibilités du web sans payer pour en profiter. Ce sont eux les futurs créateurs. Ils savent qu’aujourd’hui il est possible de mutualiser, de partager, d’organiser à peu de frais. La mutualisation de matériels propres à la création, le sacrifice de temps pour cette création, l’aide de certaines compétences attirées par des projets alternatifs, une plateforme pour organiser tout cela bénévolement ou pour peu de frais, de nombreux moyens peuvent rendre possible la gratuité. La déception, voire la suspicion des masses vis à vis de leurs gouvernants promet de très nombreux visiteurs, participants, adhérents à un tel projet. Tous les désireux de voir se perpétuer la liberté, s’ils la considèrent comme étant véritablement essentielle, devraient être prêts à faire le sacrifice de quelques devises pour préserver leur indépendance.

Si nous ne commençons pas maintenant, alors c’est que nous préférons notre soumission. Si nous voulons changer, changeons. Donnons ce que nous avons à donner, avec les moyens que nous possédons. Préférons le sens à l’esthétique, car le sens est une esthétique. La musique gratuite n’est pas d’aussi bonne qualité sur internet que sur CD ? oui, mais si elle est meilleure ? l’image est moins bonne sur un téléphone que sur un Blue-Ray ? mais si le film est meilleur ? l’information n’est pas aussi agréable que dans le journal télévisé ? mais si elle est plus vraie ?

Posons-nous la question de ce que nous voulons, et agissons ; car après, il faudra bien assumer.

 

Caleb Irri
 

Publié dans argent, la démocratie, medias, politique? mensonges, surveillance | 2 Commentaires »

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