Wikileaks, Bankrun 2010, Plan C : ce que nous permet (encore) internet

Posté par calebirri le 1 décembre 2010

Dans un précédent article, j’ai déjà fait mention du potentiel d’internet, un outil révolutionnaire capable de diffuser la propagande gouvernementale partout et tout le temps, comme de permettre l’éclosion d’une révolution des mentalités susceptible de faire trembler la plupart des gouvernements.

 

Or il se trouve qu’aujourd’hui la véritable guerre pour (ou contre c’est selon) la liberté ait déjà commencé sur internet, et qu’elle tourne (pour l’instant du moins) à l’avantage des peuples. Il est à ce propos intéressant de constater à quel point « les peuples » semblent aujourd’hui mener cette guerre sur deux fronts qui se mélangent naturellement, j’ai nommé la classe politique et l’oligarchie financière. L’illusion que ces deux organes travaillent au bien être des peuples est en train de tomber, et il ne m’étonnerait guère que ceux-ci finissent rapidement par se mettre d’accord sur l’adoption rapide de mesures coercitives de surveillance et de contrôle de la toile, comme avec le traité ACTA.

 

Car ce à quoi on assiste en ce moment est tout de même assez incroyable : en quelques jours à peine se rejoignent pour moi les trois facteurs déterminants capables de pousser les peuples à se révolter.

 

Tout d’abord il y a la mise en lumière des mensonges de nos dirigeants à travers l’affaire Wikileaks, qui ouvre la voie à la possibilité d’un grand déballage « protégé », puisque les sources sont (du moins paraît-il) à l’abri de toute menace. Et bien qu’apparemment les révélations diffusées ne concernent que quelques informations « mineures », le fondateur de ce site est désormais un homme « à abattre ». Car au delà de ces révélations, c’est tout le système occulte qui nous gouverne qui se trouve en danger : à partir du moment où ce genre d’actions est possible, les gouvernements ayant peur de voir leurs petites « combines » dévoilées vont se dépêcher d’adopter des législations les empêchant de se reproduire. D’autant qu’à cette occasion on devra aussi sans doute s’interroger sur la « libre circulation des personnes », car ce monsieur qui voyage beaucoup mais dont les infos sont stockées n’importe où est presque insaisissable… comment fermer la porte sans fermer la fenêtre ? Qu’adviendrait-il si les citoyens se rendaient compte qu’il est possible de dénoncer les exactions de leurs dirigeants sans risquer de se voir punir ? ce sont toutes les ficelles du système qui seraient à terme visibles par tout un chacun… ainsi peut-être que la fin de la domination de quelques uns sur le plus grand nombre.

 

Ensuite il y a le fameux « Bankrun » organisé le 7 décembre, et qui en moins de deux mois a déjà franchi de nombreuses frontières. Comment un tel mouvement aurait-il pu se diffuser se rapidement, si loin et si fort sans internet ? Ces réseaux sociaux que tout le monde critique, ces blogs que tout le monde croit éphémères, ces happening que tous jugent stupides, ces twitts que l’on dit inutiles peuvent en fait se révéler être des armes libératrices, pour peu qu’on les utilise en ce sens. Comme une sorte de « bouche à oreille » virtuel, les informations pour le rassemblement citoyen et engagé vont aussi vite que les nouvelles de la rupture de telle ou telle star, et sont véritablement capables de faire changer le rapport de force qui oppose le peuple à ses dirigeants. Et en ces temps de crise, alors qu’on demande d’encore plus grands sacrifices à ceux qui souffrent déjà, l’internet a de quoi effrayer les gouvernements les plus sûrs d’eux.

 

Et enfin on trouve aussi sur la toile de nombreuses initiatives destinées à la mise en place d’alternatives plus ou moins utopiques pour remplacer le système actuel, un peu dans le genre de celles que je voulais voir fleurir ici, et qui ne pourraient exister autrement que grâce à internet. Pour ceux qui me lisent régulièrement, vous devez savoir à quel point la tenue d’Etats Généraux pour une nouvelle constitution me tenait à coeur, et il se peut que le site que j’appelais de mes voeux existe déjà, et depuis un moment : il s’appelle le Plan C, et appelle à la participation de tous à la reprise en main de notre destinée commune, à travers la rédaction d’une nouvelle constitution véritablement démocratique. J’en reparlerai bientôt ailleurs, mais une chose est déjà sûre : c’est que sans le support exceptionnel que nous fournit internet, de telles initiatives seraient impossibles, et nous serions bien alors coincés pour de bon.

 

Car en effet sans internet libre il devient impossible de s’informer « autrement » (sans la censure), de dénoncer les injustices, de diffuser ces informations, de se rassembler pour réfléchir, et aussi pour agir. En quelques jours nous est démontrée la puissance d’internet, le seul média libre qui existe encore, et qu’il faudra protéger à tout prix. L’internet rend possible d’éveiller les consciences endormies de propagande en les informant des actions de leurs dirigeants, qui ainsi discrédités se voient affaiblis. Il permet ensuite de rassembler les mécontents qui discutent des moyens de revendiquer leurs désaccords avec le gouvernement, et ouvre enfin des perspectives sur la manière d’organiser la société d’une autre manière, plus juste et plus démocratique. Tous les ingrédients d’une révolution citoyenne, pacifique et légitime sont réunis ici, sur internet. Conservons le pouvoir sur ce dernier espace de liberté qui nous est encore accordé, et utilisons-le à bon escient. Mais ne nous réjouissons pas trop vite de nos victoires : la riposte des ennemis de la liberté ne tardera pas…

 

Caleb Irri

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Et si le problème se situait à votre gauche ?

Posté par calebirri le 24 octobre 2010

Durant les manifestations de ces dernières semaines, quelques voix se sont élevées pour réclamer la tenue d’un référendum sur la réforme des retraites. J’aurais bien voulu applaudir à cette idée, et puis je me suis aussitôt ravisé : cette idée ne tenait pas debout.

Et oui, un referendum ne serait d’aucune utilité, car tous savons très bien qu’à la question « voulez-vous faire cesser la réforme des retraites ? », une grande majorité répondrait « oui », massivement. Le gouvernement serait contraint d’y opposer une fin de non recevoir (comme pour le traité européen), ou d’abdiquer ses rêves pour la nation.

Maintenant, si on posait la question au peuple d’une autre manière, par exemple « quelle réforme préférez-vous  ? », il ne fait aucun doute que la réforme UMP l’emporterait largement….faute de combattants.

 

Car il faut bien l’avouer, les propositions de la gauche sur ce sujet sont plus que divisées : elles sont inexistantes. Ce n’est pas que personne n’ait d’idée à ce sujet, mais ces voix-là ne sont pas audibles… parce qu’elles remettent trop de chose en question. Si on accepte le système économique tel qu’il fonctionne actuellement, alors la réforme proposée par le gouvernement est à peu près la seule solution envisageable. Par contre, et pour sortir de cette logique, il faut tout simplement remettre en cause le système dans son ensemble. Pas au sein du pays, ni même de l’Europe, mais du monde entier. C’est ainsi, la mondialisation ayant fait son oeuvre, l’unique alternative à la régression sociale dont sont victimes les pays « riches » est la refonte totale du système global dont nous subissons la Loi, celle du marché.

 

On l’imagine aisément, cette alternative est par trop radicale, et ne peut décemment être suivie sérieusement par un quelconque leader charismatique d’envergure, dont l’objectif est, en plus, de satisfaire à la logique électoraliste fonctionnant justement selon les lois qu’il devrait dénoncer pour se faire élire. La gauche est donc coincée, car à moins que de s’unir dans cette radicalité présentée plus haut, elle n’a rien d’autre à proposer que ce que propose déjà la droite. Elle doit devenir « anti-capitaliste » ou se soumettre à un pouvoir plus cohérent dans ses actions, et qui correspondent à une idéologie.

 

C’est ce manque d’engagement de la classe politique de gauche qui a permis l’émergence de ce pouvoir fort actuellement en place : en acceptant le quinquennat, en votant la réforme de la constitution, en jouant le jeu du système politicien sans comprendre ce qui était en train de se passer. De même que les divisions de la gauche ont permis à Hitler de parvenir au pouvoir malgré une popularité mitigée, la gauche française d’aujourd’hui permet la radicalisation du pouvoir en place, faute d’avoir une idéologie à lui opposer.

 

Le véritable adversaire de ce régime n’est pas la gauche, mais le peuple. Et le véritable adversaire du peuple n’est pas le régime, mais l’absence de la gauche. Même certains politiques de droite ont déjà mis en garde sur ce point, en indiquant que l’absence d’une véritable opposition au parlement nuisait au débat démocratique. Mais le fait est qu’il n’existe pourtant pas qu’une seule idéologie. Sauf qu’elle n’est portée par aucun parti, aucun mouvement de masse, aucun rassemblement susceptible d’atteindre un poids populaire d’importance, d’emmener les foules plus loin.

 

D’ailleurs, le futur échec de la mobilisation actuelle en est l’unique conséquence : le pouvoir a fait tout ce qu’il pouvait pour énerver les foules et provoquer des troubles, mais rien n’y a fait : les dirigeants, qu’ils soient politiques ou syndicaux, se sont heurtés seuls à l’inévitable écueil de ce mouvement, que l’on peut résumer ainsi : « et si on gagnait, que ferions-nous ensuite ? ». Les manifestants, après tant de sacrifices, leurs demandant eux aussi : « et alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

 

Pas de réponse. Rien .

 

Le point central qui conforte le pouvoir se trouve ici, dans ce « rien » à opposer à ses volontés. Tous focalisés sur les prochaines échéances électorales, tous frileux à l’idée de devoir remettre en cause un système qui leur a permis d’exister, tous soumis aux mêmes logiques établies de longue date par la domination de la finance sur le social.

 

Nous nous sommes tous faits bernés par l’illusion d’une corrélation entre croissance économique et progrès social, et ce n’est que grâce à cette crise que nous en apprenons l’artifice : la propagande médiatique ne suffit plus à nous tromper. Pour lutter efficacement, il n’y a qu’une seule alternative : changer ensemble un système injuste qui ne nous conduira qu’à l’oppression et la misère.

 

il nous faut pour cela reconstruire la gauche autour d’une idéologie qui lui manque, véritablement socialiste, bien qu’elle existe déjà dans l’ombre des rassemblements populaires. les Alain Badiou, les Frédéric Lordon, les Bernard Friot, et même les Paul Jorion et autres Eva Joly doivent se réunir non pas pour définir le futur chef d’une coalition politicienne, mais pour proposer au peuple une autre alternative à ce que propose la droite. Nous avons besoin d’une opposition, il nous faut un programme de gauche. un vrai.

 

Caleb Irri

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Que se passe-t-il vraiment dans le Golfe du Mexique ?

Posté par calebirri le 4 septembre 2010

Que se passe-t-il vraiment dans le Golfe du Mexique ?

En quelques jours à peine, je suis tombé successivement sur plusieurs « informations » concernant le golfe du Mexique, dont on connaît les malheurs récents : une catastrophe écologique majeure…

 

dans un premier article, je vois que se répand (presque aussi vite que le pétrole) une rumeur sur le bouclage définitif du puits de pétrole responsable de la marée noire, établissant que les images du puits bouché étaient en réalité des images d’un autre colmatage, sur un puits proche du premier, mais sur une fuite beaucoup plus petite…

je ne connais rien à la technique et je ne voudrais pas revenir sur les arguments évoqués (auxquels je ne comprends pas grand chose), mais il semble aux dénonciateurs de la version officielle que la largeur de la fuite bouchée sur les images diffusées est incompatible avec celle capable de provoquer les dégâts qui ont eu lieu. Il faudrait bien sûr confirmer ces affirmations, et j’ose espérer qu’ici ou là certains enquêteurs (officiels ou non), feront leur travail. On imagine bien tout de même qu’une marée noire de cette ampleur ne passe pas inaperçue, et que si le trou n’est pas bouché, des armées sous-marines doivent en ce moment même être au boulot, ce qui est également vérifiable.

 

Il ne faut pas bien sûr compter sur la version « officielle », dont l’intérêt évident est de camoufler cette information si elle s’avérait exacte. Pourtant, certains parlent même d’une modification du Gulf Stream, ce qui n’est pas peu… mais comment confirmer, ou infirmer de telles choses ? Déjà que nous savons à peine ce qu’il en est du climat…

 

Enfin, le lendemain, je tombe sur un autre article, faisant part d’une marée noire se déplaçant cette fois à une centaine de kilomètres du lieu de la catastrophe, et qui serait le fruit d’une explosion ayant eu lieu sur une autre plateforme. Une nappe d’hydrocarbure a été repérée, on attend les explications. Bien sûr, l’article spécifie qu’aucun lien ne relie les deux explosions, mais j’imagine que le statistiques sont déjà analysées : deux fuites au même endroit en si peu de temps ça fait beaucoup… est-il possible qu’il n’y en ait qu’une seule ? mais aujourd’hui, l’incendie n’est plus lié à l’explosion. D’ailleurs, il n’est plus question d’explosion, ni de fuite, et les gardes côtes ont signalé que tout allait bien….

 

Je veux bien tout cela, et me dire qu’il est stupide de chercher des complots au moindre événement, mais je n’arrive pas à m’en empêcher. N’est-il pas possible d’aller vérifier sur place ? Une marée noire laisse des traces, et ce n’est quand même pas rien que des millions de litres de pétrole dans un golfe, aussi important soit-il!

 

Le problème, c’est qu’il est impossible d’avoir des informations fiables : à partir du moment où les peuples demandent des informations sûres à propos d’une catastrophe, le seul interlocuteur plausible se trouve être l’Etat. Mais quand l’Etat est lui-même impliqué, nous nous trouvons en face d’un interlocuteur qu’on sait capable de mentir (Tchernobyl, pour ne citer que cette catastrophe). Comment ne pas imaginer que ce phénomène se reproduise ? Les exemples historiques concernant des mensonges d’Etat sont si nombreux qu’il n’est pas innocent qu’on se pose la question… et lorsqu’on voit que cet incendie est capable de faire monter à lui seul le prix du baril de pétrole à la bourse, on imagine aisément quelles peuvent être les implications d’un tel événement.

 

Comment savoir si oui ou non ce fameux puits est bouché? Et s’il ne l’est pas encore, que peut-on penser d’un gouvernement capable de laisser sa population en subir les conséquences ? Je sais bien que paralyser l’économie d’une région pendant le nécessaire nettoyage d’une telle catastrophe se chiffre en milliards, mais les conséquences d’un drame sanitaire de grande envergure, même dans longtemps, pourrait être bien pire. Que penser alors d’un gouvernement qui préfère mentir pour laisser le poids de ses erreurs à ses successeurs plutôt que d’assumer celles-ci en essayant de les réparer de suite ? Est-il encore légitime ?

 

Les conspirationnistes ont encore de beaux jours devant eux, car ils ne sont pas prêts de voir leurs gouvernants dire la vérité. Alors qu’il suffirait de déclassifier certains documents secrets, de lancer des investigations indépendantes et approfondies, d’assumer des erreurs que tout le monde comprendrait, de diffuser les informations même anxiogènes, comme on l’a fait pour la grippeA (même si c’est à l’envers que cela s’est passé, car dans ce cas des investigations orientées ont trompé la population sous un prétexte de précaution qui n’avait pas lieu d’être)…

 

Nos dirigeants ont beau jeu de critiquer systématiquement tous les sceptiques, mais en réalité ce sont eux les responsables de ce scepticisme. A force de nous avoir tant et tant menti par le passé, comment ne pas croire que cela va continuer ?

 

Caleb Irri

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guerre internet

Posté par calebirri le 21 août 2010

il y a eu Hadopi, et il y aura ACTA. Mais la guerre pour le contrôle d’internet ne fait que commencer. Cela fait plusieurs semaines que de petites informations, assez anodines au premier abord, s’accumulent dans mon esprit pour parvenir à cette évidence. Cela pourrait paraître sonner pour beaucoup comme une mauvaise nouvelle, mais mon optimisme inébranlable me fait trouver cette évidence assez positive…Moi qui croyait que la bataille était déjà perdue, je m’aperçois qu’elle ne fait que débuter, et qu’il est donc possible de se battre encore.

 

Regardez les formidables mobilisations qui se sont faites au grand jour pour lutter contre Hadopi, contre ACTA, et imaginez toutes celles qui se font discrètement, et dont on n’entend que quelques échos résonnant ici où là : d’un côté la censure avance, mais de l’autre les résistants inventent, imaginent, conçoivent peu à peu tous les maillons d’une chaîne capable, si elle aboutissait, de se passer à terme des circuits financiers (qui rendent dépendants), circuits qui sont utilisés par les gouvernements pour contrôler toutes les communications. Car s’il est un dernier bastion à conquérir pour toute dictature désirant s’installer, internet est le dernier où se trouve encore autorisée la libre expression. Les gouvernements de tous bords l’ont bien compris, et ce n’est pas pour rien que les meilleurs techniciens sont employés à la traque sur internet, et que l’on emploie des Hackers à grands renforts de gros salaires pour se les mettre de leur côté.

 

Cette guerre de l’information, dont le but est de rendre internet semblable à une avenue remplie de caméras et de mouchards, montre bien la confiance que les Etats entretiennent entre eux, à tel point que les opérateurs nationaux espèrent pouvoir fermer leurs réseaux sur l’international sous des prétextes de sécurité fallacieux. En même temps que les Etats se referment sur eux-mêmes en fermant leurs frontières, ils tentent évidemment aussi de refermer les frontières virtuelles, qui sont susceptibles de nuire au nationalisme qui se met en place dans de nombreux pays.

 

À partir du moment ou un gouvernement désire changer de régime, il doit pouvoir fermer son territoire pour éviter les témoignages désobligeants, pour empêcher les rassemblements solidaires, pour stopper l’arrivée d’idées libertaires, bloquer les communications, contrôler l’information. Il veut avoir la possibilité de surveiller, de contrôler, d’interdire l’utilisation de ces nouvelles technologies, comme en profitant par exemple des failles de sécurité trouvées sur les appareils (comme sur le iphone).

 

C’est dans le but de fermer ces frontières que les législations les plus contraignantes vont être votées, car les technologies sont sans cesse améliorées, et des failles toujours trouvées. Alors que des petits malins trouvent le moyen de transformer leur ipod en iphone, d’autres aujourd’hui parviennent à se débarrasser des traceurs géographiques que sont aussi les serveurs, puisque basés sur un territoire. C’est un espoir inestimable que ces gens devraient susciter, et nous devrions les soutenir avec beaucoup plus de force. Car s’ils arrivent à se libérer des contraintes législatives et techniques, s’ils arrivent à se libérer de l’argent (open source), alors il seront en mesure de laisser une fenêtre entrouverte sur le monde, même dans les moments les plus sombres et les plus lourds qui nous attendent. S’il devenait possible à tout un chacun de se libérer des fournisseurs d’accès (en créant leurs propres réseaux, leurs propres relais), de leur opérateur et de l’hégémonie des grandes firmes, alors les dictateurs de tous poils auraient du soucis à se faire.

 

C’est pour cela qu’il faut que les internautes souhaitant rester libres se rassemblent au sein d’une sorte « d’internationale du web », afin de protéger tous ensemble le seul lieu de liberté d’expression qui nous reste. Sauvegardons notre histoire sur nos propres archives, créons les possibilités de pouvoir résister, communiquer, imaginons ce qu’il nous reste comme chemin à parcourir, et allons-y : internautes de tous les pays, unissez-vous!

 

Caleb Irri

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le sondage c’est du vent

Posté par calebirri le 13 août 2010

Je me rappelle qu’au lycée, notre professeur d’économie nous avait fait participer à une aventure intéressante : la mise en place d’un sondage. Au début le professeur était très motivé à cette idée, et nous-mêmes étions pleins de bonne volonté…  mais cela ne dura pas longtemps : nous avons appris comment se fabriquaient les sondages.

Les sondages sont des projections chiffrées à grande échelle de l’opinion à partir d’un échantillon représentatif sur un territoire donné, à un moment donné : c’est à dire du vent. De quelque côté qu’on les prenne, les sondages se basent sur des statistiques obtenues par des moyens subjectifs, et interprétées par des analyses tout aussi subjectives, et ne finissent par dire que ce qu’on veut bien leur faire dire.

Regardons un peu les choses de plus près, et réfléchissons.

Tout d’abord, il faut pour faire un sondage avoir une ou plusieurs questions à poser, ce qui signifie déjà avoir une idée des réponses que l’on cherche à obtenir, ainsi qu’une opinion naturelle qu’on ne peut exclure de son esprit.
Cette (ou ces) question (s) doivent être formulées en un langage clair et compréhensible de tous, ce qui implique la capacité de savoir lire, et exclut de fait quelques pourcents d’aveugles ou d’illettrés, ou d’étrangers (même parlant français). Il faut également que les mots employés soient neutres pour ne pas influencer la réponse, ce qui est dans la réalité presque impossible à faire. Je ne me rappelle plus le sujet de notre sondage, mais je me souviens que peu après le commencement les débats étaient déjà houleux, et le programme en retard : la simple formulation des questions étant déjà une prise de position,  il semblait impossible d’en trouver la neutre expression.

Mais ne nous arrêtons pas là, et voyons la suite

Une fois les questions et les réponses déterminées, il faut se décider sur le territoire sur lequel s’applique le sondage (il y a plus de paysans en province que dans la région parisienne par exemple) car la définition de l’échantillon représentatif en dépend. Ainsi que le moment choisi pour le faire : après un fait divers sordide ou dans le calme d’une période festive comme celle de noël, et tout est différent! Notre territoire était donc le lycée, et notre population totale composée de deux à trois cents personnes, si ma mémoire est bonne (ou moins de 1000 en tous cas). Enfin un nombre raisonnable au regard de nos capacités d’analyse, compte tenu de la trentaine d’élèves composant notre « institut ».
Pour finir l’établissement de ce sondage, il faut bien sûr le plus important des ingrédients, c’est à dire la détermination de l’échantillon représentatif, qui doit nécessairement évoluer en fonction de l’évolution de la population, c’est à dire du temps qui passe : en 1900, la proportion de certaines catégories socio-professionnelles n’est pas la même qu’en 1945 ou en 2010. Et c’est durant cette étape de détermination de l’échantillon représentatif que notre professeur a commencé à craquer : face à la difficulté de sélectionner les facteurs selon lesquels seraient établies les distinctions, face à la subjectivité qu’entraînait chaque choix, nous avons du nous rendre à l’évidence, à savoir qu’un sondage ne pouvait absolument pas être objectif.

Car que doit représenter l’échantillon ? En théorie l’ensemble de la population si le sondage est national, et le département s’il est départemental. Ce qui signifie que faire un sondage national est censé représenter ce qu’on a par ailleurs tant de mal à définir : l’identité nationale. On commence à voir les difficultés de cette définition dès le départ, mais ne flanchons pas : sachant qu’en général les sondages sont effectués sur une population d’environ mille personne, cela signifie que cet échantillon (sans autre valeur que le hasard) représente environ 1/65000 de la population totale (en gros), dans lequel il faudra tenter de trouver les personnes correspondant à tous les critères de représentativité. Cette notion n’est évidemment pas neutre, et ne peut l’être. Mais certains l’ont tenté quand même : si les paysans représentent tant de pourcents de la population française, alors il faut tant de paysans interrogés dans les mille personnes. Si ce paysan est plutôt à droite, il faut savoir, sur le nombre de paysans français, la proportion de paysans votant à droite. Si son salaire est supérieur à telle somme ou propriétaire de son exploitation, s’il est marié, pacsé, gay ou bio, cela change tout. Ainsi pour le médecin, le chômeur, la femme de ménage ou le plombier.

L’échantillon représentatif est donc une chimère qui ne peut être atteinte, car elle doit faire rentrer dans des cases de multiples paramètres que même des ordinateurs puissants ne peuvent facilement corréler, même sur mille personnes. Car il y a des marges d’erreurs acceptés dans ces sondages, qui proportionnés à l’échelle de la réalité font peur à voir : il est impossible d’obtenir un échantillon représentatif « représentatif », car nul ne sait ce qu’est la France. Et encore moins lorsqu’il s’agit de la réduire à un millier d’individus.

Mais toutes ces difficultés n’effraient pas nos instituts de sondages, dont le peuple comme le pouvoir sont si friands, comme un symbole de la soumission de tous à la loi du chiffre, celle qui veut absolument faire rentrer l’homme dans des cases, et le transformer en une succession de 1 et de 0.

Alors que notre professeur et nous tous avions déjà abandonné la partie, après plusieurs semaines de travail, de questionnements et d’embrouilles incalculables, les véritables sondeurs « professionnels », eux, ne s’arrêtent pas là. Car il faut avouer que si notre professeur faisait partie des rares personnes qui ont l’honnêteté de reconnaître l’impossible tâche que constitue la fabrique d’un sondage, cela ne rebute pas les instituts bien connus de le faire, surtout lorsque l’activité est si lucrative…il leur faut donc passer à l’étape suivante, assumer leur orientation et leurs choix de sondeurs, et  poser leurs questions.

Et après avoir posé leurs questions à l’échantillon, les réponses viennent se placer dans de gigantesques tableaux pour se faire analyser, afin de soumettre au commun des mortels une interprétation des chiffres obtenus, incompréhensibles sans la traduction en un langage soi-disant objectif (après toutes ces subjectivités  additionnées). Si, par exemple, 80% des gens pensent que l’on doit mettre les étrangers dans des camps, cela signifie en réalité que 80% des personnes ayant répondu à une question tendancieuse, parmi un groupe de personnes choisies plus ou moins arbitrairement, selon des critères douteux et à un moment inopportun, ont vu leur réponse interprétée de telle manière qu’on puisse croire qu’ils le souhaitent.

Ainsi, l’orientation nécessairement délibérée que l’on trouve dans les sondages répétés par les médias  ne dépend pas de l’opinion réelle d’une population donnée, mais de la volonté initiale des commanditaires de ces derniers. En bons capitalistes qui se respectent, les instituts de sondage font comme les peintres en bâtiment : ils sont toujours d’accord avec la couleur choisie par celui qui les paye. C’est pour cela que les sondages payés par ceux de droite les conforte toujours, et que ceux payés par ceux de gauche s’y opposent… Et comme à droite on a plus de sous, la voix porte plus loin! Le sondage, c’est du vent, et le plus fort souffle sur l’opinion, jusqu’à être capable de l’influencer dans une direction choisie.

 

Caleb Irri

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la gratuité existe déjà… sur internet !

Posté par calebirri le 1 août 2010

Quand je parle de gratuité, nombreux sont les esprits moqueurs qui me rétorquent la puérilité, l’inconscience ou me parlent du troc. Pourtant, la gratuité existe déjà, et est en train de se développer sur un support moderne, et à une vitesse qui prouve combien sont nombreux les gens sensibles à cette notion, « le don gratuit ». Le don gratuit n’est pourtant ni un échange, ni une technique commerciale, ni même une forme de charité religieuse, mais bel et bien l’expression naturelle de milliers d’hommes et de femmes qui reconnaissent du plaisir dans le don, et qui se satisfont de celui-ci.

 

Je ne parle pas ici de bénévolat se payant en retour une bonne conscience, ni de dons effectués avec l’arrière pensée d’un retour ultérieur, mais bien de celui qui existe sur internet, et qui pour beaucoup sonne comme un formidable message d’espoir à l’intention du futur- pour peu que nous réussissions à conserver le contrôle de cet outil.

 

Et oui, contrairement à ce que l’on imagine de prime abord, internet n’est pas qu’une bulle spéculative destinée à remplir les poches de grandes firmes internationales (elle l’est aussi bien sûr), mais également un moyen de partage gratuit et instantané qui fonctionne de mieux en mieux, et qui est même parvenu à effrayer les grandes firmes qui, justement, tentent par leur lobbyisme de freiner cette expansion de la gratuité qui nuit à leurs profits.

 

Il y a plusieurs types de gratuité sur internet, et le plus important (d’un point de vue technique) concerne le secteur des serveurs, dont la part de marché avoisine le tiers (si j’ai bien compris). Tout cela face à Microsoft, n’ayons pas peur de le citer. Cela signifie que des personnes, ici et là, insatisfaites des services fournis par le géant, ont préféré se mettre au travail dans leur coin, sans doute en dehors de leurs horaires de bureau, pour imaginer, concevoir et développer des logiciels libres et gratuits, et les ont mis à disposition du public sans contrepartie.

 

Mais ce n’est pas tout. Tous ceux qui utilisent Firefox, Linux ou open office le font, la plupart du temps, sans même se rendre compte qu’ils bénéficient d’une technologie « open source », c’est à dire gratuite et utilisable à merci. Il se peut bien sûr qu’avec le temps tous ces logiciels rapportent des listings de clientèles à fort potentiel commercial, mais on ne peut tout de même pas jeter la pierre du péché capitaliste aux concepteurs de ces logiciels, qui n’ont fait que rechercher une amélioration des systèmes existants pour les offrir au plus grand nombre…

 

de plus, internet ne se résume pas qu’à des logiciels, et de nombreux services sont offerts aux internautes de tous les pays, par les internautes eux-mêmes, qui utilisent le temps de leurs loisirs pour partager leurs passions, leurs savoirs ou leurs expériences, et tout cela sans la moindre contrepartie.

Il n’y a pour s’en convaincre qu’à regarder les forums d’aide au bricolage, à la mécanique ou à d’autres sujets, sur lesquels les internautes partagent sans même sembler se poser la question du retour, juste pour aider. Vous avez une question sur l’informatique, la médecine ou la langue française ? Aussitôt votre demande postée sur le web, presque aussitôt des réponses, des liens et des explications vous seront fournies par un individu qui, de chez lui, vous donnera de son temps, sans rien réclamer en échange : il sait que, si le besoin s’en fait sentir, il pourra ailleurs trouver lui aussi une réponse à ses questions, et se contente de ce simple fait.

 

Vous avez un problème d’orthographe, de traduction, une définition vous échappe, vous avez loupé une émission, vous voulez connaître le programme d’un événement, là aussi des milliers d’informations gratuites et participatives vous seront accessibles gratuitement, presque sans effort, et sans avoir besoin de sortir votre numéro de carte bancaire.

 

Et puis il y a aussi les sites participatifs et bénévoles, les veilleurs de l’info, les testeurs en tous genres, les hackers qui proposent musique, films et logiciels craqués… toute une communauté dont certains ont parfois même pris le risque de basculer dans l’illégalité, et qui n’hésitent pas à user de leur technique ou de leur compétence pour vous apporter ce que vous recherchez. Comme cela, pour le plaisir de partager, souvent anonymement, et nous donner ainsi accès à une sorte d’opulence que la technologie est capable de nous offrir, et ce en dépit des efforts faits par le système pour rendre tout ceci monnayable.

 

Contrairement à ce que certains pensent, ce phénomène n’est cependant pas le fruit du temps libre laissé à disposition de ceux qui ont les moyens de se dégager du temps grâce à des salaires conséquents, mais plutôt un résultat obtenu en dépit du blocage systémique exprimé par le fameux dicton « le temps c’est de l’argent ». Car le seul obstacle à l’extension de cette gratuité est justement ce manque de temps, qui empêche le plus grand nombre de participer, et d’étendre ce mouvement.

Sans cette contrainte, il se pourrait qu’on s’aperçoive rapidement que cette forme de partage est susceptible de pouvoir être mise en place partout et de manière beaucoup plus large, c’est à dire dans bien d’autres domaines que celui d’internet. Le nombre croissant de personnes désireuses de partager, ajouté à celui encore plus nombreux des déçus du système actuel pourrait permettre, s’ils s’en donnaient les moyens, d’éclairer d’une autre manière les relations entre les hommes. Il faudrait pour cela que, de la même manière dont s’organisent les développeurs de l’open source, soient créées des structures collaboratives et gratuites qui élargissent les possibilités de ce phénomène au stade pratique, afin de montrer qu’il est possible de fonctionner sans échange, sans système de valeur physique.

 

ce système pourrait s’établir dans une communauté entière,  un peu comme cela a été mis en place à Marinaleda. Bien sûr, cela ne pourrait pas fonctionner en rompant d’un seul coup les liens avec « le monde extérieur », mais il faut savoir que plus ce genre de communauté sera important et développé, et moins les secteurs encore liés à l’argent ont de chance de se trouver nombreux.

La gratuité est une alternative à ne pas négliger, car elle fonctionne déjà, et les hommes la plébiscitent inconsciemment, car en réalité elle correspond à leurs aspirations les plus secrètes. Il faut juste leur laisser la possibilité d‘en faire l’expérience, et il ne fait aucun doute qu’elle satisfera à leurs attentes, car elle seule permet de faire se réconcilier le désir des hommes avec sa réalisation.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, medias, politique?, un nouveau système | 4 Commentaires »

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