La fin des Etats ?

Posté par calebirri le 19 mai 2016

C’est une sorte d’hydre à plusieurs têtes ; avant on l’appelait « GAFA » pour « Google, Apple, Facebook, Amazon » mais d’autres têtes lui ont poussé depuis… Twitter, Netflix, Uber… Et puis il y a toujours Monsanto, Total, Goldman Sachs, et quelques autres encore… mais elles ne sont pas tant que ça en définitive.

Sauf que ce monstre insatiable est en train de mener une lutte acharnée pour le pouvoir, et ce sur deux fronts en même temps : contre les citoyens bien sûr (les lanceurs d’alerte vous le confirmeront !), mais aussi contre les Etats qui refusent de se soumettre à leurs exigences -ou ne le font pas assez vite.

On soupçonnait bien qu’un jour les financiers finiraient par se confronter aux politiques, inévitablement : leurs intérêts divergent à partir du moment où la compromission du pouvoir politique par le pouvoir financier commence à être rendue publique (Luxleaks, Panama papers pour ne citer que les affaires les plus récentes). Internet -et sa force de frappe planétaire- est un danger pour tous les tricheurs qui veulent rester discrets : c’est pour cela qu’ils poussent les politiques à adopter, pour leur propre sécurité mutuelle, des mesures restrictives sur tout ce qui concerne les libertés sur internet ; le terrorisme étant le biais idéal pour faire passer la fin des libertés sur internet comme un sacrifice difficile -mais nécessaire- à accepter.

Sacrifice qui s’ajoute à ceux exigés par les politiques quand les financiers commandent des lois aux politiques qui les servent (et se servent eux-mêmes au passage)… Contraints de faire passer la pilule auprès des peuples qui ne sont pas toujours d’accord (ce qui ajoute une raison de contrôler internet !), nos hommes politiques sont parfois quelque peu réticents à risquer leur place pour quelques accommodements avec leurs convictions. Regardez le TAFTA : des dispositions légales impliquant une égalité de pouvoir entre une entreprise et un Etat pose des problèmes à tous : les politiques rechignent à signer par peur du peuple qui doit continuer de les élire, tandis que les entreprises payent des sommes considérables pour obtenir ces signatures. Même si au bout du compte ces accords seront adoptés bon gré mal gré, le temps et l’argent perdu par les multinationales pour obtenir la légalisation de leurs comportements immoraux les empêche d’avancer comme ils veulent… d’autant que ces traités sont sujets à changements au gré des alternances gouvernementales.

Quand on pense que certaines entreprises possèdent des ressources financières parfois bien plus importantes que celles d’Etats entiers -dettes comprises !- on est en droit de se demander si des pays entiers ne pourront pas être définitivement achetés par une entreprise -un peu comme dans « les condamnés à mort », un livre que j’ai découvert il y a peu, écrit en 1920 par « Claude Farrère ». Ainsi ils supprimeraient les intermédiaires gênants qui ralentissent le bon déroulement des affaires.

Du coup se pose également la question de la démocratie : ne nuirait-elle donc pas aux affaires ? Alors que la Chine rachète tout ce qu’elle peut de par le monde, la démocratie devrait-elle empêcher « l’Occident » continuer de vivre dans l’opulence ? Cette façade idéologique marque bien toute l’hypocrisie de ce genre de discours, alors que ce sont ces mêmes Apple, Facebook ou Amazon qui exploitent le travail de ces Chinois, dont les plus corrompus gagnent des fortunes. C’est qu’en réalité il n’y a pas de combat entre le nord et le sud, pas plus qu’entre l’est et l’ouest. Le combat est celui des riches contre les pauvres. A l’heure où il est de bon ton de s’alarmer du climat, de la surpopulation, des terroristes, de la pollution, on peut se demander si l’on essaye pas de nous faire peu à peu comprendre qu’il n’y a pas de place pour tout le monde, et que par conséquent on ne gardera que « les meilleurs »…
Ce qui se passe actuellement est une offensive directe de la part de quelques entreprises géantes qui ne veulent plus se laisser emmerder par la démocratie, même fictive. Ils veulent lever le rideau et prendre les commandes en direct. Quittes à imposer la dictature.

Le mouvement de concentration des médias et leur rachat malgré leur faible rentabilité montre également à quel point la bataille de l’opinion doit quand même leur être acquise avant de donner l’assaut final. Prêts à dépenser des milliards pour obtenir nos données, pour nous faire voir le monde à leur manière, ils désirent contrôler ce que nous avons le droit de savoir ou de ne pas savoir, ce que nous devons vouloir ou ne pas vouloir, afin de continuer à nous vendre leurs produits, ainsi que leur idéologie : soyez les meilleurs, sinon vous n’aurez pas votre place parmi les « élus ».

Cette concentration constitue la dernière étape du système capitaliste, qui pourrait conduire au rachat de pays entiers par des multinationales qui gèreront les peuples à la manière de leurs entreprises, avec les moyens techniques de surveillance et de contrôle dont ils disposent. Les riches ont pris l’ascendant et sont bel et bien en train de gagner la lutte des classes. Leur puissance a atteint de tels sommets qu’il est désormais impossible de leur faire entendre raison : too big too fail, un point c’est tout !

De leur point de vue, c’est d’une logique imparable : de la même manière que Monsanto achète petit à petit toutes les entreprises qui produisent des semences « non-OGM » afin de les empêcher de « nuire aux affaires », chaque multinationale dominante désire racheter ses concurrents pour les rendre inoffensifs. Toutes les barrières réglementaires qui contraignent leur puissance est un ennemi à abattre. Et la démocratie nuit aux affaires. Comme l’écologie et les journalistes, ou les droits sociaux.

Tant que l’on ne remettra pas en cause l’idéologie qui érige la rentabilité en valeur supérieure à toutes les autres il ne peut y avoir ni démocratie ni écologie ; mais il y aura des guerres, et de la misère aussi.
Car dans un monde où la rentabilité est la valeur supérieure, il n’y a pas de limite à l’exploitation de l’homme.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Ca suffit avec votre quenelle de merde !

Posté par calebirri le 8 janvier 2014

il y a de ça quelques semaines, personne ou presque ne connaissait la « quenelle ». D’ailleurs, personne ne sait vraiment ce qu’elle signifie, étant donné qu’on la qualifie tantôt de « geste antisémite » (selon le salut nazi « inversé » d’après ce que j’ai cru comprendre), tantôt un geste « anti-système » (encore faudra-t-il définir ce qu’est ce « système » ; et s’il s’agit du capitalisme, je m’étonne du soutien de certaines personnalités pleines aux as qui le diffusent).

Enfin, toujours est-il que si le gouvernement voulait lancer un leurre au peuple français, il ne s’y prendrait pas autrement : on ne parle plus que de ça ! Pourtant, je n’ai pas l’impression qu’on ait fait tant de scandale au sujet des attaques clairement racistes contre madame Taubira.

Mais ce n’est pas là où je voulais en venir. En réalité le plus grave dans tout cela ce n’est pas de savoir si un type qui draine quelques milliers de supporters est plus raciste que les lanceurs de bananes à la petite semaine. Le plus grave c’est qu’on s’effarouche avec des mots, des gestes, quand personne ne semble s’effrayer que sur 7 milliards d’êtres humains, il y en à près de 3 qui crèvent de faim et de soif, sans distinction de race, de religion ou d’opinion politique. Et que cela ne choque personne qu’on ne légifère pas pour faire cesser cela, alors que nous connaissons les coupables et que nous savons comment les arrêter ; alors qu’ils ne sont que quelques milliers à se « partager » un gâteau dont ils laissent les miettes à 3 milliards d’hommes, de femmes et d’enfants…

Vous n’êtes pas raciste et vous êtes scandalisé par les propos d’untel ou d’untel, mais vous n’empêchez pas Tepco de faire travailler des SDF à la décontamination d’une centrale nucléaire qui ne les chauffe même pas l’hiver ? Vous criez au retour du nazisme alors que vous laissez les Palestiniens crever dans un camp d’extermination géant, et vous voulez faire interdire des spectacles qui attirent quelques centaines de fans quand vous autorisez les affameurs de la planète à vous vendre leurs produits tous les jours à la télé ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre que Dieudonné soit antisémite ou antisioniste, alors que partout autour de nous la misère se développe sans cesse ? faites-lui un procès et qu’on n’en parle plus ! Franchement, toute cette mascarade n’a-t-elle pas assez duré ?

Il y a sur cette planète quelques milliers d’individus qui affament plus ou moins consciemment 3 milliards d’êtres humains, nous produisons chaque année plus de denrées alimentaires qu’il n’en faudrait pour tous, et pourtant chaque jour des milliers d’enfants meurent de faim ou de soif. Des millions d’autres n’ont pas de toit ou vivent dans des conditions misérables… Ils sont peut-être juifs, ou noirs, ou musulmans, ou chinois ou que sais-je encore, mais qu’est-ce que ça peut bien faire ? Est-ce pour cela qu’ils meurent de faim ? La faute à la quenelle peut-être ?

Non, mais tout simplement parce que cela revient moins cher de jeter que de donner, et qu’il faut être rentable. On bombarde des hôpitaux, on asservit des peuples, on tue des hommes à la tâche, on mutile des enfants, tout cela pour la rentabilité. Le capitalisme tue plus que le racisme.

Enfin, ces quelques milliers de personnes sont peu à peu en train de réduire en esclavage la majorité des peuples de ce monde et nous que fait-on ? On se demande si la quenelle de Dieudonné est un geste antisémite ou pas, et si on doit interdire son spectacle ? Putain, il faut se réveiller ! Elle est où la gauche ? C’est tout ce qu’elle a réussi à obtenir, la gauche ? Ouaou, nous sommes parvenus à faire interdire un spectacle d’un type à qui nous avons par ailleurs fait une publicité formidable !

Quelle misère, quel scandale ! quand est-ce que nous cesserons de nous faire berner comme ça ? Après, je me dis pas étonnant que mon questionnaire sur l’assemblée constituante n’avance pas (je tente le coup), ça intéresse qui la démocratie et le bien commun, les vrais ?

C’est de pire en pire, vous tombez tous les uns après les autres dans tous les pièges qui vous sont tendus ! Et vous allez encore voter après ça, et fiers de défendre des « valeurs », mon oeil oui ! ah c’est vrai, je ne vote pas, je ne dois pas être un démocrate après tout… d’ailleurs, je ne voterai même pas au prochain référendum portant sur le droit de Dieudonné à faire son spectacle !

Mais trêve de (mauvaise) plaisanterie. Pensez-y sérieusement chaque matin, et tous les jours : pendant que vous écoutez de savants analystes vous donner leur avis sur la « quenelle », il y a des milliers d’enfants (des enfants vous entendez ?) qui meurent de faim, sans que nous ne levions le moindre petit doigt pour faire cesser cela…

Réveillez-vous, bon sang !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Les riches ne paieront pas : ils préfèrent l’injustice, ou le chaos

Posté par calebirri le 10 août 2013

Le titre du « Le Monde week-end » daté du 10 août est : « Europe : la fragilité des banques menace la reprise ». Je n’en reviens pas ! Avec les bénéfices qu’elles se font sur le dos du particulier, les tricheries dont elles profitent et le peu d’impôts qu’elles paient, les erreurs et les mensonges dont elles sont responsables, l’argent qu’elles ont déjà reçu, les difficultés qu’elles font aux emprunteurs et les frais bancaires qu’elles appliquent à ceux qui n’en ont pas les moyens, « Le Monde » nous apprend qu’elles sont « fragiles »… Et que cette fragilité menace la reprise ! Mais quelle reprise ?

C’est quand même un peu fort ! non seulement on veut nous faire croire à la « reprise », mais en plus on nous prépare à aider les banques une nouvelle fois ? Car que veut dire ce titre si ce n’est : « la reprise est là, mais comme les banques (les pauvres petites) sont fragiles, cela menace cette reprise. Si nous aidons les banques à devenir moins fragiles (en leur donnant encore de l’argent, ou des nouveaux droits…), cela signifie donc que rien ne menacera plus la reprise ». Mais de qui se moque-t-on ?

Alors que ce sont justement les banques (et non pas leur fragilité) qui ont conduit à la crise, et que c’est bien elles qui constituent une menace non pas pour la reprise mais bien pour les plus fragiles, on voudrait nous apitoyer sur le sort de ces entreprises dont les pratiques sont sans doute parmi les plus choquantes.

Quelle pitié !

Mais derrière cela il y a une autre information qu’on peut y lire : les gouvernants européens ne lâcheront rien. Plutôt que de se confronter à une réalité qui les dépasse (la prise en compte du retournement capitaliste et l’inévitable aggravation de la crise, le mécontentement populaire ou les tensions internationales), ils continuent à ne pas vouloir (ou ne pas pouvoir, je ne sais lequel est le plus terrible) faire payer les responsables, c’est-à-dire à laisser ceux qui le doivent faire faillite, craignant (peut-être à juste titre) de voir le scénario « château de carte » se réaliser et l’Europe (avec sa prétendue puissance) s’effondrer.

C’est ici que le lien se fait avec l’international, et qu’il nous faut accepter le fait que la balle n’est déjà plus dans notre camp : il n’y aura pas -ni en Europe ni aux Etats-Unis- de « Grand Soir », pas plus que de « réelle démocratie » ou d’Assemblée Constituante. Pas plus qu’en Tunisie ou en Egypte, en Syrie ou en Libye la démocratie ne l’emportera. Pas plus qu’elle ne l’a emporté en Irak ou en Afghanistan : rien de tout cela n’arrivera. Il ne faut pas se leurrer, la situation nous dépasse, et il est sans doute déjà trop tard . Les mécanismes complexes d’une si grosse machine qu’est le monde en marche fonctionnent sans qu’on puisse les arrêter, et seule une vision globale des dynamiques des grands ensembles peut permettre de se faire une idée des événements à venir.

Car puisque les riches refusent de prendre leurs pertes, et que les politiques refusent de voir les Etats « riches » assumer leur véritable (im)puissance au sein d’un monde « retourné », la politique actuelle de planche à billets va continuer jusqu’à entraîner les autres puissances dans un tourbillon qui ne leur laissera que deux choix : la soumission, ou le conflit. Les Etats riches posent donc les règles, en accord avec les financiers (pour l’instant) et aux autres ensuite de faire leur choix. C’est d’eux, les « émergés », que viendra la véritable décision : il se peut qu’ils ne nous plaisent ni l’un ni l’autre mais c’est ainsi : nous avons laissé passer notre chance.

Mais que cela ne nous inquiète pas : car en définitive même si nous croyons toujours vivre une époque « extra-ordinaire », nous ne faisons que répéter les mêmes réflexes d’une génération à l’autre : la crise est en réalité un état permanent, et il est presque « naturel » que sur une vie de 80 années l’Homme connaisse et la guerre et la crise économique ; ce qui me console presque puisque cela signifie que si l’Histoire se répète toujours, cela prouve également que l’homme est en réalité imperméable au conditionnement puisqu’il fait toujours les mêmes erreurs ; et que la vie finit toujours par reprendre le dessus… Alors face à cette nouvelle (à demi) réjouissante, que sont cinq ans de guerre, ou même 10, qui cela peut-il effrayer ? 10 % de votre vie ce n’est pas grand chose après tout, des économistes diraient peut-être même que c’est un bon rapport « bénéfice/risque » !
Et puis c’est du gagnant-gagnant : au pire les morts, les destructions, les productions engendrés par la guerre seront des retraites en moins, des chantiers en plus, de la productivité… De la croissance, enfin ! Et au mieux la perpétuation d’un système injuste dominé par les « Occidentaux » au détriment des pauvres des autres nations moins puissantes… mais ils doivent être habitués, n’est-ce-pas ?

Alors elle est pas belle la vie ? Juste un éternel recommencement…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Entre la dictature et la démocratie, il y a internet

Posté par calebirri le 16 juin 2013

Internet n’est pas un média comme les autres. Il est à la fois le moyen de notre oppression, en même temps que celui de nous en libérer. L’affaire Edward Snowden en est un exemple particulièrement frappant : en dénonçant un programme de surveillance généralisé et mondial, cet homme (en plus des risques qu’il prend pour sa vie) permet à des milliards d’individus d’être tenus au courant de ce programme. Et comme avec Wikileaks, ou Offshore leaks, c’est en à peine quelques secondes, et partout dans le monde, que peuvent être diffusées des informations « sensibles » sans qu’il soit possible ensuite de les faire supprimer. Chacun peut les inscrire sur son ordinateur, les copier et recopier à l’infini, et puis les diffuser à l’envie.

Cet état de fait met en péril nos responsables politiques et financiers car si la surveillance généralisée des populations est justifiée par la sécurité et assez bien acceptée par les populations concernées (si je n’ai rien à me reprocher, que m’importe qu’on m’espionne ?), elle permet aussi de faire éclater au grand jour des « affaires » et des « scandales » dans lesquels nos « élites » sont mêlées, de près ou de loin. Et c’est bien là tout le problème. Paradoxalement, ceux qui nous surveillent sont peut-être aussi ceux qui ont quelque chose à cacher : qui un compte offshore, qui des fréquentations douteuses, qui un passé pesant… Que se passerait-il si on apprenait que la plupart de nos politiques sont corrompus, qu’en privé ils disent le contraire de ce qu’ils affirment en public, quels conflits d’intérêt les meut et pourquoi ils se taisent ou se soumettent à la volonté non pas du peuple mais de leurs donneurs d’ordres ?

Si les peuples apprenaient, preuves à l’appui, qu’on leur ment « les yeux dans les yeux », ne se révolteraient-ils donc pas ?

C’est bien pour éviter cela que les gouvernements voudraient contrôler Internet, et qu’ils montent des plans de surveillance généralisée destinés à repérer non pas les terroristes (eux savent crypter leurs données) mais bien les résistants (ceux qui diffusent les informations « sensibles » ou donnent leur opinion sans prendre de précautions particulières- »puisque nous somme en démocratie »…).

Les partisans de cette surveillance généralisée ne peuvent donc pas interdire internet puisqu’ils en ont eux-mêmes besoin. Et puis la propagande passe elle-aussi par ce même média. Sans compter qu’aujourd’hui internet est indispensable ne serait-ce que d’un point de vue économique. Alors certains veulent couper la télé (comme en Grèce), d’autres surveiller les blogs (comme à Hong-Kong), et d’autres encore les réseaux sociaux (en Turquie près de la place Taksim les communications sont brouillées). Le but recherché est donc de surveiller tout le monde pour pouvoir, ponctuellement, couper les « éléments perturbateurs » un moment et en un lieu donnés, de toute communication.

En réalité internet est un outil à double-tranchant : il peut à la fois rendre possible une démocratie mondiale et une dictature terrible, elle aussi mondiale.
Parlons du « BIG DATA » : cette masse incroyable de données récoltées par Facebook et consorts est une mine d’informations qui peut servir soit à mieux organiser une société réellement démocratique (on peut aujourd’hui savoir de quoi ont « vraiment » besoin les individus et adapter l’offre à la demande, en temps réel et partout), soit à faire des milliards de profit dans une société capitaliste, soit à surveiller tout le monde et partout dans une société dictatoriale.

Ce qui vient de se produire en Grèce en est un exemple parlant : même si la télé ne plaisait pas et que supprimer le journal de Jean Pierre Pernaud serait faire oeuvre de salubrité publique, la télé est un média qui peut servir à la contestation, comme c’est parfois le cas en France si on considère quelques émissions du service public (c’est qu’il existe encore quelques « vrais » journalistes), qui elles aussi « faute de budget » pourraient disparaître bientôt. Et la télé, on peut la supprimer d’un coup. Pas internet.

Le futur de notre monde passe donc par Internet. Et si les citoyens ne prennent pas garde, et qu’ils n’ entrent pas en résistance, nous serons bientôt dépossédés de cette possibilité de la contestation. La Quadrature du Net, Anonymous, Wikileaks, le Parti Pirate sont des organismes que nous devons à tout prix défendre, car ils représentent ce qu’étaient les premiers résistants au fascisme d’avant guerre. Nous devrions, au lieu de se faire tabasser ou gazer dans les manifs, organiser de grands mouvements sur le net, être capables de lutter efficacement contre les sites de ceux qui nous nuisent (comme les sites des grandes banques, ou de surveillance…), et individuellement nous protéger pour empêcher l’ accès à nos données : des cryptages légaux, les logiciels libres ou open source…
Et aussi cesser autant que faire se peut de compter sur l’ État qui n’ est que le bras armé légalisant les exactions des banques et de leurs valets.

Il y a déjà eu des actions menées comme par exemple la saturation de sites qui travaillent à notre exploitation, ou des serveurs qui fonctionnent avec des mots-clé. Ce Edward Snowden (et bien que son cas suscite quelques légitimes interrogations), évoque également la possibilité de faire cesser cette surveillance « en quelques clics », car il avait accès dit-il à toutes les couvertures, toutes les agences, toutes les missions. Si cela est vrai, alors d’autres devront se lever pour faire cesser la réalisation du pire des mondes, 1984. La résistance aux dérives rendues possibles par internet se fera donc paradoxalement sur internet, qu’on se le dise. Et c’est maintenant que ça commence.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Offshore leaks : citoyens, ne vous réjouissez pas trop vite…

Posté par calebirri le 7 avril 2013

Il y a l’affaire Cahuzac. Et il y a l’affaire « offshore leaks ». Et puis il y a aussi l’amnistie fiscale dont les parlementaires Français (et leurs « amis ») vont sans doute profiter bientôt, unis comme un seul homme.

Car ce n’est peut-être pas pour rien que le calendrier des événements est si serré, et qui expliquerait pourquoi monsieur Cahuzac a « tout (?) balancé » juste avant les révélations du « offshoreleaks » : il savait que son nom allait sortir, car cela fait un moment déjà que les journalistes travaillent sur ces listes (12 ou 15 mois je crois). Mais si les journalistes étaient au courant et que monsieur Cahuzac l’était aussi, alors tout le gouvernement savait inévitablement.

Mais nous aussi, les citoyens, nous savons tous que nos politiques sont complices de ce genres d’activités : ce sont eux qui les légalisent, qui les protègent, et qui n’ont jamais rien fait pour les faire supprimer (contrairement à ce qui a été dit).

Aujourd’hui on voit fleurir des articles stupéfaits nous « apprenant » comment fonctionne le système : très bien, mais nous savons cela depuis un bon moment déjà : l’évasion fiscale a été décrite à de nombreuses reprises, par de nombreuses enquêtes qui ont donné lieu à de nombreux ouvrages, des rapports, des scandales… et puis alors ?
Denis Robert nous a déjà tout expliqué par le menu : les paradis fiscaux existent pour blanchir l’argent sale (trafics d’armes, de drogue, d’êtres humains, corruption, jeux, prostitution…), et les chambres de compensation comme Clearstream sont le lieu par lequel TOUTES les transactions du monde transitent : on sait d’où vient l’argent, par où il passe et où il va, et de quelle poche à quelle poche l’argent transite.

Il suffirait donc d’ouvrir les lignes de compte de ces chambres de compensation pour que les masques tombent « définitivement ». Ce que personne dans aucun gouvernement du monde n’a évidemment intérêt à faire : car cela ouvrirait la voie à l’explosion du système en même temps qu’une révolution sociale sans précédent.

Que reste-t-il donc aux peuples pour faire émerger la vérité ?

Le chaos engendré par un bankrun ? Mais même ce moyen de pression lui a été retiré officiellement à l’occasion de la crise chypriote (tiens, un paradis fiscal !)…

La justice alors, dont on apprend qu’elle est entravée (et dénoncée !) par ceux-là mêmes qui sont censés lui apporter des informations ?

Et les journalistes ? peut-on compter sur les promesses d’un offshoreleaks dont on apprend que finalement ils ne sortira rien ? Car je doute que la dizaine de noms promise par le monde, ainsi que la frilosité étonnante des « rebelles » des autres pays nous expliquent comment 50 milliards d’euros s’échappent de France chaque année, et 1000 milliards au niveau de l’Europe ; chiffres incroyables d’ailleurs, juste ce qu’il manquait à nos budgets après qu’on a ponctionné cette somme sur les ménages européens… Et personne ne veut faire de rapprochements ?

Mais au fait, sommes-nous vraiment certains de vouloir savoir ?

Sommes-nous prêts à comprendre que les sacrifices qu’on exige des peuples sont les conséquences de l’accaparement des richesses par quelques uns, que cela constitue un vol, que tous ceux qui organisent, soutiennent et profitent de l’évasion fiscale sont des criminels qu’il faut punir, que tout cela est aberrant et proprement scandaleux, inacceptable ?

Mais posez-vous quand même cette question : à votre avis pourquoi les journalistes ne publient-ils pas les noms qu’ils possèdent, et qu’est-ce qui les en empêche ? Pourquoi les politiques veulent-ils une amnistie fiscale pour leurs collègues et amis ? pourquoi aussi assiste-t-on à cette diabolisation soudaine des paradis fiscaux, juste après la crise chypriote et juste avant l’effondrement total du système ?

Et bien je vais vous le dire moi, ce qui se trame : nos riches ont compris à Chypre qu’ils ne reverront pas tout leur argent, et que les paradis fiscaux sont ceux qui s’effondreront les premiers. Et ils cherchent donc par tous les moyens protéger non pas les petits épargnants mais bien… leur pognon. Et c’est à cela que sert le « Offshoreleaks » : loin d’être un avertissement à l’encontre des voleurs, il est en réalité un signal envoyé à tous les tricheurs, les menteurs et les escrocs qui sont encore une fois en train de nous rouler dans la farine… Les riches de tous les pays savent aujourd’hui qu’il faut au plus vite rapatrier leurs avoirs dans des pays plus « sûrs » avant que le bateau coule par là ou il penche… d’où la proposition de loi sur l’amnistie fiscale !

Nous allons donc assister ces prochains jours ou semaines, à des transferts massifs d’argent sortant des paradis fiscaux, précipitant ainsi la chute de tous les paradis fiscaux en difficulté… On légiférera alors pour « punir » les mauvais élèves, et puis le monde s’apercevra qu’il n’y a plus rien là-bas… Les peuples paieront une fois de plus la facture.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Unifier la contestation

Posté par calebirri le 13 mars 2013

Il faut se rendre à l’évidence : le monde est en train de vivre une de ces périodes « charnières » dont ressortira inévitablement « quelque chose » comme ce « nouvel ordre mondial » dont j’ai déjà évoqué l’hypothèse il y a peu. Contrairement à ce qu’on serait tenté d’imaginer à la vue des événements calamiteux qui se produisent un peu partout dans ce monde, il faut se préparer non pas à des conflits majeurs entre deux civilisations (qui ne sont en réalité qu’une seule et même civilisation, celle des humains), mais bien plutôt entre deux classes sociales : les riches contre les pauvres (la « classe moyenne » étant la victime « consentante » qui se croit dans le camp des riches mais qui appartient à celui des -futurs- pauvres).

Face à ce constat, une contestation se met peu à peu en place qui trouble le jeu politique, en même temps qu’elle est elle-même troublée par ce jeu : il y a ceux qui veulent « sauver le système », et ceux qui en veulent un autre. Il y a ceux qui veulent sortir de l’Europe et ceux qui veulent y rester, ceux qui veulent prendre aux riches et ceux qui ne veulent pas, ceux qui veulent plus de protectionnisme et ceux qui veulent plus de mondialisation, plus d’Etat ou plus de dérégulation, la décroissance ou l’économie verte… Comment les citoyens pourraient-ils s’y retrouver ? Les contestataires peuvent être un peu de tout cela à la fois, et il existe presque autant de combinaisons qu’il existe de citoyens… Enfin presque. Car au delà de ces considérations, il y a une chose qui relie toutes les contestations : cette sorte « d’indignation » dont parlait Stéphane Hessel, comme un sentiment confus que les choses ne tournent pas comme elles le devraient, et qu’on pourrait certainement faire « autrement » pour améliorer le sort de nos frères humains… pour peu qu’on se rassemble.

Et c’est bien là que se situe le véritable problème : la contestation existe donc bel et bien, sauf qu’elle est à la fois si diffuse et si confuse qu’il est impossible de s’y retrouver. Nulle part n’existe un lieu capable de canaliser, de rapprocher, de présenter ou même de recenser les alternatives qui nous permettraient de lutter efficacement contre la politique menée actuellement ; laissant la place à une propagande grossière mais efficace qui sature les esprits par son unicité et sa force de frappe (ce qu’on appelle communément « la pensée unique »), et dont le but est de nous faire se tromper d’ennemi.

Pourtant nous avons tout ce qu’il nous faut : nous sommes les plus nombreux, nous avons tous les outils nécessaires , nous avons encore la liberté de le faire (pour l’instant !), et le cerveau collectif existe déjà virtuellement, car toutes les composantes de sa réalisation sont là, disséminées ici et ailleurs par delà les religions, les pays, la couleur de peau ou la culture.

Il ne nous manque donc qu’une seule chose, nous rassembler. Communiquer, partager nos volontés, débattre de nos idées, nous connaître, confronter nos projets, apprendre à nous faire confiance, enfin dépasser les barrières et les obstacles qu’on nous oppose pour avancer ensemble, enfin unis vers un même objectif…

Se rassembler, c’est bien, diront les habitués de ce genre d’appels, mais comment, et pour quoi faire ? Tous les outils sont là, mais ils sont limités et ne parviennent pas à établir la « plateforme de convergence » des luttes en un même lieu, ou pas suffisamment en tous cas : car si de nombreux « petits » groupes existent bien sur la toile, que des rapprochements sont parfois constatés, cette immense toile qu’est internet forme un réseau inextricable où l’on trouve tout ce que l’on veut…. une fois seulement qu’on sait ce que l’on cherche.

Mais qui peut se targuer de connaître l’éventail des initiatives et des projets qui fleurissent pourtant par milliers ? Qui peut faire le tri entre une « bonne » et une « mauvaise initiative, laquelle lui correspond et où les trouver, et comment les chercher ? N’y a-t-il pas des rapprochements, des « alliances » qui puissent se faire entre certains de ceux-ci ?

Il nous manque un « annuaire », une sorte de « botin » dans lequel on pourrait chercher, et trouver, les autres sites en rapport avec ceux qu’on aime déjà… mais qui fonctionne « à côté » des réseaux sociaux habituels : pas d’instantanéité ni d’éphémère, mais des éléments de réflexion permettant d’associer tous les projets entre eux, de visualiser toutes les initiatives en cours, afin de rassembler et de canaliser les énergies et connaître enfin l’état des forces de la contestation.

Avec quelques amis nous sommes actuellement en train de mettre en place un site qui permettra de faire tout cela (et même un peu plus), mais comme à chaque fois dans ce cas il faut que la participation des citoyens soit au rendez-vous : je vous propose donc de me faire parvenir, à travers le « formulaire » suivant (https://docs.google.com/forms/d/17874Z2sO9fUvGDQyDVw-jAjJoAnCxLOIfmNrqxBb1bQ/viewform?pli=1), les initiatives que vous proposez ou soutenez, afin que le site démarre avec suffisamment de matière pour être attractif.

Car le moment est venu de s’atteler à prendre en main ce que nous avons trop longtemps laissé à des incapables ou à des menteurs, et de commencer enfin à poser les bases de ce que pourrait être cette « démocratie mondiale » que ses partisans devront tôt ou tard opposer à la « dictature mondiale » imposée par les puissants de ce monde.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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