combien coûte le Temps

Posté par calebirri le 11 août 2009

Cronos est le père de tous les dieux, car sans le Temps la vie est impossible. Aux contraintes du nombre et de l’espace s’ajoute donc celle du Temps, qui inscrit les sociétés dans l’Histoire.

C’est très tôt dans la vie des sociétés organisées que la notion de Temps a été mise en relation avec l’Histoire, car elle découle directement du rapport des hommes avec leur humanité, en établissant les liens avec la mort et la conscience de soi, l’individu.

Le Temps peut être considéré à la fois comme un ennemi ou un ami, une chance ou un poids, selon les époques et les sociétés qui l’ont défini. La fin d’une souffrance pour certains, la fin de tout pour d’autres, chacun a les capacités de juger le temps qui passe à la mesure de l’instant présent, ou de ses croyances futures. Mais nul ne peut nier sa force constante et inaltérable, ni son inéluctabilité.

Bien sûr, la science s’est très tôt penchée sur l’étude du Temps, car la survie des hommes en société en dépendait ; « gouverner c’est prévoir », mais aussi organiser. Et pour y parvenir, les hommes ont décidé de le comptabiliser, pour pouvoir le calculer. Mais l’apprivoisement du Temps n’a pas toujours été à la portée de tous, et les batailles pour se disputer son contrôle n’ont pas toujours été pacifiques, car le pouvoir de celui qui contrôle le Temps est immense : il a la capacité de diriger l’action des hommes.

Dans les premières civilisations, le chef suprême était considéré comme une sorte de gardien du Temps, qui par sa capacité à prévoir les récoltes, ou à organiser de grands projets, faisait le lien entre le divin et l’humain.
Ensuite, avec l’avancée des sciences et l’apparition du monothéisme, les êtres humains ont fini par comprendre que sans l’existence d’un Dieu, et donc de l’espérance d’une éternité, leur vie des hommes n’était plus une « goutte d’éternité », mais un compte à rebours. C’était comme partir d’un point A vers un point B, avec une probabilité de ne pouvoir reculer ce point B que de très peu. Certains imaginaient bien un point C qui suivrait le point B, mais rien ne le prouvait certainement. Alors en attendant, il fallait bien se satisfaire de la première certitude.

C’est ce rapport réel au Temps qui permis dans un premier temps aux églises de conditionner les actions des hommes à leur volonté. Face au Temps qui passe, l’homme devait trouver sa place, et aussi la laisser aux suivants. La peur et l’espoir d’une vie éternelle étaient la carotte et le bâton lui permettant d’avancer, et le temps qui lui était imparti une course à la réussite d’un maximum de « bonnes actions », dont les règles étaient définies par les maîtres du Temps de l’époque, à savoir les différentes églises.

Mais la science toujours avançant, la possibilité d’un Dieu reculant et le nombre croissant d’églises troublant peu à peu les règles jusqu’à les rendre inintelligibles (protestants estimant la réussite financière comme le résultat d’une élection divine, voeux de pauvreté des catholiques contredits par la richesse du Vatican…), il advint que le capitalisme a fini par remplacer la religion à travers sa relation au Temps : aujourd’hui , le temps c’est de l’argent. cette définition du Temps est aujourd’hui universellement acceptée, et cela par dessus le pouvoir des religions.

Il est désormais défini que le temps n’est plus un cadeau des cieux destiné à satisfaire le plaisir des hommes et leur permettre de « bonnes » actions, mais une contrainte absolue tournée uniquement vers la notion de profit, d’accumulation de richesses (la rationalisation de l’individu).

Le capitalisme est la nouvelle religion universelle, car elle conditionne la vie des individus à un calcul qu’il est impossible de refuser : soit l’on gagne du temps en dépensant son argent, soit on gagne de l’argent en dépensant son temps. Le salaire de l’homme est fonction du temps qu’il passe au travail, et le temps qu’il prend pour ses loisirs est le péché sanctionné par cette nouvelle église.

Finalement, le Temps est devenu  au fil des âges une donnée capitaliste qui a un prix, celui du temps des hommes, celui de leur bonheur en quelque sorte, que l’on achète ou vend en fonction de ses moyens.

De plus, il faut ajouter que le prix du Temps est en constante augmentation, car il finit par se faire rare. Les jours de notre planète sont comptés (que ce soit en milliers ou en millions d’années), la science nous ayant appris à la fois la fragilité de celle-ci et les moyens de la détruire. Le capitalisme  ne nous a toujours pas guéri pleinement de nos incertitudes quant à l’éternité, et veut absolument nous faire croire à la nécessité de tout vouloir ici, et maintenant. La peur d’un Juge suprême ayant presque totalement disparu, l’homme qui a vendu le Temps a en même temps perdu l’espoir, à un tel point qu’il est aujourd’hui capable de brûler les générations suivantes sur l’autel du Dieu Argent, pour pouvoir continuer à accumuler.

 

Après ça, il ne reste plus qu’à espérer que l’éternité n’existe pas.

 

caleb irri

Publié dans argent, le travail, Non classé, philo | Pas de Commentaire »

et si les décideurs decendaient « en bas »

Posté par calebirri le 21 mai 2009

Hier, mon attention a été arrêtée sur un article du Figaro.fr intitulé « dans la peau d’un conseiller Pôle emploi ». cet article racontait comment monsieur Wauquiez avait pris part, le temps d’une journée, à la vie d’une agence du pôle-emploi. Bien sûr la visée médiatique de ce geste est toute symbolique, et la durée de son implication est bien trop courte pour être représentative de la vie réelle des conseillers en emploi.

Néanmoins, c’est une méthode qui reste à étudier.

L’avantage principal d’une telle pratique est de  vivre une journée réelle du monde « d’en bas ». les hommes ne sont plus des chiffres mais des personnalités avec un coeur et une âme. Une journée complète passée face à des personnes en difficulté, en première ligne, fait ressentir dans son être les problèmes sociaux.
Bien sûr, quelques heures à un poste ne suffisent pas à faire ressentir les effets du temps sur la personnalité du conseiller (fatigue, énervement, lassitude…), mais elles ont au moins le mérite de se confronter à la réalité.

Ensuite, le fait de s’impliquer physiquement au sein d’une équipe, quand on est un décideur, est toujours bien vu par l’équipe. Les sentiments des personnes sont toujours positifs lorsqu’on s’intéresse à eux, et ce en dépit de leur orientation politique. Comme aux temps où les chefs se mettaient en péril physiquement pour galvaniser les énergies, un patron force toujours le respect de ses employés lorsqu’il « met la main à la pâte ». c’est le même principe pour un ministre. Le fait de s’intégrer dans l’équipe fait descendre pour un moment le chef au statut commun. Il est pour un temps critiquable, accessible, soumis aux mêmes contraintes que ceux qu’il dirige.

L’inévitable rapprochement de vues qu’instaure l’intégration du chef dans l’équipe dont il a la charge est un double avantage, car il permet d’une part au chef de s’apercevoir de certaines difficultés auxquelles il n’a pas pensé, ou de l’ambiance qui règne dans l’équipe et de les résoudre en améliorant certaines conditions de travail. D’une autre part cette amélioration des conditions de travail constitue sans doute un opportunité d’améliorer la productivité de l’équipe. bien sûr, on pourrait penser qu’un chef mal-intentionné détourne ses découvertes pour opprimer son équipe, et c’est pour cela sans doute que le facteur-temps est important. Sur un temps raisonnablement prégnant, ou/et à intervalles réguliers, on pourrait ainsi faire confiance aux relations humaines pour parvenir à défendre les intérêts communs plutôt qu’égoïstes.

Cette descente « en bas » qu’a effectuée monsieur Wauquiez est une idée qui me plaît assez depuis quelques temps.

On pourrait généraliser une telle mesure, et pourquoi pas la légaliser… dans chaque entreprise, dans chaque administration, dans chaque hiérarchie qui existe, il devrait y avoir un laps de temps, qui reste à définir selon chaque cas ( ainsi qu’une répétition de cette pratique dans la durée) imposé au décideur, destiné à la pratique de tous les étages hiérarchiques de  l’équipe dont il a la charge.

Il serait aisé de tester une telle mesure, et il me semble qu’elle ne pourrait raisonnablement être refusée ni par les chefs, ni par l’équipe. Car si les élus sont censés être l’émanation du peuple, tous les chefs se doivent de protéger leur équipe, ne serait-ce que parce que sans équipe, un chef n’en est pas un.

Et pour les équipes, il ne fait aucun doute qu’ils seraient enchantés d’une telle mesure. non?

caleb irri

Publié dans double coup, la démocratie, le travail | Pas de Commentaire »

premier mai: une gifle pour qui?

Posté par calebirri le 2 mai 2009

A gauche, on se félicite (aigrement tout de même) de la mobilisation « historique » de ce premier mai.

A droite, on se félicite également de la « faiblesse » de cette même mobilisation par rapport au 19 mars.

 

En réalité, les chiffres sont assez flous. Surtout si l’on constate qu’aujourd’hui, les chiffres indiqués par la police sont près de trois fois supérieurs à ceux des syndicats, quand auparavant (à peine quelques années) on se contentait de les doubler. Sur le site du Figaro, il y avait hier entre 465 000 et 1,2 millions de manifestants, contre 1,2 à 3 millions le 19 mars. Une belle baisse tout de même, mais à quoi l’imputer ? Cette baisse signifie-t-elle un moindre mécontentement de la population ? Une déception vis à vis des syndicats ?  Le résultat d’une peur face à la grippe A ? Le beau temps et un long week-end ?

 

Pour le moment chacun voit midi à sa porte, mais pour ma part tous les éléments étaient réunis pour faire de cette journée sinon un échec total, du moins une victoire ratée. Car pour le mécontentement du peuple, j’ai du mal à croire qu’il ait fondu « de deux à trois fois »  (toujours le Figaro) en si peu de temps. Au sujet des syndicats, je serai d’avis que leur quasi contentement est louche, mais nous en reparlerons plus tard. La peur de la grippe A, et la prééminence d’un danger tel qu’une pandémie, relativise largement les autres inquiétudes, et pourrait également avoir joué son rôle. Mais pour le beau temps et le long week-end, je n’y crois pas trop : où a-t-on vu que la pluie était un facteur favorable à la tenue de manifestations, et qui peut croire que de manifester sur son lieu de vacances est une aberration ?  d’autant que la plupart des manifestants revendiquent la hausse de leur pouvoir d’achat, alors pour les vacances…

 

Alors voilà, les syndicats, un facteur déterminant dans la mobilisation. On se souvient du « non-soutien » de ces derniers lors de la plupart des grandes grèves historiques, et surtout de leur incapacité à prendre l’initiative de ces mouvements. En même temps, on voit bien que les préoccupations des dirigeants syndicaux sont bien éloignées de celles de ceux qu’ils sont censés défendre : costumes-cravates, chauffeurs, réunions à l’Elysée, c’est à croire que leur « sentiment de classe » puisse s’être modifié…

Aujourd’hui tout justes sont-ils bons à se satisfaire d’une faible baisse des licenciements dans une entreprise, à signer des accords de reprise du travail sans l’accord de leur base, soutenir l’arnaque qu’est la réforme sur les chômeurs, accueillir à bras ouverts les conventions de reclassement personnalisées. C’est déjà pas mal me direz-vous, mais il y a pire encore.

Monsieur Chérèque (voir plume de presse) aurait même été jusqu’à dire : « Nous avons toujours dit que nous n’étions pas favorables à ces journées ou à ces déclenchements de grève. Je me déplace toutes les semaines auprès de salariés qui me disent qu’ils savent très bien que ce n’est pas une grève qui règlera leurs problèmes« 

 

Voilà où en sont les syndicats. En plus que de ne pas comprendre qu’à cause de leur manque d’engagement les salariés n’ont même plus le cœur à faire grève, ce monsieur va jusqu’à clamer haut et fort qu’ « ils » sont contre. Et si on ajoute à cela la sortie de monsieur Mailly, qui s’inquiète sur marianne2.fr du rôle des politiques de l’extrême gauche dans le débat social (cela sans paraître gêné par celui tenu par l’UMP dans ce même débat), nous voilà bien renseignés !

 

Pas difficile ensuite de constater le rôle réel des syndicats : médiateurs privilégiés entre les entreprises et l’Etat, leur tâche consiste concrètement à rabaisser les revendications des salariés tout en en préservant le minimum, que l’on nomme à juste titre « le minimum syndical ».

 

Et confirmant ainsi le fameux adage de Coluche : « le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le syndicalisme, c’est le contraire ».

 

caleb irri

Publié dans le travail, misère, politique? mensonges | Pas de Commentaire »

l’école pour ouvrir, pas pour fermer

Posté par calebirri le 24 avril 2009

Lorsque l’on est enfant, les adultes nous laissent croire à nos rêves. Père noël, contes de fées, magie et compagnie, tout est autorisé pour développer l’imaginaire. Certains rêvent d’être cosmonautes ou médecins, d’autres d’être pompiers ou policiers, et d’autres encore de vivre l’aventure, d’aller chasser le dragon ou de découvrir des tombeaux égyptiens.

 

Tout ceci est bien beau, mais en grandissant le champ des possibles se rétrécie, et l’imaginaire est vite frustré : les dragons n’existent pas, les pompiers ne gagnent pas des millions, les archéologues doivent avant tout creuser la terre avec des pinceaux… et pour être cosmonaute ou médecin, il faut se farcir un paquet de mathématiques et des études interminables. Rapidement, le discours parental se précise.

 

Avant de réaliser ses rêves, il faut de toute façon passer par l’école, et y réussir. Mais qu’est-ce que réussir à l’école ? réussir à obtenir les meilleures notes ou réussir à trouver sa voie ?

Tout découle de cette question, qui remet en cause la fonction de l’école dans la réalité : il faut aller à l’école pour « réussir » dans la vie, c’est à dire obtenir les meilleures notes pour avoir l’opportunité de choisir sa voie. 

Alors que l’école devrait être le moyen d’ouvrir au maximum les perspectives de l’enfant, le système de notations mis en place il y a fort longtemps ne fait que sélectionner les meilleurs éléments, en fermant les portes aux autres, et ce sans la moindre considération des volontés et des désirs de l’enfant. Et encore, même les meilleurs éléments sont sujets à des fermetures : d’une part en fonction des moyens des parents, et d’une autre part en imposant un choix, une direction à laquelle il faut se résigner bien avant d’avoir la maturité suffisante pour le faire. Finis les rêves de gosse, l’argent devient très vite l’objectif à atteindre, le symbole suprême de la « réussite ». Et c’est avec cet objectif qu’il faut composer pour faire son choix. Pour être riche il ne faut faire ni policier ni ouvrier, il faut faire des « affaires ». Petit à petit, ce qui ne venait même pas à l’esprit pur de l’enfant vient comme une évidence : il faut faire une école de commerce, et travailler dans la finance. Peu importe en quoi consiste le métier choisi, il faut gagner de l’argent.

 

Bien sûr, certains ouvriers sont devenus de grands chefs d’entreprise, les médecins ne sont pas à plaindre, et les policiers peuvent monter en grade. Mais à une condition, celle d’avoir réussi à faire correspondre ses désirs avec une volonté inébranlable. Car en réalité c’est là que se trouve la différence entre un bon médecin et un grand chef d’entreprise : il n’est pas là par défaut de réussite scolaire mais par choix délibéré, par volonté.

 

Mais combien de bons éléments sont ainsi écartés de leurs désirs par la sélection scolaire ? combien de volontaires ayant la vocation de guérir les autres en sont empêchés pas des résultats mathématiques désastreux (qui en plus ne leur serviront jamais par la suite) ? combien de financiers travaillant à rebrousse-poil auraient pu être de grands chefs d’entreprise, ou même d’excellents ouvriers ?

 

Pourtant, des siècles de philosophie, de psychologie, d’étude des hommes, ont montré clairement que l’on ne fait bien que ce que l’on aime.

 

Voilà à quoi devrait servir l’école : apprendre à découvrir ce que l’on aime. Peu importent les résultats, ou le temps qu’il y faut passer pour trouver sa voie. L’essentiel est le bonheur, pas l’argent. Il faut que l’école soit en mesure d’ouvrir un maximum de portes, et le rôle des professeurs devrait être non pas de noter, mais d’orienter, de comprendre les désirs, parfois secrets, des enfants qui recherchent leur voie. Et de les y accompagner, de les motiver, non pas de les sanctionner. De leurs donner les clefs, pas de leur fermer la porte au nez.

Si un enfant n’y arrive pas mais que le désir lui reste, il faut lui donner la possibilité de recommencer, et s’il ne se dégoûte pas de lui-même, il y arrivera.

 

Voilà l’école comme je l’aurais rêvé. Pourquoi n’existe-t-elle pas, me demanderez-vous ?

Et bien je vous répondrais alors par une autre question : qui voudrait alors être financier ??

 

caleb irri

Publié dans le travail, philo | Commentaires fermés

la grève est un moyen, pas un objectif

Posté par calebirri le 19 mars 2009

Aujourd’hui  c’est la grève. Le terme « grève générale » n’est pas officiel, mais tous sont invités à y participer. Dans les médias foisonnent les sondages sur le consentement des français, des conseils de transport, et même un guide pour mieux connaître ses droits et ses devoirs lors des manifestations.

C’est au sujet  des objectifs de cette grande grève que les médias se font moins prolifiques : en définitive, que va-t-il se passer ? du monde dans les rues, un certain nombre selon la police, deux à trois fois ce nombre selon les organisations. Il y aura des chants, des cris et des slogans drôles ou acerbes. Les rapaces politiques de tous bords se mettront en tête des cortèges, et tenteront de faire croire que le combat du peuple est leur combat.

 

A la fin des cortèges il y aura ici ou là quelques heurts avec la police, et quelques interpellations musclées, pour rappeler au peuple qui manifeste que l’Etat reste le maître à bord. Les médias et les politiques en seront bien entendus désolés. Ceux de gauche jugeront tout de même cette journée comme une victoire, ceux de droite interpréteront ce mouvement comme une incitation à poursuivre les réformes engagées. Et puis après ?

 

Après rien. Tout ce petit monde rentrera chez lui, en attendant le prochain mot d’ordre de la prochaine grève, toute aussi inutile que la précédente. Ce petit monde semblera satisfait du sacrifice de sa journée pour la démocratie, sans s’apercevoir que son acte implique par lui-même l’acceptation du système qu’il croit rejeter. La grève et la manifestation sont des actions autorisées par l’Etat car elles forment un exutoire visible et contrôlable des masses. Elles permettent ainsi au peuple de croire en son pouvoir, en même temps qu’elles renforcent la capacité de l’Etat à se porter garant de l’ordre public.

 

Pour le reste, les choses ne vont en rien changer après cette grève, car pour qu’elle ait du sens il faudrait qu’elle coûte à l’Etat, financièrement parlant. La grève en Guadeloupe n’a été qu’une demi-réussite, car bien que montrant la véritable force du peuple, elle n’a pas réussi à mettre en péril l’équilibre des puissances. Pour qu’une grève parvienne à un résultat, il lui faudrait durer si longtemps qu’elle soit en mesure de faire perdre plus d’argent à l’Etat (et ses bénéficiaires) qu’elle n’en fait gagner. Car il ne faut pas croire : si les impôts servent au bien public, ils servent également au train de vie de nos élus, qui en plus que de toucher un salaire sur les deniers publics, se fait payer pour soutenir des lois réduisant sans cesse les moyens du peuple, et cela tout en s’excluant de ce peuple dont ils sont censés être l’émanation. Si les salariés sont payés si peu, c’est qu’ils servent également de plus-value à ceux qui les exploitent.  Les ressources des oppresseurs ne sont fournies que par la force  et la bêtise du peuple, qui croit encore les mensonges de ceux qui nous gouvernent.

 

Le problème est qu’une grève générale et pérenne entrainerait des troubles sociaux si grands qu’elle n’entrainerait que la violence et le chaos ; sans rien changer au système qui est la cause des malheurs humains.

Car cette grève, comme la précédente et sans doute comme la suivante, n’a aucun autre objectif que de dénoncer les systèmes politique et économique. Pour les propositions il n’y a rien.

Ce qu’il faudrait avant tout, avant une grève  dure et durable, c’est un projet alternatif cohérent et tout aussi global que la mondialisation capitaliste. Face au nouvel ordre économique mondial il faut définir un nouvel ordre social mondial. Supprimer quelques paradis fiscaux n’est qu’une illusion : s’il n’en restait même qu’un seul, cela reviendrait au même. Le Luxembourg suffirait bien à l’Europe, car en plus que de cumuler les trois secrets (bancaire, judiciaire et fiscal), il centraliserait et sécuriserait ainsi contre certaines actions comme celle lancée par Obama face à la Suisse.

 

Pour le reste, il faudrait former une sorte de fédération internationale alternative, fédération dont aucun Etat ne serait exclu. Créer des groupes de travail régionaux qui réfléchiraient à un  nouvel ordre fondé sur d’autres principes que le monde capitaliste. Partir du principe que l’homme n’est ni bon ni mauvais mais influençable. Si ses comportements sont influençables il est alors possible de lui faire comprendre que notre planète suffit à tous, et qu’il lui faut simplement réfléchir autrement.

Il faudrait déterminer de quoi ce monde à besoin, et qu’elles sont les ressources de ce monde.

Il faudrait réfléchir ensemble à ce que les peuples sont en droit d’exiger  et ce qu’il est possible de leur offrir. Réfléchir à un monde sans argent, ou sans banques, ou sans religion, ou sans armes, ou sans pollution. Repenser et revoir tous les théoriciens historiques qui ont planché au cours des âges sur ces questions. Etudier qu’elles pourraient être les conséquences de changements radicaux de paradigmes sociétaux. Former des théories adaptées à l’homme, et non pas auxquelles l’homme doit s’adapter. Proposer et faire participer tous les véritables intéressés aux problèmes de pénibilité du travail, aux victimes des retraites de misère, aux désirs des patrons, et ainsi dégager les voies d’un changement véritable pour le monde de nos descendants.

 

Il faudrait être capables de sacrifier volontairement et consciemment notre égoïsme au profit des générations futures, pour être juste en mesure de leur offrir un autre avenir que celui que nous dessinons, et auquel nous participons malgré nous.

Ensuite, et quand tout cela aura bien avancé, nous pourrons faire la grève. Une grève pacifique et en pleine conscience de notre force, la force de celui qui sait pourquoi il agit.

 

caleb irri

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ce qui se passera quand le taux de chômage explosera

Posté par calebirri le 12 février 2009

Les chiffres ne pourront plus mentir bien longtemps. Les licenciements se font chaque jour plus nombreux, et les mauvaises nouvelles économiques se succèdent. On entend aujourd’hui des mots tels que, « déflation », « protectionnisme » et même « dépression » (un lapsus paraît-il).

 

Pourtant, on ne peut pas dire que les gouvernements soient du genre à exagérer les mauvaises nouvelles. Mais en ce moment, il semblerait que cette mauvaise habitude se soit soudainement interrompue… à moins qu’ils soient encore à minimiser l’étendue de la catastrophe, nous préparant ainsi à une nouvelle salve d’annonces toutes plus inquiétantes les unes que les autres.

 

Les grands économistes, qui annoncent en ce moment une série de mesures capables de relancer la croissance et l’emploi, sont les mêmes que ceux qui n’ont pas vu venir la crise, et les gouvernants, qui eux annoncent la relance par la création d’un nouveau capitalisme moral, sont les mêmes que ceux qui  cassent une par une toutes les aides sociales, et qui renflouent avec l’argent du peuple les principaux responsables de cette crise (et cela tout en touchant au passage de copieux intérêts gagnés avec les sous du contribuable).

Après cela, il nous faut encore accepter les licenciements sans se plaindre, et bien vouloir croire qu’une réforme de l’indemnisation des chômeurs proposée par la droite et applaudie par le Medef est favorable à ceux qui n’ont plus de travail !

 

Le plus étonnant dans tout ça, c’est que l’histoire nous a pourtant bien appris ce qui arrive lorsque les peuples se trouvent sans occupation, et surtout sans revenu : ils finissent par se révolter

On l’imagine aisément, tous les sans-emploi actuels et à venir ne retrouveront pas tous un emploi, ou très peu. Tous ces gens vont réduire leur consommation, et fera baisser les prix des produits, et donc les marges des patrons ou actionnaires. Ensuite, pour ne pas perdre plus que de raison (il faut mettre de côté pour supporter l’aggravation de la crise) ces derniers seront contraints de licencier à nouveau. Comme en Espagne où les immigrés travaillant aux pénibles tâches sont jalousés par les Espagnols qui veulent les remplacer, les tensions communautaires grandiront partout où la misère s’installera, en même temps que les entreprises les plus grosses se retrouveront en position de faire subir à leurs employés des conditions de travail aussi misérables que dans un livre de Steinbeck.

On réformera le droit du travail pour plus de flexibilité, on supprimera l’indépendance des juges pour éviter des plaintes trop nombreuses. On augmentera les impôts pour payer les dettes des Etats, et puis surtout on cherchera à faire passer la colère du peuple sur un autre peuple. On réarmera, et on relancera le service militaire. On formera moins d’élèves, pas besoin pour être militaire. Et puis on surveillera les citoyens, on fera régner l’ordre public à tout prix.

 

Si tout se passe comme l’histoire nous le raconte, quand les tensions seront exacerbées, une étincelle suffira à créer ou une révolution, ou une guerre. Dans les deux cas les peuples seront les perdants.

 

Au fait, je me demande si toutes ces mesures n’ont pas déjà été projetées avant la crise, non ?

Et puis pour le service militaire et le réarmement, n’oublions pas qu’ils ont commencé il y a déjà quelques années… n’avons nous pas tous signé un petit bout de papier, nécessaire à l’obtention de nombreux emplois, et signifiant que nous sommes aptes ?

 

Mais sans doute suis-je trop suspicieux… à moins qu’ils ne soient pas si aveugles !

 

caleb irri

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