L’illusion de la transparence

Posté par calebirri le 8 juillet 2011

Face à l’effondrement économique inévitable de la « zone euro », nos bons dirigeants nous refont aujourd’hui – et sans complexe – le coup de la « transparence ». En effet, les échanges mondialisés d’aujourd’hui sont tous plus ou moins noyés dans d’obscures salles de marché, ici ou là, à l’abri de tous les regards, anonymes et multiples, enfermés dans les disques durs de chambres de compensation ou des paradis fiscaux, et le tout sans aucune possibilité de savoir qui fait quoi. Cela n’a jamais vraiment eu l’air d’inquiéter personne d’autre que ce cher Denis Robert, car en réalité le manque de transparence lié aux transactions financières arrangeait bien tout le monde jusqu’à maintenant.  Mais c’est qu’aujourd’hui le manque de transparence de certains organismes,  les agences de notation qui soufflent le chaud et le froid sur les marchés (et même sur les Etats),   embarrasse fortement le pouvoir politique.

Car le problème est que personne ne semble savoir comment sont faits et défaits tous ces calculs, tous ces montages financiers, ces petits arrangements fiscaux et autres notations obscures. Ce que les gouvernements réclament donc, à travers la transparence, ce n’est pas celle de leurs comportements à eux mais celle de ceux qui les dirigent. Car il faut bien admettre que les véritables gouvernants ne sont plus ceux qu’on élit mais ceux qui possèdent l’argent.

Face à cette mainmise du pouvoir financier sur le pouvoir politique  les gouvernants, confrontés à une crise capable de leur faire perdre leur position, souhaitent pouvoir accéder au jeu des financiers, et c’est ce vers quoi ils poussent actuellement en évoquant la création de leurs « propres » agences de notation (qui leur seront sans doute plus favorables). On devrait pourtant s’étonner que des Etats se soient si longtemps laissés noter par des organismes privés qui sont désormais capables de faire chuter des Etats tout entiers, qui se retrouvent ni plus ni moins qu’au bord de la faillite, avec tout ce que cela implique pour les populations. Car en définitive, l’Etat appartient aujourd’hui à des créanciers privés, créanciers dont le pouvoir immense s’appuie justement sur  l’opacité, le manque de transparence. Les Etats, comme les entreprises ou les matières premières, sont peu à peu devenus des outils de spéculation destinés à faire du profit. Les dirigeants des pays les plus endettés se sont laissés entrainer par des banquiers sans scrupule qui, une fois la crise venue, ont décidé de se payer avec les restes, c’est à dire sur les deniers des peuples concernés.

Et ces dirigeants, considérés comme responsables de leurs « employés », c’est-à-dire le peuple qui travaille et paye ses impôts, qui fait tourner la machine, commencent à se rendre compte qu’en perdant le peuple ils sont en train de perdre aussi leur pouvoir : et c’est pourquoi ils exigent aujourd’hui plus de transparence.

Mais c’est quoi « plus de transparence » ?  Cela signifie-t-il de tout montrer au peuple, d’exhiber au grand jour les fabuleux « trous noirs de la finance » dans lesquels se perdent toutes les manipulations financières ? Le problème c’est que tous ces dirigeants sont tous plus ou moins complices et bénéficiaires de cette opacité, car ils en sont aussi les instigateurs, les artisans. Ce qu’ils souhaitent donc en réalité n’est pas la transparence, mais l’illusion de celle-ci. Sachant pertinemment qu’elle est impossible et peu souhaitable (pour eux), ils préfèreront mettre en place de nouvelles agences tout aussi opaques, mais suivant leurs propres règles. En s’appuyant sur la colère d’un peuple de qui on exige sans cesse plus de transparence (cf tous les fichiers créés pour tracer les moindres actes des citoyens), ils espèrent faire pression sur le pouvoir financier et retrouver ainsi un peu de leur puissance perdue.

Car cette « transparence réclamée » ne peut être totale, ou alors c’est tout le système qui s’effondrerait. La transparence c’est la clarté, la vérité, la réalité. La transparence c’est de pouvoir regarder d’où vient l’argent, par qui il passe, et combien, et où il va.
Tandis que l’opacité est le moyen sur lequel s’appuie le capitalisme pour exister, et les injustices pour se perpétuer : car sans cette opacité (très bien organisée d’ailleurs), c’est tout un chacun qui pourrait s’apercevoir des vols et des mensonges perpétrés par ceux qui dirigent véritablement le monde, les riches. Et c’est bien pour ça que cette transparence n’est qu’une illusion. En réalité, aucun des deux camps qui s’opposent ne la souhaitent totale.  Dans « l’échange, le partage et la double-pensée », j’ai tenté de montrer que l’échange, c’est à dire le commerce, est un vol inévitable, car si chacun avouait ses marges à ses clients, alors c’est tout le système qui s’effondrerait de lui-même.

Et bien imaginons maintenant que l’on devienne réellement transparent : de la même manière qu’avec le site « prix de l’eau« , que les véritables victimes de l’échange montrent réellement la part de leur propre vol pour laisser entrevoir celle des véritables voleurs de cette planète. Et qu’on s’aperçoive enfin que les véritables victimes ne sont ni les petits salaires, ni les chômeurs ni les « illégaux », mais bien plutôt une toute petite fraction de la population, celle qui justement profite de l’opacité du système financier. Que les cadres supérieurs, les artisans, commerçants, chefs d’entreprises petites ou moyennes, paysans et agriculteurs, salariés, fonctionnaires, tous nous sommes certes à la fois « victimes » et « bourreaux », mais surtout victimes. Car les profits gigantesques faits par un petit nombre (10% de la population détient 90% des richesses) ne sont jamais redistribués, car ils disparaissent tous derrière une façade de transparence, les « bilans » et autres « résultats ». Mais que tous les petits patrons des supermarchés ouvrent, un peu à la manière de Wikileaks, les marges de leur entreprise, que les journalistes montrent les liens, les bénéfices et les impôts réellement payés par ces dernières, que les commerçants disent combien ils gagnent vraiment sur les produits qu’ils vendent, que les producteurs affichent le prix auquel ils vendent leur production afin que l’on compare avec le prix auquel ces produits se retrouvent en grand surface (ici)… Que les députés, sénateurs encore soucieux de « déontologie » montrent au grand jour les montants de leurs émoluments, ou comment ils se votent et se conservent moult avantages pour eux-mêmes… Que les entreprises du CAC40 affichent leurs résultats, et combien ils payent réellement d’impôts

Imaginons une véritable transparence, et réfléchissons deux minutes : comment pourrions nous laisser cette situation perdurer sans se révolter ? Créons donc un grand site d’observatoire des prix et des marges faits par les acteurs eux-mêmes, et montrez tout au grand jour, et puis regardez ce qu’il vous reste de votre travail, ce que vous volez vous-même, vous de qui on exige la plus grande transparence afin que ne puissiez détourner le moindre centime, regardez combien vous payez de taxes, ou combien vous coûte votre crédit…, et comparez à ce que gagnent les véritables voleurs de cette planète. Faites-la vous-mêmes cette transparence, et vous verrez la vérité :

la transparence n’existera pas tant que le capitalisme vivra, et le capitalisme ne pourrait survivre un instant à la transparence.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

 

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L’échange, le partage et la double-pensée

Posté par calebirri le 21 juin 2011

L’échange et le partage sont les deux seuls moyens dont dispose l’homme pour vivre en société. Ces deux notions, bien que contradictoires (quand le fruit du labeur d’un homme est partagé, il ne peut être en même temps échangé, et réciproquement), parviennent cependant à coexister en l’homme, au prix parfois d’une sorte de schizophrénie dont il ne peut sortir indemne.

La première de ces deux notions, l’échange, est le moyen retenu par l’homme dans le cadre de sa vie professionnelle, tandis que la seconde, le partage, est celui qu’il utilise dans le cadre de sa vie personnelle, avec les amis ou la famille.

 

L’échange est une notion éminemment capitaliste, car il est le résultat d’un rapport de force qui se conclut au moyen du prix. L’échange est le fruit d’une négociation sur des bases inéquitables (il y en a toujours un plus fort que l’autre, qui fera du profit), qui aboutit à la fixation d’un prix, c’est à dire une valeur considérée comme acceptable par les deux acteurs qui concluent cet échange (la transaction). Lorsque les acteurs qui échangent sont peu nombreux et ne font pas intervenir de monnaie, alors on parle de troc. Mais quand les acteurs sont plus nombreux et que les produits sont en nombre presque infinis, il est nécessaire de recourir à un système de valeur capable de faire correspondre non plus deux objets entre eux, mais une infinité : c’est le début du capitalisme. Autrement, comment faire pour décider qu’un poulet vaut 5 kilos de tomates qui valent deux paquets de cigarettes ? pour certains l’un vaut plus, pour l’autre moins.

Le partage, à l’inverse, est une notion spirituelle, dont toutes les religions font d’ailleurs une des principales vertus humaines. Le fruit du labeur d’un homme n’est ni échangé ni monnayé mais donné, sans contrepartie réclamée en retour. Le ou les bénéficiaires ne sont redevables de rien, tandis que celui qui partage se trouve récompensé par ce seul acte « désintéressé ». Cela ne signifie pas qu’il n’espère pas en retour ou de l’amour ou un service futur, ni même qu’il soit capable de toujours donner sans jamais rien recevoir, mais l’acte en lui-même doit être sa satisfaction.

Quand un homme demande à un ami ou un proche de l’aider à effectuer une tâche qu’il ne sait ou ne peut pas faire seul, le second (s’il est vraiment un ami) lui rend le service sans rien demander en retour : la tâche effectuée, le premier remercie (ou pas c’est son droit), et chacun rentre chez soi : tout est bien ainsi, cette fois et les autres fois, car on ne compte pas. Dans le monde capitaliste, c’est un adulte qui demande à un autre de l’aider à la réalisation d’une tâche (un service aussi). Le capitaliste réfléchit, et calcule ce que « vaut » son service : soit il l’échange contre un autre qu’il estime comparable, (en argent ou en temps, ou en objet), soit il refuse et leur relation s’arrête là. Si les services ne sont pas considérés de la « même valeur », alors l’un se retrouve en dette vis à vis de l’autre, et perd ainsi une partie de son indépendance : il doit quelque chose. Comme cet échange ne peut être totalement juste et que la société veut prévenir les problèmes (un aveu de faiblesse ?), l’échange s’effectue donc si et seulement si un accord préalable est trouvé durant les discussions (négociations), accord qui sera scellé sous forme de « contrat », tacite ou formel, et sur lequel on pourra ensuite s’appuyer pour contester ou défendre l’exécution des termes par l’intermédiaire d’un tiers (la justice). Cela n’empêche pas l’injustice de l’échange mais la protège.

Cela n’est pas une petite différence. Car si le partage est fondé sur la confiance et l’honnêteté, l’échange est fondé, on le voit, sur la suspicion permanente et la concurrence. C’est qu’on ne peut décemment arnaquer que ceux qu’on n’aime pas, ou qu’on ne connait pas. Si l’un des deux acteurs de l’échange exerce mal son jugement et que les services sont incomparables (ce qui devrait être toujours le cas puisque tous les objets et services, et tous les hommes entre eux ne se « valent pas »), alors l’un de ces deux acteurs n’a aucun intérêt à le faire savoir à l’autre, pour faire un plus grand bénéfice (dans le commerce on ne donne jamais sa marge). Cela n’arriverait pas si les deux acteurs étaient amis, liés par une confiance qui interdit à l’un de gagner de l’argent sur le dos de l’autre : si le bénéfice était connu, les deux ne feraient sans doute pas commerce. Car dans le système capitalisme, l’échange qui est source de conflits permet la création du « bénéfice » sans lequel il n’y aurait ni profit ni commerce. C’est cette « part en plus » (le bénéfice donc) qui est à l’origine des inégalités entre les hommes, inégalité sans laquelle le système ne pourrait pas fonctionner. Alors que l’échange signifie l’acceptation par les acteurs d’une concurrence dans laquelle il y a nécessairement un vainqueur et un vaincu (le seul objectif étant la maximisation du profit), le partage sort de cette conception par l’absence de profit, ou vu positivement par un profit partagé : les acteurs du partage ne sont pas ennemis mais amis.

 

le système dans lequel nous évoluons tous, le monde, est un lieu dans lequel l’échange a pris la place la plus importante ; mais dans lequel le partage est encore considéré comme une vertu, au moins dans certaines conditions. Le problème est que le système capitaliste voudrait tout régler par l’échange, alors que les hommes désirent tous, au fond d’eux-mêmes, un monde plus juste fondé sur des relations humaines où la confiance et l’honnêteté primeraient sur les inégalités. Et c’est bien dans cette apparente contradiction que se trouvent embrouillés les esprits, tiraillés d’une part par la nécessité de participer aux échanges pour survivre, et d’une autre par le naturel humanisme qui nous pousse à donner plutôt qu’à profiter. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir si les nombreux croyants revendiquant lors de leurs faits religieux cette notion du partage, tout en pratiquant dans leur vie quotidienne l’échange capitaliste le plus pur partage ne finissent pas totalement fous.

Mais cette schizophrénie s’explique lorsqu’on regarde l’homme de plus près. Pour lui, la différence entre l’échange et le partage réside dans la conception de l’homme, selon qu’on le considère comme naturellement « bon » ou naturellement « mauvais ». Cette conception stupide (personne n’est ni totalement bon ni totalement mauvais) est cependant bien pratique pour séparer ces deux notions d’échange et de partage, car elle permet à l’homme de distinguer les bons (ceux avec qui on partage) et les mauvais (ceux avec qui on échange). Selon que l’on se trouve dans le cadre professionnel ou dans le cadre privé, les comportements se calent sur l’une ou l’autre de ces positions. Le véritable écueil se trouvant à l’intersection des deux positions, de par l’approfondissement des relations humaines, qui font qu’un inconnu avec qui on échange régulièrement peut devenir un ami, ce qui fausse la distinction et pervertit l’esprit : tandis que le coeur les inciterait au partage, leur esprit « rationalisé » leur commande d’échanger pour survivre.

 

Cette coexistence de l’échange et du partage est sans doute à l’origine de nombreux troubles mentaux parmi ceux qui submergent les pays riches, car elle fait fonctionner dans l’esprit de l’être humain le même principe que la « double-pensée » d’Orwell : Nous savons tous que le commerce est un vol. Mais comme nous ne pouvons faire autrement nous acceptons cette situation dans le cadre professionnel, alors qu’en dehors de ce cadre nous partageons volontiers. Tout se passe à peu près correctement jusqu’à ce que des interférences interviennent, c’est à dire lorsque les sentiments humains surviennent. Coincé entre deux logiques radicalement différentes, l’homme se retrouve face à l’inhumanité, l’incohérence, l’amoralité d’un capitalisme qui lui impose de voir ses congénères comme des ennemis d’une part et aussi, d’une autre part, face à son penchant naturel qui l’incite à nouer des relations sociales pouvant le conduire à un sentiment d’amitié l’empêchant absolument de considérer son interlocuteur en même temps comme un ennemi ET comme un ami. C’est à ce moment qu’il doit recourir à cette notion fondamentale de la double-pensée :

“Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux. Employer la logique contre la logique. Répudier la morale alors qu’on se réclame d’elle. Croire en même temps que la démocratie est impossible et que le Parti est gardien de la démocratie. Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. Là était l’ultime subtilité. Persuader consciemment l’inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer”.

 

Caleb Irri

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De Malthus aux décroissants, en passant par le capitalisme

Posté par calebirri le 13 novembre 2010

nous sommes en 2010, et une pénurie de riz menace notre planète. une pénurie de riz, l’aliment de base pour trois milliards d’êtres humains ! Malgré la surproduction et les OGM, malgré la pollution due à la production intensive, malgré les connaissances et les technologies actuelles, malgré l’ONU et toutes les instances gouvernementales existantes, malgré toutes les promesses de la « main invisible », on s’aperçoit aujourd’hui que le monde n’est même pas capable de nourrir sa population. Envoyer des gens dans l’espace, trouver des milliers de milliards pour sauver les banques, organiser des mondiaux de foot dans les pays pauvres, faire des guerres interminables, le monde sait faire.  Mais nourrir ses habitants non.

 

Cette constatation n’étonnerait sans doute pas les contemporains de Malthus, mais fait résonner d’une manière étrange les notions de progrès, ou de civilisation. En effet, il parait incroyable que cette vieille loi obsolète soit en passe de redevenir réalité tant les avancées techniques et sociales nous promettaient le contraire ! c’était sans compter sur la réalité, qui nous apprend qu’à force de surexploiter nos ressources à des fins mercantiles elles finissent par se tarir et mettre l’humanité en péril. Il faut quand même s’imaginer qu’à l’heure où nous parlons le nombre d’êtres humains peuplant cette planète augmente sans cesse, et que nous avons pourtant toujours réussi, en dépit de Malthus, à rendre possible la vie sur terre pour un nombre de personnes inimaginable pour l’époque. Et que même aujourd’hui, si le système ne nous contraignait pas à l’égoïsme et au gâchis, nous y arriverions sans doute aussi.

 

Alors comment se fait-il qu’aujourd’hui nous soyons encore à nous poser cette question, à avoir à résoudre le paradoxe entre l’augmentation de la population et la production ?

 

il semble que cet état de fait soit largement imputable au système capitaliste, qui  a incité à la surexploitation des ressources, et surtout à la mondialisation de ce système, qui par exemple permet à quelques richissimes individus de créer artificiellement la rareté de certains produits en en achetant de très grosses quantités, stockées le temps que leur prix monte, et au plus fort de la crise leur permet une plus-value conséquente. A force de rechercher non pas la production mais la productivité, il semble que la Nature soit arrivée à un point de saturation, qui met en danger notre vie future, et dont le responsable est le système tout entier.

 

aujourd’hui les deux alternatives qu’ont nous propose sont d’un côté le « Nouvel Ordre Mondial« , destiné à réduire puis à contrôler le nombre de naissances (de gré ou de force), et de l’autre la décroissance, destinée elle à faire baisser la consommation jusqu’à pouvoir nourrir plus de monde. Il existe cependant une troisième voie, qui n’est bien sûr pas simple à mettre en place, mais qui a le mérite de n’avoir pour corollaire ni le conditionnement ni la privation : c’est l’opulence, doublée d’une véritable démocratie où l’on apprend aux enfants à être libres et responsables, avec pour système supérieur la gratuité absolue.

 

Ce monde est peut-être impossible à créer, mais la seule manière de le savoir est d’essayer. Nous avons toutes les ressources techniques, physiques, mentales pour le réaliser, il ne nous manque que la volonté. Celle de comprendre que ce n’est pas le monde qui est trop petit pour tous, mais nous qui ne l’utilisons pas comme il le faudrait.

 

Caleb Irri

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Travailler plus pour gagner rien, ou comment rétablir l’esclavage

Posté par calebirri le 10 novembre 2010

Après les stages à rallonge et les formations non rémunérées, après le service civique obligatoire et la réforme des retraites, l’Angleterre fait mieux que la France pour offrir un autre futur à nos enfants : l’esclavagisme. Il n’y a malheureusement pas d’autre terme envisageable, car le fait d’obliger des gens à travailler sans négocier ni même recevoir de salaire correspond à sa définition.

Bien loin de pouvoir retrouver du travail à ceux qui l’ont perdu, les gouvernements d’aujourd’hui ne cherchent plus désormais à cacher l’affreuse réalité qu’ils ont créé, mais tout simplement à en tirer partie. Comment ? Et bien en imposant aux misérables victimes du système qu’ils sont en train de démolir un chantage encore plus abject que les « avancées » déjà scandaleuses concernant les droits et les devoirs du citoyen. Car c’est bien d’un chantage qu’il s’agit : la possibilité de faire travailler des gens sans emploi à toutes sortes de tâches dont personne ne veut contre de maigres allocations revient à leur mettre le couteau sous la gorge : c’est « tu marches ou tu crèves », et pour « l’Etat providence » tu repasseras.

 

Peu à peu se forge dans l’esprit des hommes, et pire encore dans celui des enfants, l’idée que le citoyen doit quelque chose à l’Etat, qui n’est plus désormais son protecteur mais son maître. Il doit le respecter, lui obéir, travailler sans relâche et sans se rebeller, pour espérer un jour avoir le droit de faire partie de « l’élite », c’est à dire du petit nombre d’individus qui dirige les masses. Cela doit passer par l’abnégation de ses volontés, le renoncement à sa liberté, la soumission aux ordres. Derrière cette lente évolution vers le « travail forcé » se cache non pas la réussite du capitalisme, mais en réalité quelque chose de bien plus grave encore, son échec. En effet, entretenir l’idée que l’Etat n’est pas là pour pourvoir aux besoins des nécessiteux, que le citoyen n’est pas le propriétaire de l’Etat est bien le symbole que le capitalisme ne permet pas d’atteindre les objectifs qu’il était censé atteindre : permettre le plein emploi,  faire des hommes libres, rendre la société meilleure.

 

On a longtemps cru que les pays en voie de développement étaient victimes de leurs systèmes trop autoritaires, et qu’ils finiraient un jour, en adoptant le capitalisme, par évoluer « naturellement » vers la richesse, l’éducation, la démocratie…. mais aujourd’hui, et malgré tous les efforts entrepris par les pays riches pour éviter cela, les pays pauvres ont réellement fini par évoluer, s’enrichir et s’ouvrir à la « civilisation capitaliste »… au détriment des pays riches ! Ils prennent des parts de marchés, « volent » le travail des autres en disposant d’une main d’oeuvre moins chère, et finissent par mettre en danger « l’équilibre du monde », c’est à dire l’hégémonie de l’Occident. Le capitalisme est bien capable d’enrichir une société, mais toujours au détriment d’une autre. Impossible autrement.

 

N’étant donc plus en mesure d’offrir du travail à tout le monde à l’intérieur de leurs propres nations, ces Etats préfèrent donc dans un premier temps faire cesser l’immigration pour conserver le maximum de revenus à l’intérieur de leur pays, puis dans un second faire baisser le coup du travail, jusqu’à en arriver là où nous en sommes aujourd’hui : imposer le travail à ceux qui n’en trouvent pas, en échange du minimum vital, et du contrôle incessant de la part de l’Etat qui le nourrit. Ce qui, si l’on regarde les choses autrement, revient à infirmer la croyance que j’évoquais plus haut : ce n’est peut-être pas parce que les Etats en voie de développement étaient autoritaires que la croissance ne venait pas, mais peut-être plutôt parce que la croissance ne venait pas qu’ils restaient autoritaires. Et aux vues de l’exploitation des pays pauvres par les pays riches tout au long de l’histoire, on pourrait très bien penser qu’elle est la seule responsable de la lenteur du développement de certains… ainsi que de ce qui nous attend si les choses continuent ainsi.

 

Disposer d’une main d’oeuvre servile et nombreuse, corvéable à merci, maintenue dans des cadres comportementaux définis dès le plus jeune âge, affamée, pistée, conditionnée, voilà tout ce qu’il reste à nos dirigeants pour conserver l’illusion de leurs certitudes. La dictature et l’esclavage, pour éviter d’avoir à remettre en question tous leurs méfaits, tous leurs mensonges, et ceux de tous leurs prédécesseurs avant eux. Plutôt que de se rendre à l’évidence de l’échec historique de toutes leurs croyances, de tous leurs rêves de société rendue meilleur et plus juste par le capitalisme, ils préfèrent sacrifier le futur de nos enfants, et des leurs aussi. Ils ne veulent pas voir que leur pouvoir est inutile, alors ils le rendent nuisible. Pour rester en place, pour continuer de donner un sens à leur misérable existence fondée sur du vent.

 

Après des siècles de luttes, de guerres et de misères nous avons enfin l’incroyable opportunité technologique de nous affranchir de la misère, de la maladie et de la pénibilité du travail. Nous sommes désormais capables de produire propre, en grande quantité et pour tous, de vivre enfin libérés des contraintes afférentes au système qui nous oppressait, mais qui nécessitait le sacrifice de nos libertés. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin du capitalisme pour vivre car nous savons qu’il nous nuit plus qu’il nous sert. Et nous n’avons donc plus besoin de présidents, de rois ou de dictateurs… et c’est justement de cela qu’ils ne veulent pas.

 

Caleb Irri

 

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quelques pistes pour une grève générale pas comme les autres…

Posté par calebirri le 2 octobre 2010

Vous voulez que ça cesse ? Vous ne savez pas comment faire, et vous en avez assez de descendre dans la rue pour rien ? Vous voulez créer un mouvement qui ait du poids, de la force, une médiatisation exceptionnelle ?

 

Voici quelques pistes de réflexions pour la mise en place d’une grève générale puissante et non-violente, qui pourrait être réalisée assez rapidement, si toutefois la communication et la diffusion se faisaient largement.

En réalité nous savons très bien qui sont les responsables de nos maux, et nous savons aussi qu’ils ne nous écouteront pas aussi facilement. Alors il faut « frapper » là où ça fait mal, c’est à dire sur les bénéfices injustes et leur soutien étatique.

 

Tout d’abord, répercuter partout une date, assez éloignée pour qu’on ait le temps de s’organiser. Un mois, deux mois, peu importe à vrai dire… réforme des retraites ou pas réforme, là n’est pas la question : elle passera de toutes façons. Il nous faut pouvoir reprendre la main, ne plus avoir toujours un coup de retard. Le principe étant que si nous arrivons à contraindre le gouvernement, nous pourrons rapidement défaire ce qui a été fait. Un ultimatum lancé aux puissants de ce pays serait un signe fort.

 

Ensuite, il faut se préparer : faire quelques réserves de nourriture et de produits de première nécessité, mettre de l’argent de côté quand c’est possible.

Il faut aussi mobiliser. Qu’à la date prévue soient prêts les agriculteurs, éleveurs et producteurs asphyxiés par le système, afin de nourrir et de vendre, en direct, leurs produits, et d’éviter de passer par les canaux habituels de la grande distribution. Se préparer des lieux ou se réaliseront les échanges pendant la période de cette grève générale.

 

Il faut qu’une semaine avant, les routiers se préparent à bloquer le pays, et que les particuliers créent la pénurie en faisant des réserves d’essence, s’organisent pour libérer les transports en commun. Que la grève se fasse non pas au détriment des consommateurs, mais pour eux : gratuité jusqu’à obtention de nos revendications. Y compris pour les péages, et tout ce qui est « géré » par ceux-là même que le gouvernement attaque.

 

Il faut également qu’à un signal donné, tous nous précipitions à nos banques retirer nos espèces, vider nos comptes. Ne rêvez pas, ce n’est pas avec ce que les riches leur rapporte que les banques survivent, mais plutôt avec ce que vous leur laissez, comme agios et frais en tous genre. Puisque le gouvernement veut nous faire sauver (à nouveau) les banques et leurs bénéfices, alors coulons-les. Cessons-d’aller travailler, et employons le temps ainsi libéré non pas à la manifestation inutile et contre-productive, mais échangeons nos compétences entre nous, sans passer par le commerce, c’est à dire par l’Etat. Que les agents d’EDF, de GDF, de France-Telecom se préparent également à faire tourner la machine sans retour financier, pour le bien commun et le soutien aux revendications populaires.

 

Nous devons être capables, le jour dit, de nous mettre tous en grève en même temps, et de nous rassembler tous devant les frontons de nos mairies respectives, en présence de tous les journalistes possibles, étrangers compris. Que des images soient partout prises et rediffusées sur tous les médias possibles, et que toutes les provocations ou exactions policières soient également prises en images. À partir du moment où ce mouvement sera engagé, il faudra pouvoir continuer de rester mobilisés les jours suivants, avec rotation des manifestants, pour que les autres soient capables de faire tourner le mouvement dans sa partie gestion des ressources : car ce n’est pas une grève générale comme les autres qu’il faut organiser. Ce n’est pas cesser le travail que nous devons faire, mais plutôt continuer à travailler, pour nous, et non plus pour « eux ». que certains professeurs fassent grève mais gardent les petits de ceux qui sont occupés, que les femmes de ménage et ouvriers cessent de travailler pour leurs patrons, et utilisent leurs compétences pour les autres, afin que l’on voit bien que sans nous, ils ne sont rien. Et il faut tenir aussi longtemps que la seule revendication valable soit respectée : la démission de ce gouvernement, avec l’instauration d’Etats Généraux, pour une assemblée constituante, avec à la clé un référendum véritablement démocratique. En attendant, privés de gouvernement, le parlement en place ne devra gérer que les affaires courantes, et ne pas voter de lois durant cette période.

Nous n’avons plus le choix, il faut faire quelque chose. Bien sûr tout cela n’est pas facile à déterminer en si peu de mots, et quelques idées sont sans doute impossibles à réaliser. Mais la volonté de ce papier n’est pas d’imposer une quelconque marche à suivre… plutôt de lancer des pistes, et de réfléchir à ce qui pourrait être fait pour lutter avec force et conviction contre ceux qui nous oppressent. Car le peuple est à la fois le plus nombreux et le plus utile, il n’y a aucune raison pour qu’il ne soit pas écouté. C’est à lui de prendre ses responsabilités, et de cesser de s’apitoyer sur son sort. Les moyens techniques de diffusion sont à notre portée. Les moyens de se nourrir et de se loger, d’échanger et de décider sont en notre possession. Utilisons-les !

 

Caleb Irri

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le sondage c’est du vent

Posté par calebirri le 13 août 2010

Je me rappelle qu’au lycée, notre professeur d’économie nous avait fait participer à une aventure intéressante : la mise en place d’un sondage. Au début le professeur était très motivé à cette idée, et nous-mêmes étions pleins de bonne volonté…  mais cela ne dura pas longtemps : nous avons appris comment se fabriquaient les sondages.

Les sondages sont des projections chiffrées à grande échelle de l’opinion à partir d’un échantillon représentatif sur un territoire donné, à un moment donné : c’est à dire du vent. De quelque côté qu’on les prenne, les sondages se basent sur des statistiques obtenues par des moyens subjectifs, et interprétées par des analyses tout aussi subjectives, et ne finissent par dire que ce qu’on veut bien leur faire dire.

Regardons un peu les choses de plus près, et réfléchissons.

Tout d’abord, il faut pour faire un sondage avoir une ou plusieurs questions à poser, ce qui signifie déjà avoir une idée des réponses que l’on cherche à obtenir, ainsi qu’une opinion naturelle qu’on ne peut exclure de son esprit.
Cette (ou ces) question (s) doivent être formulées en un langage clair et compréhensible de tous, ce qui implique la capacité de savoir lire, et exclut de fait quelques pourcents d’aveugles ou d’illettrés, ou d’étrangers (même parlant français). Il faut également que les mots employés soient neutres pour ne pas influencer la réponse, ce qui est dans la réalité presque impossible à faire. Je ne me rappelle plus le sujet de notre sondage, mais je me souviens que peu après le commencement les débats étaient déjà houleux, et le programme en retard : la simple formulation des questions étant déjà une prise de position,  il semblait impossible d’en trouver la neutre expression.

Mais ne nous arrêtons pas là, et voyons la suite

Une fois les questions et les réponses déterminées, il faut se décider sur le territoire sur lequel s’applique le sondage (il y a plus de paysans en province que dans la région parisienne par exemple) car la définition de l’échantillon représentatif en dépend. Ainsi que le moment choisi pour le faire : après un fait divers sordide ou dans le calme d’une période festive comme celle de noël, et tout est différent! Notre territoire était donc le lycée, et notre population totale composée de deux à trois cents personnes, si ma mémoire est bonne (ou moins de 1000 en tous cas). Enfin un nombre raisonnable au regard de nos capacités d’analyse, compte tenu de la trentaine d’élèves composant notre « institut ».
Pour finir l’établissement de ce sondage, il faut bien sûr le plus important des ingrédients, c’est à dire la détermination de l’échantillon représentatif, qui doit nécessairement évoluer en fonction de l’évolution de la population, c’est à dire du temps qui passe : en 1900, la proportion de certaines catégories socio-professionnelles n’est pas la même qu’en 1945 ou en 2010. Et c’est durant cette étape de détermination de l’échantillon représentatif que notre professeur a commencé à craquer : face à la difficulté de sélectionner les facteurs selon lesquels seraient établies les distinctions, face à la subjectivité qu’entraînait chaque choix, nous avons du nous rendre à l’évidence, à savoir qu’un sondage ne pouvait absolument pas être objectif.

Car que doit représenter l’échantillon ? En théorie l’ensemble de la population si le sondage est national, et le département s’il est départemental. Ce qui signifie que faire un sondage national est censé représenter ce qu’on a par ailleurs tant de mal à définir : l’identité nationale. On commence à voir les difficultés de cette définition dès le départ, mais ne flanchons pas : sachant qu’en général les sondages sont effectués sur une population d’environ mille personne, cela signifie que cet échantillon (sans autre valeur que le hasard) représente environ 1/65000 de la population totale (en gros), dans lequel il faudra tenter de trouver les personnes correspondant à tous les critères de représentativité. Cette notion n’est évidemment pas neutre, et ne peut l’être. Mais certains l’ont tenté quand même : si les paysans représentent tant de pourcents de la population française, alors il faut tant de paysans interrogés dans les mille personnes. Si ce paysan est plutôt à droite, il faut savoir, sur le nombre de paysans français, la proportion de paysans votant à droite. Si son salaire est supérieur à telle somme ou propriétaire de son exploitation, s’il est marié, pacsé, gay ou bio, cela change tout. Ainsi pour le médecin, le chômeur, la femme de ménage ou le plombier.

L’échantillon représentatif est donc une chimère qui ne peut être atteinte, car elle doit faire rentrer dans des cases de multiples paramètres que même des ordinateurs puissants ne peuvent facilement corréler, même sur mille personnes. Car il y a des marges d’erreurs acceptés dans ces sondages, qui proportionnés à l’échelle de la réalité font peur à voir : il est impossible d’obtenir un échantillon représentatif « représentatif », car nul ne sait ce qu’est la France. Et encore moins lorsqu’il s’agit de la réduire à un millier d’individus.

Mais toutes ces difficultés n’effraient pas nos instituts de sondages, dont le peuple comme le pouvoir sont si friands, comme un symbole de la soumission de tous à la loi du chiffre, celle qui veut absolument faire rentrer l’homme dans des cases, et le transformer en une succession de 1 et de 0.

Alors que notre professeur et nous tous avions déjà abandonné la partie, après plusieurs semaines de travail, de questionnements et d’embrouilles incalculables, les véritables sondeurs « professionnels », eux, ne s’arrêtent pas là. Car il faut avouer que si notre professeur faisait partie des rares personnes qui ont l’honnêteté de reconnaître l’impossible tâche que constitue la fabrique d’un sondage, cela ne rebute pas les instituts bien connus de le faire, surtout lorsque l’activité est si lucrative…il leur faut donc passer à l’étape suivante, assumer leur orientation et leurs choix de sondeurs, et  poser leurs questions.

Et après avoir posé leurs questions à l’échantillon, les réponses viennent se placer dans de gigantesques tableaux pour se faire analyser, afin de soumettre au commun des mortels une interprétation des chiffres obtenus, incompréhensibles sans la traduction en un langage soi-disant objectif (après toutes ces subjectivités  additionnées). Si, par exemple, 80% des gens pensent que l’on doit mettre les étrangers dans des camps, cela signifie en réalité que 80% des personnes ayant répondu à une question tendancieuse, parmi un groupe de personnes choisies plus ou moins arbitrairement, selon des critères douteux et à un moment inopportun, ont vu leur réponse interprétée de telle manière qu’on puisse croire qu’ils le souhaitent.

Ainsi, l’orientation nécessairement délibérée que l’on trouve dans les sondages répétés par les médias  ne dépend pas de l’opinion réelle d’une population donnée, mais de la volonté initiale des commanditaires de ces derniers. En bons capitalistes qui se respectent, les instituts de sondage font comme les peintres en bâtiment : ils sont toujours d’accord avec la couleur choisie par celui qui les paye. C’est pour cela que les sondages payés par ceux de droite les conforte toujours, et que ceux payés par ceux de gauche s’y opposent… Et comme à droite on a plus de sous, la voix porte plus loin! Le sondage, c’est du vent, et le plus fort souffle sur l’opinion, jusqu’à être capable de l’influencer dans une direction choisie.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans la démocratie, la pensée du jour, le travail, medias | 2 Commentaires »

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