Quand le peuple a perdu jusqu’à la confiance en lui-même…

Posté par calebirri le 3 janvier 2011

Cela fait maintenant presque trois semaines que j’ai lancé un nouveau blog, « la voie des peuples », censé attirer et rassembler les voix citoyennes autour d’un projet simple, à savoir l’obtention d’un référendum concernant la mise en place d’une nouvelle Assemblée Constituante, destinée à créer une nouvelle Constitution.

 

Je savais dès l’origine les difficultés d’aboutir à un tel projet, et à vrai dire je ne m’étonne pas du peu d’émules que mon blog à suscités jusqu’ici : la diffusion d’un blog dépend de sa visibilité sur le net, et la visibilité dépend elle-même de la diffusion du blog. Cela peut paraître insoluble en théorie, mais la pratique ne s’en contente heureusement jamais !
Cependant il y a une chose dont je n’avais pas pris la mesure, à savoir les réactions à ce projet qui, loin de susciter l’approbation que j’attendais naïvement, attire au contraire les moqueries, le mépris ou l’indifférence. Ce n’est pas je crois l’idée en elle-même qui déplaît, mais plutôt le scepticisme et le défaitisme ambiants qui, dans la grande majorité des cas, l’emporte sur le réalisme supposé de l’action proposée : en effet, l’idée d’appeler presque 5 millions de personnes à se prononcer sur un blog rend compte du problème de comportement des masses, qui se trouve être théorisé en psychologie des foules par une relation mathématique complexe et contradictoire, à savoir qu’il existe un seuil, invisible, de retournement de l’opinion. En dessous d’un certain nombre (élevé) de participants à une action, un mouvement s’appuyant sur les masses n’a aucune chance de se développer ; mais s’il dépasse un certain seuil critique, alors tous ceux qui n’osaient pas se joindre au mouvement de peur de se voir minoritaires s’y rassemblent, sans qu’il n’y ait d’autre logique comportementale que celle du nombre, qui naturellement appelle la force.

 

C’est comme avec l’histoire du Bankrun, qui récemment a réussi à donner un bel exemple des possibilités offertes par internet, et par là même du seuil de retournement de l’opinion : au départ simple engagement citoyen lancé en forme de défi, le site ayant répercuté et transformé l’idée de Cantona en appel à l’action concrète s’est développé en à peine un mois et, dans les quelques jours précédant la date prévue, a réussi à engranger plus de 300 000 visites en très peu de temps. Le phénomène de « buzz » a fonctionné de la même manière que tous les autres mouvements : au départ méprisé et moqué, ce projet fut médiatisé en même temps que sa crédibilité augmentait, et sa crédibilité augmentait de par sa médiatisation : plus il y avait de visites, plus il y avait de visites.

 

Avec « la voie des peuples », le problème de sa diffusion est similaire, et les critiques qui en sont faites s’éteindraient d’elles-mêmes si le mouvement s’inversait : car les réticences d’aujourd’hui sont « l’opinion générale », alors qu’elles s’annihileraient d’elles-mêmes si « l’opinion générale » s’inversait. Ceux qui imaginent qu’un tel projet est voué à l’échec parce qu’il ne sera pas diffusé ne vont pas le diffuser, et ceux qui pensent que les gouvernants ne seront pas sensibles à la force du nombre ne créeront pas la force de ce nombre. Ceux qui croient impossible de vaincre les résistances d’une démocratie truquée l’affaiblissent encore, et ceux qui ne font pas confiance en la raison populaire ne lui donnent aucune chance de la voir se développer.

 

Car en réalité, l’ensemble des critiques qui me sont adressées sont les mêmes que celles adressées aux autres propositions, et proviennent en général de personnes dont les opinions sont « proches » de celles critiquées. Cela tourne autour des « yaka faut kon », des « ça n’intéresse personne », ou encore des « ça ne marchera jamais » et « ils sont trop forts ». Mais le fait est que ces critiques sont en réalité le symptôme de la même maladie, c’est à dire le manque de confiance accordée au peuple. Le problème semble devoir se poser ainsi : le peuple est trop stupide pour voter correctement, car il est conditionné à devenir stupide et servile depuis son enfance. Par conséquent, le faire participer à la « chose publique » revient à se soumettre aux volontés gouvernementales qui entretiennent l’incapacité de jugement de leur population. Il ne sert donc à rien de l’écouter, car il finira par voter comme en Suisse !

 

Pour ces critiques, une révolution populaire ne serait valable qu’au cas où la population serait déjà « éduquée », « déconditionnée » (ou conditionnée autrement ?) pour voter « bien ». Ce qui est impossible sans révolution préalable de l’éducation. On tourne en rond, on se mord la queue.

 

Mais cette manière de penser est bel et bien le seul frein à tout changement, et fait en plus le jeu de ceux qui veulent nous faire croire que rien ne peut changer. En effet comment espérer un quelconque changement si personne ne commence ? Comment croire en la démocratie sans croire en la capacité du peuple à se libérer de ses chaînes par lui-même ?

 

Il faut bien voir pourtant que les mensonges et les duperies de nos gouvernants sont chaque jour un peu plus perceptibles, et que le « pouvoir d’achat » est une donnée fiable qu’on ne saurait indéfiniment truquer : au bout d’un moment, nous finissons bien par nous apercevoir que le compte n’y est pas.

Et quand nous voyons que trois millions de personnes sont capables de se rendre dans la rue, alors que personne n’y croyait vraiment, alors pourquoi le double ne se rendrait-il pas sur internet ? Vous pensez que tout cela ne sert à rien ? Mais que se serait-il passé si le mouvement de grève avait perduré, ou que le nombre de participants ait été plus grand ? Que se serait-il passé si tous avaient retiré leur argent de la banque au même moment ?

Personne bien sûr ne le sait, mais tout le monde en revanche devrait savoir ceci : c’est le défaitisme de ceux qui n’y croient pas qui engendre l’échec, et non pas l’échec qui engendre le défaitisme.

 

Sans la confiance du peuple en lui-même, rien ne sera effectivement possible. Je ne sais pas comment la lui rendre autrement qu’en la testant nous-mêmes, individuellement confiant en la collectivité, et peut-être qu’à force d’auto-persuasion la limite numéraire que j’évoquais plus haut pourra être dépassée. Si par exemple ceux dont la volonté est plus grande que la peur, ou l’optimisme plus grand que le fatalisme, ne transmettaient le message ne serait-ce qu’à dix personnes de leur entourage qui en feraient de même, alors nous pourrions aller plus loin que les stupides messages promettant un bonheur « magique » ou une « bonne santé » surnaturelle. Car si la peur engendre le mal, la confiance peut l’anéantir. Ne faisons pas l’erreur de nous laisser aller à la peur, et sachons reprendre confiance. Nous avons jusqu’en 2012 pour cela.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Publié dans la démocratie, La voie des peuples, misère, révolution?, un nouveau système | 6 Commentaires »

à propos du référendum d’initiative populaire

Posté par calebirri le 28 décembre 2010

@ tous.

tous ici êtes là pour quelque chose. si vous avez lu l’article, c’est pourtant que malgré tout, quelque part, vous savez qu’il faut faire quelque chose pour que tout cela cesse, et vous devez bien sentir que la seule voie possible est celle de la démocratie, c’est à dire le gouvernement par le peuple et pour le peuple. évidemment aussi la solution que je propose n’est sans doute pas la meilleure, mais qu’attendez-vous alors pour agir ? c’est tellement dommage de voir que le temps passe et que tout empire sans qu’on ne fasse rien !

alors voilà, comme j’ai répondu ailleurs aux mêmes critiques, je vous laisse le même message :

Je ne suis pas surpris de me faire taxer de « naïf », mais bien plus par les réactions défaitistes qui ne cessent de dénigrer toute initiative reposant sur le peuple. Si personne ne veut croire qu’un changement soit possible, je me demande comment vous pouvez tous continuer à vivre sans sombrer dans la dépression la plus totale, ou le suicide collectif.

 

Mais si les citoyens eux-mêmes ne sont plus capables de croire en leur force, effectivement il n’y a pas grand chose à faire. Que croyez-vous donc ? que lorsque j’invite 4,5 millions de personnes à participer à un sondage sur un misérable blog, je crois réellement que les foules vont se précipiter en masse pour dire « super, on n’y avait pas pensé ! » ??

 

non bien sûr, et encore moins qu’un quelconque gouvernement, de gauche comme de droite, puisse accepter de mettre en place un tel référendum…

 

alors pourquoi faire cela ?

 

Et bien parce qu’il n’y a pas trente six solutions ! L’autre étant le recours à la violence ou au terrorisme, je suis désolé de sembler encore une fois « naïf », mais ce n’est pas comme cela que j’entrevois ni la démocratie, ni une base légitime pour établir un nouveau gouvernement…. Il ne reste donc que la révolte douce et citoyenne des masses, qui devraient être en mesure de comprendre que loi ou pas loi, si 4,5 millions d’individus, soutenus par 200 parlementaires, arrivaient face au gouvernement munis de leurs signatures, ils auraient plus de poids qu’en allant brûler des voitures ou crier dans un mégaphone.

 

Le jour où des millions d’individus seront décidés à faire bouger les choses eux-mêmes, peu leur importera d’avoir l’aval du gouvernement ou pas : ils créeront eux-mêmes leur Assemblée Constituante, et personne ne pourra les arrêter. Bien sûr à ce moment là tout le monde suivra sans piper mot, et même ceux qui n’y croyaient pas.

 

Mais en attendant, ce sont ceux-là mêmes qui se plaignent qui ont cessé d’agir, alors qu’au lieu de lamenter sur la méchanceté de nos élus, ils devraient voter, au moins comme ça, au cas où, et faire passer le message.

 

Si vous mêmes ne vous sentez pas impliqués dans le changement, il n’arrivera pas c’est certain : quand on fait quelque chose on n’est pas certain de réussir, mais quand on ne fait rien on est sûr d’échouer.
Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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référendum d’initiative populaire : nous n’avons plus d’excuses

Posté par calebirri le 24 décembre 2010

Lorsqu’on réfléchit à la situation de notre monde, il n’est pas rare de sombrer dans le désespoir le plus profond tant le réel nous semble impossible à transformer. Pourtant les initiatives sont nombreuses, les propositions foisonnent, et les êtres regorgent de ressources qui devraient nous forcer à l’espérance : il existe des solutions, et il ne tient qu’à nous de les mettre en pratique.

 

Bien sûr le travail à accomplir est incommensurable, et les résistances sont immenses. Mais la solution est simple : il s’agit de faire un référendum d’initiative populaire, afin que les peuples puissent prendre part à la conduite de leur destinée, et décident de la voie qu’ils désirent emprunter.

 

J’ai déjà écris il y a peu sur le sujet, en regrettant vivement l’absence de loi organique précisant les modalités de tenue de ce référendum d’initiative populaire. Une fois de plus j’ai pu me rendre compte du pessimisme ambiant, et surtout du manque flagrant de confiance accordée par le peuple à la classe politique dans son ensemble : pour la plupart c’est perdu d’avance. C’est vrai que tout semble fait pour nous conduire sinon à la lassitude, du moins à l’inaction : la vie quotidienne et son incroyable fugacité, les problèmes nationaux et internationaux, les enjeux économiques et sociaux, les incohérences juridiques, l’infinie complexité législative… tout est si difficile à appréhender, à comprendre, qu’il est certainement plus simple d’abandonner notre pouvoir à nos élus que de l’assumer nous-mêmes.

Mais aujourd’hui plus qu’hier, après l’adoption du projet de loi sur ce fameux référendum d’initiative populaire, nous n’avons plus le droit de nous laisser aller. Bien sûr cette adoption ne règlera pas tout, et ce référendum n’en demeure pas moins en réalité un référendum d’initiative « parlementaire », qui peut se retrouver rapidement annihilé par le jeu parlementaire habituel. Mais qu’à cela ne tienne, le peuple est souverain ! en contraignant nos parlementaires à lancer cette initiative, nous avons le pouvoir d’exiger un référendum sur la volonté de la part du peuple d’obtenir une Assemblée Constituante, et même de faire jouer en notre faveur les failles constitutionnelles qui nous ont nui jusqu’à maintenant : au-delà d’un certain délai pour l’examen de la proposition de loi, un référendum est exigé. Qu’il en soit donc ainsi.

 

Je propose donc à tous de venir se rassembler autour de cette volonté commune, loin des clivages politiques, et exiger la tenue d’un référendum d’initiative vraiment populaire, concernant la mise en place d’une Assemblée Constituante destinée à établir les bases d’une nouvelle Constitution.

 

C’est par le biais d’un sondage que seront comptabilisées les voix citoyennes, et je ne vous cache pas que la tâche est ardue, car c’est plus de 4, 5 millions de votes qu’il faut atteindre pour justifier de notre légitimité. N’hésitez donc pas à répercuter ce message, et surtout à faire vivre l’espoir de véritables changements dans notre pays, et peut-être ailleurs aussi.

 

Ensuite, et pour coller à la législation en vigueur, je propose également un texte, une « lettre ouverte aux parlementaires« , afin que tous  les citoyens engagés puissent la soumettre à signature de leurs élus, et jugent ainsi de leur engagement démocratique : la liste des signataires, ainsi que des non-signataires, sera affichée publiquement.

 

Je vous invite donc tous à cesser le fatalisme pessimiste qui nous paralyse, et à faire entendre dès à présent votre voix par cet intermédiaire, à l’adresse « http://lavoiedespeuples.unblog.fr »

 

Nous n’avons plus d’excuses, il faut reprendre la route : cela ne dépend plus que de nous.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, la démocratie, La voie des peuples, politique?, un nouveau système | 11 Commentaires »

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