Pourquoi l’Europe n’explosera pas

Posté par calebirri le 9 juin 2012

Visiblement, le « coup de poker » des marchés n’a pas suffit à faire peur à tous les citoyens, car les élections approchent dans de nombreux pays, et les résultats sont encore incertains. Face au dangers que représentent pour les banques la menace d’élections libres et contestataires, les dirigeants européens passent donc à l’étape suivante en menaçant désormais clairement de se passer des pays qui refuseraient le fameux « pacte de stabilité », c’est-à-dire tous ceux qui seraient tentés de faire passer l’extrême gauche au pouvoir dans leur pays.

En proposant explicitement la mise en place d’une Europe « fédérale » aux peuples européens, la chancelière allemande exprime désormais clairement son impatience, et laisse entendre qu’elle laissera tomber tous ceux qui auront refusé de se soumettre à son autorité. Cet empire européen serait donc soumis aux marchés et sa politique économique dirigée vers un seul objectif, le retour de la compétitivité. Sauf que cette dernière exigera de la part des peuples de si grands sacrifices que leurs conditions de vie se détérioreront considérablement car, faut-il le rappeler, nos « concurrents » sont tous moins bien traités que nous…

Ce qui se cache derrière ce discours ferme et menaçant, c’est pourtant bien le constat d’un échec, celui de la propagande menée en Europe pour faire accepter aux peuples l’austérité généralisée. L’Allemagne prend peur, et les marchés aussi. Désormais incertains de faire valider par les urnes le « coup d’Etat » qu’ils préparent de longue date, ils utilisent un discours alarmiste qui consiste à faire croire que l’Europe est au bord de l’éclatement, et qu’il suffirait qu’un ou plusieurs pays refusent d’appliquer les consignes pour que tout explose. Pour eux, il n’est plus temps d’attendre la bonne volonté des Grecs, ou celle des Espagnols ou des Français pour avancer, car à force de tergiversations c’est jusqu’à l’Allemagne elle-même qui sera touchée ; si les banques ne font pas toutes faillite avant.

Mais si l’Europe n’est plus représentée que par l’Allemagne, la France, L’italie ou l’Espagne, à quoi ressemblera-t-elle alors ? Cette histoire ne tient pas debout, tout cela est parfaitement ridicule, car en réalité la destruction de l’Europe est impossible : que pèseraient alors tous les pays qui la composent s’ils se retrouvaient seuls ?

Non, l’Europe n’explosera pas. C’est la gouvernance actuelle qui explosera, et c’est sans doute ça la plus grande peur des dirigeants européens. Ce n’est donc ni la sortie de la Grèce de l’Euro ni même cette destruction -à laquelle ils ne peuvent pas croire- mais bien l’arrivée au pouvoir de groupes politiques qui refusent à la fois de payer et de sortir de l’Europe qui les effraie. D’où cette sortie désespérée de madame Merkel, qui craint de voir la tête de son empire (et peut-être aussi de son pays) lui échapper.

Mais le véritable enjeu de cette bataille, pour les peuples, c’est tout simplement de savoir qui va payer : les riches ou les pauvres ? Les banques ont trop prêté, les gouvernements corrompus ont maquillé les chiffres et favorisé les riches, mais plutôt que de s’asseoir sur les milliards qu’elles ont volé aux peuples, elles préfèrent encore risquer de saborder l’Europe. Tandis que les dirigeants politiques qui les ont si bien servi en échange de leur poste, se voient menacés par des mouvements capables de les mettre tous ou dehors, ou en prison : comment ne pas voir que le chaos dont ils nous menacent est un bluff destiné à faire payer, une fois de plus, les pauvres ?

Maintenant, pourquoi personne ne dit que l’Europe ne s’effondrera pas ? Parce que cela serait un signal implicite envoyé à tous les peuples d’Europe pour qu’ils refusent de payer. Cette histoire d’Europe à deux vitesses (qui existe déjà) fait partie de l’enfumage propagé à quelques jours d’échéances électorales, comme l’exigence de la BCE envers l’Espagne sommée de demander l’aide pour ses banques en urgence (alors que les marchés n’ont pas chuté depuis). En réalité ces communications sont destinées à apeurer la population, pour les inciter à voter « utile » aux élections qui approchent.

La seule chose que nous ayons vraiment à craindre, c’est justement que les partis qui dominent aujourd’hui le pouvoir politique en Europe soient de nouveau réélus, car alors ils appliqueront tous les mesures désirées par les marchés. Tout en s’évertuant à ne plus rendre possibles, à l’avenir, de telles incertitudes quant aux résultats des élections ; un coup à nous les supprimer définitivement.

Mais de quelle Europe voulons-nous, de quel monde rêvons-nous ? Ne voyez-vous pas en Russie ou au Québec les Lois réprimant le droit de manifestation, ne voyez-vous pas les fichiers qui atteignent désormais tous les citoyens, ne voyez-vous pas la misère qui grandit en même temps que la peur et la haine ?

Et surtout ne voyez-vous pas que nous n’avons rien à craindre, que ce sont « eux » qui ont peur, et qu’il ne faudrait qu’un petit rien pour que les riches, ceux qui malgré la crise ont vu leur situation s’améliorer, soient contraints par le peuple à renoncer aux sacrifices qu’ils veulent lui faire subir, tout en subissant eux-mêmes les conséquences de leurs erreurs ?

Le monde ne s’écroulera pas si quelques banques s’effondrent, et même si toutes les banques s’effondrent. La valeur d’un pays ne se mesure pas à la somme qu’il possède mais au peuple qui le compose. Cela peut faire peur un monde d’où les banques auraient disparu. Mais cela arrivera-t-il ?

Non bien sûr, pas tout de suite en tous les cas… C’est pourquoi si les peuples ne paient pas, les banques seront bien obligées de payer… Nous sommes dans un système capitaliste, non ? Et puis un Etat, ça ne peut pas faire faillite ; tandis qu’une banque oui ! Laissons-les se dépatouiller avec ça. Nous le peuple, élisons des gouvernants pour qu’ils respectent notre volonté : nous ne voulons pas payer, nous ne voulons pas sortir de l’Europe, et nous voulons vivre décemment. Qu’ils se débrouillent ensuite pour trouver des solutions, nous les payons assez cher pour cela !

PS : Et pour la gouvernance européenne, madame Merkel attendra…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Grèce : le coup de poker des marchés

Posté par calebirri le 25 mai 2012

La partie qui se joue actuellement en Europe est digne de figurer dans les annales du poker, et le coup de la Grèce semble être la carte-maîtresse qui donnera au « vainqueur » d’après ce grand coup de bluff un sérieux avantage pour la suite du jeu. En effet avec la rumeur concernant les travaux de l’Eurogroupe sur une sortie possible de la Grèce de la Zone Euro et la tenue d’une réunion « informelle » des dirigeants européens, les marchés espèrent à travers ce « coup de poker » faire « se coucher » son adversaire, la démocratie.

Car il ne s’agit pas seulement de la Grèce. Après ce coup, s’ils le gagnent, ils montreront clairement au reste de l’Europe (ainsi qu’à leurs dirigeants) que le choix des urnes n’a de valeur que s’il correspond à leurs attentes, et que par conséquent il est possible de contraindre un pays soi-disant souverain à accepter des directives que le peuple refuse pourtant. Et les marchés ont tout misé sur la Grèce, « tapis ».

Cela signifie aussi qu’ils risquent gros. En exigeant de la part du peuple grec des sacrifices qui, s’il les refuse, est menacé de se faire « sortir de l’Euro » (alors qu’aucune loi ne le contraint, il faut que cela se sache !), les marchés parient en réalité sur les résultats des législatives grecques ; en espérant que cette menace suffise à dissuader les citoyens grecs de se choisir des dirigeants rétifs.

Mais pour le moment rien n’est certain. Sauf que si les Grecs se couchent, alors il est fort possible que tous les autres se couchent à sa suite. Et les marchés comptent bien jouer sur la peur du chaos qu’engendrerait une Grèce qui refuserait et de payer et de sortir pour lui faire perdre l’envie de se choisir une « autre » Europe.

Pourtant, s’ils veulent éviter de laisser les banquiers trop exposés dans l’embarras, les marchés se doivent de conserver l’Europe unie. S’ils veulent imposer à ses peuples une cure d’austérité drastique et supprimer les élections libres pour les remplacer par un gouvernement économique autoritaire directement choisi par le monde de la finance, ils n’ont aucun intérêt à laisser sortir leurs débiteurs hors des frontières qu’ils contrôlent. Ils ne le feront donc pas…

Et si du coup les Grecs ne se couchaient pas ? Et si les élections législatives en Grèce étaient l’occasion de montrer à tous que l’austérité n’est pas une fatalité, que aux marchés qu’ils ne peuvent pas tout ? Et si en France nous soutenions également (et le même jour !) cette idée non pas de la fin de l’Europe mais d’une autre Europe ?

La plupart des Européens se sentent européens, et ne veulent tout simplement ni austérité ni ingérence extérieure, ni fermeture ni compromission, ni injustice ni corruption. Cette dette n’est pas la notre. Que les véritables responsables se ruinent s’ils le doivent mais nous ne paierons pas pour eux. Ils ont plus à perdre que nous d’ailleurs. Austérité et dictature ou effondrement de la bourse et liberté, qu’avons-nous peur de voir les financiers ruinés ? Il faudra bien un jour prendre le risque de détruire ce monde de la finance si l’on veut en construire un moins injuste… Pourquoi ne pas le faire maintenant, alors qu’il est encore temps ?

Que les Grecs et les Français refusent un peu de se soumettre à ce bluff grossier, et alors nous pourrons enfin retourner les autres cartes, voir le jeu de chacun. Que l’on voit un peu qui, de la finance ou du peuple, à le plus besoin de l’autre pour prospérer…

Le moment est historique, et les élections qui arrivent sont cruciales : nous avons le devoir de montrer aux autres peuples, aux Espagnols, aux Italiens, aux Portugais et à tous les autres, qu’une autre voie est possible. Et alors nous pourrons peut-être enfin rebattre les cartes. Ensemble. En Europe. Sans la dictature des marchés financiers. Tapis.

Caleb Irri
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Assemblée Constituante : nous avons déjà tout (ou presque)

Posté par calebirri le 20 mai 2012

Voilà. Les présidentielles sont passées, les législatives arrivent… et la crise est toujours là. Elle sera encore là quelque soient les résultats du prochain scrutin d’ailleurs, en Grèce et en France, en Espagne ou en Italie. Qu’en conclure : que la partie est définitivement perdue, qu’il faut abandonner tout espoir de changement de notre condition tout en laissant, durant encore les cinq années qui viennent, nos gouvernants se moquer de nous ?

Non.

Car au delà des élections -qu’elles soient présidentielles ou législatives et qu’elles se passent en France ou ailleurs- il y a le peuple qui, même contraint par l’illusion démocratique, est le souverain qui seul décidera de la voie qu’il veut suivre. Et toute cette mascarade des élections une fois terminée s’ouvrira une fenêtre médiatique plus que favorable à l’émergence de nouvelles initiatives, en réaction justement à la déception qui suivra le dépouillement des bulletins de vote. Inévitablement la mise en place de l’Assemblée Constituante s’imposera alors dans les esprits comme le seul et unique moyen pacifique de parvenir au changement que les urnes n’ont pas permis d’obtenir.

Car comme je l’ai dit ailleurs, la révolution ne doit pas attendre qu’on l’autorise pour se réaliser : elle doit se préparer « en dehors » du cadre institutionnel « dévié » et créer sa propre légitimité, par un soutien massif du peuple qui refuse les sacrifices que le pouvoir veut lui imposer. C’est un non-sens que de vouloir attendre de la part d’un pouvoir qu’il nous autorise à le détruire. Si les citoyens veulent une Assemblée Constituante, ils doivent la créer sans ceux qui y sont naturellement opposés.

Cette idée d’Assemblée Constituante est l’objectif autour duquel il s’agit maintenant de fédérer toutes les forces qui luttent à la fois contre la « droite » et la « gauche », et pour ce faire il n’y a pas besoin du soutien des politiques.

Beaucoup objecteront que c’est une utopie, un rêve inaccessible, mais pourtant nous avons déjà tous les outils nécessaires à sa réalisation effective… Hors mis peut-être celui que je vous propose aujourd’hui de construire avec moi :

-La juste colère du peuple avec les indignés qui se rassemblent peu à peu, au fur et à mesure de l’injustice des mesures prises pour « sortir » de la crise. Même l’exercice de la démocratie ne suffit plus.

-des « têtes d’affiche » capables de soutenir, de relayer et de développer cette idée, car désormais elle n’est plus considérée comme inutile.

-de nombreux sites traitant du sujet et défendant la mise en place de cette Assemblée.

-la possibilité concrète de la réaliser à travers la légitimité que lui procurerait le RIC (Référendum d’initiative citoyenne).

-des outils d’explication de l’illégitimité de la dette ainsi que des solutions qui peuvent être envisagées (audit citoyen, MIRAC).

-des « centres de réflexion » comme ceux d’Etienne Chouard ou le forum du « groupe de travail pour une Assemblée Constituante ».

-des relais locaux physiques (les repaires de « Là-bas si j’y suis », les comités locaux de l’audit citoyen, ceux des indignés), des relais « virtuels » sur internet.

 

Le seul outil qui manque à cette toile qui se tisse peu à peu se trouvant être la diffusion et le rassemblement qui seuls permettront la légitimité, je propose ici de nous unir tous derrière un même projet, « Pour une Constituante » ; à nous ensuite de construire ensemble la représentativité. Car vouloir une Assemblée Constituante n’est pas rédiger la Constitution ; elle doit être le fruit des travaux de l’Assemblée Constituante, et ici nous ne parlerons pas de ce qui doit se trouver dedans. La première étape consiste à établir les conditions de fonctionnement de cette Assemblée, conditions qui soient susceptibles de permettre à la représentativité des idées du peuple. C’est pourquoi je propose à tous les sites, mouvements, associations, initiatives concernés par ce projet ou qui y adhèrent de venir se signaler sur un nouveau site créé à cet effet, et dont le fonctionnement vous sera expliqué à l’adresse suivante : http://constituante.unblog.fr. L’idée d’une Assemblée Constituante doit faire son chemin parmi le peuple, et devenir une force capable de réaliser par elle-même les changements qu’elle désire. Afin de les obtenir, le peuple doit comprendre que ce n’est pas sur les ruines de notre démocratie que se construit l’avenir du pays mais sur de nouveaux projets, de nouvelles idées. Nous devons y réfléchir ensemble, et être volontaires pour ça.

 

Nous ne viendrons pas vous chercher par la main, c’est à vous de diffuser cette initiative pour qu’elle se développe. Venez vous associer au grand rassemblement pour une Assemblée Constituante, car c’est ici que se construira la révolution citoyenne que nous attendons depuis si longtemps.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le 6 mai, ne votez pas !

Posté par calebirri le 22 avril 2012

Ca y est nous y sommes ! Le peuple a voté, et la déception doit être grande ce soir chez les Français : le coup de théâtre n’a pas eu lieu. Les résultats d’aujourd’hui, même s’ils sont dans l’ensemble conformes aux prévisions (les deux favoris sont au deuxième tour), montrent que le « vote utile », ce concept anti-démocratique qui fausse les élections, a permis une fois de plus  le « sabotage » de la volonté du peuple. Car sans ce « vote utile » du premier tour, où en serait le FN, et à quel niveau se situerait le FdG ?

Mais les petits arrangements ont déjà commencé. La partie va être serrée, vont nous répéter nos bons analystes durant les deux semaines qui vont suivre… c’est que chacun va vendre sa soupe durant cette période, comme on l’a déjà goûtée ce soir dans cette abominable cacophonie télévisuelle. Les uns vont évoquer la sécurité, les autres la justice sociale, tenter de satisfaire les électeurs des uns ou de ne pas effrayer ceux des autres, et le pire est que nous tous savons qu’en définitive ni l’un ni l’autre ne feront ce pour quoi ils ont été élus…Quel scandale ! quand je pense que j’ai failli aller voter quand même, pauvre victime du conditionnement à l’illusion démocratique que je suis encore…Quand on voit ceux qui hier (pardon avant hier) encore affirmaient ne faire aucune concession, qui promettaient des surprises historiques ou qui écrasaient leurs ennemis sous des tombereaux de critiques appellent aujourd’hui à la raison du peuple, à nouveau au « vote utile ».

 

Si ce soir il est difficile de dire  qui sera le gagnant de l’élection présidentielle au soir du 6 mai, on peut déjà en connaître les perdants : les Français. Ces Français qui ont rêvé un instant, un peu comme lorsqu’ils achètent leur billet de loto : ils savent qu’ils ne gagneront pas, mais avec leurs deux euros ils s’achètent juste le droit de rêver, un peu d’adrénaline jusqu’aux résultats… Et puis ils retournent bien vite à la réalité : ils ont perdu leur temps, et rien ne va changer….

Car rien ne va changer. Maintenant il va se passer ce qui se passe à chaque élection : la droite avec la droite et la gauche avec la gauche, le tout s’effectuant non pas « pour » un candidat mais « contre » l’autre. Une bonne campagne médiatique pour éviter l’abstention, tous unis par notre « devoir citoyen » pour « faire vivre la démocratie » , et puis au final, « l’UMPS » aux commandes du pays pour ne nous offrir en pratique ni le changement ni la France forte promis par les deux camps.

 

Et bien moi, du haut de ma petite personne encore libre dans mes paroles et mes actes de citoyen « lambda », j’appelle à ne pas voter au second tour. Puisque le vote blanc n’est pas considéré et que le scrutin tel qu’il est prévu par la Constitution ne permet pas à d’autres idées que celles des deux soumis au système de rendre le pouvoir au peuple, je rêve de voir les abstentionnistes majoritaires au second tour. Puisqu’on n’autorise pas à la volonté du peuple de s’exprimer autrement que par négation, je souhaite qu’il exprime son mécontentement par une abstention massive, un refus de se laisser berner, un « boycott » de ce système électoral truqué.

Je veux que l’extrême droite refuse de voter Sarkozy, et que l’extrême gauche refuse de voter Hollande, et que le centre refuse de voter pour l’un des deux. Je veux que chacun assume ses idées jusqu’au bout, sans se soumettre aux forces qu’ils ont tant critiqué durant toute la campagne.

Et je ne veux plus entendre les arguments fallacieux qui prétendent que celui qui ne vote pas ne doit pas critiquer. Je ne supporte plus les excuses à la conscience qui justifient le fait de se faire voler sa liberté d’opinion sous des références historiques dépassées. Je refuse d’appeler à voter pour un homme qui conduit le pays dans le mur, qu’il soit « plutôt à droite » ou « plutôt à gauche ». Aujourd’hui le vote n’est plus un gage de démocratie. Il y en a des exemples partout dans le monde, et si vous voulez vous en convaincre demandez-vous toujours qui vous prendriez s’il s’agissait de choisir au deuxième tour entre Hitler et Staline… Et bien moi je ne vote pas. Je ne vote pas car justement j’ai une conscience citoyenne. Je critique le vote, et je plains ceux qui votent, car ce sont eux les victimes consentantes d’un système qui ne leur offre rien d’autre que l’illusion de la démocratie, et de belles promesses, pas plus qu’un ticket de loterie. Si ceux qui votent étaient justement un peu plus au fait de la chose politique, et bien j’affirme qu’eux aussi cesseraient d’aller voter.

 

Ce qu’il faut maintenant, c’est arrêter de se soumettre à cette illusion, car dès le 7 mai les choses reprendront leur cours… La crise refera surface et les Français ne verront pas leur condition s’améliorer, et le président en exercice n’aura dans la pratique que très peu d’influence sur les évènements. D’autres combats prendront alors de l’importance, dont celui majeur et fondamental de l’Assemblée Constituante : car puisque la Constitution ne permet plus la démocratie, il faudra bien se résoudre soit à mettre un terme à la démocratie, soit à changer de Constitution. Et je ne me rappelle pas avoir lu dans le programme d’un de nos deux candidats la mise en place d’une telle assemblée…

 

Caleb Irri

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Et si pour faire gagner la gauche il valait mieux voter à droite ?

Posté par calebirri le 16 avril 2012

L’échéance approche. Bientôt les électeurs Français se rendront par millions voter au premier tour de l’élection présidentielle, et cela malgré le constat largement partagé de l’arnaque que constitue le système électoral français.  Mais faire ce constat ne résout malheureusement rien. Il faut désormais faire preuve de pragmatisme et regarder la réalité en face : au delà du débat d’idées et de la conviction politique se trouvent la tactique et la stratégie, et les résultats du premier tour ne représenteront pas la volonté du peuple mais bien le fruit d’un calcul paradoxal dans lequel la raison se perd inévitablement.

 

Avant d’aller plus loin dans cette démonstration en regardant de plus près les hypothèses qui se dessinent , il faut tout de même aborder le contexte dans lequel se déroule ce scrutin, à savoir la situation économique et sociale dans laquelle se trouve la France elle-même, ainsi que celle plus large dans laquelle se trouve l’Europe toute entière. Et prendre en compte quelques éléments en théorie indépendants du scrutin mais qui influencent clairement les résultats :

 

-La mainmise des marchés financiers sur le débat électoral qui rend plus que jamais service au concept de « vote utile » en imposant un deuxième tour entre les deux soumis au système, messieurs Sarkozy et Hollande. Ayant clairement fait savoir que la spéculation sur la dette française dépendrait du président élu, Nicolas Sarkozy est pour eux le favori de cette élection.

- Le conflit d’intérêt scandaleux qui permet à un chef de l’Etat-candidat de faire campagne avec la puissance de la propagande gouvernementale, comme on le voit ces derniers temps avec l’instrumentalisation de certains faits divers et les déplacements présidentiels dont il profite pour faire sa campagne.

-l’abstention record en l’absence d’une part de la comptabilisation du vote blanc, et de l’autre de l’inutilité de prendre part à un scrutin qui désignera presque inévitablement l’un des deux « favoris ». Sachant que cette abstention profite sans doute en réalité à ces deux-ci, les abstentionnistes n’étant en général pas proches des partis traditionnels.

 

Ce lourd constat réalisé, restent à étudier les différentes possibilités que nous offre le premier tour : si on table raisonnablement sur l’absence au second tour des « petits candidats », seuls restent en lice, potentiellement donc, François Bayrou, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy et François Hollande :  soit 3 challengers et 2 favoris.

 

Il faut exclure cependant les hypothèses donnant victorieux deux challengers, que ce soient par exemple madame Le Pen et monsieur Mélenchon ou monsieur Bayrou et monsieur Mélenchon. Les seuls duels « acceptables » seront Le Pen/Hollande (1), Le Pen/Sarkozy (2), Mélenchon/Sarkozy (3), Hollande/Bayrou (4), Sarkozy/Bayrou (5), Hollande/Mélenchon (6), Hollande/Sarkozy (7).  En tout 7 duels possibles. Dont deux sont hautement improbables étant donné que ceux qui votent au premier tour pour des « petits candidats » de droite ne vont certainement pas voter Le Pen au premier tour et Hollande au deuxième, ni ceux de gauche pour Mélenchon au premier et Sarkozy au deuxième. La configuration qui verrait Le Pen/Sarkozy comme il y a eu Chirac/Le Pen me semble aujourd’hui impossible au même titre qu’un Mélenchon/Hollande, surtout après ce qui s’est passé en 2002. Mais de toutes les manières l’un comme l’autre de ces duels verrait les deux principaux candidats gagner au second tour. Regardons ce qui peut raisonnablement advenir de ces duels :

 

possibilité (1) :  Hollande gagnant

possibilité (2) : Sarkozy gagnant

possibilité (3) : Sarkozy gagnant

possibilité (4) : Hollande pas sûr d’être gagnant

possibilité (5) : Sarkozy pas sûr d’être gagnant

possibilité (6) : Hollande gagnant

possibilité (7) : Sarkozy ou Hollande

 

Dans tous les cas de figure ce sera donc soit Hollande soit Sarkozy, sauf les cas (4) et (5) qui restent indécis, mais cette option est difficilement crédible aux vues des sondages récents. Le seul rôle que pourrait jouer monsieur Bayrou se situe dans un duel Sarkozy/Hollande, ce qui revient à dire qu’il est plus utile pour la droite comme pour la gauche de ne pas voter Bayrou. Ce qui devrait nous aider à nous interroger sérieusement sur l’utilité du premier tour, hors mise celle qui consiste à faire de savants calculs qui conduisent aux aberrations qui vont suivre, car en définitive, si on récapitule :

 

-pour faire gagner la droite (ou faire perdre la gauche c’est selon), il faut donc ne pas voter Bayrou car le report de voix est incertain, et surtout il vaut mieux voter Mélenchon que Le Pen. Le plus sûr étant de voter… Sarkozy, et cela dès le premier tour.

-pour faire gagner la gauche (ou faire perdre la droite c’est selon), il ne faut toujours pas voter Bayrou, et il vaut mieux voter Le Pen que Mélenchon. Le plus sûr étant de voter… Hollande, et cela dès le premier tour.

 

A quoi sert donc le premier tour puisqu’il faut voter « utile » dès le premier, si ce n’est à servir l’illusion démocratique, en faisant croire par exemple que le pluralisme existe dans notre pays, et que nous avons le choix ? Car au lieu focaliser l’attention du peuple sur les aberrations de ce système électoral il noie son esprits dans des calculs interminables et laisse le champ libre aux deux candidats d’un même système, celui qui souhaite que l’on se soumette à sa volonté plus qu’à celle du peuple.

 

 

Mais ce n’est pas tout : car tout s’inverse encore une fois si l’ on considère les derniers rapports des donneurs d’ordres de ce système. Si l’on en croit leurs analyses, la rigueur et l’austérité seront les seuls programmes applicables, que le président soit « de droite » ou « de gauche ». Ce qui fait qu’en réalité la droite a plus intérêt à ce que la gauche arrive au pouvoir et la gauche que ce soit la droite qui gagne, car il est presque certain que les contraintes auxquelles devra se soumettre le futur président fera de lui l’homme le plus détesté de France.

Cela signifie qu’à part l’immunité que confère au candidat le statut de président (qui n’intéresse que Sarkozy et quelques proches), la droite a dans l’ensemble intérêt à ce que Hollande devienne président pour faire le « sale boulot », et revenir aux affaires en 2017, quand le peuple sera suffisamment dégoûté par « la gauche ». Et pour la gauche, l’idéal serait de « supporter » Sarkozy encore pour 5 ans, afin qu’au terme de son second mandat il soit si détesté qu’il ouvre grand les portes à gauche pour la suite.

 

Voilà l’état dans lequel la démocratie française se trouve actuellement : mort cérébrale. Le système électoral censé respecter la volonté du peuple ne permet dans la pratique aucun changement de gouvernance et le rôle du peuple se limite à assumer consciemment le « non-choix » schizophrénique qu’on lui impose. A tel point que pour faire gagner la gauche, il puisse se demander s’il ne ferait pas mieux de voter à droite.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

 

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Il paraît qu’en France il y aura bientôt une Assemblée Constituante…

Posté par calebirri le 22 décembre 2011

La rumeur est un bruit de fond qui finit toujours par remonter. On dit souvent qu’elle est un mal insidieux qui ronge profondément, et durablement. Et la faire taire est presque impossible. En politique comme en économie, et même dans la vie de tous les jours, les rumeurs sont parfois plus dangereuses que des faits établis : réputations salies, carrières brisées, bankruns ou paniques boursières, les exemples ne manquent pas, comme nous le prouve celui récent de la banque Swedbank en Lettonie. En quelques heures à peine, l’équivalent de plusieurs  millions d’euros ont été retirés par des clients apeurés, créant ainsi les conditions d’une faillite réelle de cet établissement, dont il est devenu inutile de se demander si les rumeurs le concernant été fondées ou non : désormais  c’est une certitude, par une sorte « d’auto-réalisation ».

 

Je ne sais si c’est le fait d’être tous conditionnés au vieil adage « il n’y a pas de fumée sans feu » ou la valeur intrinsèque de la rumeur elle-même, mais force est de constater que les rumeurs fonctionnent mieux avec l’apparence du vrai que du farfelu… pour qu’elle soit crue, il faut qu’elle soit crédible. Car contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, la rumeur est basée sur la confiance : il faut du fond pour faire une bonne rumeur, étayé, trafiqué, truqué, mais avec une base plausible, et surtout savoir qui la lance, et qui la reçoit.  La confiance est l’élément majeur qui donne de la force à une rumeur. Si je dis que la banque « untel » va faire faillite, on ne me croira pas, même si j’apporte des éléments. Mais si la position de celui qui entretient la rumeur le place en situation de crédibilité, les mêmes éléments feront un autre effet : on ne propage une rumeur que de celui en qui on a confiance, et à qui on fait confiance. Pour la guerre en Irak et les armes de destruction massive, nombreux sont ceux qui ont dénoncé le caractère infondé de cette rumeur ; mais quand Colin Powell est arrivé, avec ces misérables diapos et ses fioles ridicules, la rumeur a enflé, s’est diffusée dans l’opinion publique, jusqu’à permettre l’invasion d’un pays certes dirigé par un dictateur, mais un pays souverain tout de même.

En économie, la confiance aussi fait partie du jeu. Car s’il est bien une chose fascinante avec le capitalisme, c’est que ceux-là même qui posent la rationalité des individus comme fondation de toutes leurs théories économiques sont  pourtant aussi irrationnels que les autres, et ils contredisent eux-mêmes en pratique les préceptes qu’ils énoncent suivre en théorie. S’ils se basent sur de véritables calculs, ceux-ci ne sont que des calculs de risques, des probabilités : les notations des agences, la maximisation du profit, la bourse, les échanges, le commerce dans sa globalité fonctionne sur des rapports de confiance, et tous les savants calculs de nos fiers économistes ne sont en réalité menés que pour établir le degré de confiance qu’ils mettent dans des rumeurs : tel Etat ne pourra (peut-être) pas rembourser, telle entreprise va (peut-être) licencier, telle mesure va (peut-être) engendrer tels emplois, voilà à quoi se résume les analyses économiques… Un jour untel annonce publiquement que l’Europe est (peut-être) un peu trop endettée, et un autre croit savoir que la Grèce est (peut-être) la plus mal en point…et sur ces rumeurs, et surtout selon la confiance qu’on en a, les analystes conseillent, les investisseurs suivent, et la menace d’une perte du « triple A » fait monter les taux des emprunts obligataires, et la hausse des taux des emprunts obligataires fait baisser la note. Il a suffi que la rumeur d’une faillite de la Grèce gronde pour que les investisseurs cessent d’avoir confiance en la capacité de l’Etat Grec à rembourser, ce qui a eu pour effet de faire monter les taux d’emprunts de l’Etat Grec, et de précipiter sa faillite… En réalité le coeur du capitalisme n’est pas dans la loi mathématique, mais dans la loi humaine. Et pour l’atteindre, il n’est donc pas besoin ni de mathématiciens ni d’économistes, mais de philosophes et de sociologues.

 

Les politiques, eux, l’ont très bien compris : et s’ils sont également sujets aux affres de la rumeur, ils ne la subissent pas seulement, ils la propagent et l’utilisent aussi, et s’en servent pour leur propre intérêt (rumeurs d’éclatement de l’Eurozone avant un sommet du G20, des étrangers profiteurs pour faire baisser l’immigration, des chômeurs fainéants pour faire baisser les aides sociales, de l’augmentation de la délinquance pour faire régner la peur…) La rumeur sait se faire propagande (propager), et nos « élites » savent l’utiliser, car ils possèdent les moyens de la diffuser : une rumeur qui marche est une rumeur médiatisée, qui fait « du bruit ».
Mais il ne faut pas seulement jeter la pierre à nos dirigeants, car nous avons tous pêché : la rumeur est toujours le fruit d’un secret mal gardé, et si nous n’en sommes pas tous victimes nous sommes tous coupables. Comme le principe du secret qu’on finit toujours par lâcher dès la petite enfance, la rumeur est faite pour être propagée.

 

Maintenant, puisque nous savons déjà tous cela et que les puissants tremblent plus face aux rumeurs qu’à la colère du peuple (les politiques tombent sur des rumeurs, pas aux élections) pourquoi ne pas retourner cette arme contre eux ? Puisque des rumeurs, même fausses, ont des effets parfois plus importants que des faits réels et avérés, pourquoi ne pas rechercher nous-mêmes, nous les 99%, la meilleure rumeur capable de s’auto-réaliser par la volonté de ceux qui la propagent ? Ne pourrait-on pas inverser, transformer la rumeur en « arme positive » ? S’il est certes plus facile pour les riches et les puissants d’atteindre à la médiatisation, nous avons nous-aussi des outils de propagation. Internet est aujourd’hui (mais pour combien de temps encore ?) le média le plus libre et le plus accessible qui soit, et les réseaux sociaux sont comme les lieux où, autrefois, on lisait les journaux interdits.

 

Regardons à présent la situation économique telle qu’elle est aujourd’hui : sur-endettée, la France n’a pas les moyens de rembourser. Ses dirigeants ayant apparemment décidé de ne pas faire payer les responsables de la crise (eux-mêmes et leurs amis) et le peuple se trouvant être réticent à payer de sa poche les sacrifices exigés, il apparaît que le meilleur moyen de contraindre les 1% à payer LEUR dette est donc de refuser de la payer.

 

Mais comment faire pour y parvenir en l’absence de volonté politique ? l’audit citoyen (voir ici et ici), un moyen déjà utilisé en Equateur qui a permis de constater l’illégitimité de la dette, n’est même pas soutenu par le PS  en France !
Alors voilà : pour qu’une rumeur prenne de l’ampleur et finisse par se réaliser, il faut donc avant tout créer de la confiance. Nous sommes 99%, et nous avons tous en commun la même volonté de changement. Nous ne voulons pas payer, et il nous suffirait de le clamer tous ensemble assez fort, avec assez de conviction pour que notre voix soit entendue.
Pourquoi ne pas utiliser ces outils dont nous disposons, et lancer nous-mêmes les rumeurs qui, une fois réalisées, nous permettront d’accéder aux changements que nous désirons ?

 

En plus, il faut bien l’avouer, j’ai déjà entendu parler de quelque chose, et je vous supplie de ne le répéter à personne, car rien n’est encore prouvé : mais la rumeur dit que s’organise déjà, sur internet, la mise en place de cet audit citoyen pour la France, avec des comités locaux qui serviront, si mes informations sont justes, de tremplin à la chute du gouvernement Français, et qui débouchera sur la création d’une Assemblée Constituante … mais surtout ne dites rien !

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Assemblée Constituante, crise, la démocratie, La voie des peuples, medias, un nouveau système | 3 Commentaires »

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