Ils sont où les indignés ?

Posté par calebirri le 15 mai 2013

En Espagne, les « indignados » se sont réunis il y a peu pour « fêter » (ou commémorer c’est selon) les 2 ans de ce mouvement ; avec paraît-il quelque peine à rassembler : c’est que ce mouvement semble s’être dissout dans la crise, et avec lui l’espoir qu’il portait.

Les indignés comme en Grèce, en France ou ailleurs nous disent avoir fait évoluer le mouvement de manière plus locale, plus concrète ou que sais-je encore, comme pour s’excuser de ne plus rassembler les foules. Mais la réalité est sans doute bien plus dure : les indignés sont tous simplement rentrés chez eux.

C’est que la loi capitaliste s’applique même en temps de crise : tant qu’on peut donner on donne, et quand on ne peut plus cela devient chacun pour soi. Pris que nous sommes dans le tourbillon de cette crise qui s’aggrave de jour en jour, les hommes ont tendance à se diviser en petits groupes, puis à s’isoler dans une sorte de repli sur soi et les siens, comme s’ils étaient ainsi mieux protégés des « dangers » extérieurs.

Diviser pour mieux régner, voilà une règle qu’ont appris sur le tard ces indignés incapables de se donner des objectifs communs et une ligne directrice… une règle que connaissent bien nos gouvernants : opposer le public et le privé, les jeunes et les vieux, les étrangers et les nationaux, c’est énerver les liens sociaux et diviser le peuple, lui retirer l’espoir et le contraindre à l’abandon de la lutte. Et en voulant éviter la « politisation » de leur mouvement, en refusant de se choisir des « chefs » ou même de rechercher une méthode de construction d’un discours commun, le caractère hautement démocratique de ce mouvement s’est englué dans ce qui se trouve être le principal défaut de la « vraie » démocratie : l’immobilisme, l’absence de cap, le manque de cohésion, et à terme la division, le foutoir, la débandade ; ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle ne soit pas à rechercher…

Deux ans ! Il s’est passé deux ans pour qu’un mouvement qui frôlait l’internationalisme s’effrite et périclite partout dans le monde. Sans doute un peu faute d’expérience face aux experts de la manipulation des esprits qui nous gouvernent et qui ont poussé au « pourrissement » du mouvement, mais aussi et surtout faute d’avoir su donner corps à sa réflexion. Pourtant, c’est un espoir formidable qu’avaient entretenu ces mouvements, du printemps arabe jusqu’au printemps érable, et des millions de citoyens croyaient alors qu’il allait enfin « se passer quelque chose », que les indignés allaient « changer les monde »… Et puis le temps a passé, le travail de sape des forces de l’ordre, la lassitude des indignés comme celle des téléspectateurs avides de nouveauté, tant et si bien que chacun est rentré chez soi pour tenter de continuer à vivre plus ou moins correctement.

Depuis le mouvement continue ici ou là, avec quelques réflexions intéressantes, quelques alliances plus ou moins politisées, et surtout beaucoup d’initiatives locales plus pragmatiques mais bien éloignées de la révolution des esprits tant attendue… et puis la crise continue : il faut bien vivre ! Le capitalisme est le plus fort, il détruit jusqu’à la solidarité.

Et on le sent partout, jusque sur internet. Les sites « alternatifs » ferment les uns après les autres, « l’aquoibonnite » (à quoi bon continuer) étant sans doute la première cause de ces « décès ». Face à la vanité des actions et réflexions menées pour « éclairer » ou rassembler sans même l’espoir d’aboutir à un début de commencement de solution (nous savons tous pourquoi ça va mal mais personne ne sait comment faire pour que ça aille mieux), nombreux sont ceux qui jettent l’éponge…

la solidarité, et même l’espoir, s’effacent devant la réalité… on en vient à croire aux vertus de la décroissance en prévoyant de saboter nous-mêmes les conditions de confort dont nos fameux gouvernants veulent déjà nous priver…comment faire pour les réanimer ? Comment non pas faire comprendre mais faire « sentir » à tous les indignés qui s’ignorent qu’au lieu de nous renfermer pour se protéger nous devrions nous ouvrir pour résister ensemble ? Et surtout ne rien lâcher sur nos conditions de vie : le véritable socialiste n’est pas le misérabiliste qui souhaite la fin des « ferrari » mais bien celui qui veut le meilleur pour tous. Ce ne sont pas les conditions de vie des « riches » qui doivent s’abaisser au niveau de celles des « pauvres » mais celles des pauvres qui doivent s’élever au niveau de celles des riches. Il ne doit pas y avoir que le capitalisme qui désire le progrès (car ce n’est que lorsque nous pourrons « tout » avoir que nous n’en aurons plus besoin).

Que nous manque-t-il pour alors pour reprendre courage ?

Je vous soumets ici une proposition de méthode qui vaut ce qu’elle vaut :

-Tout d’abord il faut un site commun, et internationaliste
-ensuite et par l’intermédiaire de ce site (avec twitter et page facebook), organiser une grande manifestation internationale dans les capitales concernées, à l’issue de laquelle seront tirées au sort -et parmi les volontaires – deux portes-parole pour chaque ville (un délégué et un suppléant), censés servir de lien entre tous les pays.
-sera alors organisée une « rencontre » entre tous ces « portes-parole » (internet le permet aisément) afin d’y discuter des statuts (comment il fonctionne, avec une sorte de « charte » à la clé), statuts qui seront portés aux votes de ceux qui le désirent (toujours via le site internet)
-il faudra aussi déterminer des objectifs communs après un travail de réflexion et de débats, puis les faire voter au plus grand nombre, qui pourront alors être considérés comme « militants »
-et enfin créer des antennes locales susceptibles de devenir des relais d’action et de réflexion en même temps que d’émettre des propositions ou des projets.

A vos agendas donc, il ne reste qu’à poser les dates (ou presque !)…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Assemblée Constituante : peut-on mettre tout le monde d’accord ?

Posté par calebirri le 22 avril 2013

La marche du 5 mai pour la Constituante approche, mais les réponses elles n’arrivent toujours pas : malgré tous mes efforts pour en obtenir, personne ne semble en mesure de dire aujourd’hui comment cette Assemblée Constituante fonctionnera, ni qui la formera.

Comment rassembler le peuple dans ces conditions ?

Les seuls points abordés par le programme du Front de Gauche sont l’élection de l’Assemblée Constituante à la proportionnelle intégrale sans seuil (et avec parité), mais sans savoir ni combien de personnes seront élues, par liste ou par nom, et autres questions du même genre qui restent sans réponse ; ainsi que la validation de la nouvelle Constitution au terme des travaux de cette dernière par référendum (mais dans quelles conditions, là aussi silence total). Presque comme en Tunisie, dont on connaît aujourd’hui l’échec. Pour le reste, c’est déjà anticiper sur ce qui devra se trouver dans la future Constitution ; et ça ce n’est pas le boulot des politiques ni des organisateurs de l’Assemblée Constituante mais bien celui des Constituants eux-mêmes : il serait malsain d’interférer sur leurs travaux.

Cela étant dit, il n’y a pas que le Front de Gauche qui milite pour la création d’une Assemblée Constituante. De nombreuses initiatives existent aujourd’hui ici et là, mais force est de constater que le rassemblement entre toutes celles-ci ne se fait pas : soit elles ne se connaissent pas, soit elles ne désirent pas travailler ensemble.

Pourquoi ?

C’est que le sujet de l’Assemblée Constituante suscite immédiatement ‘une polémique qui semble insoluble, sur la méthode à employer pour la mettre en place : il y a d’une part les partisans de l’élection des membres de l’Assemblée Constituante (http://www.pouruneconstituante.fr/), et d’une autre ceux du tirage au sort de ses membres (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/). Et entre ces deux visions aucun accord possible car cette question est essentielle au bon fonctionnement de la future Assemblée. De plus, cette question focalise toutes les attentions et ne permet pas d’avancer sur les autres questions, qui appellent pourtant elles-aussi des réponses claires.

Avec le forum « http://pouruneconstituante.forumgratuit.fr » et son questionnaire, j’ai voulu laisser le soin aux citoyens d’en décider, pour peu qu’ils prennent en main cette question : puisque les soutiens de l’une ou de l’autre de ces deux options ne parviennent pas à s’entendre, le peuple peut les aider à en décider pour eux. Car je crois que ce n’est qu’une fois cette question résolue que l’union pourra se faire et que nous pourrons enfin aborder les autres questions, plus sereinement… Et pourquoi pas par l’intermédiaire d’un référendum d’initiative citoyenne).

Mais à bien y réfléchir (et puisqu’on ne se précipite pas sur le forum !) il y aurait bien une autre solution pour trancher et trouver -pourquoi pas- un consensus, que je vous expose ici : admettons une Assemblée Constituante composée de 100 personnes (le chiffre c’est pour faire simple) : 50 sont élues (il faudra tout de même déterminer comment et par qui), et les autres 50 sont tirées au sort (il faudra tout de même déterminer comment et par qui). Ainsi, ceux qui ont peur de « l’amateurisme » des tirés au sort sont rassurés par le « professionnalisme » des élus, et réciproquement. Si les différents partisans de l’une ou de l’autre solution parvenaient à se mettre d’accord sur ce principe, alors nous pourrions enfin avancer ensemble sur le sujet, et passer à la suite.
Cette option pourrait être considérée comme une troisième voie acceptable, et peut-être permettre de « renvoyer » chacun à préparer des propositions concrètes sur « ses » 50%. Ensuite, nous pourrions alors tous marcher ensemble le 5 mai, que ce soit au nom de tel ou tel autre « parti », « mouvement » ou « association », tous sous la même bannière constituante. Et passer enfin au concret.

Car pour que l’idée même d’Assemblée Constituante se popularise et prenne de la consistance, il faut réunir ses partisans au delà de la seule question du tirage au sort ou de l’élection. Nous devons travailler ensemble pour offrir les meilleurs conditions possibles de sa mise en place, et nous mettre enfin au travail.

Je propose donc ici d’organiser, avec tous ceux qui militent pour la mise en place d’une Assemblée Constituante, une sorte de « réunion », de « conférence » ou de « table ronde », peu importe comme on voudra l’appeler, pour se mettre enfin d’accord non pas sur tout, mais au moins sur les moyens de régler les désaccords existants, en travaillant sur la méthode avant que de parler de la Constitution elle-même ce qui- je le répète- est de la compétence des Constituants.

J’invite également tous les internautes qui le souhaitent à me faire parvenir le nom et le lien des sites qui font la promotion de l’Assemblée Constituante afin de faire un état des lieux de la popularité de cette grande idée, en m’envoyant un mail à l’adresse calebirri[at]hotmail.fr, et en précisant si possible si ces derniers sont « pour l’élection » ou « pour le tirage au sort » des membres de l’Assemblée Constituante.

Enfin je lance sur mon blog un (nième) sondage afin de « tester » l’hypothèse d’une Assemblée Constituante à la fois élue et tirée au sort. N’hésitez pas…

Si nous voulons que les choses bougent, bougeons !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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L’économie des besoins contre le besoin d’économie

Posté par calebirri le 1 avril 2013

Il y a deux manières de voir le monde : l’une est fondée sur la rationalisation des moyens, l’autre sur la satisfaction des besoins.

La première correspond à celle que nous connaissons depuis des décennies : c’est la théorie selon laquelle le capitalisme forme un gâteau dont la taille est censée grossir indéfiniment pour pouvoir partager ce dernier en un nombre de parts de plus en plus important. La règle impose une concurrence théoriquement libre et non faussée (chacun pour soi fait avec ce qu’il peut contre tous les autres), mais la réalité conduit par l’accumulation à la création de monopoles qui faussent la règle, ou qui permettent même dans certains cas de la modifier à leur avantage (ils sont devenus les « plus forts » -puisque plus riches). Il apparaît donc que les plus forts, même s’ils sont les moins nombreux, prennent les plus grosses parts, pendant qu’ils laissent les pauvres (les plus nombreux) se battre entre eux pour obtenir les restes.

Cette situation engendre deux conséquences : le gâteau peut bien grossir en valeur ou en volume (artificiellement ou pas), mais le partage de ce surplus est toujours inéquitable puisque si, pour une croissance de 10%, le pourcent le plus riche en prend 9 pour n’en laisser qu’un aux 99% restants, la différence ne sera pas énorme pour les pauvres. On organise ainsi une sorte de « rareté » structurelle, sur laquelle repose l’injustice la plus flagrante de ce système.

Une fois cette rareté constatée, on imagine bien la deuxième conséquence : des conflits, à plus ou moins grande échelle, entre tous ceux qui doivent se battre pour survivre à l’intérieur de ce système.

Cette injustice est idéologique et part du principe selon lequel nous ne serions (par déformation eugéniste de la théorie darwinienne) pas plus que des animaux, contraints et soumis aux mêmes contraintes évolutionnistes d’adaptation au milieu (financier en l’occurrence) : on s’adapte aux conditions d’un marché pour conformer la satisfaction de nos besoins à la valeur de notre porte-monnaie. Ces conditions étant de fait inégalitaires et injustes, il se trouve que les plus nombreux doivent s’adapter à une vie misérable et s’en satisfaire pour décider « rationnellement » s’il vaut mieux choisir entre fromage ou dessert.

Mais nous devrions déjà nous estimer heureux : les riches pourraient tout nous prendre, comme ils l’ont signifié durant la crise chypriote, et ils nous laissent pourtant leurs restes… Pourquoi selon vous : parce que vous leur faites pitié ? Non bien sûr, mais parce que sans votre travail ils ne feraient pas de profit. C’est la contrepartie de la démocratie, ou plutôt de ce qu’elle était. En dictature, vous auriez encore moins. Et c’est bien pour ça qu’ils voudraient bien nous forcer à l’accepter.

La seconde est celle que nous pourrions avoir si nous fondions notre système non pas sur les richesses présentes pour combler les besoins, mais si nous partions de nos besoins pour trouver les moyens de les satisfaire. Cette manière de voir peut paraître évidente mais c’est en réalité une véritable révolution idéologique. Si on regarde la situation actuelle, on s’aperçoit que le système fondé sur le besoin d’économie fonctionne de manière incohérente : les besoins n’ont jamais été si grands (dans presque tous les domaines), et l’absence de moyens contraint pourtant au chômage et à la guerre. Comment avons nous pu laisser faire cela ? Alors que nous gâchons près de la moitié de ce que nous produisons, alors que les technologies à obsolescence programmée ne permettent pas la baisse des prix pour les anciennes versions retirées du marché, alors que le chômage est si grand et qu’on manque de tant de logements, d’hôpitaux, de professeurs ou de bouchers, on continue de licencier et de polluer, de laisser faire des métiers pénibles ou dangereux…

Mais que se passerait-il si on inversait les choses en passant du besoin d’économie à l’économie des besoins, c’est-à-dire de faire passer la raison économique après la satisfaction de ces besoins ?

Nous avons besoin de plus d’infirmières ? Formons-les, payons-les, elles dépenseront leur salaire, auront besoin d’un logement, fonderont une famille (et oui pour régler le problème des retraites quoi de mieux que de faire des enfants ?). Nous voulons cesser de polluer la planète ? Développons les énergies propres, gratuites et infinies, trouvons d’abord les moyens de satisfaire les besoins et regardons seulement ensuite combien cela coûte et combien cela rapporte. Qu’on ne vienne pas me parler de la finitude des ressources ou de l’espace de cette planète, j’ai déjà répondu à cet argument ailleurs : le gâteau est potentiellement infini (comme l’univers lui-même), et il ne tient qu’à nous de suivre la bonne recette.

Je ne sais pas si cette manière de voir serait rentable d’un point de vue capitaliste (je suis sûr qu’avec de savants calculs on pourrait prouver que oui et non- allez-y n’hésitez pas à vous lancer !), mais je suis certain que d’un point de vue sociétal personne n’y perdrait. Et puis si ce sont les calculs qui dérangent, n’en faisons pas : la société toute entière ne s’en portera pas plus mal.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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A la recherche du nouveau penseur : un cerveau collectif pour idéologie différente

Posté par calebirri le 1 janvier 2013

Quand on se penche sur la crise, on ne peut qu’être étonné (même d’un point de vue capitaliste) par les mesures qui sont prises pour la régler : nos gouvernants voudraient l’empirer qu’ils ne s’y prendraient pas autrement !

Mais justement, comment pourrait-il en être autrement ?

J’ai déjà tenté de montrer que la crise n’est pas économique mais idéologique, et que ce n’est pas le capitalisme qui est à l’agonie mais la démocratie qu’on assassine. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder comment un homme de bonne volonté comme monsieur Jorion, avec de simples et bonnes mesures « économiques » donc, se trouve confronté à l’impossibilité absolue de les voir sinon popularisées au moins débattues, car ceux-là même qui ont la capacité de les rendre réelles sont en même temps ceux qui n’y ont aucun intérêt : nos gouvernants ne légiféreront pas contre les paradis fiscaux, ni contre la spéculation, ni pour une hausse des salaires. Eux-seuls le pourraient pourtant, mais ils ne le feront pas.

C’est donc bien une question de volonté politique, ou si l’on préfère d’idéologie ; mais pas d’économie. Car pour défendre une autre politique, nos élus doivent pouvoir s’appuyer sur une idéologie nouvelle et contradictoire qui fasse sens, qui fasse consensus au sein de la population. Et pour le moment, force est de constater que cette nouvelle idéologie n’existe pas.

Mais il faut également être conscient que la détermination d’une idéologie n’est pas le fruit des politiques mais des « penseurs », c’est-à-dire de personnes extérieures à l’appareil étatique en place et qui possèdent le recul intellectuel et l’acuité prospective suffisants pour dégager de leur vision globale une forme acceptable de modèle théorique capable de satisfaire aux exigences populaires avec lesquelles il correspondrait, en cohérence avec ce qu’on appelle « l’air du temps »…

Sauf qu’aujourd’hui le monde est devenu si complexe, si interconnecté, si mondialisé qu’il est devenu quasi-impossible à un homme seul de prendre la mesure d’un si vaste monde ; ce qui rend l’émergence des penseurs « globaux » irréaliste. Car qui peut se targuer d’une part de percevoir le monde dans son entièreté, et d’une autre de pouvoir en extraire la « substantifique moelle » de manière concise et compréhensible, c’est-à-dire une idéologie acceptable par le plus grand nombre ?

De plus, la complexification du monde, doublée de sa globalisation, a en quelque sorte « tué » l’idéologie, ou pour être plus précis l’empêche même de naître. Et c’est pour cette raison qu’il ne faut pas attendre de « messie », qu’il soit économiste ou non, car ce n’est pas un homme seul qui nous donnera la solution mais « les » hommes, ensemble, qui à travers la réalisation d’une sorte de cerveau collectif composé de spécialistes de chacune des questions sociétales qui nous échappent dans leur globalité pourront dégager cette nouvelle idéologie.

Il faut donc maintenant que tous les scientifiques des diverses spécialités qui en ont la volonté se réunissent autour d’une même table pour faire ensemble changer les choses et s’atteler enfin à la création de cette nouvelle idéologie ; messieurs Jorion et Leclerc semblent désormais prêts à se lancer dans cette voie (voir « le temps qu’il fait » du 28 décembre 2012 et « l’actualité de demain« ), ne les laissons pas seuls :
que les historiens, les philosophes, les sociologues, les économistes, les psychologues, les anthropologues, que tous les scientifiques qui se sentent concernés par le sort de notre civilisation décadente se réunissent pour former ce cerveau collectif, et qu’ils se mettent ensemble à réfléchir à une nouvelle idéologie capable d’améliorer le sort des peuples dont ils font eux-mêmes partie.

Leur statut de scientifiques, de chercheurs en sciences humaines leur confère une responsabilité « de fait » face à l’Histoire, car ils sont à Elle ce qu’ont été à notre présent les théoriciens des siècles passés. Ce sont les philosophes qui ont créé les lumières de la Renaissance, et ils étaient à la fois astronomes, médecins, économistes et souvent artistes ; comme ils sont aujourd’hui soit l’un, soit l’autre…

Cela ne suffit plus de regarder le monde par le petit bout de sa lorgnette, il n’est plus temps de se contenter de décrire et de vulgariser, il faut proposer maintenant. Ils ont le devoir de s’engager, car c’est bien d’eux que dépend le sort de nos enfants, de notre humanité… et c’est à nous, « simples » citoyens, de les y pousser.

contactez-les donc, faites-les se rencontrer, se rassembler, obligez-les à discuter et à débattre, contraignez-les à inventer, à imaginer, enfin forcez-les à se mettre au travail pour faire ensemble émerger cette nouvelle idéologie dont nous avons un besoin impérieux et absolu. Ils n’attendent peut-être que ça d’ailleurs…

Trouvez un lieu, trouvez une date, diffusez le message et reprenez espoir, car l’avenir est devant nous !

Caleb Irri
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Israel/palestine : l’inévitable pardon

Posté par calebirri le 27 novembre 2012

J’ai écris un article sur le conflit israélo-palestinien. Comme une bouteille à la mer, quelque chose qui se voulait présomptueusement « au dessus de la mêlée » et qui pour moi paraissait naïvement logique tant ce conflit m’apparaît aberrant. J’ai beaucoup hésité avant de le publier, et je croyais avoir suffisamment fait attention à ce que mes mots ne fâchent personne, pour ne pas créer de malentendu, afin que l’esprit du lecteur puisse se concentrer sur « l’après », et pas sur la comptabilité du nombre de morts ou d’horreurs subies par des êtres humains, dont les vies sont toutes également précieuses.

Mais force est de constater que je n’ai pas réussi à faire passer mon message. Il apparaît, au nombre de critiques reçues à cet égard (et auxquelles je n’ai pas pu répondre individuellement, je leur prie de bien vouloir m’en excuser), que je suis moi-même tombé dans ce qu’un de mes plus virulents critiques appelle « le syndrome de Tom et Jerry, c’est-à-dire une sorte de « non-engagement » intellectuel qui est passé pour de la lâcheté : à trop vouloir ne blesser personne, je n’ai pas pris le soin de confirmer ce que j’avais déjà dit sur le sujet , et que je croyais stupidement acquis, au moins pour mes lecteurs « habituels » : la politique menée par le gouvernement israélien est ignoble et inhumaine, et je ne désire ni minimiser l’horreur de cette politique, ni mettre sur le même plan les souffrances subies par les Palestiniens dans leur ensemble et… je m’aperçois que je cherche le terme à employer pour parler sans choquer quiconque- le défi est rude à relever sur le sujet- de ce que « subissent » (mais « subissent » est-il approprié ?) les Israéliens : sont-ce des souffrances, ou des vexations, et peut-on dire que la peur est une souffrance ?
Car même si les rapports meurtriers sont impossibles à faire- question d’échelle (sur environ 10 000 morts depuis plus de 20 ans, on compte à peu près 8 500 morts Palestiniens- voir chiffres en 2009, contre 1 500 morts Israéliens- le tout sans compter les morts de faim, de maladies, les réfugiés, ceux qu’on ne compte pas, etc…), les Israéliens reçoivent tout de même quelques roquettes, qui tuent parfois ; et pour les familles de ces victimes on doit bien pouvoir parler de souffrances… Mais plus de 1 000 morts, peut-on parler de « quelques » souffrances, ou doit-on parler de « souffrances » en général ? La souffrance d’une famille israélienne vaut-elle plus, ou moins, ou autant que celle d’une famille palestinienne ?

Enfin toujours est-il que s’il faut parler au niveau des « Etats » (mais là aussi le terme est ambigüe), ou au niveau « global », « démographique », bien entendu la victime est palestinienne, et le bourreau est bel et bien israélien.

Cela étant dit et précisé clairement, je ne renie donc pas cet article car une fois cette constatation établie, le problème reste le même : que peut-on faire, imaginer, proposer pour que ce conflit s’arrête ?

Faut-il appeler à la vengeance éternelle et impossible des Palestiniens et rayer Israël de la carte ? Faut-il leur fournir des roquettes supplémentaires, ou continuer de se satisfaire d’être « du côté des gentils » pour continuer à croire qu’un jour les Etats-Unis oublient de mettre leur veto à une résolution véritablement contraignante de la part de la communauté internationale ? Ou que les dirigeants israéliens se réveillent un matin en se disant « cela a assez duré, nous allons faire la paix » ?

Voilà le véritable sujet de l’article. Pour moi, il s’agit non pas d’oublier ni de faire comme si les horreurs n’avaient pas existé, mais de passer au dessus – même si cela paraît impossible- et de se pardonner pour pouvoir offrir aux générations suivantes un autre avenir que la certitude de la misère et l’oppression, pour toute leur vie, avec comme seule perspective d’atteindre un jour quelques civils, là-bas de l’autre côté, juste pour « se venger ». C’est inévitable. Et il ne s’agit pas non plus de confondre un gouvernement avec son peuple (dans aucun pays au monde d’ailleurs). Car je reste persuadé que si on interrogeait les acteurs et les victimes de ce conflit, la majorité des Israéliens comme des Palestiniens seraient pour la paix.

Seulement comment faire la paix si personne n’est d’accord sur les frontières, sur les « dédommagements », comment faire si les roquettes continuent de tomber pour faire cesser le blocus et que le blocus continue d’être appliqué pour éviter aux roquettes d’être acheminées ? Sans doute si j’étais Palestinien je voudrais moi-aussi lancer des roquettes. Mais sans doute aussi si j’étais Israélien je voudrais moi-aussi la mort des lanceurs de roquettes.

Les dirigeants de ces deux « pays », de ces deux « entités », ont un intérêt bien compris à se poser en garants qui de sa sécurité, qui de son combat pour l’indépendance. Mais ce sont eux les principaux responsables de cette situation qu’ils perpétuent. Ils n’accepteront jamais aucune solution qui menace leur pouvoir ou leur autorité, et ils considéreront toujours un compromis comme un recul ou un échec. C’est pour cela que seuls les peuples concernés sont en mesure de faire la paix. Car eux-seuls sont capables de pardonner. Non pas par lâcheté ni par trahison pour leur cause, mais pour leurs enfants, et tous ceux qui viendront après eux. Et même si ce n’était pas pour cela, ils doivent le faire pour le reste du monde.

Il ne suffit plus de dire « les Palestiniens sont traités comme des sous-hommes, il faut punir les Israéliens pour leurs crimes » ; il faut que les peuples se lèvent ensemble pour dire « nous ne voulons plus de cette situation, arrêtons le massacre ». C’est sans doute un voeu pieu, et je serais ravi qu’on ricane à mon propos. Mais qu’on me dise alors ce qu’il faut faire, et si ce qu’on fait actuellement est suffisant.
Et qu’on ne vienne plus me dire que je soutiens la politique israélienne : je suis pour la paix, et la paix ne peut exister sans le pardon.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Israël/Palestine : si vis pacem, fais-la !

Posté par calebirri le 22 novembre 2012

Il est toujours difficile d’aborder la question du conflit israélo-palestinien : accusés de soutenir soit des terroristes soit des colonisateurs, les commentateurs même les plus compétents semblent toujours embarrassés lorsqu’ils décrivent cette situation inextricable.

Car en définitive il est avéré que chaque camp se trouve à la fois responsable et coupable de la situation actuelle, à tel point qu’il est devenu aujourd’hui impossible de déterminer les torts de chacune des partie sans se perdre dans des considérations historiques qui n’ont même plus lieu d’être : depuis plus de soixante ans les choses ont bien changé dans la région, et il apparaît qu’un jugement des responsabilités, comme un retour aux frontières de telle ou telle date sont une aberration pratique. Aujourd’hui nul n’est plus en mesure de revendiquer un territoire clairement défini ; la solution à deux Etats semble plus qu’impossible à réaliser. Tandis que faire les comptes ne ramènera pas les milliers de morts inutilement sacrifiés.

J’ai toujours été frappé par l’absence de solution contenue dans un conflit armé : des troupes sont envoyées se battre contre d’autres troupes pour « sauver » chacun sa patrie, sans que jamais l’un des deux combattants n’extermine définitivement la population ennemie. Ceux qui disent vouloir la fin d’Israël veulent-ils la fin de tous les Israéliens ? Et ceux qui veulent se débarrasser des terroristes palestiniens veulent-ils exterminer tous les Palestiniens ? Car quittes à vouloir la guerre, pourquoi ne pas aller au bout de la logique ? Israël rayé de la carte, ou les Palestiniens définitivement massacrés, est-ce bien cette solution que veulent voir se réaliser les acteurs de ce drame qui dure depuis tant d’années ?

J’ai du mal à croire en cette volonté ; et quand bien même cela serait l’objectif affiché, il faut admettre que si d’un point de vue « pratique » Israël a les moyens pour détruire toute vie palestinienne, les terroristes Palestiniens ne font par leurs actions qu’empirer le sort de leur propre population. Mais qu’est-ce qui empêche donc les Israéliens de supprimer définitivement le « problème palestinien » si ce n’est « la morale » internationale, ou la peur de représailles extérieures ? Et qu’est-ce qui pousse les palestiniens à continuer leurs attaques si ce n’est justement la volonté de pousser Israël à se lancer dans une réaction qui ne serait que l’étincelle permettant des représailles espérées ?

Car si nous pouvons oser ici un peu de « tactique » politique, les Israéliens au pouvoir ont en réalité tout intérêt à ce que des roquettes tombent régulièrement sur leur pays, car ils continuent ainsi de susciter la pitié (et les subventions) d’autres pays comme les non-négligeables Etats-Unis, tandis que les Palestiniens ont eux tout intérêt à voir Israël envahir leur territoire pour susciter la réaction de leurs voisins déjà échaudés.

Mais que les hommes (les peuples, pas leurs dirigeants corrompus) réfléchissent une minute à la réalité objective de leurs comportements : les Israéliens désirent-ils VRAIMENT la mort de tous les Palestiniens, et sont-ils prêts à pratiquer un génocide ouvert sur cette population qu’ils considèrent comme dangereuse, et considèrent-ils que leurs vies valent moins que les leurs propres ?
Les palestiniens désirent-ils VRAIMENT que le conflit dégénère jusqu’à provoquer un chaos dont les victimes se compteront par milliers ?

Seulement si ce n’est pas le cas, alors il apparaît qu’en l’absence d’une telle volonté la guerre est tout simplement inutile ! Et si ce n’est que la peur des représailles qui les en empêche, alors ils n’iront jamais jusqu’au bout non plus. Car en définitive personne n’a plus aucun intérêt à continuer ce conflit ; seuls les dirigeants qui nous poussent à le croire ont un intérêt à cette perpétuation, qui ne fait qu’éloigner les peuples de leur humanité, et qui constitue peut-être pour les hommes de pouvoir le seul recours pour continuer à les exploiter, et pour le monde capitaliste le moyen de purger son système de la crise.

En réalité le seul moyen de trouver une solution qui satisfasse tout le monde n’est pas de préparer la guerre mais de faire la paix, avec un seul et même Etat ouvert dans lequel Israéliens et Palestiniens se mélangeraient jusqu’à oublier qui est qui. Et cette solution, les peuples ne doivent pas attendre qu’elle leur soit proposée par les dirigeants, il faut qu’ils la mettent en place eux-mêmes, maintenant.

Les peuples doivent se réveiller et dire non à leurs dirigeants. Non aux dirigeants palestiniens, non aux dirigeants israéliens. Ce qu’il faudrait leur montrer, ce qu’ils doivent montrer au monde, c’est combien de Palestiniens et d’Israéliens seraient capables de se retrouver, chacun de son côté du mur, pour défiler ensemble pour la paix, et exiger la destruction de ce mur, le faire tomber comme d’autres peuples ont fait tomber le leur avant eux. Car ce n’est qu’ainsi que la paix pourra se faire. En refusant une guerre qui n’est profitable qu’à leurs dirigeants meurtriers, et en faisant la paix par eux-mêmes et pour eux-mêmes.

La seule question qui resterait alors serait de savoir si une telle manifestation serait acceptée et autorisée par ces gouvernants, et si cette manifestation serait relayée par les médias. Pour le reste, il suffirait de faire confiance aux hommes, seuls capables de faire une paix qui ne soit pas une illusion.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans la démocratie, La voie des peuples, relations internationales | 2 Commentaires »

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