Les techniques gouvernementales enfin dévoilées.

Posté par calebirri le 19 mai 2008

 

Chaque lundi les médias se font forts de relayer une information de la plus haute importance émise par un membre éminent du gouvernement. Les journalistes se précipitent alors pour en savoir plus, jusqu’à ce qu’ils attrapent à la mi-journée un démenti formel provenant du sommet de l’Etat, qui remet en cause les premières déclarations. On parle alors d’un couac, mais déjà le « débat » est lancé.

 

Comme un appât jeté au petit bonheur, le gouvernement teste ainsi, l’espace d’une journée (parfois plus) les réactions publiques en direct et sans prendre aucun risque. Ouf ! on ne démantèlera pas les trente cinq heures cette semaine ! mais pourtant le ver est dans la pomme, car un simulacre de débat public remplacera vite les promesses électorales de n’y pas toucher (aux trente cinq heures). Et puis ce sont les médias qui font tout le travail : ils cherchent des chiffres, prennent le pouls à gauche, à droite et dans la rue. Un pas en avant, deux en arrière, tout le monde y va de son avis, de ses propositions. Finalement, un peu comme pour le droit de grève ou la sécurité sociale, il est entendu que rien ne change en théorie.

 

Le trouble jeté par ces annonces de début de semaine a ensuite beaucoup de mal à décanter et permet ainsi, derrière ce rideau de fumée-et alors que les médias sont surchargées de commentaires contradictoires- de faire passer presque incognito d’autres réformes majeures dont on prendra connaissance une fois votées. Les médias se réveilleront alors de leur sieste provoquée et tout le monde criera au scandale, mais il sera trop tard.

Regardez la loi sur les OGM : elle ne retournera dans les médias qu’une fois votée, sans que les remous provoqués il y a moins d’une semaine n’y aient changé quoique ce soit.

Après cette deuxième vague de réformes hebdomadaires (réformes votées pendant qu’on s’acharnait à comprendre la première vague), nous aurons lundi prochain un nouvelle proposition polémique de la part du gouvernement, qui profitera alors sans doute pour faire voter la réforme des trente cinq heures, ou une autre de la semaine d’avant.

 

Face à ce tsunami médiatique, on s’aperçoit d’une part que l’opposition reste muette (quand elle n’est pas servile), et d’une autre que les journalistes (qui se doivent de décrypter l’information) n’arrivent pas à suivre, submergés par une cadence infernale et des mesures toujours plus complexes, plus polémiques et de moins en moins compréhensibles. Ils finissent par s’y noyer.

 

Le gouvernement lui, ne s’arrêtera qu’après avoir tout épuisé son programme, mais ne pourra pas réduire la cadence. Peu importe qu’il n’ait pas bien conscience lui-même des conséquences induites par son comportement, car ralentir voudrait dire laisser du temps pour réfléchir et pour comprendre. Et aux médias le temps d’expliquer.

 

caleb irri

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et pendant ce temps-là

Posté par calebirri le 18 mai 2008

 

L’opposition se fout de nous. De Ségolène à Delanoë en passant par Besancenot, il n’y a désormais aucun doute sur le fait que l’opposition travaille pour le gouvernement. L’ouverture avait déjà ratissé large sur les plates bandes de la gauche, mais ce n’était apparemment pas suffisant : le mépris dont nous accablent les socialistes est à la mesure de l’égo surdimensionné des « élites » qui veulent se faire une place avant de s’occuper des besoins du peuple qu’ils sont censés défendre.

 

On aurait déjà pu soupçonner le désintérêt croissant de la gauche à travers son silence sur tous les sujets qui mettent les Français dans la rue, mais les dernières nouvelles concernant la bataille pour la tête d’un parti moribond (j’ai envie de dire obsolète) font mieux : elles affichent clairement leur objectif : 2012.

 

comment accepter cela ?

 

il est évident qu’il faut quelqu’un à la tête de l’opposition, et tout aussi évident que monsieur Hollande n’est plus à sa place. Mais à l’heure où la colère gronde dans la rue, il aurait sans doute été plus judicieux de resserrer les rangs dans le parti, ou pour ceux qui désirent le pouvoir de monter au créneau lors des nombreuses occasions offertes par la majorité ! mais rien, pas un mot. Il faudrait être inconscient pour croire encore que la gauche représente autre chose que ses propres intérêts personnels.

 

C’est comme s’il n’existait plus en France qu’un parti unique, avec à sa tête un omnipotent et sous ses ordres une chambre d’enregistrement totalement servile. Ayant déjà totalement et délibérément courbé l’échine, la gauche ne s’oppose plus, elle attend…

 

Il existe pourtant une opposition, une gauche, que l’on voit tous les jours dans la rue, que l’on entend sur toutes les radios, que l’on lit sur tous les supports, qu’on nous montre dans tous les sondages. Cette force grandit et veut se faire entendre, il ne lui manque plus que la voix rassemblant tous les mécontents, les déçus et les désespérés. Une nouvelle gauche unie qui puisse faire face à la politique scandaleuse perpétrée contre tout ce qui fait la grandeur d’un pays que ce gouvernement prétend défendre.

 

Car il faut être réaliste, c’est tout ce que le monde nous enviait qui est en train de disparaître : le temps de travail, la sécurité de l’emploi, la sécurité sociale, les retraites, le droit de grève, l’équilibre des pouvoirs, la défense des droits de l’homme, tout ce qui faisait la grandeur de la France. A force d’attendre des échéances qui arriveront trop tard, les possibilités de contester seront épuisées. La gauche sera inutile, obsolète, car nous n’aurons le choix qu’entre les républicains ou les démocrates. Belle perspective pour un pays qui se veut porteur des voix de la révolution.

 

caleb irri

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La politesse ou l’art du conditionnement.

Posté par calebirri le 11 mai 2008

J’écoutais l’autre jour une émission scientifique sur une radio publique, quand mon oreille fut attirée par le terme « politesse ». Au moment où le gouvernement veut remettre la « politesse » et la « bonne éducation » au centre de l’apprentissage (je me surpris d’ailleurs, à l’écoute de ces paroles, à proférer quelques grossièretés envers le gouvernement), une étude « scientifique » avait été menée pour étudier les comportements qu’induisaient la politesse envers autrui.

 

Selon le psychologue interrogé dans cette enquête, on pouvait constater qu’une personne polie (je résume bien sûr) recevait un meilleur accueil de la part de son interlocuteur qu’une autre impolie. Grande découverte pour tous, inattendue et surprenante au possible : la gentillesse appelait la gentillesse ! Remis au bout de quelques secondes de cette nouvelle essentielle j’attendais, moqueur, les exemples étayant cette thèse incroyable. Il y en avait deux.

Le premier était de poster quelqu’un devant la porte d’entrée d’un bâtiment public, et d’étudier la réaction des passants face à un interlocuteur tour à tour poli et impoli : on s’apercevait ainsi que lorsque le premier complice était poli, il se trouvait deux fois plus de cobayes prêts à aider un second complice qui renversait ses affaires dans le hall de l’entrée que dans l’hypothèse de l’impolitesse.

Voilà qui m’interroge : si je ne doute pas qu’un interlocuteur avec qui on est aimable le soit en retour, il est plus intéressant de constater qu’un interlocuteur avec qui on est aimable soit disposé en retour à l’être avec une tierce personne. Qu’en est-il de la réciproque ? si le premier interlocuteur est malpoli, qu’arrive-t-il à l’autre personne ? y-a-t-il eu des vols constatés sur les effets du second complice de l’expérience ?

Pour élargir la réflexion, il faudrait se demander dans quelle mesure l’agressivité (ou au contraire la gentillesse) dispensée à des masses peut influer sur leur comportement, et au delà si une propagande ne peut pas être mise en place par cette intermédiaire ? comme une sorte de « minute de la haine » mais subtilement renommée « journal télévisé » ou « documentaire »…

 

Pour la seconde expérience, elle m’apparut tout d’abord aussi simpliste que la première, mais là aussi elle peut nous apprendre et sur l’importance du langage en tant que provocateur d’actes, et sur la manière dont ils peuvent être utilisés.

Un jeune enfant, lui aussi tour à tour poli et malpoli, insultait ou flattait les passants qui se trouvaient quelques mètres plus loin confrontés à ces odieux sondages. Les insultés qui avaient accepté malgré tout de répondre au sondage (concernant l’espoir placé dans les générations futures) étaient deux fois plus négatifs que les flattés, qui se sont soumis plus nombreux que les premiers à ce questionnaire.

Que faut-il alors en conclure ? que les sondages ne veulent rien dire ou qu’il est possible d’influencer les sondés ? qu’il faut se résoudre à ce que notre inconscient soit gouverné par l’influence consciente de certains êtres humains ? car celui qui influence peut faire bien, comme tente de le prouver le zélé journaliste radiophonique. Mais il peut aussi faire mal. Et le faire volontairement, en toute connaissance de cause.

 

Regardez bien : ayant écouté l’émission d’il y a quelques jours et vous trouvant ensuite interrogé au sujet de l’importance de la politesse à l’école vous auriez répondu « oui » sans hésiter, alors qu’après m’avoir lu, à cette même question vous feriez plus qu’hésiter, j’en suis convaincu.

 

Plus l’homme connaît l’homme, moins il est homme.

 

caleb irri

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monsieur Fillon est fier de ne pouvoir rien faire

Posté par calebirri le 5 mai 2008

Le premier ministre a exprimé ce matin sa fierté du travail accompli en si peu de temps, et se félicite apparemment de la tournure que prennent les évènements : chômage, retraite, toutes les réformes entreprises sont ou seront un succès. Il était à deux doigts d’évoquer les hausses du pouvoir d’achat quand la journaliste le ramena sur terre, où tout à coup les choses allaient moins bien. La conjoncture économique, et puis ce satané pétrole, la France et le gouvernement n’y peuvent rien, la mondialisation et puis tout ça.

 

Mais, et cela sans état d’âme, le premier ministre repart à la charge : la France est en retard et doit se réformer tout de suite. Heureusement qu’ils sont arrivés d’ailleurs, autrement la cabane pouvait bien brûler….. à ce moment où il exprimait une de ses fiertés, la conjoncture extérieure n’était plus un frein à l’extraordinaire chantier qui remettrait la France au plus haut niveau.

 

Finalement, toutes les choses qui marchaient bien (selon le premier ministre j’entends) étaient à porter au crédit au gouvernement, et ce qui n’allait pas était dû à la conjoncture.

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Le service minimum ou la fin de la grève

Posté par calebirri le 5 mai 2008

 

Le service minimum dont le gouvernement préconise la mise en place est une aberration.

 

Tout d’abord il faudrait revenir sur droit de grève, qui fait partie intégrante des possibilités légales de la contestation. Elle est censée paralyser une production (de biens ou de services) dans l’optique de revendications sur les salaires, ou sur les conditions de travail. Concrètement, il s’agit d’arrêter le travail sur un temps donné, afin d’une part de faire entendre son mécontentement, et de l’autre d’exercer une pression financière (et parfois médiatique) sur l’employeur. Les jours de grève ne sont pas rémunérés, mais l’entreprise touchée perd également de l’argent, car la plus-value créée par le travail des employés et vendue aux clients n’est plus réalisée : c’est là réside le seul véritable contrepoids des salariés. Il montre au patron que l’employé est de fait la véritable force productrice de l’entreprise. Sans le second le patron n’est rien.

 

A présent qu’en est-il de la grève après la mise en place du service minimum ?

 

Il y a plusieurs possibilités d’éviter les grèves, ou tout au moins de les étouffer rapidement. Bien sûr je n’évoquerai ni l’emploi de la force armée ni de l’interdiction pure et simple de ces manifestations, nous n’en sommes heureusement pas rendus à cette extrémité. Mais d’autres moyens plus simples et apparemment plus pacifiques sont utilisés.

 

Il y a tout d’abord la technique que l’on rencontre dans « les raisins de la colère », où le nombre de postulants est si élevé que chacun est prêt soit à bousculer son « adversaire » pour lui prendre la place, soit à accepter un salaire si misérable que l’on ne se pose pas la question de respect des droits. Cette technique n’est utile en France que pour le travail au noir, et heureusement les masses ne sont pas encore si pauvres qu’elles puissent revenir à cet état de fait. Toujours est-il que dans le cas d’une trop grande demande d’emplois par rapport à l’offre, l’employeur peut facilement annoncer : « pour ceux qui ne sont pas contents, la porte se trouve ici ; on en a dix qui seront ravis de bosser à votre place ». et là nous nous rapprochons de la réalité.

 

Ensuite les employeurs ont d’autres possibilités, à savoir l’étouffement d’un mouvement comme dans « la bête humaine », où les employeurs espèrent venir à bout d’une grève par épuisement physique des grévistes : il est supposé que les finances de ces derniers seront à sec avant celles du patron. Ce qui arrive parfois, surtout quand le patron c’est l’Etat. Et c’est également dans ce cas qu’une autre méthode est couramment employée, une arme antigrève redoutable : les médias.

 

Pas besoin d’être un investigateur précis et chevronné pour savoir que les médias sont dirigés par de grands patrons très riches, ayant parfois quelques accointances avec le pouvoir en place, et possédant de nombreuses entreprises employant de nombreuses personnes susceptibles un jour ou l’autre de se lancer dans un mouvement de grève. On en a des exemples presque quotidiens.

Ces médias, on le comprend aisément, ne peuvent ni taire les grands mouvements ni parler de tous les petits, et se rendent là où l’intensité est la plus forte. Ce qui, soit dit en passant, fait parfois faire à des grévistes certains coups d’éclat médiatiques comme des prises d’otages, abus condamnable mais presque compréhensible pour certaines situations désespérées. Enfin c’est ainsi, et on sait qu’un mouvement social dont on ne parle pas est déjà un échec. Un poids de plus dans la balance pour le camp des patrons. D’autant que les chiffres des manifestants, du nombre de grévistes, des incidents provoqués et des pertes annoncées sont transmis par ce même canal qui me semble logiquement suspect de partialité

 

Une dernière technique enfin, qui rappelle l’idée du service minimum et que j’ai vu employée à la RATP, consiste à payer des salariés « réservistes » plus cher que les salariés grévistes, afin qu’ils remplacent les absents. La grève n’est pas perçue par les usagers, et les tensions créées au sein des employés sont très fortes, et découragent souvent les grévistes.

 

Je ne parlerai pas des liens très forts unissant certains syndicats au patronat, ni des caisses noires de l’IUMM, ni même des propositions de soudoyer les salariés afin qu’ils refusent la grève, car ils sont et douteux sur le plan légal, et ne font que prouver que la grève est une force dont on essaie de se débarrasser.

Personne bien sûr n’oserait aller si loin dans la terminologie car le droit de grève est une caractéristique quasi traditionnelle de la démocratie, mais c’est de tout temps que dure cette hypocrisie : la grève gêne car elle permet de montrer par les faits que l’argent gagné par le patron n’est que le fruit du travail de ses employés. Pour paraître démocratique (et rester en place), les gouvernements ont accepté la grève mais cherchent toujours à la rendre inoffensive : le service minimum est la fin du droit de grève en pratique tout en conservant ce droit en théorie.

 

Depuis presque vingt ans la plupart des grèves se sont situées dans la fonction publique, et le reste dans des corporations assez bien encadrées : pourquoi ? tout simplement car ces grève mettaient les usagers en difficulté, que cela créait de sérieux problèmes au fonctionnement quotidien du pays. Le peuple, même mis en colère par les grévistes, finira toujours par demander des comptes aux gouvernants, pas aux employés. En plus, le chaos entraîné par les agents de conduite ou les transporteurs d’essence sont très médiatiques et ne peuvent donc passer inaperçues. On devait les régler.

 

Mais aujourd’hui il faut tout d’abord déposer un préavis de grève, ce qui implique une organisation difficile au niveau des employés, et aussi un temps d’adaptation non négligeable pour l’employeur, qui dans ce monde d’intérim ne tarde pas à trouver des solutions limitant la portée du mouvement.

 

Avec le service minimum, il ne sera même plus question de grèves : si elles ne gênent personne elles ne seront pas écoutées. On ne les relaiera plus dans les médias, et elles deviendront de fait inutiles : on ne fera plus grève.

 

Encore une chose à propos de l’école : je m’étonne qu’il faille plusieurs années d’études pour obtenir le droit d’éduquer des enfants, qu’il soit si difficile d’obtenir une place en crèche ou à la garderie, alors qu’apparemment les agents municipaux sont tout à fait aptes à s’occuper d’enfants. Pour ma part je ne confierai pas mes enfants à des gens qui n’ont à priori aucune compétence pour les garder, et je suis consterné par le fait que personne n’en ait encore fait mention.

 

caleb irri

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le Zimbabwe ou l’avenir de la démocratie

Posté par calebirri le 3 mai 2008

Ce qui se passe au Zimbabwe est une projection éclairée du fonctionnement réel de la démocratie : le suffrage universel n’est pas une condition suffisante à son application.

 

Qu’importent le nombre de votants, le mode de scrutin utilisé ou les contrôles de bonne tenue des scrutins, l’essentiel est le positionnement des médias (ou de l’armée quand ils ne suffisent pas) par rapport au gouvernement en place. J’ai la vague impression que l’opposition au « président » Mugabe était suffisante pour l’emporter dès le premier tour, et je pense n’être pas le seul dans mon cas. Pourtant- et ce malgré une longue et douteuse période d’attente des résultats- on apprenait hier qu’un deuxième tour serait organisé. Le chef de l’opposition se retrouve ainsi dans une situation délicate car pour lui s’offre un choix cornélien : ou bien participer à ce deuxième tour et ainsi valider les résultats officiels truqués par le gouvernement (et bien sûr s’exposer à un scrutin sans doute bien ficelé), ou bien refuser ces résultats et ne pas participer au second tour. Mugabe serait alors vainqueur par forfait.

 

Un beau tour de passe-passe effectué par le gouvernement zimbabwéen, et une preuve de plus que la démocratie ne peut être qu’apparente.

Bien sûr les Etats-Unis ont critiqué cette annonce, et quelques radios françaises ont encore évoqué la contestation réelle des chiffres donnés par le gouvernement. Mais il faut être certain qu’après la victoire toute aussi certaine de Mugabe au second tour, les médias internationaux se détourneront vite de la contestation massive des résultats par l’opposition. Les organismes de défense des droits de l’homme passeront eux aussi à un autre problème, et on comprend qu’ils soient si volatiles, noyés qu’ils sont dans l’ambiance saturée des attaques portées contre ces droits. Mais on en parlera plus, à moins que le sang coule là-bas, ce même sang qui n’attire les médias que très ponctuellement…

 

Enfin ici on fera comme on fait d’habitude : la conscience tranquille d’en avoir touché un mot, la compassion vite éteinte par une autre rallumée, et sûrs de la force de notre démocratie. Sûrs aussi que les médias français sont libres, et que nos scrutins sont aussi transparents que les chaussettes de certains élus. Sûrs toujours que nos chiffres et nos sondages sont réels et incontestables : lorsqu’un scrutin détermine un 52% contre un 48%, on assure que le scrutin était serré. Et qu’il y ait une abstention de 30% ne remet pas en cause le scrutin car on n’en tient pas compte. Sans parler du quatrième pouvoir, la presse, si indépendant du gouvernement qu’il ne peut être qu’impartial.

 

Enfin on continuera de donner des leçons aux Chinois afin qu’ils autorisent les manifestants à se faire entendre, et on jurera qu’en France il en est ainsi.

 

caleb irri

 

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