le nombre et la force, pour une internationale du web

Posté par calebirri le 5 octobre 2010

En France, même les sondages ne réussissent plus à soutenir la politique du gouvernement : nous sommes désormais clairement plus nombreux à dénoncer les actions de ce dernier qu’à les approuver. Pourtant, cette politique perdure, s’approfondit, se solidifie peu à peu par agrégation, et laisse entrevoir les buts qu’elle recherche, à savoir la perpétuation de la domination d’une minorité (très) favorisée sur le reste de la population…contre l’avis et la volonté même de celle-ci. Et le fait n’est pas nouveau.

Comment est-ce possible ?

 

Il existe une relation pourtant logique entre démocratie, nombre et force : la démocratie se trouvant être l’expression du nombre, et la force se devant d’être du côté du nombre, un gouvernement impopulaire ne devrait pas être en mesure de se maintenir au pouvoir… logiquement.

Mais c’est sans compter sur la réalité, qui exprime toute la différence du rapport entre ces deux termes que sont « le nombre » et « la force » : car si la force du nombre est une certitude arithmétique, l’effet de la force sur le nombre est une certitude…historique.

 

Car l’histoire, comme on sait, devient qu’on le veuille ou non, la seule réalité qu’il nous est donné de pouvoir constater. En effet, à la bourse comme en politique, le plus important n’est pas la réalité effective des évènements, ni même « la vérité » mathématique, mais bien plutôt la capacité de diffusion d’une illusion finissant par aboutir à  l’imposition d’une réalité. Et celui qui possède les clefs de cette diffusion possède alors le pouvoir de faire croire à un très grand nombre que sa force est bien supérieure au nombre, car l’Histoire l’a déjà prouvé. Cet ascendant psychologique est essentiel à la réalisation de l’ascendant de la force sur le nombre, pour peu que le nombre y croit.

 

Cela signifie donc que la position des dominants (même minoritaires en nombre) est à la fois le résultat du conditionnement à la soumission des masses et sa cause : c’est parce que le peuple est soumis qu’il peut être conditionné, et parce qu’il est conditionné qu’il se soumet.

 

La force des dominants se fonde donc sur une illusion, celle de la faiblesse supposée puis réalisée du nombre. L’objectif de la minorité dominante étant évidemment contraire à celui de la majorité dominée, il faudra donc pour s’en défaire reconquérir la force réelle du nombre, en faisant disparaître cette illusion. Rassembler le nombre en agissant d’une part sur le psychologique (à savoir qu’unis nous sommes plus forts car plus nombreux), et d’une autre sur le réalisme (à savoir que la force des dominants n’est concrètement que celle qu’on veut bien leur accorder). Le fameux « ils ne sont plus grands que parce que nous sommes à genoux » doit pouvoir être transformé en « relevons-nous, et nous serons les plus forts ».

 

On le voit bien en ce moment, de toutes parts affluent les demandes d’un durcissement de la contestation, et nombreux sont ceux qui attendent un signal fort les engageant dans cette voie. Bien sûr les syndicats ne sont pas initiateurs mais suiveurs (une fois de plus), et il faudra bien un jour se confronter à leur frilosité autant qu’à leur « mésunion » chronique (et suspecte), et faire sans eux.

 

L’idéal serait donc de mettre en place une sorte de mouvement, apolitique, réunissant les mécontents, les déçus et les volontaires de tout le pays (de tous les pays serait idéal), comme une « internationale du web », dont l’objectif serait de rassembler en un même lieu (le web donc) tous ceux qui veulent agir mais ne savent pas comment, avec ceux qui ont des idées à proposer ou à défendre, et de se lancer tous ensemble dans une réflexion à la fois sur les moyens d’action et sur la préparation de ces actions. Notre force réside dans le nombre, et il nous faut en prendre conscience. Organisés et unis, nous avons le pouvoir de faire respecter la démocratie, et peut-être même nous en avons le devoir : c’est une question d’humanité, et de justice. Nous nous devons de résister à l’illusion de notre faiblesse, car c’est elle qui nous empêche d’espérer, qu’un jour enfin, le nombre et la force soient réunis, afin que les mécontents ne soient plus qu’une minorité allant sans cesse en décroissant.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, la démocratie, la pensée du jour, révolution?, un nouveau système | 9 Commentaires »

Allez les gars, il faut cogner plus fort !

Posté par calebirri le 18 septembre 2010

Puisque de toutes les manières, rien ne bougera ni dans ce pays ni dans un autre, alors autant y aller un bon coup, et ne pas se priver : frappez encore s’il vous plaît, nous n’en avons pas assez.

Regardez, vous voyez bien que cela ne suffit pas. Avec tout ce que vous nous avez retiré en si peu de temps, avec votre soi-disant crise, votre soi-disant pollution, votre soi-disant terrorisme et votre soi-disant problème démographique, nous sommes encore là, prêts à travailler plus et plus longtemps, à accepter le fichage et le contrôle, à donner encore plus d’argent à nos banques, et même à stopper l’eau quand nous nous lavons les dents… vous voulez qu’on se fâche, qu’on se révolte, qu’on se batte ? Mais ne rêvez pas, il nous en faut plus que ça ! Que nous importent vos tricheries, vos mensonges, vos réformes… nous sommes prêts à tout supporter, nous sommes résistants. Pas résistants comme pendant la guerre, non, ça c’était quand il y avait encore des hommes, quand nous luttions pour des idées, pour une certaine conception de l’homme et de sa véritable valeur…

 

Mais aujourd’hui, nous ne sommes déjà plus des hommes. Après nous avoir vendu tous vos produits, vos médicaments, nous avons bu votre propagande, digéré votre éducation, accepté votre puissance, adoré votre pouvoir, désiré votre argent. Nous pouvons désormais presque tout supporter sans nous rebeller : nous sommes devenus ce que vous avez fait de nous… des esclaves consentants, pas difficiles à convaincre, pas difficiles à embrigader.

 

Et vous voudriez que l’on se mette à chanter l’internationale, à retrouver des rêves, des espoirs, des colères et des valeurs ? Mais nous allons dans la rue chaque fois qu’on nous le dit! Nous rêvons d’être comme vous, d’être vous : de l’argent, des femmes, des belles voitures, du cynisme à n’en plus savoir que faire, et plus aucune sensibilité, ni humanité, et encore moins de honte…

 

C’est qu’aussi vous n’êtes jamais contents ! après nous avoir inculqué, injecté, inoculé votre capitalisme jusque dans nos âmes, vous vous apercevez aujourd’hui que cela ne vous suffit plus, car d’autres, aussi malins que vous, en ont compris le fonctionnement…et vous font de l’ombre. La mondialisation finit par vous faire peur, et vous avez raison. Regardez les autres pays, ceux qui grimpent, les modèles de développement actuels : des dictatures à peine déguisées, la torture autorisée, la protection sociale inexistante, les émeutes de la faim, ils vont jusqu’au bout des choses, eux au moins.

 

A votre décharge, c’est vrai que le passé historique de nos démocraties ne nous a pas habitué à autant de franchise : nous, nous préférons nous laisser spolier sans un mot, dignement, en bons français. c’est ça le vrai chic.

Alors pour faire aussi bien qu’eux, vous essayez d’aller aussi loin que possible, mais rien n’y fait ; le bon peuple servile (nous) ne bouge pas, ne bronche pas. Qu’on aide les banques, qu’on stigmatise les étrangers, qu’on retire nos droits, qu’on insulte nos valeurs, qu’on vole notre temps et notre énergie ni fait rien ou si peu : toujours pas de révolution en vue…

Car c’est bien cela que vous voulez, non ? Qu’on se révolte, qu’on se batte, qu’on s’étripe les uns les autres, et puis qu’on vous appelle au secours ensuite, pour que vous veniez remettre de l’ordre, de la discipline, tout en étendant votre domination sur nos vies… les émeutes de la faim, c’est sans doute cela qu’il vous faut, ou qu’il nous faut pour enfin nous décider à agir… car en fait de domination, il semble que votre victoire soit déjà si totale que nous sommes incapables de la remettre en cause… chacun tenant trop à son petit privilège misérable, à son petit « régime spécial », à ses congés payés, ses tickets resto ou son APL, il voit déjà l’autre comme son ennemi, mais jamais son maître comme le responsable de sa situation…

Alors allez-y, frappez plus fort, n’hésitez pas, car c’est votre seule chance de parvenir à vos fins : expulsez, torturez, stigmatisez, baissez les salaires, les droits, les libertés, une à une, et continuez à espérer. Si votre salut ne vient pas de votre propre peuple, peut-être viendra-t-il de celui des autres dirigeants, avec une bonne petite guerre de religion, ou un bel attentat bien réussi, avec des morts innocents et beaucoup de blessés… continuez à croire en votre combat, mais cessez de croire en notre volonté, car visiblement elle a déjà disparue depuis longtemps, et grâce à vous. Vous pensez bien que sinon, cela fait longtemps qu’on vous aurait déjà mis à la porte !

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, la pensée du jour, misère, Non classé, révolution? | 2 Commentaires »

qui cache qui ?

Posté par calebirri le 1 septembre 2010

L’affaire Woerth-Bettencourt, me disais-je l’autre fois, a été vraiment bien étouffée durant les vacances, et la diversion sécuritaire a fait son petit effet… les lois désirées sont loin d’être applicables et appliquées, et j’imagine que la déchéance de la nationalité ne va pas faire baisser le nombre d’habitants de sitôt : et pendant ce temps-là, » l’ a-justice » fait son travail.

En même temps, c’est que depuis la rentrée politique l’affaire Woerth refait surface, et sa position est tellement intenable que l’on commence à en rire doucement… et oui, il y a quelqu’un ici qui cherche à faire tomber ce pauvre homme…à moins que ce ne soit pour mieux cacher autre chose : alors peut-être la réforme des retraites ? Il est vrai que le jour approche, et que cette réforme n’a pas vraiment, on peut le dire, bénéficié d’une campagne d’information et d’explication (enfin de propagande) à la hauteur de ce qu’on peut voir habituellement. On n’entend absolument rien concernant cette réforme, et j’imagine qu’on va bien vite oublier cette histoire d’insécurité -à moins qu’on en ait encore besoin d’ici-là !

 

Bon, mais la réforme arrive le 7 au parlement, et elle ne sera pas votée (c’est étrange cette démocratie où l’on connaît d’avance le résultat des votes) avant plusieurs semaines. En attendant il y aura une grande manifestation à cette date, et qui devra donner au gouvernement la température du climat social. Et puis entre temps l’Iran remplit son combustible, les troupes américaines se déplacent d’Irak vers on ne sait où, les « négociations » entre Israël et Palestine doivent reprendre à Washington….

 

Il y a tellement d’évènements importants qui se cachent mutuellement dans la sombre mélasse médiatique qu’il est impossible de s’y retrouver et surtout de lutter sur tous les fronts… qui cache qui ? la bourse prend presque quatre pourcents, le prix de l’or atteint des sommets, le Pakistan est inondé et il y a des soupçons qui naissent quand à la réalité du bouchage du puits de BP dans le Golfe du Mexique.

 

Parallèlement, on apprend que les entreprises du CAC40 ont vu leurs profits augmentés de 85%, que les prix des céréales et de la viande vont augmenter, qu’une femme va être lapidée en Iran, que le PIB des palestiniens a chuté de 30% par rapport à l’année 2000, et que Laurent Fignon est mort…

 

que faut-il retenir de tout cela ? Comment relier toutes ces informations entre elles, leur donner un sens?

 

En quelques mois, la machine mondiale semble être devenue folle, et nous ne savons plus où nous situer dans ce labyrinthe : certains perdent pied, et se dirigent peu à peu vers des tensions extrêmes… les uns veulent « faire la guerre » contre les délinquants (enfin aux étrangers surtout), et les autres veulent faire la guerre contre ceux qui veulent la faire (la guerre)… tout le monde veut sortir de ce labyrinthe, et n’y parvient pas. Enfin quand je dis tout le monde, je parle des pays « du nord », ceux qui sont en train de tout tenter pour ne pas voir leur pouvoir remis en cause ; car ailleurs, dans les pays « du sud », la crise est au mieux une aubaine, au pire une petite déprime. et le fait qu’ils aient compris (ou pas) ce qui se trame ne change rien au fait qu’ils préfèrent accumuler aujourd’hui ce qu’ils peuvent sans penser à demain.

 

penser à demain, et savoir ce qui va se passer, c’est pourtant ça le boulot de nos chers dirigeants. un monde meilleur est tout de même difficile à envisager, et on hésite plutôt entre le meilleur des mondes ou 1984… « on n’établit pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour installer une dictature », disait Orwell. comment ne pas y penser ? comment ne pas voir quels changements sont en train de se mettre en place ?

il semble que nos gouvernants y pensent, eux, mais et nous ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans la pensée du jour, misère, révolution?, sarko | 5 Commentaires »

le sondage c’est du vent

Posté par calebirri le 13 août 2010

Je me rappelle qu’au lycée, notre professeur d’économie nous avait fait participer à une aventure intéressante : la mise en place d’un sondage. Au début le professeur était très motivé à cette idée, et nous-mêmes étions pleins de bonne volonté…  mais cela ne dura pas longtemps : nous avons appris comment se fabriquaient les sondages.

Les sondages sont des projections chiffrées à grande échelle de l’opinion à partir d’un échantillon représentatif sur un territoire donné, à un moment donné : c’est à dire du vent. De quelque côté qu’on les prenne, les sondages se basent sur des statistiques obtenues par des moyens subjectifs, et interprétées par des analyses tout aussi subjectives, et ne finissent par dire que ce qu’on veut bien leur faire dire.

Regardons un peu les choses de plus près, et réfléchissons.

Tout d’abord, il faut pour faire un sondage avoir une ou plusieurs questions à poser, ce qui signifie déjà avoir une idée des réponses que l’on cherche à obtenir, ainsi qu’une opinion naturelle qu’on ne peut exclure de son esprit.
Cette (ou ces) question (s) doivent être formulées en un langage clair et compréhensible de tous, ce qui implique la capacité de savoir lire, et exclut de fait quelques pourcents d’aveugles ou d’illettrés, ou d’étrangers (même parlant français). Il faut également que les mots employés soient neutres pour ne pas influencer la réponse, ce qui est dans la réalité presque impossible à faire. Je ne me rappelle plus le sujet de notre sondage, mais je me souviens que peu après le commencement les débats étaient déjà houleux, et le programme en retard : la simple formulation des questions étant déjà une prise de position,  il semblait impossible d’en trouver la neutre expression.

Mais ne nous arrêtons pas là, et voyons la suite

Une fois les questions et les réponses déterminées, il faut se décider sur le territoire sur lequel s’applique le sondage (il y a plus de paysans en province que dans la région parisienne par exemple) car la définition de l’échantillon représentatif en dépend. Ainsi que le moment choisi pour le faire : après un fait divers sordide ou dans le calme d’une période festive comme celle de noël, et tout est différent! Notre territoire était donc le lycée, et notre population totale composée de deux à trois cents personnes, si ma mémoire est bonne (ou moins de 1000 en tous cas). Enfin un nombre raisonnable au regard de nos capacités d’analyse, compte tenu de la trentaine d’élèves composant notre « institut ».
Pour finir l’établissement de ce sondage, il faut bien sûr le plus important des ingrédients, c’est à dire la détermination de l’échantillon représentatif, qui doit nécessairement évoluer en fonction de l’évolution de la population, c’est à dire du temps qui passe : en 1900, la proportion de certaines catégories socio-professionnelles n’est pas la même qu’en 1945 ou en 2010. Et c’est durant cette étape de détermination de l’échantillon représentatif que notre professeur a commencé à craquer : face à la difficulté de sélectionner les facteurs selon lesquels seraient établies les distinctions, face à la subjectivité qu’entraînait chaque choix, nous avons du nous rendre à l’évidence, à savoir qu’un sondage ne pouvait absolument pas être objectif.

Car que doit représenter l’échantillon ? En théorie l’ensemble de la population si le sondage est national, et le département s’il est départemental. Ce qui signifie que faire un sondage national est censé représenter ce qu’on a par ailleurs tant de mal à définir : l’identité nationale. On commence à voir les difficultés de cette définition dès le départ, mais ne flanchons pas : sachant qu’en général les sondages sont effectués sur une population d’environ mille personne, cela signifie que cet échantillon (sans autre valeur que le hasard) représente environ 1/65000 de la population totale (en gros), dans lequel il faudra tenter de trouver les personnes correspondant à tous les critères de représentativité. Cette notion n’est évidemment pas neutre, et ne peut l’être. Mais certains l’ont tenté quand même : si les paysans représentent tant de pourcents de la population française, alors il faut tant de paysans interrogés dans les mille personnes. Si ce paysan est plutôt à droite, il faut savoir, sur le nombre de paysans français, la proportion de paysans votant à droite. Si son salaire est supérieur à telle somme ou propriétaire de son exploitation, s’il est marié, pacsé, gay ou bio, cela change tout. Ainsi pour le médecin, le chômeur, la femme de ménage ou le plombier.

L’échantillon représentatif est donc une chimère qui ne peut être atteinte, car elle doit faire rentrer dans des cases de multiples paramètres que même des ordinateurs puissants ne peuvent facilement corréler, même sur mille personnes. Car il y a des marges d’erreurs acceptés dans ces sondages, qui proportionnés à l’échelle de la réalité font peur à voir : il est impossible d’obtenir un échantillon représentatif « représentatif », car nul ne sait ce qu’est la France. Et encore moins lorsqu’il s’agit de la réduire à un millier d’individus.

Mais toutes ces difficultés n’effraient pas nos instituts de sondages, dont le peuple comme le pouvoir sont si friands, comme un symbole de la soumission de tous à la loi du chiffre, celle qui veut absolument faire rentrer l’homme dans des cases, et le transformer en une succession de 1 et de 0.

Alors que notre professeur et nous tous avions déjà abandonné la partie, après plusieurs semaines de travail, de questionnements et d’embrouilles incalculables, les véritables sondeurs « professionnels », eux, ne s’arrêtent pas là. Car il faut avouer que si notre professeur faisait partie des rares personnes qui ont l’honnêteté de reconnaître l’impossible tâche que constitue la fabrique d’un sondage, cela ne rebute pas les instituts bien connus de le faire, surtout lorsque l’activité est si lucrative…il leur faut donc passer à l’étape suivante, assumer leur orientation et leurs choix de sondeurs, et  poser leurs questions.

Et après avoir posé leurs questions à l’échantillon, les réponses viennent se placer dans de gigantesques tableaux pour se faire analyser, afin de soumettre au commun des mortels une interprétation des chiffres obtenus, incompréhensibles sans la traduction en un langage soi-disant objectif (après toutes ces subjectivités  additionnées). Si, par exemple, 80% des gens pensent que l’on doit mettre les étrangers dans des camps, cela signifie en réalité que 80% des personnes ayant répondu à une question tendancieuse, parmi un groupe de personnes choisies plus ou moins arbitrairement, selon des critères douteux et à un moment inopportun, ont vu leur réponse interprétée de telle manière qu’on puisse croire qu’ils le souhaitent.

Ainsi, l’orientation nécessairement délibérée que l’on trouve dans les sondages répétés par les médias  ne dépend pas de l’opinion réelle d’une population donnée, mais de la volonté initiale des commanditaires de ces derniers. En bons capitalistes qui se respectent, les instituts de sondage font comme les peintres en bâtiment : ils sont toujours d’accord avec la couleur choisie par celui qui les paye. C’est pour cela que les sondages payés par ceux de droite les conforte toujours, et que ceux payés par ceux de gauche s’y opposent… Et comme à droite on a plus de sous, la voix porte plus loin! Le sondage, c’est du vent, et le plus fort souffle sur l’opinion, jusqu’à être capable de l’influencer dans une direction choisie.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans la démocratie, la pensée du jour, le travail, medias | 2 Commentaires »

racisme et amalgames : allons encore plus loin !

Posté par calebirri le 28 juillet 2010

Après avoir copieusement stigmatisé les Musulmans, après avoir insulté les banlieues, après avoir amalgamé les Arabes et les terroristes, exclus les vieux et désespéré les jeunes, le gouvernement s’attaque aujourd’hui aux « gens du voyage »… parvenus au faîte de leur impopularité, il semblerait que nos joyeux lurons « d’en haut » soient prêts à tout pour faire de l’insécurité et du désordre social une priorité.


En effet, la politique du fait divers tourne à plein régime, et il suffit d’un drame impliquant la présence d’une minorité pour que le gouvernement tente de tourner les regards médiatiques vers des sommets philosophiques et sociologiques douteux, à l’aide de sophismes scabreux et scandaleux : une personne de la communauté « du voyage » se fait tuer par la police, des violences s’en suivent. Donc toute la communauté est potentiellement dangereuse.

 

Bien sûr, de tels agissements de la part du gouvernement sont criminels, car ils poussent à la montée de la violence, un peu à la manière dont la présidence de Bush, après le 11 septembre, a conduit par sa « lutte contre le terrorisme » à faire grandir le terrorisme partout dans le monde. Ceci se justifie bien sûr tout à fait d’un point de vue politique, car en énervant ainsi les minorités, en créant les conditions de la haine, de l’injustice et de la rancune, les gouvernements en péril se donnent la possibilité d’engendrer la violence qui justifiera la répression, à moindre frais, et en occultant ainsi le regard des peuples des véritables problèmes…


car les véritables problèmes ne sont bien sûr pas dans l’identité nationale, à laquelle, si l’on retirait tout ce qui aux yeux du gouvernement ne la constitue pas, se retrouverait amputée de plus de la moitié de ses habitants… mais en agissant ainsi, même la presse, prompte à dénoncer la poudre aux yeux jetée sur elle par ce genre de provocations nuisibles et volontaires, se voit dans l’obligation de réagir face à ce scandale, ce qui a le don de créer la polémique, et surtout de monopoliser du temps de parole, au détriment évident de certains autres agissements bien plus importants mais peut-être moins urgents.


Ainsi, et depuis quelques jours, l’affaire Woerth est en train de s’estomper au profit de cette sombre affaire de l »insécurité », qui ne va pas manquer d’être montée en épingle durant les prochains jours…certains vont donc crier au retour du fascisme, d’autres vont défendre les « droits de l’homme » que la France se doit de protéger, dénoncer les amalgames, insulter, taper du poing sur la table, tout cela sans que personne ne puisse faire autrement que de donner son avis…

Mais puisque c’est ainsi, je vais donner aussi le mien, appuyé par un sophisme tout aussi accablant : puisque l’on considère les sophismes établis par le gouvernement comme valables, alors celui que je propose l’est tout autant, puisqu’il repose sur le même type d’amalgames. Comme monsieur Woerth est suspecté de financement illégal et de conflits d’intérêt, et qu’il appartient au gouvernement, j’affirme que toute la classe politique est corrompue, et que l’on devrait enfermer dans des camps tous les hommes et femmes politiques, afin qu’ils cessent de dégrader l’image de notre identité nationale, identité qui repose si j’ai bien compris sur l’égalité, la fraternité et la liberté. Cela peut vous sembler contradictoire, mais la patrie des droits de l’homme n’en a que faire : on peut s’asseoir allègrement sur ces derniers de la même manière pour les politiques que pour les immigrés, c’est bien ça la fraternité, non ?


Et puisque les capitalistes nous « volent » depuis des générations, et que nous sommes tous des capitalistes, alors je propose d’aller encore plus loin, et de supprimer tous les voleurs que nous sommes, afin de régler définitivement le problème de la morale, de l’insécurité et de l’injustice pour tous, en nous battant à mort jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de survivants, ou que nous ayons définitivement saboté l’environnement : ainsi nous pourrons établir le meilleur type de société qui existe, pour le bien de chacun et pour le bien de tous, c’est à dire la disparition définitive du genre humain. Le monde sera alors parfait, non ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

Publié dans la pensée du jour, misère, sarko | Pas de Commentaire »

La religion au service du pouvoir

Posté par calebirri le 21 juin 2010

Quand j’évoque le sujet de la gratuité, la discussion finit toujours par aborder un thème sensible, la méchanceté naturelle de l’homme, incapable de se motiver pour autre chose que pour lui-même. L’homme serait intrinsèquement vil, et il est impossible de le motiver à quoi que ce soit sans la carotte et le bâton, qui sont symbolisés dans certaines sociétés par la récompense ou la punition divine, dans d’autres par la récompense en nature ou le châtiment corporels, et dans les dernières par  la richesse ou la pauvreté.

Ces trois manières de penser peuvent se juxtaposer, s’interpénétrer, mais ont toutes en commun le fait d’appartenir à un système de jugement des actes humains à caractère divin, que la justice des hommes soit ou non consciemment considérée comme telle, ou que celle du matérialisme le soit également, au travers du dieu « argent »

Mais que l’on soit d’accord ou non avec cette interprétation, il ne fait cependant aucun doute que quel que soit le système utilisé pour faire vivre les hommes en société, un système de « récompense/punition » semble devoir être mis en place, afin donc de corriger les errements naturels de l’homme.

Ce résultat est sans doute celui qu’ont contribué à construire tous les dictateurs de tous temps, car un tel moyen de pression justifiait à la fois leur pouvoir, mais aussi l’apparente injustice dont étaient victimes les hommes. Si un homme venait à « rater sa vie » (peu importent les critères choisis selon les époques ou les lieux), il y avait toujours une raison à cela, bien sûr indépendante de la volonté du gouvernement en place : il n’avait pas suivi les préceptes de la religion, ou ceux de la Loi, ou encore ceux du libre-échange. C’était de sa faute. Son libre-arbitre censé l’éclairer n’avait pas réussi à vaincre ses bas instincts, et ni Dieu, ni le gouvernement, ni le système n’en étaient responsables, malgré toute leur omnipotence et leur omniscience.  Ne pouvant accepter d’être faillibles, la faute ne pouvaient en revenir qu’au diable, ou à la méchanceté intrinsèque de l’être humain.

Mais ce qui est étrange avec les religions, c’est qu’elles semblent toujours finir par servir ceux qui suivent le moins leurs préceptes : l’église prône l’abstinence et la pauvreté, et gagne des fortunes  tout en outrageant la chasteté, les dictateurs prônent l’ordre et la paix, et font la guerre en mettant partout le désordre, les capitalistes favorisent le libre échange, la transparence  et la justice, et ce sont les pires canailles ne respectant aucun des principes édictés que l’on trouve aujourd’hui à la tête de fortunes immenses. Ce serait à se demander si, finalement, Dieu, ou le Marché, le « Tout-puissant », posséde vraiment les qualités dont on l’accable… à moins que ce ne soient que ses interprètes qui, par un subtil renversement de paradigme, sont parvenus à faire entrer l’échec des préceptes dans les préceptes originels : les sept péchés capitaux, par exemple, sont des faiblesses humaines naturelles, voire des plaisirs sains… le nombre incalculable de lois promulguées, transformées, abolies puis remises à jour, soutenues par une seule « nul n’est censé ignorer la loi » implique forcément l’impossibilité d’y parvenir, tout comme le fait de prôner la liberté d’entreprendre sans l’autoriser dans les faits, faute de crédit accordé à celui qui n’a pas déjà entrepris…. l’échec de l’application des préceptes religieux est en réalité inscrit dans ces préceptes, et ce n’est sans doute pas par hasard…. à moins bien sûr que de vouloir confondre le dieu et le diable, le président et le dictateur, le capitaliste et l’esclavagiste…

Après ce constat, la question est celle-là : à quoi servent donc les religions, puisqu’elles établissent des règles qui aboutissent par faire « réussir » les seuls qui les enfreignent ? les pauvres survivant dans la misère espèrent soit un paradis hypothétique pour supporter leur souffrance, soit un coup médiatique pour les sortir de l’anonymat, ou se retrouvent en prison pour avoir tenté d’échapper à la misère avec une combine d’amateur….tandis que les tricheurs, voleurs et menteurs de grande envergure finissent pas vivre somptueusement, ne jamais se faire rattraper par la justice, et se moquent de l’enfer comme du paradis…
C’est comme si les religions avaient été inventées non pas pour apaiser les souffrances des hommes, mais pour les lui donner. Qu’elles soient physiques ou morales, ces souffrances servent un pouvoir qui les exploite, et qui lui offre comme consolation l’un ou l’autre des espoirs qui ne viendront sans doute jamais.
Je ne suis pas le seul à penser ainsi, et on sait trop bien combien de guerres ont été menées, combien d’esclaves ont péri, combien de souffrances ont été supportées par les hommes au nom des religions, quelles qu’elles soient.

Ensuite, il serait bon de s’interroger sur la nécessité des religions… car croire en Dieu ne peut-il pas se faire sans règles ? l’homme a-t-il besoin de se cacher derrière des concepts inatteignables  pour justifier ses exactions ? l’injustice ne peut-elle pas s’assumer au grand jour comme aux temps de l’esclavage ? Non, bien sûr, car ces règles sont dictées par les hommes, et seuls les hommes ont le pouvoir de les changer, ou de les abolir.
Mais si les religions, au lieu de sortir l’homme de sa méchanceté intrinsèque, le rendait méchant pour des raisons économiques et sociales, afin de protéger ceux qui détiennent le pouvoir ? et surtout, et si cela était volontaire et consciemment élaboré par de fins psychologues avides de pouvoir ?

Car le bien et le mal sont des concepts relatifs inventés, définis et décrits par les hommes. Si Dieu existe et qu’il est vraiment tout puissant, alors soit il ne juge pas les actes humains, ni ne les punit, soit il n’autorise pas le mal.
Et si l’homme est mauvais, alors les religions actuelles ne fonctionnent pas, et ne sauraient y arriver. Il faut soit changer nos conceptions, soit accepter et assumer nos contradictions.

Après toute cette digression, comment maintenant envisager un monde où le don serait la règle, sans recourir à la religion ? c’est bien là tout le problème. Car pour inciter les gens à donner sans échanger, à partager sans garder, à travailler sans contrainte, à vivre sans peur, à penser à autrui, il faudrait tout d’abord pouvoir balayer d’un seul coup près de 3000 ans d’Histoire et de religions, pour pouvoir instaurer une nouvelle manière non seulement de concevoir le divin, mais aussi et surtout de voir l’homme d’une façon radicalement opposée à celle qu’on nous inflige depuis toujours. Il faudrait que les hommes prennent conscience de leurs forces et de leurs faiblesses, et prennent la véritable mesure de leur humanité : un amas de contradictions insolubles, une complexité chaotique formant un tout relativement homogène, une création insensée de la nature, à la fois capable d’amour et de haine, de violence et de douceur, une harmonie des contraires. l’Homme n’est ni bon ni mauvais de manière innée, mais son but est de parvenir d’une part à s’améliorer, et d’une autre à transmettre son amour des autres , sa confiance en l’avenir, par le biais de la filiation.

En fin de compte, le pire est qu’on constate que cet homme est bien celui qu’évoquent toutes les religions,  mais par un étrange subterfuge, qui n’a rien de divin, les hommes détenant le pouvoir de nous éclairer sur les messages délivrés font aujourd’hui comme hier, et quelle que soit l’église : ils préfèrent nous indiquer les comportements à suivre plutôt que de nous apprendre à lire, et à comprendre par nous-mêmes pourquoi il faut les suivre. Ainsi, ils y déversent à la place leurs propagandes, et rendent les hommes serviles au lieu de les libérer.

Mais le jour où les hommes auront compris que qu’ils ne sont pas les victimes des Dieux mais celles des hommes, alors ils brûleront tous leurs veaux d’or pour recouvrer leur liberté. Quand ils auront pris conscience qu’en changeant les règles les souffrances peuvent disparaître, alors ils retourneront à leur véritable essence. Car lorsqu’ils auront cessé de croire à leur méchanceté naturelle, ils seront déjà meilleurs. Et la religion sera alors de nouveau au service des hommes.

Caleb Irri

http://www.calebirri.unblog.fr

Publié dans la pensée du jour, philo, politique?, un nouveau système | 2 Commentaires »

12345...10
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...