petites réflexions sur l’actualité

Posté par calebirri le 11 janvier 2013

Je vous propose ici quelques petites réflexions inspirées de l’actualité de ces derniers jours, en vrac et sans aucun lien entre elles (en apparence…) :

-Il ne faut pas regarder combien un capitaliste crée d’emplois, mais combien il aurait pu en créer si sa marge avait été moins grande.

-Au mieux, le capitalisme « régulé » ne satisfera jamais plus que la moitié des gens.

-Si la manifestation contre le mariage gay était sociétale et pas politique, alors les musulmans défileraient aux côtés des catholiques.

-Aujourd’hui on a appris que l’homme jette la moitié de ce qu’il produit, et on trouve cela alarmant. Mois, je trouve cela extrêmement positif : car cela signifie que tous les analystes qui nous effraient avec le problème de la surpopulation se sont trompés : nous sommes capables, aujourd’hui donc, de nourrir près de deux fois la population, rien qu’en ne gaspillant pas !

-Une vieille dame de 94 jetée dehors par sa maison de retraite pour cause d’impayés : tout le monde s’insurge contre la maison de retraite mais qui pour remettre en cause le système qui engendre ces comportements ?

-Une enfant de 5 ans conduite au poste car ses parents ne payent pas la cantine ; une policière municipale (peut-être mère de famille elle-même ?) a respecté un ordre donné : mérite-t-elle d’être considérée comme un agent au service de la protection des individus, de la société ?

Caleb Irri
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Mais où est donc passé l’argent ?

Posté par calebirri le 25 août 2012

Mais où est donc passé l'argent ? dans argent Financial_Zoo1-300x182Après que me soit venue l’idée que les riches ne pouvaient peut-être tout simplement pas payer , j’ai commencé à me pencher sur une question simple qui découle de la constatation suivante : si les riches ne sont pas en mesure de payer pour la crise et que les pauvres non plus, qui le peut, et surtout OU DONC EST PASSE L’ARGENT ?

Cela fait donc quelques jours que je bataille pour y voir plus clair, mais le système est plus que complexe. Pourtant, des dizaines de milliards, ça ne devrait pas passer inaperçu : tous les jours des montants fabuleux sont cités partout dans les médias, il doit donc bien y avoir quelqu’un qui les récupère à la fin, non ?

Bon. Je n’ai sans doute pas encore tout saisi, mais voilà quelles sont les conclusions provisoires que j’ai tiré de mes « recherches » :

-Les Etats ont tellement emprunté pour financer leurs dettes qu’ils sont aujourd’hui au bord de la faillite.
-Les banques commerciales sont au bord de la faillite elles-aussi, car elles ont tant prêté qu’elles sont à peu près sûres aujourd’hui de ne pas pouvoir être remboursées intégralement.
-Les particuliers (pauvres) sont les premières victimes de la crise et pour la plupart leur épargne est leur seule ressource ; et au regard des milliards recherchés, elle n’expliquera pas tout. On ne peut pas compter sur eux.
-Les particuliers (riches) possèdent bien des millions ou même pour certains des milliards, mais même s’ils le voulaient ils ne pourraient pas récupérer tout leur argent. ils sont à oublier aussi.
-Les entreprises (et même les grandes) utilisent pour la plupart l’argent prêté par les banques en investissements, et ne possèdent sur leur compte que la trésorerie nécessaire pour survivre, le reste étant mis à l’abri sur des comptes inaccessibles à l’impôt, ou partagé entre les actionnaires privés. Elles ne paieront pas non plus.

Mais si personne ne possède donc « concrètement » tout cet argent, me disais-je naïvement, peut-être est-ce la BCE, qui en tant que dernier recours sert de régulateur à tout ce petit monde, possède sur ses comptes l’ensemble de la monnaie disponible, puisque c’est elle qui lui donne sa réalité physique. Et puisque l’argent circule, c’est qu’il existe non ?

Et bien au risque de vous surprendre, il est possible que non. Enfin pas totalement. Car si la BCE est la seule autorité européenne à pouvoir « battre monnaie », ses fonds « structurels » sont assez limités. Ce qui constitue l’essentiel des échanges monétaires n’est en réalité qu’une somme incalculable de titres de créances des uns, de titres de dettes des autres, des bouts de papier s’échangeant continuellement et avec une valeur qui varie au gré des événements… et de la confiance des acteurs. Et puis surtout, ce n’est pas la BCE qui crée la monnaie.

Car ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la masse monétaire en circulation n’est qu’une « projection » de la monnaie qui existerait si tout le monde était en mesure de rembourser ce qu’il a emprunté (ce qui est nécessairement impossible).

Et il faut rappeler que seules les banques commerciales peuvent créer de la monnaie, par le crédit. Mais en fonds propres elles ne possèdent que la somme cumulée des intérêts qu’elles gagnent en prêtant. Tout le reste n’est que de l’argent « fictif », résultat espéré en retour de la confiance que mettent (abusivement) les banques dans leurs clients.Cet argent n’existera qu’au terme du remboursement, et en fin de compte aura été utilisé, dépensé en totalité avant que d’exister vraiment, et cela sur le dos de l’emprunteur qui par son labeur permet de dégager les intérêts qui font leur gain.

La conséquence en est que si l’argent est introuvable, ce n’est donc pas parce qu’il est planqué dans des paradis fiscaux (vous n’y trouverez que peu de billets, il n’y a là-bas que des ordinateurs ultra-sécurisées), mais tout simplement parce que tout l’argent qui n’est pas dans les fonds propres des banques n’existe pas réellement, ou a déjà été utilisé. Ce ne sont que des crédits dont on anticipe fictivement le remboursement pour créer de la liquidité, mais qui s’ils ne sont pas in fine remboursés disparaitront dans le trou noir que semble être devenu la BCE.

S’il faut une preuve pour vous convaincre de ce que j’avance, il suffit de se pencher sur un exemple récent, celui de l’Equateur : endetté jusqu’au cou et sous la contrainte d’un plan de rigueur drastique, un audit de leur dette conduit pendant 14 mois les a poussé à refuser de continuer à payer. Les créanciers ont pris peur, et ont tenté de vendre leurs titres qui se sont dépréciés à une vitesse folle (je crois qu’elles ont perdu plus de 70% !). La dette perdit donc rapidement de sa valeur, et l’Equateur n’eût ensuite qu’à mandater une banque pour en racheter une partie conséquente (environ 30%), ce qui lui a permis, en quelques mois, de racheter par la suite, et pour 35% de sa valeur totale, plus de 90% de sa dette…

Résultat, une dette quasiment disparue (si on achète sa propre dette on peut se l’annuler soi-même !), et des intérêts réduits à rien : juste quelques lignes écrasées dans des ordinateurs, et voilà le travail !

Maintenant, imaginez qu’il suffirait d’un gouvernement assez courageux pour dire « on ne paie pas » pour que tout s’arrête ! Imaginez qu’il suffirait d’une panne de courant géante, d’un « delete » abusif ou d’un virus informatique pour que tout cet argent disparaisse et que les dettes soient annulées, que les cartes soient rebattues. Imaginez que la simple menace d’un « bankrun » soit capable de provoquer la panique chez ceux qui vivent non pas à crédit comme nous, mais directement sur notre dos… et alors c’est toute l’arnaque de ce système qui risquerait d’être découverte : il n’y a d’argent réel que ce que les pauvres veulent bien transpirer pour entretenir le niveau de vie des riches qui les exploitent. Et il nous suffirait de le refuser pour y échapper !

Caleb Irri
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Dessin réalisé par N. Rahal

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Entre fait divers et fait de société, les rapaces entrent en campagne

Posté par calebirri le 20 mars 2012

« Niveau écarlate », « vigipirate », « massacre », « terrorisme », « morts », « juifs », « fusillade », voilà les mots-clés qui vont faire sensation sur internet dans les jours qui viennent… Quelle pitié ! alors que l’horreur a encore frappé ces derniers jours après les meurtres de militaires qu’on dit « maghrébins » et celui de personnes innocentes qu’on dit « juives », nos bons politiciens, comme leurs complices journalistes, se jettent tous ensemble, comme des oiseaux nécrophages, dans la bataille de récupération, d’instrumentalisation qui suit d’ordinaire les faits divers à l’approche d’échéances électorales… Ils disent ne pas vouloir d’un « nouveau Carpentras »bien sûr, mais ils ont tout de même sorti aussitôt leurs larmes les plus chaudes, plaignant les familles  et promettant des sanctions. Chacun ira bien entendu de sa proposition de loi pour lutter contre ces violences (lorsqu’il sera élu) dont on nous dit un jour qu’elles se font plus rares et un autre qu’elle se font plus nombreuses…

 

Mais en réalité, ils n’en ont rien à faire de tous ces innocents. Pas plus que de ceux qui se suicident au travail ou de ceux qui meurent de faim. Car les morts ne votent pas, n’achètent pas les journaux, tandis que les familles apeurées par la couleur « écarlate » (celle du sang) du plan vigipirate oui. Bien sûr, comme chacun de nous, ils considèrent ces actes odieux comme inacceptables, mais comme nous aussi ils ne ressentent pas la peine que les familles et les proches des familles ressentent (et c’est bien normal, la nature humaine est ainsi faite)… Mais contrairement à nous ils font semblant.

 

Ils font semblant aussi de croire que le terrorisme est de retour, que nous sommes tous en danger, que « ça peut arriver à tout le monde », alors qu’ils savent très bien d’une part que de tels actes sont spontanés, isolés et très rares, et d’une autre qu’ils sont pratiquement incontrôlables. Ce qui compte pour eux n’est pas d’éviter le fait divers (cela est impossible), mais de s’en servir pour gagner des voix. Et s’il faut pleurer, crier ou promettre n’importe quoi devant les caméras pour y arriver, ils le feront. Et s’il faut appeler un fait divers un attentat terroriste pour faire monter la pression, alors il n’y a aucune hésitation à avoir : les adeptes du « qui veut la fin veut les moyens » (parmi lesquels on compte beaucoup d’hommes politiques) iront jusqu’au bout de l’amalgame.

 

Des éditions spéciales, des témoignages de témoignages, des « suivez les infos en direct », des titres « bien sentis », des images « choc », voilà toute la compassion, tout le respect dont bénéficieront les victimes et leurs proches ; doublement victimes en réalité, car ils verront leur douleur utilisée à des fins électoralistes ou mercantiles, leurs morts maintenus artificiellement en vie pour quelques heures ou quelques jours, le temps que le « buzz » passe et que la nuée de rapaces trouve d’autres drames à se mettre sous la dent. Chacun y trouvera son compte à la fin, car d’un point de vue strictement « tactique » ce genre de malheurs est une aubaine pour nos politiques, ceux-là même qui, avec la complicité des médias, utilisent la violence et la mort pour prospérer…

 

 

Pourtant, ce sont justement eux les véritables coupables de ces horribles faits divers, car ils sont responsables des fous que la société engendre, des armes qu’elle vend, des souffrances qu’elle crée…et surtout des drames qu’elle s’apprête à produire. Car s’il est facile d’accuser la folie d’un homme seul, il sera plus difficile de l’expliquer s’il n’est pas fou…  A force de  jouer avec le feu (stigmatisation de certaines religions, de certaines communautés, misère sociale et misère tout court…) on en vient à créer les conditions qui permettent à la folie de s’installer. Reste à savoir si le tueur est « vraiment »  fou (dans le sens « irresponsable »), et en ce cas on ne peut parler ni d’attentat ni de terrorisme. Mais s’il ne l’est pas, c’est alors la société qu’il faudra bien accuser, car c’est elle qui l’a créé.

 

 

En attendant, on suppute déjà des militaires musulmans et des écoliers juifs tués par un même homme, sans paraître se rendre compte de la portée symbolique d’un tel fait (s’il est avéré) : quoi de mieux en effet pour monter les uns contre les autres ?  En sur-médiatisant ce drame, en reprenant les rumeurs et en instrumentalisant la douleur des victimes, la société s’apprête à engendrer les monstres qu’elle redoute : selon que l’on considère ce drame comme un fait divers ou comme un fait de société, les communautés touchées (de près ou de loin) par sa récupération politicienne deviendront alors un instrument de propagande  au service de la peur et de la haine entre les hommes… Imaginez que le coupable se trouve encarté au FN, et jamais Madame Le Pen ne pourra se trouver au second tour ! Imaginez qu »il se trouve à  l’UMP et il sera déclaré fou, et s’il est au PS on le dira victime du discours des deux premiers ; et si enfin c’est un « marginal » (il faudra un jour qu’on nous dise qui ils représentent), on accusera alors le laxisme du PS, etc…

 

 

Et c’est bien contre cette surmédiatisation, contre cette récupération politicienne qu’il faut lutter, car elle risque fort de provoquer les violences contre lesquelles nos hommes politiques sont censés lutter, comme le prouvent les drames qui se réalisent aujourd’hui, conséquences d’autres médiatisations précédentes qui ont porté leur immonde fruit jusqu’au cerveau fragile d’un déséquilibré qui sans doute possède chez lui… une télé.

 

 

Ces hommes qui font semblant me dégoûtent, car non seulement ils se moquent du malheur des autres, mais en plus ils l’utilisent à des fins personnelles… Mais le pire dans tout ça, c’est que leurs mensonges, leurs amalgames, leur hypocrisie sont le ferment qui permet aux médias de diffuser dans tous les foyers la peur et la haine, portant ainsi la responsabilité et des drames passés, et de ceux à venir…

 

Caleb Irri

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Le retour de la morale peut-il faire tomber le gouvernement ?

Posté par calebirri le 3 septembre 2011

Il paraît qu’on veut faire revenir la morale à l’école : il était temps ! Il est tout à fait formidable qu’on s’aperçoive enfin du nombre de générations perdues avec sa disparition : ces mêmes politiques qui en ont tellement manqué lorsqu’ils étaient petits, voilà une bonne chose qu’ils soient encore capables de le reconnaître.

 

Imaginez donc ! C’est en réalité une vraie révolution à laquelle nous assistons avec ce retour aux cours de morale : faisant amende honorable, nos bons gouvernants renoncent apparemment à offrir à nos enfants une éducation comparable à celle qui a été la leur, c’est-à-dire une éducation sans morale ; permettant ainsi de faire cesser les conséquences désastreuses liées aux incroyables manquements dont ils ont été eux-mêmes victimes jusqu’à maintenant. Voilà peut-être même de quoi expliquer la crise financière, les guerres qui ont essaimé les dernières décennies, les mensonges auxquels nous avons eu droit, la corruption généralisée qui a gangrené toutes nos élites…. C’est parce que les cours de morale avaient disparu dans la scolarité de nos chères têtes blondes devenues grandes, soumises uniquement à la dictature de la rentabilité et faisant fi des principes philosophiques les plus élémentaires que notre monde est devenu ce qu’il est aujourd’hui.

 

Car après tout la morale est une notion philosophique qui implique une distinction entre le « bien » et le « mal » permettant de différencier les actions moralement satisfaisantes de celles moralement condamnables : c’est la justice qui est en jeu derrière la morale, et on voit bien où cela nous a mené : recevoir des dictateurs pour récupérer ensuite leur pétrole par la force, promettre « travailler plus pour gagner plus » et relever ensuite l’âge de départ à la retraite, laisser les Africains mourir de faim pendant qu’on sauvait les banques, c’est cela la politique sans la morale. Avec des cours de morale à l’école, ces comportements n’auraient pas pu être admis : « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse », « ne vole pas ton prochain », « ne mens pas », tout cela c’est de la morale, et on ne peut que se satisfaire de voir les choses s’améliorer.

 

Mais ne blâmons pas trop vite nos dirigeants, ce n’est pas leur faute après tout : c’est bien l’idée de tous ces « gauchistes » de soixante-huitards attardés d’avoir voulu supprimer tout cela, et regardez maintenant où nous en sommes ! On imagine quelle peine doivent ressentir aujourd’hui les Luc Chatel et autres misérables victimes de l’éducation nationale de gauche… Mais aussi quelle force de caractère pour oser s’élever contre ces mauvaises habitudes ! … l’idéologie et le conditionnement vont pouvoir cesser enfin, et c’est toute la planète qui bénéficiera sans doute de ces formidables avancées : quand nos petits écoliers deviendront grands, ils auront cette fois été nourris à la morale dès le plus jeune âge, ce qui permet d’envisager le futur avec sérénité.

 

Cela dit, ces cours de morale à l’école sont peut-être dangereux pour les dirigeants actuels eux-mêmes, et je les mets alors en garde : car s’ils veulent continuer à régner sans partage sur le monde de demain, il se pourrait bien que cette foutue morale leur revienne par derrière la tête comme un boomerang. Car les moralistes étaient des philosophes qui pour la plupart prêchaient l’amour et le partage, l’égalité et la liberté.

Et si le capitalisme se fout pas mal de la morale, la morale ne se moquera pas du capitalisme : elle le combattra certainement.

 

Caleb Irri

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un président coupable de tout…mais responsable de rien !

Posté par calebirri le 4 novembre 2010

Je viens de lire un article incroyable sur « lemonde.fr« , concernant la vaste fumisterie des sondages. La plainte déposée contre X pour « délit de favoritisme » se trouve classée sans suite, au regard de « l’irresponsabilité pénale dont jouit le président de la République », qui selon l’avis de classement « doit s’étendre aux actes effectués au nom de la présidence de la République par ses collaborateurs ».

 

Bon. Je ne suis pas spécialiste en droit, et j’aimerais bien avoir l’avis de maître Eolas sur le sujet,  mais tout me porte à croire que cet avis est raisonnable, compte tenu du fait qu’il doit être légal. En effet, à l’occasion d’une précédente modification constitutionnelle, le statut pénal du président de la République a bel et bien été modifié, de manière à garantir sa position. Mais la question de la légalité est-elle la seule que l’on doive se poser ?

A cette occasion, il est donc stipulé d’une part que le président de la république jouit d’une « irresponsabilité pénale », mais surtout que ceux de ses collaborateurs qui agissent en son nom doivent également en bénéficier. Je n’imagine pas qu’un tel jugement puisse être considéré comme valable dans la réalité, mais cela indique quand même dans quel état se trouve notre démocratie.

Même lorsque l’on regarde les textes, on s’aperçoit bien vite qu’en réalité le président est intouchable, que ce soit pénalement ou même politiquement. La procédure de destitution du président ne peut être engagée qu’à travers une marche à suivre pratiquement impossible à réaliser, particulièrement dans le cadre de ce « régime présidentiel » fondé sur le quinquennat, et avec un parlement soumis à la volonté de ce même président. J’en veux pour preuve que l’unique raison justifiant la saisine de la Haute Cour, à savoir la notion de  « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » est, selon le point de vue où on se place, caractérisé à plus d’une reprise si on se réfère au texte de la constitution dont il est censé être le garant.

 

De plus, on comprend mal comment le président peut être destitué pour des actes dont il ne serait pas responsable… mais peut-être tout cela est-il précisé dans une loi organique dont on ne sait qui peut la consulter, ni à combien de ramifications elle conduit, et ni même si elle est actuellement rédigée…

Ainsi donc, et à travers les failles de la Constitution,  le flou juridique entourant le statut du président s’étend désormais jusqu’à ses collaborateurs. On devrait pouvoir s’étonner d’une telle loi dans une démocratie, ou bien se poser des questions quant à la compétence de ceux qui l’ont votée, ou encore réfléchir à l’incohérence des motifs conduisant au classement de cette affaire… et pourtant c’est à peine si cette information a dépassé le statut de « dépêche AFP ».

Comment se fait-il que personne n’exige une logique, ou au moins une définition de ce que signifie la « responsabilité » ? si le président est responsable de garantir la constitution, mais jugé irresponsable au cas où il ne le fait pas, et que sa responsabilité (donc son irresponsabilité) rejaillit sur ses collaborateurs eux-mêmes responsables de l’irresponsabilité des lois qu’ils font voter, alors il y a quelque chose qui ne tourne pas rond…

Le problème n’est donc même plus de savoir s’ils sont coupables (l’Histoire les jugera pour nous), mais seulement de savoir s’ils sont responsables… ou pas. Dans le premier cas ils sont vraiment très forts, et dans le second ils le sont encore plus : coupable sans être responsable, c’est une magnifique double-pensée, et surtout un formidable concept !

 

Caleb Irri

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La peur des banques

Posté par calebirri le 12 octobre 2010

Au brésil, une grève des agents de la banque dure depuis quatorze jours, pour exiger des augmentations de salaires. 8000 agences sur presque 20000.  Bien sûr, en France aucun média ne relaie cette information, et pour cause : le pays se trouve actuellement entre deux tours, et commence à souffrir d’une pénurie de liquidités. Il n’y a plus d’argent dans les distributeurs, et les chèques ont du mal à être acceptés.

 

En France, quelques voix commencent à s’élever autour du « buzz » de monsieur Cantona, qui réclame non pas la grève des agents de la banque, mais plutôt celle de leurs clients, qui s’ils retiraient en masse leur argent, feraient s’effondrer le système. J’ai moi-même évoqué plusieurs fois cette éventualité, et je suis bien aise d’entendre enfin certains pointer du doigt les principaux responsables de la crise actuelle, les banques. Mais cette idée, si elle est attrayante, ne suffit pas : c’est tout le système financier qu’il faudrait faire s’effondrer, ou au pire remettre à plat. Comme le disait justement monsieur Lordon, « il faut supprimer la bourse« , pour commencer! A mon avis, il faudrait même supprimer l’argent, mais n’allons pas trop vite, souvenons-nous de la théorie du crapaud ébouillanté ; elle fonctionne dans les deux sens.

 

je l’ai déjà dit, la cause principale de l’échec de nos luttes précédentes en est certainement le « coup de retard » systématique que nous entretenons sur les évènements. Comme celui qui mange toujours du pain rassi, pour ne pas « gâcher » : au lieu de se résoudre à jeter le pain de la veille pour en acheter un neuf, il se trouve condamné à toujours acheter son pain le soir, faute de n’avoir pas fini celui de ce matin. Il faut savoir laisser passer un tour, et se rattraper sur le suivant : la partie n’est pas encore finie !

 

Car avec le pétrole comme à la bourse, et contrairement à ce que les lois du marché voudraient nous faire croire, les évènements sont plus le fruit des actions des hommes que de celles des formules mathématiques, et il arrive parfois que  l’humain l’emporte sur les chiffres : nous avons donc notre coup à jouer. Quand les transporteurs décident de bloquer les raffineries, la pénurie se crée d’elle même, par l’intermédiaire de la peur que cette même pénurie provoque. Lorsque une information indique que la bourse s’effondre, la panique qu’elle crée la fait s’effondrer.

 

Cette technique de l’intimidation est le coup d’avance qu’il nous faut prendre à l’égard des banques, et qui permettrait de résoudre le principal problème soulevé par la proposition de monsieur Cantona : si tous les pauvres retiraient d’un coup leur argent…

Mais quel argent ? ils n’ont que des découverts, et c’est bien grâce à ceux-ci que la banque gagne des sous (quand on sait que 40% du chiffre d’affaire des banques est fait sur des services ou des frais de gestion), alors comment faire ?

 

Et bien justement, au lieu de faire sauter les banques comme dans « Fight Club« , si nous faisions peur, mais réellement peur aux banques afin que ce soient les riches qui en viennent à tout retirer ?

 

Imaginons une date, à la date du 19 novembre par exemple. Nous appelons, le 19 octobre, tous les gens déçus de ce gouvernement à réclamer la démission du gouvernement (pourquoi eux ? mais parce qu’ils sont alliés!), sans quoi tous retirerons nos avoirs en banque. Il faut le faire bien sûr, ne serait-ce qu’une petite somme, tous ensemble, comme un happening. Mais l’effet serait bien supérieur du fait même de cette annonce : tous ceux qui ont de l’argent auraient peur, et iraient par sécurité le retirer.

 

Ou encore mieux : le jour dit, tous retireraient ce qu’ils peuvent en liquide, le même jour, à hauteur du maximum du plafond de découvert autorisé. Peut-être vaudrait-il mieux prévoir, d’ailleurs, une date en début de mois, afin que ceux qui se trouvent rapidement en galère puissent participer aussi. Cet argent, il faudra le laisser chez soi, en attendant la réponse du gouvernement : si tous agissons ensemble au même moment, cette espèce de « prise en otage » légale et sans douleur pour le peuple de tous les découverts autorisés débouchera sur la peur des banques, inversant d’un coup le rapport de force. Le mouvement de panique ainsi engendré irait droit au but, c’est à dire  sur tous ceux qui gagnent de l’argent avec nos sous, 24heures sur 24, dans tous les pays du monde, avec nos sous qu’ils ont créé pour nous les prêter, et qu’ils font fructifier pour eux-mêmes. Ils se verraient dans l’incertitude de savoir si les clients retourneraient, un jour, rembourser leurs dettes. Le peuple devra alors conditionner le retour des espèces en banque à la prise en compte de ses exigences, et tenir aussi longtemps qu’elles ne sont pas écoutées…

Ensuite, il suffit d’établir un gouvernement provisoire avec les assemblées, pour les affaires courantes et avec interdiction de voter de nouvelles lois. Mettre en place les Etats Généraux citoyens que tous désirent, former une nouvelle Assemblée Constituante et écrire une nouvelle Constitution, plus juste et plus humaine. La peur aura alors changé de camp, et notre peur des banques se verra remplacée par la peur (de la part) des banques. Il n’y a plus qu’à…

 

Caleb Irri

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