Israël/Palestine : si vis pacem, fais-la !

Posté par calebirri le 22 novembre 2012

Il est toujours difficile d’aborder la question du conflit israélo-palestinien : accusés de soutenir soit des terroristes soit des colonisateurs, les commentateurs même les plus compétents semblent toujours embarrassés lorsqu’ils décrivent cette situation inextricable.

Car en définitive il est avéré que chaque camp se trouve à la fois responsable et coupable de la situation actuelle, à tel point qu’il est devenu aujourd’hui impossible de déterminer les torts de chacune des partie sans se perdre dans des considérations historiques qui n’ont même plus lieu d’être : depuis plus de soixante ans les choses ont bien changé dans la région, et il apparaît qu’un jugement des responsabilités, comme un retour aux frontières de telle ou telle date sont une aberration pratique. Aujourd’hui nul n’est plus en mesure de revendiquer un territoire clairement défini ; la solution à deux Etats semble plus qu’impossible à réaliser. Tandis que faire les comptes ne ramènera pas les milliers de morts inutilement sacrifiés.

J’ai toujours été frappé par l’absence de solution contenue dans un conflit armé : des troupes sont envoyées se battre contre d’autres troupes pour « sauver » chacun sa patrie, sans que jamais l’un des deux combattants n’extermine définitivement la population ennemie. Ceux qui disent vouloir la fin d’Israël veulent-ils la fin de tous les Israéliens ? Et ceux qui veulent se débarrasser des terroristes palestiniens veulent-ils exterminer tous les Palestiniens ? Car quittes à vouloir la guerre, pourquoi ne pas aller au bout de la logique ? Israël rayé de la carte, ou les Palestiniens définitivement massacrés, est-ce bien cette solution que veulent voir se réaliser les acteurs de ce drame qui dure depuis tant d’années ?

J’ai du mal à croire en cette volonté ; et quand bien même cela serait l’objectif affiché, il faut admettre que si d’un point de vue « pratique » Israël a les moyens pour détruire toute vie palestinienne, les terroristes Palestiniens ne font par leurs actions qu’empirer le sort de leur propre population. Mais qu’est-ce qui empêche donc les Israéliens de supprimer définitivement le « problème palestinien » si ce n’est « la morale » internationale, ou la peur de représailles extérieures ? Et qu’est-ce qui pousse les palestiniens à continuer leurs attaques si ce n’est justement la volonté de pousser Israël à se lancer dans une réaction qui ne serait que l’étincelle permettant des représailles espérées ?

Car si nous pouvons oser ici un peu de « tactique » politique, les Israéliens au pouvoir ont en réalité tout intérêt à ce que des roquettes tombent régulièrement sur leur pays, car ils continuent ainsi de susciter la pitié (et les subventions) d’autres pays comme les non-négligeables Etats-Unis, tandis que les Palestiniens ont eux tout intérêt à voir Israël envahir leur territoire pour susciter la réaction de leurs voisins déjà échaudés.

Mais que les hommes (les peuples, pas leurs dirigeants corrompus) réfléchissent une minute à la réalité objective de leurs comportements : les Israéliens désirent-ils VRAIMENT la mort de tous les Palestiniens, et sont-ils prêts à pratiquer un génocide ouvert sur cette population qu’ils considèrent comme dangereuse, et considèrent-ils que leurs vies valent moins que les leurs propres ?
Les palestiniens désirent-ils VRAIMENT que le conflit dégénère jusqu’à provoquer un chaos dont les victimes se compteront par milliers ?

Seulement si ce n’est pas le cas, alors il apparaît qu’en l’absence d’une telle volonté la guerre est tout simplement inutile ! Et si ce n’est que la peur des représailles qui les en empêche, alors ils n’iront jamais jusqu’au bout non plus. Car en définitive personne n’a plus aucun intérêt à continuer ce conflit ; seuls les dirigeants qui nous poussent à le croire ont un intérêt à cette perpétuation, qui ne fait qu’éloigner les peuples de leur humanité, et qui constitue peut-être pour les hommes de pouvoir le seul recours pour continuer à les exploiter, et pour le monde capitaliste le moyen de purger son système de la crise.

En réalité le seul moyen de trouver une solution qui satisfasse tout le monde n’est pas de préparer la guerre mais de faire la paix, avec un seul et même Etat ouvert dans lequel Israéliens et Palestiniens se mélangeraient jusqu’à oublier qui est qui. Et cette solution, les peuples ne doivent pas attendre qu’elle leur soit proposée par les dirigeants, il faut qu’ils la mettent en place eux-mêmes, maintenant.

Les peuples doivent se réveiller et dire non à leurs dirigeants. Non aux dirigeants palestiniens, non aux dirigeants israéliens. Ce qu’il faudrait leur montrer, ce qu’ils doivent montrer au monde, c’est combien de Palestiniens et d’Israéliens seraient capables de se retrouver, chacun de son côté du mur, pour défiler ensemble pour la paix, et exiger la destruction de ce mur, le faire tomber comme d’autres peuples ont fait tomber le leur avant eux. Car ce n’est qu’ainsi que la paix pourra se faire. En refusant une guerre qui n’est profitable qu’à leurs dirigeants meurtriers, et en faisant la paix par eux-mêmes et pour eux-mêmes.

La seule question qui resterait alors serait de savoir si une telle manifestation serait acceptée et autorisée par ces gouvernants, et si cette manifestation serait relayée par les médias. Pour le reste, il suffirait de faire confiance aux hommes, seuls capables de faire une paix qui ne soit pas une illusion.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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AC, il nous faut du changement !

Posté par calebirri le 20 octobre 2012

Lorsque l’on évoque le sujet de la révolution, l’image mentale qui lui correspond généralement est celle de 1789, qui fut un bouleversement violent et non préparé, presque spontané, irréfléchi.

A cette révolution je lui préfère la sédition, qui permet d’établir un processus dans lequel la révolution n’est que l’aboutissement logique de sa préparation : pour moi il faut réfléchir « avant » à ce qui sera mis en place « après ». C’est donc presque « naturellement » que j’intitulais mon papier faisant la promotion de l’Assemblée Constituante « D’ABORD la Constituante, et APRÈS la révolution« … Mais cette évidence est apparemment loin d’en être une pour tout le monde.

Pourtant, que ce soit pour 1789 ou la révolution tunisienne de 2010, l’Assemblée Constituante n’a pas répondu à toutes les espérances, et loin s’en faut- on verra bientôt ce que cela donne en Islande. Et si justement ces échecs étaient en réalité dus à l’inversion du processus ?

Car il faut bien parler d’échecs. La crise que nous traversons en est une preuve flagrante, puisque malgré les apparences la démocratie n’existe plus : les politiques ne travaillent pas « pour » le peuple mais pour eux-mêmes… Ce qui en l’occurrence signifie « contre » le peuple ; il n’y a qu’à voir l’injustice des politiques d’austérité, et surtout le résultat de celles-ci : les riches sont de plus en plus riches, quand les pauvres sont de plus en plus pauvres.

On serait tentés d’en accuser les financiers qui, par un lobbying actif et une corruption latente, influent sur les décisions de nos politiques ; mais en définitive ce sont bien les politiques qui prennent les décisions ! Cela signifie que même aux ordres des financiers, les politiques sont les véritables coupables, car ils s’y soumettent plutôt que de se soumettre à la volonté du peuple qui les a élu. Les financiers, eux, sont au moins dans leur rôle : il est « logique » (mais logique ne veut pas dire normal) que les financiers s’occupent de leurs propres intérêts, c’est la règle actuelle. Ce qui ne l’est pas, c’est le non-respect de la volonté du peuple, qui quoiqu’on en dise ne peut désirer son propre appauvrissement. Les politiques devraient être exclusivement au service du peuple, et ce n’est malheureusement pas le cas.

C’est la question des institutions qui se pose alors à nous : comment la Constitution peut-elle être bonne si elle permet de faire le contraire de ce pour quoi elle a été construite ? Et comment est-il possible que le peuple ne puisse pas faire élire un gouvernement qui le serve si la Constitution n’avait pas déjà « dévié » de son objectif principal (le gouvernement du peuple « par » le peuple et POUR le peuple) ?

A partir du moment où les Lois sont faites par des hommes dont l’intérêt premier n’est pas le service du peuple mais celui de ses ennemis, il ne peut en résulter que les incohérences auxquelles nous sommes soumis depuis trop longtemps : cumul des mandats, faiblesse scandaleuse des peines encourues en cas de corruption (quand on pense que la peine maximum pour certains délits est inférieure aux gains réalisés par cette corruption…), conflits d’intérêts latents entre le « privé » et le « public », accointances avec les médias, lenteur coupable de la justice dans les « affaires », niches fiscales, paradis fiscaux…

Que le peuple se révolte est donc juste et nécessaire mais pas suffisant : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » (article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/1789.asp). Il lui faut une Constitution, pour qu’il soit d’une part associé pleinement à sa création, et qu’il sache d’autre part pour quoi il se révolte. Il faut D’ABORD préparer les institutions dont nous avons besoin, et ENSUITE, une fois que nous saurons ce que nous voulons, nous pourrons alors faire la révolution.

C’est pour cette raison que l’Assemblée Constituante doit être un préalable (incontournable) à la révolution : si nous voulons qu’un gouvernement puisse un jour dire « Assez, cela suffit ! Le peuple ne paiera pas la dette car elle est illégitime », il faut bien qu’il puisse arriver au pouvoir. Et pour qu’il ait cette chance il faut que les lois qui organisent les élections soient d’abord modifiées pour permettre aux citoyens de voter ou de désigner ses représentants « POUR » et non pas « CONTRE ». Il faut aussi que le peuple puisse être certain qu’une fois élus, il n’aient aucun intérêt à tromper le peuple qui leur a donné sa confiance, et que les sanctions prévues soient exemplaires. Il faut encore que le peuple puisse lui même prendre les décisions qui le concernent directement.

Et c’est bien le rôle d’une Assemblée Constituante que de déterminer tout cela. Comme dirait « l’autre », « il n’y a pas d’alternative » ! Si nous voulons un jour que les choses changent, il faudra bien en passer par là : réfléchir ensemble à quoi ressembleront nos institutions une fois que la révolution aura mis dehors tous les corrompus qui se partagent depuis trop longtemps les bancs de notre parlement.

Pourquoi ne pas nous y mettre dès maintenant ? Une fois que nous saurons ce que nous voulons, la révolution ne sera plus qu’une formalité !

Caleb Irri
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Forum
Questionnaire en ligne

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Le terrorisme européen a encore frappé

Posté par calebirri le 13 octobre 2012

Un attentat terroriste vient de se produire. En France, ce 11 octobre 2012 , une attaque sans précédent qui, dans un silence assourdissant, a déjà touché des milliers, voire des dizaines de milliers de citoyens innocents.

Pour le moment les informations sont encore floues, car l’attaque s’est produite de manière particulière : invisible au lancement de l’attaque, indolore dans les premières heures qui la suivent, c’est à mesure que le temps passe que les effets de cet acte odieux se feront sentir sur la population.

Mais les victimes sont -et seront- bel et bien touchées, de près ou de loin, par les effets dévastateurs qu’elles subiront de plein fouet, quand les ondes souterraines de cette attaque auront atteint toutes les couches de la population.

Tout ce qu’on peut dire à l’heure actuelle, c’est que cette attaque a été préparée, organisée et mise en place par un groupe de professionnels aguerris, et que le mode opératoire des terroristes ne laisse aucun doute sur les commanditaires de cette action. Elle est le résultat d’un groupe soudé et déterminé à aller jusqu’au bout.

Le communiqué de presse des terroristes fait état de 307 individus, pour certains déjà suspectés de trahison, et les médias disent connaitre la plupart des acteurs de cet acte perpétré contre tous les citoyens de l’Etat. Certains des commanditaires se trouvent déjà réfugiés à l’étranger, ou se préparent à s’y exiler, tandis que la plupart des responsables de la logistique seraient basés à Bruxelles dans la plus totale impunité.

Les futures victimes de cet attentat ne s’en doutent pas encore, mais les effets seront sans doutes plus dévastateurs encore qu’une catastrophe naturelle, plus vicieux qu’une attaque chimique. Petit à petit leurs vies se transformeront en un véritable cauchemar qui conduira les plus faibles à la mort ou au suicide, et les plus forts à la violence mais aussi à la souffrance. Personne ne sait encore combien de vies seront ainsi détruites, mais déjà quelques analystes et commentateurs promettent des conséquences comparables à celles engendrées par une épidémie de peste qui s’étendra bien au delà de nos frontières, sans qu’on n’y puisse rien changer.

Selon toute vraisemblance (mais cela demande confirmation) ce ne serait donc pas Alqaeda qui se trouverait à l’origine de cet attentat mais un groupe bien connu pour la menace intérieure constante qu’il fait peser sur la France ; menace pourtant largement dénoncée par certains depuis un bon nombre d’années… Ce groupe terroriste n’est autre que le Parlement français, dont les décisions ont des conséquences criminelles sur les êtres qu’il est censé représenter, et protéger.

Pour les commanditaires nous ne sommes pas en mesure de vous divulguer les noms, mais les soupçons se portent sur une organisation mafieuse encore plus puissante mais presque intouchable : elle vient de recevoir le prix Nobel de la paix !

Caleb Irri
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Prospectives sur l’avenir : ce qui suivra le TSCG

Posté par calebirri le 3 octobre 2012

Aujourd’hui, à l’heure des cours de la bourse, un journaliste constatait une baisse des cours et analysait celle-ci comme la conséquence de l’absence de demande d’aide officielle de la part de l’Espagne. Les investisseurs seraient « déçus ». Réfléchissons un instant sur ce que cela signifie d’un point de vue économique (pour que la bourse remonte il faudrait donc que l’Espagne s’enfonce un peu plus encore dans la crise!), et regardons ensuite comment ce point de vue éclaire d’un jour nouveau le tableau européen qu’on veut nous imposer : ce n’est pas à la fin de la crise que travaille en réalité l’Europe mais à la formation d’un véritable Empire Européen -comme je l’avais déjà décrit ailleurs.

En réalité la construction européenne n’a jamais été destinée à rassembler les peuples autour d’un projet commun de société, mais simplement à maintenir l’illusion de sa puissance économique auprès des autres grandes puissances de ce monde. Cela fait déjà plusieurs décennies que le retournement du capitalisme a commencé, et ce n’est que par la corruption généralisée des élites qui gouvernent l’Europe qu’Elle a pu se maintenir au niveau des « véritables » grandes puissances. Ce n’est que par la dette, une dette illégitime qu’il lui est désormais impossible de rembourser qu’elle a pu se payer le niveau de vie que nous avons réussi à conserver jusqu’à maintenant.

Aujourd’hui on nous parle du « TSCG », du « MES », de solidarité européenne et de sacrifices inévitables pour retrouver la « compétitivité » (qui nous alignerait sur les niveaux de salaire et de protection sociale des Chinois). Mais l’austérité n’est pas l’objectif visé, en fait elle n’est que le moyen pour parvenir à cet objectif, qui est d’obtenir « légalement » de la part du peuple la formation de facto d’un Empire européen capable de rivaliser à forces égales avec les autres grandes nations du monde, celles qu’on devrait déjà appeler les « émergés » ; tout en dépossédant le peuple de la démocratie comme mode de gouvernance.

Ainsi, ceux qui nous gouvernent aujourd’hui « au nom du peuple » nous imposent par ce traité la création d’un régime non-démocratique au nom de la sauvegarde d’un système qui nous appauvrit, sans que la population ne puisse réagir autrement que par la violence (puisque les solutions « démocratiques » comme le référendum, les grèves et les manifestations n’ont plus de poids). Et ce n’est que « justifié » par cette violence délibérément organisée qu’un pouvoir autoritaire pourra ensuite se mettre légitimement en place et la répression se légaliser.

Car le traité ne réglera pas le problème de la dette, pas plus qu’il ne réduira les profits du monde de la finance. L’essentiel de ce traité n’est pas « l’austérité perpétuelle » (de fait déjà imposée par les marchés), mais bien plutôt la création de facto d’une entité de gouvernance économique européenne non-élue et non-indépendante, qui se sert de la crise pour asservir les peuples sans avoir à leur rendre des comptes une fois tous les quatre ou cinq ans : la stabilité donne confiance aux investisseurs, car les marchés aiment la stabilité politique.

Ce n’est qu’une fois les traités signés et la démocratie enterrée que l’Empire Européen entrera vraiment en action, ce qui lui permettra de discuter à armes égales du sujet qui deviendra alors brûlant dans le monde entier : celui de la monnaie. On nous reparlera alors de la paix, de la solidarité, de la croissance et du bonheur, et surtout du bancor. Ce Bancor que ceux qui se croient de gauche considèrent comme LA solution (car le bancor permettrait actuellement aux pays endettés d’annuler dans les changes une bonne partie de cet « argent qui n’existe pas » ; solution dont les « émergents/émergés » ne veulent pour le moment pas entendre parler), alors qu’il n’est en réalité qu’un autre moyen d’oppression des peuples.

En attendant, la crise entretenue par nos austères dirigeants affaiblira peu à peu les pays émergents qui eux-mêmes seront alors contraints de se résigner (par la force s’il le faut) à accepter cette nouvelle monnaie qui signifiera la fin d’un monde et le commencement d’un autre dans lequel ce ne sont plus les « pays du nord » qui s’affronteront avec « les pays du sud », mais l’application mondialisée d’un régime dans lequel les riches commandent aux pauvres, les forts imposent aux faibles, les maîtres disposent des esclaves.

Le seul point positif dans tout cela, c’est qu’à force de pousser chaque jour un peu plus les peuples à cette révolte qui signera la fin officielle de la démocratie s’ouvrira une sorte de « fenêtre temporelle », à travers laquelle pourront s’engouffrer d’autres courants que celui de la dictature et de l’oppression, comme celui de la révolution citoyenne et de la prise de conscience populaire. Il faudra alors être là, et il faudra être prêts.

Caleb Irri
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Ils veulent nous faire payer deux fois !

Posté par calebirri le 1 août 2012

Pendant que nos dirigeants nous effraient avec la menace d’une explosion de l’Europe (qui n’arrivera pas), les perspectives continuent de s’assombrir et les « plans de sauvetage » s’accumulent sans donner le moindre résultat. Chaque jour les sacrifices exigés des pauvres pour soutenir l’économie augmentent, alors même que la situation se détériore à mesure qu’ils sont successivement acceptés et validés.

Parallèlement, le nombre de « soupçons » concernant l’intégrité des grandes institutions financières (et de leurs dirigeants) se multiplient, du Libor Gate en passant par la HSBC et jusqu’à Mario Draghi (celui qui avait travaillé pour Goldman Sachs et que l’on soupçonne d’avoir contribué à maquiller les comptes de la Grèce), sans oublier le scandale des paradis fiscaux en France ou à l’échelle internationale, ni quelques autres « affaires » qui allongent une liste malheureusement non exhaustive…

Cela va donc bientôt faire 5 ans que la crise perdure, et personne ne semble encore vouloir faire le lien entre ces deux éléments qui pourtant font sens si l’on veut bien se donner la peine d’y réfléchir une minute. Et si les sacrifices que l’on exige du peuple pour sauver un système corrompu n’étaient justement que la conséquence de cette corruption ? Alors que les institutions financières ont créé par leurs pratiques criminelles la situation qui nous a appauvri jusqu’à aujourd’hui, ils exigent en plus ce soient ceux qui en ont déjà pâti une fois qui payent une seconde fois – non pas pour nous sauver « nous »- mais pour se sauver « eux » !

Car ce qu’on nous demande aujourd’hui n’est rien d’autre que de payer une seconde fois. La première enveloppe d’aide aux banques a été forcément été détournée de son objectif affiché, puisque le crédit ne s’est pas détendu, que la croissance n’est pas revenue, que les investissements et l’emploi non plus. La seule chose que nous pouvons constater, c’est que les entreprises du CAC40 ont en 2011 accumulé plus de 70 milliards de bénéfices

Et il n’y a personne dans les rues pour exiger des explications, pas un procès de la part de ces citoyens bernés deux fois, pas une manifestation unitaire ni même une misérable pétition ! Tout le monde semble aujourd’hui s’être résigné à l’inutilité de ces actions, et tout le monde sait bien que tous ces tricheurs sont protégées par la Loi des hommes de paille que sont les dirigeants de nos Etats – grâce à des sommes formidables ; et avec l’argent qu’ils ont volé à leurs victimes.

Rendez-vous compte, non seulement on nous vole une partie des fruits de notre labeur, et en plus on voudrait nous demander d’en donner davantage ; et avec le sourire s’il-vous-plaît.

Mais en acceptant les sacrifices nous ne sauvons pas notre bonheur présent, nous ne faisons que saboter notre bonheur futur. C’est une erreur grave, et sans doute historique.

Et le jour où la BCE aura injecté de l’argent pour les banques, il ne faudra pas croire que l’Europe est sauvée, et nous avec. Au lieu de sauter de joie nous ferions mieux alors de nous inquiéter, car l’argent sera bien pris dans les poches de quelqu’un : le peuple.

Tandis qu’en mettant en prison tous ces tricheurs et tous ces menteurs qui décident pour nous (et contre nous), en rendant transparents les comptes ou en supprimant les paradis fiscaux, nous trouverions aisément l’argent qui nous manque pour conserver notre niveau de vie intact -et peut-être même plus.
N’y a-t-il donc rien d’autre à faire qu’attendre ? Et pourquoi pas, après tout ?

Caleb Irri
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Gouvernements et marchés : et si on les faisait chanter ?

Posté par calebirri le 3 juillet 2012

Puisque la Grèce a capitulé et que monsieur Hollande trahit déjà ses promesses, les peuples de l’Europe doivent désormais se considérer comme seuls pour stopper la machine infernale qui se prépare à broyer les restes de nos déjà piètres conditions d’existence. La tâche ne sera pas aisée et les possibilités d’actions sont limitées, mais nous sommes et resterons quoiqu’il advienne les maîtres de notre destinée- si toutefois nous voulons bien nous donner la peine de nous en rendre compte.

Maintenant, il s’agit de recenser les options qui nous restent, et ne pas se tromper sur la manière de les utiliser.

-la grève générale : Le problème de la grève générale est qu’elle nuit assez rapidement à ceux-là mêmes qui la conduisent, et qu’elle est très mal perçue par ceux qui ne la suivent pas. De plus, le service minimum a considérablement amoindri la force de la grève. Pour fonctionner, elle doit donc être massive, et massivement soutenue, c’est-à-dire très bien organisée.

-les manifestations : les événements récents nous ont montré que même massives elles ne sont d’aucune utilité, et que la durée ou la répétition de celles-ci servent en réalité à permettre un durcissement du conflit qui débouche à terme sur de la répression.

-l’Assemblée Constituante : elle est pour moi le moyen de lutte le plus cohérent en même temps que le plus pacifique, mais prend du temps et demande une implication constante de la part des citoyens. Elle doit s’organiser sur le long terme et parallèlement à d’autres formes de lutte, et surtout n’être pas contrôlée par un pouvoir qui lui retirerait toute sa légitimité.

-Le référendum d’initiative (vraiment) citoyenne : entre réalité théorique et utopie réalisable, le RIC est un outil formidable qui n’a malheureusement aucune chance d’être mis en place par le gouvernement actuel, car il le mettrait en défaut à coup sûr. Pour qu’il soit légitime, il doit être organisé sur toute l’Europe, ce qui implique une organisation très lourde et une solidarité sans faille entre toutes les composantes nationales de ce genre de projets.

-le coup d’Etat : il est bien évident qu’un coup d’Etat ne peut qu’être vecteur de violences et de divisions, et l’illégitimité d’un tel acte est évidente. Il n’est pas besoin d’aller plus loin pour écarter cette option dont personne ne sortirait gagnant.

-la négociation syndicale : il faut être clair là-dessus aussi, il n’y a pas plus à attendre de ce côté-là que de celui du gouvernement, étant donné que c’est le même côté…

-le boycott : le boycott est une forme de lutte commerciale qui peut avoir des effets importants sur le long terme, mais ils sont assez imprécis lorsqu’il s’agit d’un refus global des grandes firmes qui imposent leurs prix à toute la chaîne de production, car elles détiennent à quelques unes pratiquement l’ensemble de la production, ce qui fait qu’à moins de se priver de presque tout, il favorisera inévitablement l’une ou l’autre de ces grandes firmes

-le bankrun : nous avons un peu trop vite oublié la terreur qu’a provoquée cette rumeur lorsqu’elle est venue jusqu’aux oreilles des gouvernements alors en place. Elle n’était pas feinte, car la réalisation d’une telle option remettrait en cause tout l’échafaudage construit par ceux qui organisent le sauvetage des riches. Mais dangereuse, sachant que nous n’avons absolument aucune idée des conséquences d’une telle action.

-le lobbyisme : là aussi un travail de longue haleine, mais qui risque de faire plus de mal que de bien. Jouer le jeu du lobbyisme c’est entrer dans un processus jamais très éloigné de la corruption, et dans lequel la loi capitaliste s’applique pleinement. On peut y perdre non seulement son âme, mais aussi son objectif.

-l’émigration : la situation de l’Europe et ses perspectives économiques étant chaque jour revues à la baisse, il peut être temps de cesser de stigmatiser les immigrés pour penser nous-mêmes à l’émigration, vers les pays « qui montent » en allant chercher les meilleures conditions de travail là où elles s’améliorent, sachant bien qu’à un moment donné elles se rejoindront avant de se séparer à nouveau, dans l’autre sens.

-la soumission : reste cette option ultime, attendre 5 ans en rongeant son frein, et puis espérer encore que le futur gouvernement ne fasse pas pire que le précédent… Rien de bien certain.

J’oublie certainement certaines options, que peut-être certains commentateurs avertis me rappelleront, mais vous aurez compris qu’à mes yeux la plupart des options sont inutilisables ou inefficaces, et qu’il ne reste donc que celles qui concernent le RIC et l’Assemblée Constituante pour le long terme, et le bankrun ou la grève générale pour ce qui est du court terme. Les deux premières étant l’objectif à atteindre, les deux secondes pourraient être le moyen d’y parvenir. Car en menaçant d’un bankrun assez large pour effrayer les banquiers, en organisant « autrement » la grève générale, nous pourrions ainsi atteindre la mise en place des réformes structurelles indispensables à la sauvegarde de la démocratie en même temps que les conditions d’application réelle de la volonté des peuples.

Puisqu’ils ne veulent pas nous écouter ni tenir leurs promesses, rappelons-leur qu’il ne doivent leur puissance qu’à notre volonté. Que la rumeur fasse son chemin, et que d’autres choisissent et la date et le lieu pour se retrouver. Et retrouvons-nous.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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