Assemblée Constituante : peut-on mettre tout le monde d’accord ?

Posté par calebirri le 22 avril 2013

La marche du 5 mai pour la Constituante approche, mais les réponses elles n’arrivent toujours pas : malgré tous mes efforts pour en obtenir, personne ne semble en mesure de dire aujourd’hui comment cette Assemblée Constituante fonctionnera, ni qui la formera.

Comment rassembler le peuple dans ces conditions ?

Les seuls points abordés par le programme du Front de Gauche sont l’élection de l’Assemblée Constituante à la proportionnelle intégrale sans seuil (et avec parité), mais sans savoir ni combien de personnes seront élues, par liste ou par nom, et autres questions du même genre qui restent sans réponse ; ainsi que la validation de la nouvelle Constitution au terme des travaux de cette dernière par référendum (mais dans quelles conditions, là aussi silence total). Presque comme en Tunisie, dont on connaît aujourd’hui l’échec. Pour le reste, c’est déjà anticiper sur ce qui devra se trouver dans la future Constitution ; et ça ce n’est pas le boulot des politiques ni des organisateurs de l’Assemblée Constituante mais bien celui des Constituants eux-mêmes : il serait malsain d’interférer sur leurs travaux.

Cela étant dit, il n’y a pas que le Front de Gauche qui milite pour la création d’une Assemblée Constituante. De nombreuses initiatives existent aujourd’hui ici et là, mais force est de constater que le rassemblement entre toutes celles-ci ne se fait pas : soit elles ne se connaissent pas, soit elles ne désirent pas travailler ensemble.

Pourquoi ?

C’est que le sujet de l’Assemblée Constituante suscite immédiatement ‘une polémique qui semble insoluble, sur la méthode à employer pour la mettre en place : il y a d’une part les partisans de l’élection des membres de l’Assemblée Constituante (http://www.pouruneconstituante.fr/), et d’une autre ceux du tirage au sort de ses membres (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/). Et entre ces deux visions aucun accord possible car cette question est essentielle au bon fonctionnement de la future Assemblée. De plus, cette question focalise toutes les attentions et ne permet pas d’avancer sur les autres questions, qui appellent pourtant elles-aussi des réponses claires.

Avec le forum « http://pouruneconstituante.forumgratuit.fr » et son questionnaire, j’ai voulu laisser le soin aux citoyens d’en décider, pour peu qu’ils prennent en main cette question : puisque les soutiens de l’une ou de l’autre de ces deux options ne parviennent pas à s’entendre, le peuple peut les aider à en décider pour eux. Car je crois que ce n’est qu’une fois cette question résolue que l’union pourra se faire et que nous pourrons enfin aborder les autres questions, plus sereinement… Et pourquoi pas par l’intermédiaire d’un référendum d’initiative citoyenne).

Mais à bien y réfléchir (et puisqu’on ne se précipite pas sur le forum !) il y aurait bien une autre solution pour trancher et trouver -pourquoi pas- un consensus, que je vous expose ici : admettons une Assemblée Constituante composée de 100 personnes (le chiffre c’est pour faire simple) : 50 sont élues (il faudra tout de même déterminer comment et par qui), et les autres 50 sont tirées au sort (il faudra tout de même déterminer comment et par qui). Ainsi, ceux qui ont peur de « l’amateurisme » des tirés au sort sont rassurés par le « professionnalisme » des élus, et réciproquement. Si les différents partisans de l’une ou de l’autre solution parvenaient à se mettre d’accord sur ce principe, alors nous pourrions enfin avancer ensemble sur le sujet, et passer à la suite.
Cette option pourrait être considérée comme une troisième voie acceptable, et peut-être permettre de « renvoyer » chacun à préparer des propositions concrètes sur « ses » 50%. Ensuite, nous pourrions alors tous marcher ensemble le 5 mai, que ce soit au nom de tel ou tel autre « parti », « mouvement » ou « association », tous sous la même bannière constituante. Et passer enfin au concret.

Car pour que l’idée même d’Assemblée Constituante se popularise et prenne de la consistance, il faut réunir ses partisans au delà de la seule question du tirage au sort ou de l’élection. Nous devons travailler ensemble pour offrir les meilleurs conditions possibles de sa mise en place, et nous mettre enfin au travail.

Je propose donc ici d’organiser, avec tous ceux qui militent pour la mise en place d’une Assemblée Constituante, une sorte de « réunion », de « conférence » ou de « table ronde », peu importe comme on voudra l’appeler, pour se mettre enfin d’accord non pas sur tout, mais au moins sur les moyens de régler les désaccords existants, en travaillant sur la méthode avant que de parler de la Constitution elle-même ce qui- je le répète- est de la compétence des Constituants.

J’invite également tous les internautes qui le souhaitent à me faire parvenir le nom et le lien des sites qui font la promotion de l’Assemblée Constituante afin de faire un état des lieux de la popularité de cette grande idée, en m’envoyant un mail à l’adresse calebirri[at]hotmail.fr, et en précisant si possible si ces derniers sont « pour l’élection » ou « pour le tirage au sort » des membres de l’Assemblée Constituante.

Enfin je lance sur mon blog un (nième) sondage afin de « tester » l’hypothèse d’une Assemblée Constituante à la fois élue et tirée au sort. N’hésitez pas…

Si nous voulons que les choses bougent, bougeons !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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A qui appartient votre argent ?

Posté par calebirri le 22 mars 2013

A Chypre, le peuple s’est sans doute réjoui un peu trop vite du refus de son parlement d’accepter la taxe sur les dépôts bancaires pourtant exigée par la Troïka. Car en définitive le capitalisme impose qu‘il faudra bien un jour que quelqu’un paye, et les riches en sont bien incapables

Les récents développements du « cas chypriote », avec la renégociation de l’accord qu’on croyait scellé, tendent à montrer que la situation est plus complexe qu’il n’y paraît : coincé entre les apparences de la démocratie qu’il faut respecter et les exigences capitalistes (qui il faut sans cesse le répéter sont incompatibles), faire tomber le « tabou » de la garantie bancaire est un risque difficile à maîtriser.

C’est que le coup n’est pas si aisé, car le nombre des options s’amenuise à mesure que la situation empire : que peuvent faire nos bons gouvernants pour éviter, ou même seulement retarder, un crash du système capitaliste tout entier (qui sera précédé d’un krach, pour les pointilleux d’orthographe) ?

-S’ils laissent tomber les banques cypriotes, Chypre court à la faillite et l’Europe risque l’effondrement en cascade, sans compter les délicates explications avec la Russie et l’Allemagne.

-S’ils sauvent les banques ils ruinent les peuples (ce qui ne leur pose aucun problème moral), avec le risque d’une crise sociale majeure pouvant déboucher sur une panique généralisée, un bankrun qui mettrait tout l’échafaudage financier par terre, briserait le capitalisme dans le monde entier.

-S’ils sortent Chypre de l’Europe alors l’Europe aura signé son arrêt de mort, en même temps que la fin de sa relative bonne santé économique et sociale (et oui, qui remboursera les dettes des pays qui quitteront l’Europe ?) ; chaque pays prendra alors la véritable place qui lui est due selon sa « valeur » dans le monde, et le niveau de vie qui va avec.

De tous côtés donc le danger guette, et depuis maintenant plus d’une semaine le gouvernement chypriote joue la montre avec la Troïka, un peu à la manière dont la Grèce avait promis le référendum (voir poker)… Laissant le temps aux riches d’organiser le transfert de leurs avoirs dans des contrées moins hostiles pour le jour où les banques rouvriront (ce qui a déjà commencé selon certains), tandis que les pauvres sont quant à eux contraints de se battre aux guichets pour récupérer les quelques malheureux billets qui voudront bien sortir encore de leurs distributeurs.

Et c’est bien cela qui est le plus scandaleux : que les dépôts bancaires soient taxés ou pas, à vrai dire cela ne change pas grand chose car in fine ce sont toujours les pauvres qui trinquent… Mais qu’on empêche concrètement les gens de retirer librement l’argent qui est censé leur appartenir, c’est là une étape sans précédent qui vient d’être franchie. En faisant tomber le « tabou » sur la garantie des dépôts bancaires, la Troïka montre au monde et aux peuples que non seulement tout l’argent qui se trouve dans les banques ne leur appartient pas, mais surtout que tout est déjà prêt pour éviter la seule réponse possible à la séquestration de son argent : le bankrun. Ne pouvant se permettre de réaliser les deux autres solutions citées plus haut, on s’aperçoit que seule la taxation de l’épargne populaire serait pour les dirigeants européens un moyen efficace d’éviter la faillite généralisée ; tandis qu’un bankrun (lui aussi généralisé) serait pour le peuple un moyen d’éviter l’appauvrissement (toujours) généralisé.

En même temps, il faut comprendre nos dirigeants : de quoi auraient-ils l’air s’ils avouaient que tout l’argent qui circule sur cette planète n’existait tout simplement pas ? Car c’est bien à cela que sert un bankrun : il ne satisfait personne, car tous s’aperçoivent en même temps que tout l’argent qu’ils croyaient posséder n’existe pas dans la réalité

C’est donc bien que l’Europe est à bout de souffle, et que les vrais ennuis vont bientôt commencer : en se préparant à spolier les citoyens à la source -leur épargne- l’Europe s’apprête à montrer son vrai visage. Et le bankrun ne se produira pas, car l’accès aux comptes et aux retraits d’argent liquide seront limités, suspendus ou interdits, privant ainsi les citoyens non seulement des besoins de la vie quotidienne, mais également d’un moyen de pression bien plus efficace que leur malheureux bulletin de vote : l’argent. Mais si cet argent qu’on nous oblige à gagner pour survivre ne nous appartient pas, les denrées ou objets qu’il nous permettent d’acquérir nous appartiennent-ils vraiment ?

Et surtout, que nous restera-t-il alors ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Il y aura bien un Nouvel Ordre Mondial, puisque le capitalisme ne survivra pas

Posté par calebirri le 23 février 2013

Quelle ironie ! A l’heure d’un retournement capitaliste que personne ne nie plus, la Chine se retrouve aujourd’hui en tête dans un sondage plébiscitant l’économie de marché et le capitalisme, tandis que la France et les Etats-Unis semblent s’en méfier de plus en plus. Seulement tout n’est pas si simple : car si ce sondage montre bien à quel point le monde évolue, il montre aussi que même en considérant que le capitalisme n’est pas un bon système, la majorité de nos congénères ne semble pas prête à en changer, faute de mieux apparemment…

Ceci étant dit, je doute que les « occidentaux » laissent les « émergents » (qui ont pour le coup émergé) leur faire les poches sans réagir. Et c’est bien cela qui me fait dire qu’on ne sauvera sans doute pas le capitalisme : les intérêts sont trop importants et contradictoires pour permettre un accord susceptible de convenir à la fois aux émergents et aux anciens riches.

Et c’est justement en voulant sauver le capitalisme que nos bons gouvernants préparent, peut-être même sans le vouloir, la venue du Nouvel Ordre Mondial… Je m’explique :

alors qu’on pourrait croire que la crise ne concerne que les pays dits « développés », on constate qu’en réalité le sauvetage du capitalisme est également une nécessité pour les émergés qui désirent eux-aussi profiter des « bienfaits » du système. Et à moins que d’avoir autre chose de « mieux » à proposer (ce qui n’est actuellement pas le cas), il vaudrait mieux pour tous que soit trouvé un accord qui satisfasse toutes les parties… Sauf que le système capitaliste interdit « par essence » la satisfaction de tous les intérêts : les « anciens » riches ne veulent pas voir leur niveau de vie baisser, et les « anciens » pauvres veulent à tout prix voir le leur augmenter.

Du coup, il apparaît qu’à moins d’un accord qui ne peut arriver, les deux « blocs » sont confrontés à une situation insolvable : les liens entre eux sont si étroits, si obscurs et si solides qu’ils ont dépassé un point de « non-retour » qui les empêche à la fois d’avancer et de reculer. Ce qui explique la discrète (de moins en moins d’ailleurs) guerre des monnaies que se livrent actuellement les pays du monde entier. Incapables de s’entendre au sein des entités qu’ils constituent (le capitalisme c’est « chacun pour soi »), comment le pourraient-ils à l’échelle de tous les pays ?

Ce n’est sans doute pas qu’ils ne le désirent pas, mais tout simplement que le système l’interdit : la rationalité des acteurs économiques, la concurrence libre et non faussée, tout cela ne fonctionne qu’à partir du moment où les hommes suivent la théorie , ce qui n’est pas le cas, et qui fonde l’erreur primordiale de l’économie capitaliste . Les hommes ne sont pas rationnels et n’agissent donc pas selon les règles transparentes qui seules autorisent la confiance nécessaire à son bon fonctionnement. Comme si le capitalisme portait en lui le défaut de sa qualité : théoriquement sans doute acceptable, il ne peut dans la réalité que conduire à la corruption et à la guerre. Car une fois la corruption ayant engendré les catastrophes sociales comme celle que nous connaissons aujourd’hui, faire quelque chose comme ne rien faire c’est tout pareil. L’effondrement d’un seul peut rapidement conduire à l’effondrement général : si la Chine cesse d’acheter de la dette américaine les Américains cesseront d’acheter les produits Chinois, avec des répercussions en cascade sur tous les autres Etats du monde ; c’est cela la mondialisation.

En attendant ce chaos qui ne manquera pas d’arriver, nos chers gouvernants fourbissent leurs armes, et font comme les enfants qui font la course sans se le dire vraiment : on marche tranquille à côté du copain, et puis on l’observe du coin de l’oeil, l’air de ne pas y toucher… et puis l’un deux accélère insensiblement la cadence, suivi de près par le collègue qui en remet un coup, puis très vite on se met à courir à fond, sans plus penser à regarder où en est son adversaire… Alors qu’il suffirait de se mettre d’accord pour marcher jusqu’au bout ou même pourquoi pas partager la victoire, nul ne lâchera rien jusqu’à la course finale.

Que vient donc faire alors le Nouvel Ordre Mondial dans tout ça, me direz-vous ? Puisque vous semblez dire qu’il est incompatible avec le capitalisme pour cause de concurrence et que personne ne veut « lâcher le morceau », comment pourrait-il advenir ?

Et bien c’est justement là que se situe le paradoxe de la situation : tant que le capitalisme existe et que les concurrents s’affrontent pour le pouvoir que permet l’argent (et aussi l’argent que permet d’obtenir le pouvoir), le Nouvel Ordre Mondial ne peut exister. Mais comme c’est précisément cette concurrence (faussée donc par la corruption générale) qui sera à terme fatale au capitalisme, viendra inévitablement la réflexion sur ce qui suivra l’effondrement général- qu’il soit précédé, suivi ou non de conflits armés qui ne feront que déterminer la place du vainqueur : le « post-capitalisme ». Un nouveau capitalisme ne pourra pas surgir des cendres de l’ancien sans accord général préalable, « mondial ». Ce qui nous ramène à l’inéluctabilité de la réalisation d’un nouvel ordre mondial.

Mais que les plus sensibles se rassurent, car ce Nouvel Ordre Mondial peut revêtir une forme bien différente de celui qu’on nous agite généralement comme épouvantail : il y a certes l’option de la dictature à échelle mondiale, mais il y a aussi celle de la démocratie -à échelle mondiale également.

Bien sûr la première option est certainement la plus facile à concevoir compte-tenu de nos antécédents historiques ; sauf qu’aujourd’hui les nouvelles technologies permettent sans doute de faire passer notre science-fiction pour du romantisme. Une société fonctionnant sans argent mais par la contrainte, soutenue par une technologie de contrôle permanent généralisable à l’ensemble de la planète. Nos aînés l’ont rêvée tant de fois qu’elle nous est plus familière, mais elle ne doit pas occulter la deuxième option.

La démocratie mondiale, qui étonnamment dirais-je, semble beaucoup plus difficile à mettre en place. Elle n’a jamais été instaurée nulle part, car elle sous-entend l’absence de capitalisme avec lequel elle est incompatible (contrairement à la dictature, qui est disons « moins exigeante » sur les prestations à offrir pour conserver le pouvoir) : et c’est sans doute cela la plus grande leçon du 20ème siècle !

En définitive, le choix qui nous est fait n’est pas de sauver ou non le capitalisme mais de savoir quel monde nous voulons demain pour nos enfants. La « fenêtre temporelle » qui s’ouvrira après la chute du capitalisme nous autorisera à faire ce choix, pour peu que nous ayons quelque chose à opposer à la facilité d’un Nouvel Ordre Mondial autoritaire.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le choc des civilisations n’existe pas

Posté par calebirri le 22 janvier 2013

La mondialisation est un phénomène irrépressible, indestructible, irréversible. Elle conduit à transformer les relations entre les Etats pour en nouer de nouvelles totalement différentes de ce qu’elles ont toujours été. Et c’est bien cette mondialisation, créée par les « occidentaux » pour continuer à faire du profit -suivant ainsi la loi « des marchés », qui est responsable de la crise actuelle : car à force de dérégulations, de modifications du droit et de la complexification de la production, les pays riches ont voulu profiter (une fois encore) des pays pauvres pour forcer leur prospérité déclinante à l’intérieur de leurs frontières -sans penser que le développement induit presque « malgré eux » à l’étranger allait finir par se retourner contre eux.

Et ce qui devait arriver arriva : c’est le retournement du capitalisme au profit des « anciens » pays pauvres contre celui des « anciens » pays riches. Les « BRIC » font aujourd’hui presque jeu égal avec les occidentaux, et même si pour les autres pays le chemin est encore long les choses bougent aussi : les révolutions arabes, les mouvements en Amérique Latine, et même le retour de la droite extrême à l’est de l’Europe sont des symptômes de cette volonté populaire d’accéder eux-aussi aux « bienfaits » de ce capitalisme.

Il apparaît donc que face à ce retournement, les pays occidentaux sont pris à leur propre piège : enfermés dans le libéralisme, ils leur est difficile de retrouver la sacro-sainte « compétitivité » en retirant plus à ceux qui n’ont déjà presque rien, le tout sans prendre trop à des riches qui ne le sont que fictivement. Il leur faut donc trouver de nouveaux marchés pour faire repartir la croissance, ce qui implique la mise en place d’une politique expansionniste ; en concurrence désormais avec ceux qu’on appelle maintenant les « émergés ».

Pour ce faire, nos gouvernants ont besoin d’une terre à conquérir, ainsi qu’un ennemi à attaquer, si possible correspondants l’un à l’autre : et nous voilà plongés dans le fameux « choc des civilisations ». Car cette terre c’est l’Afrique et ses formidables ressources, et cet ennemi c’est l’Islam. Et comme il fallait donc trouver un exutoire au peuple pour qu’il accepte les visées expansionnistes de son « camp » (l’Europe avec les USA et quelques autres), nous voilà aujourd’hui face à la réalité : le Mali, la prise d’otages en Algérie sur une plateforme gazière, le terrorisme international ; l’uranium, Areva et les Chinois…

Englués dans cette crise qui conduit peu à peu la majorité d’entre nous à la misère, les gouvernants occidentaux, mais aussi ceux des pays émergents, se disputent donc aujourd’hui les ressources formidables détenues par l’Afrique (qui elle aussi voudrait sa part du «gâteau», mais qui s’en soucie ?) pour retrouver enfin le chemin de la croissance. Devenue le seul continent « prenable » pour les deux camps qui se disputent en réalité le pouvoir et l’argent, l’Afrique est devenue le centre d’intérêt de toutes les convoitises.

Et comme il faut toujours une excuse pour s’emparer légalement du bien d’autrui – et que la colonisation n’a plus très bonne presse- nos gouvernants lui ont préféré la vieille technique de la croisade… contre le « terrorisme international islamiste » qui paraît-il frappe aux portes de l’Europe. L’islamisation de l’Afrique, dont les récentes révolutions arabes ne voulaient pas mais qui, avec le concours (involontaire ?) des occidentaux a tout de même percé, semble une aubaine pour qui recherchait un ennemi à combattre, et cela même sans être un fondu d’analyse géostratégique, non ?

Sauf que cette histoire ne tient pas debout. Ce ne sont pas les quelques 1500 djihadistes (on apprend à cette occasion que le « péril musulman » n’est pas si massif que l’on croyait !) qui vont envahir l’Europe mais bien les entreprises européennes ou chinoises (on verra qui l’emportera) qui vont envahir l’Afrique. Le « choc des civilisations », en tant qu’opposition de valeurs religieuses (Islam contre judéo-christiannisme) ou politiques (la « civilisation » occidentale contre la « civilisation » orientale) ne tient pas,il n’existe pas. En réalité c’est juste un affrontement pour le pouvoir et la richesse, comme tous les affrontements précédents. Il n’y a pas plus de « péril musulman » qu’il n’y a de « péril jaune », car ce n’est pas ainsi que se définit la lutte.

La véritable lutte, la véritable opposition, le choc qui se fait entre tous est celui des pauvres contre les riches. Il est là le choc. Tous les riches de tous les pays exploitent les pauvres de tous les pays, quelle que soit leur religion, leur couleur de peau ou leur orientation sexuelle. c’est le choc de LA civilisation capitaliste en décadence contre la montée du désir démocratique des peuples. Et c’est de ce choc que devra sortir quelque chose de nouveau, d’inconnu : soit les pauvres se rassembleront et lutteront, ensemble pour une démocratie mondiale, soit ils ne réussiront pas à vaincre et ce sera alors l’avènement d’une dictature, elle-aussi mondiale, pour le contrôle total des populations. Nous en reparlerons bientôt.

Caleb Irri
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A la recherche du nouveau penseur : un cerveau collectif pour idéologie différente

Posté par calebirri le 1 janvier 2013

Quand on se penche sur la crise, on ne peut qu’être étonné (même d’un point de vue capitaliste) par les mesures qui sont prises pour la régler : nos gouvernants voudraient l’empirer qu’ils ne s’y prendraient pas autrement !

Mais justement, comment pourrait-il en être autrement ?

J’ai déjà tenté de montrer que la crise n’est pas économique mais idéologique, et que ce n’est pas le capitalisme qui est à l’agonie mais la démocratie qu’on assassine. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder comment un homme de bonne volonté comme monsieur Jorion, avec de simples et bonnes mesures « économiques » donc, se trouve confronté à l’impossibilité absolue de les voir sinon popularisées au moins débattues, car ceux-là même qui ont la capacité de les rendre réelles sont en même temps ceux qui n’y ont aucun intérêt : nos gouvernants ne légiféreront pas contre les paradis fiscaux, ni contre la spéculation, ni pour une hausse des salaires. Eux-seuls le pourraient pourtant, mais ils ne le feront pas.

C’est donc bien une question de volonté politique, ou si l’on préfère d’idéologie ; mais pas d’économie. Car pour défendre une autre politique, nos élus doivent pouvoir s’appuyer sur une idéologie nouvelle et contradictoire qui fasse sens, qui fasse consensus au sein de la population. Et pour le moment, force est de constater que cette nouvelle idéologie n’existe pas.

Mais il faut également être conscient que la détermination d’une idéologie n’est pas le fruit des politiques mais des « penseurs », c’est-à-dire de personnes extérieures à l’appareil étatique en place et qui possèdent le recul intellectuel et l’acuité prospective suffisants pour dégager de leur vision globale une forme acceptable de modèle théorique capable de satisfaire aux exigences populaires avec lesquelles il correspondrait, en cohérence avec ce qu’on appelle « l’air du temps »…

Sauf qu’aujourd’hui le monde est devenu si complexe, si interconnecté, si mondialisé qu’il est devenu quasi-impossible à un homme seul de prendre la mesure d’un si vaste monde ; ce qui rend l’émergence des penseurs « globaux » irréaliste. Car qui peut se targuer d’une part de percevoir le monde dans son entièreté, et d’une autre de pouvoir en extraire la « substantifique moelle » de manière concise et compréhensible, c’est-à-dire une idéologie acceptable par le plus grand nombre ?

De plus, la complexification du monde, doublée de sa globalisation, a en quelque sorte « tué » l’idéologie, ou pour être plus précis l’empêche même de naître. Et c’est pour cette raison qu’il ne faut pas attendre de « messie », qu’il soit économiste ou non, car ce n’est pas un homme seul qui nous donnera la solution mais « les » hommes, ensemble, qui à travers la réalisation d’une sorte de cerveau collectif composé de spécialistes de chacune des questions sociétales qui nous échappent dans leur globalité pourront dégager cette nouvelle idéologie.

Il faut donc maintenant que tous les scientifiques des diverses spécialités qui en ont la volonté se réunissent autour d’une même table pour faire ensemble changer les choses et s’atteler enfin à la création de cette nouvelle idéologie ; messieurs Jorion et Leclerc semblent désormais prêts à se lancer dans cette voie (voir « le temps qu’il fait » du 28 décembre 2012 et « l’actualité de demain« ), ne les laissons pas seuls :
que les historiens, les philosophes, les sociologues, les économistes, les psychologues, les anthropologues, que tous les scientifiques qui se sentent concernés par le sort de notre civilisation décadente se réunissent pour former ce cerveau collectif, et qu’ils se mettent ensemble à réfléchir à une nouvelle idéologie capable d’améliorer le sort des peuples dont ils font eux-mêmes partie.

Leur statut de scientifiques, de chercheurs en sciences humaines leur confère une responsabilité « de fait » face à l’Histoire, car ils sont à Elle ce qu’ont été à notre présent les théoriciens des siècles passés. Ce sont les philosophes qui ont créé les lumières de la Renaissance, et ils étaient à la fois astronomes, médecins, économistes et souvent artistes ; comme ils sont aujourd’hui soit l’un, soit l’autre…

Cela ne suffit plus de regarder le monde par le petit bout de sa lorgnette, il n’est plus temps de se contenter de décrire et de vulgariser, il faut proposer maintenant. Ils ont le devoir de s’engager, car c’est bien d’eux que dépend le sort de nos enfants, de notre humanité… et c’est à nous, « simples » citoyens, de les y pousser.

contactez-les donc, faites-les se rencontrer, se rassembler, obligez-les à discuter et à débattre, contraignez-les à inventer, à imaginer, enfin forcez-les à se mettre au travail pour faire ensemble émerger cette nouvelle idéologie dont nous avons un besoin impérieux et absolu. Ils n’attendent peut-être que ça d’ailleurs…

Trouvez un lieu, trouvez une date, diffusez le message et reprenez espoir, car l’avenir est devant nous !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr/

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Ce n’est pas le capitalisme qui est à l’agonie, c’est la démocratie qu’on assassine !

Posté par calebirri le 2 décembre 2012

Qui a dit que l’austérité ne fonctionnait pas ?

Si l’on se place d’un point de vue capitaliste, il apparaît que la situation économique actuelle permet à certains (peu nombreux il est vrai) de s’enrichir encore un peu plus, tandis que les autres s’enfoncent peu à peu dans le chômage et la misère.. Mais n’est-ce pas là justement le principe de ce système ?

Et puis si l’on regarde les choses d’un point de vue global, la croissance mondiale -même ralentie- continue d’être positive ; ce qui pourrait laisser entrevoir qu’en réalité ce n’est peut-être pas le capitalisme qui est à l’agonie.

Car si l’on considère que le système capitaliste est un système qui conduit à l’accumulation de richesses par un petit nombre de privilégiés et entraine la paupérisation de la majorité, alors on peut même dire que le capitalisme fonctionne tout à fait normalement : les riches sont bien de plus en plus riches et les pauvres… de plus en plus nombreux.

Pour lutter contre cette tendance « naturelle » à l’accumulation, l’Etat-providence (qui est une émanation de la démocratie) a été créé, avec comme corollaires les aides sociales, la retraite, les conditions de travail… ce qui faisait de ces Etats des modèles de développement.

Seulement la protection sociale coûte cher, et dans un monde globalisé les règles de concurrence libre et non faussée entraînent fatalement à la baisse des salaires, puisque dans un pays dirigé autoritairement la main d’oeuvre est très peu chère. Cette mondialisation a donc permis à l’accumulation de se faire « malgré » le développement des conditions d’existence de ce qu’on appelait « les pays développés », en dehors des limites légales fixées par ces pays.

Mais pour conserver à la fois le haut niveau de vie des occidentaux et les bénéfices des capitalistes tout en restant compétitifs, il a fallu créer la dette. Et maquiller les comptes. Pour que les riches continuent à investir dans ces pays et que ces derniers continuent d’être attractifs, il a fallu compenser le manque de compétitivité induit par le refus des uns et des autres de se sacrifier « pour la cause » (les riches refusant de rogner sur leurs bénéfices, les pauvres d’abandonner leurs « acquis » sociaux) ; ce qui a donné lieu à tout un tas de manipulations juridiques et mathématiques avancées (trucages de comptes, optimisation fiscale, niches, commissions et rétro-commissions, subventions…) qui n’ont fait qu’aggraver la situation.

Seulement cela ne peut plus durer. Les dettes contractées arrivant à échéance et le besoin de main d’oeuvre n’ ayant sans doute jamais été aussi faible (grâce au progrès technique), cela signifie que pour continuer à accumuler de l’argent, les riches doivent dans un premier temps se saisir des gouvernements non inféodés à leurs volontés, pour une fois leur ploutocratie installée s’attaquer directement à la racine de « leur » mal : la démocratie et sa protection sociale. Car la ploutocratie est la prise de pouvoir des capitalistes sur celui des politiques, et la démocratie nuit aux affaires car elle empêche la véritable « concurrence libre et non faussée ».

La première étape étant en passe d’être réalisée (l’Empire Européen), nous entrons désormais dans la suivante, dont l’objectif n’est pas la fin du capitalisme mais celle de la démocratie. La preuve en est cette austérité généralisée : au lieu de sacrifier le pouvoir d’achat des plus faibles ou de chasser les « délinquants sociaux », les gouvernements pourraient tout à fait augmenter les salaires et taxer les évadés fiscaux (voir propositions de Paul Jorion)… mais ils ne le font pas. Cela signifie qu’ils préfèrent détruire la démocratie plutôt que de renoncer à leurs profits. Les politiques sont désormais clairement du côté des capitalistes qui veulent nous faire croire que le capitalisme est en danger et qu’il faut faire des sacrifices pour le sauver, alors qu’en réalité c’est la démocratie qu’on attaque et c’est pour la défendre qu’il nous faut lutter : car l’idéal du capitalisme est la compétitivité « optimale », qui n’est rien d’autre que l’esclavage.

Mais heureusement la démocratie est affaire de politique. La politique est le point de bascule sur lequel seuls les citoyens peuvent agir, s’ils parviennent à se rassembler en nombre suffisant pour lutter contre la corruption, et donc contre le capitalisme. Il existe de nombreux moyens pour cela, que ça soit par l’audit citoyen de la dette, la création d’une Assemblée Constituante ou d’une réflexion sérieuse sur le « post-capitalisme« … Préparons-nous !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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