Monsieur Condamin-Gerbier est un homme dangereux (mais pour qui ?)

Posté par calebirri le 17 juillet 2013

Monsieur Condamin-Gerbier est un homme dangereux : c’est pour cela qu’il est en prison, en Suisse, et ce depuis le 5 juillet 2013.

Convoqué comme témoin dans l’affaire Cahuzac, il a ensuite été auditionné à deux reprises par une commission d’enquête parlementaire sur un éventuel dysfonctionnement de l’Etat durant l’affaire Cahuzac : vous pouvez trouver ces deux auditions ici et ici.

Lors de ces deux auditions, cet homme fait mention (en plus de décrire les mécanismes « institutionnalisés » d’optimisation, de fraude ou d’évasion fiscale -si l’on veut faire des différences « légales » ) d’une liste d’hommes politiques qui possèdent ou ont possédé des comptes dissimulés à l’étranger, dont certains ministres passés ou actuels, donc de droite comme de gauche : de quoi mettre un beau bazar dans cette misérable -et corrompue- République ; et à cette occasion on remarquera la discrétion de l’UMP et du PS sur une affaire qui semble les embarrasser tous deux…

Monsieur Condamin-Gerbier dérangeait donc, et c’est ainsi qu’il se retrouve deux jours après son audition non pas protégé par les autorités françaises comme promis par les parlementaires lors de la première audition (il semble que le « détail » de sa protection consulaire en tant que ressortissant français ait en plus été « oubliée » par les autorités -cf le rapporteur de la commission d’enquête), mais tout simplement mis en cause sous divers prétextes dont celui de « viol du secret professionnel » (et comment faire autrement sous serment face à un juge : lui mentir ?). Cette mise en accusation fait suite à une courte -mais efficace- campagne de décrédibilisation à son encontre destinée justement à préparer l’opinion à son arrestation.

Pourtant, qu’un homme qui a travaillé pendant plus de vingt ans pour « le grand capital » ne soit pas un saint, voilà qui n’étonnera personne. Et qu’on ait quelques reproches à lui faire non plus. Mais cela remet-il en cause l’exactitude des faits qu’il dénonce ?
Bien sûr que ses motivations sont à éclaircir, et ses objectifs également. Mais ne doit-on pas faire une différence entre « celui qui dit » et « ce qu’il dit » ?

Enfin, toujours est-il que Pierre Condamin-Gerbier a pris des risques en dévoilant publiquement des secrets d’Etat. Pour son travail, pour sa réputation, pour sa liberté, et peut-être même pour sa vie. En expliquant comment l’Etat était évidemment au courant de l’existence du compte suisse de Jérôme Cahuzac et de ce genre de pratiques (puisque l’Etat lui-même a recours à des comptes offshore pour certaines de ses opérations secrètes), et surtout comment la question d’entraide fiscale posée à la Suisse par la France était sciemment « mal posée » pour éviter les recoupements avec d’autres personalités qui en auraient inévitablement découlés…L’Etat a donc volontairement protégé une classe politique corrompue qui risquait, à droite comme à gauche, de devoir s’expliquer publiquement sur l’existence de ces comptes.

Il fallait donc se débarrasser de ce témoin gênant… Voilà qui est fait. L’Etat Français, avec la complicité de l’Etat Suisse, est en train de faire un autre Bradley Manning, un autre Edward Snowden, un autre Julian Assange… Aujourd’hui quand un homme dérange le pouvoir en dénonçant au peuple les exactions de ce dernier, il devient un ennemi à abattre au lieu d’être remercié comme un héros. Il y a beau jeu de dénoncer la corruption, les fraudes et d’annoncer vouloir « protéger » les lanceurs d’alertes, mais dans la réalité tout est fait pour les empêcher d’exister.

Que faire face à ces pratiques ? Comment doivent réagir ceux qui « savent quelque chose » qui puisse remettre en cause des pratiques pourtant illégales (en plus d’être immorales et anti-démocratiques) ? se taire et continuer de faire comme si de rien n’était, ou tenter de s’arranger avec sa conscience en occultant les informations qui la dérangent ?

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que cela commence à faire beaucoup. Je ne suis pas indigné mais révolté par tant d’hypocrisie, de mensonges, de tromperies. Alors que les « plus modestes » ont des difficultés à se nourrir , nos gouvernants continuent de vouloir nous faire payer les erreurs et les mensonges de leurs prédécesseurs. Tout cela est proprement scandaleux, il faut faire quelque chose.

En regardant rapidement sur internet, je n’ai pas trouvé de site qui laisse aux « lanceurs d’alertes » un espace dédié, ou qui prévoit une défense juridique pour les protéger ; j’ai trouvé un site qui fait le point sur le sujet, mais rien qui permette aux lanceurs d’alertes de dénoncer publiquement les fourberies d’untel ou d’untel. Peut-être me trompé-je, auquel cas j’attends vos liens, mais si ce site n’existe pas, il faudrait le créer. Que ceux qui seraient motivés par une telle création n’hésitent pas à me contacter, vous trouverez l’adresse de mon blog en fin d’article.

Il faut dire qu’avec la spécialisation à outrance et la division du travail poussé à son extrême, on se retrouve un peu dans un monde orwellien ou chacun effectue une tâche précise sans jamais avoir une idée ni de la tâche sur laquelle travaille son voisin, ni de la vision globale à laquelle son travail participe. Mais si l’on considère le nombre d’individus qui disposent, à leur échelle, d’éléments plus ou moins compromettants, et que ces éléments étaient rapprochés en un même lieu d’autres éléments d’importances et de valeurs diverses -peu importe, alors on peut imaginer la force d’impact que pourrait avoir un tel site.

Cela permettrait également de solidariser les « lanceurs d’alertes », et de les protéger collectivement, avec un service juridique dédié à la protection de ces personnes. La profusion des informations serait aussi pour les lanceurs d’alertes un moyen de se « fondre » dans la masse et de prendre moins de risques à dévoiler les corruptions, exactions ou mensonges dont ils sont témoins, pendant que la diffusion généralisée de ces informations à un grand nombre de citoyens permettrait de sensibiliser l’opinion à l’état réel de notre démocratie.

Contrairement à la prudence la plus élémentaire, il faudrait que les « lanceurs d’alertes » ne soient pas anonymes mais assument leurs dires pour d’une part être crédibles dans leur engagement, et d’une autre part pour montrer aux autres qu’il n’y a pas à avoir peur. On pourrait tout à fait imaginer des « actions » brèves durant lesquelles de nombreux lanceurs d’alertes, à une date donnée, dévoilent tous en même temps leurs témoignages pour saturer les services de renseignements qui luttent désormais clairement contre l’établissement de la vérité.

Il faut que les témoins parlent, car leur silence finira par les rendre coupables. Que tous les Condamin-Gerbier qui savent et qui en ont marre de se taire fassent preuve de courage, que tous les Snowden se lèvent pour dénoncer les abus auxquels on les contraint, que tous les Assange diffusent et partagent les secrets dont ils sont en possession. Il faut que cela cesse, car autrement cela finira mal : les hommes dangereux ne sont pas ceux que l’on croit.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Pour un cerveau collectif sur Agoravox

Posté par calebirri le 10 juillet 2013

Il y a longtemps déjà, le 9 février 2010, j’ avais écris un article concernant un programme politique sur Agoravox. Beaucoup de choses se sont passées depuis, et Agoravox a lui aussi beaucoup changé. Mais il est toujours là ; contrairement à plein d’autres sites ou blogs, indépendants ou participatifs..

Je sais les critiques (parfois fort justes) que l’ on peut faire à ce média (j’ ai eu l’ occasion récemment d’ aborder le sujet avec quelques Agoravoxiens), mais force est de constater qu’en définitive je ne connais pas d’ autre endroit où -de l’ extrême-droite à l’extrême-gauche en passant par toutes les variantes idéologiques- tous sont capables, sur le média même qu’ils critiquent, de se trouver n’ être pas représentés suffisamment ; ce qui est paradoxalement une preuve certaine de l’ ouverture d’Agoravox.

Car ici tout le monde où presque y est en réalité représenté, pour peu qu’il le désire et que ce qu’il ait à dire soit audible, j’ entends du point de vue argumentation et correction orthographique- ce qui n’ est pas toujours le cas j’ en conviens. Mais à force de pratiquer on sait bien qui on lit ou pas, quels commentateurs seront systématiquement agressifs ou «négatifs» (au sens du vote) et pour tout dire personnellement cela fait longtemps que je n’ ai pas à me plaindre d’ insultes, de trolls ou de ce genre d’éléments perturbateurs…

Cette constatation, liée aux précédents éléments critiques cités plus haut, me conduit à dire qu’Agoravox est bel et bien une agora, c’est-à-dire une place publique de discussion, ouverte à tous ceux qui le souhaitent : il y a de tout ici, qui veut y rentre, qui veut en sort c’est au choix ; commenter ou publier, modérer ou pas, critiquer ou partager…

Sans autre violence que celle des mots (ce qui n’est pas négligeable), tout le monde peut dire ce qu’il a à dire : la démocratie ce n’est pas mettre tout le monde d’accord, c’est permettre à tous de ne pas l’être (d’accord).

Cette mise au point effectuée (et bien que quelques « esprits forts » ne manqueront pas de me tomber dessus), je voudrais donc profiter de la liberté qu’on nous offre ici pour faire une proposition :

utilisons cet espace pour tenter la mise en place d’une grande réflexion collective à propos des sujet qui touchent, de près ou de loin, tous les citoyens de tous bords politiques confondus, à travers la création d’une sorte de « cerveau collectif » dont le « centre névralgique » serait Agoravox.

Considérant que la situation économique et sociale de la France (mais pas seulement) est désormais fortement dégradée et face au vide idéologique porté par la classe politique dans son ensemble (cela au moins devrait mettre d’accord la plupart d’entre vous), il devient indispensable de mettre tout le monde autour d’une table (même virtuelle) afin d’étudier ensemble la manière de faire correspondre nos institutions avec notre volonté commune : pas facile a priori, mais puisqu’il existe un lieu où toutes les composantes idéologiques se croisent et s’entrechoquent…

Mais si le lieu est indispensable, la structure n’est pas non plus à négliger : et là aussi, Agoravox possède de nombreux atouts. Suffisamment développée et représentative des divers courants qui traversent notre société, elle peut permettre de lancer un nouveau mode de réflexion collective par l’intermédiaire des « cafés citoyens » ou des « enquêtes participatives ».

Je ne sais pas ce qu’en pense la rédaction d’Agoravox (à qui j’ai déjà plusieurs fois proposé de se lancer dans ce genre « d’aventures », jusqu’à présent sans réponse), mais je voudrais savoir ce que vous en pensez vous, les « Agoravoxiens » : en plus du site comme il fonctionne, une possibilité de s’engager dans une réflexion à plusieurs pour confronter les différents points de vue, avec des mots et sans insultes, sur différents sujets qui font polémique : l’âge de départ à la retraite, les paradis fiscaux, sortir de l’Europe ou non, l’Assemblée Constituante… Ça vous tente ?

Il faudrait bien sûr creuser la proposition, si elle vous intéresse bien sûr, et si Agoravox est d’accord pour cela. Mais il ne fait aucun doute que si vous êtes nombreux à montrer votre curiosité ou votre engagement, ils accepteront. Imaginez une discussion intelligente, suivie et construite sur le long terme, argumentée, étayée, cela ne pourrait qu’être positif pour tous -y compris au niveau de la fréquentation du site lui-même.

Pour ce qui est de la « gestion » d’une telle initiative, les Agoravoxiens pourraient se porter volontaires auprès du formulaire de contact qui pour modérer, qui pour gérer la partie technique, ou donner des conseils et avis, à la suite de cet article ou toujours à travers le formulaire de contact. Si vous les participants voulez vous engager pour faire de ce site quelque chose de plus grand que ce qu’il est, que vous voulez montrer que vous êtes suffisamment mesurés et « raisonnables » pour tenter ensemble quelque chose de nouveau, je vous invite à le faire savoir à la rédaction d’Agoravox… Nous avons besoin, en plus du devoir que cela représente, de poser dès aujourd’hui les bases d’une idéologie nouvelle, qui soient le fruit d’une réflexion qui traverse un maximum de représentations idéologiques.

En tous les cas, et puisqu’on me permet de le faire, j’ouvre ici le débat sur ce qu’il serait possible de faire d’une telle proposition sur Agoravox, en accord avec ceux qui le font vivre au quotidien : nous les 76 247 rédacteurs inscrits, nous les 2 377 714 commentaires déposés depuis 2005…

A vos claviers !

PS : le lien vers l’ article sur AgoraVox : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-un-cerveau-collectif-sur-138511

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Entre la dictature et la démocratie, il y a internet

Posté par calebirri le 16 juin 2013

Internet n’est pas un média comme les autres. Il est à la fois le moyen de notre oppression, en même temps que celui de nous en libérer. L’affaire Edward Snowden en est un exemple particulièrement frappant : en dénonçant un programme de surveillance généralisé et mondial, cet homme (en plus des risques qu’il prend pour sa vie) permet à des milliards d’individus d’être tenus au courant de ce programme. Et comme avec Wikileaks, ou Offshore leaks, c’est en à peine quelques secondes, et partout dans le monde, que peuvent être diffusées des informations « sensibles » sans qu’il soit possible ensuite de les faire supprimer. Chacun peut les inscrire sur son ordinateur, les copier et recopier à l’infini, et puis les diffuser à l’envie.

Cet état de fait met en péril nos responsables politiques et financiers car si la surveillance généralisée des populations est justifiée par la sécurité et assez bien acceptée par les populations concernées (si je n’ai rien à me reprocher, que m’importe qu’on m’espionne ?), elle permet aussi de faire éclater au grand jour des « affaires » et des « scandales » dans lesquels nos « élites » sont mêlées, de près ou de loin. Et c’est bien là tout le problème. Paradoxalement, ceux qui nous surveillent sont peut-être aussi ceux qui ont quelque chose à cacher : qui un compte offshore, qui des fréquentations douteuses, qui un passé pesant… Que se passerait-il si on apprenait que la plupart de nos politiques sont corrompus, qu’en privé ils disent le contraire de ce qu’ils affirment en public, quels conflits d’intérêt les meut et pourquoi ils se taisent ou se soumettent à la volonté non pas du peuple mais de leurs donneurs d’ordres ?

Si les peuples apprenaient, preuves à l’appui, qu’on leur ment « les yeux dans les yeux », ne se révolteraient-ils donc pas ?

C’est bien pour éviter cela que les gouvernements voudraient contrôler Internet, et qu’ils montent des plans de surveillance généralisée destinés à repérer non pas les terroristes (eux savent crypter leurs données) mais bien les résistants (ceux qui diffusent les informations « sensibles » ou donnent leur opinion sans prendre de précautions particulières- »puisque nous somme en démocratie »…).

Les partisans de cette surveillance généralisée ne peuvent donc pas interdire internet puisqu’ils en ont eux-mêmes besoin. Et puis la propagande passe elle-aussi par ce même média. Sans compter qu’aujourd’hui internet est indispensable ne serait-ce que d’un point de vue économique. Alors certains veulent couper la télé (comme en Grèce), d’autres surveiller les blogs (comme à Hong-Kong), et d’autres encore les réseaux sociaux (en Turquie près de la place Taksim les communications sont brouillées). Le but recherché est donc de surveiller tout le monde pour pouvoir, ponctuellement, couper les « éléments perturbateurs » un moment et en un lieu donnés, de toute communication.

En réalité internet est un outil à double-tranchant : il peut à la fois rendre possible une démocratie mondiale et une dictature terrible, elle aussi mondiale.
Parlons du « BIG DATA » : cette masse incroyable de données récoltées par Facebook et consorts est une mine d’informations qui peut servir soit à mieux organiser une société réellement démocratique (on peut aujourd’hui savoir de quoi ont « vraiment » besoin les individus et adapter l’offre à la demande, en temps réel et partout), soit à faire des milliards de profit dans une société capitaliste, soit à surveiller tout le monde et partout dans une société dictatoriale.

Ce qui vient de se produire en Grèce en est un exemple parlant : même si la télé ne plaisait pas et que supprimer le journal de Jean Pierre Pernaud serait faire oeuvre de salubrité publique, la télé est un média qui peut servir à la contestation, comme c’est parfois le cas en France si on considère quelques émissions du service public (c’est qu’il existe encore quelques « vrais » journalistes), qui elles aussi « faute de budget » pourraient disparaître bientôt. Et la télé, on peut la supprimer d’un coup. Pas internet.

Le futur de notre monde passe donc par Internet. Et si les citoyens ne prennent pas garde, et qu’ils n’ entrent pas en résistance, nous serons bientôt dépossédés de cette possibilité de la contestation. La Quadrature du Net, Anonymous, Wikileaks, le Parti Pirate sont des organismes que nous devons à tout prix défendre, car ils représentent ce qu’étaient les premiers résistants au fascisme d’avant guerre. Nous devrions, au lieu de se faire tabasser ou gazer dans les manifs, organiser de grands mouvements sur le net, être capables de lutter efficacement contre les sites de ceux qui nous nuisent (comme les sites des grandes banques, ou de surveillance…), et individuellement nous protéger pour empêcher l’ accès à nos données : des cryptages légaux, les logiciels libres ou open source…
Et aussi cesser autant que faire se peut de compter sur l’ État qui n’ est que le bras armé légalisant les exactions des banques et de leurs valets.

Il y a déjà eu des actions menées comme par exemple la saturation de sites qui travaillent à notre exploitation, ou des serveurs qui fonctionnent avec des mots-clé. Ce Edward Snowden (et bien que son cas suscite quelques légitimes interrogations), évoque également la possibilité de faire cesser cette surveillance « en quelques clics », car il avait accès dit-il à toutes les couvertures, toutes les agences, toutes les missions. Si cela est vrai, alors d’autres devront se lever pour faire cesser la réalisation du pire des mondes, 1984. La résistance aux dérives rendues possibles par internet se fera donc paradoxalement sur internet, qu’on se le dise. Et c’est maintenant que ça commence.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Et si c’était déjà trop tard ?

Posté par calebirri le 7 juin 2013

La bataille qui fait rage actuellement pour savoir qui du FMI, de la BCE ou de l’Union Européenne est le plus coupable est une bataille stérile, car en réalité il est trop tard et les dégâts trop importants : nous ne pouvons déjà plus revenir en arrière.

La preuve en est que même les économistes « autorisés » -les plus courtisés pour leurs analyses- commencent discrètement à déserter les plateaux de télé pour retourner qui à ses études, qui à ses donneurs d’ordres (les banquiers)…
C’est qu’il leur devient difficile de continuer à répéter les mêmes mensonges sans discontinuer, car nous sommes tous aujourd’hui capables de les confronter à la réalité : s’ils disaient vrai, ça se serait vu !

On peut bien désormais allonger la durée des cotisations, baisser les salaires , investir ou licencier c’est tout pareil : les changements qui auraient dus être faits pour sauver le capitalisme sont devenus obsolètes, même pour ceux qui le voulaient vraiment protéger.
La croissance ne repartira pas, car la crise ne va pas s’arrêter miraculeusement, pas plus que nos gouvernants n’écouteront la voix des peuples. Ce système va s’effondrer parce que c’est inévitable, ce qu’aujourd’hui même la science économique – toute éloignée qu’elle est des réalités-, ne peut que confirmer « malgré elle ».

Aujourd’hui nous assistons donc à la prise de conscience collective que « quelque chose » est en train de se produire, sans que toutefois nous n’ayons aucune prise sur ce « quelque chose ». Et pour cause, nos gouvernants, si attachés qu’ils sont au service « de l’Etat », préfèrent continuer de nous faire croire qu’il n’y a pas d’alternative plutôt que de d’admettre le vide idéologique dont ils sont pleins.

La démoralisation générale qui s’ensuit atteint maintenant jusqu’aux plus « alternatifs » de nos économistes (les Jorion, Lordon, Berruyer, Todd, Delamarche, Leclerc…), dont le fatalisme exprime le mieux la réalité : ils savent de quoi ils parlent, et le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne sont pas très optimistes…
En plus donc de tous les mouvements qui périclitent sur le web et ailleurs, il devient évident que les plus lucides sont en même temps les plus inquiets.

Car s’ils s’y entendent pour décrire les mécanismes de la crise, ses causes et ses conséquences économiques ou mêmes sociales, à franchement parler il n’en est pas un qui soit en mesure de proposer une « solution » économique crédible, et pour cause : le modéle ne fonctionnant pas, comment s’appuyer sur celui-ci pour développer des solutions sérieuses ?

Cette situation peut paraître anxiogène, ou même désespérante si l’on considère que même les « meilleurs » sont perdus, mais cela ne devrait pourtant pas :

maintenant que nous savons que le système ne marche pas, et qu’il ne peut plus non plus être sauvé (au moins dans sa manière actuelle), maintenant que nous avons compris que nos gouvernants sont corrompus par la finance à laquelle ils ont fait allégeance, que nous nous rendons compte que nos pires économistes ne sont au mieux que des incompétents tandis que les meilleurs sont totalement démunis, il ne nous reste que deux solutions : subir, ou inventer.

Le suicide collectif n’étant bien sûr pas la réponse attendue (encore que le sacrifice d’un demi-milliard d’individus -ou plus- est certainement « rentable » d’un point de vue économique), il ne nous reste donc qu’à inventer. Et force est de constater qu’il y a là du travail pour tous et encore plus : tout est à repenser, et le champ des possibles n’est limité que par notre propre imagination.

L’intérêt de cette sombre période historique est que s’ouvre dès aujourd’hui une sorte de fenêtre « spatio-temporelle » d’incertitude encore suffisamment favorable à des changements inimaginables il y a ne serait-ce que 15 ou 20 ans : et que de futurs potentiels, de systèmes nouveaux, d’opportunités formidables si nous regardons le côté positif des choses !

Car si on fait l’état des lieux de notre vaste monde, il est tout à fait permis d’envisager pour nos descendants un nouveau modèle de société dans laquelle la technologie ne servira pas le profit individuel mais la satisfaction de l’intérêt général. Ce n’est pas rêver que de croire qu’en supprimant l’argent comme valeur de référence primordiale on puisse développer des médicaments « universels » bien moins rentables que les actuels, ou des énergies gratuites et illimitées, propres et qui ne font rien gagner aux exploitants, des brevets qui seraient partagés pour le bien de tous et pas d’un seul, ou encore une démocratie participative réelle qui, grâce aux usages internet et peut-être même au « Big Data » ne servira pas des intérêts commerciaux mais des besoins humains…

Il n’est peut-être même pas osé de rêver de robots réduisant la pénibilité de certains emplois ou de certaines tâches, ou de supercalculateurs qui, au lieu de « prendre des positions » au millionième de seconde pour la bourse, serviraient à mettre en relation les besoins et les ressources pour ne laisser aucun enfant mourir de faim….

Tout est ouvert devant nous, tous les futurs s’offrent à notre regard… c’est maintenant qu’il faut créer, rêver, inventer. Nous en avons encore le droit, mais c’est en réalité un devoir, car comme disait Antoine de Saint-Exupéry, « nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».
Il faut désormais cesser de se préoccuper du champ économique devenu stérile pour semer dès à présent les graines idéologiques qui produiront leurs effets non pas pour nous mais pour nos enfants. Il est peut-être trop tard pour nous, mais pas encore pour eux.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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En France, nous n’avons plus de Constitution

Posté par calebirri le 19 mai 2013

Le Parlement (Assemblée Nationale plus Sénateurs) est une émanation de la démocratie censée représenter la souveraineté du peule, en même temps qu’il est un contre-pouvoir capable de lutter contre le pouvoir exécutif. Il détient le pouvoir législatif (celui de voter les lois) et doit fonctionner de manière indépendante : ce qui signifie qu’il doit se mettre au service du peuple au lieu d’être au service de l’Etat (qui est n’est autre que le pouvoir exécutif, le gouvernement). Or depuis la modification constitutionnelle qui a permis le passage du septennat au quinquennat, le Parlement se transforme peu à peu en une simple « chambre d’enregistrement » du pouvoir exécutif : la majorité à l’Assemblée Nationale est de fait acquise au président élu, et permet en pratique à celui-ci de contraindre le parlement à voter les lois proposées non pas en conscience mais suivant les directives imposées d’en haut, au nom de la majorité.

Sauf qu’en théorie le Parlement doit pouvoir s’opposer au gouvernement : sinon quel intérêt y a-t-il à élire nos députés ?

Forts de ce constat, nous pouvons donc affirmer que la République actuelle n’a pas de Constitution, comme le précise l’article 16 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen qui sert de fondement à nos institutions : »Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » En l’absence de cette séparation -et en la présence d’un défaut de garantie des droits (la propriété des fonds d’épargne sont de par la politique économique menée menacés par la faiblesse des fonds propres autorisés par le gouvernement aux établissements bancaires), il nous faut admettre l’évidence : nous ne respectons plus nos textes fondateurs.

Le Parlement pourrait (et devrait) donc s’opposer à cette mort de la démocratie, et demander la destitution du président (il faut une majorité de deux tiers de l’Assemblée Nationale puis des deux tiers du Sénat pour réunir la Haute Cour autorisée à statuer)
: car il est clair désormais que le chef de l’Etat manque à ses devoirs et se trouve manifestement en contradiction avec son mandat (il applique le programme de Sarkozy !)

Pour comprendre l’immobilisme du Parlement, je rappelle à titre informatif que les députés, comme les sénateurs, gagnent plus de 13 000 euros chacun (en tout, sénateurs plus députés réunis, cela revient à 150 millions d’euros par an, le tout sans compter la réserve parlementaire ni les retraités), ce qui pourrait constituer un début d’explication, mais pas une excuse… A ce prix là, les parlementaires devraient au moins faire leur boulot correctement (certains diraient même que c’est leur devoir !).

Mais comment dans de telles conditions financières ne pas abandonner le service du peuple au profit de celui de l’Etat (lui-même au service de l’ennemi du peuple, la finance) ?

Au lieu d’être un contre-pouvoir, on s’aperçoit qu’en réalité le pouvoir législatif que représente le parlement est devenu l’esclave du pouvoir exécutif, et que cela implique sinon la fin de la République, au moins son agonie.

Que cela signifie-t-il ?

Et bien tout simplement que si le gouvernement français ne respecte plus la Constitution, et que le parlement est soumis au gouvernement, le pouvoir Français devient illégitime, même au regard de la Loi. Et puis surtout, que nous ne sommes plus tenus de respecter un gouvernement qui lui-même ne respecte pas ses propres principes.

Pourtant, si les parlementaires étaient moins lâches et moins cupides, ils auraient le pouvoir de s’y opposer. Malheureusement ils ne le font pas : ils préfèrent voter des lois dites « d’habilitation » pour se défaire de leur pouvoir législatif (d’une durée qui va sans cesse croissant) au profit de ces « ordonnances » quasi « royales » (elles-aussi en constante augmentation).

Mais que nos corrompus de tous bords ne se réjouissent pas trop vite : vu le prix qu’ils coûtent et au regard du travail qu’ils fournissent, il se peut qu’ils fassent bientôt partie des prochains cortèges luttant contre les licenciements économiques !

Que faire maintenant ?

Et bien la solution est simple : puisque notre société n’a pas de Constitution, il nous en faudra bien en rédiger une ! et comme ni le gouvernement ni le parlement ne veulent écouter la voix du peuple, le peuple doit se choisir une autre voie ! Il faut refaire une nouvelle Constitution nous-mêmes, et cesser de nous occuper de ces « bons-à-rien ». Se regrouper, se rassembler, et réfléchir ensemble au meilleur moyen d’éviter que nos futures institutions permettent ce genre de dérives…

Cela va prendre du temps, mais cela est indispensable. Autant nous y mettre maintenant, non ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Ils sont où les indignés ?

Posté par calebirri le 15 mai 2013

En Espagne, les « indignados » se sont réunis il y a peu pour « fêter » (ou commémorer c’est selon) les 2 ans de ce mouvement ; avec paraît-il quelque peine à rassembler : c’est que ce mouvement semble s’être dissout dans la crise, et avec lui l’espoir qu’il portait.

Les indignés comme en Grèce, en France ou ailleurs nous disent avoir fait évoluer le mouvement de manière plus locale, plus concrète ou que sais-je encore, comme pour s’excuser de ne plus rassembler les foules. Mais la réalité est sans doute bien plus dure : les indignés sont tous simplement rentrés chez eux.

C’est que la loi capitaliste s’applique même en temps de crise : tant qu’on peut donner on donne, et quand on ne peut plus cela devient chacun pour soi. Pris que nous sommes dans le tourbillon de cette crise qui s’aggrave de jour en jour, les hommes ont tendance à se diviser en petits groupes, puis à s’isoler dans une sorte de repli sur soi et les siens, comme s’ils étaient ainsi mieux protégés des « dangers » extérieurs.

Diviser pour mieux régner, voilà une règle qu’ont appris sur le tard ces indignés incapables de se donner des objectifs communs et une ligne directrice… une règle que connaissent bien nos gouvernants : opposer le public et le privé, les jeunes et les vieux, les étrangers et les nationaux, c’est énerver les liens sociaux et diviser le peuple, lui retirer l’espoir et le contraindre à l’abandon de la lutte. Et en voulant éviter la « politisation » de leur mouvement, en refusant de se choisir des « chefs » ou même de rechercher une méthode de construction d’un discours commun, le caractère hautement démocratique de ce mouvement s’est englué dans ce qui se trouve être le principal défaut de la « vraie » démocratie : l’immobilisme, l’absence de cap, le manque de cohésion, et à terme la division, le foutoir, la débandade ; ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle ne soit pas à rechercher…

Deux ans ! Il s’est passé deux ans pour qu’un mouvement qui frôlait l’internationalisme s’effrite et périclite partout dans le monde. Sans doute un peu faute d’expérience face aux experts de la manipulation des esprits qui nous gouvernent et qui ont poussé au « pourrissement » du mouvement, mais aussi et surtout faute d’avoir su donner corps à sa réflexion. Pourtant, c’est un espoir formidable qu’avaient entretenu ces mouvements, du printemps arabe jusqu’au printemps érable, et des millions de citoyens croyaient alors qu’il allait enfin « se passer quelque chose », que les indignés allaient « changer les monde »… Et puis le temps a passé, le travail de sape des forces de l’ordre, la lassitude des indignés comme celle des téléspectateurs avides de nouveauté, tant et si bien que chacun est rentré chez soi pour tenter de continuer à vivre plus ou moins correctement.

Depuis le mouvement continue ici ou là, avec quelques réflexions intéressantes, quelques alliances plus ou moins politisées, et surtout beaucoup d’initiatives locales plus pragmatiques mais bien éloignées de la révolution des esprits tant attendue… et puis la crise continue : il faut bien vivre ! Le capitalisme est le plus fort, il détruit jusqu’à la solidarité.

Et on le sent partout, jusque sur internet. Les sites « alternatifs » ferment les uns après les autres, « l’aquoibonnite » (à quoi bon continuer) étant sans doute la première cause de ces « décès ». Face à la vanité des actions et réflexions menées pour « éclairer » ou rassembler sans même l’espoir d’aboutir à un début de commencement de solution (nous savons tous pourquoi ça va mal mais personne ne sait comment faire pour que ça aille mieux), nombreux sont ceux qui jettent l’éponge…

la solidarité, et même l’espoir, s’effacent devant la réalité… on en vient à croire aux vertus de la décroissance en prévoyant de saboter nous-mêmes les conditions de confort dont nos fameux gouvernants veulent déjà nous priver…comment faire pour les réanimer ? Comment non pas faire comprendre mais faire « sentir » à tous les indignés qui s’ignorent qu’au lieu de nous renfermer pour se protéger nous devrions nous ouvrir pour résister ensemble ? Et surtout ne rien lâcher sur nos conditions de vie : le véritable socialiste n’est pas le misérabiliste qui souhaite la fin des « ferrari » mais bien celui qui veut le meilleur pour tous. Ce ne sont pas les conditions de vie des « riches » qui doivent s’abaisser au niveau de celles des « pauvres » mais celles des pauvres qui doivent s’élever au niveau de celles des riches. Il ne doit pas y avoir que le capitalisme qui désire le progrès (car ce n’est que lorsque nous pourrons « tout » avoir que nous n’en aurons plus besoin).

Que nous manque-t-il pour alors pour reprendre courage ?

Je vous soumets ici une proposition de méthode qui vaut ce qu’elle vaut :

-Tout d’abord il faut un site commun, et internationaliste
-ensuite et par l’intermédiaire de ce site (avec twitter et page facebook), organiser une grande manifestation internationale dans les capitales concernées, à l’issue de laquelle seront tirées au sort -et parmi les volontaires – deux portes-parole pour chaque ville (un délégué et un suppléant), censés servir de lien entre tous les pays.
-sera alors organisée une « rencontre » entre tous ces « portes-parole » (internet le permet aisément) afin d’y discuter des statuts (comment il fonctionne, avec une sorte de « charte » à la clé), statuts qui seront portés aux votes de ceux qui le désirent (toujours via le site internet)
-il faudra aussi déterminer des objectifs communs après un travail de réflexion et de débats, puis les faire voter au plus grand nombre, qui pourront alors être considérés comme « militants »
-et enfin créer des antennes locales susceptibles de devenir des relais d’action et de réflexion en même temps que d’émettre des propositions ou des projets.

A vos agendas donc, il ne reste qu’à poser les dates (ou presque !)…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans la démocratie, La voie des peuples, politique?, révolution? | 3 Commentaires »

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